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" Jésus
disait :
Arrêtez le mensonge,
ce que vous n'aimez pas, ne le faites pas ;
vous êtes nus devant le Ciel,
ce qui est caché, ce qui est voilé,
tout sera découvert.
L'Evangile
selon Thomas, Logion 6
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Longtemps, j'ai
cherché quelque chose. Sans savoir exactement quoi, j'avais pourtant
le sentiment d'un manque.
Je me croyais, je me voulais en accord avec moi-même, je m'affirmais
à moi-même que mes convictions étaient sincères,
et pourtant un malaise subsistait.
Par formation, par réflexion et par inclination, j'ai toujours
préféré les choix philosophiques proposés
par les penseurs matérialistes. Et pourtant, la foi athée
qui, découlant de cette préférence, était
la mienne, ne me satisfaisait pas. Ou plus exactement j'en suis venu,
peu à peu, à la ressentir comme insatisfaisante. D'athée,
j'étais devenu agnostique. Plus précisément encore,
je prenais conscience que je n'avais jamais été athée,
mais agnostique sans le savoir.
Dans le même temps - et cela est encore vrai à l'instant
où j'écris - je ne pouvais pas admettre d'adhérer
à une Eglise quelconque. Et ce pour plusieurs raisons.
D'abord parce que je refuse, a priori et par principe, au nom de la liberté
de conscience, d'accepter aucun dogme. J'ai toujours considéré
que la foi en une idée ne pouvait relever que de la conviction
la plus intime, non transmissible et surtout non démontrable. De
ce fait, pour moi, aucun être humain, aucune organisation humaine
ne peut s'autoriser à imposer, par quelque moyen que ce soit, telle
ou telle prétendue vérité, qu'elle soit, ou non,
présumée révélée. Et j'ajouterai que,
parce que la vérité se suffit à elle-même,
le fait de vouloir imposer une idée, et non de la démontrer,
prouve tout simplement qu'elle est fausse - ou que du moins celui ou celle
qui la proclame, constatant son incapacité à la démontrer,
craint qu'elle ne le soit, même s'il refuse de l'avouer, y compris
à lui-même.
Ensuite, parce que je ne reconnais à personne ni la capacité
ni le droit de me dire ce que je dois penser, en quoi ou en qui je dois
croire, ni pourquoi je devrais y croire. A tort ou à raison, j'estime
que ma liberté passe par ma liberté de conscience, et que
je suis seul juge de l'usage que je dois faire de mon libre-arbitre. Je
préfère me tromper seul en conservant une chance de m'apercevoir
un jour de mon erreur, plutôt que d'avoir raison avec tous sans
même savoir que j'ai raison. Mieux vaut me semble-t-il remettre
sans cesse mes opinions en question que d'acquérir par mimétisme
une certitude inébranlable, définitive et peut-être
fausse. Etant bien entendu que cette indépendance que je revendique
pour moi-même, je la reconnais entière et de plein droit
à tous les autres, sans aucune restriction. A charge de réciprocité
afin d'en faire le meilleur usage possible.
J'ai donc, par conséquent, toujours refusé l'alternative
religieuse proposée par les Eglises (tout en les respectant absolument
dans leur existence sinon dans certaines de leurs manifestations) alors
même que ma position matérialiste me laissait de plus en
plus insatisfait et angoissé.
Puis j'ai commencé
à découvrir le Symbolisme.
Certes, cela ne se
fit pas en un jour. Mais dès
la première étincelle, j'ai senti que cette voie pouvait
offrir quelques réponses - acceptables au moins de mon point de
vue - aux questions que je me posais de plus en plus vertigineusement.
Et j'ai progressé. Et j'ai constaté que certaines de ces
réponses m'apparaissaient.
Cela est dû
tout d'abord au fait que le cheminement symbolique implique l'étude,
la réflexion et non l'adhésion aveugle et sourde - presque
imbécile - à une affirmation invérifiable (et surtout
qu'il est le plus souvent interdit de tenter de vérifier).
Et par la recherche, par la réflexion, par l'étude, j'ai
acquis l'intime conviction de l'existence d'un créateur de toutes
choses, que l'on appelle, selon les lieux et les époques, Ptah,
Yavhé, Dieu, Allah, le Grand Architecte ou le Grand Manitou, peu
importe.
Certes, l'idée que je m'en fais est fort différente de celles
que nous imposent les églises, mais qu'importe !
Certes, je n'adhère pas à la lettre des textes dits sacrés,
mais que m'importe !
Car, bien au contraire, au lieu de croire aveuglément à
des fariboles, ou à ce qui peut apparaître comme tel, je
fonde ma conviction sur une tentative de compréhension du sens
réel, profond, caché, de ces textes.
Or l'étude de cette signification, si l'on parvient à l'effectuer,
ne serait-ce que partiellement, est d'autant plus convaincante qu'elle
fait appel à l'intelligence et non à l'obéissance.
Ce cheminement, tout
personnel, a ancré en moi la conviction que chacun peut trouver,
librement, sa propre réponse, son propre équilibre, à
travers une telle recherche.
Encore faut-il évidemment que les prémices lui en soient
proposés, que le cheminement lui soit indiqué comme possible,
bref que la première porte soit entrouverte et les suivantes signalées.
A chacun alors de chercher sa propre clef.
C'est à cela
que je vais m'efforcer ici. Non pas à répondre à
toutes les questions - quel intérêt et qui le pourrait?
- ni même à montrer toutes les voies - je ne connais que
la mienne! - mais à proposer un premier pas, à initier
une réflexion que chacun pourra ensuite mener - ou non - à
sa guise et selon ses propres forces et son propre désir.
Longtemps j'ai cherché
quelque chose... puissent ces quelques pages inciter à chercher
longtemps encore.
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