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Le Secret (qui n’était que provisoire) : Notre-Dame de La Salette Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant

 

« Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist » et « L’Eglise sera éclipsée » : Rome perdra la foi

 

La Comète : châtiment divin ? : châtiment

 

Fin du sixième Jour : « … jusqu’à siéger dans le temple de Dieu » (Thessaloniciens, 2 : 4) : dertemps.htm

 

Défense du Secret de La Salette, par Maurice Canioni : DÉFENSE DU SECRET

 

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Ps 126, 1 : " Si Dieu ne bâtit pas la cité,

ceux qui la bâtissent travaillent en vain. "

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Apocalypse, III, 10 :

“ Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi

je te garderai de l’heure de la tentation qui est près de venir

sur tout le monde habité, pour tenter ceux qui habitent la terre. »

Luc, XI, 2 ; Matthieu VI, 9-10 :

" Notre Père ... que Ton règne vienne " 

Is XL 3-4; Lc III 4 ; Mc I 3 ; Mt III 3 :

" Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses sentiers."

Luc, XXI : 36 :

" Veillez donc et priez sans cesse, afin que vous soyez

trouvés dignes d'échapper à tous ces maux qui doivent

arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'Homme." (Cf. Ap., 3 : 7-11)

Inéluctabilité des événements

Luc, 21 : 33 ; Matthieu, 24 : 35 et Marc, 13 : 31 :

" Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles

ne passeront pas."

Le déchaînement de la " colère de Dieu " précédera le Règne messianique

et l'apothéose du peuple de Dieu : Is. 13 : 13 ; Jér. 4 : 24-26 ; Soph. 1 : 4-16 ;

Mal. 3 : 19 ; Lc. 21 : 8-11, 25 et 27-33 ; Joël 3 : 1-15 ; Act. 2 : 17-21 ; Is. 61 : 1-2 ;

Mt. 24 : 6-8 et 15-35 ; Mc. 13 : 5-8, 14 et 24-31 ; Dan. 9 : 27 ; Apoc. 11 : 3 ;

12 : 13-18 ; 1 Thess., 5 : 3 ; Apoc., 6 : 16-17 ; 2 Thess. 2 : 3-4 ; etc., etc.

 

Platon (428 - 348 av. J.-C.), Cratyle, 436 b :

" En toute entreprise, c'est sur le point de départ qu'on doit toujours porter le plus de réflexion et le plus d'attention afin de s'assurer si le principe posé est juste ou non ; quand il a été bien éprouvé, on voit le reste s'y accommoder."

Développement de la doctrine chrétienne, preuves de la vérité de la foi catholique, par le cardinal John Henri Newman (1801-1891), Introduction, trad. de l'anglais par L. Boyeldieu d'Auvigny, Lagny Frères, Libraires-Éditeurs, Paris, 1846, p. 126 :

" Le christianisme étant un, toutes ses doctrines sont nécessairement les développements d'un même tout, et s'il en est ainsi, ces développements doivent aussi naturellement être d'accord les uns avec les autres, et former un tout."

 

Le premier devoir des Français catholiques et la raison d'être de notre action :

promouvoir le règne social du Christ dans notre pays.

" Omnia instaurare in Christo."

 

Quelques extraits essentiels de la Lettre encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925 de S. S. Pie XI sur la fête du Christ-Roi ou instituant la fête de la Royauté du Christ et rappelant le devoir le plus fondamental de tout citoyen se réclamant de la foi catholique reçue des Apôtres :

" Dans la première Encyclique qu'au début de Notre pontificat Nous avons adressée aux évêques de l'univers, il Nous souvient de l'avoir déclaré ouvertement, en recherchant les causes profondes des calamités qui accablent l'humanité et avec lesquelles celle-ci est en lutte : non seulement ce déchaînement de malheurs a envahi l'univers parce que la plupart des hommes ont banni Jésus-Christ et sa foi très sainte de leurs coutumes et de leur vie particulière comme de la société familiale et de l'Etat, mais encore l'espoir d'une paix durable entre les peuples ne brillera jamais tant que les individus et les Etats s'obstineront à rejeter l'autorité de notre Sauveur. C'est pourquoi Nous avons averti qu'il fallait chercher la paix du Christ dans le règne du Christ, et Nous avons promis d'y contribuer de tout Notre pouvoir [mais malheureusement les laïcs sont restés couchés ou sourds aux appels des papes depuis la Révolution française, ce qui fait que notre société est passée entre les mains de la Franc-Maçonnerie et que toutes nos valeurs morales sont publiquement combattues ou déclarées obsolètes, et que le monde se trouve dans une situation politique inextricable où les Papes eux-mêmes (ou prétendus tels) y perdent leur latin ou ne savent plus où donner de la tête au point de tenir un langage manifestement contraire à celui de leurs Prédécesseurs, négligeant ainsi les principes d'uniformité qui, dans l'exercice du magistère ordinaire de l'Eglise, contrebalancent les causes de diversité doctrinale. Pour reprendre le raisonnement du cardinal John Henri Newman (1801-1890), en trouvant les doctrines du christianisme si différemment représentées et soutenues par ses docteurs d'une manière tellement contradictoire, constatant en l'occurrence qu'il y a des papes (ou des prétendus papes) contre des papes ou l'Église d'un âge opposée à l'Église d'un autre âge, sommes-nous réduits à soutenir qu'il est vain d'espérer parvenir à la connaissance des fondements de notre foi, puisque nous ne serions que les adeptes d'un christianisme imposteur ayant perdu son identité ? (Cf. Développement de la doctrine chrétienne, ouv. cité plus haut, p. 4.) Dans de telles conditions, que devient le rôle de la Tradition qui, jusqu'à ce jour, était considérée comme l'organe certain de la vérité ? Il est extrêmement affligeant et même douloureux pour un catholique attentif à la voix de l'Eglise et soucieux d'approfondir sa foi et de développer ses connaissances de relever un nombre de plus en plus important de discordances ou de divergences doctrinales dans les documents de notre génération qu'il consulte par rapport aux anciens, mais il suffit seulement de prendre connaissance des discours des uns et des autres et de lire surtout attentivement l'Encyclique Quanta cura et le Syllabus qui lui est manifestement inhérent et qui résume les " principales erreurs de notre temps " pour en être déjà convaincu. Il faudra bien, un jour ou l'autre, rétablir l'unité doctrinale de l'Église gravement détériorée, car on ne peut pas vivre harmonieusement dans la désunion spirituelle. - Cliquez sur : Pape Pie IX] : dans le règne du Christ, disons-Nous, car pour aider à rétablir solidement la paix il ne Nous apparaissait pas de moyens plus efficaces que la restauration du règne de Notre-Seigneur. [...]

La peste du laïcisme propagée par les Sociétés secrètes

" Or, si Nous ordonnons au catholicisme entier de vénérer le Christ-Roi, Nous pourvoirons par le fait même aux besoins des temps actuels et Nous opposerons un remède souverain à LA PESTE QUI INFECTE LA SOCIÉTÉ HUMAINE. Ce que nous appelons la peste de Notre temps, c'est le laïcisme, ses erreurs et ses tentatives impies. Ce fléau, Vénérables Frères, vous savez qu'il n'a pas mûri en un jour ; depuis longtemps, il couvait au plus profond des sociétés. On commença par nier le pouvoir du Christ sur toutes les nations ; on dénia à l'Eglise un droit dérivé du droit du Christ lui-même, celui d'enseigner le genre humain, de porter des lois, de diriger les peuples, de les conduire à la béatitude éternelle. Alors la religion du Christ fut peu à peu traitée d'égale avec les faux cultes, et placée avec une choquante inconvenance sur le même niveau ; puis elle fut soumise au pouvoir civil et presque livrée à l'arbitraire des princes et des magistrats ; certains allèrent jusqu'à prôner la substitution d'une religion naturelle, d'un sentiment naturel, à la religion divine. Il ne manqua pas de nations qui estimèrent pouvoir se passer de Dieu et mirent leur religion dans l'impiété et l'oubli de Dieu. Les fruits amers que produisit si souvent et si longtemps une semblable séparation des individus et des peuples d'avec le Christ, Nous les avons déplorés dans l'Encyclique Ubi arcano et les déplorons aujourd'hui de nouveau : les germes de discorde semés partout, les jalousies et les rivalités entre peuples qui retardent encore la réconciliation, le déchaînement des convoitises qui, bien souvent, se cachent sous les apparences du bien public et du patriotisme, et toutes leurs conséquences : dissensions intestines, égoïsme aveugle et démesuré qui, ne considérant rien, sinon les avantages et les profits particuliers, soumet absolument tout à cette mesure ; la paix des familles [actuellement, en l'an 2004, éclatées] détruite à fond par l'oubli et la négligence du devoir : l'unité et la stabilité de la famille battues en brèche ; toute la société enfin ébranlée et menée à la ruine.

" Celle-ci [la société] se hâtera de revenir au Sauveur très aimant : la solennité du Christ-Roi, qui se célébrera désormais chaque année, Nous en donne le meilleur espoir [pauvre Pape ! Il s'est fait bien des illusions, car la France se trouve présentement dans un état de dégradation morale pire qu'en 1925 - ce qui signifie que le remède préconisé par cette encyclique s'impose plus que jamais, car ce n'est quand même pas en se contentant de célébrer annuellement cette fête que le Christ va régner socialement sur la Fille aînée de l'Eglise].

" Il appartiendrait aux catholiques de préparer et de hâter par leur action ce retour, mais un bien grand nombre d'entre eux ne semblent pas tenir dans leur vie sociale leur place normale, ni posséder l'autorité qui convient à ceux qui portent le flambeau de la vérité [Hélas ! hélas ! hélas !].

" Il faut peut-être attribuer ce désavantage à la lenteur et à la timidité des bons qui s'abstiennent de résister ou résistent avec mollesse : les adversaires de l'Eglise en retirent nécessairement un surcroît de témérité et d'audace. Au contraire, que les fidèles comprennent tous qu'il leur faut lutter avec courage et toujours, sous les drapeaux du Christ-Roi. Que le feu de l'apostolat les embrase, qu'ils travaillent à réconcilier avec leur Seigneur les âmes éloignées de lui ou ignorantes, et qu'ils s'efforcent de sauvegarder ses droits. [...]

" Aux États, la célébration annuelle de cette fête rappellera que les magistrats et les gouvernants sont tenus, tout comme les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir  ; elle évoquera devant eux la pensée de ce dernier jugement où le Christ, non seulement expulsé de la vie publique, mais encore négligé ou ignoré avec dédain, vengera sévèrement de telles injustices, car sa royauté exige que l'État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens aussi bien dans la législation que dans la façon de rendre la justice et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et à une bonne discipline des mœurs. "

 

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La vie intérieure de Sœur Marie de la Croix, tertiaire de saint Dominique,

née Françoise Mélanie Calvat (07.11.1831 - 14.12.1904), Bergère

de La Salette (Isère), selon la traduction littérale de son

autobiographie italienne de Messine (1897).

A.M.D.G.

 

Apocalypse, VII, 3 :

" Ne nuisez, dit un ange porteur du sceau du Dieu vivant, ni à la terre, ni à la mer, ni aux arbres,

que nous n'ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu."

 

Texte communiqué par l'abbé Gouin dans son ouvrage : Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette, née Mélanie CALVAT, tertiaire de St Dominique, victime de Jésus, ouvrage revêtu du Nihil Obstat du Père Guérard des Lauriers, O. P., Editions Saint-Michel, 53 - Saint-Céneré, 1968.

" Mélanie révéla son Secret quand le temps marqué fut venu, bien qu'elle sut qu'un pareil acte lui attirerait les colères de ceux qui, perdus de mœurs, étaient enchaînés au char de la secte maçonnique." L'Osservatore Romano, 25 décembre 1904. [Cf. L’extraordinaire SECRET de LA SALETTE, Louis de Boanergès, Éditions D.F.T., B.P. 28, 35370  ARGENTRÉ-DU-PLESSIS, Tél. 02 99 9678 54, Fax 02 99 96 62 64.]

Notice biographique sur l'abbé Gouin

" Né à PRÉCIGNÉ (Sarthe), diocèse du Mans, en 1885, l'abbé Paul GOUIN reçut la prêtrise le 5 juin 1909, Professeur au petit Séminaire de la FLÈCHE, il devint vicaire à SAINTE-COLOMBE de 1911 à 1914. Visitant sa paroisse, il constate une déchristianisation affligeante. Quelle en est la cause fondamentale ? Il pense que l'athéisme pratique qui se répand partout est dû au retrait des grâces divines qui rend l'apostolat stérile. Quelle en est la cause fondamentale ? Alerté par la lecture de " CELLE QUI PLEURE " de Léon BLOY, il pense que l'athéisme pratique qui se répand partout est dû au retrait des grâces divines qui rend l'apostolat stérile. Pourquoi ? On a refusé de pratiquer la RÈGLE DE l'ORDRE DE LA MÈRE DE DIEU, dictée le 19 septembre 1846 par la VIERGE sur la Montagne de La Salette.

" [...]

" En 1916, l'abbé GOUIN s'était rendu à DIOU (Allier) chez l'abbé COMBE qui avait eu MÉLANIE comme paroisienne dans les dernières années de sa vie. Après la mort du Curé de DIOU en 1927, l'abbé GOUIN collabore avec le chanoine THIERRY, professeur émérite de l'UNIVERSITÉ de LOUVAIN, qui a hérité des documents de l'abbé COMBE. Le chanoine THIERRY continue par ailleurs l'œuvre de MÈRE SAINT JEAN commencée à MARANVILLE (Haute-Marne), le Cardinal MERCIER lui ayant donné son approbation pour une fondation de l'ORDRE DE LA MÈRE DE DIEU à LOUVAIN. L'abbé GOUIN, d'abord curé de VERNIE, nommé à AVOISE en 1924, effectuera de nombreux voyages en BELGIQUE, et, en 1931, deviendra l'aumônier d'une petite communauté religieuse de l'ORDRE DE LA MÈRE DE DIEU, fondée en ANJOU à SAINT LAMBERT DU LATTAY par Mademoiselle Germaine BLANCHARD.

" [...] 

" La population d'AVOISE a rendu un hommage mérité à celui qu'elle a eu pour curé durant quarante cinq ans lors de ses obsèques le 13 décembre 1968. L'humilité et la discrétion de l'abbé GOUIN n'ont pas permis à beaucoup de prendre conscience exacte de son travail d'historien en faveur de la cause de La Salette, qu'un Monseigneur BEAUSSART et un R.P. GARRIGOU-LAGRANGE avaient apprécié à sa juste valeur.

F.C.

 

Introduction

" [...]

" La biographie de SŒUR MARIE DE LA CROIX, Bergère de La Salette, œuvre majeure de l'abbé Paul Gouin, curé d'Avoise (Sarthe), mort le 11 décembre 1968, réhabilite au regard de l'histoire la voyante de l'Apparition du 19 septembre 1846. Il n'a pas fallu moins de cinquante années de patiente recherches à l'auteur pour constituer une documentation unique, comprenant des manuscrits et quelque huit cents lettres autographes de la Bergère de La Salette. " J'incline à penser que Mélanie a conservé sa mission jusqu'à sa mort ", m'écrivait le R. P. Garrigou-Lagrange, le 1er septembre 1957.

" A la lecture de l'ouvrage, il est clair que l'objet de cette mission était la fondation de l'œuvre des " Apôtres des derniers temps ", prédits par saint Grignion de Montfort. Du temps même de la vie de la Bergère de La Salette, l'Eglise a approuvé la règle de l'ORDRE DE LA MÈRE DE DIEU pour cet institut missionnaire ; et Mgr ZOLA, le saint évêque de LECCE (ITALIE), a donné l'imprimatur au secret prophétique dont un paragraphe déclare :

" J'appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de.Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l'humilité, dans le mépris et le silence, dans l'oraison et dans la mortification, dans la chasteté et dans l'union avec DIEU, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et viennent éclairer la terre..."

" L'Association des ENFANTS DE N.-D. DE LA SALETTE rend hommage à Monsieur l'abbé GOUIN qui lui a légué un important témoignage en faveur de l'histoire réelle de La Salette.

En la fête de ST JOSEPH

BEAUPREAU, 19 MARS 1969.

F. Corteville,

Président de " l'Association des enfants de N.-D. de La Salette et de St Grignion de Montfort".

 

Pour servir à l'histoire de la Salette, Documents III, Nouvelles Editions Latines, Paris, 1966, N° 55, Lettre S. Marie de la Croix, née Calvat (Barnaud), de Messine (Italie), le 7 juillet 1898, à M. l'Abbé Roubaud, pages 65 :

" ... et je suis prête, avec la grâce divine, à certifier avec mon sang, que ce fut la Très Sainte Vierge qui me dicta cette sainte Règle [pour les Apôtres des derniers temps], parole par parole. Dieu sait que je ne mens pas, que ma rédaction est très vraie et que personne au monde n'y a ajouté ou retranché. J'ai en ma possession la Sainte Règle intègre, telle qu'elle sortit des lèvres très-pures de la Vierge immaculée, dont la langue parla, comme dit le Saint Esprit, la Loi de la clémence."

 Journal de l'Abbé Combe, Dernières années de Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette, ouvrage revêtu du Nihil Obstat du Père Guérard des Lauriers, O. P.,  Editions Saint-Michel, 1967, Réponse de S. Marie de la Croix aux questions de Mgr l'évêque de Castellamare, le 17 octobre 1876, page 148 :

" [...] Les Missionnaires qui sont actuellement sur la Sainte Montagne ne sont pas les Missionnaires tels que veut la Sainte-Vierge." [Ce qui, en l'année 2002, est malheureusement et désespérément plus vrai que jamais.]

 Pour servir à l'histoire de la Salette, Documents II, ouv. cité plus haut, Résumé d'un entretien entre Mélanie de la Salette et Mère Saint-Jean, 22 janvier 1885, 14e Réponse de Mélanie, page 19 :

" L'esprit de la Salette peut se transporter. Et quand la crise sera passée, que l'heure sera venue, la Sainte Vierge saura bien ressusciter la Salette... faire son œuvre. Mais vous allez voir ce qui va arriver... malgré tout, ne doutez pas... Les paroles de la Sainte Vierge ne sont pas stériles comme celles des hommes... Son œuvre se fera..."

Id., Documents III, N° 46, Lettre à un ami tenté d'incrédulité, page 49 :

" [...] Et pourquoi tant de science acquise, pour ne rien savoir ? Mon Dieu, augmentez ma foi ! Quand même nous aurions découvert les plus grandes horreurs dans le plus haut clergé et mille intrigues scandaleuses, etc., les hommes ne sont pas la religion : croyons en Dieu et aux vérités révélées par les Prophètes et l'Evangile."

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PREMIÈRE PARTIE

UNE ENFANCE CRUCIFIÉE

Témoignage de Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette.

LE BAISER DE SAINT-ROCH.

" Le soir de l'Apparition (19 septembre 1846), Mélanie et Maximin, redescendant de la montagne, ramenèrent leurs troupeaux chez leurs maîtres respectifs. Mélanie, comme à son ordinaire, restait silencieuse. Maximin était très surexcité. Petit garçon de dix ans, expansif et bavard, étourdi, sensible, il ne se tenait pas de raconter ce qu'il avait vu et entendu. Il avait d'abord en grand-peur et, son chapeau sur la tête, empoignant son bâton, il avait essayé de lancer des pierres sur les pieds de la " Dame " (1). Mélanie, dès les premières paroles de la suave et miséricordieuse voix, avait " volé vers elle " ; et elle s'était tenue si près de l'apparition que, - s'il faut en croire une confidence échappée plus tard et recueillie dans le petit carnet de la Mère de Maximy - elle aurait pu, tout en écoutant son discours, baiser la main de la Très Sainte Vierge.

" Néanmoins, c'est elle qui se tait, et c'est Maximin qui parle... Ne trouvant pas tout de suite son maître (Pierre Selme, un ami de son père, à qui il avait demandé Maximin pour remplacer quelques jours un berger malade), il se précipite chez les patrons de Mélanie. Elle, pendant ce temps, elle est entrée à l'étable derrière ses vaches ; elle les attache avec soin, met tout en ordre sans hâte ; et, quand sa maîtresse, en larmes d'avoir entendu le récit de Maximin, vient lui dire : " Pourquoi, mon enfant, pourquoi ne venez-vous pas me dire ce qui vous est arrivé sur la montagne ? ", elle répondit : " Je voulais bien vous le dire, mais je voulais finir mon ouvrage auparavant."

" ... D'abord son devoir quotidien... étrange, un peu troublante attitude - semble-t-il - au soir d'un tel événement. Ne l'a-t-il pas surprise ? Elle paraît aussi tranquille que Maximin est ému. Cette fille qui va sur ses quinze ans, mais ne sait pas encore lire et ne sera pas admise à la première communion cette année, est-ce qu'elle ne comprend pas ce qui lui arrive et quelle mission désormais lui incombe ? Son mutisme, sa lenteur, est-ce indifférence ou recueillement ?

" ... Mystère...

" Oui, c'est un mystère.

" Mais la clef en est donnée par Mélanie elle-même dans les autobiographies de son enfance. Leur dernier épisode, à lui seul, peut tout éclairer. Depuis quelques mois, depuis le printemps dernier, Mélanie est élevée à l'un des plus hauts degrés de la contemplation infuse. Elle vit la vie d'union divine. Elle respire et se meut spirituellement dans une atmosphère où le fait miraculeux de l'Apparition, pour frappant qu'il soit, n'a rien de surprenant ; et, si elle demeure impassible, c'est qu'elle a déjà reçu les communications de la Seule et Suprême Réalité.

" Elle était toute petite quand elle commença d'être instruite, guidée par un bel enfant qui se dit son frère et l'appelle " Ma Sœur, sœur selon mon cœur ". Tout ce qu'elle sait de Dieu et de toutes choses, elle le tient de lui. Il est son Maître et son Ami. Dès le premier jour où il lui a parlé, elle lui a demandé de lui donner un baiser. Il a répondu que ce n'était pas encore l'heure.

" Un soir du printemps dernier, cette heure est venue.

" Le baiser mystique a été donné, reçu.

" Mélanie était alors, dans un intervalle de ses mises en service (car elle fut placée comme bergère et servante avant sept ans), chez ses parents à Corps. Corps est un petit chef-lieu de canton de l'Isère, sur la route de Grenoble à Gap. A quelque distance du bourg se trouve une chapelle rustique qui, dans la belle saison, est un agréable but de promenade : la chapelle Saint-Roch. Petite rotonde à deux étroites fenêtres, surmontée d'un petit campanile, elle domine, du haut d'un monticule verdoyant, un lac profond et limpide. De là, on voit Corps, au bord du plateau, au pied des hautes montagnes dont la chaîne, par échelons, s'élève jusqu'aux cimes neigeuses. Le site est ravissant.

" Il a servi de cadre à l'ultime et le plus décisif épisode de l'enfance de Mélanie.

" Il n'y a qu'à la laisser parler.

" " Une fois, la mère Julie dit à ses enfants (2) : " Enfants, allez tous vous amuser dehors ; je veux rester seule à la maison. Allez à Saint-Roch ". Je fus donc [ici, c'est Mélanie qui parle] avec eux (ses frères et sœurs) jusqu'à la chapelle de Saint-Roch. Puis ils me dirent : " Veux-tu t'amuser ? " Je répondis que je ne savais pas faire cela. Alors ils descendirent sur les pentes du petit monticule sur lequel se trouve la chapelle Saint-Roch pour s'amuser et je restais seule. Je m'amusais à regarder la statue de Saint-Roch par les deux petites fenêtres et je priais ce bon saint de m'obtenir de mon Bon Dieu la guérison de mon âme, pour que je ne fasse plus jamais de peine à mon Bien aimé Jésus-Christ, ni à sa Mère... Je la vois toujours fâchée contre moi, et cela me fait souffrir. Et je dis cinq Gloria Patri à Notre Seigneur pour les grâces qu'il avait faites à ce saint.

" Et voici que j'entendis la douce, la suave, la consolante voix de mon très aimé et bon petit Frère m'appelant " Ma chère Sœur, sœur de mon cœur, je suis à vous ". Vite, je me retournais ; mon cœur sautait de joie. C'était bien mon si désiré Frère avec son angélique figure et ses yeux emparadisés [sic]." Il [son Frère, car ici c'est l'abbé Gouin qui reprend son texte] lui dit : " Aussitôt que le Très-Haut m'a dit de venir me recréer avec vous, après votre victoire (3), je suis venu, Sœur de mon cœur ". ... tout humble, tout ignorante, elle [Mélanie] ne comprend pas ce que c'est que cette victoire. Avec patience, son Frère lui explique qu'à Saint-Michel et à Quet elle a été victorieuse. A présent elle sait combattre. Et il lui annonce des contradictions et d'autres combats pour la Vérité. Alors, elle lui rappelle sa promesse que, quand il serait l'heure, elle pourrait lui donner un baiser. L'heure est venue en effet.

" " Avec un doux sourire, il me dit que ce n'était pas moi qui lui donnerait un baiser, mais que ce sera lui. - Oh ! vite, dépêchons-nous, mon bon Frère, pour l'amour de notre bien-aimé Jésus-Christ ! - Il me donna un baiser sur le front, sur les lèvres et sur la poitrine. Il me bénit et s'en alla."

" Ses frères et sœurs viennent la reprendre ; tous rentrent à la maison. Sa mère est fâchée de ce qu'elle ne s'est pas amusée avec les autres. Cette sauvage, cette taciturne, toujours à part des autres est décidément impossible. Le père a beau vouloir la garder à la maison, il va falloir la replacer en service, dès que cela se trouvera. L'occasion se présentera bientôt : et elle sera placée aux Ablandins, commune de La Salette.

" Là s'arrête la plus développée des autobiographies de Mélanie (celle de 1900). Pourquoi ? Pourquoi la Bergère ne raconte-t-elle que les quatorze premières années de sa vie ? Une vie dit-on ? Est-ce là une vie ? Oui, ce dernier épisode le fait comprendre : c'est toute une vie ; sur le plan surnaturel une vie complète : la narratrice n'a plus rien à dire. Si elle a fait jusque là - et jusque là seulement - le récit de son enfance, ce n'est que pour nous persuader de l'accompagner dans les voies des leçons divines et nous préparer à l'apparition. Même les anecdotes parfois humoristiques n'y ont de place et de sens que parce qu'elles servent comme de marchepied aux enseignements mystiques et que, mêlant le réalisme le plus terre à terre à la réalité spirituelle la plus haute, elles nous inclinent à voir la vie humaine ensemble sous ses deux faces. Ce baiser qu'elle vient de recevoir à Saint-Roch, ce n'est pas un commencement des communications divines, c'en est la consécration. Depuis sa petite enfance, introduite dans la vie de grâce, illuminée par la Vérité même, purifiée par les épreuves de sa dernière et si dure année de service, tout imprégnée de l'esprit de Jésus-Christ et de Jésus-Christ crucifié ; offerte par Lui et avec Lui en victime, elle est entrée dans l'union divine, elle accède au mariage spirituel.

" Mais c'est encore à ses écrits à en témoigner. Dans l'autobiographie italienne, Mélanie a noté, pour le chanoine Annibale di Francia, les expériences de sa vie intérieure. Expérience, c'est le mot. Elle n'a appris à lire que plus tard, on le sait ; et, même plus tard, elle a peu lu et n'a rien pu emprunter à des auteurs qu'elle ne connaît pas. " Je n'ai point lu les choses mystiques ", écrira-t-elle à l'abbé Combe, le 12 février 1900. Elle ne les a point lues. Elle les a vécues. Et cela vient de loin. Dès son réveil, dans les bois - après un songe initiateur - quand déjà de sa propre personne, il lui semble qu'il ne reste plus qu'une petite flamme de désir de plaire à son Bien-Aimé, - elle ne se souvient plus que, comme en un éclair, elle se trouva dans la solitude d'un profond recueillement... " Et je vis d'une manière imaginative, Notre Divin Sauveur qui se communique à mon âme en un mode que je ne sais pas exprimer. Mes sens ne fonctionnaient en aucune façon, il me semblait qu'ils étaient prisonniers d'amour... Ces communications du Tout-Puissant à l'âme se font sans proférer une parole... et plus les flèches enflammées du divin amour embrasent l'âme, plus elles y allument, et dans le même instant, l'amour passionné des souffrances... de telle sorte que je ne savais pas, entre ces deux amours, quel était le plus fort..." [On retrouve là les explications de sainte Thérèse d'Avila, la Mère des spirituels, et de saint Jean de la Croix, le Docteur Mystique.]

" C'est une première touche.

" Un peu plus loin, lorsque après sa maladie d'enfant, elle a de longues heures immobiles et silencieuses pour se laisser envahir par ces recueillements profonds où se dévoilent à elle les mystères divins, elle perçoit un autre monde, supérieur encore, de communications mystiques. " Je fus en un instant, dit-elle, possédée tout entière ; l'intelligence fut comme ouverte, pénétrée, élevée, fixée dans la lumière éternelle."

" " Je ne sais pas expliquer ce mode de communication faite à mon âme ; mais je sais, ajoute-t-elle, que les communications que le Seigneur des Miséricordes m'a faites, malgré l'abîme de mes infidélités, sont de trois sortes ou manières différentes." Et suspendant alors son récit proprement dit, elle décrit, l'un après l'autre, les trois modes de ses communications mystiques. Il faut ici la suivre mot à mot (4).

" I. - Les apparitions de mon Frère m'attiraient à aimer Jésus-Christ, les souffrances, l'uniformité aux vouloirs du Dieu Souverain, elles m'inspiraient l'amour des ennemis, la sainte crainte d'offenser Dieu, la rectitude d'intention, la connaissance de mon néant, le détachement de soi-même et de toutes les choses transitoires pour le pur amour du Dieu béni. Je dois dire encore que, comme j'étais très ignorante, en toutes choses de Dieu et de l'Univers, mon aimable Frère voulut se faire mon Maître ; il m'instruisait, me corrigeait, souvent il me grondait doucement, puis m'encourageait par la confiance en l'Eternelle miséricorde de Dieu et dans les mérites de la Passion de Jésus-Christ, notre doux Sauveur. Les apparitions de mon très amoureux Jésus, fou d'amour pour ses créatures, produisaient les mêmes effets. L'amour que mon cher Jésus infusait à mon cœur augmentait toujours plus, et plus je m'anéantissait, plus augmentait en moi le désir de souffrir pour mon très aimé Jésus crucifié ; il me semblait que plus je contemplais la beauté majestueuse et royale de l'aimable Amant de mon cœur, plus je descendais dans ma bassesse ; et j'avais horreur de moi-même à cause des multiples souillures que je découvrais dans mon âme.

" Après les Apparitions (je dis Apparitions parce que je voyais avec les yeux du corps, j'ignore si tous les chrétiens voient ainsi), je restais consolée, fortifiée, confiante et pleine de bonne volonté pour aimer toujours plus mon Créateur, Sauveur et Conservateur, pour souffrir toujours plus et éviter toute ombre de péché.

" II. - Maintenant je parlerai du second mode selon lequel Dieu se communiquait à mon âme.

" Faisant oraison, sans que je puisse rien prévoir, en un instant (et je ne sais si c'est les yeux ouverts ou fermés), je me trouvais en présence de mon Frère, ou de la Vierge Marie - le chef-d'œuvre de la Très Sainte Trinité - ou de Jésus crucifié. La Parole (proférée sans paroles) de cette vision , comme celle aussi des communications imaginatives, il me paraît qu'elle frappe son empreinte, pour ainsi dire, sur l'âme ; et, tandis qu'elle l'illumine, elle y allume le feu de l'amour divin, la purifie, la dépouille entièrement d'elle-même et, sans violence, incline sa volonté à la sienne. Mais ceci est peu : on dirait que notre volonté a perdu son vouloir et son non-vouloir, qu'elle est tout étroitement unie à Celle de son Souverain Bien et fondue en Elle ; si bien qu'il semble que l'âme ait le vouloir même de Dieu, qu'elle ne puisse rien vouloir d'autre que ce que veut le Dieu béni, qu'elle aime avec cette volonté de Dieu, laquelle demeure stable et permanente cependant que - grâce toute gratuite - l'âme est soutenue par sa miséricordieuse puissance.

" Il me paraît qu'en cet état la foi est d'un grand secours pour aider l'âme à désirer d'un ardent désir de perdre sa volonté propre afin de s'uniformiser totalement au bon plaisir de Dieu qu'elle voit être très juste et très aimant. L'âme, en cet état, est comme fixée en Dieu qu'elle aime d'un brûlant amour et elle voit (sans les yeux du corps) la grandeur, la beauté, la bonté, la puissance de ce Dieu incréé qui, immuable en soi, opère continuellement et fait des choses si merveilleuses dans les pâmes de ses créatures. Je ne sais pas exprimer les finesses des opérations du Divin amour dans l'âme. Je sais que cet amour se rend maître du cœur, que l'union avec l'Epoux divin est faite, que l'âme chemine avec son amoureux Jésus, dans la crainte, tremblant toujours de l'offenser, de faire la moindre chose qui déplaise à son Bien-Aimé ; quant à ce qui est d'elle-même, elle connaît sa faiblesse et l'abîme de ses misères, et elle est parfaitement convaincue que d'elle-même, elle serait absolument incapable de faire aucun bien qui puisse mériter pour la vie éternelle ; et elle sait que si elle fait un acte d'amour, si elle désire l'amour, la souffrance, le martyre et la mort des martyrs, les mépris, etc., elle sait que tout est grâce, tout est œuvre de la grande miséricorde de son cher Jésus Crucifié qu'elle aime de tout son cœur, de toutes ses forces.

" Ainsi soit-il.

" III. - Troisième état.

" En cet état, la miséricorde de notre Très aimable Jésus se communique à l'âme sans images : il me paraît que cela se fait par le moyen de l'intelligence : je ne sais pas, et sais encore moins l'exprimer. Voici comme je comprends et comme j'ai expérimenté la chose : la douce, l'harmonieuse, la suave, l'amoureuse, puissante et pénétrante voix de mon amoureux Jésus, Roi de mon cœur, me disait : " Ma sœur, puis-je librement disposer de vous comme il me plaît ? " Cette voix est une voix, mais tout intérieure ; c'est une voix qui s'imprime dans l'âme et laisse dans l'esprit la conviction vive, forte, irrévocable, qu'elle est la voix de Dieu béni. Et il me semble aussi que la voix de mon Très Haut et Souverain Bien est une voix opérative [sic] qui, en proférant sa Parole, fait son admirable travail, tout doucement, dans l'âme, dont les trois puissances [la mémoire, l'intelligence et la volonté] en un éclair, se trouvent illuminées... Divers sont les effets produits sur l'âme par ces communications ; mais toujours l'âme, éclairée de la grande Lumière de la Majesté incréée, descend dans l'abîme de son néant et voit son incorrespondance [sic] à la Divine grâce ; mais elle n'est pas découragée, parce qu'elle est remplie de confiance dans la miséricorde de son Dieu qu'elle aime tendrement et fortement de tout son pouvoir.

" Il peut sembler qu'en cet état on n'ait plus faire d'actes de foi. Il n'en est pas ainsi pour moi : me voyant impuissante à correspondre à tant de bienfaits, je disais bien des fois : " Mon cher Bien, je vous crois, je crois à vous, je crois en vous ; Bonté infinie, Dieu de mon cœur, vie de ma vie, je vous aime."

" On peut encore faire des actes de douleur pour les offenses faites à sa Majesté, et l'espérance d'obtenir leur total pardon par les mérites de Jésus-Christ ; et l'âme voit que Dieu Très Haut se complaît beaucoup en cette humilité de l'âme.

" Plus d'une fois, j'avais donné mon entière volonté à mon cher Jésus ; et aussi n'a-t-il jamais cessé, dans ses communications de me la redemander, si bien que chaque fois je restais affligée ; et de nouveau je lui donnais, totalement, ma volonté, de sorte que je n'eus plus d'autre vouloir que son cher vouloir. Alors, je vis que la grande Lumière qui me pénétrait élargissait mon intelligence, que le Dieu des miséricordes attachait mon cœur à son cœur enflammé et que, par ses douceurs attirantes et secrètes, Il tirait à Lui mon âme, et sans contrainte, fléchissait son libre arbitre sous l'appel divin. Et je compris que je devais Lui donner ma volonté, non seulement dans l'obéissance aux commandements extérieurs ; mon esprit devait se courber sous la persuasion que ce sont bien là les vouloirs du Dieu béni. L'œil de la foi montre et fait voir, toujours, Dieu en toutes choses, dans tous les événements, dans toutes les vicissitudes de la terre.

" Dans ce troisième état, la Divine Miséricorde se fait voir clairement et converse amoureusement avec l'âme, l'instruit, l'invite à aimer plus parfaitement, plus généreusement, et mieux selon la vérité du pur amour.

" En ces communications intuitives, l'âme contracte la plus étroite union avec son Bien-Aimé Souverain Bien ; et il semble que rien ne l'en peut séparer.

" Le raisonnement est impuissant à faire quoi que ce soit pendant que la communication a lieu, le cœur paraît vouloir sortir au large tant il bat, saute. Je ne sais dire comment va la chose, mais une fois que l'âme est pleinement possédée par mon très aimant Jésus, il semble qu'elle s'en va à travers l'espace, qu'elle voit, qu'elle entend le chant des Anges, qu'elle voit dans les lointains pays et connaît les pensées des personnes.

" Elle sent dans le fond du cœur une crainte amoureuse de donner le plus minime déplaisir à son Dieu.

" Jamais elle ne le perd de vue ; et il semble que l'âme soit si étroitement unie à son Dieu qu'elle n'est plus capable de penser, d'agir elle seule, et qu'en tout elle soit dépendante du vouloir et du bon plaisir de ce Dieu béni.

" Ainsi les sens enchantés perdent leurs opérations, et l'âme est comme en agonie de l'ivresse du divin amour où elle trouve son unique repos. Mais l'amour, cet amour insatiable, lui, n'est pas oisif : se faisant toujours plus connaître il appelle l'âme à plus aimer ; et l'âme sans violence, sans être forcée, court, court et court se jeter dans le sein de son amoureux et bien-aimé Jésus, sans cesser de prier et de désirer la consommation de l'éternelle union, car, sachant sa fragilité, elle craint, d'une sainte crainte, d'offenser et de perdre son Aimé.

" Je voudrais que tous les gens connussent l'amour que Dieu a pour ses créatures, à tous je voudrais prêcher l'amour que Dieu a pour ses créatures, à tous je voudrais dire la faim que Dieu a du salut des hommes, et combien, pour l'amour de nous, a souffert le très amoureux Jésus. Mais tout ce que je dis est inutiles, parce qu'on sait que l'âme que Dieu, en sa divine miséricorde, a introduite dans cette chambre secrète ou plutôt dans cette fournaise d'amour, n'a d'autre désir que de parler de ce trésor, trouvé après le total dépouillement d'elle-même et son active purification.

" Il se peut que des personnes n'aient plus à souffrir en ce troisième état du désir toujours inassouvi d'aimer toujours plus le divin Maître. Moi, ignorante comme je suis, ce n'est pas à moi à parler des différents degrés du Divin amour ni des admirables effets qu'il produit dans l'âme. Tout dépend de la fidèle correspondance aux appels et aux opérations de Dieu.

" En ce troisième état, tout d'amour, tout d'union, tout de complaisance, je désirais beaucoup aimer mon Dieu, et ma peine était grande parce que je croyais être la seule créature qui refusait l'amour dû à mon Amant Jésus. Et je désirais toujours plus ardemment la souffrance pour m'unir à mon Sauveur Jésus crucifié. Toutefois, je sentais dans l'intime de moi-même que j'aimais mon Jésus et qu'il m'aimait ; mais la peur me vint d'être trompée; illusionnée. La première fois que je revis mon amoureux Jésus en une vision intellectuelle, je me signais du signe de la sainte Croix, et je dis : " Au nom de Jésus-Christ, mort pour le genre humain et ressuscité vivant par sa propre vertu, fuyez de ma présence, parce que je suis sa propriété, toute composée d'amour !" Mon Jésus se complut à mon humble crainte et me dit : " Sœur de mon cœur, ne craignez pas, je suis la vérité et la vie, et je ne permettrai jamais que puisse vous nuire l'infernal ennemi. Soyez humblement fidèle aux appels divins : observez bien mes commandements." ... J'aimai... et il me semblait que le divin et éternel amour fût l'unique objet de ma vie de mon être...

" En cet état, les manifestations sont plus claires, plus convaincantes, et en quelque sorte les voies de Dieu se montrent ; et bien que le vieux serpent pour tromper, imite et singe les apparitions des saints et même de Jésus-Christ, il ne peut tromper l'âme en union avec Jésus, l'âme humble et craintive.

" Seule, sans guide humain, parmi le monde corrompu et dans des circonstances scabreuses, mon Frère, tout amoureux et plein de miséricorde, voulut me préserver des périls et me faire, gratuitement, le don de la connaissance des cœurs, de la distinction entre le vrai et le faux - cela s'entend quand Dieu le permet.

" Je me suis expliquée comme j'ai pu, et il me semble que c'est assez."

1) Mlle des Brûlais : note du 12 septembre 1849. Maximin accusé par Mélanie de mauvaise tenue en présence de la Sainte Vierge.

2) Sa mère, ses frères et ses sœurs.

3) Saint-Michel et Quet-en-Beaumont, les deux villages où elle vient d'être en service l'année 1845. Elle eut à souffrir beaucoup et à lutter pour coucher seule, etc. Elle nomme cette année la Bonne année ou année de Grâces.

4) Traduction littérale des pages de l'autobiographie italienne de Messine (1897).

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L'APPARITION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE

SUR LA MONTAGNE DE LA SALETTE AVEC

SON MESSAGE TOUT ENTIER, SELON

LE TÉMOIGNAGE DE MÉLANIE

Le 19 septembre 1846 à midi

Avec permission de l'Ordinaire

LECCE

Notre-Dame de La Salette :

" Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple."

 

I

 

" Le 18 septembre [1846], veille de la sainte Apparition de la Sainte Vierge, j'étais seule, comme à mon ordinaire, à garder les quatre vaches de mes Maîtres. Vers les 11 heures du matin, je vis venir auprès de moi un petit garçon, à cette vue, je m'effrayai, parce qu'il me semblait que tout le monde devait savoir que je fuyais toutes sortes de compagnies. Cet enfant s'approcha de moi et me dit : " Petite, je viens avec toi, je suis aussi de Corps ". A ces paroles, mon mauvais naturel se fit bientôt voir, et, faisant quelques pas en arrière, je lui dis : " Je ne veux personne, je veux rester seule ". Puis, je m'éloignais, mais cet enfant me suivait en me disant : " Va, laisse-moi avec toi, mon Maître m'a dit de venir garder mes vaches avec les tiennes ; je suis de Corps ".

" Moi je m'éloignai de lui, en lui faisant signe que je ne voulais personne ; et après m'être éloignée, je m'assis sur le gazon. Là, je faisais ma conversation avec les petites fleurs du Bon Dieu.

" Un moment après, je regarde derrière moi, et je trouve Maximin assis tout près de moi. Il me dit aussitôt : " Garde-moi, je serai bien sage ". Mais mon mauvais naturel n'entendit pas raison. Je me relève avec précipitation, et je m'enfuis un peu plus rien sans rien lui dire, et je me remis à jouer avec les fleurs du Bon Dieu.

" Maximin ne tarda pas à rompre le silence, il se mit à rire (je crois qu'il se moquait de moi) ; je le regarde, et il me dit : "Amusons-nous, faisons un jeu ". Je ne lui répondis rien, car j'étais si ignorante, que je ne comprenais rien au jeu avec une autre personne, ayant toujours été seule. Je m'amusais seule avec les fleurs, et Maximin s'approchant tout à fait de moi, ne faisait que rire en me disant que les fleurs n'avaient pas d'oreilles pour m'entendre, et que nous devions jouer ensemble. Mais je n'avais aucun inclination pour le jeu qu'il me disait de faire. Cependant je me mis à lui parler, et il me dit que les dix jours qu'il devait passer avec son Maître allaient bientôt finir, et qu'ensuite il s'en irait à Corps chez son père, etc.

" Tandis qu'il me parlait, la cloche de La Salette se fit entendre, c'était l'Angelus ; je fis signe à Maximin d'élever son âme à Dieu. Il se découvrit la tête et garda un moment le silence. Ensuite, je lui dit : " Veux-tu dîner ? - Oui, me dit-il. Allons." Nous nous assîmes ; je sortis de mon sac les provisions que m'avaient données mes Maîtres, et, selon mon habitude, avant d'entamer mon petit pain rond, avec la pointe de mon couteau je fis une croix sur mon pain, et au milieu un tout petit trou, en disant : " Si le diable y est, qu'il en sorte, et si le Bon Dieu y est qu'il y reste ", et vite, vite, je recouvris le petit trou. Maximin partit d'un grand éclat de rire et donna un coup de pied à mon pain, qui s'échappa de mes mains, roula jusqu'au bas de la montagne et se perdit.

" J'avais un autre morceau de pain, nous le mangeâmes ensemble ; ensuite nous fîmes un jeu ; puis comprenant que Maximin devait avoir besoin de manger, je lui indiquai un endroit de la montagne couvert de petits fruits. Je l'engageai à aller en manger, ce qu'il fit aussitôt ; il en mangea et en rapporta plein son chapeau. Le soir nous descendîmes ensemble de la montagne, et nous nous promîmes de revenir garder nos vaches ensemble.

" Le lendemain, 19 septembre, je me retrouve en chemin avec Maximin ; nous gravissons ensemble la montagne. Je trouvais que Maximin était très bon, très simple, et que volontiers, il parlait de ce dont je voulais parler ; il était aussi très souple, ne tenant pas à son sentiment ; il était seulement un peu curieux, car quand je m'éloignais de lui, dès qu'il me voyait arrêtée, il accourait vite pour voir ce que je faisais, et entendre ce que je disais avec les fleurs du Bon Dieu ; et s'il n'arrivait pas à temps, il me demandait ce que j'avais dit. Maximin me dit de lui apprendre un jeu. La matinée était déjà avancée : je lui dis de ramasser des fleurs pour faire le " Paradis ".

" Nous nous mîmes tous les deux à l'ouvrage ; nous eûmes bientôt une quantité de fleurs de diverses couleurs. L'Angelus du village se fit entendre, car le ciel était beau, il n'y avait pas de nuages. Après avoir dit au Bon Dieu ce que nous savions, je dis à Maximin que nous devions conduire nos vaches sur un petit plateau près du petit ravin, où il y aurait des pierres pour bâtir le " Paradis ". Nous conduisîmes nos vaches au lieu désigné, et ensuite nous prîmes notre petit repas ; puis nous nous mîmes à porter des pierres et à construire notre petite maison, qui consistait en un rez-de-chaussée, qui soi-disant était notre habitation, puis un étage au-dessus qui était selon nous le " Paradis ".

" Cet étage était tout garni de fleurs de différentes couleurs, avec des couronnes suspendues par des tiges de fleurs. Ce "Paradis" était couvert par une seule et large pierre que nous avions recouvertes de fleurs ; nous avions aussi suspendu des couronnes tout autour. Le " Paradis " terminé, nous le regardions ; le sommeil nous vint ; nous nous endormîmes sur le gazon.

" La Belle Dame s'assied sur notre " Paradis " sans le faire crouler.

 

II

 

" M'étant réveillée, et ne voyant pas nos vaches, j'appelai Maximin et je gravis le petit monticule. De là, ayant vu que nos vaches étaient couchées tranquillement, je redescendis et Maximin montait, quand tout à coup je vis une belle lumière, plus brillante que le soleil, et à peine ai-je pu dire ces paroles : " Maximin, vois-tu, là-bas ? Ah ! mon Dieu ! " En même temps je laisse tomber le bâton que j'avais en main. Je ne sais ce qui se passait en moi de délicieux dans ce moment, mais je me sentais attirer, je me sentais un grand respect plein d'amour, et mon cœur aurait voulu courir plus vite que moi.

" Je regardais bien fortement cette lumière qui était immobile, et comme si elle fût ouverte, j'aperçus une autre lumière bien plus brillante et qui était en mouvement, et dans cette lumière une très belle Dame assise sur notre " Paradis ", ayant la tête dans ses mains. Cette belle Dame s'est levée, elle a croisé médiocrement ses bras en nous regardant et nous a dit :

"Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle."

Ces douces et suaves paroles me firent voler jusqu'à elle, et mon cœur aurait voulu se coller à elle pour toujours. Arrivée bien près de la belle Dame, devant elle, à sa droite, elle commence le discours, et des larmes commencent aussi à couler de ses beaux yeux :

 " Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon Fils. Elle est si lourde et si pesante, que je ne puis plus la retenir. 

" Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. Et pour vous autres, vous n'en faites pas cas. Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j'ai prise pour vous autres.

" Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservée le septième, et on ne veut pas me l'accorder. C'est ce qui appesantit tant le bras de mon Fils.

" Ceux qui conduisent les charrettes ne savent pas parler sans y mettre le Nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.

" Si la récolte se gâte, ce n'est qu'à cause de vous autres.

" Je vous l'ai fait voir l'année passée par les pommes de terre ; vous n'en avez pas fait cas ; c'est au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, et vous mettiez le Nom de mon Fils. Elles vont continuer à se gâter, à la Noël il n'y en aura plus."

 

" Ici je cherchais à interpréter la parole : pommes de terre ; je croyais comprendre que cela signifiait pommes. La belle et bonne Dame devinant ma pensée reprit ainsi :

La traduction en français est celle-ci :

 

" Si la récolte se gâte, ce n'est rien que pour vous autres ; je vous l'ai fait voir l'année passée par les pommes de terre, et vous n'en avez pas fait cas ; c'était au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, et vous mettiez le nom de mon Fils. Elles vont continuer à se gâter, et, à la Noël, il n'y en aura plus.

" Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer.

" Tout ce que vous sèmerez, les bêtes le mangeront ; et ce qui viendra, tombera tout en poussière quand vous le battrez, les petits enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront ; les autres feront pénitence par la faim. Les noix deviendront mauvaises ; les raisins pourriront."

 

" Ici, la belle Dame qui me ravissait, resta un moment sans se faire entendre ; je voyais cependant qu'elle continuait, comme si elle parlait, de remuer gracieusement ses aimables lèvres. Maximin recevait alors son secret. Puis, s'adressant à moi, la Très Sainte Vierge me parla et me donna un secret en français. Ce secret, le voici tout entier, et tel qu'elle me l'a donné :

 

III

Notre-Dame de La Salette :  

" Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant ne sera pas toujours secret ;

vous pourrez le publier en 1858."

 

" Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres, par leur mauvaise vie, par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les saints mystères, par l'amour de l'argent, l'amour de l'honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d'impureté. Oui, les prêtres demandent vengeance, et la vengeance est suspendue sur leur tête. Malheur aux prêtres et aux personnes consacrées à Dieu, lesquelles, par leurs infidélités et leur mauvaise vie, crucifient de nouveau mon Fils ! Les péchés des personnes consacrées à Dieu crient vers le Ciel et appellent la vengeance, et voilà que la vengeance est à leurs portes, car il ne se trouve plus personne pour implorer miséricorde et pardon pour le peuple ; il n'y a plus d'âmes généreuses, il n'y a plus personne digne d'offrir la Victime sans tache à l'Eternel en faveur du monde.

" Dieu va frapper d'une manière sans exemple.

" Malheur aux habitants de la terre : Dieu va épuiser sa colère, et personne ne pourra se soustraire à tant de maux réunis.

" Les chefs, les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la pénitence, et le démon a obscurci leur intelligence ; ils sont devenus ces étoiles errantes que le vieux diable traînera avec sa queue pour les faire périr. Dieu permettra au vieux serpent de mettre des divisions parmi les régnants, dans toutes les sociétés et dans toutes les familles ; on souffrira des peines physiques et morales ; Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes et enverra des châtiments qui se succéderont pendant plus de trente-cinq ans.

" La société est à la veille des fléaux les plus terribles et des plus grands événements ; on doit s'attendre à être gouverné par une verge de fer et à boire le calice de la colère de Dieu.

" Que le Vicaire de mon Fils, le Souverain Pontife Pie IX ne sorte plus de Rome après l'année 1859 ; mais qu'il soit ferme et généreux, qu'il combatte avec les armes de la foi et de l'amour ; je serai avec lui.

" Qu'il se méfie de Napoléon ; son cœur est double, et quand il voudra être à la fois Pape et empereur, bientôt Dieu se retirera de lui : il est cet aigle qui, voulant toujours s'élever, tombera sur l'épée dont il voulait se servir pour obliger les peuples à se faire élever.

" L'Italie sera punie de son ambition en voulant secouer le joug du Seigneur des Seigneurs ; aussi elle sera livrée à la guerre ; le sang coulera de tous côtés : les églises seront fermées ou profanées ; les prêtres, les religieux seront chassés ; on les fera mourir, et mourir d'une mort cruelle. Plusieurs abandonneront la foi et le nombre des prêtres et des religieux qui se sépareront de la vraie religion sera grand ; parmi ces personnes il se trouvera même des évêques.

" Que le Pape se tienne en garde contre les faiseurs de miracles, car le temps est venu que les prodiges les plus étonnants auront lieu sur la terre et dans les airs.

" En l'année 1864, Lucifer avec un grand nombre de démons seront détachés de l'enfer : ils aboliront la foi peu à peu et même dans les personnes consacrées à Dieu ; ils les aveugleront d'une telle manière, qu'à moins d'une grâce particulière, ces personnes prendront l'esprit de ces mauvais anges ; plusieurs maisons religieuses perdront entièrement la foi et perdront beaucoup d'âmes.

" Les mauvais livres abonderont sur la terre, et les esprits de ténèbres répandront partout un relâchement universel pour tout ce qui regarde le service de Dieu ; ils auront un très grand pouvoir sur la nature ; il y aura des églises pour servir ces esprits. Des personnes seront transportées d'un lieu à un autre par ces esprits mauvais, et même des prêtres, parce qu'ils ne se seront pas conduits par le bon esprit de l'Evangile, qui est un esprit d'humilité, de charité et de zèle pour la gloire de Dieu. On fera ressusciter des morts et des justes [par le pouvoir illusoire des esprits mauvais ou par des invocations spirites - cela va de soi].

" Il y aura en tous lieux des prodiges extraordinaires, parce que la vraie foi s'est éteinte et que la fausse lumière éclaire le monde. Malheur aux Princes de l'Eglise qui ne seront occupés qu'à entasser richesses sur richesses, qu'à sauvegarder leur autorité et à dominer avec orgueil !

" Le Vicaire de mon Fils aura beaucoup à souffrir, parce que pour un temps l'Eglise sera livrée à de grandes persécutions : ce sera le temps des ténèbres ; l'Eglise aura une crise affreuse.

" La sainte foi de Dieu étant oubliée, chaque individu voudra se guider par lui-même et être supérieur à ses semblables. On abolira les pouvoirs civils et ecclésiastiques, tout ordre et toute justice seront foulés aux pieds ; on ne verra qu'homicides, haine, jalousie, mensonge et discorde, sans amour pour la patrie ni pour la famille.

" Le Saint-Père souffrira beaucoup. Je serai avec lui jusqu'à la fin pour recevoir son sacrifice.

" Les méchants attenteront plusieurs fois à sa vie sans pouvoir nuire à ses jours ; mais ni lui ni son successeur... ne verront le triomphe de l'Eglise de Dieu.

" Les gouvernants civils auront tous un même dessein qui sera d'abolir et de faire disparaître tout principe religieux, pour faire place au matérialisme, à l'athéisme, au spiritisme et à toutes sortes de vices.

" Dans l'année 1865, on verra l'abomination dans les lieux saints ; dans les couvents, les fleurs de l'Eglise seront putréfiées et le démon se rendra comme le roi des cœurs. Que ceux qui sont à la tête des communautés religieuses se tiennent en garde pour les personnes qu'ils doivent recevoir, parce que le démon usera de toute sa malice pour introduire dans les ordres religieux des personnes adonnées au péché, car les désordres et l'amour des plaisirs charnels seront répandus par toute la terre.

" La France, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre seront en guerre ; le sang coulera dans les rues ; le Français se battra avec le Français, l'Italien avec l'Italien ; ensuite il y aura une guerre générale qui sera épouvantable. Pour un temps, Dieu ne se souviendra plus de la France ni de l'Italie, parce que l'Evangile de Jésus-Christ n'est plus connu. Les méchants déploieront toute leur malice ; on se tuera, on se massacrera mutuellement jusque dans les maisons.

" Au premier coup de son épée foudroyante, les montagnes et la nature entière trembleront d'épouvante, parce que les désordres et les crimes des hommes percent la voûte des cieux. Paris sera brûlé et Marseille englouti ; plusieurs grandes villes seront ébranlées et englouties par des tremblements de terre ; on croira que tout est perdu ; on ne verra qu'homicides, on n'entendra que bruits d'armes et que blasphèmes. Les justes souffriront beaucoup ; leurs prières, leur pénitence et leurs larmes monteront jusqu'au Ciel, et tout le peuple de Dieu demandera pardon et miséricorde, et demandera mon aide et mon intercession. Alors Jésus-Christ, par un acte de sa justice et de sa grande miséricorde pour les justes, commandera à ses anges que tous ses ennemis soient mis à mort. Tout à coup les persécuteurs de l'Eglise de Jésus-Christ et tous les hommes adonnés au péché périront, et la terre deviendra comme un désert (1). Alors se fera la paix, la réconciliation de Dieu avec les hommes ; Jésus-Christ sera servi, adoré et glorifié ; la charité fleurira partout. Les nouveaux rois seront le bras droit de la Sainte Eglise, qui sera forte, humble, pieuse, pauvre, zélée et imitatrice des vertus de Jésus-Christ. L'Evangile sera prêché partout, et les hommes feront de grands progrès dans la foi, parce qu'il y aura unité parmi les ouvriers de Jésus-Christ et que les hommes vivront dans la crainte de Dieu.

" Cette paix parmi les hommes ne sera pas longue : vingt-cinq ans d'abondantes récoltes leur feront oublier que les péchés des hommes sont cause de toutes les peines qui arrivent sur la terre.

" Un avant-coureur de l'Antéchrist, avec ses troupes de plusieurs nations, combattra contre le vrai Christ, le seul Sauveur du monde ; il répandra beaucoup de sang et voudra anéantir le culte de Dieu pour se faire regarder comme un Dieu.

" La terre sera frappée de toutes sortes de plaies ; il y aura des guerres jusqu'à la dernière guerre, qui sera alors faite par les dix rois de l'Antéchrist (2), lesquels rois auront tous un même dessein et seront les seuls qui gouverneront le monde. Avant que ceci arrive, il y aura une espèce de fausse paix dans le monde ; on ne pensera qu'à se divertir ; les méchants se livreront à toutes sortes de péchés ; mais les enfants de la Sainte Eglise, les enfants de la foi, mes vrais imitateurs, croîtront dans l'amour de Dieu et dans les vertus qui me sont les plus chères. Heureuses les âmes humbles conduites par l'Esprit-Saint ! Je combattrai avec elles jusqu'à ce qu'elles arrivent à la plénitude de l'âge.

" La nature demande vengeance pour les hommes, et elle frémit d'épouvante dans l'attente de ce qui doit arriver à la terre souillée de crimes.

" Tremblez, terre, et vous qui faites profession de servir Jésus-Christ et qui au-dedans vous adorez vous-mêmes, tremblez ; car Dieu va vous livrer à son ennemi, parce que les lieux saints sont dans la corruption ; beaucoup de couvents ne sont plus les maisons de Dieu, mais les pâturages d'Asmodée et des siens.

" Ce sera pendant ce temps que naîtra l'Antéchrist, d'une religieuse hébraïque, d'une fausse vierge qui aura communication avec le vieux serpent, le maître de l'impureté ; son père sera Ev. ; en naissant, il vomira des blasphèmes, il aura des dents ; en un mot, ce sera le diable incarné ; il poussera des cris effrayants, il fera des prodiges, il ne se nourrira que d'impureté. Il aura des frères qui, quoiqu'il ne soient pas comme lui des démons incarnés, seront des enfants de mal ; à douze ans, ils se feront remarquer par leurs vaillantes victoires, chacun à la tête des armées, assistés par des légions de l'enfer.

" Les saisons seront changées, la terre ne produira que de mauvais fruits, les astres perdront leurs mouvements réguliers, la lune ne reflétera qu'une faible lumière rougeâtre ; l'eau et le feu donneront au globe de la terre des mouvements convulsifs et d'horribles tremblements de terre, qui feront engloutir des montagnes, des villes, etc.

" Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist (3).

" Les démons de l'air avec l'Antéchrist feront de grands prodiges sur la terre et dans les airs, et les hommes se pervertiront de plus en plus. Dieu aura soin de ses fidèles serviteurs et des hommes de bonne volonté ; l'Evangile sera prêché partout, tous les peuples et toutes les nations auront connaissance de la vérité.

" J'adresse un pressant appel à la terre : j'appelle les vrais disciples du Dieu vivant et régnant dans les cieux ; j'appelle les vrais imitateurs du Christ fait homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j'appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit ; enfin j'appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l'humilité, dans le mépris et dans le silence, dans l'oraison et dans la mortification, dans la chasteté et dans l'union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et viennent éclairer la terre. Allez, et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. Que votre zèle vous rende comme des affamés pour la gloire et l'honneur de Jésus-Christ. Combattez, enfants de lumière, vous, petit nombre qui y voyez ; car voici le temps des temps, la fin des fins.

" L'Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. Mais voilà Enoch et Elie remplis de l'Esprit de Dieu ; ils prêcheront avec la force de Dieu, et les hommes de bonne volonté croiront en Dieu, et beaucoup d'âmes seront consolées ; ils feront de grands progrès par la vertu du Saint-Esprit et condamneront les erreurs diaboliques de l'Antéchrist.

" Malheur aux habitants de la terre ! Il y aura des guerres sanglantes et des famines ; des pestes et des maladies contagieuses ; il y aura des pluies d'une grêle effroyable d'animaux ; des tonnerres qui ébranleront des villes ; des tremblements de terre qui engloutiront des pays ; on entendra des voix dans les airs ; les hommes se battront la tête contre les murailles ; ils appelleront la mort, et, d'un autre côté, la mort fera leur supplice ; le sang coulera de tous côtés. Qui pourra vaincre, si Dieu ne diminue le temps de l'épreuve ? Par le sang, les larmes et les prières des justes, Dieu se laissera fléchir ; Enoch et Elie seront mis à mort ; Rome païenne disparaîtra ; le feu du ciel tombera et consumera trois villes ; tout l'univers sera frappé de terreur, et beaucoup se laisseront séduire parce qu'ils n'ont pas adoré le vrai Christ vivant parmi eux [4]. Il est temps ; le soleil s'obscurcit ; la foi seule vivra.

" Voici le temps ; l'abîme s'ouvre. Voici le roi des rois des ténèbres. Voici la Bête avec ses sujets, se disant le Sauveur du monde. Il s'élèvera avec orgueil dans les airs pour aller jusqu'au ciel ; il sera étouffé par le souffle de saint Michel Archange. Il tombera, et la terre qui, depuis trois jours, sera en de continuelles évolutions, ouvrira son sein plein de feu ; il sera plongé pour jamais avec tous les siens dans les gouffres éternels de l'enfer. Alors l'eau et le feu purifieront la terre et consumeront les œuvres de l'orgueil des hommes, et tout sera renouvelé : Dieu sera servi et glorifié (5)."

1) Cf. Isaïe, 6, 11 ; 13 : 9 ; 24 : 5-6 ; 26 : 10 ; 6 : 12 ; II Pierre, 3 : 7 ; Apocalypse, 20 : 5-6 ; St Irénée de Lyon, le " fondateur de la théologie catholique ", Contre les hérésies (ou La fausse gnose démasquée et réfutée), V, 35, 1 ; 34 : 2 ; Apocalypse, 9 : 13-15 : " Le sixième ange sonna de la trompette et j'entendis une voix qui venait des quatre coins de l'autel d'or placé devant Dieu. Elle disait au sixième ange, - celui qui tenait la trompette - : " Délie les quatre anges qui sont enchaînés sur le grand fleuve de l'Euphrate ". Et on délia les quatre anges qui se tenaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année, afin de faire périr le tiers des hommes."

2) St Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 26, 1 ; Apocalypse, 17 : 12.

3) Cf. II Thessaloniciens, 2 : 3-4.

Cardinal John Henri Newman (1801-1891), Développement de la doctrine chrétienne, preuves de la vérité de la foi catholique, ouv. cité plus haut, page 85 :

" La grandeur du mal est l'indice de la fin prochaine. Le fidèle s'écrie : Combien le temps est long ! comme si les épreuves abattaient sa raison aussi bien que sa patience. Trois ans et demi compléteront le règne de l'Antéchrist [cf. Apocalypse, 11 : 1-13].

" Le monde est toujours corrompu. On n'a aucune objection à faire à cette assertion, et cependant, en dépit de cela, le mal ne dépasse pas les mesures et ne déborde pas ; car il s'élève du combat extérieur du vice et de la vertu qui le maintiennent ; mais que l'Église disparaisse, et le monde finira."

4) Mais adoré Maitreya, le nouveau et faux Messie et faux Prophète des derniers temps (cf. Apocalypse, XIX, 20).

5) Cahiers Parousie, I, Éléments pour Cercles d'Études Bibliques, abbé Tissier, Éditions Saint-Michel, Saint-Cénéré (Mayenne), 1967, pages 232-233 :

" [...] Avant de terminer, signalons qu'en 1911 paraissait à Rome un ouvrage intitulé INTERPRÉTATION LITTÉRALE DE L'APOCALYPSE ET SA CORRESPONDANCE AVEC TOUS LES AUTRES LIVRES DE L'ÉCRITURE, par le docteur en théologie Ezaguire.

" L'auteur y démontre que l'espérance du Règne de Notre-Seigneur sur un monde régénéré par le fait de son intervention personnelle et visible, c'est-à-dire son apparition, FAIT PARTIE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE.

" Cet ouvrage est pourvu de deux " imprimatur " : l'un du R. P. Lepidi, O. P., secrétaire de la Congrégation de l'Index ; l'autre, de S. E. Mgr Cepeletti, patriarche de Constantinople.

" L'auteur y déclare être venu à Rome non seulement pour y contrôler ses conclusions avec l'enseignement du Magistère infaillible, mais encore pour s'enquérir auprès de celui-ci de l'opportunité d'une telle publication. Or, c'est le pape Pie X, lui-même, qui a donné le certificat d'opportunité."

Id., pages 116 et 117 :

" [...] Or, dès qu'il fit jour, les anciens du peuple, les princes des prêtres et les scribes se réunirent et amenèrent Jésus dans leur assemblée. Ils dirent : " Si tu es le Christ, dis-le nous ". Il leur répondit : " Si je vous le dis, vous ne le croirez pas et ne me laisserez pas aller, mais désormais, le Fils de l'Homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu ". Alors ils dirent : " Tu es donc le Fils de Dieu ? " Il leur répondit : " Vous le dites, je le suis " (Luc, 22 : 66-71 ; cf. Daniel, 7 : 13-14).

" Enfin, vers le milieu de la matinée, " Pilate, étant rentré dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : " Es-tu le roi des Juifs ? " Jésus répondit : " Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? " Pilate répondit : " Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et le chef des prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait ? " Jésus répondit : " Mon Royaume n'est pas de ce monde ; si mon Royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs, mais MAINTENANT [trad. du grec, nun, du latin, nunc], MON ROYAUME N'EST PAS D'ICI BAS ". Pilate lui dit : " Tu es donc roi ? " Jésus répondit : " Tu le dis, je suis Roi. Moi, je suis né et je suis venu dans le monde à seule fin de rendre témoignage à la vérité " (Jean, 18 : 33-37).

" [...] Il est indiscutable que l'accusation de lèse-majesté, portée par les Juifs devant Pilate, a pour fondement la citation de Daniel [7 : 13-14, 27] faite par Jésus en réponse à la solennelle question du grand-prêtre et aux deux séances du Sanhédrin. Or la vision de Daniel a trait à la royauté future du Messie.

" [...] Jésus ne rectifie donc pas la pensée du " Royaume " en la replaçant sur le plan prétendu spirituel (et les paroles : " Je suis dans le monde pour rendre témoignage à la vérité " n'infirment pas le moins du monde cette remarque), il la rectifie en mettant dans la pensée de Pilate la même perspective qu'il avait mise jadis dans celle de ses disciples (cf. Luc, 17 : 20-27). Son Royaume est bien temporel, il doit bien s'établir sur la nation juive (cf. Luc, 1 : 32), mais PAS MAINTENANT, PLUS TARD, " quand le temps des nations serait accompli " (Luc, 21 : 24, 34-36), ainsi qu'il le rappelait aux siens trois jours auparavant. [...] ".

 

IV

 

" Ensuite la Sainte Vierge me donna, aussi en Français, la Règle d'un nouvel Ordre religieux.

" Après m'avoir donné la Règle de ce nouvel Ordre religieux, la Sainte Vierge reprit ainsi la suite du Discours :

" S'ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en blé, et les pommes de terre se trouveront ensemencées par les terres.

" Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? "

" Nous répondîmes tous les deux :

" Oh ! non, Madame, pas beaucoup."

" Ah ! mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin. Quand vous ne pourrez pas mieux faire, dites un Pater et un Ave Maria ; et quand vous aurez le temps et que vous pourrez mieux faire, vous en direz davantage.

" Il ne va que quelques femmes un peu âgées à la Messe ; les autres travaillent tout l'été le dimanche ; et l'hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la Messe que pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la boucherie comme des chiens.

" N'avez-vous pas vu du blé gâté, mes enfants ? "

" Tous les deux nous avons répondu :

" Oh ! non, Madame."

" La Sainte Vierge s'adressant à Maximin :

" Mais toi, mon enfant, tu dois bien en avoir vu une fois vers le Coin, avec ton père. L'homme de la pièce dit à ton père : "Venez voir comme mon blé se gâte". Vous y allâtes. Ton père prit deux ou trois épis dans sa main, il les frotta, et ils tombèrent en poussière. Puis, en vous en retournant, quand vous n'étiez plus qu'à demi-heure de Corps, ton père te donna un morceau de pain en disant : " Tiens, mon enfant, mange cette année, car je ne sais pas qui mangera l'année prochaine, si le blé se gâte comme cela ".

" Maximin répondit : " C'est bien vrai, Madame, je ne me le rappelais pas."

" La Très Sainte Vierge a terminé son discours en français :

" Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple."

" La très belle Dame traversa le ruisseau ; et, à deux pas du ruisseau, sans se retourner vers nous qui la suivions (parce qu'elle attirait à elle par son éclat et plus encore par sa bonté qui m'enivrait, qui semblait me faire fondre le cœur), elle nous dit encore :

" Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple."

 

" Puis elle a continué de marcher jusqu'à l'endroit où j'étais montée pour regarder où étaient nos vaches. Ses pieds ne touchaient que le bout de l'herbe sans la faire plier. Arrivée sur la petite hauteur, la belle Dame s'arrêta, et vite je me plaçai devant elle pour bien, bien la regarder et tâcher de savoir quel chemin elle inclinait le plus à prendre ; car c'était fait de moi, j'avais oublié et mes vaches et les maîtres chez lesquels j'étais en service ; je m'étais attachée pour toujours et sans condition à Ma Dame ; oui, je voulais ne plus jamais, jamais la quitter ; je la suivais sans arrière-pensée, et dans la disposition de la servir tant que je vivrai.

" Avec Ma Dame je croyais avoir oublié le paradis ; je n'avais plus que la pensée de bien la servir en tout ; et je croyais que j'aurais pu faire tout ce qu'Elle m'aurait dit de faire, car il me semblait qu'Elle avait beaucoup de pouvoir. Elle me regardait avec une tendre bonté qui m'attirait à elle ; j'aurais voulu, avec les yeux fermés, m'élancer dans ses bras. Elle ne m'a pas donné le temps de le faire. Elle s'est élevée insensiblement de terre à une hauteur d'environ un mètre et plus ; et restant ainsi suspendue en l'air un tout petit instant, Ma belle Dame regarda le ciel, puis la terre à sa droite et à sa gauche, puis Elle me regarda avec des yeux si doux, si aimables et si bons, que je croyais qu'Elle m'attirait dans son intérieur, et il me semblait que mon cœur s'ouvrait au sien.

" Et, tandis que mon cœur se fondait en une douce dilatation, la belle figure de Ma bonne Dame disparaissait peu à peu : il me semblait que la lumière en mouvement se multipliait ou bien se condensait autour de la Très Sainte Vierge, pour m'empêcher de la voir plus longtemps. Ainsi la lumière prenait la place des parties du corps qui disparaissait à mes yeux ; ou bien il semblait que le corps de Ma Dame se changeait en lumière en se fondant. Ainsi la lumière en forme de globe s'élevait doucement en direction droite.

" Je ne puis pas dire si le volume de lumière diminuait à mesure qu'elle s'élevait, ou bien si c'était l'éloignement qui faisait que je voyais diminuer la lumière à mesure qu'elle s'élevait ; ce que je sais, c'est que je suis restée la tête levée et les yeux fixés sur la lumière, même après que cette lumière, qui allait toujours en s'éloignant et diminuant de volume, eut fini par disparaître.

" Mes yeux se détachent du firmament, je regarde autour de moi, je vois Maximin qui me regardait, je lui dis : " Mémin, cela doit être le bon Dieu de mon Père, ou la Sainte Vierge, ou quelque grande sainte." Et Maximin lançant la main en l'air, il dit : " Ah ! si je l'avais su ! "

 

V

 

" Le soir du 19 septembre, nous nous retirâmes un peu plus tôt qu'à l'ordinaire. Arrivée chez mes maîtres, je m'occupais à attacher mes vaches et à mettre tout en ordre dans l'écurie. Je n'avais pas terminé que ma maîtresse vint à moi en pleurant et me dit : " Pourquoi, mon enfant, ne venez-vous me dire ce qui vous est arrivé sur la montagne ? Maximin, n'ayant pas trouvé ses maîtres qui ne s'étaient pas encore retirés de leurs travaux, était venu chez les miens et avait raconté tout ce qu'il avait vu et entendu ". Je lui répondis : " Je voulais bien vous le dire, mais je voulais finir mon ouvrage auparavant ". Un moment après, je me rendis dans la maison, et ma maîtresse me dit : " Racontez ce que vous avez vu ; le berger de Bruite (c'était le surnom de Pierre Selme, maître de Maximin) m'a tout raconté ".

" Je commence, et, vers la moitié du récit, mes maîtres arrivèrent de leurs champs. Ma maîtresse, qui pleurait en entendant les plaintes et les menaces de notre tendre Mère, dit : " Ah ! vous vouliez ramasser le blé demain (dimanche) ; gardez-vous en bien, venez entendre ce qui est arrivé aujourd'hui à cette enfant et au berger de Pierre Selme ". Et, se tournant vers moi, elle dit : " Recommencez tout ce que vous avez dit ". Je recommence et, quand j'eus terminé, mon maître dit : "C'est la Sainte Vierge ou bien une grande sainte, qui est venue de la part du Bon Dieu, mais c'est comme si le Bon Dieu était venu lui-même ; il faut faire ce que cette Sainte a dit. Comment allez-vous faire pour dire tout cela à tout son peuple?" Je lui répondis : " Vous me direz comment je dois faire et je le ferai ". Ensuite il ajouta en regardant sa mère, sa femme et son frère : " Il faut y penser ". Puis chacun se retira à ses affaires.

" C'était après le souper. Maximin et ses maîtres vinrent chez les miens pour raconter ce que Maximin leur avait dit et pour savoir ce qu'il y avait à faire. " Car, dirent-ils, il nous semble que c'est la Sainte Vierge qui a été envoyée par le Bon Dieu ; les paroles qu'Elle a dites le font croire. Et elle leur a dit de les faire passer à tout son peuple ; il faudra peut-être que ces enfants parcourent le monde entier pour faire connaître qu'il faut que tout le monde observe les commandements du Bon Dieu, sinon de grands malheurs vont arriver sur nous."

" Après un moment de silence, mon maître dit, en s'adressant à Maximin et à moi : " Savez-vous ce que vous devez faire, mes enfants ? Demain, levez-vous de bon matin, allez tous deux à M. le Curé et racontez-lui tout ce que vous avez vu et entendu ; dites-lui bien comment la choses s'est passée : il vous dira ce que vous avez à faire."

" Le 20 septembre, lendemain de l'Apparition, je partis de bonne heure avec Maximin. Arrivés à la cure, je frappe à la porte. La domestique de M. le Curé vint ouvrir et demanda ce que nous voulions. Je lui dis (en français, moi qui ne l'avais jamais parlé) : " Nous voudrions parler à M. le Curé ". " Et que voulez-vous lui dire ", nous demanda-t-elle. " Nous voulons lui dire, Mademoiselle, qu'hier nous sommes allés garder nos vaches sur la montagne des Baisses, et après avoir dîné, etc., etc. Nous lui racontâmes une bonne partie du discours de la Très Sainte Vierge. Alors la cloche de l'église sonna : c'était le dernier coup de la Messe. M. l'abbé Perrin, curé de La Salette, qui nous avait entendus, ouvrit sa porte avec fracas ; il pleurait ; il se frappait la poitrine ; il nous dit : " Mes enfants, nous sommes perdus, Dieu va nous punir. Ah! Mon Dieu, c'est la Sainte Messe. Nous nous regardâmes avec Maximin et la domestique ; puis Maximin me dit : " Moi, je m'en vais chez mon père à Corps ". Et nous nous séparâmes.

" N'ayant pas reçu d'ordre de mes maîtres de me retirer aussitôt après avoir parlé à M. le Curé, je crus ne pas faire mal en assistant à la Messe. Je fus donc à l'église. La Messe commence et après le premier Evangile, M. le Curé se tourne vers le peuple et essaie de raconter à ses paroissiens l'Apparition qui venait d'avoir lieu, la veille, sur une de leurs montagnes, et les exhorte à ne plus travailler le dimanche ; sa voix était très entrecoupée par des sanglots, et tout le peuple était très, très ému. Après la Sainte Messe, je me retirai chez mes maîtres. M. Peytard, qui est encore aujourd'hui (le 21 novembre 1878, date de la rédaction du présent écrit) maire de La Salette y vint m'interroger sur le fait de l'Apparition, et, après s'être assuré de la vérité de ce que je lui disais, il se retira convaincu.

" Je continuait de rester au service de mes maîtres jusqu'à la fête de la Toussaint. Ensuite je fus mise comme pensionnaire chez les religieuses de la Providence, dans mon pays à Corps.

 

VI

 

" La Très Sainte Vierge était grande et bien proportionnée. Elle paraissait être si légère qu'avec un souffle on l'aurait fait remuer, cependant elle était immobile et bien posée. Sa physionomie était majestueuse, imposante, mais non imposante comme le sont les Seigneurs d'ici-bas. Elle imposait une crainte respectueuse. En même temps que Sa Majesté imposait du respect mêlé d'amour, elle attirait à elle. Son regard était doux et pénétrant ; ses yeux semblaient parler avec les miens, mais la conversation venait d'un profond et vif sentiment d'amour envers cette beauté ravissante qui me liquéfiait. La douceur de son regard, son air de bonté incompréhensible faisaient comprendre et sentir qu'elle attirait à elle et qu'elle voulait se donner ; c'était une expression d'amour qui ne peut s'exprimer avec la langue de chair ni avec les lettres de l'alphabet.

" Le vêtement de la Très Sainte Vierge était blanc argenté et tout brillant. Il n'avait rien de matériel : il était composé de lumière et de gloire, variant et scintillant ; sur la terre il n'y a pas d'expression ni de comparaison à donner.

" La Sainte Vierge était toute belle et toute formée d'amour ; en la regardant je languissais de me fondre en elle. Dans ses atours comme dans sa personne tout respirait la majesté, la splendeur, la magnificence d'une Reine incomparable. Elle paraissait blanche, immaculée, cristallisée, éblouissante, céleste, fraîche, neuve, comme une Vierge ; il semblait que la parole AMOUR s'échappait de ses lèvres argentées et toutes pures. Elle me paraissait comme une bonne Mère, pleine de bonté, d'amabilité, d'amour pour nous, de compassion, de miséricorde.

" La couronne de roses qu'elle avait mise sur sa tête était si belle, si brillante qu'on ne peut pas s'en faire une idée ; les roses de diverses couleurs n'étaient pas de la terre ; c'était une réunion de fleurs qui entouraient la tête de la Très Sainte Vierge en forme de couronne ; mais les roses se changeaient et se remplaçaient, puis, du cœur de chaque rose il sortait une si belle lumière qu'elle ravissait et rendait les roses d'une beauté éclatante. De la couronne de roses s'élevaient comme des branches d'or et une quantité d'autres petites fleurs mêlées avec des brillants. Le tout formait un très beau diadème, qui brillait tout seul plus que notre soleil de la terre.

" La Sainte Vierge avait une très jolie croix suspendue à son cou. Cette croix paraissait être dorée, je dis dorée pour ne pas dire une plaque d'or ; car j'ai vu quelques fois des objets dorés avec diverses nuances d'or, ce qui faisait à mes yeux un bien plus bel effet qu'une simple plaque d'or. Sur cette belle croix toute brillante de lumière était un Christ, c'était Notre Seigneur, les bras étendus sur la croix. Presque aux deux extrémités de la croix, d'un côté il y avait un marteau, de l'autre une tenaille. Le Christ était couleur de chair naturelle, mais il brillait d'un grand éclat ; et la lumière qui sortait de tout son corps paraissait comme des dards très brillants qui me fendaient le cœur du désir de me fondre en lui. Quelquefois, le Christ paraissait être mort ; il avait la tête penchée et le corps était comme affaissé, comme pour tomber, s'il n'avait été retenu par les clous qui le retenaient à la croix.

" J'en avais une vive compassion, et j'aurais voulu dire au monde entier son amour inconnu et infiltrer dans les âmes des mortels l'amour le plus senti et la reconnaissance la plus vive envers un Dieu qui n'avait nullement besoin de nous pour être tout ce qu'il est, ce qu'il était et ce qu'il sera toujours ; et pourtant, ô amour incompréhensible à l'homme, il s'est fait homme et il a voulu mourir, oui, mourir, pour mieux écrire dans nos âmes et dans notre mémoire l'amour qu'il a pour nous ! Oh ! que je suis malheureuse de me trouver si pauvre en expressions pour redire l'amour de notre bon Sauveur pour nous ; mais, d'un autre côté, que nous sommes heureux de pouvoir sentir mieux ce que nous ne pouvons exprimer !

" D'autres fois, le Christ semblait vivant ; il avait la tête droite, les yeux ouverts, et paraissait être sur la croix par sa propre volonté. Quelquefois aussi, il paraissait parler : il semblait montrer qu'il était en croix pour nous, par amour pour nous, pour nous attirer à son amour, qu'il a toujours un amour nouveau pour nous, que son amour du commencement et de l'année 33 est toujours celui d'aujourd'hui et qu'il sera toujours.

"La Sainte Vierge pleurait presque tout le temps qu'elle me parla. Ses larmes coulaient une à une, lentement jusqu'à ses genoux, puis, comme des étincelles de lumière, elles disparaissaient. Elles étaient brillantes et pleines d'amour. J'aurais voulu la consoler et qu'elle ne pleurât plus ; mais il me semblait qu'elle avait besoin de montrer ses larmes pour mieux montrer son amour oublié des hommes. J'aurais voulu me jeter dans ses bras et lui dire : " Ma bonne Mère, ne pleurez pas ! Je veux vous aimer pour tous les hommes de la terre." Mais il me semblait qu'elle me disait : " Il y en a tant qui ne me connaissent pas !"

" J'étais entre la mort et la vie en voyant, d'un côté, tant d'amour, tant de désir d'être aimée, et d'un autre côté, tant de froideur et d'indifférence... Oh ! ma Mère, Mère toute belle et tout aimable, mon amour, cœur de mon cœur !

" Les larmes de notre tendre Mère, loin d'amoindrir son air de Majesté, de Reine et de Maîtresse, semblaient au contraire l'embellir, la rendre plus belle, plus puissante, plus remplie d'amour, plus maternelle, plus ravissante, et j'aurais mangé [sic] ses larmes qui faisaient sauteur mon cœur de compassion et d'amour. Voir pleurer une mère, et une telle Mère ! sans prendre tous les moyens imaginables pour la consoler, pour changer ses douleurs en joie, cela se comprend-il ? O Mère plus que bonne, vous avez été formée de toutes les prérogatives dont Dieu est capable ; vous avez comme épuisé la puissance de Dieu ; vous être bonne et puis bonne de la bonté de Dieu même. Dieu s'est agrandi en vous formant son chef d'œuvre terrestre et céleste.

" La Très Sainte Vierge Marie avait un tablier jaune. Que dis-je, jaune ? Elle avait un tablier plus brillant que plusieurs soleils ensemble. Ce n'était pas une étoffe matérielle, c'était un composé de gloire, et cette gloire était scintillante et d'une beauté ravissante. Tout en la Sainte Vierge me portait fortement et me faisait comme glisser à adorer et à aimer mon Jésus dans tous les états de sa vie mortelle.  

" La Très Sainte Vierge avait deux chaînes, l'une un peu plus large que l'autre. A la plus étroite était suspendue la croix dont j'ai fait mention plus haut. Ces chaînes (puisqu'il faut leur donner le nom de chaînes) étaient comme des rayons de gloire d'un grand éclat, variant et scintillant. Les souliers (puisque souliers il faut dire) étaient blancs, mais d'un blanc argenté, brillant ; il y avait des roses autour. Ces roses étaient d'une beauté éblouissante, et du cœur de chaque rose sortait une flamme de lumière très belle et très agréable à voir. Sur les souliers il y avait une boucle en or, non en or de la terre, mais bien de l'or du paradis.

" La vue de la Très Sainte Vierge était elle-même un paradis accompli. Elle avait en elle tout ce qui pouvait satisfaire, car la terre était oubliée.

" La Sainte Vierge était entourée de deux lumières. La première lumière, plus près de la Sainte Vierge, arrivait jusqu'à nous ; elle brillait d'un éclat très beau et très scintillant.

" La seconde lumière s'étendait un peu plus autour de la Belle Dame et nous nous trouvions dans celle-là ; elle était immobile (c'est-à-dire qu'elle ne scintillait pas) mais plus brillante que notre pauvre soleil de la terre. Toutes ces lumières ne faisaient pas mal aux yeux et ne fatiguaient nullement la vue.

" Outre toutes ces lumières, toute cette splendeur, il sortait encore des groupes ou faisceaux ou des rayons de lumière, du corps de la Sainte Vierge, de ses habits et de partout.

" La voix de la Belle Dame était douce ; elle enchantait, ravissait, faisait du bien au cœur ; elle rassasiait, aplanissait tous les obstacles, elle calmait, adoucissait. Il me semblait que j'aurais toujours voulu manger [sic] de sa belle voix, et mon cœur semblait danser ou vouloir aller à sa rencontre pour se liquéfier en elle.

" Les yeux de la Très Sainte Vierge, notre Tendre Mère, ne peuvent pas se décrire par une langue humaine. Pour en parler, il faudrait un séraphin ; il faudrait plus, il faudrait le langage de Dieu même, de ce Dieu qui a formé la Vierge immaculée, chef-d'œuvre de toute sa puissance.

" Les yeux de l'auguste Marie paraissaient mille et mille fois plus beaux que les brillants, les diamants, les pierres précieuses les plus recherchées ; ils brillaient comme deux soleils ; ils étaient doux, de la douceur même, clairs comme un miroir. Dans ses yeux on voyait le paradis. Ils attiraient à Elle. Il semblait qu'Elle voulait se donner et attirer.

" Plus je la regardais, plus je la voulais voir ; plus je la voyais, plus je l'aimais, et je l'aimais de toutes mes forces.

" Les yeux de la belle Immaculée étaient comme la porte de Dieu, d'où l'on voyait tout ce qui peut enivrer l'âme. Quand mes yeux se rencontraient avec ceux de la Mère de Dieu et la mienne, j'éprouvais au-dedans de moi-même une heureuse révolution d'amour et de protestation de l'aimer et de me fondre d'amour.

" En nous regardant, nos yeux se parlaient à leur mode, et je l'aimais tant que j'aurais voulu l'embrasser dans le milieu de ses yeux qui attendrissaient mon âme et semblaient l'attirer et la faire fondre avec la sienne. Ses yeux me plantèrent un doux tremblement dans tout mon être ; et je craignais de faire le moindre mouvement qui pût lui être désagréable tant soit peu.

" Cette seule vue des yeux de la plus pure des Vierges aurait suffi pour être le Ciel d'un bienheureux ; aurait suffit pour faire entrer une âme dans la plénitude des volontés du Très-Haut parmi tous les événements qui arrivent dans le cours de la vie mortelle ; aurait suffi pour faire faire à cette âme de continuels actes de louange, de remerciement, de réparation et d'expiation. Cette seule vue concentre l'âme en Dieu et la rend comme une morte-vivante, ne regardant toutes les choses de la terre, même les choses qui paraissent les plus sérieuses, que comme des amusements d'enfants ; elle ne voudrait entendre parler que de Dieu et de ce qui touche à Sa gloire.

" Le péché est le seul mal qu'Elle voit sur la terre. Elle en mourrait de douleur si Dieu ne le soutenait. Amen."

Castellamare, le 21 novembre 1878.

Sœur Marie de la Croix, Victime de Jésus,

née Mélanie Calvat, Bergère de La Salette.

Nihil obstat : imprimatur

Datum Lycii ex Curia Ep. Die 15 Nov. 1879

Vicarius Generalis

Carmelus Archus Cosma

 

Abbé Gouin, Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette, née Mélanie CALVAT, Tertiaire de St Dominique, Victime de Jésus, ouvrage cité plus haut, Deuxième Partie, Une mission éprouvée, Après l'Apparition, pp. 76-79 :

L'ENQUÊTE

" Le curé de La Salette, l'abbé Perrin, avait affirmé la réalité miraculeuse de l'Apparition et dit que c'était bien la Sainte Vierge qui s'était montrée aux enfants. Il n'avait pas dit ce que les enfants devaient faire. La vie - la vie ordinaire - continuait. Maximin était rentré à Corps chez son père ; Mélanie acheva chez ses maîtres des Ablandins son engagement de bergère, et revint, à la Toussaint, dans sa famille. Ce fut l'évêque de Grenoble qui disposa du sort des deux voyants. Il avait commencé de prescrire sur l'événement de La Salette une enquête qui ne dura pas moins de cinq ans.

" Il était nécessaire, pendant ce temps, de tenir les deux enfants à la disposition des enquêteurs, et de les entourer d'une surveillance discrète et sûre qui permit de bien connaître leur moralité. Il fallait aussi les instruire. Le pensionnat que les Religieuses de la Providence de Corenc (près de Grenoble) avaient installé à Corps même, offrait toutes les garanties souhaitées. Par les soins de l'évêque, et à ses frais personnels, Mélanie et Maximin y furent placés dès le 2 décembre 1846.

" L'évêque de Grenoble était alors Mgr PHILIBERT DE BRUILLARD. Depuis 1826 à la tête du diocèse, il avait déjà quatre-vingts ans passés, mais sa verdeur physique et son énergie morale étaient telles que son âge n'avait rien entamé de son activité pastorale.

" Mgr DE BRUILLARD est une des plus belles figures du haut clergé de France et une des plus solides exceptions parmi l'épiscopat concordataire et fonctionnarisé de son temps. Sa haute allure aristocratique se tempérait de tant d'affable générosité qu'il était cher aux pauvres. Sa science théologique en faisait vraiment le docteur de ses prêtres ; et sa connaissance des âmes s'appuyait sur une longue et délicate expérience.

" Le bruit courait qu'il était un fils naturel de Louis XV ; il en portait la ressemblance. Son lieu, sa date de naissance, sa première éducation à Dijon restaient imprécises. Ordonné prêtre dans la chapelle de l'archevêché de Paris en septembre 1789, ses fortes études au collège de Navarre et un séminaire de Saint-Sulpice semblaient le promettre au professorat.

" En éclatant dès le mois suivant, la Révolution ferma ces établissements et transforma la destinée du nouveau prêtre. Il aurait pu prêter le serment constitutionnel, il aurait pu émigrer. Il demeura à Paris, indépendant, fidèle. Il y vécut caché sous des déguisements divers, échappa à l'incarcération, et toujours menacé, jamais pris, il devint l'un de ces héroïques aumôniers des condamnés à mort qui, chacun à leur tour, un jour par semaine, accompagnaient secrètement, mêlés à la foule, les charrettes jusqu'à la guillotine et y répondant par la prière sacerdotale et l'absolution suprême [autrement dit un homme digne de ce nom et un saint prêtre !]

" Le jour de " Monsieur Philibert " était le mercredi. Il assista à la mort de Louis XVI, il donna, dit-on, sur le parcours de la charrette, l'absolution à Marie-Antoinette. Il se dépensait aussi, courant Paris et sa banlieue - accoutré souvent en garde national (il avait été incorporé à la garde nationale et cela le préservait) au service des malades et des mourants sans assistance religieuse. Il dirigeait secrètement des religieuses éparses et quand la fin de la Terreur leur permit de rouvrir peu à peu, ici et là, de petites écoles, il s'en fit le chapelain. C'est ainsi qu'il connut et dirigea SOPHIE BARAT et eut une grande part à l'orientation de cette âme choisie et à la fondation, par elle, de la Congrégation enseignante des Dames du Sacré-Cœur.

" En 1803, il est chanoine de Notre-Dame de Paris ; en 1810, curé de Saint-Nicolas de Chardonnet ; en 1821, curé de Saint-Etienne du Mont, la paroisse de presque toute la jeunesse des grandes écoles. C'est de là que le ministère des Cultes l'envoya à Grenoble pour en administrer le vaste diocèse. Mgr DE BRUILLARD depuis vingt ans, y avait manifesté autant de prudence que de fermeté. Aisément accessible à tous, patient et doux, il avait une haute conscience de son autorité, un sentiment profond de ses responsabilités. Souvent réfugié dans l'oraison, menant une vie mortifiée et pauvre, il disposait libéralement de sa fortune personnelle pour le bien de ses diocésains. Quand il fut instruit du fait de La Salette et de la situation des enfants, il se chargea de l'éducation de ceux-ci et même fit une petite pension aux parents de Mélanie.

" Il ne voulut porter de jugement sur l'Apparition qu'après s'être entouré de toutes les précautions d'une impartiale critique. Mgr DE BRUILLARD nomma d'abord, dès décembre 1846, deux commissions, l'une de chanoine, l'autre de professeurs, chargés d'examiner, séparément, toutes les pièces de l'instruction et d'en tirer, sans se concerter nullement, chacune un rapport.

" Ces examens des interrogatoires des enfants, des circonstances de l'Apparition durèrent sept mois. Puis une commission unique de seize membres se réunit, durant huit séances sous la présidence de l'Evêque. Là, l'opposition à la reconnaissance du miracle commença à se faire sentir sourdement. Son principal tenant était le curé de Saint-Joseph de Grenoble, l'abbé Cartelier. Mgr DE BRUILLARD, loin de le contredire, se borna à le prier de préciser ses arguments. Il lui écrit (le 8 janvier 1848) : " J'attends de vous par écrit et promptement, si possible, communication des choses que vous avez apprises sur les enfants, qui jettent un nuage sur leur témoignage et vous le rendent suspect..." (Dossier Chaper, n° 44).

" Ne trouvant pas de preuves de ses insinuations, il inventait le procédé, reproduit après lui tant de fois, de jeter le discrédit sur les voyants.

" Mélanie surtout, moins aimable que Maximin [et surtout plus directe], et plus énigmatique, est alors en butte aux allusions vagues, mais pernicieuses, qui s'infiltrent dans les conversations des uns et des autres, allaient bientôt l'atteindre et tenter de déformer son témoignage et de dénigrer sa personne.

" L'enquête néanmoins aboutit au Mandement doctrinal par lequel Mgr DE BRUILLARD concluait à la réalité miraculeuse de l'Apparition et autorisait les pèlerinages à La Salette. Signé du 19 septembre 1851, il fut lu en chaire dans tout le diocèse de Grenoble le 16 novembre suivant. Et, en mai 1852, en dépit de son grand âge, MGR DE BRUILLARD monta à cheval sur la sainte montagne et y posa la première pierre du sanctuaire dédié à Notre-Dame de La Salette. Pour le desservir, il y adjoignit un établissement de Missionnaires. L'approbation de Rome avait été envoyée à l'évêque de Grenoble dès le 7 octobre 1851 (Lettre du cardinal Lambruschini, Préfet de la Sainte Congrégation des rites). Un rescrit pontifical du 4 août 1852 consacra la faveur de l'autel privilégié au nouveau sanctuaire, qui sera plus tard (février 1879) érigé en Basilique."

 

Pour servir à l'histoire réelle de LA SALETTE, Documents III, Nouvelles Editions Latines, 1966, pp. 185, 186 :

J.M.J. - Cusset, 22 janvier 1904

Mon très Révérend et très cher Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

 

Pauvre cher Père, vous avez dû avoir bien froid, surtout à cette heure tardive de la nuit.

Quant à la peur de Mgr l'évêque de Moulins, je le plains de toute mon âme ; et cela d'autant plus qu'il n'a jamais étudié, et encore moins approfondi la divine apparition. Or, tout, tout le discours public, la Règle et le Secret, a été examiné à Rome pendant quatre mois : et rien ne fut relevé contre la doctrine de l'Eglise catholique. Et ce fut pendant que j'étais à Rome, que je dis au cardinal Ferrieri que, pour mieux obéir à la Très Sainte Vierge, j'avais l'intention de publier le divin Message, afin que tous reviennent à Dieu, si nous voulions éviter les châtiments annoncés. " Avez-vous de bonne épaules ? me demanda son Eminence : les Français surtout vont vous tomber dessus ! - Avec l'aide de Dieu, j'aime mieux craindre Dieu que les hommes ".

Sans doute que Monseigneur n'a pas remarqué que le Secret dit que plusieurs évêques perdront la foi (la foi qui sauve).

Venons à M. Bonnet [1], il serait un de ceux dont parle la sainte Ecriture qui ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre, et une intelligence pour ne pas comprendre. Je dirais à ceux-là comme le bon Maximin : " Je suis chargée de vous le dire, non de vous le faire croire ".

Maintenant je proteste fortement contre cette abominable invention, pour ne pas dire gros mensonge : que j'aurais dit à La Salette que le passage relatif au clergé n'était pas de moi. Mais une pensée me vient : si cette personne m'avait dit que la Sainte Vierge n'avait pas pu dire cela du clergé, miroir des vertus, il est possible que j'ai pu répondre (sans explication) que cela n'était pas de moi. Comme de fait, rien du divin Message (public et secret) n'est de moi : je ne suis que l'écho, mais très fidèle de Marie. Donc, c'est compris : dans tout, tout le Message, il n'y a rien de moi : je ne suis que l'écho de la voix très pure, très claire, très pénétrante de notre douce Mère Marie, de celle qui voudrait nous sauver non seulement du déluge de maux, mais du terrible Jugement de condamnation.

Je vous prie, mon très cher Père, de vouloir bénir votre respectueuse et reconnaissante infime servante inutile.

Marie de la Croix, née Calvat (Barnaud).

1) L'abbé Bonnet, le rédacteur des Annales de La Salette et l'un des chapelains du Sanctuaire.

 

Pour servir à l'histoire réelle de LA SALETTE, ouv. cité plus haut, Documents II, Chap.II : Mélanie et l'abbé Roubaud, pp. 64, 65, 69, 70, 79-80, 83, 84-85 :

6:

J.M.J. - Marseille, 3 janvier 1891.

Mon très Révérend Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Aux personnes favorisées de visions sur des événements interrompus par une distance de temps, il leur peut arriver de se tromper de date, parce qu'elles voient se dérouler les événements sans interruption. Dieu ayant tous les temps présents. Au don de la vision il faut encore (quand Dieu le veut) le don d'expliquer la vision. Je puis bien me tromper en disant ces choses, je ne dis que ce que je pense, ce que je crois probable, mon ignorance est si grande !

[...]

7

J.M.J. - Marseille, le 30 janvier 1891.

Mon très Révérend Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Il est possible, et c'est même certain, que les Juifs reprendront leur titre de peuple de Dieu, et que peut-être nous serons rejetés...

[...]

10

J.M.J. - Saint-Barnabé, 2 janvier 1892.

Mon très Révérend Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

[...] Aujourd'hui le monde a changé de langage. Le progrès a démontré que les idiots seulement ont encore une idée fixe qu'il y a un Dieu, un Paradis, un enfer, et que nous avons une âme qui ne meurt pas avec nous. O mon très Révérend Père, c'est incroyable le mal qui se fait, et pas un Pasteur des âmes qui se fasse entendre pour confondre les ennemis de Dieu et de notre sainte religion.

[...]

L'Eglise subsistera toujours, Notre-Seigneur l'a dit ; mais parmi les membres enseignants de l'Eglise, que de traîtres, que d'apostats, que de vendus et que de sectaires, qui ont le caractère ou le signe de la bête aux dix cornes dont parle saint Jean dans sa vision à Patmos ! Mais cette bête semblable à l'Agneau, qui sort de la terre, n'est-elle pas la figure des Ecclésiastiques infidèles ? Je le crois fermement. Heureux tous ceux qui meurent en grâce avec Dieu, car ceux qui vivent verront de tristes et effroyables choses. Nous ne sommes pas encore au commencement de la fin...

[...]

18

Galatina, 27 mars 1894.

Mon très Révérend Père

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

On endort ou on amuse le peuple tantôt d'une manière et tantôt d'une autre. Ceux qui sont au pouvoir font leurs affaires. La France, autrefois catholique, s'est choisie toutes les immondices de l'enfer pour les mettre à la tête de la nation : Francs-Maçons, Carbonaros, Juifs, Protestants, Socialistes, Anarchiste, etc., etc. De quoi se plaint-on maintenant ? On ne recueille que ce qu'on a semé. Quand il fallait parler on a fait les chiens muets ; quand il fallait se montrer on s'est caché ; quand il fallait défendre sa foi on a reculé. Ceux choisis, élus par la France, chassaient les religieux et permettaient les associations de sectaires, et les sectes aujourd'hui donnent leurs fruits. Mais ce n'est rien encore : si Dieu nous prête vie nous verrons bien d'autres explosions. On n'a pas voulu comprendre qu'en dehors du service de Dieu il ne peut y avoir de paix et de bonheur.

[...]

 

20

Galatina, 9 septembre 1894.

Mon Révérend Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Peut-être que je me trompe, mais jusqu'à la chute de l'antéchrist dans la demeure du feu éternel, je ne vois pas de grand monarque ni de grand Pape. Cela ne veut pas dire que tous les Papes ne seront pas ce qu'ils doivent être dans les mains de Dieu et les desseins de la Sagesse éternelle, mais avant ce temps de grandissime épreuve pour le petit nombre des élus, je ne vois pas de paix durable, stable et pure.

[...]

21

Galatina, 30 septembre 1894 (1).

 

[...]

J'en viens maintenant à la question du Secret. Je ne puis que répéter la même chose, mon très Révérend Père : Je n'ai pas vu, je ne vois pas de grand Monarque avant une grandissime tribulation, épouvantable, terrible et générale pour toute la Chrétienté. Mais avant ce temps il y aura deux fois une paix de peu de durée, deux papes vermoulus, plats, douteux.

Je ne connais pas la prophétie de saint Malachie, mais quand même je dis moi ce que je pense, prête à me soumettre si je ne dis pas juste, et à me taire tout en gardant pour moi ma conviction, à moins que je ne dise des hérésies, que d'avance je rejette pour me soumettre à ce que croit et enseigne l'Eglise de Jésus-Christ. Je ne crois donc pas que l'antéchrist mettra à mort le dernier des Papes, vu qu'après la disparition de l'Antéchrist il y aura plus d'un Pape, dont le dernier sera mis à mort par l'Antéchrist tel que l'entend le Nouveau Testament quand il dit : «  l'Antéchrist est déjà venu » [I Jean, 4 : 3].

Le Secret ne dit pas quand les guerres finissent, quand les pestes et les tremblements de terre finissent. Donc, je crois que l'Eglise sera éclipsée pour peu de jours : ce sera une grande épreuve pour les prédestinés et un triomphe pour l'Antéchrist et pour ses apôtres, ses ministres.

Oui, certainement qu'après une guerre il y aura une paix de vingt-cinq ans ; il y aura alors un roi sur le trône de France ; que de choses se seront passées !

[...]

Le jugement dernier universel n'arrivera pas aussitôt après la chute de l'Antéchrist dans l'enfer et cela est bien sûr. Il y aura alors une paisible et vraie paix sur la terre : plus de secte, plus d'hérésies, la charité fleurira, ce sera le règne de Jésus-Christ et de Marie.

[...]

S. Marie de la Croix, née Calvat.

Vive Notre-Dame de La Salette !

 

Pour servir à l'histoire réelle de LA SALETTE, ouv. cité plus haut, Documents II, Chap. Ier : Mélanie et Mère Saint-Jean, nommée le 27 novembre 1877 supérieure de la maison Saint-Joseph où elle tenta de pratiquer, avec quelques religieuses, la Règle de l'Ordre de la Mère de Dieu, II : Lettres de Mélanie à Mère Saint-Jean, pp. 20-21, 23, 24, 28, 29, 30, 33, 35, 39, 42-43, 46-47, 48, 50, 51, 52 :

2

J.M.J. - Cannes, le 9 août 1885.

Ma Révérende Mère Supérieure.

Que Jésus soit aimé de tous les cœur !

Je ne sais comment vous témoigner ma vive gratitude pour votre bon souvenir et vos précieuses fleurs de notre douce Mère de La Salette. Je suis plus que touchée de vos bienfaits, mais je ne puis vous exprimer que faiblement ce que je sens si bien.

Je suis extrêmement fâchée, ma Révérende Mère, de ne pouvoir me rendre au désir que vous auriez d'avoir entre les mains la sainte Règle donnée par notre tendre Mère, Notre-Dame de La Salette. Cette Règle est entre les mains du Supérieur des Apôtres des derniers temps et n'est jamais livrée à d'autres Communautés parce que chaque Ordre a sa Règle particulière et son esprit. En outre, vous êtes soumis à Mgr Fava qui, malheureusement, ne croit pas à l'Apparition de Notre-Dame de La Salette et par conséquent ne croit pas à la Règle donnée par la douce Vierge Marie, il ne vous permettrait pas de l'observer.

Pour l'ordinaire, la sainte Eglise n'approuve aucune Règle avant qu'elle soit mise en pratique, mais le Saint Père connaît la Règle. Depuis que j'ai fait imprimer le Secret, tout le monde sait que la Très Sainte Vierge a donné une Règle pour un nouvel Ordre, moins les personnes qui n'ont aucun intérêt à connaître les miséricordieux avertissements de notre douce Mère, en dépit des châtiments que nous subissons et qui ne sont pas les derniers. [...]

Comme vous devez l'observer, ma Révérende Mère, un malaise indéfinissable pour vous tous et toutes qui vous dites être les missionnaires et les religieuses de Notre-Dame de La Salette, RÈGNE dans vos maisons, et si parfois quelque domestique fait la charité à quelque âme nécessiteuse, c'est en bien se cachant tant il est défendu sur La Montagne de La Salette; de pratiquer cette sublime vertu. Et ce commerce de magasin va-t-il bien pour des personnes qui se disent consacrées à Dieu, avoir fait vœu de pauvreté, et puis chasser tous les autres marchands qui ne veulent pas comme les religieuses des boucles d'oreilles, des anneaux, ni des tabatières, etc., etc. Convenez avec moi, ma Révérende Mère, que votre Ordre n'est pas l'Ordre que veut Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel doit marcher sur les traces des Apôtres de la primitive Eglise de Dieu, par le bon exemple, par la sainteté de la vie, par la pénitence, par la stricte pauvreté, etc., etc. Le Pèlerinage de Notre-Dame de La Salette tombe. Vous vous agrandissez en terrains tandis que la dévotion diminue et que bientôt vous vous verrez seules, les gens n'ont pas une grande dévotion à la Statue de Mgr Fava ; ce n'est plus que la fontaine qui attire quelques personnes. Oh ! comme je voudrais que les habitants de la sainte Montagne soient des modèles de bonté, de charité, d'humilité, de douceur, de prévenance, d'ordre, de piété non feinte mais vraie et qu'il me serait doux alors de vous appeler mes chères et bien-aimées Sœurs ; mes bonnes Sœurs, combattons ensemble, prions, supplions pour nous et pour nos frères en Jésus-Christ que Dieu ait pitié de nous et de la Sainte Eglise et de loin comme de près soyons unis dans le Cœur de notre amoureux Jésus. Espérons.

6

J.M.J - Le Cannet, le 14 septembre 1887.

Ma Très Révérende Mère Supérieure.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Dans quelques-unes des images que votre charité vient de m'envoyer la Sainte Vierge a une robe bleue ; c'est encore probablement la Vierge de Mgr Fava, je la méconnais ; on veut forcément, tant les modes plaisent aux mondains, mettre la Sainte Vierge à la mode, c'est ce qui indique combien on est loin et très loin de comprendre l'esprit de la sainte Apparition, qui est la condamnation des modes indécentes et diaboliques de notre temps

[...] Un jour viendra où Dieu balaiera tous ces négociants de La Salette pour les remplacer par des Vierges Chrétiens qui ne s'occuperont que des intérêts de notre Doux Sauveur et de sa Sainte Mère Marie.

Je me recommande à vos bonnes prières.

Agréez...

7

J.MJ. - Le Cannet, ce 7 janvier 1888.

Ma Très Révérende Mère Supérieure.

[...]

Rome a parlé, Rome a ordonné... Et l'Evêque de Grenoble, Monseigneur Fava, a REFUSÉ ouvertement d'accepter l'ordre qui lui a été donné.

[...]

9

J.M.J. - Le Cannet, le 29 août 1889.

Ma Très Révérende et chère Mère Supérieure.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Le bon et zélé Père Sibillat fut renvoyé ; il prêchait trop la dévotion à Notre-Dame de La Salette, il était trop désintéressé pour les richesses de ce monde. Le bon et saint Père Giraud était de même et il faisait trop de charités ; il fut relégué loin de la Montagne. Ces deux saints sont au ciel où ils jouissent d'un bonheur parfait, fruit de leur humilité, de leur pauvreté et de la patience qu'ils ont eue en supportant avec résignation toutes sortes de tribulations.

[...]

10

 J.M.J - Le Cannet, 19 septembre 1889.

Ma Très Révérende Mère Supérieure.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Si le nombre de celles d'entre vous qui pense le bien réel et véritable était assez grand, unies d'un commun accord, vous pourriez tenter un petit conseil et demander à Mgr Fava, la séparation d'avec celles qui certainement n'ont aucune vocation pour l'œuvre véritable de notre divine Mère, et vous pourriez dire à Monseigneur que vous voulez obéir à la Très Sainte Vierge qui a donné une Règle à ses filles et obéir au Souverain Pontife Léon XIII qui, par la bouche de son remplaçant dans un Congrès particulier, prononça ces paroles : " Nous ordonnons que la Règle que la Sainte Vierge a donnée à Mélanie soit observée par les Pères et par les religieuses qui sont sur la Montagne de La Salette." Monseigneur ne pourra pas nier avoir entendu cette ordonnance.

[...]

15

J.M.J - La Blancarde, boulevard Opkinson, 15 mars 1890.

Ma bien chère Sœur.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Lorsque vous aurez un Evêque pour vous, vous êtes assuré de l'appui du saint Père Léon XIII ; je sais que Sa Sainteté désire l'œuvre des Apôtres des derniers temps. Les Cardinaux, eh !... il y en a de tout ; mais il me sera facile quand vous en serez à devoir vous choisir un Cardinal Protecteur, d'écrire à mon Directeur qui les connaît tous à Rome, de savoir à quoi nous en tenir.

[...]

16

 J.M. J - Marseille, 3 mai 1890.

Ma très chère Révérende Mère.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Il est inutile de demander un Cardinal protecteur si vous n'avez pas votre Evêque pour vous dans ce moment ; Rome ne va jamais contre les Evêques, ou contre un Evêque. Voilà pourquoi je vous ai écrit autrefois qu'il vous fallait un Evêque VOULANT l'Ordre des Apôtres des derniers temps dans son diocèse, et alors vous vous seriez séparées...

[...]

17

J.M.J. - Marseille, le 6 juin 1890.

Ma très chère Sœur en N.-S.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

 [...]

Ce que Monseigneur aurait de mieux à faire pour obéir au Saint Père, ce serait d'imposer la Règle de notre divine Mère aux Pères et aux religieuses de La Salette, et à ceux qui ne se sentiraient pas la vocation pour cet Ordre, de leur donner une Cure. En agissant ainsi, tout irait pour le mieux pour l'esprit, et les choses changeraient d'aspect, leur boutique serait remise à un laïque. On laisserait les marchands faire leur commerce ; les Pères et les religieuses ne s'occupant que du salut de leur âme, Dieu leur donnerait abondamment tout ce qui leur est nécessaire pour leur subsistance...

[...]

20

J.M.J. - Marseille, le 23 juillet 1890.

 

Ma très chère Mère Saint-Jean.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Sa Grandeur Monseigneur l'Evêque de Langres a parfaitement raison en exigeant le relèvement de nos vœux et en vous autorisant de vous séparer de la Congrégation des Sœurs DITES DE LA SALETTE. A part cela, Monseigneur Fava n'a rien à voir dans aucun autre diocèse, il n'a l'autorité que dans son diocèse de Grenoble.

En Italie et à Rome, les choses se passent ainsi. Je sais qu'en France, nos Seigneurs les Evêques ont fait certaines lois à eux, mais laissons ça de côté. En parlant à la manière humaine, je crains que Mgr Fava ne vous permette pas de vous établir dans un autre diocèse et je ne croirais pas prudent de lui demander SON AUTORISATION pour cela. Il me semble que la Révérende Mère Saint-Joseph n'aurait qu'à se faire relever de ses vœux ; les vôtres devant bientôt finir, il ne serait pas nécessaire d'en parler. Et la Révérende Mère, en faisant sa demande pure et simple, elle pourrait ajouter en demandant à être relevée de ses vœux afin d'être ensuite libre d'embrasser le genre de vie que Dieu demandera d'elle. [...]

22

J.M.J. - Marseille, le 1er septembre 1890.

Ma très chère Mère Saint-Jean.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Il ne faut pas qu'on abuse de votre bonne foi, et comme, je crois vous l'avoir dit que, en France, toutes les autorités sont PAPES, mais pour cela il ne faudrait pas que nous les regardions comme pape ; il n'y a qu'un Pape, chef de la Religion catholique. Il n'y a non plus pas de papesse, qui ait le pouvoir de vous relever de vos vœux comme a voulu le faire cette Supérieure de La Salette. [...]

25

J.M.J. - Marseille, le 13 novembre 1890.

Ma très Révérende Mère Saint-Joseph,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Il me semble que d'après ce que votre Révérence m'en a dit, c'est-à-dire que vous avez appartenu, ou plutôt fondé la congrégation de Notre-Dame de La Salette avec la seule autorisation de Mgr l'Evêque de Grenoble, et que, quand vous avez fondé cette communauté, vous croyiez entrer dans les vues de Notre divine Mère Marie ; et que depuis environ dix ans, vous voyiez que la communauté n'était plus aussi fervente, aussi régulière, aussi soumis, aussi obéissante, ce fut alors que vous sûtes que la très Sainte Vierge avait donné la Règle pour l'ordre de Notre-Dame de La Salette et que vous demandâtes à plusieurs reprises à Mgr l'Evêque l'autorisation d'embrasser la Règle donnée par la Vierge Immaculée, et aussi pour obéir à sa Sainteté Léon XIII qui en a ordonné l'observance ; or, Mgr vous promettant toujours sans en venir à l'exécution, vous lui fîtes une demande officielle en lui faisant part de votre intention de fonder l'Ordre voulu par la très Sainte Vierge etc., etc.

[...] Or vous saurez, ma très chère Mère, que depuis 10 ou 12 ans, à Palerme, en Sicile, un Saint prêtre autorisé par son Archevêque, a fait une fondation de l'Ordre de Notre-Dame de La Salette, appelé : Il boccone del povero, c'est-à-dire, en français : La bouchée du pauvre. Les Frères et les Sœurs ont la Règle de Notre douce Mère Marie.

[...]

28

J.M.J. - Saint-Barnabé, 31 octobre 1891.

Ma bien chère Mère Sain-Jean,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

En voyant la France, ou plutôt l'Europe, entièrement dans les filets de toutes les sectes de quelles couleurs qu'elles soient et que même les Ecclésiastiques et hauts personnages en font partie (1), en voyant les blasphèmes contre Dieu, la très Sainte Vierge et les saints, en voyant la corruption générale contre la morale, la jeunesse élevée dans la négation de tout principe religieux ; en voyant les haines des Royaumes, des Etats les uns contre les autres, les injustices, les vols, les fraudes, les suicides, l'indépendance et l'obstination générale, et les maladies qui étaient inconnues jusqu'ici, les saisons changées, le froid rigoureux et la chaleur excessive, les inondations, les tremblements de terre, les récoltes mauvaises, etc., etc. Tout cela étant des signes annoncés par Dieu, dans l'ancien et le nouveau Testament. [...]

1) Le Vatican mis à nu, Groupe " Les Millénaires ", Éditions Robert Laffont, 2000, pages 254, 256, 257-258, 259, 260, 261, 262-263, 272, 273-274, 275, 276 :

18

La fumée de Satan au Vatican

«  [...] L'organisme maçonnique se propose d'étendre son pouvoir dans le champ politique, économique et religieux, en vue de créer - de gré ou de force - un seul et unique gouvernement mondial maître de la réalité existante. [...]

La pieuvre maçonnique au palais 

«  [...]

«  La main invisible de la maçonnerie au Vatican, au centre des puissances occultes entre la haute finance et la haute administration, n'est pas une légende : elle se fait sentir partout, dans les systèmes d'embauche et dans les méthodes de promotion, dans les campagnes de diffamation ou de louanges de tel ou tel monseigneur, suivant les besoins. Ainsi, ce centre qui, par mandat divin, devrait être un phare est de longue date dévoré de l'intérieur par des chancres qui le décomposent.

«  [...]

«  Beaucoup de revues et de magazines ont évoqué ouvertement l'infiltration du Vatican par les maçons (a). [...]

«  En vérité, cette “ pleine participation à la vie de l'Église ” d'un nombre important de catholiques et de prélats maçons était déjà une réalité de longues années. A peine arrivé à l'archevêché de Milan, Mgr Montini choisit pour conseiller financier le très catholique maçon Michele Sindona. Par la suite, en tant que pape, il confia les finances catholiques de l'Institut pour les œuvres de religion (b) à l'indiscutable compétence crapuleuse et criminelle des catholiques maçons Michele Sindona et Roberto Calvi, qui s'appuyaient sur deux autres fidèles maçons de la loge P2, Licio Gelli et Umberto Ortolani.

«  En 1987, le journaliste maçon Pier Carpi confirma les propos du “ frère ” Fulberto Lauro selon lequel des cardinaux et des évêques adhéraient aussi incognito à la loge P2. Et de préciser : “ On l'appelle la “ loge ecclésiastique ” et elle est en contact direct avec le grand maître de la loge unie d'Angleterre, le duc Michael de Kent. Cette loge agit au Vatican depuis 1971. Plus de cent frères cardinaux, évêques et monseigneurs de la curie y appartiennent. Ils parviennent à maintenir le secret le plus absolu, mais pas au point d'échapper aux enquêtes des hommes de la puissante organisation de l'“ Opus Dei ” (c).

«  [...]

Faux apôtres et œuvres frauduleuses 

« “ Mais comment se fait-il qu'un franc-maçon puisse s'infiltrer dans les méandres de l'administration du Vatican ? Ou, plutôt, comment se fait-il qu'un ecclésiastique de la curie puisse devenir franc-maçon ? ” Telle est la question que posa à un prélat de la curie un jeune prêtre en exercice dans un pays islamique, troublé par la propagande faite à la télévision.

«  [...]

«  “ [...] Et, si ce n'est pas vrai, pourquoi les accusés, ceux que l'on montre du doigt, ne traînent-ils pas en justice les calomniateurs pour contester devant les tribunaux, nationaux et internationaux, les accusations injustes dont ils sont l'objet ?... Pourquoi le Vatican, par l'intermédiaire de son nonce apostolique, n'intervient-il pas auprès du gouvernement pour démentir officiellement des affirmations aussi scandaleuses ?

«  [...]

«  Le monseigneur haut placé lisait sur le visage de son interlocuteur un profond trouble intérieur. Il savait que, dans son pays, il était très impliqué dans le travail pastoral auprès de la jeunesse ; il fallait lui répondre sans faux-fuyants.

«  [...] En revanche, que la maçonnerie ait des adeptes jusque dans les rangs des ecclésiastiques et même parmi les dignitaires de la curie romaine, c'est un fait difficilement contestable, dont on peut voir les indéniables effets latents aussi bien que tangibles.

«  Tu as fais allusion à l'argent sale que des maçons déclarés ont détourné de l'IOR avec la connivence des très hauts dignitaires ecclésiastiques chargés de cet organisme, qu'on a pu comparer qui happe cet argent sale comme à travers une grille pour le faire ressortir blanchi dans Dieu sait quelle autre partie de la terre. Ce n'est un mystère pour personne. Tout cela, les téléspectateurs italiens ont pu l'apprécier avec une clarté désarmante et une franchise déconcertante en janvier 1994, lorsque la télévision a retransmis le procès du scandale Enimont (d) ...

«  La maçonnerie est donc certainement installée au Vatican, même si son centre de décision se trouve ailleurs. Albino Luciani, le souverain pontife, a dû s'en rendre compte, et recevoir ainsi un premier coup au cœur, quand le journaliste Paolo Panerai - le 31 août 1978, le lendemain de son élection - lui adressa à brûle-pourpoint une lettre habile dans les pages de l'hebdomadaire économique, Il Mondo : " Votre Sainteté, est-il juste que le Vatican intervienne sur les marchés comme un spéculateur ? Est-il juste que le Vatican ait une banque qui se mêle de transferts illégaux de capitaux de l'Italie vers d'autres pays ? Est-il juste que cette même banque aide les Italiens à frauder le fisc ? " Ce saint homme de pape ne s'était-il pas encore remis de cette interrogation choquante que, le 12 septembre suivant, l'intrigant hebdomadaire Op, dirigé par Mino Pecorelli, franc-maçon qui devait être plus tard assassiné, titra sur “ La Grande Loge vaticane ” : l'article donnait, entre autres choses, la liste de cent vingt et un noms de représentants du Vatican et de hauts prélats affiliés à la maçonnerie. »

Vrais et faux prélats maçons

«  Quand la presse informa l'opinion publique de l'existence de la puissance loge maçonnique “ Propaganda 2 ”, mieux connue sous le nom de loge P2, présidée par le vénérable maître Licio Gelli, de connivence avec Michele Sindona, Roberto Calvi et Umberto Ortolani, catholiques francs-maçons tous impliqués dans le krach de la banque Ambrosiano, elle donna aussi le nom d'autres prélats qui figuraient sur la liste - déjà en circulation depuis quelques années - des cent vingt et un noms classés par ordre alphabétique, leurs matricules et le nom des loges (e).

«  [...]

«  Au cas où un ecclésiastique non appelé voudrait faire carrière avec l'appui de cette faction, les responsables commencent par le mettre à l'épreuve, lui faisant accomplir une tournée de doctes conférences au Lions Club ou au Rotary de la région. En vérité, ces clubs sont des pépinières où se recrutent ensuite les affiliés à la maçonnerie.

«  La revue jésuite La Civiltà cattolica a montré sans l'ombre d'un doute que ces cercles, étant d'origine maçonnique, entretiennent des liens étroits avec la secte. La véracité de cette affirmation fit l'objet d'une vive polémique jusqu'au jour où le grand maître Giordano Gamberini, dans la revue maçonnique Hiram (f) datée du 1er février 1981, reconnut officiellement que le Rotary aussi bien que le Lions émanaient de l'organisation maçonnique et se fondaient en elle :

«  “ Melvin Jones, maître maçon de Chicago, fut l'un des fondateurs du Lions. Il en devint secrétaire général et trésorier à la fin de 1917. Pour le Lions, l'origine maçonnique est aussi évidente dans les premières armes que se donna l'association. Le Rotary avait eu des rapports presque identiques avec la maçonnerie.”

«  L'année suivante précisément, en 1982, la direction du Rotary pour la Sicile et Malte fut confiée pour la première fois à un jésuite, le père Federico Weber, sans que ses supérieurs s'opposent à cette prestigieuse nomination. Il est même beaucoup de cardinaux, largement récompensés et encouragés par le frère cardinal Baggio, aujourd'hui défunt, qui s'estiment fort honorés d'être invités par les dignitaires du Rotary pour inaugurer un nouveau siège ou ouvrir l'année, histoire d'honorer [et de cautionner moralement] de leur présence de savantes conférences et d'excellents menus.

«  [...]

«  C'est à la fin de 1913, soit quatre ans avant le secret de Fatima, que Jésus révéla à Padre Pio que tant de dignitaires de l'Église étaient de mèche avec la maçonnerie, ce qui n'est plus un mystère

«  [...]

«  Jésus n'a pas promis à son Église qu'elle détruirait tous Ses adversaires, mais qu'elle ne saurait être détruite par aucun d'eux. »

a) Panorama, 10 août 1976 ; Introibo, juillet 1976 ; Euroitalia, 17 et 25 août 1978 ; L'Osservatore Politico, 12 septembre 1978 ; Oggi, 17 juin 1981 ; Giorni, 11 novembre 1992. A quoi il faut ajouter tout un tas de livres sur l'histoire de la franc-maçonnerie en Italie et au Vatican.

b) IOR : Istituto per le Opere di religione, fondé le 27 juin 1942 au Vatican par Pie XII.

c) L'Espresso, 12 décembre 1987.

d) Les principaux témoins n'ont pas fait mystère des francs-maçons qui se sont servis de la Banque vaticane pour leurs trafics ignobles. [...] L'autre témoin clé, Carlo Calvi, fils du banquier franc-maçon Roberto Calvi, retrouvé pendu sous le pont des Frères noirs à Londres, a témoigné : “ Francesco Pazienza m'a dit que Mgr Giovanni Cheli, représentant du Vatican à l'ONU, avait des ambitions. Il était son ami intime et convoitait la place de Marcinkus. A cette époque, il n'était pas aux États-Unis... Cheli m'a répété ce que Marcinkus m'avait déjà dit par téléphone ; je devais dire à mon père [alors détenu] de garder le silence, de ne révéler aucun secret et de continuer à croire à la Providence.” Le prélat Giovanni Cheli a été élevé à la pourpre cardinalice le 21 février 1998. Comme par hasard, on l'a dit, le jour même du carnaval de Viareggio.

e) Ce document scandaleux était paru le 2 septembre 1978 dans la revue Op du franc-maçon Mino Pecorelli.

f) Organe bimestriel du Grand-Orient d'Italie, fondé en 1870 (Editore Erasmo).

 

 

Pour servir à l'histoire réelle de La Salette, ouv. cité plus haut, Documents III, Lettre 170 de Mélanie de La Salette à l'abbé Émile Combe, Cusset, le 17 mars 1904, p. 200 :

Mon très Révérend et très cher Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

«  [...] Le grand nombre des évêques francs-maçons reste coi : c'est aux fruits qu'on connaît l'arbre. Ils vont maintenant se tenir sur leurs gardes, éviter des explosions de se produire. Cela n'empêche pas que, devant Dieu, l'Église de France est gangrenée par la tête et les bras (clergé). [...] »

 

Id., Lettre 126, Diou, vers septembre 1902, pages 149-150 :

«  Il suffit que je puisse affirmer, comme je le fais ici, que j'ai envoyé à Pio IX le secret, tout le secret que la Très Sainte Vierge m'avait donné, ni plus ni moins (1).

«  Les personnes qui ont osé dire que le secret que j'ai envoyé au Pape était plus court que celui que j'ai publié sont dans l'erreur et induisent leurs lecteurs dans la même erreur. Je sais que ces personnes n'ont jamais vu, vu de leurs yeux, le secret écrit et adressé cacheté à Pio IX.

«  Seconde objection qui a été faite par le sel de la terre humilié sans humilité... " Pourquoi faire savoir aux fidèles le mal que la Sainte Vierge avait dit des prêtres, des prélats et des communautés ? Quel bien pouvait en résulter ? "

«  En premier lieu, je ne puis passer cette accusation soulignée, sans protester de tout mon pouvoir. Non, non, le Siège de la Sagesse n'a jamais dit du mal des Ministres des Autels. Miséricordieusement, Marie, tutélaire de la France, Reine du clergé catholique, a indiqué les maladies dont était infectée l'âme des pasteurs du peuple de Dieu. Ceux qui ont oublié la prière et la pénitence, et rempli leur cœur des affections aux choses transitoires, leur foi s'est attiédie.

«  Dans le monde a-t-on jamais entendu le Père d'une nombreuse famille se plaindre de ce que le Médecin a osé dire le genre de maladie qui consume sa femme ?... Surtout après que déjà ce même [père] avait avoué que la plupart des enfants de la famille étaient contagionnés [sic] de la maladie de la mère qui, maladive et faible, ne donnait pas à ses enfants les remèdes opportuns ?... Il est sûr qu'avant la charitable visite du Médecin, et bien avant qu'il eût appelé par son nom le chancre dont souffrait la mère, ils le connaissaient amplement ; et c'est ce qui les autorisait à se relâcher dans leurs devoirs (de Chrétiens).

«  N'oublions pas ce à quoi nous aurions dû prêter notre attention : Les bergers ont toujours dit que la belle Dame, Marie notre douce Mère, a dit par deux fois : " Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple." Elle l'a dit une première fois, à la fin des avertissements et menaces à l'orbe catholique. Puis, se mettant en marche en passant le petit ravin, elle dit encore : " Vous le ferez passer à tout mon peuple." Ce fut l'ordre de publier le secret. J'ai dû obéir.

«  Au lieu de se révolter, on aurait dû rentrer en soi, raviver sa foi, sa charité, et régler sagement sa conduite sur les exemples de Jésus, notre divin Maître et modèle. [...] "

1) «  Elle refusa, en effet, de me dire un seul mot des additions que la Sainte Vierge lui avait données pour Pie IX [le Pape du Syllabus et de l'Encyclique Quanta cura, ne l'oublions pas], la veille du jour où elle lui écrivit son Secret, et des quelques particularités que la Sainte Vierge ne fit pas connaître à Pie IX, le moment n'étant pas venu. Malgré mes ordres (!) et ma colère (!!), elle garda le silence, humblement. Mais cette fermeté modeste me fit comprendre, mieux que tous les discours, que cela ne regardait personne !

«  Quelques jours après, à mon insistance, appuyée de raisons que je croyais bonne, elle répondit modestement : " Ce que Mgr Zola a écrit sur ce sujet suffit ". »

 

 

Id., Lettre 101, Saint-Pourçain, ce 26 décembre 1899, p. 124 :

«  Mon très Révérend et très cher Père, Jésus soit aimé de tous les cœur !

« [...]

«  J'espère avec la Divine grâce ne pas faire fausse route ; et si l'on croit que je fais fausse route parce que je ne vais pas dans le diocèse de Grenoble, d'où j'ai été chassée, et où j'étais menacée d'excommunication si je prétendais y retourner, on se trompe sans le savoir. Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit à ses disciples : “ Si on ne vous reçoit pas dans un endroit, allez dans un autre ” ? Notre-Dame de la Salette est apparue sur une montagne, sur un terrain communal ; elle a parlé en Reine de l'univers : Elle n'a pas nommé en particulier les grenoblois ; elle a parlé à tout son peuple, pour tout son peuple, et il y a du peuple de Marie dans tous les pays. Non, non, mon très cher Père, je ne retournerai pas à Grenoble, surtout sans garanties... [...] »

 

Mélanie de La Salette, Pour servir à l'histoire réelle de La Salette, Documents II (suite), cf. ouvrage cité plus haut, pages 46-47, 48, 50, 51, 52 :

33

J.M.J. - Galatina, 28 décembre 1892.

Ma très Révérende Mère (St-Joseph),

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Si vous croyez réussir auprès de ce Vicaire Général, il n'y a pas de mal de vous adresser à lui. Pour moi, si je pensais d'avoir une approbation par l'intermédiaire du diable, je n'hésiterais pas. Le diable est un esprit, oui, mais après sa chute, il est devenu esprit de ténèbres, il ne voit pas très loin et bien souvent il s'est mordu les doigts pour les avoir agités et mis dans des affaires qu'il croyait siennes et qui ont réussi à le faire cuire lui, et à glorifier la Majesté divine.

[...]

34

J.M.J. - Galatina, 29 décembre 1892.

Ma très chère Mère (St-Jean),

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

[...] Les fondations sérieuses ne se font pas en paroles mais en œuvres. Il faut une foi vive, une longue patience, une grande fermeté et une vue bien claire de ce que Dieu demande de nous. [...]

36

J.M.J. - Galatina, 19 septembre 1895.

Ma très chère Mère (St-Jean),

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

Je viens de recevoir votre bonne lettre du 15 septembre renfermant une très jolie image dont je vous suis très reconnaissante.

Je ne vous ai pas oubliée, ma chère Mère, ce matin dans mes pauvres et faibles prières auprès de Marie, notre douce et tendre Mère, tout en lui demandant pour notre pauvre France, pardon, miséricorde, car ce n'est pas seulement Notre-Dame de La Salette qu'elle dédaigne, mais notre sainte religion qu'elle voudrait détruite partout. Pauvre France, dans quel aveuglement elle est tombée !

[...]

38

Galatina, 2 janvier 1897.

Ma bien chère Mère

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

Merci de votre bonne lettre, de vos bons souhaits pour la nouvelle année. Je n'ai pas oublié de vous faire les miens hier, après la communion, auprès du Divin Enfant-Dieu, lui demandant pour vous et pour vos compagnes ce que je demande aussi pour moi-même : la vraie et sincère humilité, la persuasion que de nous-mêmes nous ne sommes rien, nous ne pouvons rien faire sans la volonté Divine et sans l'aide de sa grâce.

[...]

39

Diou, ce 31 décembre 1900.

Ma très chère Mère Saint-Jean,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

[...]

Je vous suis bien reconnaissante, ma très chère Mère, pour les vœux que vous avez daigné m'adresser. En vous offrant les miens, je demande à Notre Divin Sauveur, pour vous toutes, ce que chaque jour je Lui demande pour moi : la vraie humilité, la rectitude d'intention en toutes mes actions et le feu du divin amour. En me recommandant à vos bonnes prières, je vous prie, ma très chère Mère, d'agréer le profond respect de votre infime servante inutile?

S. Marie de la Croix, née Calvat.

Vive Notre-Dame de La Salette !

 

 

Journal de l'abbé Combe, Dernières années de Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette, Editions Saint-Michel, 1967, pp.7, 8-9 :

Abbé Gilbert COMBE

Curé de DIOU (Allier)

LES DERNIÈRES ANNÉES

DE

SŒUR MARIE DE LA CROIX

1809 - 1904

QUE JÉSUS SOIT DANS TOUS LES CŒURS !

 

Nous avons comme documents la plus grande partie de ses écrits :

1. Sa vie intime jusqu'à l'âge de 14 ans. C'est là pour l'historien futur un document dont la perte eût été irréparable ; c'est de notre chère sœur le plus précieux héritage ;

2. Sa petite brochure sur l'Apparition, les deux éditions, celles de Lecce et de Lyon ;

3. La RÈGLE que la Sainte Vierge lui donne pour les Apôtres des derniers Temps, et un aperçu de leurs constitutions et de leurs œuvres d'après la vision qu'elle en eut ;

4. Enfin 679 lettres les plus importantes de son immense correspondance, presque toutes intimes, qui, en l'absence de tout autre document permettraient d'apprécier sa sainteté et ses dons, et de la suivre de 1877 jusqu'à sa mort.

[...]

J'ai eu la pensée de supprimer des faits de peu d'importance, mais tout peut avoir de l'importance un jour pour l'historien. J'ai été tenté de supprimer des faits intimes qui ne me font pas honneur ; et je les raconterai comme les autres, pour que les Apôtres des derniers Temps auxquels mes quatre volumes de documents sont destinés, ne supposent pas que cette grande servante de Dieu avait été envoyée à un prêtre de choix, pour qui ils n'auraient pas besoin de prier.

Je demande à ces vénérables Apôtres de voir dans ces notes et souvenirs l'exposé sans phrases des choses que j'ai vues ou entendues. Il n'est pas nécessaires que j'essaie d'établir entre elles un lien quelconque : je suivrai l'ordre chronologique. Il me semble pourtant que des unes et des autres comme des plus grandes, se dégage la même conclusion :

1. Que les dons extraordinaires et les vertus héroïques de son enfance ont brillé avec le même éclat dans sa vieillesse ; or, les deux extrémités de sa vie sont identiques, rien n'autorise à supposer qu'elle a subi une éclipse à un moment quelconque ; tout porte à admettre, jusqu'à la preuve du contraire, que cette belle vie a été d'une unité parfaite ;

2. Que tout y est enseignement pratique, ce qui n'est pas moins merveilleux que les merveilles dont elle est remplie.

Cette double conclusion, je la livre à son Historien futur, pour lequel, sans le connaître, je demande et fais demander chaque jour par mes amis les lumières du Saint-Esprit, afin que le moment venu il puisse présenter la vérité dans la force de sa splendeur et de sa simplicité.

 

Id., p. 103 :

«  Mardi 24 septembre 1901. - NE VARIETUR. - DOCUMENT HISTORIQUE. - Pendant que la T.S. Vierge donnait sont Secret à la petite Bergère de La Salette le 19 septembre 1846, cette enfant voyait tous les événements qui lui étaient annoncés, et cette VUE était infiniment plus détaillée que les paroles du Secret. [...] »

 

Id., p. 198 :

«  [...] Le 27 juin 1911, Mgr Penon succédant à Mgr Lobbedey, je poursuivis rapidement mon travail et je le transcrivis à la machine pour lui en faciliter la lecture. [...] M. Moitron m'accompagnait, pour appuyer au besoin ma demande d'imprimatur, et pour rendre lui aussi témoignage aux grandes vertus de cette calomniée [la Bergère de La Salette], qu'il avait eu le bonheur d'avoir dans sa paroisse pendant un an. Mgr Penon parut embarrassé. En homme renseigné il y alla tout de suite de sa petite objection :

«  - C'est que Mélanie, dit-il, est discutée à Rome !

«  - Alors, j'arrive à propos, Monseigneur, j'apporte des documents.

«  - C'est que... je ne sais pas si je pourrai vous donner l'imprimatur avant d'avoir consulté Rome.

«  - Qu'à cela ne tienne, Monseigneur, Pie X a lu cette Vie de Mélanie à laquelle dans le cahier que je vous remets j'ai ajouté des réflexions pratiques. Pie X l'a trouvée si édifiante et si belle, que, peu après, il a accueilli Mgr Cecchini (évêque d'Altamura) par cette exclamation : " Eh ! la nostra santa !" et qu'il l'a même engagé à introduire la cause immédiatement.

«  - (hésitant) Mais... le Pape n'est pas son gouvernement !

«  En sortant M. Moitron n'en revenait pas : " On voit qu'il est évêque depuis peu, dit-il, un vieux n'aurait pas lâché cette parole ".

«  Je n'ai plus entendu parler de mon manuscrit ! »

 

Id., pages 193-195 :

A P P E N D I C E

I

«  Après la mort de cette grande servante de Dieu, Mgr Cecchini (évêque d'Altamura), avec tous les amis de La Salette, espérait que sonnait enfin l'heure de la soumission au Message de la Reine du Ciel, et de la réparation des calomnies contre sa Missionnaire. Mais il est prédit que les ennemis du Message de La Salette ne seront éclairés que par l'excès des châtiments. D'autre part, Sœur Marie de la Croix ayant demandé à être humiliée encore après sa mort, son humble prière fut exaucée.

«  Le bel article de Mgr Cecchini dans l'Osservatore Romano n'eut pas de retentissement.

«  La presse catholique ne le reproduisit qu'en partie, et, pour le dénaturer, elle introduisit un FAUX au bon endroit. Depuis dix ans il a été impossible d'obtenir de cette pauvre presse catholique, ligotée par l'épiscopat, la rectification de ce faux [tout cela n'est pas très joli...].

«  La presse mondaine parla de cette mort et vu le silence de la presse catholique, put former l'opinion, en quel sens hélas ! M. de Bonnefon, dont le talent s'est spécialisé dans les articles religieux à l'usage du Boulevard, fit l'article qui eut le plus de succès. Aucun de nos journaux religieux ne lui répondait [rien de nouveau sous le soleil !] ; aucune Semaine Religieuse ne prit la défense de la sainte Bergère. Seule la FRANCE CATHOLIQUE, dont le tirage est très petit, publia cette réfutation du publiciste qui avait eu plus de 500.000 lecteurs. (Voir lettre à M. de Bonnefon, Diou, le 9 janvier 1905.)

II

«  M. l'abbé Verdunois, au diocèse de Dijon, présente à Mgr Dadolle un livre sur La Salette, dans lequel il se moque du prétendu Secret et met en question même la vérité de l'Apparition. Il demande l'imprimatur. Accordé !

«  M. l'abbé Bertheau, du même diocèse, voudrait écrire une réfutation de ce livre, l'imprimatur lui est refusé a priori ! Il apporte de Rome une édition du Secret, imprimée par l'éditeur du Vatican ; il demande s'il peut la répandre. Défense d'en distribuer un seul exemplaire.

«  Même règle dans tous les diocèses. Depuis 14 ans l'imprimatur a été accordé sans difficulté à tout ouvrage qui contredit ; impitoyablement refusé à tout livre qui veut défendre le Secret ; il est permis de calomnier Mélanie, de la traiter de folle, d'hallucinée, d'avare ; il est défendu de prouver qu'elle a été fidèle à sa mission.

«  En 1906 on me dit : " Cet abus d'autorité étant intolérable, adressez votre autographie au Maître du Sacré Palais et faites-le imprimer à Rome ". J'obtins que le R.P. Lepidi examinât lui-même mon ouvrage : LE SECRET DE MÉLANIE ET LA CRISE ACTUELLE ", tout en faisant savoir que je ne l'avais pas soumis au visa de Mgr DUBOURG, puisque j'étais certain d'avoir un refus. - " Ecrivez à M. Combe, répondit-il, que je ferme les yeux (sur l'absence du visa de son Ordinaire). J'ignorerai son ouvrage [quelle hypocrisie et quel courage !]. Je lui permets de le publier à Rome et de rééditer la brochure de Mélanie, sa propriété ". - J' n'avais pas dit au P. Lepidi que j'avais acheté les clichés de la brochure de Mélanie publiée par elle à Lyon. Mais il l'apprit par M. Bertheau.

Mgr Lobbedey, qui succéda à Mgr Dubourg, au moment où le livre sortait de l'imprimerie, ne fut pas désarmé pour si peu :

1° ) il me traita de rebelle, pour avoir publié ce livre à Rome ;

2° ) de concert avec Mgr Dubourg, il le fit mettre à l'Index [joli petit monde !] ;

3° ) il écrivit que je refusais de me soumettre : je m'étais soumis, en retirant les exemplaires mis dans les librairies, et en adressant la lettre suivante à toutes les personnes qui me priaient de leur envoyer mon ouvrage (DIOU, 4 mai 1907). [...]

«  Je m'étais donc soumis comme je le devais, mais non comme on aurait voulu. “ Je sais tout ce qui s'est passé, m'écrivit Mgr Grimaldi ; on n'a pas obtenu la moitié de ce qu'on voulait.” On voulait faire condamner par Rome le Secret lui-même ! On aurait voulu me faire désavouer le contenu de mon ouvrage ! » [Et en l'an 2007, nous en sommes toujours au même point.]

III

«  Les prêtres ou laïques qui fondèrent des Revues périodiques pour échapper à ces abus d'autorité ne réussirent pas davantage. Les Revues furent frappées les unes après les autres, et par surcroît des polémiques étant commencées, on n'entendit que la voix des adversaires. Credo, dont on redoutait les connaissances théologiques et le talent, fut mis en demeure d'arrêter immédiatement sa publication " LETTRES D'UN CATHOLIQUE ", sinon le délégué de l'évêque aux Bulletins paroissiaux réduirait à la famine son imprimeur.

«  Ce Marius Credo, dont la science en théologie et en droit canon faisait trembler l'évêché d'Amiens et qu'on supposait être quelque prélat, docteur in utroque, était l'imprimeur des Bulletins Paroissiaux ! M. Henri Douchet, simple laïc, imprimeur de ces quatre volumes de Documents, qui ne portent pas son nom, parce qu'il serait poursuivi pour n'en avoir fait le dépôt légal, que je lui avais défendu de faire, ces quatre volumes étant absolument confidentiels, destinés aux seuls Apôtres des Derniers Temps.

«  Pour compléter ces victoires à la Teuton, certains Conducteurs du peuple de Dieu répondirent parmi les fidèles que le Secret de La Salette était à l'Index. Pendant les grands pèlerinages de Lourdes, les Catholiques du monde entier purent lire sur les murs et à la porte de la basilique l'affiche de l'évêque de Tarbes, et en porter la nouvelle dans leur pays : " Le Secret de Mélanie, Bergère de La Salette, à l'Index par décret du 12 avril 1907."

«  Dans cette guerre contre le divin Message LE BULLETIN DU DIOCÈSE DE REIMS s'est acquis un titre de gloire exceptionnel par l'insertion, le 7 octobre 1911 et le 25 mai 1912, de deux AVIS qui, désormais rendront célèbre ce Bulletin diocésain : son directeur, M. le chanoine Frezet y proclame carrément que le Secret confié par Mélanie à Pie IX n'est jamais sorti du Vatican ; que les tissus de grossièretés et de sottises, publié sous le titre de SECRET DE LA SALETTE ou de SECRET DE MÉLANIE est à l'Index et constitue un outrage au bon sens, dont l'Eglise est la gardienne non moins que de la foi révélée.

«  Un laïc, M. de la Vauzelle n'y tint plus. Il entreprit une campagne : écrivit lettres sur lettres à son Eminence le cardinal Luçon, archevêque de Reims, exigeant, comme catholique, une réponse à ses questions précises ! Cette campagne eut pour résultat le 16 décembre 1912 une lettre du R.P. Lepidi, Maître du Sacré Palais, déclarant officiellement au cardinal Luçon que le SECRET DE LA SALETTE N'AVAIT JAMAIS ÉTÉ CONDAMNÉ PAR l'INDEX NI PAR LE SAINT OFFICE.

«  Cette réponse ne pouvait terminer cette guerre diabolique et éclairer les fidèles qu'à condition d'être largement publiée. Le cardinal fut bien forcé de transmettre au Marquis [de la Vauzelle] cette lettre, mais il n'obligeait pas l'abbé Frezet à la publier, et il ne publia pas lui-même.

«  Les AVIS du BULLETIN DE REIMS avaient été reproduits par la Semaine Religieuse d'Amiens et par beaucoup d'autres, qui refusèrent également de se rétracter, en publiant au moins la réponse officielle de Rome. Il semble que la prévarication au sujet du divin Message ne puisse être poussée plus loin ; et que l'archevêque de Reims est le plus coupable, puisque la réponse fut adressée là. »

 

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Œuvres complètes, éd. du Seuil, Paris,1966, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge ou Préparation au règne de Jésus-Christ, numéros 47, 56, 57, 58 et 59 :

«  [47] J'ai dit que cela arriverait particulièrement à la fin du monde, et bientôt, parce que le Très-Haut avec sa sainte Mère doivent se former de grands saints qui surpassent autant en sainteté la plupart des autres saints, que les cèdres du Liban surpassent les petits arbrisseaux, comme il a été révélé à une sainte âme, dont la vie a été écrite par Mr de Renty (1).

«  [56] Mais qui seront ces serviteurs, esclaves et enfants de Marie ?

«  Ce seront un feu brûlant, ministres du Seigneur qui mettront le feu de l'amour divin partout.  

«  Ce seront sicut sagittæ in manu potentis (2), des flèches aiguës dans la main de la puissante Marie pour percer ses ennemis.

«  Ce seront des enfants de Lévi, bien purifiés par le feu de grandes tribulations et bien collés à Dieu (3), qui porteront l'or de l'amour dans le cœur, l'encens de l'oraison dans l'esprit et la myrrhe de la mortification dans le corps, et qui seront partout la bonne odeur de Jésus-Christ (4) aux pauvres et aux petits, tandis qu'ils seront une odeur de mort aux grands, aux riches et orgueilleux mondains.

«  [...] Ce seront des nues tonnantes et volantes (5) par les airs au moindre souffle du Saint-Esprit, qui, sans s'attacher à rien, ni s'étonner de rien, ni se mettre en peine de rien, répandront la pluie de la parole de Dieu et de la loi éternelle ; ils tonneront contre le péché, ils gronderont contre le monde, ils frapperont le diable et ses suppôts, et ils perceront d'outre en outre, pour la vie ou pour la mort, avec leur glaive à deux tranchants de la parole de Dieu (6), tous ceux auxquels ils seront envoyés de la part du Très-Haut.

«  [58] Ce seront des apôtres véritables des derniers temps, à qui le Seigneur des vertus donnera la parole et la force pour opérer des merveilles et remporter des dépouilles glorieuses sur ses ennemis ; ils dormiront sans or ni argent et, qui plus est, sans soin, au milieu des autres prêtres, et ecclésiastiques et clercs, inter medios cleros (7), au milieu des plus grands périls ; et cependant auront des ailes argentées de la colombe, pour aller avec la pure intention de la gloire de Dieu et du salut des âmes, où le Saint-Esprit les appellera, et ils ne laisseront après eux, dans les lieux où ils auront prêché, que l'or de la charité qui est l'accomplissement de toute la loi (8).

«  [...]

«  [59] [...]

«  Voilà de grands hommes qui viendront, mais que Marie fera par ordre du Très Haut, pour étendre son empire sur celui des impies, idolâtres et mahométans. Mais quand et comment cela sera-t-il ? ... Dieu seul le sait : c'est à nous de nous taire, de prier, soupirer et attendre : Exspectans exspectavi (9). »

1) Il s'agit de MARIE DES VALLÉES (1590-1656), mystique dirigée par saint Jean Eudes. Un manuscrit " copié sur un exemplaire écrit de la propre main de M. de Renty " appartenait au séminaire de Saint-Sulpice (aujourd'hui à la bibliothèque Mazarine, ms. Renty, n° 3177) ; Montfort fait allusion à la p. 185 de ce manuscrit. Signalons que le Christ a fait part à Marie des Vallées d'une promesse qu'Il réserve à l'Eglise de ces temps : " Sachez que je jeux lui donner trois choses singulières : a) C'est une bague enrichie d'une pierre précieuse qui sera d'aimant attirant le fer ; b) Ce sera mon cœur ; c) La connaissance des Ecritures et d'un sens qu'elle n'a point encore connu " (Emile Dermenghem, La vie admirable et les révélations de Marie des Vallées (d'après des textes inédits), 1926, chez Plon - Nourrit et Cie, Paris - 8, rue Garancière (VIe), page 218 (ms. Renty, l. II, ch. LIX, p. 182). Et signalons également que Fernand Crombette mit la troisième promesse en exergue de son livre La Révélation de la Révélation, pensant que sa méthode en était la réalisation prophétique.

2) Psaumes 126, 4;

3) Malachie 3, 3 ; I Corinthiens 6, 17 ;

4) Cf. 2 Corinthiens 2, 15-16 ;

5) Cf. Isaïe 60, 8 ;

6) Cf. Hébreux 4, 12 ; Ephésiens 6, 17 :

7) Psaumes 67, 14 ;

8) Cf. Romains 13, 10 ;

9) Psaumes 39, 2.

 

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Maximin et Mélanie de La Salette

 

 
                                                                                 Sœur Marie de la Croix                        L'abbé GilbertCombe  

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Le Secret de LA SALETTE

Secret délivré par la Sainte Vierge sur la Montagne de La Salette

le 19 septembre 1846

 (Page extraite de la page d’accueil de notre site)

 

"Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle."

 

« Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant, ne sera pas toujours secret ; vous pourrez le publier en 1858. »

« Enfin, j’appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu […] dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu’ils sortent et viennent éclairer la terre. […]

Combattez, enfants de lumière, vous, petit nombre qui y voyez ; car voici le temps des temps, la fin des fins (a). L’Église sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. […] Allez, et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi  soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. »

a) Selon une prophétie de Sœur Marie de la Croix, l’Ordre des Apôtres des Derniers Temps ne commencera son action qu’après les grands Événements de la Fin, le Grand Jour de la colère de l’Agneau (cf. Ap., VI, 17).

 

Marquis de la Vauzelle, 26 septembre 1916, LE SECRET DE LA SALETTE devant l’Épiscopat français, Éditions Delacroix, BP. 18, 35430 Chateauneuf, 2002, pages 281-282 :

 

          « Si le Secret de La Salette n’est pas de source céleste, il est diabolique. Pourquoi nos Évêques ne l’ont-ils pas condamné officiellement dans leur diocèse ? Pourquoi n’ont-ils pu obtenir des quatre derniers Papes qu’il soit prohibé ? Pourquoi ces Papes le laissent-ils circuler librement depuis 43 ans ? Qu’en résulte-t-il sinon que ces quatre Papes ont reconnu la provenance divine de ce Secret et ont approuvé sa diffusion ? »

 

ID., ibid., page 211, Appendice III – Le Secret de La Salette n’a jamais été condamné :

 

« Albert Lepidi, O. P., Maître du Sacré Palais, membre du Saint-Office et de l’Index [dans une lettre adressée au cardinal Luçon, archevêque de Reims et communiquée au marquis de la Vauzelle] :

 

            “ […] 1° Le Secret de la Salette n’a jamais été condamné d’une manière directe et formelle par les  Sacrées Congrégations de Rome. 2° Deux livres de M. Gilbert-Joseph-Émile Combe ont été condamnés par l’Index, l’un en 1901 … L’autre livre en 1907… Ces condamnations regardent directement et formellement les deux livres écrits par M. Combe et nullement le Secret.

Je vous prie V. E. d’agréer…, etc.

Albert Lepidi, O. P., Vatican, 16 décembre 1912.” »

(Signalons que cette lettre pourtant digne d’être citée a été mise sous le boisseau par l’abbé Francesco Ricossa de l’association « Mater Boni Consilii » éditant le périodique « Sodalitium ».) 

 

ID., ibid., page 144 :

 

            «  O ennemis du Secret de La Salette quel jugement sera le vôtre au tribunal de Dieu ! Car Mélanie a dit : Tout ce que l’on fera contre le Secret retombera lourdement sur ceux qui l’auront attaqué ”. Quelle auréole d’ignominie entourera vos noms en vous clouant pour toujours au pilori de l’histoire ! »

 

ID., ibid., page 92 (un rappel théologique) :

 

          « Aucun Pape ne peut faire entrer dans le dépôt de la foi révélée une révélation privée ; il ne peut qu’en reconnaître la provenance divine et inciter les fidèles à y croire. Il suit de là que ceux qui rejettent comme apocryphe le Secret de La Salette ne sont pas des hérétiques puisque ce secret n’est pas un dogme de foi, mais ils sont des révoltés (a) en vertu du Mandement de 1851 [Pie IX : “ Nous jugeons que l’apparition de la Sainte-Vierge … porte en elle-même tous les caractères de la vérité et que les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine. … Nous autorisons le culte de Notre-Dame de La Salette, Nous permettons de le prêcher et de tirer les conséquences pratiques et  morales qui ressortent de ce grand événement. ”]. »

a) Des révoltés contre les ordres de la Mère de Dieu dans son Secret.

 

         Notons bien que le pape Pie IX n’a prescrit la promulgation de son Mandement qu’après avoir eu en mains les secrets des bergers et qu’il ne pouvait pas par conséquent les avoir exclus de son jugement. L’apparition en tant que telle ne dit rien et donc ne prouve rien.

 

         Le Mandement du pape Pie IX nous suffit pour nous convaincre de l’authenticité du Secret de La Salette. C’est ainsi que l’on ne fait plus qu’un avec le vicaire suprême du Christ, la tête de toute l’Église. Soyons logiques et francs. On est catholique ou on ne l’est pas. Tout ce qui suit cette « grande nouvelle » doit se trouver en accord ou être rejeté, car, en cette vie, nous marchons par la foi.

 

L’Osservatore Romano du 25 décembre 1904 (sous le pontificat du pape saint Pie X) :

 

         « Mélanie révéla son Secret quand le temps marqué fut connu, bien qu’elle sût qu’un pareil acte lui attirerait la colère de ceux qui, perdus de mœurs, étaient enchaînés au char maçonnique. »

 

LETTRE DE MÉLANIE À MONSIEUR DE LA RIVE, 16 OCTOBRE 1904.

 

          Très vénéré Monsieur de la Rive,

 

          Je vous suis très reconnaissante de ce que, en ce temps de morte foi, vous avez osé publier « Le Secret de la France chrétienne », tel que je l’avais publié en 1879, avec l’Imprimatur de Monseigneur ZOLA, Evêque de Leccè (Italie) et que je l’ai fait réimprimer cette année à Lyon, avant de quitter la France. Je proteste hautement contre un texte différent qu’on oserait publier après ma mort.

          Je proteste encore

          1° Contre les très faux dires de tous ceux qui ont osé dire et écrire que j’ai brodé le Secret ;

          2° Contre ceux qui affirment que la Reine de la Sagesse n’a pas dit de faire passer le Secret à tout son peuple.

 

Ce 18 Octobre 1904,

 

Mélanie Calvat,

 

Bergère de La Salette. 

 

Pour servir à l’histoire de La Salette, Documents II

 Lettres de Mélanie à Mère Saint-Jean

Nouvelles Éditions Latines (1964)

J.M.J - Le Cannet, 19 septembre 1889.

Ma Très Révérende Mère Supérieure.

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

          « […] Si le nombre de celles d'entre vous qui pense le bien réel et véritable était assez grand, unies d'un commun accord, vous pourriez tenter un petit conseil et demander à Mgr Fava, la séparation d'avec celles qui certainement n'ont aucune vocation pour l'œuvre véritable de notre divine Mère, et vous pourriez dire à Monseigneur que vous voulez obéir à la Très Sainte Vierge qui a donné une Règle à ses filles et obéir au Souverain Pontife Léon XIII qui, par la bouche de son remplaçant dans un Congrès particulier, prononça ces paroles : " Nous ordonnons que la Règle que la Sainte Vierge a donnée à Mélanie soit observée par les Pères et par les religieuses qui sont sur la Montagne de La Salette." Monseigneur ne pourra pas nier avoir entendu cette ordonnance. […] » [Notons bien que cette Règle avait été donnée à Mélanie par la Sainte Vierge à la suite du Secret auquel elle est inhérente, ce qui revient à dire que le Secret en a la même valeur.]

               Une note discordante qui revient à traiter Mélanie de La Salette ou Sœur Marie de la Croix de menteuse (ce qui est une infamie, parce que l’apparition de la Très Sainte Vierge et ses messages reposent sur le seul témoignage de Mélanie, et que si celle-ci a menti sur le Secret, nous ne pouvons plus lui accorder le moindre crédit, - sans parler du témoignage et du soutien de Maximin) :

 

SODALITIUM N° 48, éd. française - Avril 1999, L'Apocalypse selon Corsini, par l'abbé Francesco Ricossa,  I. Le Secret de La Salette, pp. 57 et 59, 2e  colonne :

 

          « I. Le Secret de la Salette

         

          À propos de La Salette et avant toute chose, il faut faire une distinction entre l'Apparition proprement dite, le Secret, et les interprétations du Secret. Ensuite, pour porter un jugement prudent, le catholique devra s'en tenir à ce que pense l'Église : " ayant déposé tout jugement propre, nous devons avoir l'âme prête et prompte à obéir en tout à la véritable épouse du Christ Notre-Seigneur qu'est la sainte Église notre Mère " (Saint Ignace, Exercices spirituels, Règles pour sentir avec l'Église, première règle, n° 353). ... De tout ce qui précède on peut tirer la conclusion suivante : le texte du Secret n'a pas été approuvé  par l'Église comme l'a été l'apparition de 1846 ; qui plus est, le Saint Office en a interdit la diffusion sous peine de lourdes sanctions (1915), il en a interdit la possession et la lecture (1922) et il en a condamné le contenu (1957). Certes, les décrets de la Sacré Congrégation ne sont pas irréformables ; cependant, ceux qui ne tiennent aucun compte des condamnations émanant de la Sacré Congrégation de l'Index ou d'autres congrégations romaines se rendent coupables de faute (cf. proposition 8 des modernistes condamnée par le décret Lamentabili, DS 3408). » [Si nous sommes vraiment coupables de cette faute, ne faudrait-il pas par conséquent la déclarer à un prêtre, en confession, pour en recevoir le pardon de Dieu ? - Notons bien que, dans cet article, l’abbé Ricossa rejette de surcroît la dimension eschatologique ou la perspective des derniers temps de l’Apocalypse et contredit manifestement la 3e partie du livre V de l’ouvrage intitulé « Contre les hérésies » de saint Irénée de Lyon, le « marteau des hérésies », et ce également à l’encontre des révélations de sainte Hildegarde avec son « Scivias Domini » et de bien d’autres saints et saintes ou âmes privilégiées qui sont connus du monde chrétien. Faudrait-il condamner également saint Irénée, le grand évêque de Lyon, qui mourut martyr sous la persécution de l’empereur Sévère et que l’on considère comme le « fondateur de la théologie catholique » ? Outre cela, nous ne voyons pas pourquoi l’abbé Ricossa nous demande faire une distinction entre l’Apparition, qui par elle-même demeure une vision corporelle où le diable a plus de pouvoir (a), et les interprétations du Secret, puisqu’il prétend que son contenu, c’est-à-dire, au fond, le Secret, a été condamné par le Saint Office, ce qu’infirme le R. P. Lepidi, cité plus haut, et lui-même membre de cette instance suprême. Tout cela n’est pas très sérieux. D’autre part, il n’y a vraiment rien de louable ni d’honorable à culpabiliser et finalement à condamner ses frères dans la foi (et notamment Mgr Marcel Lefebvre et même Mgr Guérard des Lauriers qui ne cachait pas son admiration pour la Règle de l’Ordre des Apôtres des derniers temps, laquelle est inhérente au Secret et par conséquent aussi crédible que celui-ci). Puisse cet abbé revenir sur ses positions et se convertir pleinement à la foi apostolique en se conformant à la Tradition de l’Église ! Cela dit, nous honorons et mettons en crédit la dignité de son sacerdoce et reconnaissons la validité de ses messes selon le rite intégral de saint Pie V, et ce « non “una cum” » Benoît XVI, c’est-à-dire en désunion avec le prétendu pape Benoît XVI. Jésus n’a pas préservé de la défaillance doctrinale les prêtres ni même les évêques ni à plus forte raison les simples fidèles que nous sommes. Seul le Pape jouit de cette prérogative en vertu des paroles substantielles du Verbe incarné qui opèrent toujours ce qu’elles disent (b). Nous devons par conséquent contrôler la rigueur doctrinale de nos écrits en nous référant constamment aux Saintes Écritures, à la Tradition et aux documents des Pontifes romains en ne retenant que ce qui peut être concilié avec l’ensemble des textes que nous citons.]

a) Saint Jean de la Croix, Docteur de l’Église, La Montée du Mont Carmel, Livre II, Chapitre XI, § 3 (« Y así, siempe se han de tener las tales cosas por más cierto ser del demonio que de Dios, el cual en lo más exterior y corporal tiene más mano, y más facilmente puede engañar en esto que en lo que es más interior y espiritual »).

b) Cf. S. Luc, XXII, 32 ; saint Jean de la Croix, La Montée du Mont Carmel, Livre II, Chapitre XXXI (cité plus haut).

 

          Il existe actuellement en France, au Clos Nazareth, à Crezan (58220 Donzy), une petite communauté de religieuses qui s’efforcent, avec l’aide du Christ et de sa très sainte Mère, de pratiquer la Règle de l’Ordre de la Mère de Dieu donnée, le 19 septembre 1846, à Mélanie Calvat, en religion Sœur Marie de la Croix, sur la Montagne de La Salette par la Sainte Vierge. Prions pour ces religieuses afin qu’elles réalisent parfaitement leur vocation pour la plus grande gloire de la sainte Trinité et le salut des âmes !

 

          N’oublions pas que le Secret de La Salette a provoqué et provoque toujours la colère des francs-maçons et des modernistes et que nous pouvons ainsi savoir de quel côté nous nous trouvons.

 

Abbé Ricossa, Sodalitium n° 48, périodique cité plus haut, p. 49, 2e colonne,  La “ trame ” de l’Apocalypse :

 

          « De quoi parle donc l’Ap. [l’Apocalypse], si elle ne parle pas des derniers temps ? Elle est, nous l’avons vu, une explication de toute la révélation sur Jésus-Christ, depuis la création jusqu’à la fondation de l’Église. »

(Cf. Enc. Pascendi du pape saint Pie X sur les erreurs modernistes, § 50 ; et S. Matthieu, XXIV, 15 ; Daniel, IX, 27 ; IIe Épître aux Thessaloniciens, II, 9-12.)

 

Encyclique Pascendi de Saint Pie X contre les modernistes, § 50 :

 

          « 50. Quoi encore ? En ce qui regarde Jésus-Christ, ils reconnaissent, bien plus ils affirment qu'il a erré manifestement dans la détermination du temps où l'avènement du royaume de Dieu devait se réaliser. Aussi bien, quoi d'étonnant, s'il était lui-même tributaire des lois de la vie ! - Après cela, que ne diront-ils pas des dogmes de l'Église ! […] »

 

ID., Encyclique E supremi Apostolatus du 4 octobre 1903 :

 

   « Qui pèse ces choses a droit de craindre qu’une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et comme leur prise de contact avec la terre, et que véritablement le fils de perdition dont parle l’Apôtre (1) n’ait déjà fait son avènement parmi nous. »

1) 2 Thess. 2 : 4.

 

Ste Brigitte de Suède, Révélations, chap. LXVII : 

                                 

          « Le Fils de Dieu dit à sainte Brigitte : Ce monde est comme un navire qui, étant plein de sollicitude, est assailli par les orages de la mer, et qui ne laisse jamais l’homme en paix qu’il ne soit arrivé au port de repos ; car comme le navire à trois parties, la proue, le milieu et la poupe, je vous décris aussi trois âges au monde : le premier depuis Adam jusques à mon incarnation. Cet âge est signifié par la proue, qui est haute, admirable et forte : haute en la piété des patriarches ; admirable en la science des prophètes ; forte en l’observance de la loi. Mais cette partie commença à déchoir, quand le peuple judaïque, ayant méprisé mes commandements, se plongea dans les iniquités et méchancetés, c’est pourquoi il a été rejeté de l’honneur et de la profession. Or, le milieu du navire commença de paraître, lorsque le Fils de Dieu vivant eut pris la nature humaine ; car comme le milieu de la mer est le plus profond, de même, quand je fus incarné, l’humilité commença d’être prêchée, et l’honnêteté que plusieurs avaient embrassée commença à être manifestée.

          « Mais maintenant, l’impiété et la superbe règnent, et ma passion est comme oubliée et négligée : c’est pourquoi la troisième partie commence à monter, qui durera jusques au jour du jugement, et en cet âge, j’ai envoyé mes paroles au monde par vous : ceux qui les ouïront et les suivront seront sauvés, car comme saint Jean dit de l’Évangile, non du sien, mais du mien : Bienheureux sont ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! j’en dis maintenant de même : Bienheureux seront certainement ceux qui ouïront ces paroles et les suivront ! En la fin de cet âge l’Antéchrist naîtra d’une femme infâme et maudite, qui feindra de savoir les choses spirituelles, et d’un homme maudit, et d’eux le diable formera son ouvrage par la permission divine. Mais le temps et la venue de l’Antéchrist ne seront pas comme ce Père, dont vous avez vu les livres, a écrit, mais il viendra au temps que je connais, quand l’iniquité abondera outre mesure et que l’impiété augmentera grandement. Partant, sachez que la foi sera ouverte à quelques Gentils, avant que l’Antéchrist vienne. Après, quand les chrétiens aimeront les hérésies et que les méchants fouleront le clergé et la justice, lors ce sera un signe que l’Antéchrist viendra bientôt. »

 

Élie Daniel, « Serait-ce vraiment la fin des temps ?... » : Prophéties relatives à l’Antéchrist (chapitre IV, page 399), ouvrage cité plus haut, Pierre Téqui, Libraire-Éditeur, Paris, 1927 :

 

          « […] D’après ce passage important, Sœur de la Nativité paraît être d’accord avec la Prophétie des Papes pour affirmer que la fin du monde n’est plus très éloignée ; comme celle-ci, elle la situe aux environs de l’an 2000, soit à la fin du XXe siècle, soit au début du XXIe siècle. Dans ces conditions, d’après ces prophéties, une centaine d’années seulement nous séparerait de la redoutable catastrophe !… C’est à faire réfléchir !... » [Notons bien que l’auteur de cet ouvrage confond la Parousie et la fin du monde ou le jugement dernier.]

 

 Ste Hildegarde, Scivias, P. III, Visions. XI  (cf. également Élie Daniel, « Serait-ce vraiment la fin des temps ?... » : Prophéties relatives à l’Antéchrist (chapitre IV, pages 391-393, 395), ouvrage cité plus haut :

 

          « Le fils de perdition, qui règnera très peu de temps, viendra dans les derniers jours.

          « Après avoir passé une jeunesse licencieuse au milieu d'hommes très pervers et dans un désert où elle aura été conduite un démon déguisé en ange de lumière, la mère du fils de perdition le concevra et l'enfantera.

          « Le fils de perdition est cette bête très méchante qui fera mourir ceux qui refuseront de croire en lui, qui s'associera les rois, les princes, les grands et les riches, qui méprisera l'humanité et n'estimera que l'orgueil, qui enfin subjuguera l'univers entier par des moyens diaboliques.

          « Il paraîtra agiter l'air, faire descendre le feu du ciel, produire des éclairs, le tonnerre et la grêle, renverser les montagnes, dessécher les fleuves, dépouiller la verdure des arbres des forêts et la leur rendre ensuite.

          « Il paraîtra aussi rendre les hommes malades, guérir les infirmes, chasser les démons et quelquefois ressusciter les morts faisant qu'un cadavre remue comme s’il était en vie. Cependant cette espèce de résurrection ne durera jamais au delà d'une petite heure pour que la gloire de Dieu n'en souffre pas.

          « Il gagnera beaucoup de peuples, en leur disant : Vous pouvez faire tout ce qui vous plaira ; renoncez aux jeûnes, il suffit que vous m'aimiez, moi qui suis votre Dieu.

          « Il leur montera des trésors et des richesses, et il leur permettra de se livrer à toutes sortes de festins, comme ils le voudront. Il les obligera à pratiquer la circoncision et plusieurs observances judaïques, et leur dira : celui qui croira en moi recevra le pardon de ses péchés et vivra avec moi éternellement.

          « Il rejettera le baptême et l'évangile et il tournera en dérision tous les préceptes que l'Eglise a donnés aux hommes de ma part.

          « Ensuite il dira à ses partisans : Frappez-moi avec un glaive et placez mon corps dans un linceul sans tache jusqu’au jour de ma résurrection.

            « On croira réellement lui avoir donné la mort, et de son côté il fera semblant de ressusciter. Après quoi il commandera à ses serviteurs de l'adorer.

          « Quant à ceux qui, par amour pour mon nom, refuseront de rendre cette adoration sacrilège au fils de perdition, il les fera mourir au milieu des plus grands tourments.

          « Mais j'enverrai mes deux témoins, Hénoch et Elie, que j'ai réservés pour ce temps-là. Leur mission sera de combattre cet homme du mal et de ramener dans la voie de la vérité ceux qu’il aura séduits. Ils auront la vertu d'opérer les miracles les plus éclatants dans tous les lieux où le fils de perdition aura répandu ses mauvaises doctrines.

          « Cependant je permettrai que ce méchant les fasse mourir, mais je leur donnerai dans le ciel la récompense de leurs travaux.

          « Quand le fils de perdition aura accompli tous ses desseins, il rassemblera ses croyants et leur dira qu'il veut monter au ciel. Au moment même de cette ascension, un coup de foudre le terrassera et le fera mourir.

          « D'un autre côté, la montagne où il sera établi pour opérer son ascension sera à l'instant couverte d'une nuée qui répandra une corruption insupportable et vraiment infernale. Ce qui, à la vue de son cadavre couvert de pourriture, ouvrira les yeux à un grand nombre de personnes et leur fera avouer leur misérable erreur.

          « Après la triste défaite du fils de perdition, l'épouse de mon Fils, qui est l'Eglise, brillera d'une gloire sans égale et les victimes de l'erreur s'empresseront de rentrer dans le bercail.

          « Quant à savoir quel jour après la chute de l'Antéchrist le monde devra finir, l'homme ne doit pas chercher à le connaître, il ne pourrait y parvenir. Le Père s'en est réservé le secret. O hommes, préparez-vous au jugement ! »

 

Cardinal Pie, Œuvres de Mgr l’Évêque de Poitiers, Homélie prononcée dans la solennité du couronnement de Notre-Dame-de-Lourdes par Mgr le Nonce Apostolique, délégué de Pie IX, suivie d’un Bref pontifical relatif à cette homélie, 3 juillet 1876, Tome IX, Librairie Oudin Frères, 1879, p. 334 :

 

          « À la différence de l’ancienne loi, sous laquelle le canon des Écritures demeura ouvert jusqu’aux derniers jours d’Israël, le nôtre est scellé par la prophétie de saint Jean [l’Apocalypse], qui d’ailleurs embrasse les destinées de l’Église et des sociétés jusqu’à la fin des temps. Mais il ne suit pas de là que la révélation privée ait été exclue de l’économie de la loi nouvelle. […] À toutes les époques, dit l’Ange de l’École, il y a toujours eu quelques personnes favorisées de lumières surnaturelles, non pour révéler une nouvelle foi, mais pour la direction de la conduite humaine » (S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, 2a 2æ Quæst. CLXXIV, art. VI, ad tertium).

 

Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 26, 1 :

 

          « Une révélation plus claire encore, au sujet des derniers temps et des dix rois entre lesquels sera alors divisé l’empire qui domine maintenant, a été faite par Jean, le disciple du Seigneur, dans son Apocalypse. »

 

Apocalypse, I, 19 (livre inspiré de Dieu et écrit vers 95-96 sous le règne de l’empereur romain Domitien) :

 

          « Écris donc ce que tu as vu, soit les choses qui sont, soit celles qui doivent arriver après cela (meta tauta). »

 

Saint Jean, l’Apocalypse, par le P. E.-B. Allo des Frères Prêcheurs, Professeur à l’Université de Fribourg (Suisse), Éd. Gabalda, Paris, 1921, pp. LI et CXXVIII :

 

          « 4. Le monde terrestre, l’histoire future, et les signes de la fin. Jean qui n’a pas eu besoin, comme ses devanciers non inspirés, de faire remonter son livre, par une fiction, au temps d’un ancien patriarche ou prophète, ne s’occupe nulle part de l’histoire passée du monde ; sa révélation ne concerne que les temps commencés à la naissance de Jésus, pour s’étendre jusqu’au jugement général. […] L’Apocalypse, qui met le sceau de la Révélation des fins dernières, est bien la plus grande, la plus complète, la plus spirituelle de toutes les prophéties, digne d’en clore la série totale. »

 

Cliquez (internet, lien hypertexte) sur : abominat.htm

 

Hildegarde de Bingen, SCIVIAS (Scito vias Domini), Les trois livres des visions et révélations : « Connaissez les voies du Seigneur », traduit par Raymond Chamonel et Pierre Lachèze, Introduction d’Albert Battendier : Sainte Hildegarde, Livre Ier, Ve Vision, pp. 92-93 :

 

          « Mais de même que David répudia enfin la femme, qu'il avait épousée en premières noces, et qui avait péché avec un autre homme, de même le Fils de Dieu répudia la Synagogue qui lui fut d'abord unie dans son incarnation, mais qui, abandonnant la grâce du baptême, suivit le démon. Cependant vers la fin des temps il la recevra, dès qu'elle-même, répudiant les erreurs de son infidélité, reviendra à la lumière de la vérité. Car le démon a pris la Synagogue dans son aveuglement, et l'a livrée à toutes les erreurs de l'infidélité ; et il ne cessera de le faire, jusqu'à la venue du fils de perdition, qui tombera dans l'exaltation de son orgueil, comme Saül périt sur le mont Gelboe, après avoir chassé David de sa terre. - Ainsi le fils de l'iniquité s'efforcera de chasser mon Fils du milieu de ses élus ; et mon Fils ayant repoussé l'Antéchrist, ramènera la Synagogue à la véritable foi ; Comme David reprit sa première épouse après la mort de Saül. Car lorsqu'à la fin des temps les hommes verront vaincu celui qui les avait trompés, ils reviendront en grande diligence à la voie du salut. »

 

Père Noël Barbara, extrait de la Lettre collective aux personnes qui ont demandé d’être informées de ses publications, Tours, le 19 mars 1997, en la fête de Saint Joseph, Patron de L’Église universelle :

 

          « Notre Dame de La Salette.

          « Vous connaissez tous l’histoire de la Vierge qui s’est abaissée jusqu’à pleurer sa douleur devant deux jeunes bergers “ parce que, disait-elle en sanglotant, je ne puis plus retenir le bras de mon fils outragé par vos péchés ”. Mais ce que vous connaissez probablement beaucoup moins, c’est le message de La Salette et la vie intime de Mélanie Calvat, principale voyante de ce drame poignant.

          « Un vieil abonné à Forts dans la Foi, M. Henri Bourgeois, dont le grand-père a été l’ami et le collaborateur du chanoine Rigaux et de l’abbé Combe, a réalisé un très bel enregistrement audio sur L’Apparition de la Très Sainte Vierge sur la montagne de La Salette, le 19 septembre 1846, et me donne toutes autorisations pour le diffuser. Je profite de cette lettre pour lui dire publiquement ma reconnaissance.

          « Cet enregistrement comprend cinq cassettes de 90 minutes chacune, qui permettent de découvrir :

 

          « - d’abord l’incroyable enfance de la voyante préparée à son insu, à sa future mission par Celui qu’elle appelait naïvement “ mon petit frère ”.

          « - Ensuite, deux cassettes reprenant les dépositions de “ Mélanie, témoin et messagère de La Salette ”.

          « - Enfin, deux autres cassettes comprenant l’ “ étude du Message de Notre Dame de La Salette”. Les rapprochements que l’auteur (M. Henri Bourgeois) fait entre certaines parties du Secret et la crise actuelle de l’Église sont saisissants. »

(Éd. Forts dans la Foi, 16, rue des Oiseaux, F – 37000 TOURS, Tél. 02.47.39.52.73) - Faudrait-il également et encore rendre coupable d’infidélité ou condamner le R. P. Noël Barbara, qui a pratiqué et donné les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola en tant qu’ancien Coopérateur Paroissial du Christ-Roi (C.P.C.R.), pour sa ferme adhésion au Secret de La Salette ?  

 

Maurice CANIONI, La Femme et le Dragon, éd. Delacroix, dernière version, 2005, Annexe III, Oraison funèbre de Sœur Marie de la Croix, prononcée par le Chanoine Annibale Marie di Francia, le 7 nov. 1905 – publiée avec l’Imprimatur de Monseigneur Letterio de Messine :

  

            « […] De grands mystères s’étaient déroulés entre Dieu et cette âme depuis son enfance. […] Avant de disparaître, la Sainte Vierge avait dit : “Mes enfants,  tout ce que je vous ai dit, faites-le savoir à mon peuple.” […]  Ce ne fut que grâce à une continuelle assistance surnaturelle qu’elle put résister et persévérer jusqu’à la fin. […] L’esprit de mortification et de pénitence qui la dominait fut singulier en elle. Sa nourriture était très rare, à peine quelques onces [de l’ordre de 40 g.], et elle l’absorbait à petites bouchées. […] Elle ne mangea jamais un fruit, jamais une friandise. Son sommeil ne dépassait pas trois heures et toujours sur la terre nue, comme vous avez pu le constater, mes Sœurs. […] Que signifiaient ces linges couverts, aux épaules, de sang frais, que vous avez eu l’occasion de trouver en mettant ses vêtements à la lessive ? Que signifiait cette table toute hérissée de clous disposés en croix, qui donnait le frisson et que nous conservons avec des taches de sang décolorées. […] De Messine elle alla à Moncaliéri ; de Moncaliéri elle passa en France. Elle fut à Diou ; elle fut à Cusset. Mais un jour elle dit : “Je ne veux pas rester en France, je ne veux pas mourir au milieu des Francs-maçons”. […] Altamura, de la province de Bari, ville heureuse et bénie, fut le terme de ses pèlerinages terrestres. Elle y arriva en Juin 1904, ayant près de 72 ans, et comme à bout de forces. S.E. Mgr Cecchini, le très digne Évêque des deux diocèses d’Altamura et d’Acquiviva, l’accueillit avec de grands égards : il savait bien le trésor qu'il recevait dans son diocèse.[…] Dieu la destinait à mourir entre les murailles d’une petite chambre, séparée de tous, sans assistance ni aide d’aucune créature  humaine. […] Malavisés ceux qui croient qu’elle mourut sur la terre nue pour y être tombée subitement d’une syncope !  Non, la servante de Dieu, innocente et pénitente, ne faisait jamais usage de son lit, mais sur la terre nue, elle dormait ou reposait très peu d’heures de la nuit, comme il a été dit auparavant… […] O Mélanie, de ce trône élevé sur lequel Dieu l’a placée dans le Ciel, tes regards s'abaissent-ils encore sur cette terre ? Ne cesse pas de prier pour nous. »

 

René Laurentin – Michel Corteville, Découverte du secret de La Salette, un an après la révélation du troisième secret de Fatima - au-delà des polémiques, la vérité sur l’apparition et ses  voyants, Librrairie Arthème Fayard, 2002 :

 

            « Comment est né ce livre ?

 

            « L’abbé Michel Corteville a découvert le secret officiel de La Salette, et quantité d’autres pièces qui renouvellent la connaissance de l’apparition : le quart des documents qu’il publie actuellement chez Téqui est inédit, notamment les stigmates, la Règle de vie donnée à Mélanie, etc. L’abbé Laurentin, qui a suivi l’élaboration de sa thèse monumentale (1 104 pages), a conçu ce livre pour répondre en bon ordre aux questions d’un large public sur cette apparition controversée, car les réponses, entièrement renouvelées, sont aussi réconciliatrices des polémiques, espérons-nous. » [Grâce à ce nouvel ouvrage merveilleusement documenté, l’honneur de Mélanie de La Salette est définitivement sauf, ainsi que l’honneur de Maximin .]

 

ID., ibid., pp. 225-226 :

 

Lettre du R.P. Garrigou-Lagrange à F. Corteville ( + Carmel de Vienne, Isère, 1er septembre 1957).

 

            Cher Monsieur,

 

            « En arrivant à Vienne où je suis jusqu’au 8 septembre, j’ai trouvé tout ce que vous m’avez envoyé. J’ai cru reconnaître dans La Vie de Sœur Marie de la Croix, bergère de La Salette, ce que m’avait déjà communiqué M. le curé d’Avoise, l’abbé Gouin.

             « J’ai lu pas mal de publications sur ce sujet et j’incline à penser que Mélanie a conservé sa mission jusqu’à sa mort. J’ai bien connu un frère convers dominicain qui portait son très fructueux repas de midi peu avant sa mort ; ce frère était au service de Mgr Cecchini, évêque dominicain d’Altamura où elle mourut. Elle annonça le jour et l’heure de sa mort à ce frère convers qui vérifia cette prédiction. » 

 

Abbé GOUIN, Sœur Marie de la Croix, bergère de LA SALETTE, née MÉLANIE CALVAT, tertiaire de St Dominique, VICTIME DE JÉSUS, Introduction, Éditions Saint-Michel, 53-Saint-Cénéré, 1969 :

 

            « À la suite des trois premiers volumes de la collection « POUR SERVIR À L’HISTOIRE RÉELLE DE LA SALETTE », publiés aux Nouvelles Éditions Latines, et du « JOURNAL DE L’ABBÉ COMBE », l’Association des Enfants de N.-D. de La Salette et de Saint Grignion de Montfort offre au lecteur un ouvrage de synthèse sur la question de La Salette. La biographie de « SŒUR MARIE DE LA CROIX, Bergère de La Salette », œuvre majeure de l’abbé Paul Gouin, curé d’Avoise (Sarthe), mort le 11 décembre 1968, réhabilite au regard de l’histoire la voyante de l’Apparition du 19 septembre 1846. Il n’a pas fallu moins de cinquante années de patientes recherches à l’auteur pour constituer une documentation unique, comprenant des manuscrits et quelques huit cents lettres autographes de la Bergère de La Salette. “J’incline à penser que Mélanie a conservé sa mission jusqu’à sa mort”, m’écrivait le R. P. Garrigou-Lagrange, le 1er septembre 1957.

            « À la lecture de l’ouvrage, il est clair que l’objet de cette mission était la fondation de l’œuvre des “Apôtres des derniers temps”, prédits par Saint Grignion de Monfort. Du temps même de la vie de la Bergère de La Salette, l’Église a approuvé la Règle de l’ORDRE DE LA MERE DE DIEU pour cet institut missionnaire, et Mgr Zola, le saint évêque de Lecce (Italie) a donné l’imprimatur au Secret prophétique dont un paragraphe déclare : “J’appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d’eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l’humilité, dans le mépris et le silence, dans l’oraison et la mortification, dans la chasteté et dans l’union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu’ils sortent et viennent éclairer la terre…”

 

            « L’association des ENFANTS DE N.-D. DE LA SALETTE, rend hommage à Monsieur l’abbé GOUIN qui lui a délégué un important témoignage en faveur de l’histoire réelle de La Salette.

 

            En la fête de ST JOSEPH

            BEAUPREAU, 19 MARS 1969.

            F. Corteville, Président de “l’Association des enfants de NOTRE-DAME de la Salette et de St Grigion de Monfort”. »

 

ID., ibid., Notice biographique sur l’abbé Paul GOUIN (notice établie par le Président de l’Association des Enfants de N.-D. de La Salette) :

 

            Nantes, 25 janvier 1970

 

            « Cher Monsieur,

           

            « Soyez vivement remercié de m’avoir fait don du si remarquable ouvrage de l’Abbé Gouin : “Sœur Marie de La Croix, bergère de La Salette”. Le travail, “fruit de cinquante années de patientes recherches”, a été pour moi révélateur.

            « Jusqu’à présent je ne cherchais pas à approfondir cette question de La Salette qui a été si controversée et qui a même tenu longtemps en hésitation le Saint Curé d’Ars lui-même. Mais, le livre de l’Abbé Gouin projette sur les évènements une telle lumière que la vérité maintenant pour moi se fait jour.

            « […] Soyez remercié, Cher Monsieur, vous et votre Association des “Enfants de Notre-Dame de La Salette et de Saint Grignion de Monfort” d’avoir produit au jour le trésor accumulé par le pieux et savant Abbé Gouin, et de l’avoir mis à notre disposition. Indignes d’être comptés parmi les “Apôtres des derniers temps”, Nous puiserons cependant dans ce trésor de quoi aviver notre amour envers la Mère de Dieu, et notre espérance.

 

            « Veuillez agréer, Cher Monsieur, l’expression de toute ma gratitude.

 

            Joseph CATTA

            Doyen du Chapitre de la Cathédrale de Nantes, aumônier de la Visitation de Sainte Marie ». 

 

Marquis de la Franquerie, MARIE-JAHENNY, la stigmatisée bretonne, Association des Amis de Marie-Julie et de La Fraudais, nov. 1977, pp. 22 et 23 :

 

            « Le 19 septembre 1901 – date anniversaire de l’Apparition de La SaletteLa Sainte Vierge dit :

 

            “ J’ai encore aujourd’hui à mes yeux la trace des larmes que j’ai répandues à pareil jour, en voulant apporter à mes enfants LA BONNE NOUVELLE

s’ils se convertissaient, mais la triste nouvelle s’ils persistaient dans leurs iniquités… ON FAIT PEU DE CAS DE CE QUE J’AI RÉVÉLÉ… Voilà l’heure où vont s’accomplir ces grandes promesses QUE LES CHEFS DE L’ÉGLISE ONT MÉPRISÉES… Ils n’ont pas voulu de lumières !... De tout cela j’ai bien souffert. La douleur en ce moment oppresse mon cœur … le glaive douloureux, en ce moment, c’est de voir les dispositions prises ou qui s’apprêtent… C’est de voir les pasteurs se détacher du Lien Sacré qui dirige et gouverne la Sainte Église… Mes enfants, quand Je me rappelle, depuis le jour où j’ai apporté SUR LA SAINTE MONTAGNE (La Salette), à la terre menacée, MES AVERTISSEMENTS ; quand Je me rappelle LA DURETÉ AVEC LAQUELLE ON A REÇU MES PAROLES !... pas tous, mais beaucoup. Et ceux qui auraient dû les faire passer dans l’âme, le cœur et l’esprit des enfants avec une confiance immense, une pénétration profonde ; ILS N’EN ONT PAS FAIT CAS ! Ils les ont méprisées et la plupart ont refusé leur confiance…”

            […]

            « Le 4 août 1904, La Reine du Ciel revient à nouveau sur la question parce qu’au désir de Saints Prêtres qui voulaient faire connaître le Message de La Salette  “ D’AUTRES PASTEURS SE SONT RÉVOLTÉS ” et le Message a été “ REMIS SOUS SCELLÉS ” alors qu’il aurait dû être “ LIVRÉ AU MONDE ”.  C’est parce qu’il est grandement question des pasteurs et du sacerdoce qu’on S’EST RÉVOLTÉ… Comment voulez-vous que les CHÂTIMENTS NE TOMBENT PAS SUR LA TERREON VA JUSQU’À CE POINT DE FAIRE DISPARAÎTRE MES PAROLES et de faire souffrir ceux qui sont dévoués pour cette Sainte Cause… Je récompenserai mes bons pasteurs… mes bons serviteurs… »

 

Extrait du message de la Reine du Ciel à Fatima donné à Lucie le 13 octobre 1917 et faisant référence à son Secret donné à La Salette :

 

            « Et maintenant, proclame en mon Nom : Sur toute l’humanité viendra un grand châtiment, pas encore aujourd’hui, ni même demain, mais dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ce que j’ai déjà fait connaître à la Salette par les enfants Mélanie et Maximin, je le répète aujourd’hui devant toi. L’humanité a été sacrilège et elle foule aux pieds le don qu’elle a reçu. »

 

Maximin Giraud à l’Abbé Lagier (L’extraordinaire Secret de La Salette, Louis de Boarnergès, D.F.T., Boîte Postale 28, 35370 Argentré-du-Plessis, 1988, France, p. 103) :

 

            « Le Pape plus que la Sainte Vierge ? … Mais la Sainte Vierge est la Reine de tous les saints [1]. Si le Pape fait bien son devoir, il sera saint, mais il sera toujours moins que la Sainte Vierge ».

1) « Reine de tous les saints » et également « Siège de la Sagesse », selon  les litanies de la Sainte Vierge, qui a été conçue sans la chute ou la tache originelle, qui est ressuscitée et jouit de l’éternelle vision béatifique et qui fut élevée à la droite de son adorable Fils et placée sur le trône même de la très-sainte-Trinité, ayant acquis une nouvelle vie immortelle et glorieuse dans le ciel empyrée.

 

         Aucune créature n’arrive à la cheville de la Sainte Vierge ! Elle est la Fille de Dieu le Père, la Mère de Dieu le Fils et l’Épouse chérie du Saint-Esprit, la troisième Personne de la très-sainte Trinité. Elle est « le tabernacle de Dieu avec les hommes » (Apoc. XXI, 3).  Que cela soit dit et écrit une fois pour toutes ! Puissent les musulmans se repentir de leurs égarements doctrinaux que l’ennemi de notre nature leur a inspirés et se nourrir des paroles du Christ qui se trouvent dans les évangiles selon les apôtres saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, et non dans les apocryphes !  Et n’oublions jamais que Jésus a versé son sang pour ses ennemis, afin de les changer en amis ! Là est la plénitude ou le développement complet de la Loi chrétienne (cf. Rom. XIII, 10).

 

Vénérable Mère Marie de Jésus d’Agréda, La Cité Mystique de Dieu, ouvrage cité plus haut, IIe Partie, Livre VIe, ch. XXVIII (Quelques profonds mystères qui arrivèrent à la bienheureuse Marie après la résurrection du Seigneur. —  Elle reçoit le titre de Mère et de Reine de l'Église. — Apparition de Jésus-Christ un peu avant son ascension.), § 1501 :

 

          « Par toutes ces faveurs et par celles que je marquerai dans la suite, l’auguste Vierge eut une espèce de participation de l'être de son adorable Fils, que je ne saurais exprimer, car ce divin Seigneur lui donna une communication de ses attributs et de ses perfections qui correspondait su ministère de Mère et de Maîtresse de l'Église, en la place de Jésus-Christ lui-même ; et par cette communication elle fut élevée à un être tout nouveau de science et de pouvoir : ainsi rien ne lui fut caché, soit dans les mystères divins soit dans les cœurs  des hommes. Elle sut en quel temps et comment elle devait user de la puissance divine à laquelle elle participait à l'égard des hommes, des démons et de toutes les créatures ; en un mot, notre grande Reine reçut dignement et avec plénitude tout ce qu'une simple créature était capable de recevoir. Saint Jean eut quelque intelligence de ces mystères, et elle lui fut accordée afin qu'il connût et estimât au degré convenable le trésor qui lui avait été confié, et dès ce jour-là il prit un nouveau soin de révérer et de servir la Maîtresse de l'univers. »

 

Cliquez (internet, lien hypertexte) sur : Livre VI - Ch. XXVI-XXIX

 

 

L’ordre de la Reine du Ciel au sujet du Secret : « VOUS LE FEREZ PASSER À TOUT MON PEUPLE » ! C’est tout.

 

Le Secret (lien hypertexte) : http://perso.wanadoo.fr/thomiste/calvat.htm

 

Mélanie de La Salette, Diou, vers septembre 1902 :

 

            « N'oublions pas ce à quoi nous aurions dû prêter notre attention : Les bergers ont toujours dit que la belle Dame, Marie notre douce Mère, a dit par deux fois : “ Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.” Elle l'a dit une première fois, à la fin des avertissements et menaces à l'orbe catholique. Puis, se mettant en marche en passant le petit ravin, elle dit encore : “ Vous le ferez passer à tout mon peuple.” Ce fut l'ordre de publier le secret. J'ai dû obéir. »

 

 

Lettre de Mgr Zola, évêque d'Urgente, puis de Lecce (Italie) à propos du Secret de Mélanie

 

            Il importe de couper court à toute équivoque et (…) de l'autorité des princes de l'Église qui ont joué un grand rôle dans la publication du Secret de Mélanie.

            Voici ce que Mgr Zola, évêque d'Urgente, puis de Lecce, écrivait en 1880, à M. Amédée Nicolas, avocat à Marseille, et chargé plus tard, par Léon XIII même, de donner une explication du Secret :

 

            « SAUVEUR-LOUIS, Evêque de Lecce.

 

            « Le 5 janvier 1880.

 

            « C'est en 1873 que M. l'abbé Bliard publia à Naples le Secret de La Salette suivi d'une série de lettres sur le même sujet. Cette brochure parut, en ce temps-là, avec la permission et l'imprimatur de la curie de son Eminence le Cardinal Xiste Riario Sforza, Archevêque de Naples, dont la sainteté et la sagesse sont bien connues, même en France.

            « Ledit Secret, en 1851, fut présenté, dans son original, au Souverain-Pontife Pie IX, de sainte mémoire, et à plusieurs Evêques et Cardinaux ; et, dernièrement, il a été soumis à une très respectable et digne personne de grande autorité (et qu'il n'est pas bien à propos de vous nommer ici) et, selon ce que je sais très bien, il n'a été pas du tout blâmé ni censuré. Après tout cela, je n'aurais refusé que bien à tort ma licence de l'imprimer à l'éditeur qui me demandait de publier le même Secret en 1879. L'éditeur était dans son droit; et moi-même, c'est-à-dire ma curie épiscopale, en cette occasion, n'avait qu'à se conformer aux règles et aux prescriptions données par l'Eglise ; en fait, par la Constitution de Pie IV, Dominici gregis, l'évêque ne doit s'opposer qu'à la publication des livres suspects ou entachés d'hérésie, nuisibles aux mœurs ou à la piété. Or, vous ne pourriez rencontrer ni reprocher rien de cela dans l'écrit de Mélanie. Vous vous persuaderez plutôt qu'il est destiné et qu'il est en mesure de faire du bien, d'ébranler les cœurs endurcis, de ramener les méchants sur la bonne voie, et de raffermir la foi dans les âmes tièdes, et chancelantes, au bruit des terribles châtiments dont un Dieu vengeur menace notre Société prévaricatrice.

            « En ferait-on, peut-être, une question de prudence et d'opportunité ? Mais cette question, qui avait bien sa raison d'être posée lorsqu'il s'agissait de publier pour la première fois le Secret, n'a pas lieu d'exister, tandis que le même Secret est déjà, depuis longtemps, dans le domaine public, sans que ni le Saint-Siège, ni les Evêques ne l'aient nullement réprouvé ni incriminé. Et l'on aurait cru faire vraiment un hors-d'œuvre que de s'adresser au Souverain-Pontife, avant que ma curie eût délivré sa licence d'imprimer, tandis que ce livre, en faisant sa première entrée dans le public, y parut plusieurs années avant, avec l'approbation de la curie d'un des princes de l'Église, le Cardinal Riario Sforza.

            « À l'appui de ces raisons, qui auraient suffi toutes seules pour justifier la démarche de ma curie épiscopale, il me plaît d'ajouter quelques observations qui me sont personnelles: Je connais bien de près la pieuse bergère de La Salette, qui fut confiée à mes soins spirituels dès 1868, quand j'étais l'abbé des Chanoines réguliers de Latran, à Sainte-Marie-de-Pie-di-Grotta, à Naples. Depuis cette époque, j'eus l'occasion de parler et de traiter de Mélanie et de son Secret avec des Prélats et des Cardinaux qui, dans l'Eglise, étaient en grande vénération par leurs vertus et leur prudence dans le gouvernement du troupeau, autant que par leur sagesse dans le discernement des esprits. Eh bien! Je puis vous assurer, sur ma conscience, que le jugement de pasteurs aussi respectables n'a été toujours que très favorable à la bonne bergère. J'omets les noms de plusieurs et vous cite seulement quelques noms qui seront votre connaissance, savoir : le Cardinal Xiste Riario Sforza, Archevêque de Naples, le Cardinal Guidi, Mgr François-Xavier Petagna, Evêque de Castellamare di Stabia, Mgr Mariano Ricciardi, Archevêque de Sorrente. Le témoignage si grave de ces illustres Prélats m'a confirmé toujours dans mes sentiments d'estime envers Mélanie, dont j'admirais les vertus autant que son jugement sûr et réfléchi, qu'on ne rencontre que bien rarement dans les femmes.

            « En outre, ayant entre les mains le manuscrit du Secret depuis bien de temps, je suis témoin de l'accomplissement des prédictions qu'il renferme ; et je puis l'attester maintenant devant Dieu. Donc, je suis convaincu de l'authenticité de la révélation par les vertus de l'heureuse bergère, par le sentiment concordant de plusieurs Evêques, et surtout par l'accomplissement des prédictions. Etant ainsi persuadé, j'aurais dû lutter contre ma conscience pour m'opposer à la publication du Secret. Pendant que la Très-Sainte-Vierge manifestait à Mélanie sa volonté et déclarait qu'elle pouvait le publier en 1858, je ne pouvais dire : «Je vous défends de le publier !»

            « Je ne puis terminer cette lettre sans vous dire encore un mot au sujet de la vertueuse Mélanie, cette âme privilégiée qu'en France l'on méprise et que l'on accuse d'invention, d'extravagance et de folie. Ces Messieurs, qui ont coutume de tout juger et de blâmer tout à la légère, ne connaissent peut-être que bien peu ce qui la regarde. Or, ainsi qu'elle fut honorée sur la montagne par la Mère de Dieu, elle a été aussi honorée par le Vicaire de Jésus-Christ, Léon XIII qui, bien loin de la mépriser ou de la condamner, voulut l'écouter personnellement l'année dernière et lui accorda une audience privée. A cette occasion, elle demeura à Rome pendant cinq mois dans le couvent des Salésianes (la Visitation), et c'est en ce temps-là qu'elle a été mieux connue et plus estimée, surtout par ces bonnes religieuses qui l'environnaient et qui ont été bien édifiées par ses vertus et par sa sagesse. J'en ai reçu des attestations bien sûres de personnes de grande autorité, pendant que j'étais à Rome, en septembre dernier...

           

            « Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble serviteur. »

 

                 N’oublions jamais que seul un évêque (episkopoV) validement consacré par un autre évêque a reçu la plénitude du « sacrement de l’ordre » en faisant ainsi de lui un successeur des Apôtres et en l’incorporant dans le « collège des évêques » avec le triple pouvoir reçu de Dieu en tant que docteur de la foi, sanctificateur et pasteur (a).

a) Cf. Code de droit canonique, can. 335, § 1 ; Dom Adrien Gréa, L’Église et sa divine constitution, ch. IX : Triple pouvoir conféré à la hiérarchie, et ch. XXV : L’évêque, chef de l’Église particulière, Éd. Casterman, 1965.

 

12 août 2006 – Réponse à tous les détracteurs du Secret de La Salette – Cliquez sur les liens ci-dessous :

 

·                    http://www.virgo-maria.org/Documents/la-salette/La%20Salette-Lepidi-C-208.htm (Texte Intégral publié par Mélanie avec l'Imprimatur de Sa Gr. Mgr Sauveur-Louis, Comte ZOLA, évêque de Leccè, en 1879, suivi de quelques pièces justificatives. Le Tout Publié avec l'IMPRIMATUR du R. P. A. LEPIDI, O. P., Maître du Sacré-Palais, Assistant Perpétuel de la Congrégation de l'Index, Délivré à Rome le 6 Juin 1922)

·                    http://www.a-c-r-f.com/documents/Ste_Vierge_MARIE_1846_La_Salette.pdf 

·                    Défense du Secret de La Salette : secdefls.htm

·                    Commentaire littéral du Secret de La Salette : seclasal.htm

·                    calvat.htm

 

La Révolte des hommes et l’heure de Marie, Guy Le Rumeur, Chez l’auteur, 79290 Argenton-l’Église, 1981, pp. 230-231 :

 

« Notre propos, en ces lignes, n’est pas de tracer la vie de cette belle âme que fut Mélanie, mais de parler du Secret. Notons cependant, ce que semblent ignorer bien des personnes qui ont fréquenté La Salette, que Mélanie Calvat reçut du Ciel des grâces exceptionnelles.

« Lorsqu’elle était petite, sa mère, incroyante, ne l’aimait pas, elle lui défendait même de l’appeler maman. Elle la nommait la muette, la louve, la sauvage. Elle ne l’embrassa que le jour où elle prit le voile de postulante. Elle la frappait, la faisait coucher par terre, sous son propre lit et la chassait de la maison même par pluie battante. Parfois l’enfant se réfugiait dans les bois. Une fois, elle y séjourna vingt jours. C’est là qu’elle rencontra son ‘’Petit Frère’’ qui, elle ne le sut qu’à l’âge de 22 ans, n’était autre que l’Enfant Jésus. C’est dans de telles circonstances qu’à cinq ans elle reçut de Lui la sainte Communion et les saints stigmates.

« Il y a aujourd’hui encore, des gens qui pensent que tout cela n’était que fabulation. Pourtant il existe des témoignages de prêtres qui ont vu les stigmates. Sa mère déclara un jour : ‘’Mélanie a mauvaise santé, elle n’a presque pas de force dans les bras, à tel point que, si elle était ici, elle serait obligée de prendre avec les deux mains le verre où vous lui serviriez à boire… elle a ici (en montrant le dessus de la main) des plaies comme Notre Seigneur.’’ La sœur de Mélanie qui était là ajouta : ‘’J’ai vu moi, ici (portant la main sur le coup-de-pied) du sang qui traversait ses bas.’’

         « En 1903, à Diou, dans l’Allier, elle avait dit à l’abbé Combe : ‘’Je ne mourrai pas ici, je mourrai en Italie, dans un pays que je ne connais pas, où je ne connais personne, pays presque sauvage, mais où on ne jure pas et où on aime le Bon Dieu. Je serai seule ; un beau matin on verra mes volets fermés ; on ouvrira de force la porte et on me trouvera morte.’’

         « C’est ce qui se passa à Altamura, le 14 décembre 1904. Exhumée six mois après sa mort, elle fut trouvée ‘’fraîche, intacte et souple’’ et l’autorité religieuse d’Altamura fit graver sur son monument funéraire : ‘’Morte en odeur de sainteté.’’

         « Comme saint François, Mélanie parlait aux animaux (loups, renards, lièvres, chamois, oiseaux). Elle fit des miracles et Dieu en fit beaucoup pour elle. A chaque calomnie que l’on répétait à S.S. Pie IX, celui-ci répondait : ‘’Mélanie est une bonne fille.’’ Saint Pie X, après avoir lu sa vie, s’écria : ‘’La nostra Santa’’ et il engagea Mgr Cechini à introduire sa cause sans délai.

         « Dans tout ce qui précède, nous n’avons qu’un reflet des souffrances endurées par celle qui avait un grand désir de vivre effacée mais dont la volonté était d’obéir à la Vierge qui, à deux reprises, lui avait dit, ainsi qu’à Maximim : ‘’Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.’’ »

          

         La Bienheureuse Vierge Marie, Mère de la Sagesse, n’ignorant rien et jouissant en permanence de la vision de l’Essence divine et par conséquent ne marchant même plus par la foi (a), peut-elle se tromper dans  ce qu’elle fait et tout particulièrement en ayant choisi sur cette terre des voyants  pour révéler au monde un message émanant de Dieu et dont l’importance est manifeste ? [C’était exactement l’enseignement de saint Bernardin de Sienne, disant que « chaque fois que la Bonté divine choisit quelqu’un pour une mission spéciale, elle comble et orne avec prodigalité cette personne ainsi choisie de toutes les grâces nécessaires à sa mission »] (cf. La Femme et le Dragon, p. 163, ouv. cité plus haut). [Précisons que ce grand dévot de la Reine du Ciel entra, en 1404, chez les franciscains et que sa science théologique était si bien connue de ses supérieurs que ceux-ci lui ordonnèrent de prêcher au point de faire bénéficier de ses lumières l’Italie tout entière.]

a) Cf. S. Thomas d’Aquin, S. th., II-I, La béatitude, qu. 3, art. 8, conclusion ; II Corinthiens, V, 7.

 

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Prière de Sœur Marie de la Croix

 

            Seigneur, la main seule de votre infinie miséricorde peut nous sauver de tant de fléaux. Seigneur, nous sommes enivrés d’afflictions intérieures et extérieures, ayez pitié de nous ! Détournez, Seigneur, votre face de nos péchés et regardez Jésus-Christ qui vous a donné satisfaction en souffrant et en mourant pour nous, il est votre Fils ! Et ainsi nous célébrerons votre infinie miséricorde.

 

            Vite, exaucez-nous, Seigneur, autrement notre courage sera bien amoindri, car nous sommes tombés dans un état misérable ! Vite Seigneur, faites sentir votre miséricorde, car nous n’espérons qu’en vous seul, qui êtes notre Père, notre Créateur, et qui devez conserver et sauver ceux qui sont vôtres pour toujours.

 

Ainsi soit-il.

 

            « Bien volontiers j’enrichis cette dévote prière de la pieuse Mélanie Calvat de 40 jours d’indulgence chaque fois qu’on voudra bien la réciter

 

            Fr. Carlo Guiseppe

 

            Évêque du Titre d’Halicarnasse, prélat ordinaire d’Altamura et d’Acquaviva delle Fonti.

 

            Acquaviva, le 8 septembre 1905.

 

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De la charité de la très-sainte Vierge

 

Vénérable Mère Marie de Jésus d’Agréda, la Cité Mystique de Dieu, ouvrage cité plus haut, t. 2, Ire p., liv. IIe, ch. VIII, De la vertu de charité de la très-sainte Vierge, § 517, 518, 520, 521, 522, 530 (Instruction de la Reine du ciel) :

 

            «  Notre Seigneur Jésus-Christ nous enseigna, lorsqu’il fondait sa très-parfaite loi d’amour et de grâce, d’être parfaits à l’exemple de notre Père céleste, qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants sans aucune distinction (1). Le seul Fils du Père éternel pouvait donner une telle doctrine et un tel exemple aux hommes. […] Notre amour ne peut causer aucune bonté en l’objet qu’il aime, comme le fait la charité incréée du Seigneur ; mais du moins, si nous ne pouvons rendre meilleur ce que nous aimons, nous pouvons bien aimer sans aucun intérêt, sans distinction des personnes, et faire le bien sans en espérer aucun retour. […] La seule Marie fut élue entre toutes les créatures comme le soleil de justice (2), afin qu’elle l’imitât en la charité, et tirât de lui une copie de cette vertu qui fût conforme à son original. Elle seule sut aimer avec plus de perfection que toutes les autres ensemble, aimant Dieu purement pour Dieu, et les créatures pour Dieu et comme il les aime. Elle seule a suivi justement les mouvements et les généreuses inclinations de la charité, aimant le souverain bien pour le souverain bien, sas aucune prétention, et aimant des créatures à cause de leur participation qu’elles ont de Dieu, et non pas pour le retour ni pour la récompense, et afin qu’imitant en toutes choses la Charité incréée, elle seule pût et sût aimer pour rendre meilleur ce qu’elle aimait, puisqu’elle opéra de telle sorte par son amour, qu’elle procura des avantages au ciel et sur la terre en tout ce qui a l’être, excepté Dieu. […] Dans cet excès d’amour et de charité, elle satisfit et répondit à la dette que les créatures avaient contractée envers l’amour infini que le Seigneur leur portait, autant que cet amour le pouvait exiger, ne leur demandant pas des choses d’un prix infini, parce que cela leur était impossible. […] Elle obligea par cette très-parfaire charité le Père éternel, en la manière possible, de lui donner son très-saint Fils, pour elle et pour tout le genre humain ; parce que, si la très-auguste Marie eut moins aimé, ou que sa charité eût le moindre défaut, il n’y avait point de disposition dans la nature pour s’attirer l’incarnation du Verbe. […] Instruction de la Reine du ciel : “ […] que si vous vous écartez d’aimer quelque créature sans aucune considération de Dieu en elle, et de ne pas l’aimer pour le Seigneur, soyez persuadée que vous ne l’aimez point avec charité, ni comme je l’exige de vous, et comme le Très-Haut vous l’a commandé.” »

1) Cf. S. Matthieu, V, 45.

2) Cf. Cantique des cantiques, VI, 9.

 

ID., ibid., t. 2, IIe p., liv. VIe, ch. XII : La prière que notre Sauveur fit dans le jardin.- Les mystères qui s’y passèrent, et ce que sa très-sainte Mère en connut, § 1207 :

 

            « Pendant que l’on faisait tous ces préparatifs, le Seigneur était avec les onze apôtres, et travaillait à notre salut éternel et à celui même de ceux qui songeant à le faire mourir.  Ce fut un admirable débat entre la malice excessive des hommes et la bonté infinie de Dieu ; que si cette lutte du bien et du mal commença dans le monde à partir du premier homme, ces deux principes extrêmes atteignirent en la mort de notre Rédempteur leur plus grand développement, puisque la malice humaine et la bonté divine déployèrent en ce moment l’une contre l’autre toutes leurs ressources possibles : la première, en ôtant la vie et l’honneur au Créateur et au Rédempteur des hommes ; la seconde, en les sacrifiant pour leur salut avec une immense charité. Il fut pour ainsi dire nécessaire dans cette occasion que l’âme très-sainte de notre Seigneur Jésus-Christ regardât sa très-pure Mère, et que sa Divinité en fît de même, afin de trouver parmi les créatures un sujet capable d’attirer son amour et d’arrêter la justice divine. Car il considérait alors qu’en cette seule pure créature il recevrait dignement le fruit de la passion et de  la mort que les hommes lui destinaient ; la justice divine trouvait en cette sainteté sans borne une certaine compensation à la malice des hommes, et les trésors des mérites de Jésus-Christ étaient mis en dépôt en l’humilité, en la fidélité et en la charité de cette Auguste Dame, afin que l’Église renaquît ensuite et sortît des mérites et de la mort du même Seigneur, comme le phénix de ses cendres. Cette complaisance que l’humanité de notre Rédempteur prenait à considérer la sainteté de sa divine Mère, le fortifiait en quelque sorte pour vaindre la malice des mortels, et il reconnaissait que la patience avec laquelle il souffrait toutes ses peines n’étaient point inutiles, puisqu’il trouvait entre les hommes sa bien-aimée et très-sainte Mère. »

 

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La Comète : châtiment divin ? (pp. 80-98)

 

Jacques Delacroix

 

(Ed. DELACROIX - BP. 18 - 35430 CHATEAUNEUF : Prophéties)

 

 

C) La concordance des prophéties sur l'expression du châtiment divin : l'annonce d'une éclipse temporaire du soleil par l'intervention probable d'une comète.

 

            Avant de développer un certain nombre de prophéties, voici l'enseignement du cardinal Pie au sujet de la révélation privée.

L'éminent Cardinal l'a donné dans son «Homélie prononcée dans la solennité du couronnement de Notre-Dame de Lourdes par Mgr le nonce apostolique, délégué de Pie IX». Cette homélie fut tellement appréciée qu'elle lui mérita un Bref Pontifical de Pie IX, particulièrement louangeur. On peut la lire au Tome 9 pages 330 à 353 de ses œuvres Episcopales. Voici les lignes relatives à notre sujet  :

 

            « ... Ce qui s'explique plus difficilement, c'est que des chrétiens qui admettent la parole de Dieu, bien mieux, ceux-là surtout qui basent leur croyance sur cette parole librement et individuellement interprétée, aient posé en principe que Dieu s'est interdit de parler dorénavant aux hommes, et que toute vision et révélation privée est désormais chimère ou mensonge...

            Or, M.T.-C. F l'enseignement authentique de l'Eglise, l'enseignement des docteurs, des conciles et des papes n'a pas été muet sur cette question. Sans doute, le dépôt sacré de la révélation a été clos avec l'ère apostolique... .Mais il ne suit pas de là que la révélation privée ait été exclue de l'économie de la loi nouvelle. La raison toute seule nous enseigne qu'il est toujours libre à Dieu de se mettre en rapport avec sa créature ; et les annales de l'Eglise nous montrent de siècle en siècle de grands fruits de sainteté obtenus, de grandes lumières et de grandes grâces octroyées aux âmes, des consolations et des directions très opportunes offertes au peuple chrétien par la voie de ces communications extraordinaires. «A toutes les époques, dit Saint Thomas-d'Aquin, il y a toujours eu quelques personnes favorisées de lumières surnaturelles, non pour révéler une nouvelle doctrine de foi mais pour la direction de la conduite humaine» (2a 2ae q. 174, art.6, ad tertium).

            Le cinquième concile œcuménique de Latran, en réponse aux diatribes anticipées de l'école luthérienne, dont Mélancthon et les centuriateurs de Magdebourg allaient se faire les porte-voix, a solennellement affirmé et vengé cette permanence de l'inspiration dans l'Eglise, et il n'a pas fait difficulté de l'appuyer sur l'autorité de l'ancien et du nouveau Testament : «Le Seigneur lui-même, dit-il, s'est engagé à cela par le prophète Amos : Ut per Amos prophetam ipse promittit».

            Je vois sourire l'incrédule. Mon frère, ne récusez pas trop légèrement cet oracle. En fait de science politique, vous avez le vôtre, et c'est peut-être Machiavel. Or Machiavel, c'est-à-dire, je veux le reconnaître, l'un des écrivains qui ont porté dans l'étude de l'histoire des sociétés humaines un flair très-fin et très-exercé, Machiavel a écrit que «jamais il ne s'est produit dans le monde de grands événements qui n'eussent été prédits de quelque manière» (a). Savait-il qu'il traduisait le verset d'Amos auquel la constitution conciliaire du pape Léon X semble avoir fait allusion ? «Le Seigneur ne fait rien sans qu'il ait révélé son secret à ses serviteurs, les prophètes» (Amos, III, 7).

            Mais, me dites-vous, on peut être conduit loin par cette doctrine ; et ne voyez-vous pas naître des milliers de visionnaires ?

            Assurément, M.F., s'il y a des visions vraies, il y en a de fausses, j'accorde même, étant donnée la disposition des esprits, à certaines époques surtout, qu'une vision vraie devient le signal d'une multitude de visions fausses. Que conclure de là ? qu'il faut mettre en même catégorie ce qui est vrai et ce qui est faux ? C'est ce que le concile nous défend... et il nous le défend, armé de l'autorité de l'apôtre, lequel, à côté du principe, établit la règle et le moyen de discernement. «Donnez-vous bien garde, dit saint Paul, d'éteindre l'esprit, et de mépriser de parti pris toute espèce de révélations. Mais soumettez-les à l'épreuve, et retenez ce qui est bon» (I Thess, V 19 à 21). Ainsi fait l'Eglise. Elle a appris de saint Jean «qu'il ne faut pas se fier à tout esprit, mais qu'il faut éprouver si les esprits proviennent de Dieu» (I Jean, IV, 1).

            (...) L'Eglise, quand elle a formé sa conviction sur la valeur de la révélation, si elle en autorise la croyance, ainsi que les actes de piété qui s'y rattachent, ne fait pourtant de commandement et n'impose d'obligation à personne.

            (...) Il est d'autres trempes d'esprit, d'autres tempéraments, d'autres caractères, qui n'aiment point aller au devant de ces manifestations, parce qu'elles sont pour eux un sujet d'ahurissement et d'effroi...».

 

            Ainsi parlait le Cardinal Pie. Que ceux qui suivent des révélations privées, sérieuses, non condamnées, éprouvées, soient rassurés. Que ceux qui les rejettent systématiquement, n'imposent pas aux autres leur sectarisme. Ces derniers sont bien souvent de pseudo-théologiens, trop attachés à une formation universitaire sceptique, libérale et naturaliste.

a) Cité par De Maistre, Soirées de Saint Pétersbourg, entretien onzième.

 

1) Quelques prophéties isolées

 

            Une prophétie du XVIe siècle, décrivant la crise actuelle de l'Eglise où la chaire de Pierre serait occupée par un imposteur, conclut : «Les astronomes n'ont donc qu'à préparer leurs lunettes, car nous voici arrivés à ce temps de l'apostasie».

 

            H.J. Andersen écrit quant à lui : «Au cours du prochain décalage des pôles (a), une grande puissance se verra repoussée au moment décisif où elle tentera de s'approprier l'hégémonie mondiale, par un effet cosmique !»

(«Décalage des pôles»).

 

            Le bouleversement provoqué par un corps stellaire pourrait, en effet, déplacer l'axe terrestre. Nous lisons dans Isaïe (II, 20) : «La terre éclate en se brisant, la terre tombe en miettes, la terre vacille étrangement... La terre chancelle comme un homme ivre, elle est secouée comme une hutte, accablée par le poids de son iniquité» (b). Ce changement d'axe pourrait contrarier ou annuler temporairement la rotation de la terre face au soleil. Une moitié du globe se trouverait alors exposée aux rayons du soleil pendant plusieurs jours, tandis que l'autre moitié serait plongée dans une obscurité absolue et glaciale. Ceci confirmerait la prophétie, tant scripturale que privée, des trois jours de ténèbres ainsi que les messages mariaux reconnus par l'Eglise annonçant : «des nations et des continents disparaîtront» et que «la terre sera comme un désert».

 

a) Voici ce qu'écrivait l'ingénieur Lagad, astronome et mathématicien : «Dans le cadre des lois de la mécanique céleste, un grand déplacement relatif des pôles est possible sans nécessiter la collision de la Terre avec un gros astre ; ceci parce que, tous les diamètres d'une sphère étant équivalents, l'un quelconque d'entre eux peut coïncider avec l'axe de rotation, celui-ci restant fixe dans l'espace. L'effort à fournir pour faire basculer la sphère est alors relativement faible, n'ayant à vaincre que sa masse inerte au repos. Tandis que, pour basculer l'axe des pôles dans l'espace, il faudrait modifier la loi du mouvement du gyroscope Terre, soit mettre en jeu une quantité d'énergie des milliards de fois supérieure à celle que nous recevons du Soleil par seconde.

            « Cependant, la Terre n'est pas exactement sphérique. La force centrifuge due à la rotation propre produit un renflement équatorial ; si la Terre bascule autour d'un axe autre que celui des pôles, le bourrelet de la croûte superficielle se déplacera comme une houle sur la masse pâteuse sous-jacente, mais une «houle» de 20 km de haut se propageant à 20.000 km/h (ce qui est la vitesse des ondes sismiques)» («Le Grand Livre des Prédictions», Balland,1981, p.173).

 

b) Ce passage de la Sainte Ecriture correspond parfaitement à notre monde présent et à la prophétie du cardinal Pie. Rappelons que, JAMAIS, notre époque n'a été autant en guerre contre Dieu ; elle le sera une nouvelle fois (après le châtiment divin) au temps de l'Antéchrist, juste avant le jugement dernier.

 

2) Les prédictions étonnantes du pasteur Cayce (a) et de Philippe de Lyon

 

a) Est-ce une nouvelle sibylle ? Ce pasteur n’était pas catholique, donc nous mettons de sérieuses réserves sur ses prophéties. Toutefois, nous les citons parce qu'elles concordent avec d'autres, plus sérieuses et peuvent être utiles pour la compréhension de cette brochure.

 

            Arrêtons-nous maintenant quelques instants sur les visions du pasteur Cayce. Mort il y a quelque cinquante ans, il ignorait forcément les travaux du professeur Ferrada.

 

            Cayce était un «prophète» renommé. En avril 1929, un courtier le consulta à propos de la Bourse, qui avait été en plein essor pendant plusieurs années. Cayce prédit que le marché souffrirait «d'un mouvement de baisse qui durerait longtemps» et qu'il y aurait «une panique dans les centres financiers», y compris Wall Street. Finalement Cayce pressa son client de «disposer de tout ce qu'il possédait». Malheureusement le courtier ne prit pas au sérieux cet avertissement. Six mois plus tard, il était ruiné quand le marché s'effondra, le Vendredi Noir. Cayce prédit aussi avec précision le début et la fin des deux guerres mondiales. Il prédit l'indépendance de l'Inde et d'Israël, la mort des présidents Franklin D. Roosevelt et John F. Kemiedy, et il vit comme dans une vision la découverte des manuscrits de la Mer Morte et l'invention du laser. Il vit juste en prédisant aussi un ouragan au Japon, un tremblement de terre en Californie, et un raz de marée aux Philippines en 1926. Une prédiction qui ne s'est pas encore accomplie : celle selon laquelle la Californie tomberait dans l'océan Pacifique.

 

            Le 1er janvier 1945, alors qu'il était confiné dans une maison de convalescence à Roanoke, en Virginie, Cayce prédit que ses propres funérailles auraient lieu dans quatre jours. Il ne se trompa pas !

 

            Cayce fit de nombreuses prévisions concernant les dernières années du XXe siècle. Selon lui, la démocratie ne remplacerait pas seulement le communisme en Chine mais s'étendrait au monde entier. Sur une note plus sombre, il prédit de drastiques et soudains changements à la surface de la terre, en raison d'une modification de l'axe polaire, avec comme résultat, la disparition du nord de l'Europe sous l'océan, «en un clin d'œil». «Alors arrivera le renversement de l'axe des pôles qui aura comme conséquence que les pays à climat froid et serai-tropical deviendront tropicaux (...) des eaux libres apparaîtront dans le nord du Groenland». Le Japon sera détruit par des tremblements de terre et des éruptions volcaniques ; et l'Alabama du Sud, la Géorgie, et la Caroline du Nord et du Sud seront submergés sous les eaux. La Troisième Guerre mondiale éclatera en 1999, et en un an, la civilisation telle que nous la connaissons n'existera plus. II annonce une crise sociale aux Etats-Unis et San Francisco détruit par un tremblement de terre. «Passons à l'Amérique.Vu le nombre de terres et des îles de la nier tombées au pouvoir de gens sans foi ni loi qui préfèrent pactiser avec le diable en proclamant que la force prime le droit, tu verras couler le sang dans ton propre pays comme au temps de la guerre civile».

            «Des guerres surgiront en Syrie dans le golfe Persique» ; «Des guerres, des mouvements telluriques dans les profondeurs de la terre, le basculement de celle-ci parle changement de position de son axe relativement à l'étoile polaire. Ces changements amèneront la submersion de certaines zones avec les inondations dues aux raz-de-marée qui suivra». «Un signe que ceux-ci doivent arriver bientôt, c'est comme l'ont dit les anciens, quand le soleil s'obscurcira (a)».

           

            Si, en effet, la terre change d'axe qu'elle qu'en soit la raison, son mouvement habituel s'arrêtera un temps, jusqu'à cette remise en marche, le jour et la nuit seront bloqués, puisqu'il n'y aura plus de mouvement. Or, combien de dizaines de prophéties n'annoncent-­elles pas trois nuits et deux jours de ténèbres ?

a) L'obscurcissement du soleil ne sera-t-il pas la conséquence du passage d'une comète, comme il y a deux mille ans ?

 

Philippe de Lyon, grand voyant, annonçait en 1902 : «On verra l'an 2000 mais il y aura de grands changements. (...) le renversement des pôles amènera le chaud à la place du froid et inversement» (Dossier Brûlant, n. 2, 1999).

 

 

 

3) Les prophéties annoncent "trois jours de ténèbres au cours
desquelles se dérouleraient des phénomènes conséquents
au passage d'une comète

 

 

« Jour de fureur, ce jour-là !
Jour de détresse et de tribulation,
Jour de désolation et de dévastation,
Jour d'obscurité et de sombres nuages,
Jour de nuées et de ténèbres,
Jour de sonneries de cor et de cris de guerre
Contre les villes fortes et les hautes tours.
Je livrerai les hommes à la détresse
Et ils iront comme des aveugles
(parce qu'ils ont péché contre Yahvé);
Leur sang sera répandu comme de la poussière,
Leurs cadavres jetés comme des ordures.
Ni leur argent, ni leur or
Ne pourront les sauver » (Sophonie, I, 15-18).

 

 

            - Il y a deux mille ans, l'éclipse produite par le passage d'un «objet» ressemblant étrangement à une comète a duré trois heures.

 

            - Le 13 octobre 1917 à Fatima, la Très Sainte Vierge Marie annonce aux petits enfants que «Dieu punira les hommes plus durement et plus sévèrement qu'Il ne les a punis par le déluge. (...) La grande guerre surviendra dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Du feu et de la fumée tomberont alors du ciel et les eaux des océans se transformeront en vapeur, crachant leur écume vers le ciel». Ce jour-là se réalise le miracle de la danse du soleil. Sachant que rien n'est le fruit du hasard, doit­-on y voir un rapport entre l'éclipse probable du soleil et le châtiment divin ?

 

Comment un tel phénomène peut-il survenir ?

 

            Il suffirait pour cela d'une météorite d'un kilomètre de diamètre. La collision de celle-ci avec la terre ferait remonter très haut dans le ciel un immense geyser de dizaines de milliers de fragments rocheux.

            Cette pulvérisation d'énormes masses rocheuses dans la stratosphère peut dégager une poussière capable de se répandre et de constituer une couche épaisse ne laissant plus passer les rayons du soleil et faisant chuter la température de notre globe terrestre.

 

            Nous allons maintenant recenser un ensemble de prophéties confortant l'ensemble des faits accumulés :

 

- Marie-Julie Jahenny de La Fraudais

 

            «La désolation sera si grande et le châtiment si terrible que plusieurs sécheront de frayeur et se croiront à la fin du monde». «Il y aura trois jours de ténèbres physiques, pendant trois nuits et deux jours il y aura une nuit continuelle». «Le Grand Coup de la main de Dieu ne sera pas de longue durée, niais il sera si terrible que beaucoup en mourront de peur. C'est après ce grand Coup qu'arrivera le triomphe de l'Eglise et de la France» (Extase du 19.5.1898).

 

            On imagine la terreur des populations... et donc, la nécessité de les préparer ! Elle évoque «un mélange inexplicable de toutes sortes de désolations dans les années qui finiront le siècle» (Dossier Brûlant, n. 2,1999, p. 57).

 

            «Le plus pénible pour vous, le plus douloureux, ce sera quand, du firmament, le soleil sera tombé dans un lieu sans lumière ; quand les étoiles commenceront à se grouper, une multitude ensemble. Au commencement de ce signe, vous penserez sérieusement à l'obscurcissement du soleil.

La colère de mon Fils parlera, avec tant d'éclat, dans son tonnerre que, même en ce royaume, vos demeures s'écrouleront. Dans ces jours de deuil, il y aura un nouveau tremblement de terre, moins fort que beaucoup d'autres, moins fort qu'en beaucoup d'autres lieux. Il sera facile de le remarquer : tout tremblera, excepté le meuble où brûlera le cierge de cire. Vous vous grouperez tout autour, avec le Crucifix et mon image bénite. Voilà ce qui éloignera de vous cette frayeur qui, pendant ces jours, sera cause de beaucoup de morts.

            Voici une preuve de ma bonté : ceux qui m'auront bien servie et invoquée, et qui garderont dans leur demeure mon image bénite, je garderai sans dommage tout ce qui leur appartient.

            Pendant ces trois jours, je protégerai leurs bestiaux affamés. Je les garderai, car il sera impossible d'entrouvrir une seule porte. La faim des animaux sera rassasiée par moi, sans aucune nourriture.

            La chaleur du ciel sera si brûlante qu'elle sera insupportable, même dans vos demeures fermées. Tout le ciel sera en feu, mais les éclairs ne pénétreront point dans les maisons où il y aura la lumière. Ne vous effrayez pas» (Extase du 24.3.1881).

 

            «... A la suite de cet orage, je ferai sortir de terre une "brûlaison" horrible. Les chrétiens ne pourront supporter cette odeur et cette chaleur. Mes enfants, vous n'ouvrirez ni vos portes ni vos fenêtres. Il faut que le règne du péché finisse. Jamais la terre et le monde n'auront été en semblable état. Il faut en finir, ou bien toute âme se perdra» (Extase du 9.3.1878).

 

            «Mes enfants, je reviens à ces trois jours de terreur. Pendant ces trois jours, les impies, les profanateurs, les blasphémateurs et tous les "mahomet" parcourront la terre dans les ténèbres. Ils seront tourmentés par la mort, déjà entrée dans leur âme. Ils seront poussés par la rage de Lucifer. Ils courront de toute leur force, comme des monstres, en poussant des hurlements épouvantables. Ils se feront entendre jusqu'au fond des campagnes. Vous aurez soin, nies enfants, de fermer vos yeux et vos oreilles à ces bruits maudits. Ce sera Satan et sa rage ; ce sera l'orage de sa fureur ; ce sera aussi son dernier effort» (Extase du 22.1.1878).

 

            «Le feu du ciel tombera sur Sodome et principalement sur cette salle de l'enfer (a) où se fabriquent les mauvaises lois. Elle sera ensanglantée et à sa place sera comme une immense carrière de laquelle jusqu'à la fin du monde on ne pourra s'approcher sans éprouver un frémissement d'horreur. Dans cette Sodome, il y aura des endroits tellement bouleversés qu'il n'y restera pas un seul pavé en place. Le feu du ciel se mêlera au feu de la terre» (Extase du 4 juillet 1902).

a) ... c'est-à-dire l'Assemblée Nationale.

 

            Rappelons cet extrait du Figaro Magazine cité plus haut : «Imaginons qu'un astéroïde d'une centaine de mètres s'abatte sur Paris. «Une majeure partie de la ville serait anéantie et des centaines de milliers de tuées sur le coup(a).»

a) Le saint curé d'Ars n'a-t-il pas indiqué le moment de la reconquête :... lorsqu'on aura eu connaissance de la destruction de Paris par du feu descendu du ciel ?

 

- Saint Vincent Ferrier (1350-1419)

 

            «Un temps viendra où se produira un bouleverseraient tel que jamais on n'en a vu ni n'en reverra, si ce n'est celui du Jugement dernier. L'Eglise pleurera... C'est encore loin pour l'instant, niais cela arrivera indubitablement, à peu près au temps où deux hommes se proclameront rois, niais leurs jours seront de courte durée. Vous verrez un signe, vous ne le reconnaîtrez pas ; niais sachez qu'à cette époque les femmes se vêtiront comme les hommes et se comporteront selon leur bon plaisir ; et les hommes s'habilleront comme des femmes» (13.9.1403).

 

- Saint Césaire d'Arles (470-542)

 

            Le saint évoque ainsi un châtiment sur Paris : «Le fer et le feu enserrent la Babylone de la Gaule qui tombe dans un grand incendie».

 

 

- La Vénérable Anne-Marie Taigi (1837) :

 

            «Dieu enverra deux châtiments : l'un sous la forme de guerres, révolutions et dangers qui viendront des hommes ; l'autre viendra du ciel. La terre sera plongée dans une obscurité profonde qui durera trois jours et trois nuits. On ne verra rien, l'air deviendra pestilentiel et nocif, non seulement pour les ennemis de la religion, niais pour tous les humains.

            Pendant ces trois jours de ténèbres, la lumière artificielle sera inefficace, seuls les cierges bénits éclaireront ; les fidèles devront rester chez eux à réciter le chapelet pour demander à Dieu miséricorde.

            Tous les ennemis de l'Eglise périront sur toute la terre pendant cette obscurité universelle, à l'exception de quelques-uns qui se convertiront...

Saint Pierre et Saint Paul interviendront dans l'élection d'un nouveau Pape (a).

 

a) Ceci vient confirmer la prophétie de la Vénérable Elisabeth Canori Mora et le bilan que l'on peut faire de la situation actuelle où le siège de Pierre est usurpé par les pires ennemis de l'Eglise. Un constat honnête de l'éclipse de l'Eglise (suite  de la note 106) ... montre en effet qu'aucune solution humaine ri est possible. Seule, en effet, une intervention divine peut permettre de sortir de la situation présente.

 

 

            Des millions d'hommes mourront par l'épée, les uns à la guerre, les autres dans des luttes civiles ; d'autres millions périront d'une mort imprévue. Une renaissance universelle suivra cette épreuve. Ce changement surviendra au moment où l'Eglise semblera avoir perdu les moyens humains de faire face aux persécutions» (1837).

 

            Ce qui est certain, c'est que tout ira vite, très vite. Toutes les prophéties s'accordent sur ce point : le cataclysme sera «instantané, de courte durée, mais terrible». Anne-Marie Taïgi, du tiers-ordre de la Sainte Trinité, mère de huit enfants, annonçait à la fin du XVIIIème siècle : «Celui qui, par curiosité, ouvrira sa fenêtre au moment du fléau ou qui sortira par la porte, tombera mort à l'instant même».

      

 

- La vénérable Sœur Nativité (1731-1798) ou Jeanne Le Royer

 

            «Les méchants trament des complots contre mon Eglise, mais selon les décrets de ma justice, ils périront et leurs lois sacrilèges seront abrogées. Oui... ils périront ; c'est décidé ; la sentence est prononcée !

            De mon bras puissant, je les précipiterai comme la foudre au fond de l'abîme où ils tomberont aussi rapidement et avec autant de violence que Lucifer et ses acolytes».

            (...) «Mais voici ce que Dieu voulut bien me faire voir dans sa lumière. Je commençai à regarder dans la lumière de Dieu, le siècle qui doit commencer en 1800 ; je vis par cette lumière que le jugement n'y était pas, et que ce ne serait pas le dernier siècle. Je considérai, à la faveur de cette même lumière, le siècle de 1900, jusque vers la fin, pour voir positivement si ce serait le dernier. Notre Seigneur me fit connaître, et en même temps nie mit en doute, si ce serait à la fin du siècle de 1900, ou dans celui de 2000. Mais ce que j'ai vu, c'est que si le jugement arrive dans le siècle de 1900, il ne viendrait que vers la fin ; et que s'il passe ce siècle, celui de 2000 ne passera pas sans qu'il arrive, ainsi que je l'ai vu dans la lumière de Dieu».

 

            Dans la mesure où notre époque semble être une préfiguration de ce que sera l'avènement de l'Antéchrist et donc de la fin, tout nous porte à croire que le châtiment divin attendu ressemblera au châtiment final Voici maintenant ce que la mystique voit de la fin du monde.

           

            «Le soleil, devenu obscur et ténébreux, s'arrêta dans sa course... Tous les astres demandent à être purifiés des forfaits dont on les a rendus témoins par une espèce de complicité... ; plus fortement encore, la terre crie vengeance contre l'ingratitude des pécheurs et veut être purifiée des abominations dont ils l'ont souillée et rendue le théâtre impur... la mer, le feu, l'air et tous les éléments, tout prend un langage de vengeance qui sollicite la justice divine contre les pécheurs... Aussitôt j'entends une voix toute puissante qui dit : «Oui, voici le moment où je vais tout renouveler... Je vais faire de nouveaux cieux et une nouvelle terre... et cela se fera dans un clin d'œil». Un feu prodigieux parti du firmament et répandu dans les airs, descend sur la terre, où, dans la minute, il a tout consumé, tout détruit, tout purifié, sans qu'il y reste un seul vestige de souillure. Ainsi se fera par le feu cette purification substantielle, cette admirable rénovation des éléments et de la nature entière, dont il résultera une nouvelle terre et de nouveaux cieux».

 

 

- Marie des Vallées

 

            Nous avons trouvé des écrits intéressants de celle que l'on appelle «la sainte de Coutances», Marie des Vallées. Voici quelques extraits de ses écrits :

 

            «Marie ne souffrait pas seulement pour les âmes de son temps, mais aussi pour celles qui vivraient avant le commencement du Grand Jubilé, c'est-à-dire le temps de la Grande Tribulation.

            Quand elle nomma Jésus «Roi du ciel et de la terre», Il l'interrompit brusquement : «Non, pas de la terre, c'est le péché qui y règne. Mais le chasserai et le détruirai bientôt ce monstre et Je régnerai dans tout l'univers». Marie elle-même a annoncé : «Le temps viendra, après une crise universelle qui doit arriver, où il n'y aura plus que la justice sur terre, et le péché sera banni».

            Puisque Dieu lui avait parlé d'une conversion universelle, elle s'offrit comme victime expiatrice afin que celle-ci puisse se réaliser, «et Dieu, écrivit saint jean Eudes, exauça sa prière». «Je vis, raconta-t-elle, venir la Force sur un cheval blanc, qui symbolise la joie. Elle portait en croupe la Vérité. Elle nie donna un grand papier sur lequel il y avait des inscriptions et nie dit : Voilà le Jubilé que je t'ai promis. Et Notre-Seigneur m'a dit encore que l'expiation générale ne se fera qu'après un grand et épouvantable signe qui arrivera, niais Il ne m'a pas expliqué quel sera le signe».

            Marie vit le péché sous la forme d'un serpent à trois blessures (le péché des prêtres, celui des chefs d'Etat, et celui du peuple) qui se mordait la queue, c'est-à-dire qui se détruisait lui-même. Notre-­Seigneur dit à Marie : «Va-t-en dire une chose trois fois triste. Ce sont, dit-­II, ces paroles : Spiritus Domini replevit orbem terrarum, ce qui s'entend du temps où le Saint-Esprit mettra le feu de l'Amour divin par toute la terre et qu'il fera son déluge. Car il y a trois déluges, qui sont tous trois tristes et qui sont envoyés pour détruire le péché. Le premier déluge est celui du Père Eternel, qui a été un déluge d'eau, le second est celui du Fils qui a été un déluge de sang ; le troisième est celui du Saint-Esprit qui sera un déluge de feu. Mais il sera aussi triste que les autres puisqu'il trouvera beaucoup de résistance et quantité de bois vert qui sera difficile à brûler. Deux sont passés, mais le troisième reste ; et comme les deux premiers ont été prédits longtemps avant qu'ils n'arrivassent, ainsi en sera-t-il du dernier dont Dieu seul connaît présentement le temps»« (Irmgard Hausmann : «Marie des Vallées, âme expiatrice pour le temps de la conversion générale», pp. 26-29).

 

- Le Vénérable Père Bernard-Marie Clausi, religieux

           

            «... Ce fléau se fera sentir partout et sera si terrible que chaque survivant croira qu'il a été, seul, épargné (a). Le monde se repentira et deviendra bon. Ce châtiment sera très court mais effrayant. Avant que ces événements surviennent, le mal aura fait tant de progrès sur la terre que les dénions sembleront être sortis de l'enfer, et la persécution des méchants contre les justes sera si violente que ceux-ci souffriront un véritable martyre. Les choses arriveront à leur paroxysme, mais quand l'homme, dans son impuissance, croira tout perdu, Dieu Lui-même remettra tout en ordre en un rien de temps, comme du matin au soir».

 

a) Les prophéties s'accordent sur un tout petit nombre de survivants : entre un quart et un tiers de l'humanité.

 

- Vision de la religieuse trappistine de Chemillé (diocèse d'Angers), morte en odeur de sainteté en 1828.

 

            «Le jour des Rois 1820... j'entendis des voix nombreuses qui criaient d'un ton terrible ; et dans ce moment, je me crus demi-morte. Mais j'eus encore plus peur quand j'entendis plus distinctement par trois fois les mêmes voix qui disaient : «Nous sommes vainqueurs, nous avons la victoire !».

            Au moment où les voix prononçaient ces paroles, tout d'un coup, je vis que le ciel devint une nuit profonde ; je n'avais rien vu de si obscur. Cette obscurité fut accompagnée d'un éclat de tonnerre venant à la fois des quatre parties de la terre.

            Il m'est impossible de vous peindre quelle fut ma frayeur. Le ciel devint tout en feu ; il lançait de toutes parts des flèches enflammées ; et il se faisait un bruit si terrible qu'il paraissait annoncer la ruine entière du monde.

            J'aperçus alors un gros nuage rouge, couleur de sang de bœuf ; ce nuage roulait de tous côtés et me donnait bien de l'inquiétude, ne sachant ce qu'il signifiait.

Cependant j'aperçus une multitude d'hommes et de femmes qui avaient des figures à faire peur ; ils vomissaient des blasphèmes horribles contre tout ce qu'il y a de plus sacré au ciel et sur la terre. J'en ressentis une si grande peine, que je l'éprouve encore maintenant. Ce qui me surprit le plus, ce fut de voir à la tête de ces malheureux, quelques-uns de ceux qui, par leur état, doivent les porter au bien et qui les poussaient au mal.

            Le tonnerre grondait toujours dans les airs d'une manière effrayante lorsque j'entendis une voix qui me dit : «Ne crains pas ! Mon courroux tombera sur ceux qui ont allumé ma colère ; ils disparaîtront dans un moment. Tout l'univers sera étonné d'apprendre la destruction de la plus belle, de la plus superbe ville ! Je dis : superbe, par ses crimes ; car je l'ai en abomination. Elle a empoisonné toutes les nations avec sa malheureuse philosophie qui répand partout l'impiété ; c'est cette maudite Babylone qui s'est enivrée du sang de nies saints ; elle veut encore le verser... Elle mettra le comble à ses horribles forfaits ; et moi je lui ferai boire le vin de ma colère ; tous les maux tomberont à la fois sur elle dans un instant».

            Je n'entendis plus la voix mais un bruit effroyable ; le gros nuage se divisa en quatre parties qui tombèrent à la fois sur la grande ville et en un instant elle fut tout en feu. Les flammes qui la dévoraient s'élevèrent dans les airs ; et de suite, je ne vis plus rien qu'une vaste terre noire comme du charbon».

 

- Le bienheureux Benoît-Joseph Labre, le R.P. Nectou, Marie Martel, Mélanie, Soeur Palma d'Oria et le Vénérable Barthélemy Holzauser

 

Le bienheureux Benoît-Joseph Labre :

 

            «Paris (a) sera détruit à cause de ses blasphèmes ; une pierre n'y restera pas sur l'autre» (Lettre au pape Pie VI).

 

a) Le saint Curé d'Ars a également annoncé la destruction de Paris par le feu, signe du retour d'une monarchie très chrétienne et du triomphe de l'Eglise.

 

Le R.P. Nectou, jésuite, mort à Bordeaux en odeur de sainteté en 1777 dit en 1760 :

 

            «Durant ce bouleversement épouvantable qui, paraît-il, sera général, et non pas pour la France seulement, Paris sera entièrement détruit, non sans qu'il y paraisse des signes qui mettront les bons à même de s'enfuir ; et sa destruction sera si complète, que vingt ans après, les pères se promenant avec leurs enfants sur les ruines et répondant à leurs enfants diront : il y avait là une grande ville mais à cause de ses crimes, Dieu l'a détruite».

 

On peut lire dans les notes de Marie Martel en janvier 1897 :

 

            «La Sainte Vierge supplie les yeux tournés vers le ciel, et puis, se retournant vers moi, elle me dit : «Oh ! Paris. Paris n'a pas respecté les lois de mon divin Fils... il sera châtié et détruit par le feu... Il y aura peu de monde qui restera... Ceux qui resteront ne se reconnaîtront pas... Paris sera détruit par le feu s'ils refusent de se convertir... voilà la punition qui lui est réservée !».

 

            Ajoutons cette confidence que fit la voyante de La Salette, Mélanie, en 1896 alors qu'elle était à Paris, près de la Seine. Elle eut une vision qu'elle confia à l'amie qui l'accompagnait :

 

            «Vous voyez la Seine ? Si vous saviez combien de gens y viendront et y seront jetés ! Et ce n'est pas tant ceux qu'on y jettera--il y en aura certainement- niais le plus grand nombre viendra s'y jeter, tout affolé, fuyant le feu qui sera suspendu au-dessus de la ville ! Ils s'y jetteront comme fous de terreur, croyant éviter ainsi ce feu menaçant !».

 

Sœur Palma d'Oria signale :

 

            «Il y aura une éclipse totale de trois jours. Pas un démon ne restera en enfer, tous en sortiront et l'air en sera corrompu. Ce sera là la dernière plaie».

 

Le Vénérable Barthélemy Holzauser fait référence aux plaies d'Egypte :

 

            «Trois jours durant, la terre sera plongée dans l'obscurité la plus complète ; comme jadis en Egypte, l'Ange exterminateur abattra tous ceux qui se sont dressés contre Dieu et contre la religion ou bien ont poursuivi l'Eglise et les prêtres de leur haine satanique».

 

- Saint jean Bosco

 

            Lire ses allusions à un grand feu qui purifiera tout et anéantira les œuvres d'iniquité des hommes, rappelle la prophétie de saint jean Bosco qu'il fit deux cents ans après la sainte de Coutances :

 

            «...le Pape se mit en marche et les rangs de la procession commencèrent à grossir. Lorsqu'il pénétra dans la Ville sainte, il se mit à pleurer sur la désolation dans laquelle se trouvaient les habitants dont beaucoup n'étaient plus. Rentré à Saint-Pierre, il entonna le "Te Deum" auquel répondit un chœur d'anges qui chantaient "Gloire à Dieu dans les Cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté".

            «Le chant terminé, l'obscurité cessa tout à fait et un soleil resplendissant se mit à briller. Les villes, les villages et les campagnes voyaient leur population très diminuée. La terre semblait garder la trace d'un ouragan et d'une pluie d'eau ou de grêle et les gens allaient les uns vers les autres en disant : «Oui vraiment, il y a un Dieu en Israël». (Memoria, t. IX Appendice B)» (extraits de notre brochure «Songes prophétiques de don Bosco sur la fin de la crise présente», p. 15).

 

- Le Livre de l'Apocalypse

 

            Dans le livre de l'Apocalypse (VI, 12-15) il est écrit :

 

            «[ ...] Il se produisit un tremblement de terre énorme et le Soleil devint noir comme un sac de crin, et toute la lune se transforma en sang», «et les étoiles tombèrent sur la terre...», «et le ciel disparut comme un livre qui est enroulé, et toutes les montagnes et les îles furent déplacées» (peut-être un déplacement de l'axe terrestre à la suite de la chute du corps céleste sur la terre ; les endroits de la terre se déplacent par rapport aux positions des étoiles et en particulier aussi du soleil ; le déplacement subit et apparent des étoiles dans le ciel pourrait faire croire que l'on enroule un livre, n.d.l.r.). «Et les rois de la terre et les dignitaires et les chefs de la guerre et les riches et les puissants et chaque esclave et homme libre se cachèrent dans les creux et fentes de rochers des montagnes».

            Dans l'Apocalypse (VIII, 8-11), il est aussi écrit : « [...] Et comme une grande montagne ardente de feu fut jeté dans la mer» (pourrait­-il s'agir d'un astéroïde, n.d.l.r.). «Et le tiers des eaux se transforma en sang, et le tiers des créatures animées de l'océan mourut, et le tiers des bateaux fut détruit [...]. Et il tomba du ciel une grande étoile qui brûlait comme une torche, et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur le tiers des sources [...] et beaucoup de gens moururent de l'eau, car elle était devenue amère». «Et le tiers du soleil et le tiers de la lune et le tiers des étoiles furent frappés, de sorte que leur tiers fut assombri et que le jour perdit un tiers de sa clarté et la nuit aussi».

            Le nuage de poussière soulevé par l'impact d'un astéroïde et par le réveil de l'activité volcanique (sur ce plan les choses sont déjà bien commencées) aux quatre coins de la planète occulterait vraisemblablement le soleil pendant plusieurs jours.

 

            Ces prophéties nous inclinent à projeter nos regards vers le ciel et à craindre un tremblement de terre comme celui du Vendredi Saint.

 

Le grand auteur anti-libéral Louis Veuillot nous éclaire sur le pourquoi d'un tel châtiment :

 

            «L'illusion libérale n'est pas seulement vaine au fond, elle a des conseils de faiblesse et de mensonge qui révèlent sa misérable origine. Cette fausse fierté dont elle s'enveloppe là où il faut obéir, ne déguise pas assez les complaisances qu'elle prodigue là où il convient de résister. Elle ne peut longtemps abuser des âmes faites pour la vraie grandeur. Chez les catholiques, l'ardente droiture et l'élévation du cœur redressent les travers de l'esprit. Si ce siècle semble nous promettre une longue période de médiocres combats sans victoire apparente, des abaissements de toute sorte ; si nous devons être raillés, bafoués, expulsés de la vie publique ; s'il faut, dans ce martyre du mépris, subir le triomphe des sots, la puissance des pervers et la gloire des faquins, Dieu de son côté réserve à ses fidèles un rôle dont ils ne refuseront pas et ne méconnaîtront pas la féconde et durable splendeur. II leur donne à porter sa vérité diminuée et réduite comme un flambeau d'autel qu'on peut mettre aux mains d'un enfant, et il leur commande de braver tout cet orage ; car pourvu que leur foi ne faiblisse pas, la flamme vivante non seulement ne sera pas éteinte, mais ne vacillera même pas. Non, elle ne sera pas éteinte et ne vacillera pas ! La terre nous couvrira de ses poussières, l'Océan nous crachera ses écumes, nous serons foulés aux pieds des bêtes lâchées sur nous, et nous franchirons ce mauvais passage de l'histoire humaine. La petite lueur placée dans nos mains déchirées n'aura pas péri ; elle rallumera le feu divin».

 

            «Pendant le cours de l'épreuve et du châtiment, que notre parole, confessant la vérité, ne cesse de heurter à la porte du pardon ; elle en hâtera le jour. Le monde est en voie de perdre avec le Christ tout ce que le Christ lui avait donné. La Révolution dissipe ce royal héritage en se targuant de le conquérir. Tout va à la tyrannie, au mépris de l'homme, à l'immolation des faibles, et tout cela s'accomplit au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Conservons la liberté de proclamer que Dieu seul est Dieu, et qu'il faut n'adorer que lui et n'obéir qu'à lui, quels que soient les maîtres que son courroux laisse passer sur la terre. Conservons l'égalité, qui nous enseigne à ne plier nos âmes ni devant la force, ni devant les talents, ni devant les succès, mais devant la seule justice de Dieu. Conservons la fraternité, cette fraternité vraie qui n'existe et ne peut exister sur la terre que si nous y maintenons la paternité et la royauté du Christ ». («L'illusion libérale»)

 

Le R.P. Dupraz, missionnaire de la Salette, curé de Weyburn, écrit en 1911-1912, donc avant l'apparition de la Sainte Vierge à Fatima :

 

            «La dévotion à Notre-Dame du Mont Carmel sera la grande dévotion envers la Sainte Vierge dans les derniers temps, ainsi qu'Elle-même l'a déclaré. Ayant été connue et honorée en ce lieu, sous ce titre, longtemps avant sa naissance, par le prophète Elie et ses disciples, c'est sous ce titre qu'Elle veut être honorée en dernier lieu ; et c'est sous ce titre qu'elle exercera sa royauté future, royauté qui amènera le nouveau Règne du Sauveur, comme l'a prophétisé saint Grignon de Montfort. Ce sera sous ce titre qu'Elle régnera dans les derniers temps, sur le monde converti par les terribles calamités qu'elle a prédites, calamités qui jetteront les hommes dans la terreur. Devant ces calamités, les hommes, ou se convertiront ou mourront de peur, et ce sera alors un monde nouveau sur lequel Marie Immaculée régnera en Souveraine pour son Divin Fils».

(Extrait de lettres inédites)

Septembre 1999.

 

            Nous apprenons de quelques lecteurs (information confirmée sur plusieurs sites Internet) que la comète Lee - dans la constellation dite du Rocher - a été rendue visible le 11 août. Venue de derrière le soleil, sa vitesse comme sa trajectoire causent actuellement des migraines aux astronomes. Visible durant plus d'une dizaine de jours, elle était reconnaissable car plus brillante que l'étoile dite du Berger. Depuis la publication de ce livre, il y a six mois, une question se pose : l'actuelle suractivité sismique de la terre doit-elle être imputée aux effets gravitationnels d'un astre massif en train d'approcher ? Nous attendons des informations de la NASA qui tendraient à le confirmer.

 

            Lisez ce document avec une grande attention.

 

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DÉFENSE DU SECRET DE LA SALETTE

 

Ou

 

« Il(s) ne mérite(nt) pas une image pour cela ».

 

Par Maurice Canioni, extrait de la revue « SOUS LA BANNIÈRE »,

« Les Guillots » 18260 VILLEGENON. 

 

« Eh bien ! Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.»

 

Le titre (au singulier) est une parole de Mélanie Calvat, bergère de La Salette, en religion Sœur Marie de la Croix, à l'adresse de Mgr Caterini pour sa lettre du 14 août 1880 contre le Secret donné par la Mère de Dieu.

 

« Maximin, vois-tu là-bas ? Ah ! Mon Dieu ! »

 

Le Secret de La Salette contient des prophéties qui sont la quintessence des prophéties bibliques, une histoire anticipée de l'Eglise jusqu'au Jugement général. Abbé Paul GOUIN

 

[1].

 

 

Le Secret de La Salette est un APPEL pressant, insistant, plein d'amour et avec larmes, de la Mère de Dieu, à observer les Commandements de DIEU et de l'Eglise, à cesser d'offenser JESUS, son Divin FILS, à revenir à la vraie Foi, à la prière, à la pratique de la pénitence intérieure et extérieure. Le Secret de La Salette ANNONCE de graves châtiments pour l'Eglise, la France, l'Europe et pour toute la terre, si le clergé, les chrétiens et les hommes en général «ne font pas cas» de ces miséricordieux avertissements. Il est donc LUMIERE pour comprendre le temps dans lequel il nous est donné de vivre et FORCE pour le vivre selon les voies de Dieu.

 

PREAMBULE

 

Jésus, dont la main s'alourdit et s'appesantit à cause de l'iniquité et de l'impiété grandissantes et universalisées, avait naguère chargé sa Mère Bien-Aimée d'adresser aux coupables, clercs et laïcs, une redoutable mise en garde assortie d'un remède providentiel et de la promesse d'un nouveau printemps de l'Eglise. Mais son dessein miséricordieux qui devait être transmis à tout son peuple fut mis sous le boisseau, et il était devenu impossible aux hommes de ce temps d'Apostasie de retirer du céleste message les fruits spirituels qui leur étaient destinés car, dit l'abbé Paul Gouin, « des prophéties de La Salette sont la quintessence des prophéties bibliques, une histoire anticipée de l'Eglise jusqu'au Jugement Général. Conformons-nous surtout à leur esprit qui est un esprit d'Enfance spirituelle uni à un esprit d'Oblation. Notre divine Mère du Ciel réclame des âmes généreuses qui, conscientes de l'ignominie d'un monde sans Dieu, participent à son rachat par une vie crucifiée ».

 

[2].

 

 Quelques bribes du message intégral de Notre Dame de La Salette perduraient cependant encore pieusement dans la mémoire des fidèles et les évènements religieux de ces dernières décennies semblaient, aux yeux de plusieurs, lui donner un regain d'actualité. Ce céleste Message vient d'être tiré aussi brutalement qu'inopinément de sa torpeur. Afin de le remettre en pleine lumière, la Sagesse éternelle, pour exécuter ce qui lui plaît

 

[3],

 

 non sans humour, n'a pas choisi les services de quelque apôtre marial ou de quelque dévot de La Salette, mais ceux d'adversaires résolus et virulents auxquels nous souhaitons d'être vaincus par la Belle-Dame comme l'ont été les Barbares envahisseurs et démolisseurs de l'Empire romain, par le doux Agneau qui a changé ces féroces païens en appelés, en élus, en fidèles.

 

[4].

 

Les actuels négateurs et détracteurs du Secret fondent leur opposition catégorique et opiniâtre sur «quatre» condamnations qu'ils présentent comme étant la pensée officielle de l'Eglise

 

[5]

 

et, pour emporter l'adhésion définitive de leurs lecteurs hésitants ou récalcitrants, ils brandissent la menace de la désobéissance aux lois ecclésiastiques.

 

[6].

 

 Mon Dieu ! Mais tout cela est présenté d'une manière gravement tronquée, procédurière, partisane, mensongère et, de plus, gravement calomnieuse à l'égard de Mélanie. Il est clair qu'en discréditant le témoin on ne peut pas ne pas discréditer le témoignage sur lequel la valeur historique de l'Apparition elle-même est fondée. Saint Thomas d'Aquin a écrit qu'un seul témoignage suffit à établir l'authenticité d'un fait quand il émane d'un homme digne de foi.

 

Parmi d'innombrables témoignages de la vertu de Mélanie, nous n'en choisirons qu'un, celui de la Communauté des Visitandines de Rome à laquelle Mélanie fut confiée par Léon XIII, pour qu'elle puisse rédiger la Règle donnée par la Mère de Dieu et les Constitutions. «... Sa conduite et ses paroles nous eurent bientôt révélé quelle grande sainteté se renfermait dans cette âme d'élite... Il nous est impossible de dire toutes les vertus qu'on a vu pratiquer à cette grande servante de Dieu ; seulement nous pouvons assurer que c'était une âme toute abîmée en Dieu, sans que la moindre affectation la rendît singulière. Ses paroles étaient toujours bonnes et édifiantes et elle mettait ses délices à parler de la Très sainte Vierge.

 

Humble et reconnaissante, elle se réputait indigne des petites attentions qu'on lui témoignait, disant agréablement, dans ces occasions-là, qu'elle n'était qu'une bonne et simple bergère. ..

 

Avant qu'elle nous quittât, notre très honorée Mère voulut nous ménager la consolation d'entendre de sa bouche le récit de l'Apparition de la sainte Vierge sur la Montagne de La Salette. Mélanie obéit et, en présence de toute la Communauté, elle nous raconta cette merveilleuse Apparition avec tant de simplicité et d'humilité que vers la fin tout le monde en fut touché jusqu'aux larmes; et nous restâmes grandement édifiées.»

 

[7]

 

 

Mélanie était stigmatisée depuis son enfance. Cela est attesté par des membres proches de sa famille, par plusieurs prêtres et par plusieurs religieuses de différentes communautés où elle a vécu.

 

Don Bosco fut calomnié près de saint Pie X et il en souffrit. Padre Pio le fut également par son évêque, pourtant respectable, ce qui valut au stigmatisé l'interdiction de confesser et de célébrer la messe en public, pendant de longs mois. Les bergers de La Salette ont pâti tous les deux des attaques de plusieurs clercs et même d'évêques. Leurs appels à la conversion et les reproches de la Mère de Dieu aux prêtres et aux princes de l'Eglise, ne dérangeaient guère moins que la prédication du Christ les scribes et les pharisiens. Oui, les secrets dérangent toujours, surtout celui de Mélanie.

 

« Le secret de Mélanie, écrit Maria Winowska, est à tel point imbibé des larmes de la très Sainte Vierge que tout l'enfer se coalisera pour le noyer en des flots d'encre et de fiel. (...) Imaginez-vous un texte dans le style de Jérémie, violent et âpre comme certaines strophes du MAGNIFICAT ? »

 

I - En premier lieu nous montrerons la véritable attitude de l'Eglise à l'égard du Secret, celle que nous devons croire.

 

II - Ensuite, nous ferons des rectifications et des observations particulièrement nécessaires et importantes au sujet des "quatre" condamnations auxquelles se réfèrent les actuels détracteurs du Secret, condamnations qui se révèleront être, soit sans valeur juridique et (ou) canonique (1915 et 1923), soit purement et simplement inexistantes (1880 et 1957).

 

III - Nous prouverons enfin que ces « quatre » condamnations sont les fruits d'une véritable cabale.

 

IV - Nous terminerons en abordant les conséquences spirituelles et religieuses de la mise au tombeau du Secret.

 

V- Pour conclure, nous nous interrogerons sur l'attitude de quelques clercs traditionalistes, à l'encontre du Secret de Mélanie.

 

I - Les approbations de l'Eglise sur le fait et le secret de La Salette.

 

L’Eglise s'est réellement prononcée sur l'origine divine du Secret de La Salette, elle en a autorisé la diffusion et en a recommandé les enseignements. Voici comment et en quelles circonstances.

 

Mgr De Bruillard, évêque de Grenoble en 1846, fit procéder à une minutieuse, rigoureuse et longue enquête canonique sur le fait de l' Apparition, mais étant donné que les Secrets des bergers en faisaient intégralement partie (cela est une donnée historique que seule, la mauvaise foi conteste à partir de 1875) et qu'ils pouvaient être dirimants pour la cause, et avant de déclarer authentique l'Apparition, il suspendit son jugement à l'avis de Pie IX auquel il fit porter les Secrets rédigés par Maximin et Mélanie. Au préalable, il avait pris la précaution de lire les textes afin de ne pas soumettre au Pape quelque chose d'inconvenant ou d'indigne de lui. La réponse vint de Rome fin août 1851 portée par l'abbé Rousselot, l'envoyé de Mgr de Bruillard :

 

« Rien, dans les secrets lus par Pie IX et communiqués par lui au Préfet de la Congrégation des Rites, le cardinal Lambruschini, secrétaire d'Etat, ne s ' oppose à ce que l'évêque diocésain ne rende son jugement »

 

[8].

 

 

Le projet du Jugement doctrinal de reconnaissance fut adressé au préfet des Rites qui répondit au chanoine Rousselot par une sorte de «Nihil obstat» que résume ainsi J. Stern :

 

« II a lu le Mandement ‘’très attentivement’’. A son avis, l'évêque de Grenoble a observé ‘’les règles de la sainte Eglise’’. La lecture ‘’n'a rien laissé à désirer’’ au Cardinal, surtout par l'examen de l'événement qui a été poussé avec édifiante et tout à fait louable rigueur »

 

[9].

 

 

Ainsi encouragé par Pie IX, personnellement saisi de l'affaire, à reconnaître l'Apparition, et par l'autorité compétente, Mgr de Bruillard publia le 19 septembre suivant son Mandement par lequel il déclarait « indubitable et certaine » l'Apparition de La Salette et dans lequel, il précisait :

 

« Ainsi est tombée la dernière objection que l'on faisait contre l'Apparition, savoir qu'il n’y avait point de secret, ou que ce secret était sans importance, puéril même, et que les enfants ne voudraient pas le faire connaître à l'Eglise ».

 

[10].

 

 

Son successeur, Mgr Ginoulhiac confirmera l'authenticité de l'Apparition. Cela est rapporté avec précision et rigueur par Louis Bassette (qui ne peut être taxé de désobéissance aux lois ecclésiastiques).

 

[11]

 

dans son livre « Le Fait de La Salette »,

 

[12]

 

 ainsi que par Corteville Michel.

 

[13].

 

 

 

Mgr de Bruil1ard, évêque de Grenoble, n'a promulgué le Mandement de 1851 qu'avec l'autorisation de Rome et après que Pie IX ait eu personnellement en mains les Secrets des bergers. Et si les Secrets avaient dû être exclus du Jugement doctrinal de 1851, Pie IX aurait pris le soin de le spécifier à l'Ordinaire du lieu, ce qu'il n'a pas fait. Donc, en proclamant « indubitable et certaine » l'Apparition (Art. I), Mgr de Bruil1ard a proclamé ipso facto, indubitables et certains les Secrets. Et si l'on vient à nier ou à séparer une partie quelconque de ce tout, on sape par la base toute l'Apparition.

 

Michel Corteville

 

[14] 

 

écrit : ‘’Six mois après la reconnaissance de l'apparition, officieusement confirmée par divers "brefs" et "induIts" liturgiques, E. Millon a recueilli cet écho de Rome’’ :

 

« Le 12 avril (1852), le R. P. Quéloz, procureur des Rédemptoristes, écrivait de Rome à l'abbé Rousselot ces paroles remarquables : « On ne parle pas à Rome du Secret des enfants confié à Sa Sainteté, sinon que les prières nouvellement prescrites pour le Jubilé, peuvent y avoir rapport. Peut-être Sa Sainteté a-t-elle confié ce Secret "sub alio secreto rigidissimo" à quelques Cardinaux ou Prélats...»

 

[15].

 

 

En la personne de S.S Pie IX, en celles du Cardinal Lambruschini et de Mrg de Bruillard par le fait capital de son Mandement de 1851, puis en celle de Mgr Ginoulhiac par son Mandement de1854, il est certain que l'Eglise qui ne peut ni se tromper ni nous tromper a reconnu l'origine divine des Secrets et leur conformité à la Foi et à la Morale. S'il en avait été autrement, l'apparition de la Salette aurait été déclarée pour le moins douteuse et l'affaire serait classée depuis 150 ans.

 

Le soleil n'est pas plus lumineux. La mauvaise foi des détracteurs les rend réfractaires à cette lumière ; qu'ils soient simples prêtres ou mitrés, ils se rendent coupables d'une imposture en retranchant de l'Apparition la «Grande nouvelle» que, dès les premiers mots de son discours commun aux deux bergers, la Mère de Dieu est venue annoncer à son peuple : « Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis venue vous annoncer une grande nouvelle ». Sanctifier le dimanche, ne pas jurer, respecter l'abstinence de viande le vendredi n'étaient pas des nouveautés en 1846 ! La « Grande nouvelle », inimaginable et incompréhensible au XIXe siècle était : « Rome perdra la Foi et deviendra le siège de l'Antéchrist..., L'Eglise sera éclipsée..., Rome païenne disparaîtra...»

 

[16]. 

 

Aujourd'hui, certains traditionalistes ne voient pas (ou feignent de ne pas voir) que la Hiérarchie conciliaire dont ils dénoncent la dérive et même l'Apostasie

 

[17]

 

 réalise la prophétie de 1846.

 

Cette « Grande nouvelle » a fait trembler de rage les loges dont le plan était ainsi, sinon dévoilé, du moins confirmé par le Ciel lui-même, et qui voyait se dresser contre elles… forte comme une armée rangée en bataille, Celle qui doit écraser la tête du serpent infernal,

 

[18],

 

leur chef et leur dieu.

 

Ce n'est pas tout.

 

Entre 1871 et 1874, Monsieur Girard publia plusieurs ouvrages contenant le Secret avec des explications et la défense de la réputation des Bergers. Pour trois de ces ouvrages, il reçut, tour à tour, la bénédiction autographe de Pie IX.

 

[19].

 

 

Le 3 décembre 1878, au cours d'une longue et émouvante audience, il y eût un dialogue mémorable entre Léon XIII et Mélanie. Le Pape lui commanda de se rendre à La Salette pour y diffuser son message et y fonder l'Ordre de la Mère de Dieu ; cela ne se fera pas à cause de la révolte ouverte de Mgr Fava (infra III et IV). Le Souverain Pontife commanda également à Mélanie d'écrire la Règle de l'Ordre des Apôtres des derniers temps et les Constitutions, ce qu'elle fit. Cet Ordre se trouve dans le Secret :

                                 

«... enfin j'appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et l'humilité, dans la chasteté et dans l'union à Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et viennent éclairer la terre...» ;