Pourquoi "Incertitudes" ? En singulier, c'est un titre d'un poème qui se
trouve sur cette page. Mais pas seulement. L'Incertitude c'est un des fils conducteurs
de ma vie. L'état d'une certitude totale m'est tout simplement étranger. Je
connais des gens pour qui tout semble clair. Blanc c'est blanc, noir c'est noir.
Est-ce vraiment si simple. Je ne le pense pas. L'origine de cette page se trouve
dans une certaine "incertitude", le contenu ce n'est rien que mes
questionnements face aux "incertitudes" de la vie.
Je veux dans cette page parler de moi, de ma vie, de mes
"incertitudes". Je vais le faire par le biais des poèmes que je traduis,
que j'écris ou que je rencontre dans mes voyages à travers les océans des pages.
Je vais vous livrer quelques-unes de mes réflexions personnelles. Ce seront les
miennes et se respectent comme telles. Nous voyons la vie par le prisme
de notre propre vécu, de nos propres expériences et de nos propres histoires.
Parfois on peut avoir envie de les raconter aux autres. Mais tout ce qui se
trouve dans ces pages m'appartient exclusivement. Je ne vais
surtout pas impliquer quelqu'un d'autre que moi, bien que c'est grâce à des
personnes qu'on m a donnée la chance de rencontrer que ma vie est passionnante,
que j'apprends chaque jour une multitude des choses sur moi et sur les autres.
Peut être cette page deviendra un "blog", c'est un mot à la
mode. On verra. Même moi je ne sais pas encore. Je commence.
Je dédie cette page à ma femme et mes filles. A ma femme,
parce que je l'aime et je l'admire pour sa force de me supporter tel que je suis
depuis des années. A mes filles, parce qu'elles me donnent tout le bonheur dont
j'ai besoin pour continuer à espérer dans ce monde de désespoir. Elles sont
encore loin des questionnements existentielles des personnes "adultes".
Les sommes-nous vraiment ? Combien de questions toutes simples n'arrêtons-nous
pas de nous poser ? Et si on regarde bien, ce sont les mêmes que nous nous
posions dans notre enfance.
Je dédie cette page également à toutes les femmes que j'ai aimé dans ma
vie, à celles qui m'ont aimé un jour, à celles qui m'ont hai et à celles qui ne m'ont
pas compris (ça fait pas mal de monde). Parce que grâce à elles toutes j'ai compris énormément
des choses sur l'amour,..... c'est à dire à peu près rien. Je demande pardon à celles
que j'ai blessé, telle n'était pas mon intention. Je pardonne à celles qui m'ont blessé et humilié,
elles ne m'ont pas compris. Ce n'étaient
que de petites scènes dans un grand spectacle qui se déroule devant nos coeurs
tous les jours. La
vie! Ce spectacle entre le lever du rideau qui est la naissance et le gong de la fin
qui est la mort. Il n'y a pas d'entracte, il n'y a pas de temps à perdre, à
s'endormir. Qui
sait quel sera le ticket qu'on va tirer pour le spectacle suivant, si on aura
cette chance de réjouer encore une fois.
Pour commencer je vous invite à lire ces quelques poèmes
comme un avant propos. Vous y trouverez peut être quelques-unes de mes raisons à commencer ce
petit journal.
Le 29 mars, c'est mon anniversaire. Je suis une vraie bête
à cornes: bélier ascendant bélier et buffle chinois de surcroît.
Un idéaliste naïf et incurable en somme.
Mais comme chacun de nous naît et meurt un peu chaque jour,
c'est chaque jour un peu un nouveau anniversaire.
Alors, si une phrase, un poème de ce site te touche, ne m'oublie pas et
envoie-moi un petit mot
d'amitié, d'amour, d'encouragement.... ça ne coûte rien et ça me fera plaisir plaisir...
J'attends ton message. Oui, le tien! Pas la peine de regarder
derrière. Il n'y a personne d'autre que toi et moi.
Ajoute une phrase aux
voeux que je me fais
moi-même.
Les piqûres de la haine et du mépris, tu le sais,...j'en ai eu ma dose.
Merci....
Introduction:
Au village, sans prétention,
J'ai mauvaise réputation.
Qu'je m'démène ou qu'je reste coi
Je pass' pour un je-ne-sais-quoi!
Je ne fait pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme.
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout le monde médit de moi,
Sauf les muets, ça va de soi.
…………………………………………………………….
Pas besoin d'être Jérémie,
Pour d'viner l'sort qui m'est promis,
S'ils trouv'nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou,
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En suivant les ch'mins qui n'mènent pas à Rome,
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout l'mond' viendra me voir pendu,
Sauf les aveugles, bien entendu.
Georges
Brassens - La mauvaise réputation
Un clin d'oeil à "copain" Georges et aux tous les amis (et
pas seulement amis) qui voient en moi un mauvais garçon. Comme quoi la
réputation tient vraiment à pas grand chose.
Quand je ne te vois pas, je
n’ai pas de larmes aux yeux,
Je ne perds pas ma tête,
quand je t’ai aperçue,
Mais quand c’est trop
longtemps que je ne t’ai pas vu
Je suis en manque de voir,
mes yeux sont comme des trous,
Et dans cette soif de l’œil
une question m’est venue :
Est-ce de l’amitié ? Ou
peut-être l’amour ?
Quand je te perds de vue,
je suis fort incapable
Redessiner ton portrait
dans mes pensées instables.
Mais je le sens toujours,
même contre mon vouloir,
Tout proche, bien caché au
fond de ma mémoire.
Et une fois encore je me
pose la question
Est-ce vraiment l’amitié ?
Une autre affection ?
Quand mon cœur souffre
parfois, je ne pense jamais
De l’ouvrir devant toi et
te montrer ses plaies.
Mais en errant sans but, en
perdant mon chemin
Je ne comprends pas la
force qui m’attire vers toi
Surpris devant ta porte, je
m’interroge à nouveau,
Qui m’a conduit ici ?
Besoin d’ami ou d’aimer ?
Pour voir la joie ans tes
yeux je donne un peu de la mienne
Pour ton sourire, je
descendrais en enfer sans peine
Même si l’idée d’être dans
ta joie et dans ton sourire
Ne brûle que craintivement
au fond de mon esprit
Une fois encore la question
me perce comme une lame :
Suis-je captivé par ta
gentillesse ou dévoré par la passion ?
Quand ton regard se pose
sur moi furtivement,
Je me sens enveloppé par
une douceur enivrante
Me faisant croire que dans
ce rêve léger je vais sombrer
Mais le bruit vif de mon
cœur qui saute me tire de ce songe
En me hurlant cette fois
très fort la même question
Est-ce à l’amour que tu
résistes ? Ou à l’attachement ?
Quand j’ai façonné cette
petite strophe pour toi,
Aucun esprit ni muse ne
m’ont guidé la main
Tout étonné de ne pas
savoir
D’où sont venues les
pensées, les mots et les phrases.
Et à la fin j’ai griffonné
une question :
Est-ce l’amitié ou l’amour
ma source d’inspiration ?
(Traduction: Rafal SZCZUCKI)
C'est un poème de plus grand
auteur romantique polonais Adam Mickiewicz. Il a été mis en musique par un poète-chanteur de Cracovie
Marek Grechuta qui a écrit beaucoup de chansons
formidables. Je pense les traduire un jour. Ma traduction de "l'Incertitude" est
assez libre, parce que en grande partie inspirée par ma propre histoire.
Un autre que j'aime beaucoup:
Adam Mickiewicz
Pour A...
Hors de ma vue ! … je le fais tout de suite,
Hors de mon cœur ! ... et même le cœur cèdera,
Hors de ma mémoire ! ... non, à cet ordre
Ni ma mémoire, ni la tienne ne peut obéir.
Comme l’ombre qui grandit, plus le jour avance,
Qui s’élargit comme un cercle de tristesse,
Tu subiras mon souvenir, plus il s’éloignera,
Plus épais devra être le voile pour obscurcir ta mémoire.
En chaque lieu et à chaque moment,
Là où je t’ai pleurée, là où j’ai joué avec toi,
Partout et toujours, je serai près de toi,
Car j’ai laissé partout une poussière de mon âme.
Quand, pensive et seule, dans une chambre calme
Ta main effleure les cordes d’une harpe,
Tu t’en souviendras : c’est bien à cette saison
Qu’il m’a fait entendre une chanson semblable.
Ou, jouant aux échecs, par des démarches précises
Le piège cruel finira par échec à ton roi,
Tu penseras alors : les figures étaient les mêmes,
Quand notre dernier jeu s’est soldé par ma défaite.
Ou, pendant une fête, au moment d’un repos,
Assise, avant que la musique ne t’invite à danser,
Tu verras la chaise vide, quelques tables plus loin,
Tu penseras encore : il était assis là, un jour à me regarder.
Ou bien dans un livre, quand, par un cruel couperet
Tu les verras déchirés ces espoirs d’amoureux,
En fermant les pages avec cet air si triste,
Tu penseras peut-être : mais c’est notre histoire ! ...
Et si l’auteur, après cette dure épreuve
Parvient à unir à la fin ce couple à l’amour,
En fermant la lumière, songeras-tu peut-être :
Pourquoi notre roman ne s’est-il pas terminé ainsi ? ...
Tout à coup, l’éclair qui déchire la nuit :
Le chêne dans le jardin qui se met à chanter,
Et puis le cri d’un loup lointain qui force ta fenêtre...
Tu devines alors, que c’est mon fantôme.
En chaque lieu et à chaque moment,
Là où je t’ai pleurée, là où j’ai joué avec toi,
Partout et toujours, je serai près de toi,
Car j’ai laissé partout une poussière de mon âme.
Par dessus mes épaules en déchiffrant leurs secrets
J’ai horreur de ceux qui pensent que tout problème
On résout par un coup bien placé derrière la nuque!
Je ne supporte pas qu’on m’oblige de faire quelque chose
Je supporte pas quand on essaie me piéger par la pitié
Je supporte pas qu’on entre les gros sabots dans mon âme
Surtout quand on veut y cracher pour m’humilier
Je supporte pas les insectes qui se nourrissent de sang frais
Je supporte pas des chiens qui déchiquettent des lambeaux de chair
Je supporte pas tous ceux qui se croient tout savoir
Même quand leur propre savoir commence à les étouffer!
Je déteste ce sentiment de perplexité
Avec lequel un loup traqué fixe le fusil braqué sur lui
Je déteste les concours de mauvaises circonstances
Qui apparaissent quand quelqu’un a atteint son but
Je déteste toutes les causes inexpliquées
Je déteste toutes les pertes irrémédiables
Je déteste de compter les vœux jamais réalisés
Avant que mon dernier soit exaucé par un bourreau
Je hais quand on interrompt ma conversation
par un cliquetis métallique dans le combiné
Je hais les coups à bout portant derrière la tête
Même les salves en l’air m’inspirent que le dégoût
Je me hais à chaque fois quand je deviens lâche
Quand je cherche des raisons valables pour mes coups bas
Quand je sourie à tous ceux que je serve
Même si je les hais au plus profond de mon cœur!
(Traduction: Rafal SZCZUCKI)
Jacek Kaczmarski c'était à la fois celui qui a le
plus forgé ma personnalité en tant que poète, guide, ami presque. La maladie l'a
emporte 10 avril 2004. Trop tôt, beaucoup trop tôt. Il a laisse derrière lui un
vide dans mon coeur que rien ne saura combler. C'est pour le faire connaître au
public francophone que j'ai eu l'idée de créer ce site. Vous trouverez
les traductions de ses chansons sur d'autres pages.
Faites y un tour de temps en temps. J'y rajoute de nouveaux textes assez
régulièrement. Par la chanson "Je n'aime pas!", un cri de colère contre
l'oppression qui entoure de plus en plus l'homme aspirant à la liberté, Jacek
commençait souvent ses concerts. Il me manque énormément. Mais il est là, à
côté. Timide comme toujours, mais avec une parole qui vous transperce le coeur.
Si vous ne le connaissez pas, je vous invite à le faire à travers mes modestes
traductions.
Erotique - Krzysztof Kamil Baczynski
Dans le torrent de tes cheveux, dans la rivière de ta bouche,
Lisière comme le soir - sombre
Un appel vain,
vain éclat
encore dans l’obscurité je t’envelopperai,
oui encore avec la rose de la nuit
et disparaîtra le monde d’un geste de baguette, tombera en lambeaux
puis il roulera muet,
un voile traversera les yeux
et je dirai sans être - je suis
encore ainsi nageant en toi, je porte ton empreinte
dans les iris ou sur les paupières, suspendue telle une larme
j’entendrai en toi la mer argentée avec le dauphin gravé
dans la coquille de ton corps ensommeillé murmurant.
Dans le bois, où tu es
le bouleau, la blanche
substance laiteuse du jour
le barbare monstrueux,
mille siècles portant
j’exploserai, j’éclaterai, frémissement de la forêt
dans tes branches – un oiseau
une dédicace :
encore un jour – et pour la nostalgie - un siècle
un geste – et déjà le cortège des sens
un pas – et c’est toi qui existe
chaque moment - l’ apparition attendant en germe.
(à ma plus chère... K.)
Un autre poète polonais qui a eu une énorme influence sur
ma vie. Pourquoi il m'est si proche. Peut être parce que sa courte vie il a
consacré à deux rêves qui me sont très proches: la révolte contre les injustices
et la recherche d'un amour absolu. Il est mort à 23 ans et il a réalisé les deux
rêves de sa vie. Il a trouvé l'amour idéal et il est mort en combattant les
Nazis le quatrième jour de l'insurrection de Varsovie en août 1944
Raconte-toi - Yves Simon
Tu as peur des gens qui passent
Dans ta vie ou sur le trottoir d'en face
Tu as besoin qu'ils te regardent
Et pourtant tu restes là sur tes gardes
Raconte-toi
Tu écris aux visages que tu as vus
En quadrichromie, à la une des revues
Tu leur dis je te regarde est-ce que tu me vois
Dans le brouillard de ma ville où j'ai si froid
Raconte-toi
Envoie toutes sortes de messages
Aux inconnus et lucioles de passage
Prends le parti du risque de l'erreur
Le silence est toujours complice ou trompeur
Raconte-toi
Prends des feuilles 21 x 27, un stylo
Une caméra super 8, un magnéto
Regarde à l'intérieur de tes rêves et dans les journaux
Toute la folie du monde est dans ton cerveau
Raconte-toi
Un auteur, poète, chanteur, j'ai passé une grande partie de ma vie sans le
connaître. J'en ai entendu parler, bien sûr. Et à chaque fois je passais à côté. Mais grâce à une amie je l'ai découvert récemment,
j'ai ouvert la porte de mon jardin pour qu'il passe un moment avec moi, à
parler, à écouter les oiseaux, à ne rien dire ensemble. Et je vous le recommande
fortement. Il porte un regard plein de fraîcheur et de
vérité sur le monde d'aujourd'hui. C'est en partie grâce à cette chanson d'Yves
Simon, grâce à ses romans et ses autres chansons que je me suis mis à écrire,
comme ce petit poème qui suit.
Le cap du premier baiser
Le cap, le
vrai...
Sur le cap du premier baiser
L’herbe est haute
Les amoureux ne viennent plus ici
Mais je sens toujours la douceur de tes lèvres
Le parfum de tes cheveux
La chaleur de tes mains
Et le rythme de tes seins
Sur le cap du premier baiser
Quelques fils d’argent dans mes cheveux
Sentent encore tes doigts
Et l’arbre sur lequel nous n’avons pas mis
Nos initiales est toujours là, il se rappelle
Et inlassablement nous arrose avec ses feuilles dorées
Pour exploser de nouveau de sa jeunesse verte
Sur le cap du premier baiser
La frontière entre le lac et la foret
Est toujours la même
Le mouvement féminin des vagues
Invite dans le jeu les troncs fièrement debout
L’eau est toujours cristalline
Et les arbres caressent la surface avec ses bras
Sur le cap du premier baiser
Les visages des femmes
Me sourient dans le balancement des roseaux
Les reflets de soleil sur l’eau
Donnent la même envie à leurs yeux gourmands
Je sens leur tendresse sur ma peau
Et je tends la main pour la saisir
Sur le cap du premier baiser
Je parle de l’amour à ma fille
Elle ouvre les yeux d’étonnement
Comme si elle voyait la même chose
Un papillon sur une feuille
Nous réveille délicatement
Allons nous-en, il n’y a plus personne.
(Rafal SZCZUCKI - août 2004)
Celui-ci, c'est de moi. Ce petit poème est venu à moi l'été dernier. Je me suis baladé
avec ma fille autour d'un lac de ma jeunesse en Pologne. Et sans me rendre
compte nous sommes arrivé sur un petit presqu'île où les souvenirs de mes 18 ans
m'ont envahi en une fraction de seconde. C'était un moment magique.
Indescriptible en vérité, Mais pour m'en souvenir de ce moment, et pour le
partager un peu avec vous j'ai écrit ce poème. La photo était prise exactement à
l'endroit ou je me trouvais des années avant avec premier vrai amour de ma vie.
M
La fleur J'ai aimé une
fleur
Elle m'a appris l'amour
Elle m'a appris les pleurs
C'était si naturel
J'étais tellement pollué
Elle était tellement belle
J'aimais la renifler
La fleur
Alors je ferme les yeux
Pour reprendre des couleurs
Mais l'orage m'émeut
Et le noir me fait peur
La tristesse m'assassine
C'est la mort qui m'effleure
J'ai perdu c'est un signe
Capucine ta fleur
la fleur
Je suis né
à l'époque où les groupes comme "The Beatles" ou "The Rolling Stones"
commençaient conquérir le monde, Inutile de dire qu'avec des origines pareils je
ne peux ne pas être un enfant de rock'n'roll et du blues. Cette musique
m'accompagne toute ma vie. Mais cette musique accompagne souvent des merveilleux
poèmes. Je crois que j'ai envie de partager avec vous quelques morceaux qui
m'ont marqué particulièrement, mais si je voulais dresser une liste, même
réduite, ça aurait été impossible. J'ai déjà fait une petite place à
Ben Harper Je vais continuer avec les autres.
VINGT POÈMES D'AMOUR /
une chanson désespérée (extrait)
VIII
Abeille blanche, ivre de miel, toi qui bourdonnes dans mon âme,
tu te tords en lentes spirales de fumée.
je suis le désespéré, la parole sans écho,
celui qui a tout eu, et qui a tout perdu.
Dernière amarre, en toi craque mon anxiété dernière.
En mon désert tu es la rose ultime.
Ah ! silencieuse !
Ferme tes yeux profonds. La nuit y prend son vol.
Ah! dénude ton corps de craintive statue.
Tu as des yeux profonds où la nuit bat des ailes.
Et de frais bras de fleur et un giron de rose.
Et tes seins sont pareils à des escargots blancs.
Un papillon de nuit dort posé sur ton ventre.
Ah! silencieuse !
Voici la solitude et tu en es absente.
Il pleut. Le vent de mer chasse d'errantes mouettes.
L'eau marche les pieds nus par les routes mouillées.
Et la feuille de l'arbre geint, comme un malade.
Abeille blanche, absente, en moi ton bourdon dure.
Tu revis dans le temps, mince et silencieuse.
Ah ! silencieuse !
XIX
Fille brune, fille agile, le soleil qui fait les fruits,
qui alourdit les blés et tourmente les algues,
a fait ton corps joyeux et tes yeux lumineux
et ta bouche qui a le sourire de l'eau.
Noir, anxieux, un soleil s'est enroulé aux fils
de ta crinière noire, et toi tu étires les bras.
Et tu joues avec lui comme avec un ruisseau,
qui laisse dans tes yeux deux sombres eaux dormantes.
Fille brune, fille agile, rien ne me rapproche de toi.
Tout m'éloigne de toi, comme du plein midi.
Tu es la délirante enfance de l'abeille,
la force de l'épi, l'ivresse de la vague.
Mon coeur sombre pourtant te cherche,
J'aime ton corps joyeux et ta voix libre et mince.
Ô mon papillon brun, doux et définitif,
tu es blés et soleil eau et coquelicot.
J'ai presque honte d'avouer que j'ai découvert les poèmes
d'amour de Pablo Neruda tout récemment. Je le connaissais surtout en tant que
grand adversaire d'injustices de ce monde. Encore un poète qui a consacré sa vie,
comme par hasard, à
combattre les injustices et à chercher l'amour idéal. Encore un que la folie des
hommes a emporté dans ses tourbillons violents. Ce grand poète chilien, persécuté par la
police militaire, est décédé quelques jours après le coup d'état de général
Pinochet en septembre 1973. Comme ça arrive souvent, la poésie et l'amour ont
été piétinés, humiliés et salis par la force brute des hommes dont la seule
raison d'être pendait au bout de leurs fusils. Est-ce la raison de désespérer ?
Non, bien sûr. Qu se souvient aujourd'hui des visages de ces hommes en uniformes
qui faisaient régner la terreur, torturaient et tuaient les écrivains, les
chanteurs, les étudiants, les gens tout simples. Même ce pauvre Pinochet, si
fier et si puissant sur les images d'archives, se fait enfin attraper par la
justice de son pays. Pablo Neruda n'est plus là pour le voir. Mais la magie de
ces poèmes fait toujours vibrer les coeurs des hommes et femmes en quête de
l'amour idéal. Je vous conseille de découvrir ce poète formidable.
Et bien sûr lui, le Grand Jacques. Le magicien du
mot et de l'émotion. Le grand prêtre du temple dédié à l'amour.
Si on m'avait demandé de
donner une seule raison, pour moi, un Polonais, d'apprendre le français, ce serait celle ci: pour
pouvoir écouter et comprendre Brel. Bien sûr il y a tant d'autres auteurs à
connaître. Mais pour quelqu'un comme moi, qui adore la poésie en chanson, c'est
lui le maître. Que ces trois textes seront l'explication et la justification de
tout ce que j'ai écrit et ce que j'écrirai sur ces pages.
Jacques
Brel - Quand on n'a que l'amour
Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour
Quand on n'a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours
Quand on n'a que l'amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs
Quand on n'a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours
Quand on n'a que l'amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours
Quand on n'a que l'amour
A offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour
Quand on n'a que l'amour
A offrir à ceux-là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour
Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour
Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour
Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains,
Amis le monde entier
Jacques
Brel - Le prochain amour
On a beau faire on a beau dire
Qu'un homme averti en vaut deux
On a beau faire on a beau dire
Ça fait du bien d'être amoureux
Je sais je sais que ce prochain amour
Sera pour moi la prochaine défaite
Je sais déjà à l'entrée de la fête
La feuille morte que sera le petit jour
Je sais je sais sans savoir ton prénom
Que je serai ta prochaine capture
Je sais déjà que c'est par leur murmure
Que les étangs mettent les fleuves en prison
Mais on a beau faire on a beau dire
Qu'un homme averti en vaut deux
On a beau faire on a beau dire
Ça fait du bien d'être amoureux
Je sais je sais que ce prochain amour
Ne vivra pas jusqu'au prochain été
Je sais déjà que le temps des baisers
Pour deux chemins ne dure qu'un carrefour
Je sais je sais que ce prochain bonheur
Sera pour moi la prochaine des guerres
Je sais déjà cette affreuse prière
Qu'il faut pleurer quand l'autre est le vainqueur
Mais on a beau faire on a beau dire
Qu'un homme averti en vaut deux
On a beau faire on a beau dire
Ça fait du bien d'être amoureux
Je sais je sais que ce prochain amour
Sera pour nous de vivre un nouveau règne
Dont nous croirons tous deux porter les chaînes
Dont nous croirons que l'autre a le velours
Je sais je sais que ma tendre faiblesse
Fera de nous des navires ennemis
Mais mon cœur sait des navires ennemis
Partant ensemble pour pêcher la tendresse
Car on a beau faire car on a beau dire
Qu'un homme averti en vaut deux
On a beau faire on a beau dire
Ça fait du bien d'être amoureux
Jacques
Brel - La quête
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.
Et tant d'autres que je ne peux pas les citer ici.
(**)C'est
le drapeau du Tibet. Il a été interdit par l'occupant chinois. Le montrer, le
posséder vaut au Tibet plusieurs années de prison. Je tiens qu'il soit affiché
en permanence sur mon site.
Vous pouvez m'envoyer un courrier électronique à
raf.polo@gmail.com pour
toute question ou remarque concernant ce site et son contenu.
Dernière modification :
23 octobre 2006