Anthony Burgess était fonctionnaire dans les colonies en Malaisie.
Il n'était pas possible de publier des romans qualifiés de ''choses légères''
sous son propre nom.
Il a dû choisir une partie de son nom. Sa femme l'appelait Antonio.
L'uvre d'Anthony Burgess touche à tous les genres narratifs, à toutes
les époques.
Il refuse l'enfermement dans ses écrits comme dans sa vie.
Burgess achète un camping-car dans lequel il va parcourir l'Europe.
Anthony Burgess ne commence sa carrière d'écrivain qu'à l'âge de 38 ans. Il
publiera une quarantaine de romans parmi lesquels L'Orange
Mécanique et Les Puissances des Ténèbres.
Par delà cette uvre multiforme, un thème est au cur de tous ses
écrits: l'observation du mal dans la société mais aussi à travers l'histoire.
Il débat du libre arbitre de l'individu face au choix du bien et du mal, débat
qu'il noue déjà dans Orange Mécanique que Stanley
Kubrick portera à l'écran en 1971.
Le succès du film éclipsera en partie le reste de sa carrière littéraire.
Anthony Burgess naît le 25 Février 1917 à Manchester, ville industrielle et
ouvrière du nord de l'Angleterre, dans une famille catholique irlandaise. Dans
les années 80, il retourne, pour la télévision britannique, sur les traces de
son enfance.
Burgess :''Ma mère, que je n'ai pas connue, était danseuse et chanteuse de music-hall.
Mon père était pianiste de music-hall et jouait aussi dans les cinémas. Je suis
fier qu'il ait joué pour les grands comiques tels que Charlie Chaplin, Stan
Laurel et Stan Jefferson. Cette grande tradition a disparu : nous sommes un
peu amorphes, mécanisés. J'ai commencé ma vie dans cette ville un peu comme
un orphelin : à la fin de la Première Guerre Mondiale, la grippe espagnole ravagea
l'Europe et particulièrement cette ville et, dans la même semaine, ma mère et
ma sur sont mortes. Mon père est rentré un jour de la caserne de Preston
pour trouver ma mère et ma sur mortes, chacune dans leur lit tandis que
je gazouillais dans mon berceau. Visiblement j'avais un destin, Dieu sait lequel,
mais un destin.''
Le jeune Burgess, qui s'appelle alors John Wilson, a 5 ans quand son père, Joe
Wilson, lui annonce en 1922 qu'il a une nouvelle mère : son père va épouser
Margaret Dwyert, tenancière du pub victorien, le Golden Eagle.
Burgess gardera le secret sur son enfance jusqu'en 1986 où il publie Pianistes
: il y évoque la vie de son père pianiste dans les pubs et les music-halls et
une enfance à la Dickens.
Il déteste sa belle-mère; son père s'occupe peu de lui.
Ses joies, il les trouve dans la musique partout présente dans son enfance,
comme à Manchester.
Burgess :''Voici les bons vieux premiers taudis industriels. Mauvaises plomberies.
Les blocs étaient séparés par des allées où les chats rôdaient. Les concerts
de chats étaient notre seule musique du soir. Et les poubelles, les copulations
furtives
Mais surtout la misère, la misère ! Pourquoi l'avons-nous supportée et pourquoi
Manchester continue ? C'est indigne de l'homme, surtout de l'homme de Manchester
! ''
Le jeune Wilson fait toutes ses études secondaires chez les Frères, au collège
catholique St François Xavier; c'est là qu'il perd son accent de Manchester.
Burgess :''J'ai passé mon enfance à avoir peur des flammes de l'enfer, peur
du sexe, peur de la sensualité en général et cette peur de la vie était bien
sûr appropriée au climat.''
Il lit beaucoup, il est fasciné par Don Quichotte, il rêve déjà de devenir compositeur.
Malgré ses peurs, le jeune Wilson a déjà des aventures.
Burgess : ''le but était d'aller au paradis; Manchester aidait; la pluie aidait;
travailler dur aidait; la monotonie aidait. Il fallait se débarrasser de la
vie très vite et s'en tirer si possible avec mention passable...''
Extrait de l'émission de Bernard Rapp ''Un siècle d'écrivains'' diffusée
sur France 3
1 ère diffusion : 18 juin 1997 à 23h15
2 ème diffusion : 20 juillet 1999 à 23h30
![]()
Retour au livre
Copyright © 1998 Thierry Roy
date de création : 11 janvier 1998
dernière mise à jour : 31 décembre 2000