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UNE PAGE POUR....

Mise à jour le : 28/11/2006

Index de la page :

Iviu Loviconi

François Turchi


IVIU LOVICONI


L'histoire :

Le 3 juin 2002, à Marseille, une jeune mère de famille dépressive, en instance de divorce, met fin à ses jours avec l'arme de son ami, Yves Loviconi.

Quelques semaines plus tôt, celui-ci avait dénoncé des pratiques douteuses et des détournements de fonds, dans le cadre de ses activités professionnelles. Menacé à plusieurs reprises, il avait été contraint de se procurer une arme, qu'il gardait le plus souvent dans la cave de son immeuble. Béatrice Magnard, sa compagne ne l'ignorait pas. Après une nouvelle dispute avec son ex-mari, sous prétexte d'aller prendre l'air, elle descend à la cave. Yves Loviconi, s'inquiétant de son absence, la retrouve quelques minutes plus tard se pointant l'arme sur la tempe. Il tente de la maîtriser (un premier coup de feu part en l'air), mais la jeune femme se dégage et parvient à se tirer une balle dans la tête. Loviconi appelle immédiatement les pompiers, prévient la police et tente lui-même de la ranimer.
Transportée à l'hôpital, elle décédera le surlendemain. Malheureusement, les tamponnements et les divers prélèvements effectués sur la victime n'ont lieu que tardivement. Yves Loviconi, lui, a des traces infimes de poudre provenant du premier coup de feu sur une main. Mis en examen pour homicide, il est incarcéré aux Baumettes. Pourtant, le juge d'instruction, Régis Molat, est déjà quasiment convaincu de l'innocence de l'accusé. Après 5 mois d'incarcération, toutes les analyses établissent le suicide comme probable et confirment toutes les déclarations du prévenu. Le 6 novembre 2002, Yves Loviconi est remis en liberté.
Mais voilà, celui-ci a un passé judiciaire. Incarcéré dans les années 80 pour une série de braquages, qu'il a toujours affirmé avoir été commis au bénéfice du FLNC, il ne sera libéré que 13 ans plus tard, après un long imbroglio judiciaire. L'affaire avait entre-temps fait la une des journaux à plusieurs reprises.
À 56 ans, il avait tiré un trait sur son passé (un rapport du Parquet de Nanterre le stipule sans équivoque). Depuis son arrivée à Marseille, il avait créé une association culturelle et animait régulièrement une émission de radio.  Homme de dialogue, qui du fait de son séjour prolongé en prison, n'avait pas vécu les guerres fratricides entre factions nationalistes, il n'a eu de cesse, depuis sa libération, de rapprocher les différents points de vues, et de promouvoir la culture corse.
Ce passé judiciaire et cet engagement militant ne plaisent pas à certains magistrats. Le parquet fait appel de la décision de mise en liberté et il est réincarcéré le 19 décembre. Yves Loviconi n'aura eu le temps que de se recueillir sur la tombe de Béatrice Magnard, en compagnie des parents de celle-ci qui le soutiennent.
La Cour d'Appel d'Aix-en-Provence examinait le 15 janvier 2003 une nouvelle demande de mise en liberté, alors que 4 experts jugent le suicide probable et les déclarations de Loviconi compatibles avec leurs conclusions. Malgré cela, Yves Loviconi n'a toujours pas été remis en liberté. L'accuser du meurtre de la femme qu'il aimait, alors que celle-ci s'est suicidée, est une torture morale inacceptable. 
Pourquoi Yves Loviconi aurait-il tué sa compagne ? Il appartient à la justice d'établir ce mobile. Elle a été jusqu'à présent incapable de le faire et semble bien peu pressée de faire procéder à une reconstitution pourtant ardemment réclamée par la Défense.
Il est en droit, nous sommes en droit de nous interroger sur les réelles motivations d'un Parquet impuissant à fournir le moindre élément de culpabilité.
S'agit-il de faire payer une seconde fois l'engagement militant de Yves Loviconi ?
S'agit-il de museler une voix qui compte lorsqu'il s'agit de défendre, de faire aimer et comprendre la Corse ?
S'agit-il ici d'une forme de répression politique ?
S'agit-il pour les Magistrats d'Aix de régler leurs comptes avec les juges d'instruction de Marseille ?
Si nous étions un jury, nous répondrions oui à toutes ces questions et personne ne pourrait faire appel de notre détermination à le faire définitivement innocenter.
Derrière cet acharnement, l'erreur judiciaire se profile déjà.


Comité de Soutien à Yves Loviconi

Yves s'est toujours mobilisé pour les autres et a toujours été présent malgré les difficultés. Aujourd'hui, nous ne devons pas l'oublier. 
Je m'associe à son comité de soutien et vous invite à visiter le site : 
HTTP://comiteloviconi.free.fr/ 

Comité de Soutien à Yves Loviconi

Pétition de soutien : 
http://www.sulidarita.com/loviconi/loviconi.html

Nouvelles, jour après jour :
 
23/04/03

La reconstitution s'est déroulée le  21 mars, de nombreuses photos ont été prises. Il fallait, a-t-on dit 3 semaines pour développer les photos.. 
Aujourd'hui, ces photos ne sont toujours pas disponibles, mais en plus, il faudrait 3 semaines supplémentaires aux experts pour les examiner et rendre leurs conclusions.

Bien évidemment, cela interdit de fait aux avocats de déposer une nouvelle demande de mise en liberté, alors que les experts, le juge d'instruction, tous sont intimement convaincus de l'innocence de Yves.

14/05/03
TOUTES les expertises sont désormais entre les main du juge d'instruction et de la Chambre d'accusation. Selon nos informations, elles seraient toutes favorables à Yves Loviconi. Nous demandons désormais sa remise en liberté au plus tôt et qu'un non-lieu soit établi dans cette triste affaire. Nous comptons sur vous, vos courriers, vos messages de soutien pour maintenir la pression et l'extraordinaire élan de solidarité qui s'est mis en place autour de notre ami.


28/05/03
La demande de mise en liberté de Yves est examinée ce jour.. 

30/05/03 Notre ami est remis en liberté après presque un an de détention...!! 

 

Le  21 septembre 2005, un non-lieu est enfin établi !
 

Avril 2006 : Renvoyé en correctionnelle pour détention d'arme, Yves vient d'être condamné à 18 mois de prison ferme.. A suivre..  en espérant un dénouement en sa faveur, enfin !!!

Après avoir obtenu un non-lieu iviu a été renvoyé en correctionnelle pour détention d'arme, et a été condamné à effectuer 18 mois de prison ferme !!!  
Voici le communiqué du Comité de Soutien (une pétition est toujours en cours sur http://comiteloviconi.free.fr/ ) :
Le Comité de Soutien à Yves Loviconi s'élève contre la condamnation à 18 mois de prison ferme de Yves Loviconi, prononcée par la 7ème chambre correctionnelle de Marseille, pour détention d'arme.
Cette peine inique infligée à notre ami, ne semble être que la conséquence d'une action et d'un drame extérieurs et sans aucun rapport, survenus à Aix-en-Provence, quelques semaines plus tôt.
Ainsi, ne suffit-il plus désormais, d'avoir payé "sa dette" à la société, de s'y être parfaitement ré-inséré, d'être innocenté par certains de faits graves, il faut dorénavant s'enquérir des informations locales pour savoir comment l'on va être jugé et condamné par d'autres.
Faisant fi des circonstances, des témoignages positifs, d'une situation stable, le juge de Marseille a décidé de renvoyer Yves Loviconi derrière les barreaux.
Le Comité de Soutien espère que le Juge d'Application des Peines d'Ajaccio fera preuve de plus de discernement, et permettra à Yves Loviconi de poursuivre sa reconversion, son activité professionnelle, ses activités associatives et caritatives, en toute liberté, sur le sol de Corse.

L'épilogue :
Enfin, MERCREDI 23 NOVEMBRE 2006, soit plus de quatre ans après le début de son affaire, Yves a obtenu sa libération conditionnelle. Il sera soumis aux modalité de contrôle du comité de probation, mais peu désormais envisager l'avenir sous de meilleurs auspices. 
Son Comité de soutien s'est auto-dissout. 

 


FRANÇOIS TURCHI

Le verdict :

8 ans d'emprisonnement, 62 mois effectués !!!...

la libération devrait intervenir 
très, très prochainement

 


Son histoire...

Son histoire, c'est l'histoire simple d'un homme qui a risqué sa liberté en mémoire d'un autre ami, assassiné le 07 août 2000.
C'est l'histoire de Stella, une petite fille de quatre ans sans mère, qui ne peut vivre avec son père, détenu pour une raison d'État que seul l'État connaît.
Qui est-il ?
François TURCHI est enseignant en économie, membre de l’ex-STI (Syndicat des Travailleurs de l’Enseignement). Il est veuf depuis un an, son épouse est morte alors qu’il était emprisonné, en novembre 2004, et est père d’une petite fille, Stella, née alors qu’il était déjà emprisonné.
François TURCHI est un ami de l’homme politique nationaliste Corse Jean-Michel ROSSI, assassiné le 
7 Août 2000 à ILE ROUSSE (Haute Corse).
Avec Jean-Michel ROSSI, puis à sa suite, François TURCHI participera à la démarche de PRESENZA NAZIUNALE groupe visant à permettre et garantir une liberté d’expression dans le monde politique Corse.
François TURCHI a mis en place Battifocu, ancien journal « papier » de Jean-Michel ROSSI dans sa forme virtuelle sur Internet. Il en est toujours le rédacteur en chef.

Il a également ouvert le forum de Battifocu, dénommé par ses participants « Battiforum ». celui-là même d'où viennent ces lignes.
Arrêté pour une tentative d’attentat contre la DDE de CORTE,  il a été placé en détention «provisoire» depuis janvier 2001.
En janvier 2003 le Juge des libertés a estimé qu’il réunissait toutes les conditions pour être remis en liberté, mais le Ministère Public (Parquet) a fait appel de cette décision et il est resté en détention.
Depuis, François TURCHI est intervenu à deux reprises par écrit, par l’intermédiaire de différentes personnes.
Le 5 mai 2003 avec Frédéric BERNARD et Martin OTTAVIANI, il nous a écrit afin de transmettre un message en faveur de l’unité pacifique des différents mouvements nationalistes dans la perspective du référendum, puis des élections de 2004
Au travers d’un collectif de prisonniers politiques Corses il interviendra à nouveau pour lutter contre toute forme de racisme, en décembre 2004.
Sa détention :
On remarquera la sévérité des mesures (Détenu Particulièrement Surveillé, il n'a même pas été autorisé à assister aux obsèques de sa femme, et sa fille Stella, née après son emprisonnement, n'a jamais vu son père libre DEPUIS QU'ELLE EST NÉE). 
(
En 2004, le 17 novembre, indigné par le sort qui lui était fait, Jean-Claude LOUEILH, professeur agrégé de philosophie à Bastia, écrira un texte dédié à la petite Stella et publié par le quotidien LIBÉRATION sous le titre « Une orpheline du genre humain »).
On remarquera aussi la volonté du Parquet (Ministère Public) de le maintenir à tout prix en détention, alors qu’un an après leur mise en détention d’autres participants (Arrii et Parrenti) ont été remis en liberté.

Actuellement les lois Françaises disposent que nul ne peut être détenu plus de 4 années sans procès et jugement, même exceptionnellement. La France est un pays supposé respecter les droits de l'homme.
Dans le cas de François TURCHI, LES DROITS DE L'HOMME NE SONT PAS RESPECTÉS.

Actuellement, François Turchi, François-Xavier Arrii, Jean-Christophe Parenti et Lucien Bianchi, comparaissent depuis le 20 mars 2006 et ce, jusqu'au 31 devant la cour d'assises spéciale de Paris.
Pour lui écrire :
Monsieur François TURCHI,
N° 911136, Division 3, Cellule 353, Maison d'arrêt de Fresnes, Allée des Thuyas, 94261 Fresnes Cedex

 
Le soutien

Manifestation le 25 mars 2006 à Calvi :

A l'appel de Voce Populare et du comité de soutien à Francescu TURCHI, plus d'une centaine de personnes se sont réunies devant la sous-préfecture de Calvi pour effectuer un barrage filtrant. Reçu par le sous-préfet, les représentants du comité de soutien et de Voce Populare ont adressé une lettre ouverte au ministre de la justice pour qu'il assume toutes ses responsabilités dans cette affaire. Les représentants ont ensuite pris acte de la fin de non-recevoir de Ange SANTINI, président du conseil exécutif qui n'a pas répondu à notre demande d'audience afin d'interpeller l'assemblée sur les dysfonctionnement de l'appareil judiciaire concernant les Corses. Le rassemblement s'est dissout dans le calme vers 18 h. Nous entendons intensifier notre campagne sur le terrain et nous rendrons publics dans les prochains jours ces documents. Nous regrettons toutefois l'absence de prise de position des associations humanitaires et des partis nationalistes et, pensons que cela viendra avant le délibéré attendu vendredi (source Voce Populare)

Le tract

Voce Populare et le Collectif de soutien à

François TURCHI exigent un procès équitable ! »

Une détention provisoire scandaleuse : cinq années d'emprisonnement !

Le 1er février 2001 François Turchi, alors enseignant en économie était mis en examen pour une tentative d’attentat contre la D.D.E à Corte. Deux autres personnes F.X Arrii et  J.C Parenti, appréhendées également en flagrant délit pour cette tentative allaient être placées en détention.

Le 25 mars 2002 l’appareil judiciaire fonctionnera correctement et l’esprit du droit sera appliqué pour Parenti et Arrii, puisque le juge des libertés rendra une ordonnance de mise en liberté concernant le mandat de dépôt de février 2001. Ce ne sera pas le cas pour François TURCHI, ni Lucien BIANCHI, interpellé peu après. Commence alors un régime d’exception à l’encontre de François Turchi, que nous entendons dénoncer.

En effet, le 23 janvier 2003, le juge des libertés rend une ordonnance de mise en liberté pour ce mandat, mais contrairement à ce qui s’était passé pour Arrii et Parenti le parquet fait appel et la chambre de l’instruction annule l’ordonnance et reconduit le mandat de dépôt le 21 février 2003. Pourquoi François Turchi ne peut-il pas bénéficier du régime de droit appliqué aux deux autres personnes interpellées et répondant au même chef d’accusation : première énigme !

Deuxième énigme dans le régime d’exception au droit dont pâtit François Turchi  depuis le 1er février 2001 : craignant de voir aboutir une ordonnance de mise en liberté, puisque François reconnaît les faits qui lui sont reprochés et que la défense ne pose aucune obstruction à la procédure, deux mandats de dépôt pour deux attentats distincts font leur apparition. François Turchi clame son innocence, mais il faudra attendre octobre 2003 pour que ces mandats de dépôts, au vu des éléments du dossier ne soient pas reconduits et, disparaissent aussi mystérieusement qu’ils sont apparus, puisque le parquet curieusement ne fera pas appel de l’ordonnance de mise en liberté pour ces mandats !

Depuis cette date (octobre 2003) François Turchi a été maintenu en détention sans que plus rien ne se passe ; toutes les demandes de remise en liberté ont été refusées sous le prétexte suivant : « La situation de François Turchi est différente ! »

Un traitement d’exception fondé sur  un profil ; « Le cas TURCHI est différent ! »

Nous entendons aujourd’hui et dans les semaines qui viennent tirer au clair cette différence de traitement qui permet de maintenir au ban de la société un enseignant et un père de famille pendant cinq ans !

Résumons :
- Même acte, même chef d’inculpation mais un traitement différent des coauteurs.
- Des mandats qui apparaissent puis disparaissent aussi mystérieusement.
- Un acharnement de l’institution sur une personne au détriment d’un jugement fondé sur des faits.

Tout cela vient confirmer ce que la place publique a récemment découvert dans un livre édifiant sur la 14ième section antiterroriste ; on ne juge pas un militant politique sur des faits mais on le traite à partir de son profil !

Que révèle le profil de François Turchi, sinon  les avatars de « la piste intellectuelle » déployée en Corse. Parce qu’il est enseignant, militant connu et respecté d’un syndicat nationaliste et animateur d’un site Internet ouvert à la libre pensée, François Turchi fait les frais de cette chasse aux sorcières dont les Corses pâtissent depuis les délires de la place Beauvau.

L’examen des faits, et des faits seulement, conduit Voce Populare et le collectif de soutien à François Turchi à alerter l’opinion publique ; la mobilisation est indispensable pour que François puisse bénéficier d’un procès équitable. 

Après avoir instruit un profil, ils vont juger une image

Nous ne le permettrons pas !

Nous voulons un procès équitable à partir de faits établis !

 «  Ghjustizia pè Turchi ! »

 


Ngawang Sangdrol 
a été libérée !
Note : Durant près de trois ans cette page était entièrement consacré à Ngawang Sangdrol
et, à travers cette jeune Tibétaine, dédiée à toutes les victimes de violations des Droits de l'Homme.

  Voici son histoire :

Ngawang Sandrol est  une religieuse bouddhiste, une résistante. Un petit bout de femme au regard déterminé. Un symbole. Elle a vingt-quatre ans et est emprisonnée depuis presque une décennie. Voici son histoire :
A cinq ans, elle décide de devenir nonne et n'en démord pas. La gamine est aussi têtue que sa soeur aînée qui a fait dix ans de travaux forcés et vient d'entrer en religion, ce que fera aussi, un peu plus tard, l'un de ses frères. Au Tibet, c'est une façon d'accéder à la mémoire collective du pays, à l'écart des écoles sous l'influence de l'occupant. Une façon de contester aussi, de défendre « la cause ». La petite a de qui tenir, ses parents ont connu les prisons et les camps pour avoir soutenu - selon les termes de la propagande chinoise - le régime « rétrograde » du dalaï-lama. Et, inlassablement, ils racontent le Tibet d' « avant », le Tibet libre.

Nonne à huit ans
La famille vit à Lhassa, la capitale défigurée, dévastée par les bulldozers chinois. La gamine a les cheveux ras, entretient avec dévotion le «chökang», l'autel familial, lave les lampes à beurre, remplit d'eau fraîche les sept bols offerts aux divinités. Sa foi impressionne les visiteurs. A huit ans, elle est nonne, à Gari, au nord de Lhassa, une zone dépeuplée à laquelle on n'accède qu'à pied. Nous sommes en 1987. Ngawang -ce sera désormais son nom religieux- prononce ses trente-six voeux de novice. Sans difficulté, elle apprend les « mantras », c'est une nonne modèle. 1987 est une mauvaise année pour le pays: les Chinois, excédés d'entendre le dalaï-lama, exilé en Inde, plaider partout la cause tibétaine, resserrent l'étau. Il y a des procès, des manifestations, des affrontements.

Arrêtée à neuf ans
L'an d'après, Ngawang est arrêtée une première fois pour avoir pris part à un rassemblement à Lhassa. Elle a neuf ans. Elle a crié, comme beaucoup d'autres: « Vive le Tibet libre!» D'autres émeutes éclatent en 1989 - date anniversaire du départ en exil du dalaï- lama -, durement réprimées. C'est la loi martiale, on dénombre 200 morts début mars.
Le 21 août 1990, Ngawang prend une fois de plus la route de Lhassa, accompagnée de quatre amies de Gari. Dans le parc du Norbulingka, l'ex-palais d'été du dalaï-lama, les nonnes scandent, hurlent, à pleins poumons, des slogans. Elles sont arrêtées, frappées, emmenées à Gutsa, la prison des fortes têtes. Elle y est torturée, à l'électricité. Elle a onze ans. Ses tortionnaires la privent d'eau, elle ne parle pas, n'ayant rien à avouer, personne à dénoncer.
En 1991, son père et l'un de ses frères sont arrêtés, deux autres garçons ont pu fuir en Inde. L'enfant est libérée de sa geôle de Gutsa, apprend la mort de sa mère. Morte de chagrin.
L'indomptable Ngawang Sangdol est à nouveau arrêtée le 18 juin 1992 lors d'une manifestation pacifique. Elle retrouve le centre de Gutsa, les coups, les humiliations. Le verdict tombe : trois ans de détention. A Drapchi, la prison où est détenu son père - elle le verra deux fois en sept ans.
L'Alcatraz tibétain. Un enfer de béton et de barbelés où « droit commun » et « politiques » sont mêlés. A douze par cellule. En 1993, pour alerter l'Occident, les « politiques » réussissent à enregistrer des chants patriotiques. Les cassettes parviennent, Bouddha sait comment, à l'étranger, en Inde d'abord, puis en Europe. Ces chansons disent :
« Mon coeur est le dalaï-lama ». Les geôliers vont faire payer cher aux «chanteuses» cet affront : Ngawang, qui fait partie du groupe, passera à Drapchi les huit prochaines années de sa vie. Du moins a-t-elle réussi: «Voice of America » diffuse les fameuses chansons. A Paris, en Inde, à Londres, à Berlin, les organisations des droits de l'homme parlent d'elles, les quatorze « chanteuses ».
A dix-sept ans, Ngawang fait partie des « anciennes », elle est chef d'atelier, chef de cellule. Elle résiste à tout, aux coups, aux insultes, elle va passer six mois dans un obscur cachot pour avoir dirigé une mutinerie. La nourriture est immonde, le froid himalayen atroce. C'est une rebelle, il faut la juger, faire un exemple. La petite, celle que ses co-détenues ont baptisée «la souris », écope de huit années supplémentaires. A ses «juges », du haut de son 1,50 mètre, elle lance un «Indépendance !» sonore et vengeur.

 

 

Tout récemment, Ngawang a adressé un message aux amis du Tibet :
Intervention de Ngawang Sangdrol le 9 avril à Washington D.C. lors d'une réception organisée
par l'association International Campaign for Tibet (ICT)


"Depuis que j'ai mis le pied sur le sol des Etats Unis je suis submergée par une abondance d'amour et de soutien de la part de mes amis tibétains du monde libre aussi bien que d'amis du Tibet.
Ces derniers jours, ma préoccupation immédiate a été ma santé et les docteurs ont commencé à
m'examiner. J'apprécie l'assistance apportée dans ce domaine par International Campaign for Tibet
M'adapter à cette atmosphère de liberté me prend du temps. Cela provient du fait que j'ai été élevée sous un système autoritaire depuis mon enfance et que j'ai vécu sans totale liberté depuis plus de 11 ans, en prison. 
Je suis touchée par l'intérêt que la communauté internationale me témoigne. Je ne me considère pas comme quelqu'un de spécial. J'ai fait ce que n'importe quel individu qui se considère comme un Tibétain "mangeur de tsampa" ferait quand son peuple est privé de sa dignité et de respect. Aucun Tibétain ne peut supporter les atteintes faites à notre incomparable leader, Sa Sainteté le Dalaï Lama ou bien le refus de nos droits fondamentaux. Cependant la situation politique au Tibet et la loi de répression ne permettent pas aux Tibétains de révéler leurs véritables sentiments.
Mon plus grand désir serait d'avoir une audience avec Sa Sainteté le Dalaï Lama. Le plus tôt possible. Je suis remplie de joie d'apprendre que Sa Sainteté est en bonne santé. J'ai été heureuse de recevoir des messages de voeux aussi bien des représentants de notre Gouvernement tibétain en exil que d'organisations tibétaines ou de personnes individuelles.
Je suis profondément touchée d'apprendre que de nombreuses personnes, des organisations et des
gouvernements, particulièrement les Etats-Unis, la France et la Suisse ont travaillé pour ma libération. Il est très clair pour moi que c'est grâce à l'action internationale que j'ai été libérée et autorisée à aller dans le monde libre pour un traitement médical, et que je profite de ma liberté. En même temps que je profite de cette liberté, je suis inquiète pour les très nombreux prisonniers politiques tibétains, dont mon amie, la religieuse Phuntsok Nyidron, dépérissant dans les prisons chinoises. Je suis en train de recueillir des informations concernant la situation de ces prisonniers tibétains. Je m'engage à faire tout ce qu'il est possible de faire pour qu'ils puissent aussi être libérés et profiter de la liberté, exactement comme moi. J'appelle la communauté internationale à aider à leur libération.
Je prie afin que les efforts de Sa Sainteté le Dalaï Lama pour résoudre le problème tibétain aboutissent prochainement. Je me conformerai à tout avis de Sa Sainteté de telle sorte que je puisse contribuer au mieux à la réussite de ses souhaits pour une solution à la juste cause du Tibet.
Les Tibétains au Tibet attendent impatiemment le jour où ils pourront voir le retour de leur leader aimé dans leur pays dans la dignité, la liberté et le respect.

 Ne rien dire, c’est accepter.
Ne rien faire c’est participer.

 

http://www.tibet-info.net/

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