Monsieur Utit est le directeur de l'école de Tam Lod, un petit village à dominante Shan.
Tam Lod est le village où nous
avons l'habitude de séjourner lorsque nous nous rendons dans la
région.
L'un des instituteurs de Ban Huoi Haeng est marié avec une
institutrice de l'école de Tam Lod où ils
partagent un logement de fonction.
Nous avions fait la connaissance
de Monsieur Utit, le directeur de cette école, quelques mois
après
avoir commencé nos projets. Si le village de Tam Lod est
accessible facilement par la route, relié au
réseau électrique et desservi par le téléphone, il n'en
demeure pas moins que les enfants qui fréquentent
son école sont eux aussi issus de familles très pauvres qui
vivent parfois avec moins d'un euro par jour.
Ce qui m'a tout de suite frappé
chez Monsieur Utit, c'est sa retenue et son humilité.
Il nous a fait visiter son établissement et nous a montré un
superbe dortoir qui avait été construit avec
des fonds récoltés par un groupe de touristes danois qui
étaient passés il y a 3 ans environ.
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Superbe bâtiment sur 2 niveaux,
des lits métalliques superposés, une partie lingerie au rez-de-chaussée.
C'est vraiment le grand luxe en comparaison de Ban Huoi Haeng.
La visite continue : cuisines,
salles de classe puis nous approchons d'un bâtiment que je pense
être
une grange de stockage :
C'est après être entrés que nous nous rendons compte de notre méprise.
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Il s'agit également d'un dortoir, mais du dortoir des garçons !!
Sur la photo de droite, vous
pouvez admirer le sol en terre battue que les enfants recouvrent
de bâches en nylon
et de nattes pour dormir. Excellent contre la scoliose paraît-il
!!
La raison de cette situation
absurde ?
1. La réglementation qui impose des dortoirs séparés pour les
garçons et les filles.
2. Des généreux donateurs qui
voulaient tout contrôler et ne se sont pas renseignés auprès
des locaux.
Ils ont fait eux-mêmes les plans, ont donné des migraines à
tout le monde en voulant connaître l'usage
du moindre centime et vérifier chaque facture et voulaient que
John du Cave Lodge leur fasse un
rapport chaque semaine.
Mon approche est diamétralement
opposée et se base sur la confiance :
En partant du principe qu'un directeur d'école est la personne
la mieux placée pour connaître
les besoins réels de son établissement, je préfère donc lui
remettre directement les fonds
et le laisser gérer plutôt que d'essayer d'imaginer à sa place
ce dont il pourrait bien avoir besoin.
Nous avions procédé de cette manière avec Pimook et avons commencé
depuis septembre dernier avec Utit.
De plus, ils peuvent ainsi faire appel très facilement à la
main d'oeuvre locale,
acheter les matériaux sur place et mettre ainsi à contribution
l'ensemble de la communauté.
J'étais donc curieux de voir
comment Monsieur Utit allait gérer les premiers fonds que je lui
avait envoyés
pour la rénovation du dortoir des garçons. Et bien je n'ai pas
été déçu !!
Au lieu de griffonner un plan sur
un coin de table avec le bricoleur du village, il a appelé son
collègue de
l'université de Chiang Mai et ce sont les élèves de 2ème
année d'architecture qui sont venus passer
deux semaines sur place pour élaborer un projet de dortoir et
même construire une maquette !!
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Ici la maquette en bambous, à
droite les pieux sont prêts à accueillir la version définitive
qui sera elle aussi en bois, mais en bois dur résistant aux
intempéries.
Nos aides lui ont notamment permis d'acheter des panneaux en
fibrociment pour le toit au lieu des traditionnelles
tôles ondulées ou des panneaux en paille de riz qu'il faut
remplacer tous les 2-3 ans.
À Tam Lod aussi, d'autres projets
sont en cours, notamment l'achat du matériel nécessaire à la
construction de lits
superposés identiques à ceux du dortoir des filles ainsi que
des matelas et oreillers correspondants.
Pour information, c'est le directeur lui-même qui construit les
lits à partir de tubes métalliques carrés.
Le découpage, la soudure et le traitement anticorrosion n'ont
plus de secret pour lui.
Le dortoir terminé
accueillera un peu plus de 30 garçons.
Ensuite, nous essaierons de nous occuper des douches et des W.C.
Le petit coin derrière un arbre
avec des feuilles ça va un moment, mais même les enfants
montagnards
habitués à des conditions de vie difficiles devrait apprécier
un soupçon de confort.