Pour qui tente de
pénétrer le monde mystérieux du Symbolisme, il existe
une autre voie. Non pas meilleure ou supérieure, mais parallèle.
Sans être fondamentalement différente, elle se caractérise
par la forme particulière du support derrière lequel se
dissimule le message ésotérique.
Ce support symbolique, ce sont les mythes et certains récits.
Il en est des mythes comme des Symboles. Bien que leur forme ne soit évidemment
en rien comparable, leur utilité est la même : le mythe,
tout comme le Symbole, est porteur d'un message dissimulé sous
l'apparence.
L'étude des
mythes, plus encore peut-être que celle des Symboles, a donné
lieu à une volumineuse littérature.
De Jung à Mircea
Eliade, de Lévi-Strauss à Dumézil, de Robert
Graves à Robert-Jacques
Thibaud, les approches, aussi différentes qu'elles puissent
être les unes des autres, sont d'une richesse inépuisée.
Nul besoin pour moi de les reprendre et de les compléter. Tout
au plus en citerai-je certaines pour permettre au lecteur intéressé
de s'y référer utilement.
En ce qui concerne les mythes, ainsi que je l'ai déjà indiqué
pour les Symboles, la plupart des auteurs ont fait, dans leurs études,
uvre d'historien, de sociologue ou de philosophe, et souvent les
trois à la fois.
Aucun, ou presque, n'a tenté d'en découvrir le sens caché.
Aucun sauf, à ma connaissance, Robert-Jacques
Thibaud, dont l'originalité consiste en cela qu'au lieu de
se contenter de situer ces récits dans leur contexte socio-historique,
pour n'en étudier que les origines et l'environnement, il pénètre
leurs arcanes pour nous en proposer un décryptage auquel nul auparavant,
me semble-t-il, n'avait songé, ou que nul peut-être n'avait
su réaliser.
Tant pour la mythologie grecque que chrétienne , il nous offre
une lecture absolument nouvelle, d'une richesse inégalée
à ma connaissance.
Il nous propose en particulier une mise en parallèle des mythes
d'Osiris et d'Héraklès avec les Evangiles et La Légende
Dorée, qui oblige tout lecteur sincère, non obnubilé
par le dogme, à une relecture totale des livres sacrés,
relecture qui, en définitive, et quoi qu'il en paraisse au premier
abord, ne peut que nous rapprocher de la parole du Christ, telle au moins
qu'elle nous a été transmise par les Evangiles, canoniques
et apocryphes, et telle qu'elle a été traduite en français
dans la T.O.B.
(Traduction cuménique de la Bible).
Un mythe est un récit
symbolique, basé sur une origine historique, aussi infime ou édulcorée
soit-elle et qui comporte cette particularité de ne pas avoir d'auteur
connu. Plus précisément, il est l'uvre de l'inconscient
collectif, recueillie par des auteurs anonymes qui ont reproduit un récit
transmis oralement par la tradition.
"
le
mythe désigne
une " histoire vraie " et, qui plus
est, hautement précieuse parce que sacrée, exemplaire et
significative. "
Dans la plupart des
cas, également, le mythe comporte un aspect métaphysique
:
"
Le mythe religieux relatif aux initiations
est un symbole raconté
qui dérive du besoin de cacher, de voiler la vérité
qui est contenue et se reflète dans l'action mystérique.
Son origine est très ancienne et remonte au temps de la constitution
des mystères et des initiations. "
Certains récits, par contre, dont l'auteur est identifié,
dont la date de rédaction est connue, sont des uvres d'imagination
pure, des romans, des contes. Pour autant, il n'est pas exclu qu'ils contiennent
un sens caché. Mais contrairement au mythe, cette signification
dépendra de la volonté et du choix des auteurs et n'aura
de ce fait, pas la même portée universelle.
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