L'histoire du crapaud géant

 

Le crapaud géant ou crapaud bœuf non content d'être le plus colossal des représentants de la famille des bufonidés, possède également une histoire bien particulière.

A la nuit tombée, il part en chasse à la recherche d'insectes, vers, mollusque. Il capture et parvient même à maîtriser de petits vertébrés tel souris et jeunes rats et ne dédaigne pas un petit serpent à l'occasion. Son régime alimentaire incluant nombre d'insectes nuisibles aux différentes cultures, comme celle de la canne à sucre, a fait qu'il fut pour cela remarquer par les colons européens.
A la fin du 19EME les hommes eurent l'idée de l'utiliser comme insecticide naturel. Comme agent de lutte biologique comme il convient de dire ! Il fut pour cela exporter massivement dans des régions ou il n'était pas présent. Les îles antillaises ; Jamaïque, Guadeloupe, Martinique et j'en passe. En 1935, en Australie une bonne centaine de Bufo marinus viennent dire un petit coucou aux kangourous ! via les îles d'Hawaii.

L'histoire pourrait être idyllique et s'arrêter là. Seulement voilà chaque fois que l'homme joue à l'apprenti sorcier et modifie l'ordre naturel des choses. Les problèmes commencent.
Dans son aire d'origine et malgré sa toxicité naturelle le crapaud géant se connaît quelques prédateurs. Certains serpents parviennent par exemple à en faire leur ordinaire.

Ailleurs où il fut exporté, il proliféra massivement en l'absence de tout prédateur. Sa forte toxicité, son appétit démesuré, son énorme gabarit ajouter à un taux de reproduction très élever fit qu'il supplanta rapidement d'autres espèces de batracien indigènes.
Pis encore c'est que dans des îles du Pacifique où il fut également introduit, des ethnies ont comme pratique culinaire la confection de soupe à base de batraciens et de leurs têtards.
Personne n'avertit ces populations de l'extrême toxicité de ce crapaud. Des villages entiers périrent empoisonné pour avoir consommés du Bufo marinus.

Il apparaît avec le temps que le crapaud "lade" comme il se fait appeler en Guadeloupe et Martinique se nourrit aussi d'insectes utiles aux culture. Son rôle reste contestable pour la lutte contre insectes nuisibles. Dans certaines régions il est carrément devenu un vrais fléau. L'île de la Dominique dans les Antilles a par voie de décrets interdit toute importation du batracien géant.

Comble de l'histoire pour le crapaud bœuf c'est que les australiens fabriquent à partir de la peau de celui ci du cuir.

 

Prévoteau Jean-Marie