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samedi 14 août 2004
Grève de la faim du papa en prison
Il dépose un recours en grâce auprès du Président Chirac
Le père de famille
quimpérois incarcéré mardi en application d'une condamnation
à six mois de prison pour non présentation d'enfant non purgée
depuis avril 2002, a entamé, le soir même, une grève de la
faim et de la soif. C'est ce qu'il affirme dans une lettre
à l'association L'Alphabet du droit des enfants de A à F,
qui a annoncé hier qu'il avait déposé un recours en grâce
auprès du Président de la République.
Condamné à six mois de prison ferme
par le tribunal de grande instance du Mans le 21 juin
2001, pour non présentation d'enfant, ce père de famille quimpérois
avait vu sa peine confirmée par la cour d'appel d'Angers le
30 avril 2002. Son pourvoi devant la Cour de cassation
avait été rejeté en janvier 2003.
Son tort ? Avoir accepté d'héberger et d'élever
son fils, aujourd'hui âgé de 16 ans, et dont la garde
avait été confiée à sa mère lors de la séparation intervenue
en 1992, qui a toujours affirmé sa volonté de vivre avec son
père.
Deux mois à purger
Le papa, qui a déposé en juillet 2003 une requête
contre la France devant la Cour européenne des Droits de l'homme,
a bénéficié le même mois, puis en juillet dernier, de deux
mesures de grâce partielle de deux mois. Il lui restait donc
deux mois de prison à effectuer, moins les éventuelles remises
de peine pour bonne conduite.
C'est pour qu'il purge cette peine que le procureur
de la République du Mans l'avait fait rechercher par la police,
qui l'a interpellé mardi à Quimper. Emprisonné le jour même
à la maison d'arrêt de Brest sans que son fils en soit officiellement
informé, le père de famille a entamé le soir même une grève
de la faim et de la soif. C'est du moins ce qu'il affirme
dans une lettre adressée au président de l'association « L'Alphabet
du droit des enfants de A à F » qui, était déjà intervenu
auprès du Président de la République au sujet de cette désastreuse
affaire.
« Le Chef de l'Etat fait confiance au gouvernement
pour simplifier et humaniser la procédure de divorce afin
de préserver les droits des deux époux tout en évitant d'aggraver
les contentieux et en prenant compte l'intérêt de l'enfant », lui avait répondu
le 18 juin son chef adjoint de cabinet, Gérard Marchand.
Le père de famille, qui espère être auprès de son
fils pour préparer sa prochaine rentrée scolaire en première S,
a déposé un recours auprès du Président de la République.
Celui-ci y donnera-t-il droit ? A moins que le juge d'application
des peines de Brest, dont il dépend, envisage pour lui une
mesure de semi-liberté ou de liberté conditionnelle.
Jean-Yves MANAC'H.
et la suite

lundi 23 août 2004
Soutien au père en grève
de la faim
Une vingtaine de personnes devant la prison de Brest
Une vingtaine de personnes est venue soutenir le père
emprisonné.

Un rassemblement de soutien au père d'un adolescent
de 16 ans s'est tenu samedi après-midi, en face de
la maison d'arrêt de Brest. Condamné pour non-présentation
d'enfant, le Quimpérois y est incarcéré
depuis le mardi 10 août. En grève de la faim
depuis ce jour, il est hospitalisé depuis samedi.
Un père de famille quimpérois de 44 ans est
incarcéré à la maison d'arrêt de
Brest, pour non-présentation d'enfant. La justice lui
reproche d'avoir hébergé et élevé
son fils, Maël, alors que la garde avait été
confiée à la mère.
Cette histoire de famille, complexe, a commencé en
1993. Année du divorce. Son ex-épouse, qui vit
au Mans, avait alors obtenu la garde de Maël. Mais depuis
1999, après des vacances qui se sont bien passées,
l'enfant avait préféré venir vivre avec
son père, à Quimper, et réussi à
convaincre sa mère. Les deux parents avaient conclu
un accord verbal. Ce qui n'a pas empêché la maman
de déposer plainte en 2000 contre son ex-époux,
pour non-présentation d'enfant. Des policiers viennent
alors chercher Maël à l'école, sur décision
du procureur de la République du Mans. Quelques jours
plus tard, elle accepte finalement qu'il retourne vivre chez
son père. Mais la procédure suit son cours.
Condamné en 2001 à six mois de prison, peine
confirmée en appel puis en cassation en février
2003, le père a bénéficié de deux
grâces présidentielles de deux mois chacune.
Recherché par la police, il est interpellé,
alors qu'il vient déposer une plainte, pour une autre
affaire au commissariat de Quimper. Ce n'est que le 10 août
qu'il est écroué. À son arrivée
à L'Hermitage, où il doit effectuer une peine
de deux mois, il a entamé une grève de la faim.
Hospitalisé
Pour le soutenir, un rassemblement silencieux, sans banderoles,
ni pancartes, s'est tenu samedi après-midi. Il était
organisé par l'association de défense des pères,
L'Alphabet du droit des enfants de A à F. Son président,
le Dr Pascal Dazin, lutte contre le traitement judiciaire
des divorces. « Le seul tort que ce père de famille
a eu, c'est d'avoir résisté aux coups que la
justice lui portait. Une justice qui se vit comme un système
discriminatoire et non pas comme un système d'aides
aux parents en difficulté. » Aux côtés
de cette association, on trouvait aussi samedi des membres
du collectif Réparé, SOS Papa et I comme identité.
Et Maël, aujourd'hui âgé de 16 ans. Il réclame
la libération immédiate de son père.
« Ça sert à rien qu'il aille en prison
pour deux mois. »
A 15 h 30, alors que les membres de plusieurs associations
arrivent devant la prison, il apprend que son père
est hospitalisé au CHU de Brest. Depuis quand ? Ils
ne le savent pas. Vendredi soir ou samedi matin. Même
s'il a peur (« il ne compte pas s'arrêter »),
Maël a confiance en son père.
Le jeudi 26 août, son papa est convoqué devant
le juge d'application des peines. Il a demandé à
être libéré plus tôt, pour être
auprès de son fils à la rentrée. Il reprend
le chemin du lycée Brizeux le 3 septembre où
il va entrer en première. Maël espère que
cette entrevue mettra fin à ses inquiétudes,
quant à la santé de son père, et à
cette situation qu'il ne comprend pas.
Nadine BOURSIER.
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