Les anciens ponts sur le bras principal
( 1496-1768 )
Le chapitre sur la
construction du grand pont au XIIe siècle nous a conduits
jusqu'en 1460, année où, malgré des réparations
nécessaires, l'ensemble des ouvrages de la traversée,
s'étirant sur 1 200 mètres, permettent un franchissement
aisé de tous les bras de la Loire.
Les quatre ponts du côté Nord, que leur tablier
soit en pierre ou parfois en bois, posent peu de problèmes
pendant trois siècles, cela jusqu'en 1752, où de
grands travaux deviennent indispensables.
1) Les premiers désastres
Il n'en va pas de même sur ce qui
devient le grand bras, sur lequel l'abondance et la violence des
eaux causent des catastrophes répétitives.
En janvier 1496, une grande crue emporte les deux ponts,
qui étaient tout en pierre : " le grand pont
" et le petit " pont Hardouin " ( du
nom de Hardouin de Maillé ), qui reliait l'île de
la Saunerie à la porte de la Tonnelle. Le passage est rétabli,
mais désormais les tabliers sont en bois. Ce gros travail
de charpente fait l'admiration de Rabelais, qui, entre 1548 et
1552, compare les javelots lancés par Pantagruel « aux
grosses poultres sur lesquelles sont les pons de Nantes, Saulmur... »
( Quart Livre, chapitre 34 ).
Un nouveau désastre survient en 1561. Nous savons
seulement que la traversée a été vite rétablie
et que les point fortifiés ont été renforcés,
ce qui fait de Saumur une place très convoitée dans
le dernier quart du XVIe siècle. Plus tard, Sully, grand
voyer du royaume, fait exécuter de nouveaux travaux entre
1605 et 1610 ( comptes de Louis Arnauld, cités par Jean
MESQUI, Le Pont en France avant le temps des ingénieurs,
Picard, 1986 ).
2) Le "Déluge" et ses conséquences
La grande inondation
de mars 1615, appelée le "Déluge"
et racontée plus haut, détruit la traversée
sur le bras principal ; elle fait de gros ravages sur le
pont appelé alors " la Grand'Arche "
ou " pont de la Porte-Volante " ( il y avait
un pont levis au milieu, vraisemblablement pour donner le passage aux plus gros bateaux ; en raison de cette coupure médiane,
certains actes du temps considèrent qu'il y a deux ponts
et appellent " pont de la Fougeraie " le tronçon
situé du côté Nord ). Un service de bac
est rétabli sur le grand bras. Un accord unanime semble
se faire pour estimer que les piles restantes ne seront plus d'aucune
utilité. Ce sont ces ruines éloquentes qui réapparaissent
de plus en plus souvent aux périodes de basses eaux : elles
sont en partie déversées et les maçonneries
remontent à des périodes différentes ;
sur des bases médiévales, des renforcements ont
été juxtaposés au milieu du XVIIe siècle,
et l'ensemble a été arasé par la suite. Du
côté amont, à droite, apparaissent nettement
deux piles du pont de biais qu'on va évoquer ci-dessous.
En bas subsistent quelques restes des murs qui entouraient l'île
du Parc.
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Sécheresse de 1976 |
En 1985 |
En 1990 |
Pendant 28 ans, il n'y a pas de pont
digne de ce nom sur le bras principal, alors que sur les bras
septentrionaux, les ouvrages ont été assez vite
rétablis. C'est du moins ce qu'on peut déduire de
ce plan dressé vers 1621 : du côté gauche,
les tracés sont précis, l'ancienne bastille encadrée
par des ponts-levis est parfaitement figurée sur l'avant-dernière
pile du bras de la Croix-Verte, alors que du côté
droit, vers le sud, le cartographe pratique le flou artistique,
en esquissant deux ponts sans piles.

Toutefois, l'entrepreneur Jean Guibert
installe un tablier de bois « sur les piles du vieil
pont » ( A.M.S., DD 17, n° 4 ), installation
provisoire qui permet le passage de charrettes. C'est à
l'abbaye de Saint-Florent, propriétaire de la traversée
du fleuve, qu'incombe la reconstruction du pont. Elle établit
un projet, mais elle s'avoue incapable de payer les importants
travaux et renonce à tous ses droits et devoirs sur les
ponts au profit des habitants de Saumur ( arrêt imprimé
du Conseil d'Etat, 4 septembre 1624, A.D.M.L., H 2112 ).
C'est donc l'inversion du procès que l'abbaye avait gagné
en 1162. Avant d'émettre un jugement sévère
sur cette défection, il faut rappeler que Saint-Florent
est sorti ruiné des Guerres de Religion, que son abbé
commendataire, Gilles de Souvré, voit sa nomination contestée
et que des négociations sont en cours avec la Congrégation
de Saint-Maur. Au demeurant, malgré des péages,
des droits sur la batellerie et sur la pêche, il est probable
que la possession des ponts n'ait pas été une affaire
bien rentable.
Pour les habitants de Saumur, c'est un cadeau empoisonné ;
ils appellent à l'aide la généralité
de Tours. Finalement, le 25 mai 1641, le Conseil d'Etat prend
officiellement en charge les ponts de Saumur et, pour payer les
travaux, il lève une contribution exceptionnelle de 40 000
livres à payer par l'ensemble de la généralité
( A.M.S., DD 17, n° 11 ).
3) Un projet pharaonique
Avant de renoncer, l'abbaye avait arrêté
le tracé d'un nouveau pont très ambitieux. Un accord
s'établit alors pour estimer que de meilleures fondations
seraient offertes par un tracé oblique allant de l'île
de la Saunerie vers la rue des Saulaies.
Un marché est signé dès
1615 avec Jean Cizereau et son héritier Jean Guibert (
A.M.S., DD 17, n° 9 ). Sous l'appellation de
" pont de la Saunerie " sera lancé
un nouveau pont, tout en pierre et reposant sur sept piles seulement.
C'est là un projet bien téméraire, alors
que le coût et le financement de l'ouvrage ne sont pas arrêtés.
L'entrepreneur Jean Guibert - époux d'Anne Viollette -
exécute d'importants travaux à partir de 1626. Les
échevins de Saumur, échaudés par tant de
déconvenues, surveillent le chantier et font part de leur
inquiétude aux Trésoriers Généraux
de Tours : Guibert bat « les paux des pilles en
plaine eau, auparavant que d'avoir faict faire des bastardeaux »
; en outre, il ne bâtit pas les piles à quatre pieds
au-dessous des plus basses eaux, comme le stipule le marché ;
la seconde pile à partir de la Saunerie leur semble manifestement
défectueuse ( A.M.S., DD 17, n° 1, requête
du 23 septembre 1626 ).
Un expert vient visiter les ouvrages en cours. En avril 1629,
les financiers de Tours tranchent avec morgue : « C'est
le Roy qui faict faire les dictz pontz et les payementz du prix
du bail se font de ses deniers, tellement que les dictz habitans
n'ont point le droict de controller ces ouvrages... ».
Bel exemple d'incompétence hautaine de financiers et de
techniciens, d'autant plus grave que les travaux cessent pratiquement
pendant la décennie 1630-1640.
Le
dessin de Lincler gravé par Collignon remonte à
cette époque. Six piles du pont sont visibles sur les sept.
Pendant les travaux, un tablier de grosses poutres a été
posé, mais à titre temporaire. Une surprise toutefois :
l'ancien pont et sa passerelle ne sont pas figurés plus
à droite. A l'inverse, on remarque à gauche le petit
pont Foullon reposant sur une seule pile et forcément achevé
avant les travaux du grand pont. Son nom lui vient vraisemblablement
de la célèbre famille de ce nom, mais je ne vois
pas bien à quelle branche il correspond.
4) Un résultat catastrophique
Les habitants de Saumur, excédés
par tant de lenteur et le mauvais état de l'ensemble de
la traversée, prennent en charge de grands travaux en 1641
: ils consacrent 45 000 livres à la restauration de ponts
situés plus au nord et avancent une somme de 14 500 livres
pour l'achèvement du « pont neuf », où
restent à faire les remplissages, les pavages, les parapets
et autres ouvrages ( A.M.S., DD 17, n° 4 à
7 ). Manifestement, les arches de pierre viennent d'être
posées.
Le mythe du grand pont de pierre bâti pour des siècles
a encore frappé. A une époque où les entrepreneurs
sont incapables d'ancrer des fondations solides dans la Loire,
mieux vaut se contenter d'un léger tablier de bois, quitte
à le restaurer tous les dix ans. Dès l'ouverture
du nouveau pont, les lourdes arches de pierre entraînent
des tassements et des déversements sur des piles trop fragiles.
Dès le 18 juillet 1643, des experts, parmi lesquels se
trouve l'architecte Florent Gondouin, constatent que la troisième
arche se fissure et que le pavé est entrouvert ( A.M.S.,
DD 17, n° 9 ).
Elie Brackenhoffer, visitant Saumur en août 1644,
note que le pont de pierre « s'est effondré
par suite de la négligence du maître de l'oeuvre ».
En 1646, Lambert Doomer représente ce pont dont les trois
premières arches ont été remplacées
par des travées de bois.
Au milieu, une arche marinière surélevée
semble encore intacte, comme la suite du pont. Ce rafistolage,
qui prolonge de quelques années le passage, coûte
encore à la ville quelques dépenses supplémentaires
( A.D.M.L., E 4390 ). Finalement, un procès-verbal
de 1658, dressé en présence de René Foullon,
lieutenant criminel, constate que les arches écroulées
gênent la navigation et qu'il faut les déblayer (
A.M.S., DD 17, n° 15 ). Olivier Guibert, l'héritier
de Jean, touche peu d'argent, et le saumurois André Bourneau,
avocat au Parlement, plaide la cause de la ville auprès
des ministères, en demandant une décharge de gabelle,
afin de compenser les énormes dépenses qu'elle vient
d'engloutir dans ses ponts, et cela en vain ( A.D.M.L., E
4386 ).
De cet ancien pont, la culée du côté
d'Offard a longtemps subsisté. La voici photographiée
en 1898 par l'architecte Roffay et, à droite, vers 1980,
avant sa destruction regrettable ; des chiffres inscrits sur les
pierres correspondent à différents gabarits ;
les entailles destinées à recevoir des poutres correspondent
à un pont ultérieur.
5) Le retour à l'axe perpendiculaire
Les autorités locales ont vite
compris qu'il n'y avait pas grand chose à espérer
du pont oblique aux piles défectueuses. Dès janvier
1645, elles décident de revenir à l'ancienne traversée :
les 11 piles survivantes et assez rapprochées sont consolidées
et surélevées ( on ne les voit plus sur les
représentations de cette époque ). Les travaux
de maçonnerie et de charpente ne semblent pas considérables,
puisqu'ils s'élèvent à 2 645 livres, réglées
le 28 février 1647 ( A.D.M.L., E 4390 ).
Ces " Grands Ponts de Bois ", appelés aussi
" pont de la Croix de par Dieu " ( à
cause de l'hôtellerie située à son extrémité
qui affiche ce signe typographique ), ont été
bricolés à la hâte et à l'économie.
Mais ils exigent d'importants travaux permanents : en 1661,
un octroi est rétabli pour payer de nouvelles réparations ;
en janvier 1666, le Conseil de Ville craint de le voir sombrer
, et, en novembre de l'année suivante, il acquitte une
nouvelle facture ( une pile reconstruite, des poutres remplacées
- A.M.S., BB 1, fol. 43 ). La chronique est répétitive ;
en 1671-1673, c'est l'intendant de Tours qui paie de nouveaux
travaux ; au cours de l'hiver 1676-1677, la débâcle
des glaces occasionne des dégâts, en particulier
sur les deux culées. Colbert ordonne de nouvelles dépenses
et prescrit à l'intendant Tubeuf de protéger les
ponts de Loire par des pieux de garde ou par des brise-glace (
Lettres, Instructions et Mémoires, t. IV, p. 493,
15 novembre 1679 ). Cette précaution n'est pas prise
à Saumur.
6) L'état de la traversée
vers 1681-1683
Ingénieur et architecte ordinaire
des bâtiments du Roi, Nicolas Poictevin est surtout responsable
des ponts sur la Loire. En 1683, il réunit un splendide
recueil de 69 plans et élévations des ouvrages placés
sous sa responsabilité. Il le destine à son protecteur,
« Monseigneur Colbert », qui, hélas
pour Poictevin, meurt le 6 septembre 1683. L'ouvrage à
finalement abouti à la Bibliothèque Médiathèque
de Saumur ( ms. 21 ). La planche concernant Saumur a
probablement été levée après l'hiver
1680-1681, qui a occasionné de sérieux dégâts.
Les entrepreneurs les mieux-disants estimaient les réparations
à 5 500 livres. Colbert, qui voit de la « friponnerie »
partout, accepte de verser 4 000 livres pour des travaux
exécutés par le maître charpentier Ambroise
Fougeau ( E.J.M. VIGNON, Etudes historiques sur l'administration
des voies publiques en France avant 1790, 1862, t. 1,
pièces, p. 263, 291, 298, février 1683 et A.D.M.L.,
E 4390 ).
Poictevin présente en général un état
des lieux optimiste, afin de prouver qu'il est un agent efficace,
mais, en même temps, il réclame d'importants travaux
à Saumur. La double figuration des ponts du bras principal
est probablement exacte pour les années 1681-1683 : une
pile est remplacée par une palée de bois et la cinquième
pile à partir de la ville est à moitié effondrée.
A l'inverse, les trois ponts des bras
septentrionaux sont figurés comme en parfait état,
présentant un alignement régulier de 22 arches de
pierre en plein cintre. Cette représentation standardisée
est partiellement fausse : vers 1670, les anciens ponts-levis
coupant le pont de la Boire Torse et le pont de la Croix Verte, ou pont de la Bastille,
avaient été remplacés par des ponts dormants,
mais toujours en bois. Il est exact que la bastille elle-même
a disparu : il n'en subsiste plus que l'allongement de deux
piles du côté aval. Par ailleurs, certaines arches
étaient en arc brisé... La porte de Montaglan, citée
aux 15-16 èmes siècles, pourrait correspondre à
la maison à tourelle située dans l'Ile Neuve, au
débouché du pont de la Boire-Torse.
Les ponts du côté nord servaient
aussi à l'ancrage de plusieurs moulins-bateaux et à
des pêcheries. Il en résulte une détérioration
des piles auxquelles ils sont accrochés. A partir de 1693,
les moulins-bateaux doivent se fixer à des pieux plantés en pleine
eau.
7) Les grands hivers à l'assaut des
ponts
Les crues sont dévastatrices,
mais la débâcle des glaces est encore plus redoutable
pour les ponts. En février 1709, l'intendant J.-E. Turgot,
le grand-père du ministre, ordonne de casser les glaces
à deux toises en amont et en aval des ponts ( A.M.S.,
DD 17, n° 30 ).
Les crues de 1707 et 1711, la débâcle de février
1716 viennent détériorer l'ensemble de la traversée.
Deux arches de pierre sont emportées sur l'un des ponts
septentrionaux ; elles sont rétablies en 1718-1719,
grâce à une imposition spéciale de 38 050
livres levée sur l'ensemble de la généralité
( VIGNON, t. 2, pièces, p. 56 ).
Une catastrophe se produit le 28 janvier 1729 : les
glaces emportent jusqu'à Nantes quelques travées
de bois du pont de la Croix de par Dieu ( voir registre paroissial
de Saint-Nicolas, cité dans Histoire des Ponts de Saumur,
S.L.S.A.S., 1995, p. 125 ). La ville est encore une fois
coupée en deux. Les nombreux enfants du quartier des Ponts
ne peuvent traverser le fleuve et le curé de Saumur organise
les leçons de catéchisme dans la chapelle du prieuré
d'Offard ( A.D.M.L., H 3192 ). Le 14 février
1729, l'entrepreneur Jean Miet ( ou Miette ) obtient le monopole
des traversées de la Loire entre le Jagueneau et l'Oillerie ;
il s'engage à établir un bac solide destiné
aux voitures ; il prélèvera 3 deniers par piéton
et 9 deniers pour une personne à cheval ( A.D.M.L.,
E 4387 ). Quant aux dragons, qui ont alors pris leurs quartiers
d'hiver dans la ville, ils ne peuvent traverser qu'en compagnie
d'un officier.
8)
Retour à la traversée oblique
Despictières, un ingénieur
dépêché par la Généralité
de Tours, estime le vieux pont irréparable. Il propose
une solution à la fois modeste et pragmatique : on
abandonnera le tracé direct « et par ce moyen,
on conservera l'emplacement naturel pour la construction d'un
pont de pierre, lorsqu'il sera ordonné » ( Ecole
Nationale des Ponts et Chaussées, ms. 2539 ). Un nouveau
pont, léger et tout en bois, sera construit selon l'axe
oblique de l'ancien pont de Guibert, dont les deux culées
et la première pile du côté des Capucins seront
reprises dans le nouvel ouvrage ; les autres piles, ruinées
et déversées, seront dérasées à
un pied au-dessous des plus basses eaux ( on les entrevoit encore,
ce qui est une autre preuve de l'abaissement du lit du fleuve
).
La construction nouvelle comporte 14 palées de pilots,
composées chacune de sept pieux d'étape, battus
et contrebutés, et protégés à l' amont
par deux pieux brise-glace. Les seize travées du tablier
sont en charpente et recouvertes de pavés. Au milieu du
pont sera fixée une croix de fer en forme de fleur de lys.
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Les étapes de la construction |
Travées du côté d'Offard |
Partie centrale du pont |
Le 13 mars 1730, le chantier est adjugé
à Jean Miet pour un montant de 94 500 livres ( A.M.S.,
BB 6, f° 10-15 ). Les travaux sont longs et témoignent
des progrès techniques de l'époque : en 1733, l'ingénieur
installe une sonnette pour battre les pieux ; le mouton pèse
3400 livres ; il faut des équipes de 24 hommes pour
tourner le cabestan ; le battage atteint cependant la cadence
de 60 coups à l'heure ( A.N., F14 / 10 200 (5),
18 plans sur ces travaux, publication partielle dans "303",
La Loire, janvier 2003).
Le
nouveau pont, achevé en 1735, est une élégante
passerelle, mais ses charpentes sont mal agencées. Les
jambes de force qui soutiennent la partie centrale des travées
sont trop faibles. Des arbalétriers et des liernes complémentaires
sont rajoutés. Les palées deviennent plus complexes,
comme on le voit sur cette élévation de 1746.
A trois reprises, Jean Miet exécute des travaux complémentaires
et des procédures sont engagées contre lui pour
« vices de construction ». La dépense
finale s'élève à 152 825 livres. La cassette
royale ne paie pas tous les travaux : la ville de Saumur
est autorisée par le Conseil d'Etat à rétablir
un péage à partir de 1730.
A première vue séduisante, cette solution
s'avère peu fiable. Dès 1744, l'inspecteur général
de Bayeux déclare le pont « en état de
ruine imminente ». Jean-Baptiste de Voglie, le nouvel
ingénieur en chef de la Généralité,
note que « les bois dépérissent journellement »,
si bien qu'en 1752, les ponts de Saumur sont à nouveau
considérés comme impraticables.
Nous arrivons au terme d'une ingrate
période de tatonnements et au choix du nouveau franchissement,
à 180 mètres en aval des anciens ponts ruinés,
reconnaissables à la droite du cliché.