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Marek Grechuta 1945 - 2006 J'ai appris avec tristesse la disparition de ce grand artiste polonais. Marek Grechuta nous a quittés ce matin (9 octobre 2006) après une longue maladie. Sa voix s'est tue, mais elle restera en nous à jamais. Comme elle nous accompagnait dans les moments les plus importants de nos vies. N'est-ce pas Szymon ? C'était l'un de mes artistes préférés. Sa voix m'emportait
vers le pays de rêves. Sa musique m'envoûtait et m'accompagnait toujours dans
mes amours et mes chagrins. Dans mes folies et mes moments de calme. Justement cette personne. Jennifer. Une jeune française de 20 ans qui a décrit sa première rencontre avec Marek. Une rencontre que Marek, en grand admirateur de Witkacy, aurait adoré connaître. Voici le "Korowod" par Jennifer: Drogue : ma tête, mes oreilles me brûlent. Comment puis-je être aussi idiote, qu’est ce que j’ai fumé ? Un soir comme temps d’autre Wing, Vogiro, Mirek et moi, nounouille, ils me donnent quelque chose à rouler, il n’y a presque rien, je mélange le tout à un peu de tabac l’enveloppe d’une petite feuille et nous voilà devant le White Horse, adossé au mur je me moque de ces étrangers qui ont peur des cigarettes rigolotes. Drôle pas vraiment, je remonte m’asseoir, l’électricité sort du mur pour se loger au creux de ma tempe elle m’irradie le visage, je tombe, les bruits réels s’éloignent seule cette électricité, cette chaleur insoutenable qui se répand dans tous mes membres persistent. Je ne parviens plus à me mouvoir. Me lève. M’écroule. Je voudrais m’enfuir mais je suis paralysée, clouée à cette banquette qui m’absorbe, deux têtes aux yeux fendus se penchent vers moi, ils me font rire, comment peut-on voir avec des yeux aussi minuscules. Je ferme les yeux, me dis que je vais sûrement mourir ici : c’est trop bête, puis tête blonde m’enfonce quelque chose dans les oreilles, un voyage magique au cœur de la Pologne, Marek Grechuta : la plus belle voix que je n’ai jamais entendu. Cet homme mort me ramène à la raison, je ne saurais jamais ce qu’il m’a susurré pour me faire revenir dans le monde réel mais depuis ce jour cette voix chaude, cette musique folklorique me réchauffe, m’enveloppe d’une sensation de douceur me protége. Un ange. J’ai dansé avec lui toute cette nuit là, le monde n’existait plus. La musique, sa voix et les rues et moi sautillante, soulevée d’une énergie extraordinaire, d’un amour irrépressible pour ces gens qui ne comprennent rien à la magie du monde. Défoncée. Merci Jennifer pour ce texte et pour ton inspiration dans les traductions. Merci Marek, Salut artiste... Marek Grechuta, artiste issu du cabaret littéraire de Cracovie "Piwnica pod Baranami" (la Cave sous les Béliers), chante ses propres textes, les textes de grands poètes polonais: Mickiewicz, Witkacy, Tuwim, Wyspianski, Nowak, Lesmian ou les textes d'auteurs contemporains. A côté de la très grande poésie, Marek n'a jamais négligé le coté musical, en s'entourant de plus grands compositeurs et les meilleurs musiciens polonais. Dans sa formation "ANAWA" on a pu entendre les musiciens qui sont par la suite devenus les piliers de la scène polonaise, que ce soit du jazz, du rock de la musique d'avant-garde ou de la chanson. En voici quelques traductions de paroles chantées par Marek. Que cette modeste contribution à le faire connaître vous donne l'envie de trouver ses chansons, les écouter et les comprendre. Traductions : Les jours que nous ne connaissons pas Entendras-tu peut-être l’appel au secours...*
à suivre... Les jours que nous ne connaissons pas - Dni ktorych nie znamy Il y avait tant de jours, à perdre toutes nos forces À perdre tout notre souffle, il y avait tant d’instants Quand tu regrettes ceux-là qui ne t’ont rien laissé Il faut que tu saches cela, une seule chose à savoir : Qu’importants sont seulement les jours Que nous ne connaissons pas encore Qu’importants sont ces quelques instants Que nous attendons toujours. Un grand homme connu, qui avait une maison et un verger Il a perdu le sens et est tombé dans les mauvais cercles Sa fortune disparue, mais lui, il n’a pas sombré Car il a su comprendre une chose à travers son malheur Importants sont seulement les jours Que nous ne connaissons pas encore Importants sont ces quelques instants Que nous attendons toujours. Comment reconnaître les gens, que nous ne voyons plus ? Comment rassembler les pensées, toutes éparpillées ? Comment séparer d’un coup le coeur de la raison ? Comment entendre sa voix dans le chant de la foule ? Comment reconnaître les gens, que nous ne voyons plus ? Comment rassembler les pensées, toutes éparpillées ? Comment retrouver la joie et l’espoir ? Cherche la réponse on a beaucoup de temps... Car, importants sont seulement les jours Que nous ne connaissons pas encore Importants sont ces quelques instants Que nous attendons toujours. Ne gigote pas... - Nie dokazuj Il y avait dans une ville une grande agitation On a présenté un spectacle incroyablement beau Tout le monde s’est amusé, à part une personne… Une jeune femme au premier rang ignorait les artistes, Même le chanteur, qui chantait uniquement pour elle! Et même s’il perdait la raison pour elle, elle riait, elle criait… Dans le second acte, le chanteur a repris enfin ses esprits Mais la jeune femme était toujours farceuse et pas sérieuse. Jusqu’au moment, où soudainement, en pleine représentation sont tombées les paroles: Ne gigote pas ma chère, ne gigote pas! Car tu n’es pas toutefois un miracle! Pas tout de suite, ma chère, pas tout de suite, Tu ne feras pas fondre la glace de mon cœur tout de suite! Une autre fois j’étais invité à un vernissage, A une exposition en pleine nuit dans les caves voûtées, Est-ce que c’étaient les toiles du maître Paul ou Jean...? Je ne m’en souviens plus... Il y avait des grandes toiles, des peintures toutes en couleurs, Avec les femmes impudiques les dessins suggestifs, Par bonheur que ce n’était que de la nature morte. Ne gigote pas ma chère, ne gigote pas! Car tu n’es pas toutefois un miracle! Pas tout de suite, ma chère, pas tout de suite, Tu ne feras pas fondre la glace de mon cœur tout de suite! Il y avait un autre instant, que je suis pas prêt d’oublier C’était un soir plein de rêves et d’espoirs brûlants, A cause de cette fille, du fond de la salle, belle comme une rose... Et sa danse a démoli toute la paix dans mon coeur. Et alors est arrivée une chose merveilleuse et incroyable, Je ne sais plus comment ça s’est passée, Difficile à raconter... Je me souviens d’une seule chose Que je lui chantais: "Ma bouche se tait, mon ame chante, ...(je t’aime)* ma bouche se tait, mais le monde crie, ...(je t’aime)" mais la fille n’a pas entendu, absorbée par la danse, en dansant, elle a chanté à quelqu’un les mots qu’il n’oubliera pas: " Ne gigote pas mon cher, ne gigote pas! Car tu n’es pas toutefois un miracle! Pas tout de suite, mon cher, pas tout de suite, Tu ne feras pas fondre la glace de mon cœur tout de suite! " Ne gigote pas ma chère, ne gigote pas! Car tu n’es pas toutefois un miracle! Pas tout de suite, ma chère, pas tout de suite, Tu ne feras pas fondre la glace de mon cœur tout de suite!
Sauver de l’oubli - Ocalic od zapomnienia(texte de
K.I.Gałczyński ) pouvoir le sauver de l’oubli
Entendras-tu peut-être
l’appel au secours... - Moze uslyszysz wolanie o pomoc (texte de Ryszard Krynicki) Le monde de nuages - Swiat w Oblokach le monde change autour de toi, les saisons elles-aussi.tes pieds prisonniers de la terre, tes yeux de la magie des nuages. le pouvoir secret des nuages, la fantasmagorie des nuages, les étranges regards des nuages, la certitude légère des nuages. comme un nuage le pouvoir secret, comme un nuage la fantasmagorie, comme un nuage les étranges regards, comme un nuage la certitude légère. comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage tu habites cette terre, tu apprends des nuages. ton espoir si incertain, futile comme les saisons. le pouvoir secret des nuages, la fantasmagorie des nuages, les étranges regards des nuages, la certitude légère des nuages. comme un nuage le pouvoir secret, comme un nuage la fantasmagorie, comme un nuage les étranges regards, comme un nuage la certitude légère. comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage Le monde change autour de toi, à travers toi coule l’inquiétude. Les nues traversent le ciel, sous le drapeau blanc de nuages. le pouvoir secret des nuages, la fantasmagorie des nuages, les étranges regards des nuages, la certitude légère des nuages. comme un nuage le pouvoir secret, comme un nuage la fantasmagorie, comme un nuage les étranges regards, comme un nuage la certitude légère. comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage comme un nuage, comme un nuage
La Mascarade -
Korowod Allez-viens - Chodźmy tam Allez viens là, où les yeux
nous porteront
Ô notre monde... - Swiecie Nasz Toujours demander – où, jusqu’où? Où est la vérité le sel de la terre Toujours demander – comment égarer La tristesse, les pleurs, la souffrance Saisir les pensées soudaines lumineuses Chercher dans la blancheur de la lumière Dans tes yeux deux petites flammes Annoncent déjà et marquent le but. Dans tes yeux deux petites flammes Annoncent déjà et marquent le but. Ô notre monde, notre monde Je veux être en connivence avec toi Avec ton éclat et ta force Que me donnes-tu, réponds! Ô notre monde – donne-nous Donne nous enfin la paix Donne le calme – prends la perte Emporte-là, éconduis-là. Cherche le chemin vers le son claire parmi les feux du mal qui réveillent la peur Ne nous conduis pas mais retiens nous Retiens nous dans cette poursuite... Ô notre monde – Donne-nous plein de jours lumineux! Ô notre monde – Donne-nous l’attente en ce jour clair! Ô notre monde – Aide-nous éteindre le feu du mal! Ô notre monde – Donne-nous la joie que nous cherchons toujours! Ô notre monde – Donne-nous la flamme, le fer et le ton! Ô notre monde – Aide-nous ouvrir tous les portes trop lourdes! Ô notre monde – Aide-nous vaincre chacun de nos peurs! Ô notre monde – Donne-nous la joie de la lumière et du changement! Ô notre monde – Donne-nous l’ombre de l’herbe haute! Ô notre monde – Aide-nous se perdre dans le bruissement de la forêt! Ô notre monde – Donne-nous un lac noir du silence! Ô notre monde – Donne-nous la force d’un cri d’un chant d’une foule! Ô notre monde – Donne-nous plein de jours lumineux! Ô notre monde – Donne-nous l’attente en ce jour clair! Ô notre monde – Aide-nous éteindre le feu du mal! Ô notre monde... Ô notre monde, notre monde Je veux être en connivence avec toi Avec ton éclat et ta force Que me donnes-tu, réponds! Tu seras ma Reine - Bedziesz moja Pania Tu vas cueillir les fleurs tu vas me sourire tu vas compter les étoiles et tu vas m’attendre. Et c’est toi justement toi tu seras ma Dame et c’est toi rien que toi tu seras ma Reine les violons en tilleul vont jouer pour toi les sorbiers vont chanter les arbres, les feuilles, tous les oiseaux Je vais te faire danser te raconter les fables et le soleil d’orange déposer dans tes mains Et c’est toi justement toi tu seras ma Dame et c’est toi rien que toi tu seras ma Reine Les vents habillés couleurs soleil vont jouer pour toi la nuit d’été ils vont chanter, chanter à n’en plus finir. To nom sera comme une rose de printemps et ton amour comme un orage d’automne Et c’est toi justement toi tu seras ma Dame et c’est toi rien que toi tu seras ma Reine
Ta figure -
Twoja postać
Textes: Marek Grechuta sauf (*) Traduction: Rafal SZCZUCKI
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