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Jwé farin 
Ce costume du carnaval guyanais est un des plus prisés des enfants; il faut dire que le "jwé farin" est tout à la fois facile à confectionner et plein d'allure.
Ce costume rappelle à tous un métier traditionnel et très important, ici comme ailleurs : le boulanger. Le boulanger c'est ce personnage qui dans l'inconscient collectif ne craint ni la nuit, ni ses créatures.
Il travaille de nuit, lorsque tout le monde dort et chacun compte sur lui.
Le costume du jwé farin est tout blanc bien sûr. Chemise, pantalon et le plus souvent chapeau pointu.
les enfants aujourd'hui, prennent un malin plaisir à jeter la farine qu'ils ont dans leur grande poche de tablier, sur les spectateurs. Mais la tradition attachée à ce personnage était la suivante:
Le "jwé farin" ouvrait la marche d'un groupe de touloulous. Les enfants et les jeunes venaient le provoquer. C'était alors la course : si le jwé farin" vous attrapait, il vous enfarinait.
Lanmò 
"Mask' lanmò" est un costume qui se retrouve, d'une manière ou d'une autre dans la plus grande partie des carnavals du monde. Le Carnaval guyanais lui aussi joue avec la mort. Moment de libération, de "folie", le carnaval se rit de tout et de tous. Plus d'interdits, plus de respect, plus de peur. La mort elle mêmee ne fait plus peur, apprivoisée qu'elle est à travers le costume et la dérision propre au carnaval.
Le touloulou "lanmò" est tout de blanc vêtu. Son costume permet d'envelopper les spectateurs. La mort court derrière les badauds, les attrape et les relâche ensuite
Coupeurs de Cannes 
Les coupeurs de cannes font référence à une des activités coloniales qui a laissé les traces les plus durables dans les mémoires. En Guyane, la coupe de la canne n'a jamais été automatisée et les coupeurs de cannes, certains du moins, vivent encore.
Mais les coupeurs de cannes du carnaval font plutôt référence à la période esclavagiste. Il s'agit là encore d'une "bande " complète menée le plus souvent par un " commandeur " armé d'un fouet et vêtu du célèbre costume colonial. Les coupeurs de cannes sont, eux, torse nu, pied nus vêtus d'un pantalon en grosse toile et armés d'un sabre.
S'ils sont accompagnés de coupeuses de cannes, les femmes sont habillées de bleu, la tête attachée par un foulard.
Sousouri 
"Sousouri", chauve souris en français est un costume qui comme "lanmò" exorcise la peur. Dans l'imaginaire, la chauve souris c'est la suceuse de sang, la méchante âme envoyée par le démon qui vient voler la vie durant la nuit, profitant du sommeil des vivants. Pour s'en prémunir, pour s'en jouer, le personnage de la "sousouri" fait son apparition dans le carnaval. Réalisée le plus souvent en deux couleurs la sousouri poursuit les badauds et les" pique " avant de les laisser s'enfuir.
Le costume de la "sousouri" se présente comme une sorte de justaucorps noir couvrant la personne de la tête au pied et agrémenté " d'ailes " de tissu, le plus souvent en couleurs, accrochées aux poignets et aux chevilles.
Bobi 
Le costume dit " bobi " est un des plus faciles à réaliser mais s'en revêtir exige un certain talent: c'est sans doute un costume que l'on doit à l'énorme impact laissé en Guyane par les premiers montreurs d'ours. Le métier même ayant disparu, le carnaval s'est approprié le " bobi ".
C'est à partir de vieux sacs de pommes de terre que l'on fabrique ce costume qui figure grossièrement un ours. Entièrement revêtu de cette " peau " , tenu en laisse, le "bobi" exécute ce que son dresseur lui demande car, pas d'ours sans montreur d'ours. A la demande bobi danse, chante, se roule par terre.
Zombi baréyo 
Ce costume de carnaval est un costume collectif, il nécessite ce que l'on appelle une bande: plusieurs personnes habillées de la même façon et respectant les mêmes règles;
Les "zombis" ou "morts vivants" ou encore "morts qui marchent" sont des fantômes. On peut les rencontrer facilement au pied des fromagers dit la tradition.
Gare donc à celui qui, la nuit, viendra déranger les "zombis". Il se fera "baré" se perdra, disparaîtra peut-être à jamais. La peur véritable des zombis a conduit à créer ce personnage. Dans le carnaval, on ne craint plus personne, ni les vivants ni les morts.
le costume "zombi baréyo" est blanc agrémenté d'une ceinture rouge ; le plus souvent sur la tête une cagoule triangulaire rappelle une tête de chat. Les membres du groupe prennent une corde qui sert à "baré", à emprisonner les spectateurs.
Djab rouj 
Le grand diable rouge, dit "djab rouj", ne vit qu'une seule journée dans le carnaval. Il n'existe en Guyane, sous cette forme, que depuis les années 50. Auparavant le " dajb rouj " apparaissait sporadiquement ici ou là lors des défilés carnavalesques du dimanche.
Actuellement donc, le "djab rouj" règne sur le mardi gras. Rouge, noir et argent sont ses couleurs, ses cornes, grosses ou petites ornées ou non de morceaux de miroir, rythment l'avant dernier jour du carnaval de la Guyane. Se jouer du diable, s'est s'en préserver bien sûr, le tourner en dérision c'est l'apprivoiser. Juste avant que ne commence le Carême, la Guyane par son Carnaval, nargue le diable et ses tentations.
"Anglé bannan" 
Le costume "d'anglé bannan" est apparu en Guyane après la première émigration en provenance de SAINTE LUCIE. La façon dont s'habillaient dans les grandes occasions ceux que les Guyanais appelaient les "neg anglé" avait frappé les esprits. Il faut dire que ce costume ne pouvait pas passer inaperçu ; vêtu de son haut de forme et de sa redingote suant et digne sous le soleil de Guyane, "l'anglé bannan" est devenu très vite une caricature de la prétention.
L'"anglé bannan" est vêtu d'un haut-de-forme, d'un "pas pété" et d'un pantalon noir. A la main, il a un second paletot qui lui sert à "fouetter" les spectateurs qu'il a rattrapés à la course, alors qu'ils se moquaient de lui. Celui qui endossait le costume d'"anglé bannan" devait être sportif pour rattraper les moqueurs. Félix Eboué, très endurant à la course, prisait particulièrement ce costume.
Neg maron 
Le "neg maron" est tout à la fois un personnage mythique et historique. Alors que l'esclavage sévissait en Guyane, certains des esclaves se sont enfuis, ont "marronné". Quelques noms de marrons célèbres sont passés à la postérité et la tradition a souvent prêté à ces marrons des pouvoirs exceptionnels et quasi surnaturels. Ils ont dans le carnaval une place tout à fait spéciale. Les groupes de Touloulou tous parés-masqués utilisaient les "neg maron" comme une sorte de service d'ordre. A eux de dégager le passage et de faire reculer les plus hardis des spectateurs.
Le costume du "neg maron" est très simple : un bandeau rouge dans les cheveux, un kalimbé à la taille. Mais le véritable costume du "neg maron" s'applique à toute la peau : huile et suie, un mélange noir brillant (et qui tâche les spectateurs imprudents) et, dans la bouche, une graine d'awara.
La Diablesse 
Dans une société très christianisée et terriblement superstitieuse, tout ce qui a trait au surnaturel, à Dieu, au diable se doit d'être, de temps à autres, ramené à l'échelle humaine.
La diablesse est un de ces personnages qui hantent l'inconscient collectif de la Guyane. Personnage redoutable et redouté, c'est l'équivalent des sorcières européennes du Moyen-Age, le sens de l'humour en plus. Elles ne sont pas forcément laides les diablesses de Guyane, et jouent des tours aux hommes trop sûrs d'eux et de leurs charmes.
Alors avant que de plonger dans le carême pour quarante jours, la Guyane entière se transforme en Diablesses. Des diablesses en noir et blanc, hurlant leur peine de voir mourir le roi Vaval jusqu'à l'année prochaine.