ELEVAGE, TRANSPORT ET ABATTAGE DES ANIMAUX DESTINES A LA CONSOMMATION HUMAINE
Par contre, la considération accordée à l'animal d'élevage n'a pas évolué; le progrès scientifique et technique n'a été appliqué qu'à l'augmentation de la productivité et de la rentabilité, indépendamment de tout critère moral. Cela a engendré un système d'élevage industriel réservant aux animaux d'abattoirs l'existence la plus misérable qu'ils n'aient jamais connu: emprisonnement à vie dans des cages dans des hangars, conditions extrêmes de privation de place et de relations affectives.
Dans les pays industrialisés,
l'élevage intensif est ultra-majoritaire, à l'exception
des ovins et
les vaches à viande.
En France, en 1997, 90% des porcins, 90% des veaux, 70% des vaches
laitières, 70% des poulets de chair et 90% des poules pondeuses sont
élevés en batterie.
Tout est mis en place pour obtenir un engraissement rapide des animaux, et pour gérer les problèmes causés par l'entassement massif des individus.
 
| L'élevage intensif cause de graves souffrances aux animaux |
|
|
Bien que le nettoyage soit facilité par les sols grillagés ou à claire-voie, il est très délicat de maintenir une hygiène correcte dans des hangars regroupant des centaines ou des milliers d'animaux. L'air se charge d'ammoniac, de poussières et de microbes, ce qui entraîne des taux élevés d'affections respiratoires et oculaires chez les animaux. Les humains habitant au voisinage des élevages industriels sont nombreux à se plaindre de l'odeur pestilentielle et de la surabondance de mouches, même lorsqu'ils résident à distance respectable des installations; cela donne une idée de l'état de l'atmosphère à l'intérieur même des hangars ! Les étés de canicules, des millions de poules et poulets décèdent à cause de l'excès de chaleur dans certaines installations..
L'alimentation est savamment élaborée pour
entraîner un engraissement rapide à un coût minimal,
quitte à aller à l'encontre des besoins naturels des
animaux.
Les veaux
sont nourris exclusivement d'aliments liquides présentés dans des
sacs plastiques, ce qui contrarie gravement leur désir
de téter. La nourriture est délibérément carencée en fer,
afin que leur chair ne rosisse pas: la viande de veau blanche se vend mieux
que la viande rose. Cela entraîne notamment l'exclusion des fibres, trop riches en fer,
contrarie leur besoin naturel de ruminer. De plus, les veaux sont privés d'eau afin
de les inciter à avaler davantage de nourriture associée à la boisson, et les faire
grossir plus rapidement.
Les maladies sont fréquentes dans les élevages industriels, malgré
l'usage massif d'antibiotiques et d'anxiolytiques. Outre les problèmes
respiratoires et ophtalmologiques évoqués précédemment, on rencontre
fréquemment des ulcères gastriques et des diarrhées chroniques,
causés par le stress chronique et l'alimentation inadaptée.
La croissance très rapide, et l'absence de possibilités de se mouvoir, conduisent à des
pathologies osseuses (chez les poules, l'ostéoporose est aggravée
par les rythmes de ponte très élevés qui sont imposés: le calcium est mobilisé pour
les coquilles des oeufs, au détriment des os qui se retrouvent très cassants).
Les animaux souffrent aussi d'ampoules, de brûlures, et d'ulcères
aux membres, leur vie ayant lieu en permanence sur une même litière sale.
Les relations affectives inter-individus
sont largement bridées,
voire inexistantes: les petits sont séparés très tôt de leur
mère, les mâles et femelles ne se rencontrent pas (l'insémination
est faite artificiellement). La séparation d'un veau de sa mère est particulièrement
impressionnante : mère et fils s'appellent désespérément pendant des jours...
Les boxes à veau conduisent à une existence solitaire, mais les autres méthodes d'élevage
conduisent généralement à entasser à un même endroit (cage, surface d'un hangar)
des individus de même âge et de même sexe.
Les animaux ne disposant pas d'espace de vie suffisant, ni de suffisamment
d'intimité, il apparaît de fortes tensions nerveuses et des conflits
violents entre individus. Pour éviter que les animaux ne se blessent
grièvement, les éleveurs pratiquent divers types de mutilations :
débecquage et déphalangeages des volailles, caudectomies, arrachages
ou épointages de dents chez les porcins. Ces interventions, tout comme
les castrations et les écornages de bovins, sont généralement pratiquées
sans anesthésie ni même administration d'analgésiques. Pour calmer les
animaux, les éleveurs choisissent quelquefois de les plonger dans
l'obscurité durant la quasi-totalité de la journée.
Vous pouvez lire un texte remarquable sur la vie de
Léon le cochon (racontée par
l'intéressé !)
 
| L'élevage intensif est aussi un problème grave pour les humains |
L'élevage industriel augmente le chômage. Dans l'élevage intensif, tout est
organisé pour utiliser le moins de temps possible et le moins de personnel
possible : pour diminuer au maximum les coûts de production, on diminue au maximum
le nombre d'emplois.
|
En août 2000, dans un village français, les riverains d'un élevage industriel de poules pondeuses, excédés par les nuisances, ont apporté à leur préfet... une omelette de mouches. |
![]() Gébé, Charlie Hebdo no 428 |
Mais la pollution frappe bien au-delà du simple voisinage. Les tonnes de déchets sont une cause commune de pollution des rivières et des nappes phréatiques. Les poissons deviennent ainsi les victimes indirectes de l'infortune des animaux d'élevage. En Bretagne, région qui concentre une forte proportion des élevages industriels, les élevages hors sol sont particulièrement dénoncés... par les pêcheurs !
L'élevage industriel est une menace pour la santé publique.
Les élevages intensifs
absorbent des quantités massives d'antibiotiques, ajoutés dans l'alimentation des
animaux. Les antibiotiques sont utilisés comme "promoteurs de croissance", pour accélérer
la prise de poids des animaux. Pourtant, les antibiotiques sont prévus pour lutter
contre des maladies, et non pour servir d'additifs alimentaires. Ils devraient être utilisés
le moins possible, et uniquement à des fins médicales, car leurs résidus peuvent altérer
la comestibilité de la viande,
et parce que leur emploi entraîne l'apparition de bactéries résistantes. Ces résistances
microbiennes concernent directement les maladies vétérinaires, mais on redoute aussi qu'elles
conduisent à l'apparition de souches extrêmement dangereuses pour des maladies humaines.
En 1997, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) tire la sonnette d'alarme:
"L'utilisation excessive des antimicrobiens, notamment pour stimuler la croissance
des animaux destinés à la consommation humaine, exposent l'homme à un risque sanitaire
croissant et il faut la diminuer. [...] L'utilisation excessive des antimicrobiens
dans la production des animaux d'élevage a pour conséquence en santé publique
l'apparition d'agents pathogènes résistants susceptibles d'être transmis à l'homme
par la chaîne alimentaire". Vous pouvez lire le
communiqué de presse de l'OMS en intégralité.
En 1999, le Conseil de l'Europe recommande d'interdire l’utilisation d’antibiotiques
comme promoteurs de croissance, et de renforcer les législations nationales sur le bien-être
des animaux pour améliorer la santé animale (voir le
document en intégralité).
Malgré les menaces sur la santé publique, les progrès sont très lents. Les mises en garde
ont conduit l'Union Européenne à interdire l'usage de certains antibiotiques, mais pas
encore de tous. Et les autres nations du monde ont tendance à se montrer encore moins rigoureuses.
Pour plus d'informations, vous
pouvez lire un document de l'INRA sur
les antibiotiques dans l'élevage.
La recherche d'une croissance ultra-rapide des animaux a conduit à d'autres erreurs majeures
dans la composition de leurs aliments. Une crise grave à secoué la Belgique, en 1999, avec
des poulets ayant reçu de la dioxine dans leur alimentation. Mais le problème le plus
grave est incontestablement celui de l'ESB (Encéphalopathie Spongiforme Bovine), également
appelée "maladie de la vache folle". A l'origine, on trouve l'emploi de farines carnées.
En récupérant des déchets carnés, on accroît à moindre coût le taux de protéines des aliments.
C'est ainsi que des herbivores reçoivent une alimentation carnée, à base de membres de leur
propre espèce ou d'autres espèces animales (y compris des animaux de compagnie). Un fabricant
suisse récupérait même du placenta humain provenant d'hôpitaux de Zurich. Et un fabricant
français récupérait des matières fécales, à partir des égouts !
Dans les années 80, toujours dans une logique de rentabilité maximale, des producteurs
anglais ont insuffisamment chauffé les produits carnés de ces farines. Cela permet alors
à une maladie endémique des ovins, la "tremblante du mouton", de passer aux bovins. Cette nouvelle
variante de la maladie va se révéler particulièrement efficace pour franchir la
barrière des espèces: des chats, et bientôt des humains, sont touchés à leur tour.
Tout un train de mesures a suivi, au cours des années, pour limiter l'expansion de la maladie, sans grand succès.
Aujourd'hui, presque toute l'Europe de l'ouest est touchée, et la plupart des animaux
atteints sont nés bien après l'interdiction des farines carnées dans l'alimentation des
bovins. On ignore presque tout de cette maladie, de sa durée d'incubation, des possibilités
de traitement. A l'heure actuelle, on ne peut faire aucun pronostic sérieux sur son évolution.

Il est difficile d'être exhaustif sur tous les problèmes alimentaires liés aux méthodes
productivistes de l'élevage hors sol. Mentionnons encore les épidémies de
salmonellose, qui ont tout particulièrement touché le Royaume Uni dans les années 80,
et qui étaient issues d'élevages intensifs de poules pondeuses.
Bien souvent,
les maladies véhiculées par les oeufs sont dues à des contaminations postérieures à leur collecte dans
les élevages. Les fêlures de la coque, réalisées au cours du
transport (y compris après l'achat par le client), en sont à l'origine. Là aussi, la recherche de la
rentabilité maximale
conduit à des oeufs aux coquilles très minces, et donc particulièrement vulnérables aux
chocs.
| La souffrance des animaux concerne aussi les marchés et les transports |
Les cruautés sur les marchés aux bestiaux sont assez courantes, et ne font
généralement l'objet d'aucune répression sérieuse. Les défenseurs des animaux présents
sur les marchés (en particulier, les enquêteurs de l'OABA), font un travail ingrat
et courageux, car l'accueil qui leur est réservé est difficile, voire parfois, absolument honteux.
Le 9 septembre
1998, M. Michel Vandenbosch, président de GAIA, a été tabassé sur le marché
aux bestiaux d'Anderlecht, en présence de journalistes. Il s'en est tiré avec une commotion
cérébrale et des graves contusions au visage (voir le
communiqué de presse de GAIA).
Lors des chargements, déchargements et déplacements, les animaux reçoivent des coups de pieds, d'aiguillons, sont tirés ou traînés de façon douloureuse. Lors de la stabulation, les bovins doivent passer des heures avec les cornes attachées au ras du sol : ce procédé d'attache, illégal en France mais encore pratiqué, est terriblement inconfortable et douloureux pour l'animal, mais il met en valeur sa masse musculaire. On trouve aussi couramment des animaux blessés ou malades, là aussi, en toute illégalité. Des films, tournés en caméra cachée sur des marchés aux bestiaux français et belges (notamment par la PMAF et GAIA), et diffusée ensuite par des grandes chaînes de télévision, ont révélé au public des problèmes graves qu'il ne soupçonnait généralement pas. Voir notamment un communiqué de presse de la PMAF à ce sujet.
Les transports d'animaux sont une cause importante de souffrances, car :
- Les
règlements autorisent des trajets beaucoup trop longs
- Les règlements sont particulièrement mal appliqués (de nombreux
rapports officiels l'attestent) et les conséquences sont absolument tragiques pour
les animaux.
On trouve ainsi, de façon courante : des brutalités lors des chargements et déchargements ;
des entassements excessifs d'animaux dans les camions, trains et bateaux, avec, pour corollaire,
des animaux blessés, étouffés, ou écrasés par leurs congénères ; l'absence de système de ventilation et de
régulation de la température ; l'absence d'hygiène (animaux au-dessus de leurs excréments) ;
l'impossibilité, pour les animaux, de pouvoir s'abreuver ou se nourrir.
En Europe, les pires horreurs ont été relevées lorsque les animaux sont exportés ou
importés avec des pays extérieurs à l'Union. On retrouve alors des durées de transport
allant à 40 heures, voire plus, sans le moindre apport de nourriture ni de boisson, et
dans des conditions d'inconfort extrêmes. De plus, des incidents techniques ou
administratifs bloquent couramment les convois pendant des heures et condamnent les animaux
à attendre interminablement avant de repartir. Beaucoup n'y survivent pas.
Les transports sont utilisés pour conduire les animaux à l'engraissement, au marché, ou, le plus souvent, à l'abattoir. Dès lors, il est absolument scandaleux d'imposer un trajet long et pénible... pour se terminer aussitôt après par l'abattage. Le scandale est d'autant plus grand que les exportations d'animaux vivants sont largement subventionnées par l'Union Européenne, et que les conditions d'abattage dans les pays tiers sont plus mauvaises qu'à l'intérieur de l'Union. Il conviendrait au contraire de privilégier le transport des carcasses plutôt que celui des animaux vivants.
| De sérieux problèmes persistent en matière d'abattage |
A de rares exceptions près, les animaux destinés à la consommation humaine doivent
être saignés vivants. La perte d'un maximum de sang, chez l'animal, est un élément
important pour l'hygiène des aliments, d'où la nécessité d'égorger l'animal alors
que son coeur continue à battre.
La plupart des pays obligent que les animaux soient inconscients lors
de l'égorgement. En France, cette obligation remonte à 1965.
De façon courante, les volailles sont suspendues sur un rail, la tête vers le bas.
Le rail les conduit au dessus d'un bac d'eau : un courant électrique s'établit et fait perdre conscience à
l'animal. Il est ensuite saigné.
Le porc est généralement étourdi par l'apposition manuelle d'électrodes sur sa tête. Les
bovins sont rendus inconscients par percussion de la boîte crânienne, à l'aide d'un
pistolet d'abattage.
Malheureusement, certaines poules relèvent la tête au-dessus des bacs d'eau, et ne
reçoivent pas la décharge. Souvent, pour des questions de rentabilité, le personnel
des abattoirs est contraint de traiter un grand nombre d'animal à l'heure.
De plus, les contrôles dans les abattoirs sont assez rares, notamment en France. Il s'ensuit
que les électronarcoses sont couramment mal pratiquées (d'autant que l'animal s'agite).
Par suite, il n'est pas rare que les animaux soient égorgés en pleine conscience; ou alors,
qu'ils se réveillent avant la fin de la saignée.
Précisons que la loi française autorise à tuer des animaux conscients dans certains cas :
- l'abattage fermier (la viande doit alors être consommée uniquement par le fermier lui-même
ou sa famille)
- l'abattage rituel (casher ou halal)
- l'abattage d'urgence (généralement des animaux accidentés, mais les corridas sont assimilées à cette catégorie)
L'abattage rituel pose des problème aigus lors de la fête musulmane de
l'Aïd el Kébir, où des personnes, non professionnelles de l'abattage, égorgent elles-mêmes des
moutons, souvent fort maladroitement. Les avancées sur ces questions sont difficiles, car
elles interférent avec des questions religieuses. Notons cependant que l'abattage halal
n'est nullement demandé par le Coran, qu'il relève uniquement de la tradition, que certains
pays musulmans (comme le Kenya) ont adopté l'étourdissement des animaux de boucherie,
et que des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent à l'intérieur de la communauté musulmane
pour demander l'abandon des égorgements d'animaux conscients.
Des
problèmes persistent avec les poussins "refusés".
La France compte, chaque année, 45 millions de poussins "refusés". Ces "restes
de couvoirs" sont les poussins mâles, les poussins estropiés, ou qui ont éclot en retard.
Jusqu'à une date très récente (1997), ces poussins étaient mis à mort de façons très
diverses, notamment :
- jetés vivants dans des broyeurs
- mis en sac, puis écrasés par un bulldozer
- versés dans des poubelles, ou dans des cuves, puis pilonnés
- enterrés vivants, jetés dans des décharges, etc...
En France, un décret de 1997 oblige à utiliser des méthodes de mise à mort instantanée,
mais la réglementation tarde à être appliquée par tous les couvoirs.
Certains animaux, notamment invertébrés, font l'objet de méthodes particulières de
mise à mort... encore plus cruelles que pour les vertébrés.
Les cuisses de grenouilles
sont ainsi coupées à vif, le reste de l'animal est abandonné, jeté sur un tas de corps
mutilés en lente agonie.
Les crustacés, quant à eux, sont couramment jetés vivants dans
l'eau bouillante...
| Le foie gras, un mal essentiellement français |
La production de foie gras est déjà interdite dans de nombreux pays,
soit grâce à des lois spécifiques (Allemagne, Danemark, Norvège, Pologne)
soit grâce aux lois déjà existantes qui interdisent les cruautés envers animaux
(Royaume Uni, Suisse). Par contre, elle touche particulièrement la France.
Ce pays est, de très loin, le premier producteur au monde de foie gras (environ 70% de
la production mondiale), et son premier consommateur (85% de la consommation mondiale).
Les campagnes de publicité, massives au moment des fêtes de fin d'année, sont destinées
à le faire passer comme un élément incontournable des repas de fêtes. Par contre,
la cruauté de sa production est soigneusement occultée.
| L'élevage sert aussi pour la production de vêtements |
![]() FurShame.com |
L'élevage concerne aussi la production de vêtements, soit de façon conjointe à la production
d'aliments carnées (cuir, laine), soit de façons spécifique (fourrure). Les élevages d'animaux pour la fourrure se retrouvent essentiellement dans des régions au climat froid : nord des USA, Canada, Fédération de Russie, Pologne, Finlande... La France possède malgré tout également des élevages, et certains de ses grands couturiers ont une lourde responsabilité dans la persistance de cette industrie. Contestés et trop onéreux, les manteaux de fourrure ne représentent qu'une petite partie de l'utilisation des fourrures : 90% des fourrures servent à la réalisation d'ornements : cols, extrémités des manches... |
L'élevage pour la fourrure présente les mêmes problèmes de bien être animal que l'élevage industriel. On retrouve ainsi couramment des confinements extrêmes dans des cages, des sols grillagés très inconfortables (pour faciliter le nettoyage et ne pas salir les fourrures) et qui meurtrissent les pattes, des protections insuffisantes des intempéries... Les animaux élevés pour la fourrure sont des espèces sauvages (renards, visons, zibelines, lynx, loups..). De ce fait, ils souffrent encore plus des privations de place et d'instincts naturels que les animaux domestiqués depuis des millénaires. Les études scientifiques sur les visons ont montré que ceux-ci ont un très fort besoin d'accéder à un point d'eau où ils peuvent nager (le vison est prêt à faire des efforts considérables pour cela). Les élevages ne permettent pas de satisfaire ces impératifs biologiques. Il en va de même du besoin de creuser pour les renards.
Leur mise à mort fait appel à des méthodes particulières, afin de ne pas détériorer la
fourrure. Celles-ci dépendent des animaux et des pays dans lesquels l'abattage est pratiqué,
mais le plus souvent, on retrouve le gazage, l'électrocution, et les injections létales.
Mais on peut trouver aussi, dans certains pays, l'empoisonnement,
la pendaison, la brisure des vertèbres...
S'il est théoriquement possible de tuer sans faire souffrir,
les problèmes de cruauté sont néanmoins encore nombreux.
L'astrakan est la fourrure de moutons caraculs tués à leur naissance, ou quelques jours avant celle-ci. Dans ce dernier cas, les brebis gestantes sont égorgées, leur foetus est extrait puis dépecé. La surface obtenue étant chaque fois très petite, il faut un grand nombre d'agneaux pour confectionner un vêtement. Les élevages sont réalisés en Ouzbékistan et quelques autres pays d'Asie centrale, environ 4 à 5 millions d'agneaux sont tués chaque année pour des vêtements vendus aux USA, France, Allemagne...
Les fourrures de chiens et chats provenant d'Asie, et tués de façon très douloureuse, se retrouvent dans des produits de pays occidentaux. En l'an 2000, les USA ont pris la décision d'interdire de façon stricte ces produits. L'Union Européenne ne l'a pas encore décidé, les pays les plus concernés par ces produits sont la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Irlande.
Les animaux sont quelquefois élevés à d'autres fins. Par exemple, des élevages cruels de civettes sont réalisés en Ethiopie. Les animaux sont dans un état extrême de privation de place, et sont manipulés de façon douloureuse chaque jour, afin de prélever le musc... utilisé ensuite dans des parfums de luxe occidentaux.
| Les législations avancent dans l'Union Européenne |
Grâce au travail des organisations de protection des animaux, et en raison des problèmes de santé, le grand public a pris davantage conscience, ces dernières années, des méfaits de l'élevage industriel. Cela s'est traduit par avancées au niveau législatif.
Le traité d'Amsterdam a reconnu les animaux comme des "êtres sensibles" : ce ne sont plus de simples marchandises.
Si le conseil agricole de l'UE suit le vote du Parlement, on peut espérer prochainement une limitation à 8 heures des transports d'animaux vivants, et un arrêt des subventions européennes à l'exportation du bétail vivant.
Certains pays, membres ou non de l'Union, ont déjà des avancées plus significatives : Royaume Uni, Pays bas, Danemark, Suède, Suisse...
Mais globalement, dans le monde, les législations sont plutôt en retard sur celles de l'Union Européenne. Aux USA, les conditions d'entassement dans les élevages industriels encore plus poussées qu'en Europe, et aucune loi fédérale n'est prévue pour la disparition de ces batteries.
Ces dernières années, les règles de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ont, à plusieurs reprises, représenté des obstacles sérieux au progrès législatifs pour les animaux.
|
Ainsi, les USA ont vu leur loi de protection des tortues marines attaquée
par quatre pays asiatiques (car elle interdisait la vente de pêches ayant
recours des filets meurtriers pour les tortues).
L'Union Européenne s'est vue bloquée par l'OMC pour interdire les fourrures d'animaux attrapés dans des pièges à mâchoires, et pour interdire les cosmétiques testés sur des animaux. |
Un exemple significatif est celui des hormones : dénoncées pour leurs effets néfastes sur le bien-être des animaux d'élevage, et pour leur nocivité sur les consommateurs humains, elles sont interdites dans l'Union Européenne. Mais les USA les utilisent largement, soit pour accélérer la croissance des animaux, soit pour stimuler la production de lait (avec la BST), ce qui crée de graves tensions avec l'Europe.
Malgré une évolution indéniable des mentalités, l'animal destiné
à la consommation
reste trop souvent un être oublié ou méprisé.
Certes, le consommateur est tenu
soigneusement à distance des sordides méthodes de l'élevage intensif. Certes,
l'étiquetage des produits est très insuffisant pour pointer
les produits qui en sont issus.
Mais il est indéniable que le consommateur ne désire pas toujours savoir comment la viande
parvient à son
assiette. Il est agréable de ne regarder que l'aspect festif et
réjouissant de la nourriture, et non le côté sombre des fermes-usines
et des chaînes d'abattage. Attendrie, découpé, présentée sous cellophane,
la viande ne ressemble plus au corps de l'animal mort
dont elle provient... dès lors, il est facile d'oublier le lien étroit qui l'unit à celui-ci.
Plus d'un milliard d'animaux sont abattus chaque année pour
satisfaire la consommation des seuls français. Ce chiffre
colossal montre à quel point l'élevage, le transport et
l'abattage des animaux de ferme sont au coeur de la cause animale.
|
|
|
|
Protection Mondiale des Animaux
de Ferme Créée en 1994, branche française de "Compassion in World Farming", qui existait déjà en Grande-Bretagne et Irlande. Organisation très active dans la lutte contre l'élevage intensif et les longs transports d'animaux. Ses vidéos, tracts, tours de France et interventions dans tous les médias ont permis de sensibiliser beaucoup de français et d'inciter efficacement les pouvoirs publics à prendre des mesures. Le poids de la PMAF dépend du nombre de ses adhérents: apportez-lui votre soutien !
Installez un fond d'écran PMAF, disponible aux principales résolutions d'écran :
|
||
|
|
Oeuvre d'Assistance aux Bêtes
d'Abattoirs Créée en 1964 par Jacqueline Gilardoni, qui en a assuré la présidence jusqu'à son décès début 2001, l'OABA a joué un rôle important dans l'adoption de législations sur le parcage, la stabulation, la manutention, la contention, le transport et l'abattage des animaux. Par ses enquêteurs, l'OABA veille à faire appliquer les lois et intente des procès aux éleveurs indignes. L'OABA joue aussi un rôle consultatif auprès des pouvoirs publics.
|
Pour offrir une retraite la plus longue et la plus heureuse possible aux animaux de ferme,
vous pouvez vous adresser, en France, à la FASM, Ferme des Animaux sauvés de la Mort,
La Béduère 85110 Ste Cécile, tel 02 51 40 21 11.
En Belgique, l'ASBL Fabienne fait un travail analogue, et permet
notamment la revalidation des animaux
qui sortent en piteux état des élevages industriels.
|
Pour des renseignement sur le végétarisme, vous pouvez consulter notamment
le site de
l'Alliance Végétarienne,
de Vegasso,
d'AVIS, et
de la Veggie Pride.
Vous pouvez échanger sur le sujet avec le forum de l'Alliance Végétarienne les listes de diffusion Végétarien, Végétarien_fr, et VegInfo. Vous pouvez également succomber au charme des Lettuce Ladies ou des Broccoli Boys, et suivre leur exemple pour respecter les animaux tout en soignant votre ligne: voir le site anglophone Lettuce Ladies. |
|
|
L'animal dans les pratiques de consommation Florence Burgat PUF Collection "Que sais-je ?" no 374. Sorti en 1995, remplaçant un ancien "Que sais-je ?" intitulé "La viande", cet ouvrage de Florence Burgat explore tous les aspects de l'alimentation carnée, de la production à la consommation. Ouvrage court mais de référence sur le sujet. A connaître.
|
||
|
|
Par le passé, les chercheurs de l'INRA ont largement contribué à la mise en place
du système d'agriculture productiviste français, avec une très faible prise en
compte du bien-être animal. Les choses ont bien changé aujourd'hui, et l'INRA propose plusieurs publications sur l'étude scientifique du bien-être de l'animal d'élevage, qui n'hésitent pas à critiquer la situation actuelle. L'ouvrage le plus intéressant est certainement
- "L'homme et l'animal, un débat de société", collectif, coordonné par A. Ouédraogo et P. Le Neindre, 1999, issu d'une table ronde sur l'éthique animale; - "Comportement et bien-être animal", collectif, coordonné par M. Picard, R.H. Porter et J.P. Signoret, 1994, recueils d'articles à dominante scientifique.
|
||
|
|
Aujourd'hui épuisé, et de toutes façons un peu vieilli, "Le grand massacre" reste
quand même un ouvrage de référence dans la dénonciation de l'horreur de l'élevage
industriel. A sa sortie, il avait largement contribué à la prise de conscience,
en France, de l'ampleur et de la gravité du problème.
|
||
|
|
La libération animale Peter Singer Grasset (1993) L'ouvrage porte principalement sur la question des droits de l'animal, mais son chapitre 3 présente de façon réaliste l'enfer de l'élevage industriel.
|
||
|
|
Dossier réussi dans Science & Nature: "Elevage industriel, un milliard d'oubliés".
L'intitulé de l'article mérite citation.
Numéro 90 Février/Mars 1999
|
||
|
|
Le Monde Diplomatique a publié, au mois d'août 2001, un excellent
article d'Armand Farrachi intitulé "Silence, on souffre", "Pitié pour la
condition animale". Un parler franc et direct, où l'auteur ne cache pas son
indignation devant l'ampleur des souffrances infligées aux animaux, et explique
comment la raison économique vient écraser les réelles mais insuffisantes avancées
des mentalités. L'article est
disponible
en ligne, à ne pas manquer de faire connaître autour de soi. Armand Farrachi est également l'auteur d'un essai intitulé ironiquement "Les poules préfèrent les cages" (Albin Michel, 2000), en référence à une étude scientifique sensée montrer que les poules se sentent mieux enfermées.
|
||
|
|
Plusieurs types de documents sont disponibles auprès de la PMAF: rapport (PMAF) sur l'élevage des veaux de boucherie, livret sur l'élevage industriel des volailles, rapport (PSA, Protection Suisse des Animaux) sur l'élevage des poules pondeuses, rapport (PSA) sur l'élevage des porcs selon des principes naturels.. Et plusieurs cassettes vidéos tournées dans des élevages, des marchés à bestiaux, ou au cours du transport des animaux. |