( ...
(...)
Chapitre II - De la percussion de la tête,
avec plaie par flèche, etc.
Lorsque le
médecin arrivera auprès de quelqu’un qui
est blessé à la tête avec chose semblable,
comme flèche, ( ... ) et que la
flèche ait pénétré dans le crâne ( ... )
si elle n’a pas pénétré jusqu’à sa profondeur,
avant que tu te disposes à faire l’extraction
de la flèche tu couperas les cheveux selon la
manière dite plus haut ( ... ), et alors
agrandis la plaie avec le rasoir, afin que la
flèche ait une libre issue, et que par le fait
de son enfoncement ou de sa pénétration dans
les nerfs et les fibres de la chair et de la
peau elle ne soit pas arrachée avec grande
difficulté et douleur. Et à cause de cela
il faut tacher, dans l’agrandissement de
l’ouverture de la peau et de la chair, d’aller
jusqu’à la profondeur à laquelle la
flèche est arrivée, afin que tu puisses
plus facilement travailler avec tes
instruments, avec tes tenailles, ou avec tes
pinces, ou autres le ce genre, à extraire la
flèche, toujours en évitant la douleur autant
que possible. Et la flèche étant extraite, que
le médecin procède tout de suite au moyen de
la phlébotomie ou de la scarification ,selon
qu’il lui semblera d’après la faiblesse ou la
force du malade, et au moyen du clystère ou du
suppositoire susdits et de la même manière,
ainsi qu’au moyen des onctions extérieures et
des infusions, ou emplâtres, ou onguents
mondificatifs, comme il a été dit plus haut (
... ). ( Mais si le malade ) était dans
une telle faiblesse que, d’aucune manière, il
ne puisse supporter l’extraction de la flèche,
que celle - ci soit laissée encore ainsi
pendant quelques jours en l’adoucissant de la
manière susdite et si, jusqu’à ce temps, il
paraissait que la flèche ne puisse être
extraite, qu’elle soit laissée ainsi jusqu’à
la fin de la vie du malade, afin que la nature
travaille seule à son expulsion par le progrès
du temps, comme cela a été vu plusieurs
fois dans la pratique, et deux fois, dans mon
temps, j’en ai vu l’expérience. Mais si le
patient a encore quelque force et le jeu de
son intelligence en bon état, que la flèche
soit alors enlevée de cette manière avec tes
instruments de fer : premièrement, avec
tes instruments de fer, tu enlèveras quelque
peu de l’os sain qui est autour de la flèche,
tout autour, circulairement, afin que plus
légèrement, avec un moindre effort et sans
grande douleur, et aussi sans commotion de
toute la tète et du cerveau, la flèche puisse
être arrachée par le médecin.
Chapitre
III
- De la
plaie au nez ou à la face avec épée ou
flèches,
etc.
La plaie au nez
ou à la face, faite avec épée, glaive et
semblables, est faite parfois dans le sens de
la longueur du nez, parfois selon Sa largeur.
Néanmoins, si elle est faite selon la largeur
ou la longueur, c’est cependant une plaie
parfois large, parfois étendue, parfois
étroite. Semblablement, elle est parfois large
avec perte d’os et de peau, parfois avec perte
ou lésion de l’os seulement, parfois avec
lésion de l’os et non point avec perte.( ... )
Mais si la blessure a été faite avec une
flèche, remarque tout d’abord si la flèche est
apparente à la vue ou non. Si elle est
apparente, alors aussitôt, à la première
visite, mollifie et fortifie la partie avec
huile rosat, graisse de poule, jaune d’œuf et
un peu de safran mêlés et chauds, s’il ne se
produit pas d’écoulement de sang, parce
qu’alors procède tout de suite avec les
remèdes connus qui arrêtent le sang, et ce
jusqu’à son arrêt ; ensuite avec le médicament
susdit, jusqu’à parfaite mollification de la
flèche et de la partie. Et si les laïques (
... ), ou tes amis te sollicitent pour que la
flèche soit extraite tout de suite, et qu’il
soit évident pour toi que la flèche est entrée
peu profondément dans le membre, de sorte
qu’elle puisse être extraite avec assez de
facilité et sans grande difficulté et sans
accident pour le malade ( ... ), tache
d’extraire la flèche de cette
manière : prends le manche de la
flèche entre les tenailles dentées et
affermis—les bien en pressant bien avec les
mains sur la partie postérieure des tenailles,
afin que les dents des tenailles s’impriment
fortement dans le manche de la flèche, et
lorsque tu auras fais ainsi, tourne les
tenailles à droite et à gauche, et ensuite tu
ramèneras la flèche au point où elle a été en
premier lieu, ou à travers lequel elle est
entrée tout d’abord, et ainsi tu pourras
extraire la flèche directement, sans
difficulté, lorsque la flèche aura déjà fait
elle - même Sa voie par le tour que tu lui
auras fais faire à droite et à gauche et
réciproquement. Laquelle flèche ayant été
extraite de la manière dite, tu rempliras la
plaie avec des bourdonnets d’étoupe ou de lin
trempés dans huile rosat, jaune d’oeuf,
safran, mêlés et chauds, sans tasser beaucoup
les bourdonnets, et que cela soit continué
jusqu’à trois ou quatre jours et ensuite
commence à mondifier la partie avec miel
rosat, térébenthine, farine d’orge, farine de
fenugrec, myrrhe et sarcocolle. Car cet
emplâtre mondifie et calme la douleur. Cette
mondification étant faite, ou une plus
énergique si elle a été nécessaire, soit la
partie incarnée avec poudre d’encens, mastic,
sarcocolle et adragant. Soit ensuite
consolidée avec poudre de noix de cyprès,
momie, écorces de grenades, galles et autres
de ce genre, ou bien qu’il soit procédé avec
les onguents faits avec ces poudres selon la
règle donnée plus haut dans les autres
chapitres. Mais si la flèche ne se
manifeste pas à la vue, cherche alors si
elle ne serait pas dans le nez ou ailleurs, en
explorant avec ta sonde dans lequel des
deux points elle se trouve, dans la cavité du
nez ou ailleurs, etc., et si tu ne la trouves
pas d’aucune manière, alors mollifie et
fortifie toujours la partie avec huile rosat,
jaune d’œuf, graisse de poule et safran,
jusqu’à ce que la flèche se manifeste à ta vue
par l’effort de la nature et si elle ne se
manifeste pas, alors consolide la plaie et
abandonne la flèche, si, par ce procédé,
la plaie peut se consolider, et si tu ne vois
pas que tu puisses l’arracher par quelque
moyen. Souvent, en effet, et remarque - le
bien, la flèche abandonnée se manifestera à
toi par cette voie même, naturellement.
Quelquefois même la nature, dans son
ingéniosité, la pousse à la place convenable
pour qu’elle soit extraite ; et alors,
facilement et sans difficulté, ainsi que sans
grande incommodité pour le patient, elle sort
d’elle - même, ou quelquefois enfin, ainsi
abandonnée, elle se manifeste à toi de telle
sorte que le malade l’extrait lui - même, ou
du moins le médecin, avec facilité. Mais si la
flèche n’apparaît pas, mais se manifeste à toi
par le contact de ta sonde, et non à la vue, alors
tâche de mettre de l’huile rosat sur le manche
de la flèche, et de mollifier toute la partie
de la blessure avec la même huile, pendant
quelque temps, et lorsqu’il te semblera que la
partie est suffisamment mollifiée, cherche le
moyen de placer dans le manche de la flèche
une sonde faite avec crochet, et tache de le
faire, et enfonce le crochet dans 1’ouverture
du manche jusqu’au vide intérieur du manche
(l’auteur désigne soit le manche creux
de la flèche, soit la douille par
laquelle le fer était assujetti au manche
d’une manière plus ou moins solide car
« on le fixait parfois assez peu
pour qu’il restât sûrement dans la plaie, et
provoque le tétanos » ) fais alors des
tractions pour retirer la sonde à l’extérieur
et tâche d’extraire la flèche au moyen de
ladite sonde recourbée, si c est possible.
Mais si cela ne te semble pas encore possible,
alors tu reviendras à ladite mollification de
la plaie et à la dilatation de l’orifice. (
... ) Mais si, cachée ou visible, la flèche
est barbelée, alors place une canule
d’airain sur chaque barbe, ou une canule de
plume d’oie, et saisis alors le manche de la
flèche avec tes tenailles et extrais à
l’extérieur. Car alors, en enlevant la flèche,
ces barbes ne pourront s’ introduire dans les
tissus à cause de la canule d’airain ou de
plume d’oie, empêchant la pénétration et s’y
opposant. La flèche étant enlevée et extraite
de la manière dite, qu’il soit alors procédé à
la cure comme il a été dit plus haut. Mais si
le miel rosat, la myrrhe, la farine d’orge,
etc., n’étaient pas un mondificatif suffisant,
que la partie soit alors mondifiée avec
l’onguent des apôtres, ou vert ( ... ). Après
le mondificatif, tu t’appliqueras à
l’incarnation et à la consolidation selon la
manière donnée plus haut. Que la diète du
patient soit, au début, comme celle qui a été
dite dans les deux chapitres précédents, ou
mie de pain lavée plusieurs fois dans eau
cuite, sucrée, mêlée avec verjus ou vin de
grenades ; ou bien soit suc d’orge ( ... ) Et
qu’il ne mange de viande et ne boive de vin
d’aucune manière, et que le patient fasse cela
jusqu’à ce qu’il soit en sécurité relativement
à l’apostème, s’il est fort et robuste
d’énergie, d’âge, de constitution et des
autres qualités. Mais s’il est faible, qu’on
lui donne alors viandes de poulet, ou de
chevreau, ou de veau, cuites avec lesdites
herbes ou semences communes. Qu’on lui donne
aussi, dans la suite, chair de perdrix, de
faisan, d’oiseaux des bois et non point des
marais, oeufs à la coque, jus des viandes
susdites, mie de pain apprêtée avec ces jus,
avec oeufs en forme de brouet, et bref qu’il
use de mets de digestion douce ( ... ). Que la
boisson soit, dès le début, l’eau de décoction
d’orge, avec sucre rosat vieux, ou une boisson
de ce genre, froide et sèche. Mais vers la
fin, et du moins, après sécurité relativement
à l’apostème, il peut user de vin noir, faible
ou vert, avec eau de sucre rosat cuite ( ... )
etc., et qu’il soit ainsi réglé.
Chapitre
V - De la plaie au cou, avec épée, ou flèche,
etc
.
Les plaies
qui sont faites au cou par épée et semblables
se font selon la longueur on selon la largeur
et, avec cela la nuque est b1essée ou
non.
( ... ). J’ai vu un homme blessé avec une
flèche à la nuque, dans le cou, frère de Henri
Cinzarius de Crémone, qui aussitôt après avoir
été frappé perdit la sensibilité et le
mouvement dans tous les membres, au - dessous
de cette partie blessée de la nuque, de telle
sorte que chaque jour il perdait dans le lit,
sans le sentir, les superfluités de la
première et de la seconde digestion. Bref,
après avoir exposé aux parents ma désespérance
de sa vie et le pronostic de mort, je l’ai
guéri et je l’ai tellement rétabli, qu’il
pouvait s’en aller, avec deux bâtons, à
travers la ville, et il vécut encore pendant
dix ans. J’ai vu une autre fois à Crémone un
certain du nom de Gabriel de Prolo, blessé à
la jambe sur le focile, avec une flèche qui
perfora jusqu’à l’os et ne lésa pas l’os ; et
ce fut une flèche d’arc ( par
opposition au carreau d’arbalète :
cf. glossaire ), comme il m’était
raconté, et bref, avec tous les moyens et
médecines, la nature ne put ainsi empêcher
qu’il ne survint un frisson violent et, en
vérité, il fut presque mort pendant un mois.
Tu sauras donc que le frisson survenant dans
une blessure du cerveau, de la nuque, signifie
qu’elle a pénétré dans le cerveau, ou la
nuque, ou les nerfs nobles et souvent que la
mort doit arriver. Et s’il y a fièvre avec
insomnie, perte de l’appétit, affaissement de
tout le corps, cela présage sans doute la
mort. Et s’il survenait le flux du ventre, la
fièvre ni le frisson ne faisant défaut, cela
signifie encore la mort. Mais si, par le
bénéfice du flux, ces sympt6mes étaient
écartés et cessaient, ils ne signifieraient
pas alors un mal, mais plutôt un bien et la
vigueur de la nature sur l’infirmité et sur sa
cause. Quant à la diète, dans ce cas, au
début, au milieu et à la fin, il en a été
assez parlé dans les précédents chapitres,
selon qu’il convient dans toutes les
blessures, et aussi de la boisson ; c’est
pourquoi je ne le répéterai pas. mais tu
sauras que le vin excite le cerveau et les
nerfs plus que quelle autre chose que ce soit.
En conséquence, fais s’abstenir de vin, autant
que possible, les malades ainsi blessés, parce
que ce sera bien pour eux, à moins que
l’habitude du malade pour le vin, ou son âge
avancé, ou sa faiblesse, ou autre cause de ce
genre ne te porte à consentir pour lui à son
usage modéré.( ... )
Chapitre
XVII
-
De la plaie de la hanche, avec épée ou flèche,
etc.
Lorsqu’il
arrive que l’endroit de la jointure de la
cuisse avec la hanche est blessé, telles
plaies ne sont point redoutables
si ce n’est par
le fait de la grosseur du membre et de sa
nervosité, et de la lésion de sa ligature, de
laquelle lésion résulte la claudication à la
fin de la curation, comme je l’ai dit
plusieurs fois. Si donc une flèche, blessant
un tel endroit, a pénétré dans l’os ischion ou
de la hanche, alors avec ton habile
ingéniosité et subtile investigation, extrais
la flèche au moyen de la mollification de la
partie avec huile rosat, graisse de poule et
un peu de safran mêlés et chauds, et au moyen
de l’élargissement suffisant de la plaie, dans
la peau et chair, avec le rasoir. Laquelle
flèche étant extraite selon le mode dit au
chapitre de la plaie à la tête, alors remplis
toute la plaie avec bourdonnets trempés dans
huile rosat et safran chauds, pour la première
visite, jusqu’à trois jours, lorsque la sanie
commencera à se produire, à moins que tu ne
sois contrarié par l’écoulement du sang au
moment de l’élargissement et de l’extraction,
parce qu’alors efforce - toi d’y parer
aussitôt, comme je l’ai dit autres fois. Et
autour de l’endroit tu feras onctions
copieuses avec bol d’Arménie, huile rosat,
vinaigre, suc de solathre, suc de plantain,
suc de joubarbe et autres de ce genre, mêlés à
un peu de safran. Et sur toute la plaie mets
ce dit médicament que tu mettais dans la
plaie, de jaune d’oeuf, huile rosat et safran,
mêlés et chauds, et cela jusqu’au temps
susdit, soit trois jours Ou environ, jusqu’à
ce que la sanie commence. Tu mettras ensuite
ce mondificatif, et dans la plaie avec
bourdonnet, et sur la plaie Prenez de miel
rosat passé en colature 5 livres, de farine de
fenugrec, de farine de graines de lin, de
fleurs de camomille bien pulvérisées, de
chaque 1once, de farine d’orge, de farine de
lupins, de chaque 5 onces, d’huile de
camomille, d’huile d’aneth, de chaque 3 onces.
Soient toutes ces choses incorporées ensemble
avec vin suffisant, et faites - en usage comme
j’ai dit. Cet emplâtre, en effet, est en
partie mondificatif, en partie sédatif de la
douleur, et très utile dans ce cas. Que
toute ton application, dans ce cas, soit en
effet pour calmer la douleur et éviter
l’apostème, parce qu’il n’échoit rien de
suspect si ce n’est pas le fait de ces deux
choses. Que la diète, dans l’aliment et la
boisson, soit celle qui a été dite au chapitre
de la plaie à la caissette, au dos et aux
intestins. Mais si la plaie était faite en ces
endroits avec épée ou semblables, de manière
qu’elle eut besoin de suture, qu’elle soit
alors suturée dans toutes les règles de suture
dites au chapitre de la plaie au cou, et à la
gorge, et aux autres chapitres. Et dans la
cure de telle plaie soit procédé comme j’ai
dit plusieurs fois dans les autres chapitres.
Que la phlébotomie et l’évacuation du
ventre ne soient pas non plus omises ici,
afin que la partie n’enfle pas à cause de son
voisinage avec les intestins contenant
excréments, parce que c’est très utile, et
c’est pour cela que tu ne l’oublieras pas,
parce que tu t’en trouveras bien dans la cure
( ... ).
Chapitre
XIX
- De la
plaie au genou, avec épée ou flèche,
etc..
Les endroits
du genou sont très redoutables et mortels
lorsqu’une plaie y est produite, du moins par
dessous
, dans la portion de cette concavité qu’on
trouve à la partie antérieure du genou, sous
la rotule, et ces parties sont à l’extrémité
du petit et du grand focile (la fibula
et le tibia ) car en cet endroit se
continuent et s’unissent de nombreux nerfs
considérables et nobles venant du cerveau et
de la nuque ( ... ).
Chapitre
XX
- De la
plaie de la jambe, avec épée ou
flèche,
etc
.
Sur le petit
focile de la jambe, à la partie antérieure et
intérieure se trouvent d’importants lacertes (
muscles ), descendant immédiatement du
genou et ( ... ) surtout du cerveau et nuque.
D’où lorsqu’une plaie est faite en cet
endroit, et spécialement avec flèche et
semblables , elle est très redoutable et,
dans notre temps, nous en avons vus
beaucoup périr. Si donc une flèche ou
autre semblable est entrée dans la jambe, ou
du moins dans ledit endroit, et avec cela sera
entrée dans la substance de l’os, alors, tout
de suite, selon l’ordre accoutumé plusieurs
fois dit, mollifie la place où est la flèche
et toute la plaie avec huile rosat chaude et
un peu de safran, ou avec graisse de poule
mêlée à ces choses, et bref dispose la partie
pour la facile sortie de la flèche, ou bien
avec ledit mollificatif, ou même avec une
habile incision faite avec prudence. Et alors
extrais la flèche délicatement selon les
règles données au chapitre des plaies de tète
avec flèches. Laquelle étant extraite, remplis
de suite la plaie avec huile rosat chaude et
un peu de safran, sans introduire de tente
jusqu’au fond de la plaie, mais seulement
l’huile susdite, en plaçant cependant une
tente dans l’orifice pour qu’il ne se ferme
pas, superficiellement, comme je l’ai dit plus
haut de la plaie à la cuisse et au genou. Mais
autour de la plaie soit mis défensif de bol
d’Arménie, huile rosat, vinaigre, suc de
solathre, de joubarbe, de plantain, eau de
roses et semblables, avec un peu de safran, et
cela soit fait depuis le début jusqu’à la fin.
Et que l’huile susdite soit mise dans la plaie
comme j’ai dit, Jusqu’à trois jours ou à peu
près, jusqu’à ce que la sanie commence de
paraître et que tu sois en sécurité par
rapport à l’apostème. Mondifie ensuite la
partie selon les règles données ( ... ), et ta
mondification étant faite, soit la partie
incarnée et consolidée comme j’ai dit plus
haut. Et s’il sortait peu de sang de la plaie
et que la force et l’âge et les autres
conditions ne s’y opposent point, soit fait
phlébotomie ou ventousation et soit administré
clystères ou suppositoires susdits. Bref, que
la diète dans la nourriture et boisson soit
réglée aussi comme j’ai dit. Et n’aie de
crainte en aucune façon relativement à l’os
lésé dans ce cas, parce qu’il sera bien
mondifié par ce procédé, grâce au dit
mondificatif. Mais si tu est empêché dans
l’acte de l’extraction de la flèche par
l’écoulement du sang, tourne aussitôt tes
efforts vers sa répression, reviens
ensuite au mode maintenant dit. Et si la plaie
est grande, soit longue, soit large, ayant
besoin de suture, et avec écoulement abondant
de sang, alors tu rapprocheras de suite et tu
coudras les parties de la plaie l’une contre
l’autre, convenablement, comme au chapitre de
la plaie au cou ; puis applique - toi
immédiatement à la répression du sang, et tu
ne manqueras pas de mettre sur la suture la
poudre conservative plusieurs fois dite ; et
laisse la partie ainsi liée jusqu’au jour
suivant, ou plus, jusqu’à ce que tu sois
assuré de la répression du sang. Procède
ensuite avec le mollificatif et sédatif de la
douleur fait de jaune d’oeuf, huile rosat et
safran, jusqu’à la production de la sanie ;
puis mondifie, incarne et consolide comme tu
as appris. Règle comme tu as appris plus haut
la phlébotomie, la diète, l’évacuation du
ventre, le défensif et les autres choses. Mais
si l’os de la jambe a été coupé
transversalement en totalité, de telle sorte
que les parties ne puissent adhérer l’une avec
l’autre, alors rapproche - les convenablement
et délicatement avec tes mains ; puis tu
rapprocheras les parties de chair et de peau
au moyen d’une suture convenable sur laquelle
tu répandras la poudre conservative plusieurs
fois dite tu oindras ensuite copieusement
autour de la plaie avec le défensif susdit au
présent chapitre, puis avec tampons
convenables et faits d’étoupe, roulés dans
blanc d’oeuf, huile rosat et safran, lie la
partie au moyen d’une bande convenable, ( ...
). Et procède ainsi jusqu’à la production
du pore sarcoide ( le cal osseux )
liant ensemble les parties de l’os. Et
dans la plaie et sur son orifice mets, pour ce
temps, jusqu’à production de sanie, jaune
d’oeuf avec huile rosat et safran. De même
pour la diète dans la nourriture et boisson,
et phlébotomie, et scarification, et
évacuation du ventre, soit procédé comme
dessus, excepté qu’après assurance
relativement à l’apostème le malade soit réglé
avec aliments durs et visqueux, comme sont
viscosités ou extrémités des animaux et autres
substances de ce genre, mets faits de pâte,
etc. ( ... ).
Chapitre
XXII
- De la
plaie du peigne du pied, avec l’épée ou
flèche,
etc.
Lorsque cet
endroit est percé avec une flèche ou autre
objet
aigu,
ou par une plaie avec épée ou autre de ce
genre, il faut toujours considérer si la
flèche a percé tout ou partie, et alors le
lieu de la plaie et de la flèche étant
mollifié selon la coutume, comme dessus, et
bref, les règles de l’extraction de la flèche
étant observées, qu’elle soit extraite et que
la plaie soit remplie avec huile rosat chaude
et safran, sans pousser la tente au fond de la
plaie, mais en la mettant courte et grosse et
imbibée de la dite huile, dans l’orifice de la
plaie, de peur qu’il se ferme, et cela jusqu’à
trois jours ou environ, jusqu’à ce que la
sanie commence à se produire dans la
partie. Qu’il soit ensuite procédé avec
mondificatif. incarnatif et consolidatif,
exactement comme dessus. Et qu’on n’
omette jamais autour de la plaie le
défensif de bol d’Arménie, myrte, roses,
huile rosat, vinaigre et sucs froids, comme au
chapitre de la plaie à la cuisse et au genou,
ni la phlébotomie au commencement, ou la
scarification, selon qu’il est expédient, ni
l’évacuation du ventre, ni la diète due,
toutes choses qui ont été dites clairement
plus haut. En faisant toujours la répression
du sang, principalement si au moment de
l’extraction de la flèche il te contrariait,
en revenant ensuite au mode maintenant dit.
Mais si la plaie est grande et large, de
telle sorte qu’elle ait besoin de suture
et que l’os soit coupé au point qu’il y ait là
des portions d’os tellement séparées de l’os
sain, ni par l’art du médecin, ni par la vertu
de la nature, que ses parties soient alors,
avant toutes choses, enlevées délicatement, et
le reste de l’os ramené et réuni corne il faut
avec tes mains. Soient ensuite les parties de
chair et de peau convenablement cousues selon
les règles du chapitre de la plaie au cou, et
soit la suture conservée avec la poudre,
connue dessus, en laissant à la partie plus
déclive de la plaie un orifice connue j’ai dit
d’autres fois, dans lequel, avec une tente, et
sur la plaie avec des tampons d’étoupe, soit
mis le médicament de jaune d’oeuf, huile rosat
et safran, jusqu’à production de la sanie, et
autour de la plaie soit mis le défensif de bol
d’Arménie, etc., dit au présent chapitre et
plusieurs fois ailleurs. Puis soit la partie
convenablement liée et soit ensuite mondifiée,
incarnée et consolidée comme tu l’as appris
plus haut par rapport aux autres plaies( ...
)