LES DROITS DE L'ANIMAL
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Le droit à ne pas souffrir
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L'antispécisme dans la pratique
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Relations de la libération animale avec d'autres mouvements
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Critique et avenir de l'antispécisme
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Bibliographie
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Organisations
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Au cours des derniers siècles, le combat pour l'égalité des droits entre
humains a considérablement progressé. La déclaration des droits de
l'homme a permis de donner officiellement à chacun les mêmes droits,
indépendamment de notions aussi arbitraires que la couleur de la peau,
le sexe ou le degré d'intelligence.
Le problème est que tous les animaux dotés d'un système nerveux et
d'un cerveau sont, à l'instar de l'homme, capables
d'endurer de la souffrance.
Or, la souffrance est toujours aussi désagréable à endurer, que
l'on soit un homme, un porc ou un oiseau. La souffrance est toujours
aussi abjecte quel que soit l'être qui souffre, et l'intérêt à ne pas
souffrir est le même quel que soit l'être concerné.
L'égalité de l'intérêt à ne pas souffrir
amena des philosophes
à proposer l'établissement d'une égalité du droit à ne pas
souffrir. Cette idée n'est pas récente, Jeremy Bentham écrivait
déjà en 1780:
Les français ont déjà réalisé que la peau foncée n'est pas une raison pour
abandonner sans recours un être humain aux caprices d'un persécuteur. Peut-être
finira-t-on un jour par s'apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau
ou l'extrémité de l'os sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d'abandonner
une créature sensible au même sort. [..]
L'idée de base était lancée pour une théorie de l'égalité animale,
qui fut reprise plus tard par d'autres
philosophes, au premier rang desquels Henry Salt (mais aussi, en
France, André Géraud). Pourtant, il fallut attendre la fin du XXème
siècle pour qu'un autre philosophe, Peter
Singer, mette au point une théorie complète de l'égalité animale et en
demande l'application. Ainsi sont nés les mouvements dits de
"Libération Animale", dont on peut considérer que la naissance coïncide
avec la parution du livre "Animal Liberation", de Singer, en 1975.
Ce livre a été un best-seller mondial, traduit
dans les principales langues actuelles. La version française a été publiée
seulement
en 1993 par Grasset, et correspond à la seconde édition de l'ouvrage
(qui date de 1989).
D'origine anglaise (comme fils de réfugiés d'Europe centrale
fuyant les persécutions nazies),
Peter Singer
a exercé longtemps à l'université de
Melbourne (en Australie), et a obtenu à compter de 1999 une chaire de professeur
à l'université de Princeton.
La philosophie de Singer est dérivée de celle des utilitaristes moraux
(Bentham, Stuart Mill, ..): il importe avant tout de minimiser
la quantité globale de souffrance, et de maximiser la quantité
globale de plaisirs. Entre autre conséquences, non directement
liées aux droits des animaux, notons le fait que l'égoïsme
individuel doit passer après l'intérêt collectif, et que la qualité de
la vie a beaucoup plus de valeur que la vie en elle-même (ce qui justifie
en particulier l'euthanasie).
Mais Singer refuse que les distinctions soient motivées par un
simple critère d'appartenance à une espèce.
Accorder des droits en fonction de l'appartenance à une
espèce plutôt qu'une autre est jugé aussi
arbitraire qu'accorder des droits sur la base du sexe ou de
l'appartenance ethnique. Le droit doit être fondé sur le fait d'avoir
des intérêts, tout autre critère n'est pas objectif et permet
n'importe quelle discrimination.
La lutte porte donc contre le "spécisme", hiérarchie
des espèces postulée par les humains
indépendamment de tout critère objectif. Ainsi, le spécisme
doit être dénoncé et combattu, à l'instar du racisme ou du sexisme.
Remarquons au passage que la notion d'espèce est, comme la notion de
race, passablement arbitraire et définie de façon subjective.
Etant donné l'histoire de l'évolution, l'Homo Sapiens
est resté le seul hominien de la planète (à moins qu'une découverte révèle
la présence d'autres hominiens dans des régions peu explorées, mais cela semble très improbable).
De plus, l'espèce humaine est génétiquement très homogène, il est donc fort aisé
de tracer une ligne entre "humanité" et "animalité".
Précisons enfin que les travaux de génie génétique vont considérablement modifier
l'état et la perception du monde
dans les prochaines années. La ligne de séparation "humanité" et "animalité" est,
biologiquement, totalement fictive; elle n'a de réalité concrète que parce que l'état
actuel du monde le permet, mais il n'en
sera probablement plus ainsi à relativement brève échéance.
L'intérêt de fonder le droit sur une notion objective et universelle
se vérifierait aussi immédiatement en cas de rencontre avec des formes
de vie extra-terrestres (bien sûr, un telle éventualité semble à priori
improbable dans la période actuelle, mais elle est théoriquement
envisageable). Là encore, le critère d'appartenance à l'espèce humaine
se révélerait particulièrement inapte à fonder le droit.
Singer n'est plus le seul théoricien à dénoncer le spécisme, et un autre
courant important (quoique plus faible que celui de Singer) dérive
de
Thomas Regan.
Dans la pratique, il s'agit de ne pas faire aux animaux ce que l'on refuse
de faire aux humains. L'humain doit donc cesser toute activité comme les
corridas, les zoos, la chasse, mais aussi l'expérimentation scientifique
et l'alimentation carnée.
La philosophie antispéciste se veut rationnelle et exclut donc
toute notion
subjective d'amour des animaux dans ses considérations. Il ne s'agit pas de privilégier un chat
plutôt qu'un porc ou un serpent; les animaux doivent être défendus parce
qu'ils ne doivent pas souffrir, indépendamment du fait qu'ils soient
sympathiques ou non. Le but est non seulement de dénoncer la prétendue
supériorité de l'espèce humaine sur les autres espèces, mais aussi,
les inégalités de traitement des humains vis à vis des
différentes catégories d'animaux.
Ce souci de rationalité se traduit dans la pratique; puisque les animaux
élevés pour l'alimentation sont de loin les plus nombreux, les plus
misérables, et souvent trop peu considérés par les organisations traditionnelles
de défense des animaux
(en comparaison avec les animaux de compagnie), ils sont l'objet principal de l'attention des
antispécistes. Ils sont suivis par les animaux de laboratoires.
La libération animale se présente comme le prolongement
logique des mouvements antiracistes, féministes, de
défense des droits des homosexuels. Les partisans de
l'abolition de l'esclavage ne l'étaient pas parce qu'ils "aimaient" les
noirs, mais parce qu'ils jugeaient anormal que des individus s'attribuent
des droits (grâce à leur force) et les refusent à d'autres.
Il en va de même pour l'antispécisme.
Si, chronologiquement, la libération animale s'inscrit à la suite de la
libération des esclaves noirs et de la libération de la femme,
elle s'apparente par contre de façon concrète à la défense
des jeunes enfants et des handicapés mentaux.
Comme le font fréquemment remarquer les philosophes antispécistes,
de nombreuses personnalités ayant marqué la lutte contre l'esclavage
ou le travail des enfants, au XIXème siècle, en Angleterre et en
France, étaient aussi des précurseurs des droits des animaux
(William Wilberforce, Guillaume Marbeau, Victor Schoelcher). Ils
ne manquaient pas de faire le parallèle entre ces thèmes, considérés comme
les
mêmes manifestations de l'exploitation des faibles par les plus forts.
Relations de la libération animale avec d'autres mouvements
Les mouvements de libération animale partagent des points communs avec
les organisations traditionnelles de défense des animaux, et avec les
organisations écologistes. Mais ils s'en distinguent aussi sur
de nombreux
aspects.
La libération animale et la défense
traditionnelle des animaux partagent
tous deux la même préoccupation à l'égard de la souffrance
des animaux.
Mais les organisations traditionnelles de
défense des animaux ont
avant tout une action concrète de lutte contre la souffrance, ou
de lobbying politique; mais elles
expriment rarement de position morale sur la question du droit
des animaux. De nombreux membres de ces organisations sont
motivés par des liens affectifs avec certains animaux,
mais ne souhaiteraient pas pour autant renoncer à la situation actuelle de domination
de l'espèce humaine.
La grande majorité des militants de la libération animale s'associent à la défense
animale pour avancer sur des questions concrètes permettant de réduire la souffrance
des animaux. Mais certains militants s'opposent à cette démarche, car ils considèrent qu'un travail réformiste est une
façon d'accréditer l'idée que l'animal peut être exploité par l'humain (par ailleurs,
toute utilisation de l'animal par l'humain a tendance à être considérée comme une exploitation).
La différence avec l'écologie est
davantage marquée.
On remarque que l'antispécisme est
couramment assimilé, par certains auteurs, à l'écologie profonde. Cette erreur
est explicable par l'attitude de beaucoup de militants de
la libération animale, qui s'opposent à toute influence de l'humain sur le vivant,
et qui désirent voir progresser les espaces laissés à la vie sauvage, sans prendre
en considération le problème de la qualité de la vie des animaux sauvages. La promotion du
végétarisme est d'ailleurs partagée par des mouvements écologistes
qui savent que cela permettrait
de dégager de vastes espaces qui pourront être rendus à la vie sauvage (on a beaucoup
moins besoin de champs si l'on mange directement les végétaux, plutôt que si l'on
s'en sert pour nourrir des animaux d'élevage).
Critique et avenir de l'antispécisme
L'idée que les animaux ne doivent plus être considérés comme des
objets exploitables à la discrétion de l'homme a beaucoup
progressé ces dernières années.
Cependant, l'antispécisme fait aussi l'objet de critiques, voire
d'attaques, parfois sévères. Le problème de la "frontière" entre sujet de droit et
sujet de non droit, point faible de la théorie, est ainsi souvent mis en exergue.
En effet, s'il est clair qu'un chimpanzé a une vie émotionnelle et affective riche, qui
justifie aux yeux de beaucoup qu'il soit considéré comme sujet de droits, à l'opposé, une bactérie
n'a rien à faire parmi de tels sujets. Mais où tracer la limite entre les deux ?
Il y a eu, certes, des progrès importants ces dernières années en éthologie et en
sciences cognitives, mais de façon générale, la perception du monde chez un animal
reste passablement inaccessible à l'humain. Il est donc très difficile de classer
les animaux, lorsque l'on se fixe des critères basés sur leur vie mentale, et bien sûr, il est également
difficile de justifier la pertinence des critères en question. De plus, étudier
ce genre de question devient vite "sulfureux", car on ne peut s'empêcher de
faire le lien avec l'humain, lorsque celui-ci a des capacités inférieures
(par exemple, lorsqu'il est dans la vie intra-utérine, ou lorsque qu'il est
handicapé intellectuellement). Il est impossible de réfléchir au droit à la
vie des animaux en faisant l'économie de réfléchir, pour l'humain, au droit
à l'avortement ou à l'euthanasie. Le travail de désacralisation de la vie
mené par Peter Singer heurte particulièrement les sociétés judéo-chrétiennes, et
il est la cause principale des attaques à son encontre.
Le terme d'antispécisme, en lui-même, signifie que l'appartenance à une espèce
n'est pas un critère pertinent pour justifier une discrimination. C'est une idée
solide mais qui ne signifie pas, en elle-même, que l'on ne doit plus faire de
discrimination entre individus. Dans la pratique, l'antispécisme est couramment
associé à l'idée d'égalité animale, mais l'égalitarisme de Singer est très basique
(égalité de considération) et ne porte pas, notamment, sur les valeurs des vies.
Des critiques courantes portent sur l'accusation "d'anti-humanisme" de l'antispécisme,
la valeur sémantique trompeuse de ce terme permettant de jouer à fond sur des réflexes
d'auto-défense de l'homme. De façon plus honnête, certains auteurs craignent des effets
pervers des théories antispécistes. Basculer d'une logique basée sur l'appartenance
à une communauté
(actuellement, il s'agit de celle de l'espèce humaine), à une logique basée sur les
individus eux mêmes, fait craindre à certains l'affaiblissement du concept même de droit.
En corollaire, l'antispécisme pourrait permettre à des
individus mal intentionnés de rabaisser le niveau de défense de certains, en particulier,
d'humains arriérés mentalement, alors que l'objectif est au contraire d'élever
le niveau global de défense des individus.
A ce sujet, on citera notamment Jean-Claude Guillebaud (Le Principe
d'Humanité):
"Singer et ses adeptes objectent qu'il n'est pas dans leur intention de dévaluer
le concept d'humanité en révisant à la baisse les droits imprescriptibles qui y sont attachés,
mais au contraire, de hausser jusqu'à lui la condition de certains animaux.
Il n'empêche ! Sauf à se réfugier dans une fausse naïveté, on ne peut nier que le
raisonnement est virtuellement - et abominablement - réversible. Le souci d'humaniser
l'animal - ou du moins, notre rapport avec lui - peut dissimuler ou favoriser une
complaisance pour la rétrogradation de l'humain au statut d'animal.
Fonctionnant de haut en bas, le rapprochement se fait aussi de bas en haut."
On remarque également que
le terme de "libération animale" ne fait pas l'unanimité sur son bien-fondé. Normalement,
on devrait le comprendre comme la libération de l'animal de l'oppression de l'humain.
Dans la pratique, chez les militants de base, il est surtout perçu comme la libération
physique des animaux eux-mêmes, avec une connotation "politique" l'inscrivant dans la
lignée militante de la libération des esclaves et la libération des femmes.
Pourtant, parler de "libération" pour un animal de ferme est passablement ridicule.
Les animaux de ferme sont le fruit de centaines ou de milliers d'années de sélection
génétique par l'humain ; ils sont incapables de vivre par eux-même, leur existence
est totalement dépendante de la
tutelle de l'humain. Les partisans de la libération animale prônent le végétarisme
et le végétalisme, ils ne visent pas à libérer l'animal de ferme, mais à le faire
disparaître. Il est plus élégant d'appeler à "libérer" les animaux plutôt qu'à
les faire disparaître, mais cela relève d'une escroquerie intellectuelle,
objectent certains.
D'autres critiques concernent la capacité de l'antispécisme à
représenter un idéal de monde minimisant la souffrance globale.
Pour avancer leurs idées, les antispécistes exploitent beaucoup le problème de la cruauté des
élevages industriels. Mais ce qu'ils demandent ne vise pas uniquement l'élevage intensif.
En fait, ce qui pose problème n'est pas toujours la souffrance de l'animal,
mais le fait qu'il soit tué.
S'il est très largement souligné que l'humain tue
des animaux, et que cela est choquant, il est quasiment occulté qu'il en fait
naître dans les mêmes proportions.
L'animal de ferme, puisqu'il doit être tué, ne mérite pas de naître; on préfère
abandonner le terrain à la nature en méconnaissant son immense capacité à tuer
et à faire souffrir les animaux qui lui sont confiés.
Il est indéniable que considérer l'animal comme un objet de consommation alimentaire
est un obstacle à sa reconnaissance comme être sensible. Donc le végétalisme
oeuvre en direction d'une évolution des mentalités, et à ce titre, joue un rôle
positif important dans la société actuelle. Mais il peut apparaître davantage
comme un instrument, comme un outil de
manipulation des esprits, que comme un idéal
d'état du monde (pour y minimiser la souffrance).
Si une partie des antispécistes critique sans réserves le modèle naturel,
il est rarement avancé de moyen pratique pour contrôler la souffrance dans la nature.
Cet objectif est considéré comme pertinent, mais à appliquer dans un avenir lointain,
lorsque l'humain disposera de nouveaux moyens et que les mentalités auront
acquis l'idée de ne plus élever d'animaux pour l'alimentation. Ce point de vue ne convainc
pas tout le monde:
on peut penser qu'il sera toujours plus difficile de diminuer la souffrance des animaux
sauvages que celle des animaux que l'humain a sous son contrôle.
Par ailleurs, le point de vue critique sur la nature est loin d'être majoritaire.
Pour beaucoup de militants,
il n'y a pas de réserves à formuler sur la nature,
l'idéal est de lui laisser le plus de place possible, et vouloir la contrôler est moralement
choquant.
Il existe bien sûr d'autres critiques de l'antispécisme, plus ou moins sérieuses, plus
ou moins honnêtes.
Des millénaires de domination d'un système de valeurs et d'habitudes de vie ne sont pas
facilement et rapidement remis en question ! Cela n'a absolument rien d'étonnant.
Ensuite, l'importance financière de l'utilisation des animaux par l'homme est considérable,
et d'importants moyens sont mis en oeuvre pour préserver des modes de
fonctionnement pas très recommandables. Tout cela conduit à des tentatives de désinformation,
et des outrances dans les accusations. Celles-ci discréditent prioritairement leurs auteurs.
La question du statut de l'animal, et la bioéthique en général, sont beaucoup trop complexes
pour être traitées à l'emporte pièce. Beaucoup de monde semble l'oublier, aussi bien chez les
partisans que les opposants aux droits de l'animal.
Sachant que l'égalité animale
est un projet à long terme, et très difficile à réaliser,
deux stratégies sont utilisées par ses promoteurs.
C'est la stratégie la plus répandue, officiellement ou officieusement
reconnue par de plus en plus d'associations de défense des animaux
ou par des membres qui les composent.
Certains militants réalisent de façon concrète
la libération des animaux, en évacuant ceux-ci des élevages
et des laboratoires, et en menant des actions terroristes contre les organisations
les plus impliquées dans les cruautés envers animaux.
Ces actes sont devenus assez courants au Royaume Uni et aux Etats Unis,
ils concernent désormais
aussi l'Europe du nord et une partie de l'Europe continentale (au total, plus de
20 pays). La France n'est pas
encore vraiment touchée.
Les attentats sont généralement le fait de
l'Animal Liberation Front (ALF).
Ce mouvement est apparu en Angleterre durant les années 70, à partir de membres
issus de la
Hunt Saboteur Association.
Il est composé de petites cellules (une demi-douzaine de personnes, parfois moins)
indépendantes, le noyau de l'ALF étant utilisé uniquement pour la revendication
des attentats, la diffusion des méthodes, et la suggestion d'objectifs.
L'ALF est d'ailleurs davantage un point de ralliement et une étiquette plutôt qu'une véritable
organisation, étant donné l'absence de structure générale et de communication entre les cellules.
Le noyau de l'ALF se tient au courant des méthodes modernes de la police
scientifique et donne des consignes très précises et très strictes pour éviter à ses
membres d'être identifiés. De plus, ceux-ci ont tendance à réaliser des petites
actions (comme le collage
de serrures ou la destruction de vitrines) qui causent des dégâts couteux et faciles
à réaliser, mais pour lesquel il est difficile de retrouver les auteurs, et peu
justifié de les sanctionner sévèrement.
Les
informations utiles
pour réaliser des actions sont délivrées librement sur Internet, grâce à des sites (comme
No Compromise) et des
mailing lists
que l'on trouve aisément avec les principaux moteurs de recherche.
L'ALF pense que la majorité des sévices envers animaux sont motivés par
des intérêts financiers, et non par le sadisme. Les objectifs sont donc placés au niveau
économique: infliger le maximum de frais aux exploiteurs des animaux (éleveurs, fourreurs,
revendeurs..), réaliser des dégâts matériels en évitant toujours méticuleusement
de causer des victimes. D'autres
groupes plus récents et plus radicaux (comme l'Animal Rights Militia)
n'ont pas les mêmes scrupules, et utilisent
des actions violentes directement sur certaines personnes. Un document assez riche,
sur le sujet, en français, est fourni par le
service canadien
du renseignement de sécurité.
Les actes terroristes restent heureusement le fait d'une frange ultra marginale des
défenseurs des droits de l'animal. D'une part, parce que la mouvance
pro animale est caractérisée
par le rejet généralisé des différentes causes de souffrance;
dès lors, tout ce qui s'apparente à une action violente inspire le dégoût
et ne peut être pratiqué à titre personnel par les militants. Ensuite, parce que l'efficacité
de ces actions est très loin
d'être évidente; elles nuisent à l'image de marque de la cause animale
et peuvent conduire à l'effet inverse de celui escompté. Lorsque l'on examine
l'histoire, quasiment aucune grande cause ne s'est imposée par la violence; mais
généralement, par le sacrifice. S'il y a un exemple à suivre dans l'histoire contemporaine,
nous recommanderions principalement celui de Gandhi.
On peut d'ores et déjà remarquer que l'évolution des mentalités se fera
de façon très différente selon les pays. Les plus avancés actuellement
sont les pays anglo-saxons et du nord de l'Europe.
En Grande Bretagne, le végétarisme a fortement progressé: 2% de la
population en 1980, 7% en 1991, 10% en 1995, plus encore chez les
jeunes.
Dans les enquêtes, les trois quarts des végétariens anglais
déclarement que leur motivation principale est de ne pas tuer d'animaux.
La philosophie des droits des animaux est un sujet qui attire de plus
en plus les penseurs;
les colloques qui y sont consacrés
se multiplient. Selon Luc Ferry, une récente bibliographie des livres
et articles sur cette philosophie dépassait les 600 pages !
Il y a encore quelques années, la France était en retard sur ce débat moral important.
Mais de nombreuses publications récentes viennent combler ce manque.
Par contre, aucun droit n'a été reconnu officiellement aux représentants
des espèces autres que l'espèce humaine. Ces êtres sont d'ailleurs
intensivement exploités par les humains (à des fins très diverses, cf.
les autres sections de ce web).
La question n'est pas: "Peuvent-ils raisonner ?" ni
"Peuvent-ils parler ?" mais
"Peuvent-ils souffrir ?"
Si Peter Singer considère que tous les animaux sont égaux devant la souffrance,
il continue par contre à accepter une hiérarchie devant la valeur de la
vie, en fonction de ce qu'un individu est capable d'en faire.
Pourtant, il a existé de nombreuses
variétés d'hominiens, et leur capacité à donner des descendants
(stériles ou non) avec des Homo Sapiens est mal connue. Comme
le fait remarquer Richard Dawkins, les conceptions morales seraient
profondément
bouleversées si l'on retrouvait des maillons intermédiaires entre l'humain
et le chimpanzé. Il en serait de même si l'on s'apercevait que des
néandertaliens sont encore vivants; quels droits leur accorder ?
Sur quelle base ?
La transgénèse permet maintenant de travailler de façon poussée sur les espèces. Des chromosomes
entiers ont été ainsi transférés d'une espèce à une autre, et transmis ensuite à leur
descendance. On peut ainsi s'attendre, d'ici un laps de temps assez court,
à voir apparaître des chimères, des formes biologiques nouvelles obtenues par combinaison
du génome humain avec celui d'autres espèces.
Les êtres nouveaux seront-ils déclarés "humains" à x% et "animaux" à y% ?
D'autant que le génome humain et le génome du chimpanzé sont déjà - de façon
naturelle - communs à presque 99% !
Par ailleurs, des scientifiques travaillent à transférer des cellules souches humaines dans le cerveau de singes.
Et des cellules de porcs dans le cerveau d'humains. Là aussi, la frontière entre pensée humaine et animale est
brouillée.
Il deviendra alors de plus en plus difficile de prétendre que le racisme et le spécisme sont deux
notions structurellement différentes.
Cette fois, l'inspiration philosophique ne relève plus de l'utilitarisme,
et chaque animal est considéré comme le "sujet d'une vie".
On demande alors l'égalité du droit à la vie.
En effet:
-
Vu l'incapacité des intéressés à faire valoir leurs droits eux-mêmes,
des dispositions législatives doivent être prises pour
qu'ils bénéficient de représentants légaux.
-
Ils ne peuvent pas être tenus responsables de leurs actes.
-
L'égalité est avant tout une égalité de
considération, il n'y a bien sûr
pas lieu de donner aux animaux des droits dont ils ne sauraient que faire
(en particulier, le droit de vote).
L'écologie attache avant tout de l'intérêt à la préservation
de la nature, pas à la souffrance des êtres qui la composent.
Les animaux sont pris en considération en tant
qu'éléments d'un écosystème et non en tant qu'individus; l'écologie n'a
que faire de
la souffrance des poules en batterie, mais s'inquiêtera de la disparition
d'une plante rare (l'élevage en batterie peut être critiqué, mais pour des questions
de pollution, et non pas de bien être des animaux). De plus,
certains antispécistes ne cachent pas qu'ils désapprouvent ouvertement
l'ordre naturel, car il est structurellement inégalitaire et cruel.
Le principal point commun entre la philosophie des droits des animaux et
l'écologie est la remise en question de l'anthropocentrisme (notons
d'ailleurs que cette remise en question n'est pas toujours très marquée
chez beaucoup d'écologistes, comme en témoigne
l'usage fréquent du terme anthropocentriste "d'environnement"; la protection
de la nature est recherchée
avant tout pour le bien-être de
l'homme et de ses
descendants, pas pour la nature elle-même).
Sous la requête d'une partie importante de l'opinion publique,
l'Union Européenne a accordé en 1997 le statut
"d'être sensible" aux animaux (qui étaient auparavant
considérés
comme de simples marchandises !)
Reconnaître l'animal comme sujet de droit convainc de plus en
plus de monde; d'après des sondages, les femmes et les jeunes sont
les plus ouverts à cette évolution morale.
Des juristes réalisent des travaux et des projets élaborés pour le statut juridique de l'animal.
C'est le cas notamment de
Steven Wise, qui enseigne
dans diverses institutions importantes, et
dont l'ouvrage
Rattling the Cage, non encore traduit en français,
a remporté un grand succès et a
été évoqué sur d'importants médias du monde entier.
Il est difficile de s'accorder sur des critères pertinents pour décider si l'on peut
prendre la vie à un être sensible. Peter Singer dégage une catégorie d'animaux
"rationnels, conscients d'eux mêmes, se percevant comme des être distincts avec
un passé et un futur", pour lesquels s'opposer à l'abattage est une "cause forte".
Les porcs et les bovins font partie de cette catégorie. Les poissons n'en font pas partie.
Quant aux volailles, Singer ne sait pas clairement où les classer.
Pour beaucoup d'antispécistes, le végétalisme est présenté comme la règle, même vis
à vis des élevages en plein air ou en libre parcours, ceux-ci étant indissociables
de la mise à mort d'animaux.
Pourtant, la vie dans ces élevages est bien plus
enviable que celle de l'essentiel des animaux sauvages, et même, que celles de
la plupart des humains de la planète. Cette conception morale, à savoir, la
préférence de la non-existence d'êtres vivants, à celle de leur existence avec
du bien-être mais
sous la tutelle d'humain, ne pourrait plus être reliée à l'utilitarisme moral dont
elle est pourtant fréquemment sensée être issue. On pourrait arriver aussi
bien à des conclusions fort poussées: si l'on considère
que les animaux de ferme ne méritent pas d'exister, quelle que soit la qualité
de leur vie, alors, c'est l'ensemble des animaux sur terre qui pourraient ne pas
mériter d'exister.
C'est la stratégie du
Great Ape Project,
qui a le soutien de
nombreux grands scientifiques et des principales personnalités
de la lutte pour les droits des animaux.
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La libération animale,
de Peter Singer
(traduction L. Rousselle, relue par D. Olivier),
Grasset, 1993.
Ouvrage fondateur, d'importance majeure.
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Questions d'Ethique pratique,
de Peter Singer
(traduction Max Marcuzzi),
Bayard Editions, 1997.
Là aussi, il s'agit d'un ouvrage majeur sur les problèmes éthiques de la société
contemporaine. Outre la question des relations humains/animaux, il délivre un point
de vue philosophique solide
sur des questions comme l'égalité femmes/hommes, le respect des minorités
ethniques, l'aide aux pays pauvres, l'avortement, l'euthanasie... La version originale, Practical Ethics, deuxième édition, a été publiée par Cambridge University Press en 1993.
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The Case for Animal Rights,
Thomas Regan,
Ed University of California Press, Berkeley, 1983. Seule une version abrégée est disponible en français, auprès de l'équipe des "Cahiers Antispécistes" (voir plus bas).
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Georges
Chapouthier, biologiste et philosophe, a soutenu en 1986
à Lyon une thèse
d'état sur les relations entre humains hommes et animaux,
et sur les droits de
ces derniers. Il en a tiré un livre
destiné au grand public (sorti en 1990). La position de
de Georges Chapouthier est très proche de celle incarnée
par la LFDA. Au bon vouloir de l'homme, l'animal, Georges Chapouthier, Denoël.
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Toujours de Georges Chapouthier, un ouvrage plus concis sur la question:
Les droits de l'animal Georges Chapouthier, PUF, Collection "Que sais-je ?" numéro 2670.
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Ouvrage de qualité de
Florence Burgat,
sorti début 1997, qui ne parle
guère des droits des animaux
mais traite intelligemment de la vision
de l'animalité par les philosophes. Il s'agit là aussi
de l'adaptation
sous forme de livre d'une thèse de doctorat. Animal mon prochain, Florence Burgat, Editions Odile Jacob
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Toujours de Florence Burgat, toujours début 1997, sortie d'un
intéressant "Que sais-je ?"
sur la protection animale (en France essentiellement).
L'auteur y
évoque notamment la
question des droits des animaux, de la libération et
de l'égalité animale. A l'instar de ce
web, des adresses sont données pour ceux qui
désirent s'impliquer dans la cause
animale. On appréciera notamment le
paragraphe "Les obstacles à la protection de
l'animal", page 22. La protection de l'animal, Florence Burgat, PUF, collection "Que sais-je ?" , numéro 3147.
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Sortie également en 1997 d'un recueil de textes écrits par
des personnalités soutenant la Ligue Française des Droits de
l'Animal; parmi les plus illustres, citons Théodore Monod,
Etienne Wolff, Marguerite Yourcenar, Alfred Kastler... L'ouvrage manque un peu d'unité, de nouveauté (recueil de textes disparates, souvent déjà publiés ailleurs précédemment), et n'éclaire pas vraiment sur la particularité française de la notion de droit des animaux. Cela étant, on recommandera quand même largement sa lecture. L'ouvrage est clôturé par un exposé synthétique et clair de Jean-Claude Nouët sur le déclin de l'anthropocentrisme dans les sociétés occidentales. Les droits de l'animal aujourd'hui, textes réunis par Georges Chapouthier et Jean-Claude Nouët, collection Panoramiques Arléa-Corlet.
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Publication en 1998 d'une large compilation de textes traitant de la vision de l'animalité par
l'humanité sous tous ses aspects. L'objectif de Boris Cyrulnik a visiblement été de
multiplier les approches, regroupant ainsi 80 documents (!) apportant des éclairages divers
liés aux compétences spécifiques des auteurs: neurologie, psychanalyse, anthropologie, médecine vétérinaire.. la liste est longue. On retrouve des documents d'auteurs classiques (Victor Hugo, Emile Zola, Guy de Maupassant, ...) mais aussi des contributions nouvelles écrites pour l'occasion (Françoise Armengaud, Jean-Yves Goffi, André Langaney, René Thom ...) Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, Quarto Gallimard
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Le philosophe Luc Ferry, de l'université de Caen, a publié un livre qui
a fait couler beaucoup d'encre. Celui-ci fait une présentation critique des
mouvements de libération animale, et de l'écologie profonde. Il
est maintenant disponible en poche. Le nouvel ordre écologique, Luc Ferry, Le Livre de Poche
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Anthologie de textes, du XVème siècle à nos jours, sur le discours philosophique
consacré à l'animal. Une riche source de documents. Des animaux et des hommes, Luc Ferry et Claudine Germé, Le Livre de Poche
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Alberto Bondolfi réalise un très intéressant recueil de textes consacré à l'animal
en philosophie. Les documents présentés vont des grands penseurs historiques aux
contributions les plus récentes. Le choix des auteurs est ultra-classique pour ce
sujet (Aristote, Descartes, Kant, Bentham, Schopenhaueur, Singer, Regan, Frankena...)
mais cette compilation est non redondante avec d'autres existant déjà en anglais,
allemand, italien et français (Ferry/Germé dans ce dernier cas). L'homme et l'animal, Dimensions éthiques de leur relation, Alberto Bondolfi, Editions Universitaires de Fribourg, Suisse, 1995 En fait, le livre n'est pas seulement une compilation, puisque l'éditorial introductif de Bondolfi comporte quand même une quarantaine de pages. L'auteur y classifie les différents types de spécisme:
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En deçà des théories antispécistes, d'autres penseurs proposent
des modèles de relation
entre l'homme et l'animal, plus proches de la société actuelle, mais qui représenteraient
quand même un
immense changement relativement à la souffrance animale. C'est le cas notamment du "Contrat animal" de Desmond Morris
qui, à défaut d'égalité animale, vise plutôt l'équité animale.
Morris ne remet pas en question l'utilisation d'animaux
par l'homme, mais leur exploitation.
Il pense qu'il est légitime d'avoir des animaux de ferme destinés à l'alimentation, du moment
qu'ils sont placés dans un environnement physique et
social conforme à leur bien-être.
L'ouvrage est à connaître, d'autant qu'il apporte
une vision originale, érudite, et agréable à lire sur les relations historiques entre
les humains et les animaux. Des animaux et des hommes, Desmond Morris, Calman Lévy Du même auteur, "Le singe nu" (disponible maintenant au Livre de poche), avait remporté à sa sortie un très grand succès. Il avait eu le mérite de présenter l'humain avant tout comme une espèce animale.
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Certains opposants à l'égalité animale affirment que la souffrance chez
les non humains est forcément plus faible que celle des humains, faute
de vie émotionnelle suffisamment riche. La souffrance morale serait
notamment absente en dehors de l'homo sapiens: il n'existerait que le
simple désagrément causé par la perception de la douleur. Cela justifierait
l'inégalité de droits sans violer le principe d'égalité des
droits devant l'égalité d'intérêts. Cet argument pourrait être recevable s'il était exact. L'ouvrage de Jeffrey Moussaieff Masson "Quand les éléphants pleurent ?", qui vient d'être traduit en français, montre que les humains ne sont pas les seuls à ressentir des sentiments élaborés comme la tristesse après un deuil, la rancune, la jalousie, l'intérêt pour des créations artistiques abstraites... Rien d'étonnant pour quiconque sait prendre le temps d'observer le comportement des animaux, mais il est heureux que ces observations soient enfin mises noir sur blanc dans un livre à destination du grand public; on se réjouira d'ailleurs qu'il remporte un réel succès mondial. Souhaitons aussi qu'il impulse des recherches scientifiques plus poussées que celles réalisées jusqu'à présent: bon nombre d'éléments ne relèvent que de l'aspect anecdotique, et non d'une analyse scientifique orthodoxe, protocolaire. On regrettera à certains moments que l'auteur, pourtant psychanalyste, ne développe davantage son point de vue sur certains aspects relevant de son domaine (par exemple, p34, il s'étonne que l'on doive se transformer en alexithymique pour appréhender le comportement animal; pourquoi ? Cela semble au contraire assez naturel...) Quand les éléphants pleurent , Jeffrey Moussaieff Masson et Susan McCarthy, (traduction Marie-France Girod), Albin Michel (1997).
Suite au très grand succès de livre, J-M Masson a réalisé un autre ouvrage
de la même veine, mais traitant cette fois de la vie émotionnelle des
animaux de compagnie (principalement le chien, l'auteur évoque plus brièvement
et sommairement
la psychologie du chat). Le livre est tout à fait intéressant, bien que relevant
à nouveau de la compilation d'anecdotes, certes fort intructives et révélatrices.
On regrettera qu'il n'y ait pas une progression, une analyse construite
à mesure au cours du livre et aboutissant à une idée ou un message de conclusion;
les chapitres peuvent quasiment être lu dans l'ordre que l'on veut,
et l'auteur tourne un peu en rond dans son analyse de la vie
émotionnelle des chiens.
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Inutile de rappeler à quel point Théodore Monod, par la référence de son travail scientifique
et ethonologique, par son comportement personnel, par son exemplarité morale,
était
un commentateur incontournable de la société contemporaine. Ses ouvrages sont nombreux;
nous nous contenterons de présenter ici une de ses plus modestes mais néanmoins enrichissante
contribution, une collection d'entretien avec Sylvain Estival. Sorti en 1999, l'ouvrage
au format de poche, agréable à lire, apporte un large panorama des opinions de Théodore Monod
sur diverses grandes questions, parmi lesquelles celles des droits de l'animal et de la nature
(chapitre III). Il affirme sa totale adhésion au combat mené par la LFDA, et reconnaît l'ampleur
et la difficulté de sa tâche. Il se prononce également au sujet des mouvements anglo-saxons:
"Ce mouvement de libération animale, que dirige un professeur de philosophie, Peter Singer, est
très radical. Après tout, pourquoi pas ? C'est peut-être ainsi que l'on parviendra à
éveiller un certain nombre d'esprits et de consciences parmi nos contemporains."
Terre et ciel , Théodore Monod, Babel (1999). |
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La philosphe Elisabeth de Fontenay a réalisé un ouvrage de référence sur la perception
de l'animalité au cours des âges en Europe continentale (les points de vue
anglo-saxons ne sont quasiment pas abordés).
L'ouvrage explore la question de façon complète et approfondie, mais
n'aborde jamais pour autant la question éthique du statut de l'animal.
L'auteur s'en est expliqué sur France Culture:
Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve
de l'animalité,
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Il manquait un ouvrage (en français) traitant du végétarisme dans la société
contemporaine, sous son aspect moral, et sa relation avec le respect des
animaux. C'est chose faite, et on ne saurait
que vivement recommander la lecture des "Végétariens" d'André Méry, qui
comble largement cette lacune. On appréciera notamment la discussion de
la question "qu'est ce qu'un végétarien ?". La réponse est beaucoup moins
simple que ce que l'on pourrait croire au premier abord.
Les végétariens, raisons & sentiments, André Méry, Préface de Théodore Monod, La Plage éditeur (1999).
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Les animaux, nos humbles frères Jean Gaillard Le Sarment, Fayard, 1986 Le statut de l'animal auprès des grandes instances chrétiennes est passablement mauvais. L'Eglise Catholique ne proteste quasiment jamais contre les souffrances infligées aux animaux, mêmes les plus cruelles et les plus inutiles. Elle méconnaît totalement la responsabilité morale liée aux choix de consommation, qui pèsent sur les milliards d'animaux "utilitaires" employés par l'humain pour le divertir, tester ses produits et le nourrir. Plus grave encore, le Nouveau Cathéchisme va jusqu'à blâmer l'implication dans la protection animale. Et enfin, le pire est atteint avec certains membres du clergé qui vont jusqu'à encourager des pratiques abjectes comme la corrida ou la chasse à courre, sans que leur hiérarchie leur adresse le moindre reproche.
Pourtant, ces positions anti-cause animale sont loin d'être partagées par tous
les chrétiens. Ce livre de Jean Gaillard, solidement étayé et documenté, en apporte une
preuve solide.
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L'homme et l'animal, de Lascaux à la vache folle Claude Combes et Christophe Guitton Pour la Science, 1999
Les auteurs brossent un panorama synthétique de l'histoire des relations humains/animaux,
avec tous ses aspects pratiques, utilitaires (notamment militaires), religieux,
philosophiques, scientifiques, médicaux, affectifs et éthiques.
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L'homme et l'animal, un débat de société Ouvrage collectif, coordonné par Arouna P. Oudreaogo et Pierre Le Neindre Inra Editions, 1999
Une table ronde sur le thème "Comportement humain et bien-être animal" a été tenue
a Paris les 6 et 7 décembre 1995. Cet ouvrage correspond aux "proceedings" de la
conférence, cad, les versions papier des interventions des différents participants.
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Dossier de qualité dans la revue Sciences Humaines numéro 108, août-septembre
2000, intitulé "Homme/Animal, des frontières incertaines". Le dossier est une complilation assez éclectique d'articles, sans grandes relations mutuelles, mais d'une maturité et d'une modernité appréciables.
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Les Cahiers Antispécistes,
revue. Une vingtaine de numéros sont parus, les premiers portant le titre "Cahiers Antispécistes Lyonnais". Cette revue propose des articles de réflexion traitant des droits des animaux, et informe de la vie des mouvements antispécistes en France. L'esprit général est un antispécisme radical relié aux mouvements de la gauche alternative. Les Cahiers proposent également des livres et brochures dont certains sont des versions abrégées et traduites d'ouvrages de Regan ou Singer, introuvables autrement en français. L'un d'eux (publié en 1991) est notamment disponible sur le site du X+1ième webmestre: le mouvement de libération animale, sa philosophie, ses réalisations, son avenir. Les cahiers antispécistes ont également leur site web, où l'on peut consulter la plupart des textes parus.
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On trouve de plus en plus de pages web en français traitant de l'antispécisme; citons notamment
les contributions de
Laurent Dervaux,
Patrick Moreau et
Stéphan Vonfelt
(émouvant témoignage
et saisissante photo;
informations d'actualité dans la lettre
Veginfo).
Le cercle social, webzine de réflexion et d'analyse politique, s'intéresse de près à la question de l'antispécisme. Enfin, la liste de diffusion ethiquanimal permet, comme son nom l'indique, d'échanger et de discuter sur le thème de l'éthique animale. |
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Cahiers Antispécistes Les Cahiers Antispécistes sont une publication, et non une organisation, mais on peut considérer que les personnes qui gravitent autour sont les plus proches, en France, des idées de Peter Singer, et les plus impliquées dans la promotion de l'antispécisme dans ce pays.
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Ligue Française des Droits de l'Animal La LFDA se base sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Animal (DUDA) proclamée à l'Unesco en 1978, et révisée depuis. Elle reçoit le soutien de grandes personnalités du monde intellectuel. Elle mène des actions concrètes notamment pour l'évolution des législations. La LFDA incarne une variante française de la philosophie des droits des animaux, qui est distincte de celle des anglo-saxons et moins bien définie. La DUDA est très populaire dans les pays latins, mais elle est reçue avec beaucoup plus de scepticisme dans les autres pays. Cette conception des droits de l'animal s'inspire davantage de l'écologie, est plutôt plus modérée, académique et pragmatique que la mouvance de libération animale, ne condame pas clairement l'abattage des animaux pour la consommation, et surtout, maintient une différence entre "droits de l'homme" et "droits de l'animal" : l'humanité n'est pas vue comme une composante de l'animalité. Cela lui permet notamment de réchapper aux accusations "d'anti-humanisme" parfois formulée à l'encontre des penseurs anglo-saxons.
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Beaucoup d'organisations dites "de libération animale" délivrent un message éthique réduit
au strict minimum ("soyez végétarien" ou "soyez végétalien") et mènent surtout des actions
concrètes sur des questions liées à la souffrance animale. Ces organisations, comme PETA
ou Viva!, regroupent un très grand nombre de militants dans le monde anglo-saxon
et ont plus d'influence
sur la population que la lecure des réflexions de Peter Singer ou Thomas Regan.
Ce type d'organisation n'a pas encore le
même poids dans les pays francophones; dans ceux-ci, on distingue notamment:
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Groupe d'Action dans l'Intérêt des
Animaux
Organisation belge Fondée en 1992, GAIA est aujourd'hui un modèle d'association dynamique et efficace oeuvrant pour la libération animale. Elle a été une des toutes premières associations francophones présentes sur le Net. GAIA se réclame de la libération animale, sans pour autant développer son travail de réflexion à ce sujet: ses activités relèvent essentiellement de la défense animale concrète.
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Groupement de Réflexion et d'Action
Animal Libération
Association française Le GRAAL a été fondé en 1997. Ses objectifs sont concrets (actes militants contre les cruautés envers animaux, encouragement au végétarisme) et théoriques (réflexion sur les droits de l'animal, soutien aux idées antispécistes). Le Graal attache beaucoup d'importance à l'union entre associations de défense des animaux et s'inscrit dans une logique de partenariat avec les organisations existantes. Il organise des tables rondes où l'on a pu notamment retrouver le professeur Théodore Monod ou le docteur Rousselet-Blanc. Une commission du Graal est spécialisée dans la lutte anti-corrida (voir la section récréat de ce web).
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