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L'homme a toujours
tenté de communiquer avec le divin par le vecteur du sacré.
De nombreuses tombes datant des périodes dites préhistoriques
comportent des objets funéraires, des signes de toutes natures,
telle que la position du défunt, qui montrent sans aucun doute
possible que ces groupes humains manifestaient une croyance en une autre
vie. Cela pouvait selon les cas comporter soit l'idée de réincarnation,
soit la croyance en l'existence d'un ou plusieurs dieux.
Si l'humanité de cette aube du troisième millénaire
voulait se tourner vers son lointain passé, elle pourrait s'apercevoir
que les réponses aux questions qu'elle croit insolubles lui sont
proposées depuis toujours et que le message n'a jamais cessé
d'être véhiculé, de siècle en siècle.

L'Egypte pharaonique nous offre les traces, parmi les plus anciennes,
d'une telle démarche, totalement tournée vers le sacré.
Depuis Champollion, son message est peu à peu décrypté,
traduit et de mieux en mieux compris.
(lire
à ce sujet "Le Temple dans l'Homme)
Ce message passe
par le véhicule des Symboles - et ne passe que par là. Toute
la difficulté étant de s'abstraire de la formation scientifique
rationaliste pour retrouver l'état spécifique de ceux qui
ont inscrit leur enseignement dans la pierre.
Mais il ne sert à
rien de tenter d'approfondir le message de "Khemit"
si ce ne doit être qu'un exercice intellectuel ou une recherche
historique. Non que cela ne présente pas d'intérêt,
mais cela n'ouvre aucune des portes qui mènent à la voie
que je souhaite parcourir.
Le point fondamental, que chacun doit garder à l'esprit, est que
ce message, dans son fond sinon dans sa forme, est universel, éternel,
et qu'il est donc valable aujourd'hui et pour toujours.
Il n'est d'ailleurs pas foncièrement différent de ceux qui
l'ont suivi, puisqu'ils n'en sont, selon toute apparence, qu'une présentation,
qu'une expression différentes.
Mais la particularité du message de l'Egypte est d'avoir été
inscrit dans la pierre sous la forme de Symboles. Et ceci est le grand
mot. Car la caractéristique d'un Symbole est d'être universel,
éternel et immuable. Seul le lecteur - lorsqu'il existe - change.
Mais le message est toujours présent, caché derrière
l'apparence. Jamais il ne se modifie, jamais il ne se détruit.
A chacun d'apporter son regard, sa compréhension, sa clef en quelque
sorte.
En Egypte, tout est
symbole. Et pour qui veut tenter de comprendre ce qu'est un Symbole et
qu'elle est son utilité, il n'est pas de meilleure voie que de
tourner son regard vers " Khemit ".
Tout est symbole
Cela signifie que presque tous les objets
ont un sens, mais pas n'importe quel objet et pas n'importe quel sens.
Et parce que "...
l'usage des Symboles ... est une manière de parler qui tient à
la fois du silence et du discours" les Symboles n'imposent rien,
ils proposent. A chacun de se déterminer librement.
La science moderne
nous apprend que l'Univers s'est organisé sous l'action successive
de la force nucléaire, de la force électromagnétique
et de la force de gravité. Ces trois forces fondamentales se complètent
et créent l'ordre. Elles sont donc en opposition avec le principe
d'entropie qui tend à installer le désordre. C'est de l'équilibre
entre ces oppositions que naît l'organisation de l'Univers, la Vie,
etc.
Cette affirmation de la science était déja exprimée
par l'Egypte, bien qu'en d'autres termes, ainsi que l'indique René
Lachaud:
" Alors, surgissant du Noun, se dresse le plus effrayant des
monstres de la nuit : le serpent Apopis qui mesure 100 coudées.
Il crache des flammes pour assécher les eaux afin que la barque
chavire et que le naos divin roule dans la poussière. Apopis
est l'incarnation des forces hostiles à l'évolution
; il est le grain de sable, la défi-cience de la Création,
le pouvoir toujours renaissant du Chaos. Il faut lire ici le message
de la pensée égyptienne : rien n'est jamais gagné
; le Chaos des origines n'a pas été éliminé
; il peut surgir à chaque instant et remettre en cause toute
la création... "
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Malgré l'apparence,
le chaos ou entropie n'est pas la destruction de
l'Univers, le mal, le retour en arrière. Ou plutôt, s'il
est possible de le considérer effectivement ainsi, il est une autre
façon de le voir.
De cet autre point de vue, le chaos est le contrepoids de l'ordre, des
forces constructives. C'est toute la signification symbolique du mythe
horien (Horus luttant contre Seth non pour le détruire mais afin
de le maîtriser) repris dans la tradition judéo-chrétienne
par l'opposition (apparente) entre le bien et le mal, entre Dieu et Satan.
A propos du mythe du pêché originel tel qu'il est décrit
dans la Genèse, Annick
de Souzenelle écrit :
"La forme juridique du mythe nous fait aborder le problème
du Bien et du Mal dans un esprit faussé au départ si
nous restons prisonniers de cette forme. Essayons de pénétrer
le mystère de cet arbre, mon archétype.
Les traducteurs, projetant le dualisme de leur pensée, parlent
de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal... Le mal planté
au cur du jardin d'Eden est donc ontologique ? Fait-il partie
intégrante de la Création ?"
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La symbolique nous
apporte une réponse à cette question lorsqu'elle nous enseigne
que le mal est aussi nécessaire et utile que le bien, non pas bien
sûr d'un point de vue moral, mais pour trouver l'équilibre
; alors leur coexistence apparaît clairement comme étant
une des bases de l'harmonie.
La conception égyptienne du bien et du mal en tant que pôles
complémentaires relève de la perception symbolique, c'est-à-dire
au troisième niveau de lecture - cachant - qui est sans rapport
avec quelque notion de morale que ce soit.
René Lachaud encore nous le confirme:
" Dans la symbolique royale, le sphinx apparaît comme
la projection magique de la double nature du roi, à la fois
homme et dieu. Or, le premier rôle du souverain est de protéger
son royaume. Comme le sphinx, il repousse le mal, non par la violence,
mais en concentrant en lui-même les forces bénéfiques
; il est l'homme accompli, l'incarnation de l'harmonie du cosmos,
le guerrier idéal qui veille à la frontière où se tient le chaos. "
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Cette voie de perception du monde est aussi ancienne que l'humanité
; elle est portée et transmise de génération en génération
par la Tradition.
Mais depuis le début de notre ère, depuis 2000 ans, ce niveau
de lecture a été oublié peu à peu et seul
l'aspect moral est demeuré perceptible, faisant du bien et du mal
des valeurs opposées et contradictoires.
Or il est pour le moins troublant de constater que les découvertes
les plus pointues de la science - et plus spécialement de la physique
nucléaire - rejoignent, retrouvent pourrait-on même dire,
ce que cette Tradition exprime depuis toujours.
A titre d'exemple, rappelons que la physique a mis récemment en
évidence le fait que les particules les plus élémentaires,
les composants apparemment ultimes de la matière, sont - seraient
? - de l'énergie pure.
Or la Tradition enseigne depuis toujours que l'Univers est Un, que l'Unité
se différencie pour aller vers le Multiple, mais sans changement
fondamental de nature.
N'est-ce pas le même enseignement ?
Cet enseignement - dont on pourrait multiplier les exemples - a le seul
défaut aux yeux de certains rationalistes,
d'être véhiculé par un langage obscur, quasi-incompréhensible
et, surtout, qui laisse à chacun la liberté de le comprendre
ou non, d'y adhérer ou non, puisqu'il est fait, non de démonstrations
ou d'affirmations, mais de propositions.
Ce langage apparemment obscur, ce langage irrationnel est celui des Symboles,
ce véhicule est le Symbolisme.
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