Cyclotourisme,
ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles
ANTONIN, premier président de la FFCT.
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Les
lettres I, J et K (page 1)
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Indexation
L'indexation a révolutionné
le passage des vitesses. Jadis, il fallait du doigté,
de la dextérité pour changer de vitesses sans
faire craquer la transmission. De même, pour limiter
les pertes de rendement par frottement, il fallait tendre
l'oreille pour bien positionner les fourchettes et les chapes
dans l'axe des couronnes. L'indexation est venue balayer
tout cela. D'abord elle fut commercialisée pour les
incompétents ; pour tout bon cyclo-randonneur, cela
aurait été déchoir que de ne pas savoir
passer les vitesses. Dans "Cyclotourisme"
de décembre 1981, Louis Delavault de la commission
technique présentait en ces termes le dérailleur
précurseur "Sélématic"
de Simplex : "La
firme Simplex vient de mettre au point
un dérailleur qui ne déraille pas : le "Selematic"
fonctionne d'un coup de pouce sur la manette. Cette dernière
revient toujours à la même position et une
simple impulsion suffit pour changer la vitesse à
coup sûr. (...) Son utilisation est particulièrement
recommandée pour les cyclos et cyclotes en brouille
avec le dérailleur classique."
En février 1983, la firme Huret
à son tour concevait le dérailleur "Commander".
Et la commission technique de la FFCT, dans le numéro
de "Cyclotourisme" de février
1983 définissait bien la cible :
"Cet ensemble peut être très utile pour
les débutants à qui le dérailleur classique
pose quelques problèmes."
Malheureusement, les promoteurs de ces systèmes
n'ont pas pu résister à la mondialisation
et à ses multinationales. Shimano,
le Mac Donald du vélo a écrasé les
petits !
Mais avec l'Hyperglide
de Shimano et l'Ergopower de
Campagnolo, ces indexations ont été
généralisées à tous. Cependant,
ne crachons pas sur le BigMac, ces systèmes sont
effectivement un vrai progrès pour le pilote du tandem.
Les changements de vitesses se font à coup sûr.
Il n'y a plus de roues-libres qui crient leur détresse
sous la torture.
Heureusement, ces petites merveilles sont d'un réglage
sensible. Ainsi la hiérarchie entre le randonneur
averti et le débutant est toujours respectée
après quelques centaines de kilomètres ! Peut-être
qu'un jour le successeur du dérailleur électrique
de Mavic balayera cette dernière
différence.
Il convient aussi de noter qu'en 1912 le
dérailleur "Tri-Direct"
de Charles Boizot proposait trois vitesses, il était
commandé par une manette au guidon ou fixé
au cadre. Cette manette était déjà
« indexée ».
Références
- L. Delavault, Cyclotechnie - Encore et toujours des
nouveautés, "Cyclotourisme", 12/2001,
p.655.
- Cyclotechnie - Au rayon des nouveautés pour cyclotouristes,
"Cyclotourisme", 2/1983, p.567.
- R. Henry, 2003, "Du vélocipède
au dérailleur moderne", p.71.
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Jeu
de direction
Description
Le jeu de direction permet la liaison
entre la fourche et le cadre. Il peut être prévu pour
une potence à plongeur ou une potence aheadset. La mode
du VTT nous fait retrouver ces jeux de direction que les routiers
avaient abandonnés à partir de 1955 au profit
de sa concurrente. S'il est vrai que la potence aheadset permet
un
poids moindre, elle ne permet aucun réglage de la hauteur
de potence.
Pour suivre la mode de la légèreté, le jeu de direction
fileté a ainsi complètement disparu.
Le jeu est cependant toujours constitué de 2 roulements de type à billes
ou à rouleaux.
Pour continuer à minimiser le poids, le jeu intégré
a fait son apparition sur les vélos modernes revendiquant
moins de 8 kg. Les jeux intégrés suppriment
les cuvettes inférieures : le chemin de roulement
est directement usiné dans la douille du cadre. Le
poids s'en trouve allégé d'autant. En fait
pas tout à fait, car la douille doit être plus
épaisse pour que le chemin y soit usiné. L'épaisseur
résiduelle est parfois tellement fine que sous les
efforts cette douille se fendille au niveau de la cuvette
inférieure. Second point négatif, si par défaut
d'entretien le jeu n'est pas correctement serré,
vous risquez de "biller" le chemin de roulement.
Au lieu de changer la cuvette, vous n'aurez plus qu'à
changer le cadre.
Les fabricants proposent dorénavant un système
semi-intégré : la cuvette inférieure
est réhabilitée mais elle est cachée
dans la douille. Le poids en est augmenté mais le
poids de la douille est diminué : le bilan total
n'est pas forcément négatif.
Les roulements peuvent être à billes
(dans une configuration du type cône cuvette), annulaire
(bille dans une gorge profonde) ou à aiguilles (ou rouleaux).
le summum est de loin le roulement à aiguilles beaucoup moins sensible
au billage et d'un entretien relativement facile.
Application
au tandem
Pour augmenter la résistance
de la fourche,
son pivot aura un diamètre de 1"1/8 (28,6 mm).
Vu les risques énoncés plus haut, le tandémiste
évitera les jeux de direction intégrés.
Il conservera une solution classique de jeu non intégré
avec des aiguilles (ou rouleaux) pour limiter le risque
de billage.
En effet, compte-tenu du poids de l'équipage et de
la vitesse possible, l'énergie cinétique est
beaucoup plus importante que celle d'un vélo. Les
efforts au niveau de la cuvette inférieure en sont
donc supérieurs.
Il est nécessaire de s'assurer périodiquement
de l'absence d'excès de jeu. Pour ce faire, à
l'arrêt, il suffit de serrer le frein avant et de
pousser le tandem. Si le jeu de direction est mal serré,
vous ressentirez le déplacement angulaire de la fourche
dans la douille.
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Jeu de pédalier
Description
Le jeu de pédalier
peut être classique : c'est à dire du type
cône-cuvette ou à roulement annulaire.
Dans le premier cas, les billes roulent directement sur
des portées usinées sur l'axe et à
l'intérieur des cuvettes. Dans le second cas, ce
sont des roulements issus des catalogues de l'industrie
mécanique qui sont utilisés.
Type cône-cuvette
Les premiers ont l'avantage du poids : un minimum de pièces,
mais les zones de contact au niveau des billes sont ponctuelles,
impliquant des efforts de compression importants. De plus,
les zones de contact sur la cuvette et sur l'axe n'étant
pas disposées dans le même plan, les efforts
sur les appuis génèrent un effort parasite
axial. Ainsi l'effort imposé à la zone de
roulement est accru d'environ 50 % et a tendance à
pousser les cuvettes vers l'extérieur.
Roulement annulaire
Les seconds avec les roulement annulaires, par le biais
des gorges profondes sur les pistes, répartissent
mieux les efforts des billes. Ainsi, la compression est
diluée. Les deux pistes de roulement étant
dans le même plan, il n'y a pas non plus d'augmentation
de la pression. Dernier point positif pour ces roulements,
le serrage des cuvettes n'intervient pas dans le serrage
des roulements. Ces jeux seront plus faciles à régler,
plus doux et d'une longévité supérieure.
Le second point à
prendre en compte lors du choix d'un jeu de pédalier
est la longueur de l'axe. En effet, pour un triple plateau,
il faut écarter le pédalier vers l'extérieur
pour éviter de "scier" la base avec le
petit plateau. Les jeux de pédalier sont donc disponibles
avec des axes de longueur variable : 107, 110, 113, 116,
119 et 122 mm.
Il faut aussi que le type d'emmanchement de l'axe corresponde à celui
des manivelles. A ce jour, trois standards sont disponibles : le carré ISO
(International) , le carré JIS (Japonais) et les cannelures ISIS.
Pour les carrés, que ce soit ISO ou JIS, la pente est la même
(4°10’), mais le bout du carré JIS est un peu plus gros que
le bout du carré ISO. En conséquence, avec un carré ISO,
il est impossible de serrer une manivelle JIS sur l'axe.
Le standard ISIS est plutôt réservé
aux manivelles en composite. En effet un axe cannelé
permet de limiter les contraintes dans la manivelle. Pour
la petite histoire, il faut savoir qu'au Salon du Cycle
en 1946, les bicyclettes Terrot présentaient
déjà ce type d'emmanchement.
Pour finir vous pouvez choisir entre
un axe en acier (acier pour traitement thermique à haute
dureté du type 35NiCrMo16) ou en titane (alliage à hautes
caractérisques du type Ti Al6V). Le gain de poids entre
ces deux solutions pouvant être estimé à environ
25 grammes.
Application
au tandem
Sur un tandem, un des deux jeux
de pédalier subit des efforts considérables. En effet,
celui qui est lié à la roue libre supporte les deux
transmissions : la transmission secondaire vers la roue libre
et la transmission primaire en provenance de son co-équipier.
Les forces en présence peuvent être schématisées
comme suit :

Alors les efforts sur chacun des roulements des
jeux de pédalier peuvent être estimés comme
suit :

où
vaut 1 pour
le roulement droit du côté du pignon ou -1 pour
le roulement gauche
vaut
1 pour la transmission à gauche ou -1 pour la transmission
en ligne,
vaut
1 pour la chaîne courte (dans ce cas, la formule vaut pour
le pédalier arrière) ou -1 pour la chaîne
longue (dans ce cas, la formule vaut pour le pédalier
avant qui devient à son tour le pédalier le plus
chargé).
Pour simplifier
le calcul, comme l’avait fait le « mathématicien
du vélo » : Carlo Bourlet, nous avons
supposé que le pied dans le secteur remontant se
contente d’accompagner la pédale. C’est
à dire que la pédale opposée n’impose
ni effort moteur ni passivité négative.
En appliquant les valeurs utilisées par Carlo Bourlet
pour la puissance transmise à la pédale et
la direction de l’effort sur la pédale (valeurs
issues des données du Capitaine Perrache) et en mesurant
la géométrie du pédalier sur un tandem,
nous obtenons les valeurs suivantes :
a = 70 mm, pour la distance des plans de roulement des billes
à l’axe de pédalier ;
b1 = 55 mm, pour la distance au plateau extérieur ;
b2 = 46,5 mm, pour la distance au plateau médian ;
c = 130 mm, pour la distance du milieu des pédales
au milieu de l’axe ;
m = 170 mm, pour la longueur des manivelles ;
r1 = 68,7 mm, pour le rayon du plateau extérieur à
34 dents ;
r2 = 84,9 mm, pour le rayon du plateau extérieur à
42 dents ;
P1 = 981 N (soit 100 kgf), l’effort sur la pédale
par le pilote ;
P2 = 981 N (soit 100 kgf), l’effort sur la pédale
par le co-pilote.
Dans ce cas, l’application numérique
donne les valeurs suivantes pour les efforts, exprimés en
Newton, sur chacun des roulements du jeu de pédalier :
EFFORT
SUR LES ROULEMENTS (en Newton)
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Disposition
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Chaîne
relais
|
Roulement
droit
|
Roulement
gauche
|
Chaîne courte
|
A gauche
|
2500
|
2110
|
En ligne
|
1450
|
1440
|
Chaîne longue
|
A gauche
|
2080
|
1820
|
En ligne
|
3420
|
1520
|
Avec une chaîne longue, la transmission à gauche
est donc préférable. Nous pouvons être soulagés
car des générations de tandémistes, utilisant
la chaîne longue, ont roulé avec cette configuration.
Depuis une dizaine d’années, par contre, la chaîne
courte a fait (ou refait) son apparition. Les chaînes plus
flexibles et les roues libres avec toujours plus de dentures permettaient
cet usage. Par contre, cette nouvelle habitude s’est faite
sans conduire une réflexion sur la place de la chaîne
primaire.
Les calculs nous démontrent l’intérêt
pour le jeu de pédalier d’utiliser un montage
en ligne avec ces chaînes courtes. La réduction
des efforts mécaniques encaissés par les roulements
est de 40 %. Et même par rapport à une chaîne
longue montée à gauche, la réduction
est encore de 30 %. La pire des solutions étant le
montage en ligne avec une chaîne longue.
Ces données valent pour le jeu de pédalier
qui doit subir directement les efforts. Mais il ne faut
pas oublier que ces efforts sont retransmis directement
au cadre par la boîte de pédalier. Ainsi les
efforts de flexion visant à tordre le cadre seront
moins importants avec une chaîne courte en ligne qu’avec
les autres solutions.
Evidemment un tel montage en ligne utilise le plateau extérieur
du triple plateau arrière. C’est le cas de
figure qui minimise les efforts sur les roulements. Il ne
reste donc plus pour la transmission que deux plateaux.
Ceci peut être un handicap car la gamme de développements
s’en trouve réduite. Cependant, à l’époque
des roues libres à neuf vitesses, nous disposons
avec notre double plateau de 18 vitesses théoriques
(en pratique 14 vitesses). Une telle configuration avec
uniquement un double plateau utilisable pour la chaîne
secondaire est donc envisageable. Ce montage avec un double
plateau est d’ailleurs utilisé par Gilles Berthoud
sur son tandem de base et sur certaines de ses randonneuses.
Le premier calcul a été conduit avec un plateau de 34 dents.
Celui-ci risque d’être de trop faible diamètre pour être
monté en plateau extérieur. L’adoption d’un plateau
de 40 ou de 42 se traduit malheureusement par une augmentation de 10 % de la
charge sur les roulements pour la solution en ligne (mais par une diminution
d’environ 15 % pour une chaîne courte à gauche).
La chaîne courte en ligne pourrait donc avoir une nouvelle vie. Elle
présente aussi deux avantages, d’une part la réduction
du poids par la suppression d’un pédalier avec plateau et d’autre
part l’utilisation de manivelles standard. Dernier avantage, l’effort
n’étant pas retransmis par l’axe mais directement au pédalier,
il n’y a pas de perte de rendement pendant les relances. L’effort
est retransmis directement sans la minime torsion de l’axe (estimable à 2°).
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Mise à jour : 10.02.2006

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