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La Tradition, qui
est le fait des hommes, s'exprime par l'ésotérisme.
Qu'est-ce donc que l'ésotérisme ?
Cette interrogation ne peut recevoir de réponse simple. En effet,
si l'on en croit Pierre
Riffard, pas un ésotériste ne répondrait à
cette question.
Cependant, pour tenter d'éclairer mon propos et afin d'éviter
autant que possible les confusions de sens, je voudrais tenter d'en indiquer
ma propre perception.
Comme le souligne
Pierre
Rifard, l'ésotérisme se manifeste, historiquement parlant,
à travers des courants, des écoles, des hommes, des uvres.
On peut donc parler sans risque d'erreur, d'ésotérismes
au pluriel, chacun relevant d'une école, d'un courant, d'un homme
ou d'un groupe, chacun dépendant des découvertes, des convictions,
des certitudes même parfois des auteurs.
Un ésotérisme utilise donc telle ou telle symbolique, tel
ou tel ensemble de signes pour créer une doctrine, pour inventer
des images, pour ouvrir une voie, sa voie, et seulement celle là.
Ainsi, d'une certaine façon, l'ésotérisme est réducteur.
Pour ma part, je voudrais tenter de faire comprendre que l'ésotérisme
peut être ressenti, vécu même sans doute, comme absolument
universel.
Cette perception, qui est la mienne et ne s'impose à personne,
entre évidemment en contradiction avec les indications qui précèdent.
Pourtant cette contradiction n'est sans doute qu'apparente.
Si j'ai rappelé le fait que l'ésotérisme se manifeste
à travers des courants, je ne pense pas que cela soit la seule
alternative, son unique forme d'expression.
Bien que cela soit fort subtil, et donc ardu à exprimer et difficile
à faire partager, je suis persuadé que l'ésotérisme
peut être universel. Mais cela suppose une condition sine qua
non : qu'il ne soit plus alors le vecteur d'aucune doctrine humaine
; ou pour exprimer cette idée autrement : qu'il représente
la synthèse à priori de toutes les doctrines, de
tous les systèmes, de tous les messages que les hommes ont cherché
- et chercheront - à transmettre par ce biais.
" L'Esotérisme n'a rien de commun avec une volonté
de secret, c'est-à-dire un secret conventionnel.
L'Esotérisme ne peut pas être écrit ni dit ni
par conséquent être trahi. Il faut être préparé
pour le saisir, le voir , l'entendre - à votre choix. Cette
préparation n'est pas un Savoir mais un Pouvoir, et ne peut
s'acquérir finalement que par l'effort de la personne elle-même,
par un combat contre ses obstacles et une vic-toire sur sa nature
animale humaine.
On ne trouve l'Esprit qu'avec l'Esprit, et l'Esotérisme
est l'aspect spirituel du Monde, inaccessible à l'intelligence
cérébrale.
Ce sont des charlatans ceux qui prétendent pouvoir révéler
l'ésotérisme de tel enseignement. Ils peuvent essayer
d'expliquer par cela le sous-entendu de telle pa-role ou recette,
donc un secret conventionnel, mais dans la Science Sacrée,
ils ne pourront jamais que mettre un mot à la place d'un
autre, et ce sera, tout au plus, de la mauvaise littérature
à la place d'une idée simple.
L'Initié véritable peut guider un élève
doué pour lui faire parcourir le chemin de la Conscience
plus rapidement, et l'élève, arrivé à
des étapes d'Illumination par sa propre Lumière intérieure,
lira directement l'ésotérisme de tel enseignement.
Per-sonne ne pourra le faire pour lui. "
R.-A. Schwaller de Lubicz, "Propos
sur Esotérisme et symbole"
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Cet ésotérisme
universel, au-dessus des contingences humaines, réductrices et
limitatives, il est, et ne peut être, pour moi, que le Symbolisme.
C'est pourquoi je
voudrais, auparavant, rendre évidente la base de ma démarche
: je n'ai forgé aucune doctrine, aucun dogme, aucun système.
J'ai simplement découvert, en le vivant au jour le jour, que le
Symbolisme contient la réponse aux questions fondamentales et je
ne cherche qu'à proposer ma conviction. Les réponses sont
à chacun et aucune n'est transmissible.
Donc, ainsi que je
viens de l'indiquer, l'ésotérisme, en tant que porteur de
la Tradition, a été manifesté par les hommes sous
de multiples formes.
J'ai choisi d'en étudier trois exemples, pris arbitrairement parmi
les monuments caractéristiques, les mythes et les récits.
Cela ne signifie évidemment pas qu'ils soient exhaustifs ni que
mon choix soit le seul possible. J'aurais pu en évoquer de nombreux
autres. Mais outre que cela n'était pas le but que je me suis fixé,
je pense préférable de laisser à chacun le soin de
chercher par soi-même, avec l'aide éventuelle de la bibliographie
succincte que je propose.
Après la disparition
de la "grande" civilisation pharaonique, la Tradition, en Occident,
s'est perpétuée à travers diverses voies, dont les
plus importantes sont le judaïsme, puis le christianisme, d'une part,
la transmission initiatique des fraternités de constructeurs d'autre
part. Ces derniers étant d'ailleurs beaucoup plus proches du mode
de transmission de l'Egypte, qui reposait sur diverses formes d'initiations.
D'autres voies de transmission de la tradition pourraient être citées
ici, telles que la voie hermétique, beaucoup moins accessible,
et dont j'indiquerai quelques aspects, ou celle des mythes, grecs, celtes
et autres, et des contes et légendes.
Les communautés de bâtisseurs, dont on retrouve les traces
jusqu'en Egypte pharaonique, et que l'on appela "Francs-Maçons"
à partir des Xème - XIème siècles, nous ont
laissé des témoignages bien visibles de la continuité
de la Tradition. Ce sont évidemment les églises et cathédrales
romanes et "gothiques" (pour reprendre le terme totalement inadéquat
forgé, semble-t-il, au XIXème siècle par les Romantiques).
Les églises romanes, par exemple, du fait de leur situation sur
les "lieux forts", sur des nuds d'énergie tellurique,
reprennent le type de situation des principaux temples égyptiens.
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