4/5 : un classique à (re)voir

Réalisation : Fred McWilcox
Scénario : Cyril Hume (le prix du silence ; Derrière le miroir) ; Irving Block ; Allen Adler

Année de sortie : 1957
Genre : SF

Avec : Walter Pidgeon (La tour des ambitieux ; Chasse à l'homme ; Les ensorcelés) ; Anne Francis (Funny girl ; Les monstres du labyrinthe) ; Leslie Nielsen (Y'a-t-il un pilote dans l'avion ? ; Creepshow ; Scary movie 3) ; Warren Stevens (La comtesse aux pieds nus ; Bas les masques) ; Jack Kelly (La vengeance du sherif ; La belle rousse du wyoming)

Durée : 1h38
Pays : Etats-Unis

Libre adaptation de La tempête, de William Shakespeare

Robby le Robot fera ensuite deux apparitions : dans Gremlins (1984) de Joe Dante, et dans Les looney Tunes passent à l'action (la séquence Zone 52). Et également dans la série : Perdus dans l'espace (1965-68) Un des tout premiers films de SF à être en couleur.

Nous sommes au XXIème siècle, un vaisseau spatiale des Nations Unies se pose sur la planète Altair 4. L'équipage doit enquêter sur la disparition d'explorateurs échoués sur cette planète vingt ans auparavant. Mais sur Altair 4 il n'y aucun signe de civilisation. Reste sur cette planète le docteur Morbius (W. Pidgeon) et sa fille Altaira (A. Francis).
Il leur explique alors que tous les autres sont morts mystérieusement, et dans une violence impressionnante (déchiquetés, pulvérisés), alors qu'ils voulaient quitter Altair 4.
Les choses s'accélèrent et deviennent de plus en plus dangereuses lorsque le commandant Adams (L. Nielsen) et son lieutenant (W. Stevens) découvrent l'existence des Krells. Une population très puissante et à l'intelligence surdéveloppée ayant vécu sur Altair 4 il y a plus de 2000 ans.

Une plongée directe dans l'univers des films de SF des années 50-60. Des toiles peintes magnifiques pour représenter les décors. Une utilisation des effets spéciaux exceptionnelle, certes on est loin du numérique, mais l'ingéniosité des techniciens et le jeu avec les perspectives permet de nous plonger dans un univers à la fois kitsch et crédible (je pense notamment à la scène lorsque l'on voit les personnages découvrir les sous sols de la planète : de minuscules hommes marchants sur une passerelle gigantesque au milieu de turbines, d'éclairs... pouvant facilement rappeler des films plus modernes comme Star Wars, et n'ayant pratiquement rien à leur envier).
L'ambiance de ce film est notamment réussie grâce à la bande originale, très robotique et mystérieuse (c'était la première fois qu'une BO était entièrement faite par ordinateur, composée par Louis et Bebe Baron).

Passons sur l'esthétique et les effets qui aujourd'hui nous semblent dépassés, et nous permettent de passer un moment très distrayant - tout comme l'histoire d'amour niaise, le personnage effacé de Altaira - mais sans rien d'exceptionnel par rapport à n'importe quel film de ce genre (même ceux d'aujourd'ui).
Je vais m'attarder sur les points forts de Planète Interdite. Le fond, qui pose des questions encore énormément d'actualité : l'intelligence artificielle (avec un Robby le Robot qui deviendra très populaire par la suite - apparitions dans Gremlins (1984) de Joe Dante ; Dans la série tv Perdus dans l'espace (1965-68)), l'utilisation des machines par l'homme et jusqu'où l'aliénation aux instruments peut faire perdre toute humanité à l'homme (Altaira complètement sans émotion, proche des animaux).
L'histoire pose également la question de l'intelligence suprême, de l'homme qui rêve de tout contrôler. De l'homme qui finalement rêverait de prendre la place de dieu. Ce qui pourrait le mener à sa destruction. Et par les personnages de Morbius, Altaira, le film met en avant la part obscure, sanguinaire, despote mégalomane, qui dort en chaque humain.

Un film à voir, sans nul doute. Et si vous parvenez à dépasser le côté un peu "dépassé" qui arrive fatalement à ce genre de film, vous découvrirez un scénario bien mené (ça aide de s'inspirer des grands classiques comme Shakespeare!), de belles idées techniques et effets spéciaux, de bons acteurs (une préférence pour le cuistot abruti et le médecin joué par Jack Kelly - même si c'est Leslie Nielsen qui a connu une carrière plus importante, on notera que dans ce film, sa prestation est quelconque, à l'image de sa carrière), et une réflexion intéressante sur l'homme et le monde tel qu'il pourrait devenir.

Belle initiative de je remercie Madadayo Films qui se lance dans le dépoussiérage et la ressortie de vieux films incontournables (Le monde, la chair, la diable - Les deux orphelins)