Le Secret (qui
n’était que provisoire) : Notre-Dame de La Salette Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant
« Rome
perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist » et « L’Eglise
sera éclipsée » : Rome perdra la foi
Fin
du sixième Jour : « … jusqu’à siéger dans le temple de Dieu » (Thessaloniciens, 2 : 4) : dertemps.htm
Défense
du Secret de
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Ps 126, 1 : " Si Dieu ne bâtit pas la cité,
ceux qui la bâtissent travaillent en vain. "
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Apocalypse, III, 10 :
“ Parce que tu as gardé la parole de ma
patience, moi aussi
je te garderai de l’heure de la tentation
qui est près de venir
sur tout le monde habité, pour tenter ceux
qui habitent la terre. »
Luc, XI, 2 ; Matthieu VI, 9-10 :
" Notre Père ... que Ton règne vienne "
Is XL 3-4; Lc III 4 ; Mc I 3 ; Mt
III 3 :
" Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses
sentiers."
Luc, XXI : 36 :
" Veillez donc et priez sans cesse, afin que vous soyez
trouvés dignes d'échapper à tous ces maux qui doivent
arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'Homme."
(Cf. Ap., 3 : 7-11)
Inéluctabilité des événements
Luc, 21 : 33 ; Matthieu, 24 : 35 et Marc, 13 : 31 :
" Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles
ne passeront pas."
Le déchaînement de la " colère de Dieu " précédera le
Règne messianique
et l'apothéose du peuple de Dieu : Is. 13 : 13 ; Jér. 4 : 24-26 ; Soph. 1 : 4-16 ;
Mal. 3 : 19 ; Lc. 21 : 8-11, 25 et 27-33 ; Joël 3 : 1-15 ; Act. 2 :
17-21 ; Is. 61 : 1-2 ;
Mt. 24 : 6-8 et 15-35 ; Mc. 13 : 5-8, 14 et 24-31 ; Dan. 9 : 27 ;
Apoc. 11 : 3 ;
12 : 13-18 ; 1 Thess., 5 : 3 ; Apoc., 6 : 16-17 ; 2 Thess. 2 : 3-4 ; etc., etc.
Platon (428 - 348 av. J.-C.), Cratyle, 436 b :
"
En toute entreprise, c'est sur le point de départ qu'on doit toujours porter le
plus de réflexion et le plus d'attention afin de s'assurer si le principe posé est juste ou non ;
quand il a été bien éprouvé, on voit le reste s'y accommoder."
Développement
de la doctrine chrétienne, preuves de la vérité de la foi catholique, par le cardinal John Henri Newman
(1801-1891), Introduction, trad. de l'anglais par L. Boyeldieu d'Auvigny, Lagny
Frères, Libraires-Éditeurs, Paris, 1846, p. 126 :
"
Le christianisme étant un, toutes ses doctrines sont nécessairement les
développements d'un même tout, et s'il en est ainsi, ces développements doivent
aussi naturellement être d'accord les uns avec les autres, et former un
tout."
Le
premier devoir des Français catholiques et la raison d'être de notre action :
promouvoir
le règne social du Christ dans notre pays.
" Omnia instaurare in Christo."
Quelques extraits essentiels de
" Dans la
première Encyclique qu'au début de Notre pontificat Nous avons adressée aux
évêques de l'univers, il Nous souvient de l'avoir déclaré ouvertement, en
recherchant les causes
profondes des calamités qui accablent l'humanité et avec lesquelles celle-ci est en lutte : non
seulement ce déchaînement de malheurs a envahi l'univers parce que la plupart
des hommes ont banni Jésus-Christ et sa foi très sainte de leurs coutumes et de
leur vie particulière comme de la société familiale et de l'Etat, mais encore l'espoir d'une paix durable entre les
peuples ne brillera jamais tant que les individus et les Etats s'obstineront à
rejeter l'autorité de notre Sauveur.
C'est pourquoi Nous avons averti qu'il fallait chercher la paix du Christ dans
le règne du Christ, et Nous avons promis d'y contribuer de tout Notre pouvoir [mais malheureusement les laïcs sont
restés couchés ou sourds aux appels des papes depuis
La
peste du laïcisme propagée par les Sociétés secrètes
" Or, si Nous ordonnons au catholicisme entier de vénérer le Christ-Roi, Nous pourvoirons par le
fait même aux besoins des temps actuels et Nous opposerons un remède souverain à LA PESTE QUI INFECTE
LA SOCIÉTÉ HUMAINE. Ce que nous appelons la peste de Notre temps, c'est le
laïcisme, ses erreurs et ses tentatives impies. Ce fléau, Vénérables Frères,
vous savez qu'il n'a pas mûri en un jour ; depuis longtemps, il couvait au plus
profond des sociétés. On commença par
nier le pouvoir du Christ sur toutes les nations ; on dénia à l'Eglise un droit
dérivé du droit du Christ lui-même, celui d'enseigner le genre humain, de
porter des lois, de diriger les peuples, de les conduire à la béatitude
éternelle. Alors la religion
du Christ fut peu à peu traitée d'égale avec les faux cultes, et placée avec
une choquante inconvenance sur le même niveau ; puis elle fut soumise au pouvoir civil et presque livrée à
l'arbitraire des princes et des magistrats ; certains allèrent jusqu'à prôner
la substitution d'une religion naturelle, d'un sentiment naturel, à la religion
divine. Il ne manqua pas de nations qui estimèrent pouvoir se passer de Dieu et
mirent leur religion dans l'impiété et l'oubli de Dieu. Les fruits amers que
produisit si souvent et si longtemps une semblable séparation des individus et
des peuples d'avec le Christ, Nous les avons déplorés dans l'Encyclique Ubi
arcano et les déplorons aujourd'hui de nouveau : les germes de discorde
semés partout, les jalousies et les rivalités entre peuples qui retardent
encore la réconciliation, le déchaînement des convoitises qui, bien souvent, se
cachent sous les apparences du bien public et du patriotisme, et toutes leurs
conséquences : dissensions intestines, égoïsme aveugle et démesuré qui, ne
considérant rien, sinon les avantages et les profits particuliers, soumet
absolument tout à cette mesure ; la paix des familles [actuellement, en l'an 2004, éclatées] détruite à fond par l'oubli et la négligence du
devoir : l'unité et la stabilité de la famille battues en brèche ; toute la
société enfin ébranlée et menée à la ruine.
" Celle-ci [la
société] se hâtera de revenir au Sauveur très aimant : la solennité du Christ-Roi, qui se célébrera
désormais chaque année, Nous en donne le meilleur espoir [pauvre Pape ! Il s'est fait bien des
illusions, car la France se trouve présentement dans un état de dégradation
morale pire qu'en 1925 - ce qui signifie que le remède préconisé par cette
encyclique s'impose plus que jamais, car ce n'est quand même pas en se
contentant de célébrer annuellement cette fête que le Christ va régner
socialement sur la Fille aînée de l'Eglise].
" Il appartiendrait aux catholiques de
préparer et de hâter par leur action ce retour, mais un bien grand nombre d'entre eux ne semblent
pas tenir dans leur vie sociale leur place normale, ni posséder l'autorité qui
convient à ceux qui portent le flambeau de la vérité [Hélas ! hélas ! hélas !].
" Il faut peut-être attribuer ce désavantage à
la lenteur et à la timidité des bons qui s'abstiennent de résister ou résistent
avec mollesse : les adversaires de l'Eglise en retirent nécessairement un
surcroît de témérité et d'audace. Au
contraire, que les fidèles comprennent tous qu'il leur faut lutter avec courage
et toujours, sous les drapeaux du Christ-Roi. Que le feu de l'apostolat les
embrase, qu'ils travaillent à réconcilier avec leur Seigneur les âmes éloignées
de lui ou ignorantes, et qu'ils s'efforcent de sauvegarder ses droits. [...]
" Aux États, la célébration annuelle de cette
fête rappellera que les magistrats et les gouvernants sont tenus, tout comme
les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir ; elle
évoquera devant eux la pensée de ce dernier jugement où le Christ, non
seulement expulsé de la vie publique, mais encore négligé ou ignoré avec
dédain, vengera sévèrement de telles injustices, car sa royauté exige que
l'État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes
chrétiens aussi bien dans la législation que dans la façon de rendre la justice
et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et à une bonne
discipline des mœurs. "
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La
vie intérieure de Sœur Marie de la Croix, tertiaire de saint Dominique,
née
Françoise Mélanie Calvat (07.11.1831 - 14.12.1904), Bergère
de
La Salette (Isère), selon la traduction littérale de son
autobiographie
italienne de Messine (1897).
A.M.D.G.
Apocalypse, VII, 3 :
" Ne nuisez, dit un ange porteur du sceau du Dieu vivant, ni à
la terre, ni à la mer, ni aux arbres,
que nous n'ayons marqué au front les serviteurs de notre
Dieu."
Texte
communiqué par l'abbé Gouin dans son ouvrage : Sœur Marie de
" Mélanie révéla son Secret quand le temps
marqué fut venu, bien qu'elle sut qu'un pareil acte lui attirerait les colères
de ceux qui, perdus de mœurs, étaient enchaînés au char de la secte maçonnique." L'Osservatore Romano, 25 décembre 1904. [Cf. L’extraordinaire SECRET de LA
SALETTE, Louis de
Boanergès, Éditions D.F.T., B.P. 28, 35370
ARGENTRÉ-DU-PLESSIS, Tél. 02 99 9678 54, Fax 02 99 96 62 64.]
Notice
biographique sur l'abbé Gouin
" Né à
PRÉCIGNÉ (Sarthe), diocèse du Mans, en
" [...]
" En
" [...]
" La
population d'AVOISE a rendu un hommage mérité à celui qu'elle a eu pour curé
durant quarante cinq ans lors de ses obsèques le 13 décembre
F.C.
Introduction
" [...]
"
La biographie de SŒUR
MARIE DE LA CROIX, Bergère de La Salette, œuvre majeure de l'abbé Paul Gouin, curé d'Avoise
(Sarthe), mort le 11 décembre 1968, réhabilite au regard de l'histoire la
voyante de l'Apparition du 19 septembre 1846. Il n'a pas fallu moins de cinquante années de patiente
recherches à l'auteur pour constituer une documentation unique, comprenant des
manuscrits et quelque huit cents lettres autographes de la Bergère de La
Salette. " J'incline à penser que Mélanie a conservé sa mission jusqu'à sa
mort ", m'écrivait le R. P. Garrigou-Lagrange, le 1er septembre
1957.
" A la
lecture de l'ouvrage, il est clair que l'objet de cette mission était la
fondation de l'œuvre des " Apôtres des derniers temps ", prédits par
saint Grignion de Montfort. Du temps même de la vie de la Bergère de La
Salette, l'Eglise a approuvé la règle de l'ORDRE DE LA MÈRE DE DIEU pour cet
institut missionnaire ; et
Mgr ZOLA, le saint évêque de LECCE (ITALIE), a donné l'imprimatur au secret
prophétique dont un paragraphe
déclare :
"
J'appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de.Jésus-Christ
qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans
l'humilité, dans le mépris et le silence, dans l'oraison et dans la
mortification, dans la chasteté et dans l'union avec DIEU, dans la souffrance
et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et viennent éclairer la
terre..."
"
L'Association des ENFANTS DE N.-D. DE LA SALETTE rend hommage à Monsieur l'abbé
GOUIN qui lui a légué un important témoignage en faveur de l'histoire réelle de
La Salette.
En la fête de ST
JOSEPH
BEAUPREAU, 19 MARS
1969.
F. Corteville,
Président de
" l'Association des enfants de N.-D. de La Salette et de St Grignion de
Montfort".
Pour
servir à l'histoire de la Salette, Documents III, Nouvelles Editions Latines, Paris,
1966, N° 55, Lettre S. Marie de la Croix, née Calvat (Barnaud), de Messine
(Italie), le 7 juillet 1898, à M. l'Abbé Roubaud, pages 65 :
" ... et je
suis prête, avec la grâce divine, à certifier avec mon sang, que ce fut la Très
Sainte Vierge qui me dicta cette sainte Règle [pour les Apôtres des
derniers temps], parole par parole.
Dieu sait que je ne mens pas, que ma rédaction est très vraie et que personne
au monde n'y a ajouté ou retranché. J'ai en ma possession la Sainte Règle
intègre, telle qu'elle sortit des lèvres très-pures de la Vierge immaculée,
dont la langue parla, comme dit le Saint Esprit, la Loi de la clémence."
Journal de l'Abbé Combe, Dernières
années de Sœur Marie de
" [...] Les
Missionnaires qui sont actuellement sur la Sainte Montagne ne sont pas les
Missionnaires tels que veut la Sainte-Vierge." [Ce qui, en l'année 2002,
est malheureusement et désespérément plus vrai que jamais.]
Pour servir à l'histoire de la Salette, Documents
II, ouv. cité plus haut, Résumé d'un entretien entre Mélanie de la Salette et
Mère Saint-Jean, 22 janvier 1885, 14e Réponse de Mélanie, page 19 :
" L'esprit de
la Salette peut se transporter. Et quand la crise sera passée, que l'heure sera
venue, la Sainte Vierge saura bien ressusciter la Salette... faire son œuvre.
Mais vous allez voir ce qui va arriver... malgré tout, ne doutez pas... Les
paroles de la Sainte Vierge ne sont pas stériles comme celles des hommes... Son
œuvre se fera..."
Id., Documents III, N° 46, Lettre à un ami tenté
d'incrédulité, page 49 :
" [...] Et
pourquoi tant de science acquise, pour ne rien savoir ? Mon Dieu, augmentez ma
foi ! Quand même nous aurions découvert les plus grandes horreurs dans le plus
haut clergé et mille intrigues scandaleuses, etc., les hommes ne sont pas la
religion : croyons en Dieu et aux vérités révélées par les Prophètes et
l'Evangile."
- - -
- - - - - -
PREMIÈRE
PARTIE
UNE
ENFANCE CRUCIFIÉE
Témoignage
de Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette.
LE BAISER DE
SAINT-ROCH.
" Le soir de
l'Apparition (19 septembre 1846), Mélanie et Maximin, redescendant de la montagne,
ramenèrent leurs troupeaux chez leurs maîtres respectifs. Mélanie, comme à son
ordinaire, restait silencieuse. Maximin était très surexcité. Petit garçon de
dix ans, expansif et bavard, étourdi, sensible, il ne se tenait pas de raconter
ce qu'il avait vu et entendu. Il avait d'abord en grand-peur et, son chapeau
sur la tête, empoignant son bâton, il avait essayé de lancer des pierres sur
les pieds de la " Dame " (1). Mélanie, dès les premières paroles de
la suave et miséricordieuse voix, avait " volé vers elle " ; et elle
s'était tenue si près de l'apparition que, - s'il faut en croire une confidence
échappée plus tard et recueillie dans le petit carnet de la Mère de Maximy -
elle aurait pu, tout en écoutant son discours, baiser la main de la Très Sainte
Vierge.
" Néanmoins,
c'est elle qui se tait, et c'est Maximin qui parle... Ne trouvant pas tout de
suite son maître (Pierre Selme, un ami de son père, à qui il avait demandé
Maximin pour remplacer quelques jours un berger malade), il se précipite chez
les patrons de Mélanie. Elle, pendant ce temps, elle est entrée à l'étable
derrière ses vaches ; elle les attache avec soin, met tout en ordre sans hâte ;
et, quand sa maîtresse, en larmes d'avoir entendu le récit de Maximin, vient
lui dire : " Pourquoi, mon enfant, pourquoi ne venez-vous pas me dire ce
qui vous est arrivé sur la montagne ? ", elle répondit : " Je voulais
bien vous le dire, mais je voulais finir mon ouvrage auparavant."
" ... D'abord
son devoir quotidien... étrange, un peu troublante attitude - semble-t-il - au
soir d'un tel événement. Ne l'a-t-il pas surprise ? Elle paraît aussi
tranquille que Maximin est ému. Cette fille qui va sur ses quinze ans, mais ne
sait pas encore lire et ne sera pas admise à la première communion cette année,
est-ce qu'elle ne comprend pas ce qui lui arrive et quelle mission désormais
lui incombe ? Son mutisme, sa lenteur, est-ce indifférence ou recueillement ?
" ...
Mystère...
" Oui, c'est
un mystère.
" Mais la
clef en est donnée par Mélanie elle-même dans les autobiographies de son
enfance. Leur dernier épisode, à lui seul, peut tout éclairer. Depuis quelques mois, depuis le printemps
dernier, Mélanie est élevée à l'un des plus hauts degrés de la contemplation
infuse. Elle vit la vie d'union divine.
Elle respire et se meut spirituellement dans une atmosphère où le fait
miraculeux de l'Apparition, pour frappant qu'il soit, n'a rien de surprenant ;
et, si elle demeure impassible, c'est qu'elle a déjà reçu les communications de
la Seule et Suprême Réalité.
" Elle était
toute petite quand elle commença d'être instruite, guidée par un bel enfant qui
se dit son frère et l'appelle " Ma Sœur, sœur selon mon cœur ". Tout
ce qu'elle sait de Dieu et de toutes choses, elle le tient de lui. Il est son
Maître et son Ami. Dès le premier jour où il lui a parlé, elle lui a demandé de
lui donner un baiser. Il a répondu que ce n'était pas encore l'heure.
" Un soir du
printemps dernier, cette heure est venue.
" Le baiser
mystique a été donné, reçu.
" Mélanie
était alors, dans un intervalle de ses mises en service (car elle fut placée
comme bergère et servante avant sept ans), chez ses parents à Corps. Corps est
un petit chef-lieu de canton de l'Isère, sur la route de Grenoble à Gap. A
quelque distance du bourg se trouve une chapelle rustique qui, dans la belle
saison, est un agréable but de promenade : la chapelle Saint-Roch. Petite
rotonde à deux étroites fenêtres, surmontée d'un petit campanile, elle domine,
du haut d'un monticule verdoyant, un lac profond et limpide. De là, on voit Corps,
au bord du plateau, au pied des hautes montagnes dont la chaîne, par échelons,
s'élève jusqu'aux cimes neigeuses. Le site est ravissant.
" Il a servi
de cadre à l'ultime et le plus décisif épisode de l'enfance de Mélanie.
" Il n'y a
qu'à la laisser parler.
" " Une
fois, la mère Julie dit à ses enfants (2) : " Enfants, allez tous vous
amuser dehors ; je veux rester seule à la maison. Allez à Saint-Roch ". Je
fus donc [ici, c'est Mélanie qui parle] avec eux (ses frères et sœurs) jusqu'à la chapelle de
Saint-Roch. Puis ils me dirent : " Veux-tu t'amuser ? " Je répondis
que je ne savais pas faire cela. Alors ils descendirent sur les pentes du petit
monticule sur lequel se trouve la chapelle Saint-Roch pour s'amuser et je
restais seule. Je m'amusais à regarder la statue de Saint-Roch par les deux
petites fenêtres et je priais ce bon saint de m'obtenir de mon Bon Dieu la
guérison de mon âme, pour que je ne fasse plus jamais de peine à mon Bien aimé
Jésus-Christ, ni à sa Mère... Je la vois toujours fâchée contre moi, et cela me
fait souffrir. Et je dis cinq Gloria Patri à Notre Seigneur pour les
grâces qu'il avait faites à ce saint.
" Et voici
que j'entendis la douce, la suave, la consolante voix de mon très aimé et bon
petit Frère m'appelant " Ma chère Sœur, sœur de mon cœur, je suis à vous
". Vite, je me retournais ; mon cœur sautait de joie. C'était bien mon si
désiré Frère avec son angélique figure et ses yeux emparadisés [sic]." Il [son Frère, car ici c'est l'abbé Gouin qui
reprend son texte] lui dit : " Aussitôt que le Très-Haut m'a dit de venir
me recréer avec vous, après votre victoire (3), je suis venu, Sœur de mon cœur
". ... tout humble, tout ignorante, elle [Mélanie] ne comprend pas ce que
c'est que cette victoire. Avec patience, son Frère lui explique qu'à
Saint-Michel et à Quet elle a été victorieuse. A présent elle sait combattre.
Et il lui annonce des contradictions et d'autres combats pour la Vérité. Alors,
elle lui rappelle sa promesse que, quand il serait l'heure, elle pourrait lui
donner un baiser. L'heure est venue en effet.
" " Avec
un doux sourire, il me dit que ce n'était pas moi qui lui donnerait un baiser,
mais que ce sera lui. - Oh ! vite, dépêchons-nous, mon bon Frère, pour l'amour
de notre bien-aimé Jésus-Christ ! - Il me donna un baiser sur le front, sur les
lèvres et sur la poitrine. Il me bénit et s'en alla."
" Ses frères
et sœurs viennent la reprendre ; tous rentrent à la maison. Sa mère est fâchée
de ce qu'elle ne s'est pas amusée avec les autres. Cette sauvage, cette
taciturne, toujours à part des autres est décidément impossible. Le père a beau
vouloir la garder à la maison, il va falloir la replacer en service, dès que
cela se trouvera. L'occasion se présentera bientôt : et elle sera placée aux
Ablandins, commune de La Salette.
" Là s'arrête
la plus développée des autobiographies de Mélanie (celle de 1900). Pourquoi ?
Pourquoi la Bergère ne raconte-t-elle que les quatorze premières années de sa
vie ? Une vie dit-on ? Est-ce là une vie ? Oui, ce dernier épisode le fait
comprendre : c'est toute une vie ; sur le plan surnaturel une vie complète : la
narratrice n'a plus rien à dire. Si elle a fait jusque là - et jusque là
seulement - le récit de son enfance, ce n'est que pour nous persuader de
l'accompagner dans les voies des leçons divines et nous préparer à
l'apparition. Même les anecdotes parfois humoristiques n'y ont de place et de
sens que parce qu'elles servent comme de marchepied aux enseignements mystiques
et que, mêlant le réalisme le plus terre à terre à la réalité spirituelle la
plus haute, elles nous inclinent à voir la vie humaine ensemble sous ses deux
faces. Ce baiser qu'elle vient de recevoir à Saint-Roch, ce n'est pas un
commencement des communications divines, c'en est la consécration. Depuis sa petite enfance, introduite dans la
vie de grâce, illuminée par la Vérité même, purifiée par les épreuves de
sa dernière et si dure année de service, tout imprégnée de l'esprit de
Jésus-Christ et de Jésus-Christ crucifié ; offerte par Lui et avec Lui en
victime, elle est entrée dans l'union divine, elle accède au mariage spirituel.
" Mais c'est
encore à ses écrits à en témoigner. Dans l'autobiographie italienne, Mélanie a
noté, pour le chanoine Annibale di Francia, les expériences de sa vie
intérieure. Expérience, c'est le mot. Elle n'a appris à lire que plus tard, on
le sait ; et, même plus tard, elle a peu lu et n'a rien pu emprunter à des
auteurs qu'elle ne connaît pas. " Je n'ai point lu les choses mystiques
", écrira-t-elle à l'abbé Combe, le 12 février 1900. Elle ne les a point
lues. Elle les a vécues. Et cela vient de loin. Dès son réveil, dans les bois -
après un songe initiateur - quand déjà de sa propre personne, il lui semble
qu'il ne reste plus qu'une petite flamme de désir de plaire à son Bien-Aimé, -
elle ne se souvient plus que, comme en un éclair, elle se trouva dans la
solitude d'un profond recueillement... " Et je vis d'une manière imaginative, Notre Divin Sauveur qui
se communique à mon âme en un mode que je ne sais pas exprimer. Mes sens ne
fonctionnaient en aucune façon, il me semblait qu'ils étaient prisonniers
d'amour... Ces communications du Tout-Puissant à l'âme se font sans proférer
une parole... et plus les flèches enflammées du divin amour embrasent l'âme,
plus elles y allument, et dans le même instant, l'amour passionné des
souffrances... de telle sorte que je ne savais pas, entre ces deux amours, quel
était le plus fort..." [On
retrouve là les explications de sainte Thérèse d'Avila, la Mère des spirituels,
et de saint Jean de la Croix, le Docteur Mystique.]
" C'est une
première touche.
" Un peu plus
loin, lorsque après sa maladie d'enfant, elle a de longues heures immobiles et
silencieuses pour se laisser envahir par ces recueillements profonds où se
dévoilent à elle les mystères divins, elle perçoit un autre monde, supérieur
encore, de communications mystiques. " Je fus en un instant, dit-elle, possédée tout entière ;
l'intelligence fut comme ouverte, pénétrée, élevée, fixée dans la lumière
éternelle."
" " Je ne sais pas expliquer ce mode de
communication faite à mon âme ; mais je sais, ajoute-t-elle, que les
communications que le Seigneur des Miséricordes m'a faites, malgré l'abîme de
mes infidélités, sont de trois sortes ou manières différentes." Et suspendant alors son récit proprement dit, elle
décrit, l'un après l'autre, les trois modes de ses communications mystiques. Il
faut ici la suivre mot à mot (4).
" I. - Les
apparitions de mon Frère m'attiraient à aimer Jésus-Christ, les souffrances,
l'uniformité aux vouloirs du Dieu Souverain, elles m'inspiraient l'amour des
ennemis, la sainte crainte d'offenser Dieu, la rectitude d'intention, la
connaissance de mon néant, le détachement de soi-même et de toutes les choses
transitoires pour le pur amour du Dieu béni. Je dois dire encore que, comme
j'étais très ignorante, en toutes choses de Dieu et de l'Univers, mon aimable
Frère voulut se faire mon Maître ; il m'instruisait, me corrigeait, souvent il
me grondait doucement, puis m'encourageait par la confiance en l'Eternelle
miséricorde de Dieu et dans les mérites de la Passion de Jésus-Christ, notre
doux Sauveur. Les apparitions de mon très amoureux Jésus, fou d'amour pour ses
créatures, produisaient les mêmes effets. L'amour que mon cher Jésus infusait à
mon cœur augmentait toujours plus, et plus je m'anéantissait, plus augmentait
en moi le désir de souffrir pour mon très aimé Jésus crucifié ; il me semblait
que plus je contemplais la beauté majestueuse et royale de l'aimable Amant de
mon cœur, plus je descendais dans ma bassesse ; et j'avais horreur de moi-même
à cause des multiples souillures que je découvrais dans mon âme.
" Après les
Apparitions (je dis Apparitions parce que je voyais avec les yeux du corps,
j'ignore si tous les chrétiens voient ainsi), je restais consolée, fortifiée,
confiante et pleine de bonne volonté pour aimer toujours plus mon Créateur,
Sauveur et Conservateur, pour souffrir toujours plus et éviter toute ombre de
péché.
" II. -
Maintenant je parlerai du second mode selon lequel Dieu se communiquait à mon
âme.
" Faisant
oraison, sans que je puisse rien prévoir, en un instant (et je ne sais si c'est
les yeux ouverts ou fermés), je me trouvais en présence de mon Frère, ou de la
Vierge Marie - le chef-d'œuvre de la Très Sainte Trinité - ou de Jésus
crucifié. La Parole (proférée sans paroles) de cette vision , comme celle aussi
des communications imaginatives, il me paraît qu'elle frappe son empreinte,
pour ainsi dire, sur l'âme ; et, tandis qu'elle l'illumine, elle y allume le
feu de l'amour divin, la purifie, la dépouille entièrement d'elle-même et, sans
violence, incline sa volonté à la sienne. Mais ceci est peu : on dirait que
notre volonté a perdu son vouloir et son non-vouloir, qu'elle est tout
étroitement unie à Celle de son Souverain Bien et fondue en Elle ; si bien
qu'il semble que l'âme ait le vouloir même de Dieu, qu'elle ne puisse rien
vouloir d'autre que ce que veut le Dieu béni, qu'elle aime avec cette volonté
de Dieu, laquelle demeure stable et permanente cependant que - grâce toute
gratuite - l'âme est soutenue par sa miséricordieuse puissance.
" Il me
paraît qu'en cet état la foi est d'un grand secours pour aider l'âme à désirer
d'un ardent désir de perdre sa volonté propre afin de s'uniformiser totalement
au bon plaisir de Dieu qu'elle voit être très juste et très aimant. L'âme, en cet
état, est comme fixée en Dieu qu'elle aime d'un brûlant amour et elle voit
(sans les yeux du corps) la grandeur, la beauté, la bonté, la puissance de ce
Dieu incréé qui, immuable en soi, opère continuellement et fait des choses si
merveilleuses dans les pâmes de ses créatures. Je ne sais pas exprimer les
finesses des opérations du Divin amour dans l'âme. Je sais que cet amour se
rend maître du cœur, que l'union
avec l'Epoux divin est faite, que
l'âme chemine avec son amoureux Jésus, dans la crainte, tremblant toujours de
l'offenser, de faire la moindre chose qui déplaise à son Bien-Aimé ; quant à ce
qui est d'elle-même, elle connaît sa faiblesse et l'abîme de ses misères, et elle est parfaitement convaincue que
d'elle-même, elle serait absolument incapable de faire aucun bien qui puisse
mériter pour la vie éternelle ; et
elle sait que si elle fait un acte d'amour, si elle désire l'amour, la
souffrance, le martyre et la mort des martyrs, les mépris, etc., elle sait que tout est grâce, tout est œuvre de la grande miséricorde de son cher
Jésus Crucifié qu'elle aime de tout son cœur, de toutes ses forces.
" Ainsi
soit-il.
" III. -
Troisième état.
" En cet
état, la miséricorde de notre Très aimable Jésus se communique à l'âme sans
images : il me paraît que cela se fait par le moyen de l'intelligence : je ne
sais pas, et sais encore moins l'exprimer. Voici comme je comprends et comme j'ai expérimenté la chose : la douce, l'harmonieuse, la suave, l'amoureuse,
puissante et pénétrante voix de mon amoureux Jésus, Roi de mon cœur, me disait
: " Ma sœur, puis-je librement disposer de vous comme il me plaît ? "
Cette voix est une voix, mais tout intérieure ; c'est une voix qui s'imprime
dans l'âme et laisse dans l'esprit la conviction vive, forte, irrévocable,
qu'elle est la voix de Dieu béni. Et il me semble aussi que la voix de mon Très
Haut et Souverain Bien est une voix opérative [sic] qui, en proférant sa Parole, fait son admirable travail,
tout doucement, dans l'âme, dont les trois puissances [la mémoire,
l'intelligence et la volonté] en un éclair, se trouvent illuminées... Divers
sont les effets produits sur l'âme par ces communications ; mais toujours
l'âme, éclairée de la grande Lumière de la Majesté incréée, descend dans
l'abîme de son néant et voit son incorrespondance [sic] à la Divine grâce ;
mais elle n'est pas découragée, parce qu'elle est remplie de confiance dans la
miséricorde de son Dieu qu'elle aime tendrement et fortement de tout son
pouvoir.
" Il peut
sembler qu'en cet état on n'ait plus faire d'actes de foi. Il n'en est pas
ainsi pour moi : me voyant impuissante à correspondre à tant de bienfaits, je
disais bien des fois : " Mon cher Bien, je vous crois, je crois à vous, je
crois en vous ; Bonté infinie, Dieu de mon cœur, vie de ma vie, je vous
aime."
" On peut
encore faire des actes de douleur pour les offenses faites à sa Majesté, et
l'espérance d'obtenir leur total pardon par les mérites de Jésus-Christ ; et l'âme voit que Dieu Très Haut se complaît beaucoup en cette
humilité de l'âme.
" Plus d'une
fois, j'avais donné mon entière volonté à mon cher Jésus ; et aussi n'a-t-il
jamais cessé, dans ses communications de me la redemander, si bien que chaque
fois je restais affligée ; et de nouveau je lui donnais, totalement, ma
volonté, de sorte que je n'eus plus d'autre vouloir que son cher vouloir.
Alors, je vis que la grande Lumière qui me pénétrait élargissait mon
intelligence, que le Dieu des miséricordes attachait mon cœur à son cœur
enflammé et que, par ses douceurs attirantes et secrètes, Il tirait à Lui mon
âme, et sans contrainte, fléchissait son libre arbitre sous l'appel divin. Et
je compris que je devais Lui donner ma volonté, non seulement dans l'obéissance
aux commandements extérieurs ; mon esprit devait se courber sous la persuasion
que ce sont bien là les vouloirs du Dieu béni. L'œil de la foi montre et fait voir,
toujours, Dieu en toutes choses, dans tous les événements, dans toutes les
vicissitudes de la terre.
" Dans ce
troisième état, la Divine Miséricorde se fait voir clairement et converse
amoureusement avec l'âme, l'instruit, l'invite à aimer plus parfaitement, plus
généreusement, et mieux selon la vérité du pur amour.
" En ces communications intuitives, l'âme
contracte la plus étroite union avec son Bien-Aimé Souverain Bien ; et il
semble que rien ne l'en peut séparer.
" Le
raisonnement est impuissant à faire quoi que ce soit pendant que la
communication a lieu, le cœur paraît vouloir sortir au large tant il bat,
saute. Je ne sais dire comment va la chose, mais une fois que l'âme est pleinement possédée
par mon très aimant Jésus, il semble qu'elle s'en va à travers l'espace,
qu'elle voit, qu'elle entend le chant des Anges, qu'elle voit dans les
lointains pays et connaît les pensées des personnes.
" Elle sent
dans le fond du cœur une crainte amoureuse de donner le plus minime déplaisir à
son Dieu.
" Jamais elle ne le perd de vue ; et il semble que l'âme soit si étroitement unie à
son Dieu qu'elle n'est plus capable de penser, d'agir elle seule, et qu'en tout
elle soit dépendante du vouloir et du bon plaisir de ce Dieu béni.
" Ainsi les
sens enchantés perdent leurs opérations, et l'âme est comme en agonie de
l'ivresse du divin amour où elle trouve son unique repos. Mais l'amour, cet
amour insatiable, lui, n'est pas oisif : se faisant toujours plus connaître il
appelle l'âme à plus aimer ; et l'âme sans violence, sans être forcée, court,
court et court se jeter dans le sein de son amoureux et bien-aimé Jésus, sans cesser de prier et de désirer la
consommation de l'éternelle union, car, sachant sa fragilité, elle craint,
d'une sainte crainte, d'offenser et de perdre son Aimé.
" Je voudrais
que tous les gens connussent l'amour que Dieu a pour ses créatures, à tous je
voudrais prêcher l'amour que Dieu a pour ses créatures, à tous je voudrais dire
la faim que Dieu a du salut des hommes, et combien, pour l'amour de nous, a
souffert le très amoureux Jésus. Mais tout ce que je dis est inutiles, parce
qu'on sait que l'âme que
Dieu, en sa divine miséricorde, a introduite dans cette chambre secrète ou
plutôt dans cette fournaise d'amour, n'a d'autre désir que de parler de ce
trésor, trouvé après le total dépouillement d'elle-même et son active
purification.
" Il se peut
que des personnes n'aient plus à souffrir en ce troisième état du désir
toujours inassouvi d'aimer toujours plus le divin Maître. Moi, ignorante comme
je suis, ce n'est pas à moi à parler des différents degrés du Divin amour ni
des admirables effets qu'il produit dans l'âme. Tout dépend de la fidèle
correspondance aux appels et aux opérations de Dieu.
" En ce
troisième état, tout d'amour, tout d'union, tout de complaisance, je désirais
beaucoup aimer mon Dieu, et ma peine était grande parce que je croyais être la
seule créature qui refusait l'amour dû à mon Amant Jésus. Et je désirais toujours plus ardemment la
souffrance pour m'unir à mon Sauveur Jésus crucifié. Toutefois, je sentais dans l'intime de moi-même que
j'aimais mon Jésus et qu'il m'aimait ; mais la peur me vint d'être trompée;
illusionnée. La première fois que je revis mon amoureux Jésus en une vision
intellectuelle, je me signais du signe de la sainte Croix, et je dis : "
Au nom de Jésus-Christ, mort pour le genre humain et ressuscité vivant par sa
propre vertu, fuyez de ma présence, parce que je suis sa propriété, toute
composée d'amour !" Mon Jésus se complut à mon humble crainte et me dit :
" Sœur de mon cœur, ne craignez pas, je suis la vérité et la vie, et je ne
permettrai jamais que puisse vous nuire l'infernal ennemi. Soyez humblement
fidèle aux appels divins : observez
bien mes commandements." ...
J'aimai... et il me semblait que le divin et éternel amour fût l'unique objet
de ma vie de mon être...
" En cet
état, les manifestations sont plus claires, plus convaincantes, et en quelque
sorte les voies de Dieu se montrent ; et bien que le vieux serpent pour
tromper, imite et singe les apparitions des saints et même de Jésus-Christ, il ne peut tromper l'âme en union avec Jésus, l'âme humble et craintive.
" Seule, sans guide humain, parmi le monde
corrompu et dans des circonstances scabreuses, mon Frère, tout amoureux et
plein de miséricorde, voulut me préserver des périls et me faire, gratuitement,
le don de la connaissance des cœurs, de la distinction entre le vrai et le faux
- cela s'entend quand Dieu le permet.
" Je me suis expliquée comme j'ai pu, et il me
semble que c'est assez."
1) Mlle des
Brûlais : note du 12 septembre 1849. Maximin accusé par Mélanie de mauvaise
tenue en présence de la Sainte Vierge.
2) Sa mère, ses
frères et ses sœurs.
3) Saint-Michel et
Quet-en-Beaumont, les deux villages où elle vient d'être en service l'année
1845. Elle eut à souffrir beaucoup et à lutter pour coucher seule, etc. Elle
nomme cette année la Bonne année ou année de Grâces.
4) Traduction
littérale des pages de l'autobiographie italienne de Messine (1897).
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L'APPARITION
DE LA TRÈS SAINTE VIERGE
SUR LA
MONTAGNE DE LA SALETTE AVEC
SON
MESSAGE TOUT ENTIER, SELON
LE
TÉMOIGNAGE DE MÉLANIE
Le 19 septembre
1846 à midi
Avec
permission de l'Ordinaire
LECCE
" Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon
peuple."
I
" Le 18
septembre [1846], veille de
la sainte Apparition de la Sainte Vierge, j'étais seule, comme à mon ordinaire,
à garder les quatre vaches de mes Maîtres. Vers les 11 heures du matin, je vis
venir auprès de moi un petit garçon, à cette vue, je m'effrayai, parce qu'il me
semblait que tout le monde devait savoir que je fuyais toutes sortes de compagnies.
Cet enfant s'approcha de moi et me dit : " Petite, je viens avec toi, je
suis aussi de Corps ". A ces paroles, mon mauvais naturel se fit bientôt
voir, et, faisant quelques pas en arrière, je lui dis : " Je ne veux
personne, je veux rester seule ". Puis, je m'éloignais, mais cet enfant me
suivait en me disant : " Va, laisse-moi avec toi, mon Maître m'a dit de
venir garder mes vaches avec les tiennes ; je suis de Corps ".
" Moi je
m'éloignai de lui, en lui faisant signe que je ne voulais personne ; et après
m'être éloignée, je m'assis sur le gazon. Là, je faisais ma conversation avec
les petites fleurs du Bon Dieu.
" Un moment
après, je regarde derrière moi, et je trouve Maximin assis tout près de moi. Il
me dit aussitôt : " Garde-moi, je serai bien sage ". Mais mon mauvais
naturel n'entendit pas raison. Je me relève avec précipitation, et je m'enfuis
un peu plus rien sans rien lui dire, et je me remis à jouer avec les fleurs du
Bon Dieu.
" Maximin ne
tarda pas à rompre le silence, il se mit à rire (je crois qu'il se moquait de
moi) ; je le regarde, et il me dit : "Amusons-nous, faisons un jeu ".
Je ne lui répondis rien, car j'étais si ignorante, que je ne comprenais rien au
jeu avec une autre personne, ayant toujours été seule. Je m'amusais seule avec
les fleurs, et Maximin s'approchant tout à fait de moi, ne faisait que rire en
me disant que les fleurs n'avaient pas d'oreilles pour m'entendre, et que nous
devions jouer ensemble. Mais je n'avais aucun inclination pour le jeu qu'il me
disait de faire. Cependant je me mis à lui parler, et il me dit que les dix
jours qu'il devait passer avec son Maître allaient bientôt finir, et qu'ensuite
il s'en irait à Corps chez son père, etc.
" Tandis
qu'il me parlait, la cloche de La Salette se fit entendre, c'était l'Angelus ;
je fis signe à Maximin d'élever son âme à Dieu. Il se découvrit la tête et
garda un moment le silence. Ensuite, je lui dit : " Veux-tu dîner ? - Oui,
me dit-il. Allons." Nous nous assîmes ; je sortis de mon sac les
provisions que m'avaient données mes Maîtres, et, selon mon habitude, avant
d'entamer mon petit pain rond, avec la pointe de mon couteau je fis une croix
sur mon pain, et au milieu un tout petit trou, en disant : " Si le diable
y est, qu'il en sorte, et si le Bon Dieu y est qu'il y reste ", et vite,
vite, je recouvris le petit trou. Maximin partit d'un grand éclat de rire et
donna un coup de pied à mon pain, qui s'échappa de mes mains, roula jusqu'au
bas de la montagne et se perdit.
" J'avais un
autre morceau de pain, nous le mangeâmes ensemble ; ensuite nous fîmes un jeu ;
puis comprenant que Maximin devait avoir besoin de manger, je lui indiquai un
endroit de la montagne couvert de petits fruits. Je l'engageai à aller en
manger, ce qu'il fit aussitôt ; il en mangea et en rapporta plein son chapeau.
Le soir nous descendîmes ensemble de la montagne, et nous nous promîmes de
revenir garder nos vaches ensemble.
" Le
lendemain, 19 septembre, je me retrouve en chemin avec Maximin ; nous
gravissons ensemble la montagne. Je trouvais que Maximin était très bon, très
simple, et que volontiers, il parlait de ce dont je voulais parler ; il était
aussi très souple, ne tenant pas à son sentiment ; il était seulement un peu
curieux, car quand je m'éloignais de lui, dès qu'il me voyait arrêtée, il accourait
vite pour voir ce que je faisais, et entendre ce que je disais avec les fleurs
du Bon Dieu ; et s'il n'arrivait pas à temps, il me demandait ce que j'avais
dit. Maximin me dit de lui apprendre un jeu. La matinée était déjà avancée : je
lui dis de ramasser des fleurs pour faire le " Paradis ".
" Nous nous
mîmes tous les deux à l'ouvrage ; nous eûmes bientôt une quantité de fleurs de
diverses couleurs. L'Angelus du village se fit entendre, car le ciel était
beau, il n'y avait pas de nuages. Après avoir dit au Bon Dieu ce que nous
savions, je dis à Maximin que nous devions conduire nos vaches sur un petit
plateau près du petit ravin, où il y aurait des pierres pour bâtir le "
Paradis ". Nous conduisîmes nos vaches au lieu désigné, et ensuite nous
prîmes notre petit repas ; puis nous nous mîmes à porter des pierres et à
construire notre petite maison, qui consistait en un rez-de-chaussée, qui
soi-disant était notre habitation, puis un étage au-dessus qui était selon nous
le " Paradis ".
" Cet étage
était tout garni de fleurs de différentes couleurs, avec des couronnes
suspendues par des tiges de fleurs. Ce "Paradis" était couvert par
une seule et large pierre que nous avions recouvertes de fleurs ; nous avions
aussi suspendu des couronnes tout autour. Le " Paradis " terminé,
nous le regardions ; le sommeil nous vint ; nous nous endormîmes sur le gazon.
" La Belle
Dame s'assied sur notre " Paradis " sans le faire crouler.
II
" M'étant
réveillée, et ne voyant pas nos vaches, j'appelai Maximin et je gravis le petit
monticule. De là, ayant vu que nos vaches étaient couchées tranquillement, je
redescendis et Maximin montait, quand tout à coup je vis une belle lumière,
plus brillante que le soleil, et à peine ai-je pu dire ces paroles : "
Maximin, vois-tu, là-bas ? Ah ! mon Dieu ! " En même temps je laisse
tomber le bâton que j'avais en main. Je ne sais ce qui se passait en moi de
délicieux dans ce moment, mais je me sentais attirer, je me sentais un grand
respect plein d'amour, et mon cœur aurait voulu courir plus vite que moi.
" Je
regardais bien fortement cette lumière qui était immobile, et comme si elle fût
ouverte, j'aperçus une autre lumière bien plus brillante et qui était en
mouvement, et dans cette lumière une très belle Dame assise sur notre "
Paradis ", ayant la tête dans ses mains. Cette belle Dame s'est levée,
elle a croisé médiocrement ses bras en nous regardant et nous a dit :
"Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis ici pour vous
annoncer une grande nouvelle."
Ces douces et
suaves paroles me firent voler jusqu'à elle, et mon cœur aurait voulu se coller
à elle pour toujours. Arrivée bien près de la belle Dame, devant elle, à sa
droite, elle commence le discours, et des larmes commencent aussi à couler de
ses beaux yeux :
" Si mon peuple ne veut pas se
soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon Fils. Elle est si
lourde et si pesante, que je ne puis plus la retenir.
"
Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne
vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. Et pour vous
autres, vous n'en faites pas cas. Vous aurez beau prier, beau faire, jamais
vous ne pourrez récompenser la peine que j'ai prise pour vous autres.
"
Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservée le septième, et
on ne veut pas me l'accorder. C'est ce qui appesantit tant le bras de mon Fils.
"
Ceux qui conduisent les charrettes ne savent pas parler sans y mettre le Nom de
mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon
Fils.
"
Si la récolte se gâte, ce n'est qu'à cause de vous autres.
"
Je vous l'ai fait voir l'année passée par les pommes de terre ; vous n'en avez
pas fait cas ; c'est au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous
juriez, et vous mettiez le Nom de mon Fils. Elles vont continuer à se gâter, à
la Noël il n'y en aura plus."
" Ici je
cherchais à interpréter la parole : pommes de terre ; je croyais
comprendre que cela signifiait pommes. La belle et bonne Dame devinant ma
pensée reprit ainsi :
La traduction en
français est celle-ci :
"
Si la récolte se gâte, ce n'est rien que pour vous autres ; je vous l'ai fait
voir l'année passée par les pommes de terre, et vous n'en avez pas fait cas ;
c'était au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, et vous
mettiez le nom de mon Fils. Elles vont continuer à se gâter, et, à la Noël, il
n'y en aura plus.
"
Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer.
"
Tout ce que vous sèmerez, les bêtes le mangeront ; et ce qui viendra, tombera
tout en poussière quand vous le battrez, les petits enfants au-dessous de sept
ans prendront un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les
tiendront ; les autres feront pénitence par la faim. Les noix deviendront
mauvaises ; les raisins pourriront."
" Ici, la
belle Dame qui me ravissait, resta un moment sans se faire entendre ; je voyais
cependant qu'elle continuait, comme si elle parlait, de remuer gracieusement
ses aimables lèvres. Maximin
recevait alors son secret. Puis, s'adressant à moi, la Très Sainte Vierge me
parla et me donna un secret en français. Ce secret, le voici tout entier, et
tel qu'elle me l'a donné :
III
" Mélanie,
ce que je vais vous dire maintenant ne sera pas
toujours secret ;
vous pourrez le
publier en 1858."
"
Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres, par leur mauvaise vie, par
leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les saints mystères, par l'amour
de l'argent, l'amour de l'honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des
cloaques d'impureté. Oui, les prêtres demandent vengeance, et la vengeance est
suspendue sur leur tête. Malheur aux prêtres et aux personnes consacrées à
Dieu, lesquelles, par leurs infidélités et leur mauvaise vie, crucifient de
nouveau mon Fils ! Les péchés des personnes consacrées à Dieu crient vers le
Ciel et appellent la vengeance, et voilà que la vengeance est à leurs portes,
car il ne se trouve plus personne pour implorer miséricorde et pardon pour le
peuple ; il n'y a plus d'âmes généreuses, il n'y a plus personne digne
d'offrir la Victime sans tache à l'Eternel en faveur du monde.
"
Dieu va frapper d'une manière sans exemple.
"
Malheur aux habitants de la terre : Dieu va épuiser sa colère, et personne ne
pourra se soustraire à tant de maux réunis.
" Les
chefs, les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la pénitence,
et le démon a obscurci leur intelligence ; ils sont devenus ces étoiles
errantes que le vieux diable traînera avec sa queue pour les faire périr. Dieu
permettra au vieux serpent de mettre des divisions parmi les régnants, dans
toutes les sociétés et dans toutes les familles ; on souffrira des peines
physiques et morales ; Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes et enverra des
châtiments qui se succéderont pendant plus de trente-cinq ans.
"
La société est à la veille des fléaux les plus terribles et des plus grands
événements ; on doit s'attendre à être gouverné par une verge de fer et à boire
le calice de la colère de Dieu.
"
Que le Vicaire de mon Fils, le Souverain Pontife Pie IX ne sorte plus de Rome
après l'année 1859 ; mais qu'il soit ferme et généreux, qu'il combatte avec les
armes de la foi et de l'amour ; je serai avec lui.
"
Qu'il se méfie de Napoléon ; son cœur est double, et quand il voudra être à la
fois Pape et empereur, bientôt Dieu se retirera de lui : il est cet aigle qui,
voulant toujours s'élever, tombera sur l'épée dont il voulait se servir pour
obliger les peuples à se faire élever.
"
L'Italie sera punie de son ambition en voulant secouer le joug du Seigneur des
Seigneurs ; aussi elle sera livrée à la guerre ; le sang coulera de tous côtés
: les églises seront fermées ou profanées ; les prêtres, les religieux seront
chassés ; on les fera mourir, et mourir d'une mort cruelle. Plusieurs
abandonneront la foi et le nombre des prêtres et des religieux qui se
sépareront de la vraie religion sera grand ; parmi ces personnes il se trouvera
même des évêques.
"
Que le Pape se tienne en garde contre les faiseurs de miracles, car le temps
est venu que les prodiges les plus étonnants auront lieu sur la terre et
dans les airs.
"
En l'année 1864, Lucifer avec un grand nombre de démons seront détachés de
l'enfer : ils aboliront la foi peu à peu et même dans les personnes
consacrées à Dieu ; ils les aveugleront d'une telle manière, qu'à moins d'une
grâce particulière, ces personnes prendront l'esprit de ces mauvais anges ;
plusieurs maisons religieuses perdront entièrement la foi et perdront beaucoup
d'âmes.
" Les
mauvais livres abonderont sur la terre, et les esprits de ténèbres répandront
partout un relâchement universel pour tout ce qui regarde le service de Dieu ;
ils auront un très grand pouvoir sur la nature ; il y aura
des églises pour servir ces esprits. Des personnes seront transportées
d'un lieu à un autre par ces esprits mauvais, et même des prêtres,
parce qu'ils ne se seront pas conduits par le bon esprit de l'Evangile, qui est
un esprit d'humilité, de charité et de zèle pour la gloire de Dieu. On fera
ressusciter des morts et des justes [par le pouvoir illusoire des esprits
mauvais ou par des invocations spirites - cela va de soi].
"
Il y aura en tous lieux des prodiges extraordinaires, parce que la vraie foi
s'est éteinte et que la fausse lumière éclaire le monde. Malheur aux Princes de
l'Eglise qui ne seront occupés qu'à entasser richesses sur richesses, qu'à
sauvegarder leur autorité et à dominer avec orgueil !
"
Le Vicaire de mon Fils aura beaucoup à souffrir, parce que pour un temps
l'Eglise sera livrée à de grandes persécutions : ce sera le temps des ténèbres
; l'Eglise aura une crise affreuse.
" La
sainte foi de Dieu étant oubliée, chaque individu voudra se guider par lui-même
et être supérieur à ses semblables. On abolira les pouvoirs civils et
ecclésiastiques, tout ordre et toute justice seront foulés aux pieds ; on ne
verra qu'homicides, haine, jalousie, mensonge et discorde, sans amour pour la
patrie ni pour la famille.
"
Le Saint-Père souffrira beaucoup. Je serai avec lui jusqu'à la fin pour
recevoir son sacrifice.
"
Les méchants attenteront plusieurs fois à sa vie sans pouvoir nuire à ses jours
; mais ni lui ni son successeur... ne verront le triomphe de l'Eglise de Dieu.
" Les
gouvernants civils auront tous un même dessein qui sera d'abolir et de faire
disparaître tout principe religieux, pour faire place au matérialisme, à
l'athéisme, au spiritisme et à toutes sortes de vices.
"
Dans l'année 1865, on verra l'abomination dans les lieux saints ; dans les
couvents, les fleurs de l'Eglise seront putréfiées et le démon se rendra comme
le roi des cœurs. Que ceux qui sont à la tête des communautés religieuses se
tiennent en garde pour les personnes qu'ils doivent recevoir, parce que le
démon usera de toute sa malice pour introduire dans les ordres religieux des
personnes adonnées au péché, car les désordres et l'amour des plaisirs
charnels seront répandus par toute la terre.
"
La France, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre seront en guerre ; le sang
coulera dans les rues ; le Français se battra avec le Français, l'Italien avec
l'Italien ; ensuite il y aura une guerre générale qui sera épouvantable. Pour
un temps, Dieu ne se souviendra plus de la France ni de l'Italie, parce que
l'Evangile de Jésus-Christ n'est plus connu. Les méchants déploieront toute
leur malice ; on se tuera, on se massacrera mutuellement jusque dans les
maisons.
"
Au premier coup de son épée foudroyante, les montagnes et la nature entière
trembleront d'épouvante, parce que les désordres et les crimes des hommes
percent la voûte des cieux. Paris sera brûlé et Marseille englouti ; plusieurs
grandes villes seront ébranlées et englouties par des tremblements de terre ;
on croira que tout est perdu ; on ne verra qu'homicides, on n'entendra que
bruits d'armes et que blasphèmes. Les justes souffriront beaucoup ; leurs
prières, leur pénitence et leurs larmes monteront jusqu'au Ciel, et tout le
peuple de Dieu demandera pardon et miséricorde, et demandera mon aide et mon
intercession. Alors Jésus-Christ, par un acte de sa justice et de sa grande
miséricorde pour les justes, commandera à ses anges que tous ses ennemis soient
mis à mort. Tout à coup les persécuteurs de l'Eglise de Jésus-Christ et tous
les hommes adonnés au péché périront, et la terre deviendra comme un désert (1). Alors
se fera la paix, la réconciliation de Dieu avec les hommes ; Jésus-Christ
sera servi, adoré et glorifié ; la charité fleurira partout. Les nouveaux rois
seront le bras droit de la Sainte Eglise, qui sera forte, humble, pieuse,
pauvre, zélée et imitatrice des vertus de Jésus-Christ. L'Evangile sera prêché
partout, et les hommes feront de grands progrès dans la foi, parce qu'il y aura
unité parmi les ouvriers de Jésus-Christ et que les hommes vivront dans la
crainte de Dieu.
" Cette
paix parmi les hommes ne sera pas longue : vingt-cinq ans d'abondantes récoltes
leur feront oublier que les péchés des hommes sont cause de toutes les
peines qui arrivent sur la terre.
"
Un avant-coureur de l'Antéchrist, avec ses troupes de plusieurs nations,
combattra contre le vrai Christ, le seul Sauveur du monde ; il répandra beaucoup
de sang et voudra anéantir le culte de Dieu pour se faire regarder comme un
Dieu.
"
La terre sera frappée de toutes sortes de plaies ; il y aura des guerres
jusqu'à la dernière guerre, qui sera alors faite par les dix rois de l'Antéchrist (2), lesquels rois auront tous un même dessein et seront les seuls qui
gouverneront le monde. Avant que ceci arrive, il y aura une espèce de fausse
paix dans le monde ; on ne pensera qu'à se divertir ; les méchants se livreront
à toutes sortes de péchés ; mais les enfants de la Sainte Eglise, les enfants
de la foi, mes vrais imitateurs, croîtront dans l'amour de Dieu et dans les
vertus qui me sont les plus chères. Heureuses les âmes humbles conduites par
l'Esprit-Saint ! Je combattrai avec elles jusqu'à ce qu'elles arrivent à
la plénitude de l'âge.
"
La nature demande vengeance pour les hommes, et elle frémit d'épouvante dans
l'attente de ce qui doit arriver à la terre souillée de crimes.
"
Tremblez, terre, et vous qui faites profession de servir Jésus-Christ et qui au-dedans
vous adorez vous-mêmes, tremblez ; car Dieu va vous livrer à son ennemi, parce
que les lieux saints sont dans la corruption ; beaucoup de couvents ne sont
plus les maisons de Dieu, mais les pâturages d'Asmodée et des siens.
"
Ce sera pendant ce temps que naîtra l'Antéchrist, d'une religieuse hébraïque,
d'une fausse vierge qui aura communication avec le vieux serpent, le maître de
l'impureté ; son père sera Ev. ; en naissant, il vomira des blasphèmes, il aura
des dents ; en un mot, ce sera le diable incarné ; il poussera des cris
effrayants, il fera des prodiges, il ne se nourrira que d'impureté. Il aura des
frères qui, quoiqu'il ne soient pas comme lui des démons incarnés, seront des
enfants de mal ; à douze ans, ils se feront remarquer par leurs vaillantes
victoires, chacun à la tête des armées, assistés par des légions de l'enfer.
" Les
saisons seront changées, la terre ne produira que de mauvais fruits, les astres
perdront leurs mouvements réguliers, la lune ne reflétera qu'une faible lumière
rougeâtre ; l'eau et le feu donneront au globe de la terre des mouvements
convulsifs et d'horribles tremblements de terre, qui feront engloutir des
montagnes, des villes, etc.
" Rome perdra la foi et deviendra le siège de
l'Antéchrist (3).
"
Les démons de l'air avec l'Antéchrist feront de grands prodiges sur la terre et
dans les airs, et les hommes se pervertiront de plus en plus. Dieu aura soin de ses fidèles
serviteurs et des hommes de bonne volonté ; l'Evangile sera prêché partout,
tous les peuples et toutes les nations auront connaissance de la vérité.
" J'adresse
un pressant appel à la terre : j'appelle les vrais disciples du
Dieu vivant et régnant dans les cieux ; j'appelle les vrais imitateurs
du Christ fait homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j'appelle mes
enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les
conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras,
ceux qui ont vécu de mon esprit ; enfin j'appelle les Apôtres des derniers temps,
les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et
d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l'humilité, dans le mépris et dans le
silence, dans l'oraison et dans la mortification, dans la chasteté et dans
l'union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps
qu'ils sortent et viennent éclairer la terre. Allez, et montrez-vous comme
mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit la
lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. Que votre zèle vous rende
comme des affamés pour la gloire et l'honneur de Jésus-Christ. Combattez, enfants de lumière, vous, petit
nombre qui y voyez ; car voici le temps des temps, la fin des fins.
" L'Eglise sera
éclipsée, le
monde sera dans la consternation. Mais voilà Enoch et Elie remplis de l'Esprit
de Dieu ; ils prêcheront avec la force de Dieu, et les hommes de bonne volonté
croiront en Dieu, et beaucoup d'âmes seront consolées ; ils feront de grands
progrès par la vertu du Saint-Esprit et condamneront les erreurs diaboliques de
l'Antéchrist.
"
Malheur aux habitants de la terre ! Il y aura des guerres sanglantes et des
famines ; des pestes et des maladies contagieuses ; il y aura des pluies d'une
grêle effroyable d'animaux ; des tonnerres qui ébranleront des villes ; des
tremblements de terre qui engloutiront des pays ; on entendra des voix dans les
airs ; les hommes se battront la tête contre les murailles ; ils appelleront la
mort, et, d'un autre côté, la mort fera leur supplice ; le sang coulera de tous
côtés. Qui pourra vaincre, si Dieu ne diminue le temps de l'épreuve ? Par le
sang, les larmes et les prières des justes, Dieu se laissera fléchir ;
Enoch et Elie seront mis à mort ; Rome païenne disparaîtra ; le feu du ciel
tombera et consumera trois villes ; tout l'univers sera frappé de terreur, et
beaucoup se laisseront séduire parce qu'ils n'ont pas adoré le
vrai Christ vivant parmi eux [4]. Il est temps ; le soleil
s'obscurcit ; la foi seule vivra.
"
Voici le temps ; l'abîme s'ouvre. Voici le roi des rois des ténèbres.
Voici la Bête avec ses sujets, se disant le Sauveur du monde. Il s'élèvera avec
orgueil dans les airs pour aller jusqu'au ciel ; il sera étouffé par le souffle
de saint Michel Archange. Il tombera, et la terre qui, depuis
trois jours, sera en de continuelles évolutions, ouvrira son sein plein de feu
; il sera plongé pour jamais avec tous les siens dans les gouffres éternels de
l'enfer. Alors
l'eau et le feu purifieront la terre et consumeront les œuvres de l'orgueil des
hommes, et tout sera renouvelé : Dieu sera servi et glorifié (5)."
1)
Cf. Isaïe, 6, 11 ; 13 : 9 ; 24 : 5-6 ; 26 : 10 ; 6 : 12 ; II Pierre,
3 : 7 ; Apocalypse, 20 : 5-6 ; St Irénée de Lyon, le " fondateur de
la théologie catholique ", Contre les hérésies (ou La fausse
gnose démasquée et réfutée), V, 35, 1 ; 34 : 2 ; Apocalypse, 9 :
13-15 : " Le sixième ange sonna de la trompette et
j'entendis une voix qui venait des quatre coins de l'autel d'or placé devant
Dieu. Elle disait au sixième ange, - celui qui tenait la trompette - : "
Délie les quatre anges qui sont enchaînés sur le grand fleuve de l'Euphrate ".
Et on délia les quatre anges qui se tenaient prêts pour l'heure, le jour, le
mois et l'année, afin de faire périr le tiers des hommes."
2)
St Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 26, 1 ; Apocalypse, 17
: 12.
3) Cf. II Thessaloniciens, 2 : 3-4.
Cardinal
John Henri Newman (1801-1891), Développement de la doctrine chrétienne, preuves de la
vérité de la foi catholique, ouv. cité plus haut, page 85 :
"
La grandeur du mal est l'indice de la fin prochaine. Le fidèle s'écrie :
Combien le temps est long ! comme si les épreuves abattaient sa raison aussi
bien que sa patience. Trois ans et demi compléteront le règne de l'Antéchrist [cf.
Apocalypse, 11 : 1-13].
"
Le monde est toujours corrompu. On n'a aucune objection à faire à cette
assertion, et cependant, en dépit de cela, le mal ne dépasse pas les mesures et
ne déborde pas ; car il s'élève du combat extérieur du vice et de la vertu qui
le maintiennent ; mais que l'Église disparaisse, et le monde finira."
4)
Mais adoré Maitreya, le nouveau et faux Messie et faux Prophète des
derniers temps (cf. Apocalypse, XIX,
20).
5) Cahiers
Parousie, I, Éléments pour Cercles d'Études Bibliques, abbé Tissier, Éditions
Saint-Michel, Saint-Cénéré (Mayenne), 1967, pages 232-233 :
"
[...] Avant de terminer, signalons qu'en 1911 paraissait à Rome un ouvrage
intitulé INTERPRÉTATION LITTÉRALE DE L'APOCALYPSE ET SA CORRESPONDANCE AVEC
TOUS LES AUTRES LIVRES DE L'ÉCRITURE, par le docteur en théologie Ezaguire.
"
L'auteur y démontre que l'espérance du Règne de Notre-Seigneur sur un monde
régénéré par le fait de son intervention personnelle et visible, c'est-à-dire
son apparition, FAIT PARTIE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE.
"
Cet ouvrage est pourvu de deux " imprimatur " : l'un du R. P. Lepidi,
O. P., secrétaire de la Congrégation de l'Index ; l'autre, de S. E. Mgr
Cepeletti, patriarche de Constantinople.
"
L'auteur y déclare être venu à Rome non seulement pour y contrôler ses conclusions
avec l'enseignement du Magistère infaillible, mais encore pour s'enquérir
auprès de celui-ci de l'opportunité d'une telle publication. Or, c'est le pape
Pie X, lui-même, qui a donné le certificat d'opportunité."
Id.,
pages 116 et 117 :
"
[...] Or, dès qu'il fit jour, les anciens du peuple, les princes des prêtres et
les scribes se réunirent et amenèrent Jésus dans leur assemblée. Ils dirent :
" Si tu es le Christ, dis-le nous ". Il leur répondit : " Si je
vous le dis, vous ne le croirez pas et ne me laisserez pas aller, mais
désormais, le Fils de l'Homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu
". Alors ils dirent : " Tu es donc le Fils de Dieu ? " Il
leur répondit : " Vous le dites, je le suis " (Luc, 22 : 66-71 ;
cf. Daniel, 7 : 13-14).
" Enfin, vers le milieu de la matinée,
" Pilate, étant rentré dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : "
Es-tu le roi des Juifs ? " Jésus répondit : " Dis-tu cela de toi-même
ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? " Pilate répondit : " Est-ce
que je suis juif, moi ? Ta nation et le chef des prêtres t'ont livré à moi.
Qu'as-tu fait ? " Jésus répondit : " Mon Royaume n'est pas de ce
monde ; si mon Royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour
que je ne sois pas livré aux Juifs, mais MAINTENANT [trad. du grec, nun, du latin, nunc], MON ROYAUME N'EST PAS D'ICI BAS ".
Pilate lui dit : " Tu es donc roi ? " Jésus répondit : " Tu le
dis, je suis Roi. Moi, je suis né et je suis venu dans le monde à seule fin de
rendre témoignage à la vérité " (Jean, 18 : 33-37).
"
[...] Il est indiscutable que l'accusation de lèse-majesté, portée par les
Juifs devant Pilate, a pour fondement la citation de Daniel [7 : 13-14, 27]
faite par Jésus en réponse à la solennelle question du grand-prêtre et aux deux
séances du Sanhédrin. Or la vision de Daniel a trait à la royauté future du
Messie.
"
[...] Jésus ne rectifie donc pas la pensée du " Royaume " en la
replaçant sur le plan prétendu spirituel (et les paroles : " Je suis dans
le monde pour rendre témoignage à la vérité " n'infirment pas le moins du
monde cette remarque), il la rectifie en mettant dans la pensée de Pilate la
même perspective qu'il avait mise jadis dans celle de ses disciples (cf. Luc,
17 : 20-27). Son Royaume est bien temporel, il doit bien s'établir sur la
nation juive (cf. Luc, 1 : 32), mais PAS MAINTENANT, PLUS TARD, " quand le
temps des nations serait accompli " (Luc, 21 : 24, 34-36), ainsi qu'il le
rappelait aux siens trois jours auparavant. [...] ".
IV
" Ensuite la Sainte Vierge me donna, aussi en Français,
la Règle d'un nouvel Ordre religieux.
" Après
m'avoir donné la Règle de ce nouvel Ordre religieux, la Sainte Vierge reprit
ainsi la suite du Discours :
"
S'ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en blé, et les
pommes de terre se trouveront ensemencées par les terres.
"
Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? "
" Nous
répondîmes tous les deux :
" Oh ! non,
Madame, pas beaucoup."
"
Ah ! mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin. Quand vous ne pourrez
pas mieux faire, dites un Pater et un Ave Maria ; et quand vous aurez le temps
et que vous pourrez mieux faire, vous en direz davantage.
"
Il ne va que quelques femmes un peu âgées à la Messe ; les autres travaillent
tout l'été le dimanche ; et l'hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont
à la Messe que pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la
boucherie comme des chiens.
"
N'avez-vous pas vu du blé gâté, mes enfants ? "
" Tous les
deux nous avons répondu :
" Oh ! non,
Madame."
" La Sainte Vierge
s'adressant à Maximin :
"
Mais toi, mon enfant, tu dois bien en avoir vu une fois vers le Coin, avec ton
père. L'homme de la pièce dit à ton père : "Venez voir comme mon blé se
gâte". Vous y allâtes. Ton père prit deux ou trois épis dans sa main, il les
frotta, et ils tombèrent en poussière. Puis, en vous en retournant, quand vous
n'étiez plus qu'à demi-heure de Corps, ton père te donna un morceau de pain en
disant : " Tiens, mon enfant, mange cette année, car je ne sais pas qui
mangera l'année prochaine, si le blé se gâte comme cela ".
" Maximin
répondit : " C'est bien vrai, Madame, je ne me le rappelais pas."
" La Très
Sainte Vierge a terminé son discours en français :
" Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon
peuple."
" La très belle
Dame traversa le ruisseau ; et, à deux pas du ruisseau, sans se retourner vers
nous qui la suivions (parce qu'elle attirait à elle par son éclat et plus
encore par sa bonté qui m'enivrait, qui semblait me faire fondre le cœur), elle
nous dit encore :
" Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon
peuple."
" Puis elle a
continué de marcher jusqu'à l'endroit où j'étais montée pour regarder où
étaient nos vaches. Ses pieds ne touchaient que le bout de l'herbe sans la
faire plier. Arrivée sur la petite hauteur, la belle Dame s'arrêta, et vite je
me plaçai devant elle pour bien, bien la regarder et tâcher de savoir quel
chemin elle inclinait le plus à prendre ; car c'était fait de moi, j'avais
oublié et mes vaches et les maîtres chez lesquels j'étais en service ; je
m'étais attachée pour toujours et sans condition à Ma Dame ; oui, je
voulais ne plus jamais, jamais la quitter ; je la suivais sans arrière-pensée,
et dans la disposition de la servir tant que je vivrai.
" Avec Ma
Dame je croyais avoir oublié le paradis ; je n'avais plus que la pensée de bien
la servir en tout ; et je croyais que j'aurais pu faire tout ce qu'Elle
m'aurait dit de faire, car il me semblait qu'Elle avait beaucoup de pouvoir.
Elle me regardait avec une tendre bonté qui m'attirait à elle ; j'aurais voulu,
avec les yeux fermés, m'élancer dans ses bras. Elle ne m'a pas donné le temps
de le faire. Elle s'est élevée insensiblement de terre à une hauteur d'environ
un mètre et plus ; et restant ainsi suspendue en l'air un tout petit instant,
Ma belle Dame regarda le ciel, puis la terre à sa droite et à sa gauche, puis
Elle me regarda avec des yeux si doux, si aimables et si bons, que je croyais
qu'Elle m'attirait dans son intérieur, et il me semblait que mon cœur s'ouvrait
au sien.
" Et, tandis
que mon cœur se fondait en une douce dilatation, la belle figure de Ma bonne
Dame disparaissait peu à peu : il me semblait que la lumière en mouvement se
multipliait ou bien se condensait autour de la Très Sainte Vierge, pour
m'empêcher de la voir plus longtemps. Ainsi la lumière prenait la place des
parties du corps qui disparaissait à mes yeux ; ou bien il semblait que le
corps de Ma Dame se changeait en lumière en se fondant. Ainsi la lumière en
forme de globe s'élevait doucement en direction droite.
" Je ne puis
pas dire si le volume de lumière diminuait à mesure qu'elle s'élevait, ou bien
si c'était l'éloignement qui faisait que je voyais diminuer la lumière à mesure
qu'elle s'élevait ; ce que je sais, c'est que je suis restée la tête levée et
les yeux fixés sur la lumière, même après que cette lumière, qui allait
toujours en s'éloignant et diminuant de volume, eut fini par disparaître.
" Mes yeux se
détachent du firmament, je regarde autour de moi, je vois Maximin qui me
regardait, je lui dis : " Mémin, cela doit être le bon Dieu de mon Père,
ou la Sainte Vierge, ou quelque grande sainte." Et Maximin lançant la main
en l'air, il dit : " Ah ! si je l'avais su ! "
V
" Le soir du
19 septembre, nous nous retirâmes un peu plus tôt qu'à l'ordinaire. Arrivée
chez mes maîtres, je m'occupais à attacher mes vaches et à mettre tout en ordre
dans l'écurie. Je n'avais pas terminé que ma maîtresse vint à moi en pleurant
et me dit : " Pourquoi, mon enfant, ne venez-vous me dire ce qui vous est
arrivé sur la montagne ? Maximin, n'ayant pas trouvé ses maîtres qui ne
s'étaient pas encore retirés de leurs travaux, était venu chez les miens et
avait raconté tout ce qu'il avait vu et entendu ". Je lui répondis :
" Je voulais bien vous le dire, mais je voulais finir mon ouvrage
auparavant ". Un moment après, je me rendis dans la maison, et ma
maîtresse me dit : " Racontez ce que vous avez vu ; le berger de Bruite
(c'était le surnom de Pierre Selme, maître de Maximin) m'a tout raconté ".
" Je
commence, et, vers la moitié du récit, mes maîtres arrivèrent de leurs champs.
Ma maîtresse, qui pleurait en entendant les plaintes et les menaces de notre
tendre Mère, dit : " Ah ! vous vouliez ramasser le blé demain (dimanche) ;
gardez-vous en bien, venez entendre ce qui est arrivé aujourd'hui à cette
enfant et au berger de Pierre Selme ". Et, se tournant vers moi, elle dit
: " Recommencez tout ce que vous avez dit ". Je recommence et, quand
j'eus terminé, mon maître dit : "C'est la Sainte Vierge ou bien une grande
sainte, qui est venue de la part du Bon Dieu, mais c'est comme si le Bon Dieu
était venu lui-même ; il faut faire ce que cette Sainte a dit. Comment
allez-vous faire pour dire tout cela à tout son peuple?" Je lui répondis :
" Vous me direz comment je dois faire et je le ferai ". Ensuite il
ajouta en regardant sa mère, sa femme et son frère : " Il faut y penser
". Puis chacun se retira à ses affaires.
" C'était
après le souper. Maximin et ses maîtres vinrent chez les miens pour raconter ce
que Maximin leur avait dit et pour savoir ce qu'il y avait à faire. " Car,
dirent-ils, il nous semble que c'est la Sainte Vierge qui a été envoyée par le
Bon Dieu ; les paroles qu'Elle a dites le font croire. Et elle leur a dit de
les faire passer à tout son peuple ; il faudra peut-être que ces enfants
parcourent le monde entier pour faire connaître qu'il faut que tout le monde
observe les commandements du Bon Dieu, sinon de grands malheurs vont arriver
sur nous."
" Après un
moment de silence, mon maître dit, en s'adressant à Maximin et à moi : "
Savez-vous ce que vous devez faire, mes enfants ? Demain, levez-vous de bon
matin, allez tous deux à M. le Curé et racontez-lui tout ce que vous avez vu et
entendu ; dites-lui bien comment la choses s'est passée : il vous dira ce que vous
avez à faire."
" Le 20
septembre, lendemain de l'Apparition, je partis de bonne heure avec Maximin.
Arrivés à la cure, je frappe à la porte. La domestique de M. le Curé vint
ouvrir et demanda ce que nous voulions. Je lui dis (en français, moi qui ne l'avais jamais parlé) : " Nous voudrions parler à M. le Curé ".
" Et que voulez-vous lui dire ", nous demanda-t-elle. " Nous
voulons lui dire, Mademoiselle, qu'hier nous sommes allés garder nos vaches sur
la montagne des Baisses, et après avoir dîné, etc., etc. Nous lui racontâmes
une bonne partie du discours de la Très Sainte Vierge. Alors la cloche de
l'église sonna : c'était le dernier coup de la Messe. M. l'abbé Perrin, curé de
La Salette, qui nous avait entendus, ouvrit sa porte avec fracas ; il pleurait
; il se frappait la poitrine ; il nous dit : " Mes enfants, nous sommes
perdus, Dieu va nous punir. Ah! Mon Dieu, c'est la Sainte Messe. Nous nous
regardâmes avec Maximin et la domestique ; puis Maximin me dit : " Moi, je
m'en vais chez mon père à Corps ". Et nous nous séparâmes.
" N'ayant pas
reçu d'ordre de mes maîtres de me retirer aussitôt après avoir parlé à M. le
Curé, je crus ne pas faire mal en assistant à la Messe. Je fus donc à l'église.
La Messe commence et après le premier Evangile, M. le Curé se tourne vers le
peuple et essaie de raconter à ses paroissiens l'Apparition qui venait d'avoir
lieu, la veille, sur une de leurs montagnes, et les exhorte à ne plus
travailler le dimanche ; sa voix était très entrecoupée par des sanglots, et
tout le peuple était très, très ému. Après la Sainte Messe, je me retirai chez
mes maîtres. M. Peytard, qui est encore aujourd'hui (le 21 novembre 1878, date
de la rédaction du présent écrit) maire de La Salette y vint m'interroger sur
le fait de l'Apparition, et, après s'être assuré de la vérité de ce que je lui
disais, il se retira convaincu.
" Je
continuait de rester au service de mes maîtres jusqu'à la fête de la Toussaint.
Ensuite je fus mise comme pensionnaire chez les religieuses de la Providence,
dans mon pays à Corps.
VI
" La Très
Sainte Vierge était grande et bien proportionnée. Elle paraissait être si
légère qu'avec un souffle on l'aurait fait remuer, cependant elle était
immobile et bien posée. Sa physionomie était majestueuse, imposante, mais non
imposante comme le sont les Seigneurs d'ici-bas. Elle imposait une crainte
respectueuse. En même temps que Sa Majesté imposait du respect mêlé d'amour,
elle attirait à elle. Son regard était doux et pénétrant ; ses yeux semblaient
parler avec les miens, mais la conversation venait d'un profond et vif
sentiment d'amour envers cette beauté ravissante qui me liquéfiait. La douceur
de son regard, son air de bonté incompréhensible faisaient comprendre et sentir
qu'elle attirait à elle et qu'elle voulait se donner ; c'était une expression
d'amour qui ne peut s'exprimer avec la langue de chair ni avec les lettres de
l'alphabet.
" Le vêtement
de la Très Sainte Vierge était blanc argenté et tout brillant. Il n'avait rien
de matériel : il était composé de lumière et de gloire, variant et scintillant
; sur la terre il n'y a pas d'expression ni de comparaison à donner.
" La Sainte
Vierge était toute belle et toute formée d'amour ; en la regardant je
languissais de me fondre en elle. Dans ses atours comme dans sa personne tout
respirait la majesté, la splendeur, la magnificence d'une Reine incomparable.
Elle paraissait blanche, immaculée, cristallisée, éblouissante, céleste,
fraîche, neuve, comme une Vierge ; il semblait que la parole AMOUR s'échappait
de ses lèvres argentées et toutes pures. Elle me paraissait comme une bonne
Mère, pleine de bonté, d'amabilité, d'amour pour nous, de compassion, de
miséricorde.
" La couronne
de roses qu'elle avait mise sur sa tête était si belle, si brillante qu'on ne
peut pas s'en faire une idée ; les roses de diverses couleurs n'étaient pas de
la terre ; c'était une réunion de fleurs qui entouraient la tête de la Très
Sainte Vierge en forme de couronne ; mais les roses se changeaient et se
remplaçaient, puis, du cœur de chaque rose il sortait une si belle lumière
qu'elle ravissait et rendait les roses d'une beauté éclatante. De la couronne
de roses s'élevaient comme des branches d'or et une quantité d'autres petites
fleurs mêlées avec des brillants. Le tout formait un très beau diadème, qui
brillait tout seul plus que notre soleil de la terre.
" La Sainte
Vierge avait une très jolie croix suspendue à son cou. Cette croix paraissait
être dorée, je dis dorée pour ne pas dire une plaque d'or ; car j'ai vu
quelques fois des objets dorés avec diverses nuances d'or, ce qui faisait à mes
yeux un bien plus bel effet qu'une simple plaque d'or. Sur cette belle croix
toute brillante de lumière était un Christ, c'était Notre Seigneur, les bras
étendus sur la croix. Presque aux deux extrémités de la croix, d'un côté il y
avait un marteau, de l'autre une tenaille. Le Christ était couleur de chair
naturelle, mais il brillait d'un grand éclat ; et la lumière qui sortait de
tout son corps paraissait comme des dards très brillants qui me fendaient le
cœur du désir de me fondre en lui. Quelquefois, le Christ paraissait être mort
; il avait la tête penchée et le corps était comme affaissé, comme pour tomber,
s'il n'avait été retenu par les clous qui le retenaient à la croix.
" J'en avais une vive compassion, et j'aurais
voulu dire au monde entier son amour inconnu et infiltrer dans les âmes des
mortels l'amour le plus senti et la reconnaissance la plus vive envers un Dieu
qui n'avait nullement besoin de nous pour être tout ce qu'il est, ce qu'il
était et ce qu'il sera toujours ; et pourtant, ô amour incompréhensible à
l'homme, il s'est fait homme et il a voulu mourir, oui, mourir, pour mieux
écrire dans nos âmes et dans notre mémoire l'amour qu'il a pour nous ! Oh ! que je suis malheureuse de me trouver si pauvre
en expressions pour redire l'amour de notre bon Sauveur pour nous ; mais, d'un
autre côté, que nous sommes heureux de pouvoir sentir mieux ce que nous ne
pouvons exprimer !
" D'autres
fois, le Christ semblait vivant ; il avait la tête droite, les yeux ouverts, et
paraissait être sur la croix par sa propre volonté. Quelquefois aussi, il
paraissait parler : il semblait montrer qu'il était en croix pour nous, par
amour pour nous, pour nous attirer à son amour, qu'il a toujours un amour
nouveau pour nous, que son amour du commencement et de l'année 33 est toujours
celui d'aujourd'hui et qu'il sera toujours.
"La Sainte
Vierge pleurait presque tout le temps qu'elle me parla. Ses larmes coulaient
une à une, lentement jusqu'à ses genoux, puis, comme des étincelles de lumière,
elles disparaissaient. Elles étaient brillantes et pleines d'amour. J'aurais
voulu la consoler et qu'elle ne pleurât plus ; mais il me semblait qu'elle
avait besoin de montrer ses larmes pour mieux montrer son amour oublié des
hommes. J'aurais voulu me jeter dans ses bras et lui dire : " Ma bonne
Mère, ne pleurez pas ! Je veux vous aimer pour tous les hommes de la
terre." Mais il me semblait qu'elle me disait : " Il y en a tant qui
ne me connaissent pas !"
" J'étais entre
la mort et la vie en voyant, d'un côté, tant d'amour, tant de désir d'être
aimée, et d'un autre côté, tant de froideur et d'indifférence... Oh ! ma Mère,
Mère toute belle et tout aimable, mon amour, cœur de mon cœur !
" Les larmes
de notre tendre Mère, loin d'amoindrir son air de Majesté, de Reine et de
Maîtresse, semblaient au contraire l'embellir, la rendre plus belle, plus
puissante, plus remplie d'amour, plus maternelle, plus ravissante, et j'aurais
mangé [sic] ses larmes
qui faisaient sauteur mon cœur de compassion et d'amour. Voir pleurer une mère,
et une telle Mère ! sans prendre tous les moyens imaginables pour la consoler,
pour changer ses douleurs en joie, cela se comprend-il ? O Mère plus que bonne,
vous avez été formée de toutes les prérogatives dont Dieu est capable ; vous
avez comme épuisé la puissance de Dieu ; vous être bonne et puis bonne
de la bonté de Dieu même. Dieu s'est agrandi en vous formant son chef
d'œuvre terrestre et céleste.
" La Très
Sainte Vierge Marie avait un tablier jaune. Que dis-je, jaune ? Elle avait un
tablier plus brillant que plusieurs soleils ensemble. Ce n'était pas une étoffe
matérielle, c'était un composé de gloire, et cette gloire était scintillante et
d'une beauté ravissante. Tout
en la Sainte Vierge me portait fortement et me faisait comme glisser à adorer
et à aimer mon Jésus dans tous les états de sa vie mortelle.
" La Très
Sainte Vierge avait deux chaînes, l'une un peu plus large que l'autre. A la
plus étroite était suspendue la croix dont j'ai fait mention plus haut. Ces
chaînes (puisqu'il faut leur donner le nom de chaînes) étaient comme des rayons
de gloire d'un grand éclat, variant et scintillant. Les souliers (puisque
souliers il faut dire) étaient blancs, mais d'un blanc argenté, brillant ; il y
avait des roses autour. Ces roses étaient d'une beauté éblouissante, et du cœur
de chaque rose sortait une flamme de lumière très belle et très agréable à
voir. Sur les souliers il y avait une boucle en or, non en or de la terre, mais bien de l'or du paradis.
" La vue de la Très Sainte Vierge était
elle-même un paradis accompli. Elle
avait en elle tout ce qui pouvait satisfaire, car la terre était oubliée.
" La Sainte
Vierge était entourée de deux lumières. La première lumière, plus près de
la Sainte Vierge, arrivait jusqu'à nous ; elle brillait d'un éclat très beau et
très scintillant.
" La seconde
lumière s'étendait un peu plus autour de la Belle Dame et nous nous trouvions
dans celle-là ; elle était immobile (c'est-à-dire qu'elle ne scintillait pas)
mais plus brillante que notre pauvre soleil de la terre. Toutes ces lumières ne
faisaient pas mal aux yeux et ne fatiguaient nullement la vue.
" Outre
toutes ces lumières, toute cette splendeur, il sortait encore des groupes ou
faisceaux ou des rayons de lumière, du corps de la Sainte Vierge, de ses habits
et de partout.
" La voix de
la Belle Dame était douce ; elle enchantait, ravissait, faisait du bien au cœur
; elle rassasiait, aplanissait tous les obstacles, elle calmait, adoucissait.
Il me semblait que j'aurais toujours voulu manger [sic] de sa belle voix, et mon cœur semblait danser ou
vouloir aller à sa rencontre pour se liquéfier en elle.
" Les yeux de
la Très Sainte Vierge, notre Tendre Mère, ne peuvent pas se décrire par une
langue humaine. Pour en parler, il faudrait un séraphin ; il faudrait plus, il
faudrait le langage de Dieu même, de ce Dieu qui a formé la Vierge immaculée,
chef-d'œuvre de toute sa puissance.
" Les yeux de
l'auguste Marie paraissaient mille et mille fois plus beaux que les brillants,
les diamants, les pierres précieuses les plus recherchées ; ils brillaient
comme deux soleils ; ils étaient doux, de la douceur même, clairs comme un
miroir. Dans ses yeux on
voyait le paradis. Ils attiraient à
Elle. Il semblait qu'Elle voulait se donner et attirer.
" Plus je la
regardais, plus je la voulais voir ; plus je la voyais, plus je l'aimais, et je
l'aimais de toutes mes forces.
" Les yeux de la belle Immaculée étaient comme
la porte de Dieu, d'où l'on voyait tout ce qui peut enivrer l'âme. Quand mes yeux se rencontraient avec ceux de la Mère
de Dieu et la mienne, j'éprouvais au-dedans de moi-même une heureuse révolution
d'amour et de protestation de l'aimer et de me fondre d'amour.
" En nous regardant, nos yeux se parlaient à
leur mode, et je l'aimais tant que j'aurais voulu l'embrasser dans le milieu de
ses yeux qui attendrissaient mon âme et semblaient l'attirer et la faire fondre
avec la sienne. Ses yeux me plantèrent un doux tremblement dans tout mon être ;
et je craignais de faire le moindre mouvement qui pût lui être désagréable tant
soit peu.
" Cette seule
vue des yeux de la plus pure des Vierges aurait suffi pour être le Ciel d'un
bienheureux ; aurait suffit pour faire entrer une âme dans la plénitude des
volontés du Très-Haut parmi tous les événements qui arrivent dans le cours de
la vie mortelle ; aurait suffi pour faire faire à cette âme de continuels actes
de louange, de remerciement, de réparation et d'expiation. Cette seule vue concentre l'âme en Dieu et
la rend comme une morte-vivante, ne regardant toutes les choses de la terre,
même les choses qui paraissent les plus sérieuses, que comme des amusements
d'enfants ; elle ne voudrait entendre parler que de Dieu et de ce qui touche à
Sa gloire.
" Le péché
est le seul mal qu'Elle voit sur la terre. Elle en mourrait de douleur si Dieu
ne le soutenait. Amen."
Castellamare, le
21 novembre 1878.
Sœur Marie de
la Croix, Victime de Jésus,
née Mélanie Calvat, Bergère de La Salette.
Nihil obstat :
imprimatur
Datum Lycii ex
Curia Ep. Die
15 Nov. 1879
Vicarius Generalis
Carmelus Archus
Cosma
Abbé Gouin, Sœur Marie de la Croix, Bergère de La
Salette, née Mélanie CALVAT, Tertiaire de St Dominique, Victime de Jésus,
ouvrage cité plus haut, Deuxième Partie, Une mission éprouvée, Après
l'Apparition, pp. 76-79 :
L'ENQUÊTE
" Le curé de
La Salette, l'abbé Perrin, avait affirmé la réalité miraculeuse de l'Apparition
et dit que c'était bien la Sainte Vierge qui s'était montrée aux enfants. Il n'avait
pas dit ce que les enfants devaient faire. La vie - la vie ordinaire -
continuait. Maximin était rentré à Corps chez son père ; Mélanie acheva chez
ses maîtres des Ablandins son engagement de bergère, et revint, à la Toussaint,
dans sa famille. Ce fut l'évêque de Grenoble qui disposa du sort des deux
voyants. Il avait commencé de prescrire sur l'événement de La Salette une
enquête qui ne dura pas moins de cinq ans.
" Il était
nécessaire, pendant ce temps, de tenir les deux enfants à la disposition des
enquêteurs, et de les entourer d'une surveillance discrète et sûre qui permit
de bien connaître leur moralité. Il fallait aussi les instruire. Le pensionnat
que les Religieuses de la Providence de Corenc (près de Grenoble) avaient
installé à Corps même, offrait toutes les garanties souhaitées. Par les soins de l'évêque, et à ses frais
personnels, Mélanie et Maximin y furent placés dès le 2 décembre 1846.
" L'évêque de Grenoble était alors Mgr
PHILIBERT DE BRUILLARD. Depuis 1826 à la tête du diocèse, il avait déjà
quatre-vingts ans passés, mais sa verdeur physique et son énergie morale
étaient telles que son âge n'avait rien entamé de son activité pastorale.
" Mgr DE BRUILLARD est une des plus belles
figures du haut clergé de France et une des plus solides exceptions parmi
l'épiscopat concordataire et fonctionnarisé de son temps. Sa haute allure aristocratique se tempérait de tant
d'affable générosité qu'il était cher aux pauvres. Sa science théologique en
faisait vraiment le docteur de ses prêtres ; et sa connaissance des âmes
s'appuyait sur une longue et délicate expérience.
" Le bruit
courait qu'il était un fils naturel de Louis XV ; il en portait la
ressemblance. Son lieu, sa date de naissance, sa première éducation à Dijon
restaient imprécises. Ordonné prêtre dans la chapelle de l'archevêché de Paris
en septembre 1789, ses fortes études au collège de Navarre et un séminaire de
Saint-Sulpice semblaient le promettre au professorat.
" En éclatant dès le mois suivant, la
Révolution ferma ces établissements et transforma la destinée du nouveau
prêtre. Il aurait pu prêter le serment constitutionnel, il aurait pu émigrer.
Il demeura à Paris, indépendant, fidèle. Il y vécut caché sous des déguisements
divers, échappa à l'incarcération, et toujours menacé, jamais pris, il devint
l'un de ces héroïques aumôniers des condamnés à mort qui, chacun à leur tour,
un jour par semaine, accompagnaient secrètement, mêlés à la foule, les
charrettes jusqu'à la guillotine et y répondant par la prière sacerdotale et
l'absolution suprême [autrement
dit un homme digne de ce nom et un saint prêtre !]
" Le jour de " Monsieur Philibert "
était le mercredi. Il assista à la mort de Louis XVI, il donna, dit-on, sur le
parcours de la charrette, l'absolution à Marie-Antoinette. Il se dépensait
aussi, courant Paris et sa banlieue - accoutré souvent en garde national (il
avait été incorporé à la garde nationale et cela le préservait) au service des
malades et des mourants sans assistance religieuse. Il dirigeait secrètement
des religieuses éparses et quand la fin de la Terreur leur permit de rouvrir
peu à peu, ici et là, de petites écoles, il s'en fit le chapelain. C'est ainsi
qu'il connut et dirigea SOPHIE BARAT et eut une grande part à l'orientation de
cette âme choisie et à la fondation, par elle, de la Congrégation enseignante
des Dames du Sacré-Cœur.
" En 1803, il
est chanoine de Notre-Dame de Paris ; en 1810, curé de Saint-Nicolas de Chardonnet ; en 1821, curé de Saint-Etienne du Mont, la paroisse
de presque toute la jeunesse des grandes écoles. C'est de là que le ministère
des Cultes l'envoya à Grenoble pour en administrer le vaste diocèse. Mgr DE
BRUILLARD depuis vingt ans, y avait manifesté autant de prudence que de
fermeté. Aisément accessible à tous, patient et doux, il avait une haute conscience
de son autorité, un sentiment profond de ses responsabilités. Souvent réfugié
dans l'oraison, menant une vie mortifiée et pauvre, il disposait libéralement
de sa fortune personnelle pour le bien de ses diocésains. Quand il fut instruit du fait de La Salette
et de la situation des enfants, il se chargea de l'éducation de ceux-ci et même
fit une petite pension aux parents de Mélanie.
" Il ne
voulut porter de jugement sur l'Apparition qu'après s'être entouré de toutes
les précautions d'une impartiale critique. Mgr DE BRUILLARD nomma d'abord, dès
décembre 1846, deux commissions, l'une de chanoine, l'autre de professeurs,
chargés d'examiner, séparément, toutes les pièces de l'instruction et d'en
tirer, sans se concerter nullement, chacune un rapport.
" Ces examens
des interrogatoires des enfants, des circonstances de l'Apparition durèrent
sept mois. Puis une commission unique de seize membres se réunit, durant huit
séances sous la présidence de l'Evêque. Là, l'opposition à la reconnaissance du
miracle commença à se faire sentir sourdement. Son principal tenant était le
curé de Saint-Joseph de Grenoble, l'abbé Cartelier. Mgr DE BRUILLARD, loin de
le contredire, se borna à le prier de préciser ses arguments. Il lui écrit (le
8 janvier 1848) : " J'attends de vous par écrit et promptement, si
possible, communication des choses que vous avez apprises sur les enfants, qui
jettent un nuage sur leur témoignage et vous le rendent suspect..."
(Dossier Chaper, n° 44).
" Ne trouvant
pas de preuves de ses insinuations, il inventait le procédé, reproduit après
lui tant de fois, de jeter le discrédit sur les voyants.
" Mélanie
surtout, moins aimable que Maximin [et surtout plus directe], et plus énigmatique, est alors en butte aux
allusions vagues, mais pernicieuses, qui s'infiltrent dans les conversations
des uns et des autres, allaient bientôt l'atteindre et tenter de déformer son
témoignage et de dénigrer sa personne.
" L'enquête
néanmoins aboutit au Mandement doctrinal par lequel Mgr DE BRUILLARD concluait
à la réalité miraculeuse de l'Apparition et autorisait les pèlerinages à La
Salette. Signé du 19 septembre 1851, il fut lu en chaire dans tout le diocèse
de Grenoble le 16 novembre suivant. Et, en mai 1852, en dépit de son grand âge,
MGR DE BRUILLARD monta à cheval sur la sainte montagne et y posa la première
pierre du sanctuaire dédié à Notre-Dame de La Salette. Pour le desservir, il y
adjoignit un établissement de Missionnaires. L'approbation de Rome avait été
envoyée à l'évêque de Grenoble dès le 7 octobre 1851 (Lettre du cardinal
Lambruschini, Préfet de la Sainte Congrégation des rites). Un rescrit
pontifical du 4 août 1852 consacra la faveur de l'autel privilégié au nouveau
sanctuaire, qui sera plus tard (février 1879) érigé en Basilique."
Pour
servir à l'histoire réelle de LA SALETTE, Documents III, Nouvelles Editions Latines, 1966, pp. 185, 186 :
J.M.J. - Cusset,
22 janvier 1904
Mon très Révérend
et très cher Père,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
Pauvre cher Père,
vous avez dû avoir bien froid, surtout à cette heure tardive de la nuit.
Quant à la peur
de Mgr l'évêque de Moulins, je le plains de toute mon âme ; et cela d'autant
plus qu'il n'a jamais étudié, et encore moins approfondi la divine apparition.
Or, tout, tout le discours
public, la Règle et le Secret, a été examiné à Rome pendant quatre mois : et
rien ne fut relevé contre la doctrine de l'Eglise catholique. Et ce fut pendant que j'étais à Rome, que je dis au
cardinal Ferrieri que, pour mieux obéir à la Très Sainte Vierge, j'avais
l'intention de publier le divin Message, afin que tous reviennent à Dieu, si
nous voulions éviter les châtiments annoncés. " Avez-vous de bonne épaules
? me demanda son Eminence : les Français surtout vont vous tomber dessus ! -
Avec l'aide de Dieu, j'aime mieux craindre Dieu que les hommes ".
Sans doute que
Monseigneur n'a pas remarqué que le Secret dit que plusieurs évêques perdront
la foi (la foi qui sauve).
Venons à M. Bonnet
[1], il serait un de ceux dont parle la sainte Ecriture qui ont des yeux pour
ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre, et une intelligence pour ne pas
comprendre. Je dirais à ceux-là comme le bon Maximin : " Je suis chargée
de vous le dire, non de vous le faire croire ".
Maintenant je
proteste fortement contre cette abominable invention, pour ne pas dire gros mensonge
: que j'aurais dit à La Salette que le passage relatif au clergé n'était pas
de moi. Mais une pensée me vient : si cette personne m'avait dit que la
Sainte Vierge n'avait pas pu dire cela du clergé, miroir des vertus, il est
possible que j'ai pu répondre (sans explication) que cela n'était pas de moi.
Comme de fait, rien du divin
Message (public et secret) n'est de moi : je ne suis que l'écho, mais très
fidèle de Marie. Donc, c'est compris : dans tout, tout le Message, il n'y a
rien de moi : je ne suis que l'écho de la voix très pure, très claire, très
pénétrante de notre douce Mère Marie, de celle qui voudrait nous sauver non
seulement du déluge de maux, mais du terrible Jugement de condamnation.
Je vous prie, mon
très cher Père, de vouloir bénir votre respectueuse et reconnaissante infime
servante inutile.
Marie de la Croix,
née Calvat (Barnaud).
1) L'abbé Bonnet,
le rédacteur des Annales de La Salette et l'un des chapelains du
Sanctuaire.
Pour
servir à l'histoire réelle de LA SALETTE, ouv. cité plus haut, Documents II, Chap.II : Mélanie et l'abbé
Roubaud, pp. 64, 65, 69, 70, 79-80, 83, 84-85 :
6:
J.M.J. -
Marseille, 3 janvier 1891.
Mon très Révérend
Père,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Aux
personnes favorisées de visions sur des événements interrompus par une distance
de temps, il leur peut arriver de se tromper de date, parce qu'elles voient se
dérouler les événements sans interruption. Dieu ayant tous les temps présents.
Au don de la vision il faut encore (quand Dieu le veut) le don d'expliquer la
vision. Je puis bien me tromper en disant ces choses, je ne dis que ce que je
pense, ce que je crois probable, mon ignorance est si grande !
[...]
7
J.M.J. -
Marseille, le 30 janvier 1891.
Mon très Révérend
Père,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Il
est possible, et c'est même certain, que les Juifs reprendront leur titre de
peuple de Dieu, et que peut-être nous serons rejetés...
[...]
10
J.M.J. -
Saint-Barnabé, 2 janvier 1892.
Mon très Révérend
Père,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
[...] Aujourd'hui le monde a changé de langage. Le
progrès a démontré que les idiots seulement ont encore une idée fixe qu'il y a
un Dieu, un Paradis, un enfer, et que nous avons une âme qui ne meurt pas avec
nous. O mon très Révérend Père, c'est
incroyable le mal qui se fait, et pas un Pasteur des âmes qui se fasse entendre
pour confondre les ennemis de Dieu et de notre sainte religion.
[...]
L'Eglise
subsistera toujours, Notre-Seigneur l'a dit ; mais parmi les membres
enseignants de l'Eglise, que de traîtres, que d'apostats, que de vendus et que
de sectaires, qui ont le caractère ou le signe de la bête aux dix cornes dont
parle saint Jean dans sa vision à Patmos ! Mais cette bête semblable à
l'Agneau, qui sort de la terre, n'est-elle pas la figure des Ecclésiastiques
infidèles ? Je le crois fermement. Heureux tous ceux qui meurent en grâce avec Dieu, car ceux qui vivent
verront de tristes et effroyables choses. Nous ne sommes pas encore au
commencement de la fin...
[...]
18
Galatina, 27 mars
1894.
Mon très Révérend
Père
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
On
endort ou on amuse le peuple tantôt d'une manière et tantôt d'une autre. Ceux
qui sont au pouvoir font leurs affaires. La France, autrefois catholique, s'est
choisie toutes les immondices de l'enfer pour les mettre à la tête de la nation
: Francs-Maçons, Carbonaros, Juifs, Protestants, Socialistes, Anarchiste, etc.,
etc. De quoi se plaint-on maintenant ? On ne recueille que ce qu'on a semé.
Quand il fallait parler on a fait les chiens muets ; quand il fallait se
montrer on s'est caché ; quand il fallait défendre sa foi on a reculé. Ceux
choisis, élus par la France, chassaient les religieux et permettaient les
associations de sectaires, et les sectes aujourd'hui donnent leurs fruits. Mais
ce n'est rien encore : si Dieu nous prête vie nous verrons bien d'autres
explosions. On n'a pas voulu comprendre qu'en dehors du service de Dieu il ne
peut y avoir de paix et de bonheur.
[...]
20
Galatina, 9
septembre 1894.
Mon Révérend Père,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Peut-être
que je me trompe, mais jusqu'à la chute de l'antéchrist dans la demeure du feu
éternel, je ne vois pas de grand monarque ni de grand Pape. Cela ne veut pas
dire que tous les Papes ne seront pas ce qu'ils doivent être dans les mains de
Dieu et les desseins de la Sagesse éternelle, mais avant ce temps de
grandissime épreuve pour le petit nombre des élus, je ne vois pas de
paix durable, stable et pure.
[...]
21
Galatina, 30
septembre 1894 (1).
[...]
J'en
viens maintenant à la question du Secret. Je ne puis que répéter la même chose,
mon très Révérend Père : Je n'ai pas vu, je ne vois pas de grand Monarque
avant une grandissime tribulation, épouvantable, terrible et générale
pour toute la Chrétienté. Mais avant ce temps il y aura deux fois une paix de
peu de durée, deux papes vermoulus, plats, douteux.
Je ne
connais pas la prophétie de saint Malachie, mais quand même je dis moi ce
que je pense, prête à me soumettre si je ne dis pas juste, et à me taire tout
en gardant pour moi ma conviction, à moins que je ne dise des hérésies, que
d'avance je rejette pour me soumettre à ce que croit et enseigne l'Eglise de Jésus-Christ.
Je ne crois donc pas que l'antéchrist mettra à mort le dernier des Papes, vu
qu'après la disparition de l'Antéchrist il y aura plus d'un Pape, dont le
dernier sera mis à mort par l'Antéchrist tel que l'entend le Nouveau Testament
quand il dit : « l'Antéchrist est déjà venu » [I Jean, 4 : 3].
Le
Secret ne dit pas quand les guerres finissent, quand les pestes et les
tremblements de terre finissent. Donc, je crois que l'Eglise sera éclipsée pour
peu de jours : ce sera une grande épreuve pour les prédestinés et un triomphe
pour l'Antéchrist et pour ses apôtres, ses ministres.
Oui,
certainement qu'après une guerre il y aura une paix de vingt-cinq ans ; il y
aura alors un roi sur le trône de France ; que de choses se seront passées
!
[...]
Le
jugement dernier universel n'arrivera pas aussitôt après la chute de
l'Antéchrist dans l'enfer et cela est bien sûr. Il y aura alors une paisible et
vraie paix sur la terre : plus de secte, plus d'hérésies, la charité fleurira,
ce sera le règne de Jésus-Christ et de Marie.
[...]
S. Marie de la
Croix, née Calvat.
Vive Notre-Dame de
La Salette !
Pour
servir à l'histoire réelle de LA SALETTE, ouv. cité plus haut, Documents II, Chap. Ier : Mélanie et
Mère Saint-Jean, nommée le 27 novembre 1877 supérieure de la maison
Saint-Joseph où elle tenta de pratiquer, avec quelques religieuses, la Règle de
l'Ordre de la Mère de Dieu, II : Lettres de Mélanie à Mère Saint-Jean, pp.
20-21, 23, 24, 28, 29, 30, 33, 35, 39, 42-43, 46-47, 48, 50, 51, 52 :
2
J.M.J. - Cannes,
le 9 août 1885.
Ma Révérende Mère
Supérieure.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœur !
Je ne sais comment
vous témoigner ma vive gratitude pour votre bon souvenir et vos précieuses
fleurs de notre douce Mère de La Salette. Je suis plus que touchée de vos
bienfaits, mais je ne puis vous exprimer que faiblement ce que je sens si bien.
Je suis
extrêmement fâchée, ma Révérende Mère, de ne pouvoir me rendre au désir que
vous auriez d'avoir entre les mains la sainte Règle donnée par notre tendre
Mère, Notre-Dame de La Salette. Cette Règle est entre les mains du Supérieur
des Apôtres des derniers
temps et n'est jamais livrée à
d'autres Communautés parce que chaque Ordre a sa Règle particulière et son
esprit. En outre, vous êtes
soumis à Mgr Fava qui, malheureusement, ne croit pas à l'Apparition de
Notre-Dame de La Salette et par conséquent ne croit pas à la Règle donnée par
la douce Vierge Marie, il ne vous permettrait pas de l'observer.
Pour l'ordinaire,
la sainte Eglise n'approuve aucune Règle avant qu'elle soit mise en pratique,
mais le Saint Père connaît la Règle. Depuis que j'ai fait imprimer le Secret,
tout le monde sait que la Très Sainte Vierge a donné une Règle pour un nouvel
Ordre, moins les personnes qui n'ont aucun intérêt à connaître les
miséricordieux avertissements de notre douce Mère, en dépit des châtiments que
nous subissons et qui ne sont pas les derniers. [...]
Comme vous devez
l'observer, ma Révérende Mère, un malaise indéfinissable pour vous tous et
toutes qui vous dites être les missionnaires et les religieuses de Notre-Dame
de La Salette, RÈGNE dans vos maisons, et si parfois quelque domestique fait la
charité à quelque âme nécessiteuse, c'est en bien se cachant tant il est
défendu sur La Montagne de La Salette; de pratiquer cette sublime vertu. Et ce
commerce de magasin va-t-il bien pour des personnes qui se disent consacrées à
Dieu, avoir fait vœu de pauvreté, et puis chasser tous les autres marchands qui
ne veulent pas comme les religieuses des boucles d'oreilles, des anneaux, ni
des tabatières, etc., etc. Convenez
avec moi, ma Révérende Mère, que votre Ordre n'est pas l'Ordre que veut
Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel doit marcher sur les traces des Apôtres de
la primitive Eglise de Dieu, par le bon exemple, par la sainteté de la vie, par
la pénitence, par la stricte pauvreté, etc., etc. Le Pèlerinage de Notre-Dame de La Salette tombe. Vous
vous agrandissez en terrains tandis que la dévotion diminue et que bientôt vous
vous verrez seules, les gens n'ont pas une grande dévotion à la Statue de Mgr
Fava ; ce n'est plus que la fontaine qui attire quelques personnes. Oh ! comme
je voudrais que les habitants de la sainte Montagne soient des modèles de
bonté, de charité, d'humilité, de douceur, de prévenance, d'ordre, de piété non
feinte mais vraie et qu'il me serait doux alors de vous appeler mes chères et
bien-aimées Sœurs ; mes bonnes Sœurs, combattons ensemble, prions, supplions
pour nous et pour nos frères en Jésus-Christ que Dieu ait pitié de nous et de
la Sainte Eglise et de loin comme de près soyons unis dans le Cœur de notre
amoureux Jésus. Espérons.
6
J.M.J - Le Cannet,
le 14 septembre 1887.
Ma Très Révérende
Mère Supérieure.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Dans
quelques-unes des images que votre charité vient de m'envoyer la Sainte Vierge
a une robe bleue ; c'est encore probablement la Vierge de Mgr Fava, je la
méconnais ; on veut forcément, tant les modes plaisent aux mondains, mettre la
Sainte Vierge à la mode, c'est ce qui indique combien on est loin et très loin
de comprendre l'esprit de la sainte Apparition, qui est la condamnation des
modes indécentes et diaboliques de notre temps
[...] Un jour viendra où Dieu balaiera tous ces
négociants de La Salette pour les remplacer par des Vierges Chrétiens qui ne
s'occuperont que des intérêts de notre Doux Sauveur et de sa Sainte Mère Marie.
Je me recommande à
vos bonnes prières.
Agréez...
7
J.MJ. - Le Cannet,
ce 7 janvier 1888.
Ma Très Révérende
Mère Supérieure.
[...]
Rome
a parlé, Rome a ordonné... Et l'Evêque de Grenoble, Monseigneur Fava, a REFUSÉ
ouvertement d'accepter l'ordre qui lui a été donné.
[...]
9
J.M.J. - Le
Cannet, le 29 août 1889.
Ma Très Révérende
et chère Mère Supérieure.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Le bon
et zélé Père Sibillat fut renvoyé ; il prêchait trop la dévotion à Notre-Dame
de La Salette, il était trop désintéressé pour les richesses de ce monde. Le
bon et saint Père Giraud était de même et il faisait trop de charités ; il fut
relégué loin de la Montagne. Ces deux
saints sont au ciel où ils jouissent d'un bonheur parfait, fruit de leur
humilité, de leur pauvreté et de la patience qu'ils ont eue en supportant avec
résignation toutes sortes de tribulations.
[...]
10
J.M.J - Le
Cannet, 19 septembre 1889.
Ma Très Révérende
Mère Supérieure.
Que Jésus soit aimé
de tous les cœurs !
[...]
Si le nombre de
celles d'entre vous qui pense le bien réel et véritable était assez grand,
unies d'un commun accord, vous pourriez tenter un petit conseil et demander à
Mgr Fava, la séparation d'avec celles qui certainement n'ont aucune vocation
pour l'œuvre véritable de notre divine Mère, et vous pourriez dire à
Monseigneur que vous voulez obéir à la Très Sainte Vierge qui a donné une Règle
à ses filles et obéir au Souverain Pontife Léon XIII qui, par
la bouche de son remplaçant dans un Congrès particulier, prononça ces paroles :
" Nous ordonnons que la
Règle que la Sainte Vierge a donnée à Mélanie soit observée par les Pères et
par les religieuses qui sont sur la Montagne de La Salette." Monseigneur ne pourra pas nier avoir entendu cette
ordonnance.
[...]
15
J.M.J - La
Blancarde, boulevard Opkinson, 15 mars 1890.
Ma bien chère
Sœur.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Lorsque vous aurez
un Evêque pour vous, vous êtes assuré de l'appui du saint Père Léon XIII ; je sais que Sa Sainteté désire l'œuvre des
Apôtres des derniers temps. Les
Cardinaux, eh !... il y en a de tout ; mais il me sera facile quand vous en
serez à devoir vous choisir un Cardinal Protecteur, d'écrire à mon Directeur
qui les connaît tous à Rome, de savoir à quoi nous en tenir.
[...]
16
J.M. J -
Marseille, 3 mai 1890.
Ma très chère
Révérende Mère.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Il
est inutile de demander un Cardinal protecteur si vous n'avez pas votre Evêque
pour vous dans ce moment ; Rome ne va jamais contre les Evêques, ou contre un
Evêque. Voilà pourquoi je vous ai écrit autrefois qu'il vous fallait un Evêque
VOULANT l'Ordre des Apôtres des derniers temps dans son diocèse, et alors vous
vous seriez séparées...
[...]
17
J.M.J. - Marseille,
le 6 juin 1890.
Ma très chère Sœur
en N.-S.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Ce que Monseigneur
aurait de mieux à faire pour obéir au Saint Père, ce serait d'imposer la Règle
de notre divine Mère aux Pères et aux religieuses de La Salette, et à ceux qui
ne se sentiraient pas la vocation pour cet Ordre, de leur donner une Cure. En
agissant ainsi, tout irait pour le mieux pour l'esprit, et les choses
changeraient d'aspect, leur boutique serait remise à un laïque. On laisserait
les marchands faire leur commerce ; les Pères et les religieuses ne s'occupant
que du salut de leur âme, Dieu leur donnerait abondamment tout ce qui leur est
nécessaire pour leur subsistance...
[...]
20
J.M.J. -
Marseille, le 23 juillet 1890.
Ma très chère Mère
Saint-Jean.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Sa Grandeur
Monseigneur l'Evêque de Langres a parfaitement raison en exigeant le
relèvement de nos vœux et en vous autorisant de vous séparer de la Congrégation
des Sœurs DITES DE LA SALETTE. A part cela, Monseigneur Fava n'a rien à
voir dans aucun autre diocèse, il n'a l'autorité que dans son diocèse de
Grenoble.
En Italie et à
Rome, les choses se passent ainsi. Je sais qu'en France, nos Seigneurs les Evêques ont fait certaines
lois à eux, mais laissons ça de côté.
En parlant à la manière humaine, je crains que Mgr Fava ne vous permette
pas de vous établir dans un autre diocèse et je ne croirais pas prudent de lui
demander SON AUTORISATION pour cela. Il me semble que la Révérende Mère
Saint-Joseph n'aurait qu'à se faire relever de ses vœux ; les vôtres devant
bientôt finir, il ne serait pas nécessaire d'en parler. Et la Révérende Mère,
en faisant sa demande pure et simple, elle pourrait ajouter en demandant à être
relevée de ses vœux afin d'être ensuite libre d'embrasser le genre de vie que
Dieu demandera d'elle. [...]
22
J.M.J. -
Marseille, le 1er septembre 1890.
Ma très chère Mère
Saint-Jean.
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Il ne faut pas
qu'on abuse de votre bonne foi, et comme, je crois vous l'avoir dit que, en France, toutes les
autorités sont PAPES, mais pour cela il ne faudrait pas que nous les regardions
comme pape ; il n'y a qu'un Pape, chef de la Religion catholique. Il n'y a non plus pas de papesse, qui ait le pouvoir
de vous relever de vos vœux comme a voulu le faire cette Supérieure de La
Salette. [...]
25
J.M.J. -
Marseille, le 13 novembre 1890.
Ma très Révérende
Mère Saint-Joseph,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Il me semble que d'après
ce que votre Révérence m'en a dit, c'est-à-dire que vous avez appartenu, ou
plutôt fondé la congrégation de Notre-Dame de La Salette avec la seule
autorisation de Mgr l'Evêque de Grenoble, et que, quand vous avez fondé cette
communauté, vous croyiez entrer dans les vues de Notre divine Mère Marie ; et
que depuis environ dix ans, vous voyiez que la communauté n'était plus aussi
fervente, aussi régulière, aussi soumis, aussi obéissante, ce fut alors que
vous sûtes que la très Sainte Vierge avait donné la Règle pour l'ordre de
Notre-Dame de La Salette et que vous demandâtes à plusieurs reprises à Mgr
l'Evêque l'autorisation d'embrasser la Règle donnée par la Vierge Immaculée, et
aussi pour obéir à sa Sainteté Léon XIII qui en a ordonné l'observance ; or,
Mgr vous promettant toujours sans en venir à l'exécution, vous lui fîtes une
demande officielle en lui faisant part de votre intention de fonder l'Ordre
voulu par la très Sainte Vierge etc., etc.
[...] Or vous
saurez, ma très chère Mère, que depuis 10 ou 12 ans, à Palerme, en Sicile, un
Saint prêtre autorisé par son Archevêque, a fait une fondation de l'Ordre de
Notre-Dame de La Salette, appelé : Il boccone del povero, c'est-à-dire,
en français : La bouchée du pauvre. Les Frères et les Sœurs ont la Règle
de Notre douce Mère Marie.
[...]
28
J.M.J. -
Saint-Barnabé, 31 octobre 1891.
Ma bien chère Mère
Sain-Jean,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
En
voyant la France, ou plutôt l'Europe, entièrement dans les filets de toutes les
sectes de quelles couleurs qu'elles soient et que même les Ecclésiastiques et
hauts personnages en font partie (1), en voyant les blasphèmes contre Dieu, la
très Sainte Vierge et les saints, en voyant la corruption générale contre la
morale, la jeunesse élevée dans la négation de tout principe religieux ; en
voyant les haines des Royaumes, des Etats les uns contre les autres, les
injustices, les vols, les fraudes, les suicides, l'indépendance et
l'obstination générale, et les maladies qui étaient inconnues jusqu'ici, les saisons
changées, le froid rigoureux et la chaleur excessive, les inondations, les
tremblements de terre, les récoltes mauvaises, etc., etc. Tout cela étant des
signes annoncés par Dieu, dans l'ancien et le nouveau Testament. [...]
1) Le Vatican mis à nu, Groupe
" Les Millénaires ", Éditions Robert Laffont, 2000, pages 254, 256,
257-258, 259, 260, 261, 262-263, 272, 273-274, 275, 276 :
18
La
fumée de Satan au Vatican
« [...]
L'organisme maçonnique se propose d'étendre son pouvoir dans le champ
politique, économique et religieux, en vue de créer - de gré ou de force - un
seul et unique gouvernement mondial maître de la réalité existante. [...]
La pieuvre
maçonnique au palais
« [...]
« La main
invisible de la maçonnerie au Vatican, au centre des puissances occultes entre
la haute finance et la haute administration, n'est pas une légende : elle se
fait sentir partout, dans les systèmes d'embauche et dans les méthodes de
promotion, dans les campagnes de diffamation ou de louanges de tel ou tel
monseigneur, suivant les besoins. Ainsi, ce centre qui, par mandat divin,
devrait être un phare est de longue date dévoré de l'intérieur par des chancres
qui le décomposent.
« [...]
« Beaucoup
de revues et de magazines ont évoqué ouvertement l'infiltration du Vatican par
les maçons (a). [...]
« En vérité, cette “ pleine participation à la
vie de l'Église ” d'un nombre important de catholiques et de prélats maçons
était déjà une réalité de longues années. A peine arrivé à l'archevêché de Milan, Mgr Montini choisit pour
conseiller financier le très catholique maçon Michele Sindona. Par la suite, en
tant que pape, il confia les finances catholiques de l'Institut pour les œuvres
de religion (b) à l'indiscutable compétence crapuleuse et criminelle des
catholiques maçons Michele Sindona et Roberto Calvi, qui s'appuyaient sur deux
autres fidèles maçons de la loge P2, Licio Gelli et Umberto Ortolani.
« En 1987,
le journaliste maçon Pier Carpi confirma les propos du “ frère ” Fulberto Lauro
selon lequel des cardinaux et des évêques adhéraient aussi incognito à la loge
P2. Et de préciser : “ On l'appelle la “ loge ecclésiastique ” et elle est en
contact direct avec le grand maître de la loge unie d'Angleterre, le duc
Michael de Kent. Cette loge agit au Vatican depuis 1971. Plus de cent frères
cardinaux, évêques et monseigneurs de la curie y appartiennent. Ils parviennent à maintenir le secret le
plus absolu, mais pas au point d'échapper aux enquêtes des hommes de la
puissante organisation de l'“ Opus Dei ”
(c).
« [...]
Faux apôtres
et œuvres frauduleuses
« “ Mais
comment se fait-il qu'un franc-maçon puisse s'infiltrer dans les méandres de
l'administration du Vatican ? Ou, plutôt, comment se fait-il qu'un
ecclésiastique de la curie puisse devenir franc-maçon ? ” Telle est la question
que posa à un prélat de la curie un jeune prêtre en exercice dans un pays
islamique, troublé par la propagande faite à la télévision.
« [...]
« “ [...] Et, si ce n'est pas vrai, pourquoi les
accusés, ceux que l'on montre du doigt, ne traînent-ils pas en justice les
calomniateurs pour contester devant les tribunaux, nationaux et internationaux,
les accusations injustes dont ils sont l'objet ?... Pourquoi le Vatican, par
l'intermédiaire de son nonce apostolique, n'intervient-il pas auprès du
gouvernement pour démentir officiellement des affirmations aussi scandaleuses ?
”
« [...]
« Le
monseigneur haut placé lisait sur le visage de son interlocuteur un profond
trouble intérieur. Il savait que, dans son pays, il était très impliqué dans le
travail pastoral auprès de la jeunesse ; il fallait lui répondre sans
faux-fuyants.
« [...] En revanche, que la maçonnerie ait des
adeptes jusque dans les rangs des ecclésiastiques et même parmi les dignitaires
de la curie romaine, c'est un fait difficilement contestable, dont on peut voir
les indéniables effets latents aussi bien que tangibles.
« Tu as fais
allusion à l'argent sale que des maçons déclarés ont détourné de l'IOR avec la
connivence des très hauts dignitaires ecclésiastiques chargés de cet organisme,
qu'on a pu comparer qui happe cet argent sale comme à travers une grille pour
le faire ressortir blanchi dans Dieu sait quelle autre partie de la terre. Ce
n'est un mystère pour personne. Tout cela, les téléspectateurs italiens ont pu
l'apprécier avec une clarté désarmante et une franchise déconcertante en
janvier 1994, lorsque la télévision a retransmis le procès du scandale Enimont
(d) ...
« La
maçonnerie est donc certainement installée au Vatican, même si son centre de
décision se trouve ailleurs. Albino Luciani, le souverain pontife, a dû s'en
rendre compte, et recevoir ainsi un premier coup au cœur, quand le journaliste
Paolo Panerai - le 31 août 1978, le lendemain de son élection - lui adressa à
brûle-pourpoint une lettre habile dans les pages de l'hebdomadaire économique, Il
Mondo : " Votre Sainteté, est-il juste que le Vatican intervienne sur
les marchés comme un spéculateur ? Est-il juste que le Vatican ait une banque
qui se mêle de transferts illégaux de capitaux de l'Italie vers d'autres pays ?
Est-il juste que cette même banque aide les Italiens à frauder le fisc ? "
Ce saint homme de pape ne s'était-il pas encore remis de cette interrogation
choquante que, le 12
septembre suivant, l'intrigant hebdomadaire Op, dirigé par Mino
Pecorelli, franc-maçon qui devait être plus tard assassiné, titra sur “ La
Grande Loge vaticane ” : l'article donnait, entre autres choses, la liste de
cent vingt et un noms de représentants du Vatican et de hauts prélats affiliés
à la maçonnerie. »
Vrais et
faux prélats maçons
« Quand la presse informa l'opinion publique
de l'existence de la puissance loge maçonnique “ Propaganda
« [...]
« Au cas où un ecclésiastique non appelé
voudrait faire carrière avec l'appui de cette faction, les responsables
commencent par le mettre à l'épreuve, lui faisant accomplir une tournée de
doctes conférences au Lions Club ou au Rotary de la région. En
vérité, ces clubs sont des pépinières où se recrutent ensuite les affiliés à la
maçonnerie.
« La revue
jésuite La Civiltà cattolica a montré sans l'ombre d'un doute que ces
cercles, étant d'origine maçonnique, entretiennent des liens étroits avec la
secte. La véracité de cette affirmation fit l'objet d'une vive polémique
jusqu'au jour où le grand maître Giordano Gamberini, dans la revue maçonnique
Hiram (f) datée du 1er février 1981, reconnut officiellement que le Rotary
aussi bien que le Lions émanaient de l'organisation maçonnique et se fondaient
en elle :
« “ Melvin Jones, maître maçon de Chicago, fut
l'un des fondateurs du Lions. Il en devint secrétaire général et
trésorier à la fin de 1917. Pour le Lions, l'origine maçonnique est aussi
évidente dans les premières armes que se donna l'association. Le Rotary
avait eu des rapports presque identiques avec la maçonnerie.”
« L'année
suivante précisément, en 1982, la direction du Rotary pour la Sicile et Malte
fut confiée pour la première fois à un jésuite, le père Federico Weber, sans
que ses supérieurs s'opposent à cette prestigieuse nomination. Il est même
beaucoup de cardinaux, largement récompensés et encouragés par le frère
cardinal Baggio, aujourd'hui défunt, qui s'estiment fort honorés d'être invités
par les dignitaires du Rotary pour inaugurer un nouveau siège ou ouvrir
l'année, histoire d'honorer [et
de cautionner moralement] de leur
présence de savantes conférences et d'excellents menus.
« [...]
« C'est à la
fin de 1913, soit quatre ans avant le secret de Fatima, que Jésus révéla à
Padre Pio que tant de dignitaires de l'Église étaient de mèche avec la
maçonnerie, ce qui n'est plus un mystère
« [...]
« Jésus n'a
pas promis à son Église qu'elle détruirait tous Ses adversaires, mais qu'elle
ne saurait être détruite par aucun d'eux. »
a) Panorama,
10 août 1976 ; Introibo, juillet 1976 ; Euroitalia, 17 et 25 août
1978 ; L'Osservatore Politico, 12 septembre 1978 ; Oggi, 17 juin
1981 ; Giorni, 11 novembre
b) IOR : Istituto
per le Opere di religione, fondé le 27 juin 1942 au Vatican par Pie XII.
c) L'Espresso, 12
décembre 1987.
d) Les principaux
témoins n'ont pas fait mystère des francs-maçons qui se sont servis de la
Banque vaticane pour leurs trafics ignobles. [...] L'autre témoin clé, Carlo
Calvi, fils du banquier franc-maçon Roberto Calvi, retrouvé pendu sous le pont
des Frères noirs à Londres, a témoigné : “ Francesco Pazienza m'a dit que Mgr Giovanni Cheli,
représentant du Vatican à l'ONU, avait des ambitions. Il était son ami intime et convoitait la place de
Marcinkus. A cette époque, il n'était pas aux États-Unis... Cheli m'a répété ce
que Marcinkus m'avait déjà dit par téléphone ; je devais dire à mon père [alors
détenu] de garder le silence, de ne
révéler aucun secret et de continuer à croire à la Providence.” Le prélat Giovanni Cheli a été élevé à la
pourpre cardinalice le 21 février 1998.
Comme par hasard, on l'a dit, le jour même du carnaval de Viareggio.
e) Ce document
scandaleux était paru le 2 septembre 1978 dans la revue Op du
franc-maçon Mino Pecorelli.
f) Organe bimestriel du Grand-Orient d'Italie, fondé
en 1870 (Editore Erasmo).
Pour servir à l'histoire réelle de La
Salette, ouv. cité plus haut,
Documents III, Lettre 170 de Mélanie de La Salette à l'abbé Émile Combe,
Cusset, le 17 mars 1904, p. 200 :
Mon très Révérend
et très cher Père,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
« [...] Le grand nombre des évêques francs-maçons reste
coi : c'est aux fruits qu'on connaît l'arbre. Ils vont maintenant se tenir sur
leurs gardes, éviter des explosions de se produire. Cela n'empêche pas que,
devant Dieu, l'Église de France
est gangrenée par la tête et les bras (clergé).
[...] »
Id., Lettre 126, Diou, vers septembre 1902, pages 149-150 :
« Il suffit que je puisse affirmer, comme je
le fais ici, que j'ai envoyé à Pio IX le secret, tout le secret que la Très
Sainte Vierge m'avait donné, ni plus ni moins (1).
« Les
personnes qui ont osé dire que le secret que j'ai envoyé au Pape était plus
court que celui que j'ai publié sont dans l'erreur et induisent leurs
lecteurs dans la même erreur. Je sais que ces personnes n'ont jamais vu, vu de
leurs yeux, le secret écrit et adressé cacheté à Pio IX.
« Seconde objection qui a été faite par le sel
de la terre humilié sans humilité... " Pourquoi faire savoir aux
fidèles le mal que la Sainte Vierge avait dit des prêtres, des prélats et
des communautés ? Quel bien pouvait en résulter ? "
« En premier
lieu, je ne puis passer cette accusation soulignée, sans protester de tout mon
pouvoir. Non, non, le Siège
de la Sagesse n'a jamais dit du mal des Ministres des Autels.
Miséricordieusement, Marie, tutélaire de la France, Reine du clergé catholique,
a indiqué les maladies dont était infectée l'âme des pasteurs du peuple de
Dieu. Ceux qui ont oublié la prière
et la pénitence, et rempli leur cœur des affections aux choses transitoires,
leur foi s'est attiédie.
« Dans le monde a-t-on jamais entendu le Père
d'une nombreuse famille se plaindre de ce que le Médecin a osé dire le genre de
maladie qui consume sa femme ?... Surtout
après que déjà ce même [père] avait avoué que la plupart des enfants de la famille étaient
contagionnés [sic] de la maladie de la mère qui, maladive et faible, ne donnait pas à ses
enfants les remèdes opportuns ?... Il est sûr qu'avant la charitable visite du
Médecin, et bien avant qu'il eût appelé par son nom le chancre dont souffrait
la mère, ils le connaissaient amplement ; et c'est ce qui les autorisait à se
relâcher dans leurs devoirs (de Chrétiens).
« N'oublions
pas ce à quoi nous aurions dû prêter notre attention : Les bergers ont toujours dit que la belle
Dame, Marie notre douce Mère, a dit par deux fois : " Mes enfants, vous le
ferez passer à tout mon peuple." Elle l'a dit une première fois, à la fin
des avertissements et menaces à l'orbe catholique. Puis, se mettant en marche
en passant le petit ravin, elle dit encore : " Vous le ferez passer à tout
mon peuple." Ce fut l'ordre de publier le secret. J'ai dû obéir.
« Au lieu de
se révolter, on aurait dû rentrer en soi, raviver sa foi, sa charité, et régler
sagement sa conduite sur les exemples de Jésus, notre divin Maître et modèle.
[...] "
1)
« Elle refusa, en effet, de me dire un seul mot des additions que la
Sainte Vierge lui avait données pour Pie IX [le Pape du Syllabus et de l'Encyclique
Quanta cura, ne l'oublions pas], la veille du jour où elle lui écrivit son Secret, et des quelques
particularités que la Sainte Vierge ne fit pas connaître à Pie IX, le moment
n'étant pas venu. Malgré mes ordres (!) et ma colère (!!), elle garda le
silence, humblement. Mais cette fermeté modeste me fit comprendre, mieux que tous
les discours, que cela ne regardait personne !
« Quelques jours après, à mon
insistance, appuyée de raisons que je croyais bonne, elle répondit modestement
: " Ce que Mgr Zola a écrit sur ce sujet suffit ". »
Id., Lettre 101, Saint-Pourçain, ce 26 décembre 1899, p. 124 :
« Mon très
Révérend et très cher Père, Jésus soit aimé de tous les cœur !
« [...]
« J'espère
avec la Divine grâce ne pas faire fausse route ; et si l'on croit que je fais
fausse route parce que je ne
vais pas dans le diocèse de Grenoble, d'où j'ai été chassée, et où j'étais
menacée d'excommunication si je prétendais y retourner, on se trompe sans le savoir. Notre-Seigneur n'a-t-il
pas dit à ses disciples : “ Si on ne vous reçoit pas dans un endroit, allez
dans un autre ” ? Notre-Dame de la Salette est apparue sur une montagne, sur un
terrain communal ; elle a parlé en Reine de l'univers : Elle n'a pas
nommé en particulier les grenoblois ; elle a parlé à tout son peuple, pour tout
son peuple, et il y a du peuple de Marie dans tous les pays. Non, non, mon très cher Père, je ne
retournerai pas à Grenoble, surtout sans garanties... [...] »
Mélanie de La
Salette, Pour
servir à l'histoire réelle de La Salette, Documents II
(suite), cf. ouvrage cité plus haut, pages 46-47, 48, 50, 51, 52 :
33
J.M.J. - Galatina,
28 décembre 1892.
Ma très Révérende
Mère (St-Joseph),
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Si vous croyez
réussir auprès de ce Vicaire Général, il n'y a pas de mal de vous adresser à
lui. Pour moi, si je pensais d'avoir une approbation par l'intermédiaire du
diable, je n'hésiterais pas. Le diable est un esprit, oui, mais après sa chute,
il est devenu esprit de ténèbres, il ne voit pas très loin et bien souvent il
s'est mordu les doigts pour les avoir agités et mis dans des affaires qu'il
croyait siennes et qui ont réussi à le faire cuire lui, et à glorifier la
Majesté divine.
[...]
34
J.M.J. - Galatina,
29 décembre 1892.
Ma très chère Mère
(St-Jean),
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
[...] Les fondations sérieuses ne se font pas en
paroles mais en œuvres. Il faut une foi vive, une longue patience, une grande
fermeté et une vue bien claire de ce que Dieu demande de nous. [...]
36
J.M.J. - Galatina,
19 septembre 1895.
Ma très chère Mère
(St-Jean),
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
Je viens de
recevoir votre bonne lettre du 15 septembre renfermant une très jolie image
dont je vous suis très reconnaissante.
Je ne vous ai pas oubliée,
ma chère Mère, ce matin dans mes pauvres et faibles prières auprès de Marie, notre douce et tendre Mère, tout en lui demandant pour notre pauvre
France, pardon, miséricorde, car ce n'est pas seulement Notre-Dame de La
Salette qu'elle dédaigne, mais notre sainte religion qu'elle voudrait détruite
partout. Pauvre France, dans quel aveuglement elle est tombée !
[...]
38
Galatina, 2
janvier 1897.
Ma bien chère Mère
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
Merci de votre
bonne lettre, de vos bons souhaits pour la nouvelle année. Je n'ai pas oublié
de vous faire les miens hier, après la communion, auprès du Divin Enfant-Dieu,
lui demandant pour vous et pour vos compagnes ce que je demande aussi pour
moi-même : la vraie et
sincère humilité, la persuasion que de nous-mêmes nous ne sommes rien, nous ne
pouvons rien faire sans la volonté Divine et sans l'aide de sa grâce.
[...]
39
Diou, ce 31
décembre 1900.
Ma très chère Mère
Saint-Jean,
Que Jésus soit
aimé de tous les cœurs !
[...]
Je vous suis bien
reconnaissante, ma très chère Mère, pour les vœux que vous avez daigné
m'adresser. En vous offrant les miens, je demande à Notre Divin Sauveur, pour
vous toutes, ce que chaque
jour je Lui demande pour moi : la vraie humilité, la rectitude d'intention en
toutes mes actions et le feu du divin amour. En me recommandant à vos bonnes prières, je vous prie, ma très chère
Mère, d'agréer le profond respect de votre infime servante inutile?
S. Marie de la
Croix, née Calvat.
Vive Notre-Dame de La Salette !
Journal de l'abbé Combe, Dernières années de Sœur Marie de la
Croix, Bergère de La Salette, Editions Saint-Michel, 1967, pp.7, 8-9 :
Abbé
Gilbert COMBE
Curé
de DIOU (Allier)
LES
DERNIÈRES ANNÉES
DE
SŒUR
MARIE DE LA CROIX
1809
- 1904
QUE
JÉSUS SOIT DANS TOUS LES CŒURS !
Nous avons comme
documents la plus grande partie de ses écrits :
1. Sa vie intime
jusqu'à l'âge de 14 ans. C'est là pour l'historien futur un document dont la
perte eût été irréparable ; c'est de notre chère sœur le plus précieux héritage
;
2. Sa petite brochure
sur l'Apparition, les deux éditions, celles de Lecce et de Lyon ;
3. La RÈGLE que la
Sainte Vierge lui donne pour les Apôtres des derniers Temps, et un aperçu de leurs constitutions et de leurs œuvres d'après la
vision qu'elle en eut ;
4. Enfin 679 lettres les plus importantes de son immense correspondance, presque toutes intimes, qui, en l'absence de
tout autre document permettraient d'apprécier sa sainteté et ses dons, et de la suivre de 1877 jusqu'à sa mort.
[...]
J'ai eu la pensée
de supprimer des faits de peu d'importance, mais tout peut avoir de
l'importance un jour pour l'historien. J'ai été tenté de supprimer des faits
intimes qui ne me font pas honneur ; et je les raconterai comme les autres,
pour que les Apôtres des
derniers Temps auxquels mes quatre
volumes de documents sont destinés, ne supposent pas que cette grande servante
de Dieu avait été envoyée à un prêtre de choix, pour qui ils n'auraient pas
besoin de prier.
Je demande à ces vénérables Apôtres de voir dans ces notes et souvenirs l'exposé sans
phrases des choses que j'ai vues ou entendues. Il n'est pas nécessaires que
j'essaie d'établir entre elles un lien quelconque : je suivrai l'ordre
chronologique. Il me semble pourtant que des unes et des autres comme des plus
grandes, se dégage la même conclusion :
1. Que les dons extraordinaires et les vertus
héroïques de son enfance ont brillé avec le même éclat dans sa vieillesse ; or, les deux extrémités de sa vie sont identiques, rien n'autorise
à supposer qu'elle a subi une éclipse à un moment quelconque ; tout porte à
admettre, jusqu'à la preuve du contraire, que cette belle vie a été d'une unité
parfaite ;
2. Que tout y est
enseignement pratique, ce qui n'est pas moins merveilleux que les merveilles
dont elle est remplie.
Cette double conclusion,
je la livre à son Historien futur, pour lequel, sans le connaître, je demande
et fais demander chaque jour par mes amis les lumières du Saint-Esprit, afin
que le moment venu il puisse présenter la vérité dans la force de sa
splendeur et de sa simplicité.
Id., p. 103 :
« Mardi
24 septembre 1901. - NE VARIETUR. - DOCUMENT HISTORIQUE. - Pendant que la T.S. Vierge donnait sont
Secret à la petite Bergère de La Salette le 19 septembre 1846, cette enfant
voyait tous les événements qui lui étaient annoncés, et cette VUE était
infiniment plus détaillée que les paroles du Secret. [...] »
Id., p. 198 :
« [...] Le
27 juin 1911, Mgr Penon succédant à Mgr Lobbedey, je poursuivis rapidement mon
travail et je le transcrivis à la machine pour lui en faciliter la lecture.
[...] M. Moitron m'accompagnait, pour appuyer au besoin ma demande
d'imprimatur, et pour rendre lui aussi témoignage aux grandes vertus de cette
calomniée [la Bergère de La Salette], qu'il avait eu le bonheur d'avoir dans sa paroisse
pendant un an. Mgr Penon parut embarrassé. En homme renseigné il y alla tout de
suite de sa petite objection :
« - C'est
que Mélanie, dit-il, est discutée à Rome !
« - Alors,
j'arrive à propos, Monseigneur, j'apporte des documents.
« - C'est
que... je ne sais pas si je pourrai vous donner l'imprimatur avant d'avoir
consulté Rome.
« - Qu'à
cela ne tienne, Monseigneur, Pie X a lu cette Vie de Mélanie à laquelle dans le cahier que je vous remets j'ai ajouté des réflexions
pratiques. Pie X l'a trouvée
si édifiante et si belle, que, peu après, il a accueilli Mgr Cecchini (évêque
d'Altamura) par cette exclamation : " Eh ! la nostra santa !" et qu'il l'a même engagé à introduire la cause
immédiatement.
« -
(hésitant) Mais... le Pape n'est pas son gouvernement !
« En sortant
M. Moitron n'en revenait pas : " On voit qu'il est évêque depuis peu,
dit-il, un vieux n'aurait pas lâché cette parole ".
« Je n'ai
plus entendu parler de mon manuscrit ! »
A P P E N D I C E
I
« Après la mort de cette grande servante de
Dieu, Mgr Cecchini (évêque d'Altamura), avec tous les amis de La Salette,
espérait que sonnait enfin l'heure de la soumission au Message de la Reine du
Ciel, et de la réparation des calomnies contre sa Missionnaire. Mais il est prédit que les ennemis du Message de La
Salette ne seront éclairés que par l'excès des châtiments. D'autre part, Sœur
Marie de la Croix ayant demandé à être humiliée encore après sa mort, son
humble prière fut exaucée.
« Le bel
article de Mgr Cecchini dans l'Osservatore Romano n'eut pas de
retentissement.
« La presse catholique ne le reproduisit qu'en
partie, et, pour le dénaturer, elle introduisit un FAUX au bon endroit. Depuis dix ans il a été impossible d'obtenir de cette
pauvre presse catholique, ligotée par l'épiscopat, la rectification de ce faux [tout
cela n'est pas très joli...].
« La presse mondaine parla de cette mort et vu
le silence de la presse catholique, put former l'opinion, en quel sens hélas ! M. de Bonnefon, dont le talent s'est spécialisé dans
les articles religieux à l'usage du Boulevard, fit l'article qui eut le plus de
succès. Aucun de nos journaux religieux ne lui répondait [rien
de nouveau sous le soleil !] ; aucune
Semaine Religieuse ne prit la défense de la sainte Bergère. Seule la FRANCE
CATHOLIQUE, dont le tirage est très petit, publia cette réfutation du
publiciste qui avait eu plus de 500.000 lecteurs. (Voir lettre à M. de
Bonnefon, Diou, le 9 janvier 1905.)
II
« M. l'abbé Verdunois, au diocèse de Dijon,
présente à Mgr Dadolle un livre sur La Salette, dans lequel il se moque du
prétendu Secret et met en question même la vérité de l'Apparition. Il demande
l'imprimatur. Accordé !
« M. l'abbé Bertheau, du même diocèse,
voudrait écrire une réfutation de ce livre, l'imprimatur lui est refusé a
priori ! Il apporte de Rome une édition du Secret,
imprimée par l'éditeur du Vatican ; il demande s'il peut la répandre. Défense
d'en distribuer un seul exemplaire.
« Même règle dans tous les diocèses. Depuis 14
ans l'imprimatur a été accordé sans difficulté à tout ouvrage qui contredit ;
impitoyablement refusé à tout livre qui veut défendre le Secret ; il est permis
de calomnier Mélanie, de la traiter de folle, d'hallucinée, d'avare ; il est
défendu de prouver qu'elle a été fidèle à sa mission.
« En 1906 on
me dit : " Cet abus d'autorité étant intolérable, adressez votre
autographie au Maître du Sacré Palais et faites-le imprimer à Rome ".
J'obtins que le R.P. Lepidi examinât lui-même mon ouvrage : LE SECRET DE
MÉLANIE ET LA CRISE ACTUELLE ", tout en faisant savoir que je ne l'avais
pas soumis au visa de Mgr DUBOURG, puisque j'étais certain d'avoir un refus. -
" Ecrivez à M. Combe, répondit-il, que je ferme les yeux (sur l'absence du
visa de son Ordinaire). J'ignorerai son ouvrage [quelle hypocrisie et quel
courage !]. Je lui permets de le
publier à Rome et de rééditer la brochure de Mélanie, sa propriété ". - J'
n'avais pas dit au P. Lepidi que j'avais acheté les clichés de la brochure de
Mélanie publiée par elle à Lyon. Mais il l'apprit par M. Bertheau.
Mgr Lobbedey, qui
succéda à Mgr Dubourg, au moment où le livre sortait de l'imprimerie, ne fut
pas désarmé pour si peu :
1° ) il me traita
de rebelle, pour avoir publié ce livre à Rome ;
2° ) de concert
avec Mgr Dubourg, il le fit mettre à l'Index [joli petit monde !] ;
3° ) il écrivit
que je refusais de me soumettre : je m'étais soumis, en retirant les
exemplaires mis dans les librairies, et en adressant la lettre suivante à
toutes les personnes qui me priaient de leur envoyer mon ouvrage (DIOU, 4 mai
1907). [...]
« Je m'étais
donc soumis comme je le devais, mais non comme on aurait voulu. “ Je sais tout
ce qui s'est passé, m'écrivit Mgr Grimaldi ; on n'a pas obtenu la moitié de ce
qu'on voulait.” On voulait
faire condamner par Rome le Secret lui-même ! On aurait voulu me faire désavouer le contenu de mon
ouvrage ! » [Et en
l'an 2007, nous en sommes toujours au même point.]
III
« Les
prêtres ou laïques qui fondèrent des Revues périodiques pour échapper à ces
abus d'autorité ne réussirent pas davantage. Les Revues furent frappées les
unes après les autres, et par surcroît des polémiques étant commencées, on
n'entendit que la voix des adversaires. Credo, dont on redoutait les
connaissances théologiques et le talent, fut mis en demeure d'arrêter
immédiatement sa publication " LETTRES D'UN CATHOLIQUE ", sinon le
délégué de l'évêque aux Bulletins paroissiaux réduirait à la famine son
imprimeur.
« Ce Marius
Credo, dont la science en théologie et en droit canon faisait trembler l'évêché
d'Amiens et qu'on supposait être quelque prélat, docteur in utroque,
était l'imprimeur des Bulletins Paroissiaux ! M. Henri Douchet, simple laïc,
imprimeur de ces quatre volumes de Documents, qui ne portent pas son nom, parce
qu'il serait poursuivi pour n'en avoir fait le dépôt légal, que je lui avais
défendu de faire, ces quatre volumes étant absolument confidentiels, destinés
aux seuls Apôtres des Derniers Temps.
« Pour
compléter ces victoires à la Teuton, certains Conducteurs du peuple de Dieu
répondirent parmi les fidèles que le Secret de La Salette était à l'Index.
Pendant les grands pèlerinages de Lourdes, les Catholiques du monde entier
purent lire sur les murs et à la porte de la basilique l'affiche de l'évêque de
Tarbes, et en porter la nouvelle dans leur pays : " Le Secret de Mélanie,
Bergère de La Salette, à l'Index par décret du 12 avril 1907."
« Dans cette
guerre contre le divin Message LE BULLETIN DU DIOCÈSE DE REIMS s'est acquis un
titre de gloire exceptionnel par l'insertion, le 7 octobre 1911 et le 25 mai
1912, de deux AVIS qui, désormais rendront célèbre ce Bulletin diocésain : son
directeur, M. le chanoine Frezet y proclame carrément que le Secret confié par
Mélanie à Pie IX n'est jamais sorti du Vatican ; que les tissus de grossièretés
et de sottises, publié sous le titre de SECRET DE LA SALETTE ou de SECRET DE
MÉLANIE est à l'Index et constitue un outrage au bon sens, dont l'Eglise est la
gardienne non moins que de la foi révélée.
« Un laïc, M. de la Vauzelle n'y tint plus. Il
entreprit une campagne : écrivit lettres sur lettres à son Eminence le cardinal
Luçon, archevêque de Reims, exigeant, comme catholique, une réponse à ses
questions précises ! Cette campagne eut pour résultat le 16 décembre 1912
une lettre du R.P. Lepidi, Maître du Sacré Palais, déclarant officiellement au
cardinal Luçon que le SECRET DE LA SALETTE N'AVAIT JAMAIS ÉTÉ CONDAMNÉ PAR
l'INDEX NI PAR LE SAINT OFFICE.
« Cette réponse ne pouvait terminer cette
guerre diabolique et éclairer les fidèles qu'à condition d'être largement
publiée. Le cardinal fut bien forcé
de transmettre au Marquis [de la Vauzelle] cette lettre, mais il n'obligeait pas l'abbé Frezet à
la publier, et il ne publia pas lui-même.
« Les AVIS du BULLETIN DE REIMS avaient été
reproduits par la Semaine Religieuse d'Amiens et par beaucoup d'autres, qui refusèrent
également de se rétracter, en publiant au moins la réponse officielle de
Rome. Il semble que la prévarication au sujet du divin Message ne puisse être
poussée plus loin ; et que l'archevêque de Reims est le plus coupable, puisque
la réponse fut adressée là. »
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Œuvres complètes, éd. du Seuil,
Paris,1966, Traité de
la vraie dévotion à la Sainte Vierge ou Préparation au règne de Jésus-Christ, numéros 47, 56, 57, 58 et 59 :
« [47] J'ai
dit que cela arriverait particulièrement à la fin du monde, et bientôt, parce
que le Très-Haut avec sa sainte Mère doivent se former de grands saints qui
surpassent autant en sainteté la plupart des autres saints, que les cèdres du
Liban surpassent les petits arbrisseaux, comme il a été révélé à une sainte
âme, dont la vie a été écrite par Mr de Renty (1).
« [56] Mais
qui seront ces serviteurs, esclaves et enfants de Marie ?
« Ce seront
un feu brûlant, ministres du Seigneur qui mettront le feu de l'amour divin partout.
« Ce seront sicut
sagittæ in manu potentis (2), des flèches aiguës dans la main de la
puissante Marie pour percer ses ennemis.
« Ce seront
des enfants de Lévi, bien purifiés par le feu de grandes tribulations et bien
collés à Dieu (3), qui porteront l'or de l'amour dans le cœur, l'encens de
l'oraison dans l'esprit et la myrrhe de la mortification dans le corps, et qui
seront partout la bonne odeur de Jésus-Christ (4) aux pauvres et aux petits,
tandis qu'ils seront une odeur de mort aux grands, aux riches et orgueilleux
mondains.
« [...] Ce
seront des nues tonnantes et volantes (5) par les airs au moindre souffle du
Saint-Esprit, qui, sans s'attacher à rien, ni s'étonner de rien, ni se mettre
en peine de rien, répandront
la pluie de la parole de Dieu et de la loi éternelle ; ils tonneront contre le
péché, ils gronderont contre le monde, ils frapperont le diable et ses suppôts, et ils perceront d'outre en outre, pour la vie ou
pour la mort, avec leur glaive à deux tranchants de la parole de Dieu (6), tous
ceux auxquels ils seront envoyés de la part du Très-Haut.
« [58] Ce seront des apôtres véritables des
derniers temps, à qui le Seigneur
des vertus donnera la parole et la force pour opérer des merveilles et
remporter des dépouilles glorieuses sur ses ennemis ; ils dormiront sans or ni
argent et, qui plus est, sans
soin, au milieu des autres prêtres, et ecclésiastiques et clercs, inter medios cleros (7), au milieu des
plus grands périls ; et cependant auront des ailes argentées de la colombe, pour aller avec la pure intention de la
gloire de Dieu et du salut des âmes, où le Saint-Esprit les appellera, et ils ne laisseront après eux, dans les lieux où
ils auront prêché, que l'or de la charité qui est l'accomplissement de toute la
loi (8).
« [...]
« [59] [...]
« Voilà de
grands hommes qui viendront, mais que Marie fera par ordre du Très Haut, pour
étendre son empire sur celui des impies, idolâtres et mahométans. Mais quand et comment cela sera-t-il ? ... Dieu seul
le sait : c'est à nous de nous taire, de prier, soupirer et attendre : Exspectans
exspectavi (9). »
1) Il s'agit de
MARIE DES VALLÉES (1590-1656), mystique dirigée par saint Jean Eudes. Un
manuscrit " copié sur un exemplaire écrit de la propre main de M. de Renty
" appartenait au séminaire de Saint-Sulpice (aujourd'hui à la bibliothèque
Mazarine, ms. Renty, n° 3177) ; Montfort fait allusion à la p. 185 de ce
manuscrit. Signalons que le Christ a fait part à Marie des Vallées d'une
promesse qu'Il réserve à l'Eglise de ces temps : " Sachez que je jeux lui
donner trois choses singulières : a) C'est une bague enrichie d'une pierre
précieuse qui sera d'aimant attirant le fer ; b) Ce sera mon cœur ; c) La
connaissance des Ecritures et d'un sens qu'elle n'a point encore connu "
(Emile Dermenghem, La vie admirable et les révélations de Marie des Vallées
(d'après des textes inédits), 1926, chez Plon - Nourrit et Cie,
Paris - 8, rue Garancière (VIe), page 218 (ms. Renty, l. II, ch. LIX,
p. 182). Et signalons également que Fernand Crombette mit la troisième promesse
en exergue de son livre La Révélation de la Révélation, pensant que sa
méthode en était la réalisation prophétique.
2) Psaumes 126, 4;
3) Malachie 3, 3 ;
I Corinthiens 6, 17 ;
4) Cf. 2
Corinthiens 2, 15-16 ;
5) Cf. Isaïe 60, 8
;
6) Cf. Hébreux 4,
12 ; Ephésiens 6, 17 :
7) Psaumes 67, 14
;
8) Cf. Romains 13,
10 ;
9) Psaumes 39, 2.
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Maximin
et Mélanie de La Salette


Sœur Marie de la Croix L'abbé GilbertCombe
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Le Secret de
Secret délivré par la Sainte Vierge sur la Montagne de
La Salette
le 19 septembre 1846
(Page extraite de la page d’accueil de notre site)
"Avancez,
mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis ici pour vous annoncer une grande
nouvelle."
« Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant,
ne sera pas toujours secret ; vous pourrez le publier en 1858. »
…
« Enfin, j’appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu […] dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu’ils sortent et viennent éclairer la terre. […]
Combattez, enfants de lumière, vous, petit nombre qui y voyez ; car voici le temps des temps, la fin des fins (a). L’Église sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. […] Allez, et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. »
a) Selon une prophétie de Sœur Marie de la
Croix, l’Ordre des Apôtres des Derniers Temps ne commencera son action qu’après
les grands Événements de la Fin, le Grand Jour de la colère de l’Agneau (cf.
Ap., VI, 17).
Marquis de
« Si
le Secret de
ID., ibid.,
page 211,
Appendice III – Le Secret de
« Albert Lepidi, O. P., Maître du Sacré
Palais, membre du Saint-Office et de l’Index [dans une lettre adressée au cardinal Luçon,
archevêque de Reims et communiquée au marquis de
“ […] 1° Le Secret de
Je vous prie V. E. d’agréer…, etc.
Albert Lepidi, O.
P., Vatican, 16 décembre 1912.” »
(Signalons que cette lettre pourtant digne
d’être citée a été mise sous le boisseau par l’abbé Francesco Ricossa de
l’association « Mater Boni Consilii » éditant le périodique
« Sodalitium ».)
ID., ibid.,
page 144 :
«
O ennemis du Secret de
ID., ibid.,
page 92 (un
rappel théologique) :
«
Aucun Pape ne peut faire entrer dans le dépôt de la foi révélée une révélation
privée ; il ne peut qu’en reconnaître la provenance divine et inciter les
fidèles à y croire. Il suit de là que ceux qui rejettent comme apocryphe le
Secret de
a) Des révoltés contre
les ordres de la Mère de Dieu dans son Secret.
Notons bien que le pape Pie IX n’a
prescrit la promulgation de son Mandement qu’après avoir eu en mains les
secrets des bergers et qu’il ne pouvait pas par conséquent les avoir exclus de
son jugement. L’apparition en tant que telle ne dit rien et
donc ne prouve rien.
Le Mandement du pape Pie IX nous suffit
pour nous convaincre de l’authenticité du Secret de
L’Osservatore
Romano
du 25 décembre 1904 (sous le pontificat du pape saint Pie X) :
« Mélanie révéla son Secret quand le temps
marqué fut connu, bien qu’elle sût qu’un pareil acte lui attirerait la colère de ceux qui, perdus de
mœurs, étaient enchaînés au char maçonnique. »
LETTRE DE MÉLANIE À MONSIEUR DE LA RIVE, 16 OCTOBRE 1904.
Très vénéré Monsieur de la Rive,
Je vous suis très reconnaissante de ce
que, en ce temps de morte foi, vous avez osé publier « Le Secret de la
France chrétienne », tel que je
l’avais publié en 1879, avec l’Imprimatur de Monseigneur ZOLA, Evêque de
Leccè (Italie) et que je l’ai fait
réimprimer cette année à Lyon, avant de quitter la France. Je proteste hautement contre un texte
différent qu’on oserait publier après ma mort.
Je proteste
encore
1° Contre
les très faux dires de tous ceux qui ont osé dire et écrire que j’ai brodé le
Secret ;
2° Contre
ceux qui affirment que la Reine de la Sagesse n’a pas dit de faire passer le
Secret à tout son peuple.
Ce 18 Octobre 1904,
Mélanie Calvat,
Bergère de La Salette.
Pour servir à l’histoire de La Salette, Documents II
Lettres de Mélanie à Mère Saint-Jean
Nouvelles Éditions Latines (1964)
J.M.J - Le Cannet, 19 septembre 1889.
Ma Très Révérende Mère Supérieure.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
« […] Si le nombre
de celles d'entre vous qui pense le bien réel et véritable était assez grand,
unies d'un commun accord, vous pourriez tenter un petit conseil et demander à
Mgr Fava, la séparation d'avec celles qui certainement n'ont aucune vocation
pour l'œuvre véritable de notre divine Mère, et vous pourriez dire à
Monseigneur que vous voulez obéir à la Très Sainte Vierge qui a donné une Règle
à ses filles et obéir au Souverain Pontife Léon XIII qui, par la bouche de son remplaçant dans un Congrès particulier,
prononça ces paroles : " Nous ordonnons que la Règle que la Sainte Vierge a
donnée à Mélanie soit observée par les Pères et par les religieuses qui sont
sur la Montagne de La Salette." Monseigneur ne pourra
pas nier avoir entendu cette ordonnance. […] » [Notons bien que cette
Règle avait été donnée à Mélanie par la Sainte Vierge à la suite du Secret
auquel elle est inhérente, ce qui revient à dire que le Secret en a la même
valeur.]
Une note discordante qui revient à traiter Mélanie de La Salette ou
Sœur Marie de la Croix de menteuse (ce qui est une infamie, parce que
l’apparition de la Très Sainte Vierge et ses messages reposent sur le seul
témoignage de Mélanie, et que si celle-ci a menti sur le Secret, nous ne
pouvons plus lui accorder le moindre crédit, - sans parler du témoignage et du
soutien de Maximin) :
SODALITIUM N° 48, éd. française - Avril
« I.
Le Secret de
À propos de La Salette et avant toute chose, il faut faire une distinction entre
l'Apparition proprement dite, le Secret, et les interprétations du Secret. Ensuite, pour porter un jugement prudent,
le catholique devra s'en tenir à ce que pense l'Église : " ayant déposé
tout jugement propre, nous devons avoir l'âme prête et prompte à obéir en tout
à la véritable épouse du Christ Notre-Seigneur qu'est la sainte Église notre
Mère " (Saint Ignace, Exercices spirituels, Règles pour
sentir avec l'Église, première règle, n° 353). ... De tout ce qui précède
on peut tirer la conclusion suivante : le texte du Secret n'a pas été approuvé par
l'Église comme l'a été l'apparition de 1846 ; qui plus est, le Saint Office en a interdit la diffusion sous peine de
lourdes sanctions (1915), il en a interdit la possession et la lecture (1922)
et il en a condamné le contenu
(1957). Certes, les décrets de la Sacré Congrégation ne sont
pas irréformables ; cependant, ceux qui ne tiennent aucun compte des condamnations émanant de
a) Saint Jean de la
Croix, Docteur de l’Église, La Montée du
Mont Carmel, Livre II, Chapitre XI, § 3 (« Y así, siempe se han de tener las tales cosas por más cierto ser del
demonio que de Dios, el cual en lo más exterior y corporal tiene más mano, y
más facilmente puede engañar en esto que en lo que es más interior y espiritual »).
b) Cf. S. Luc, XXII, 32
; saint Jean de la Croix, La Montée du
Mont Carmel, Livre II, Chapitre XXXI (cité plus haut).
Il existe actuellement en France, au Clos Nazareth, à
Crezan (58220 Donzy), une petite communauté de religieuses qui s’efforcent,
avec l’aide du Christ et de sa très sainte Mère, de pratiquer la Règle de
l’Ordre de la Mère de Dieu donnée, le 19 septembre 1846, à Mélanie Calvat, en
religion Sœur Marie de la Croix, sur la Montagne de La Salette par la
Sainte Vierge. Prions pour ces religieuses afin qu’elles réalisent parfaitement
leur vocation pour la plus grande gloire de la sainte Trinité et le salut
des âmes !
N’oublions pas que le Secret de La Salette a provoqué et
provoque toujours la colère des francs-maçons et des modernistes et que nous
pouvons ainsi savoir de quel côté nous nous trouvons.
Abbé Ricossa, Sodalitium n° 48, périodique cité plus haut, p. 49, 2e
colonne, La “ trame ” de
l’Apocalypse :
« De quoi parle donc
l’Ap. [l’Apocalypse], si elle ne parle pas des derniers temps ? Elle est, nous l’avons
vu, une explication de toute la révélation sur Jésus-Christ, depuis la création
jusqu’à la fondation de l’Église. »
(Cf. Enc. Pascendi du pape saint Pie X sur les erreurs modernistes, §
50 ; et S. Matthieu, XXIV, 15 ;
Daniel, IX, 27 ; IIe Épître aux Thessaloniciens, II, 9-12.)
Encyclique Pascendi de Saint Pie X contre les modernistes, § 50 :
« 50. Quoi
encore ? En ce qui regarde
Jésus-Christ, ils reconnaissent, bien plus ils affirment qu'il a erré
manifestement dans la détermination du temps où l'avènement du royaume de Dieu
devait se réaliser. Aussi bien, quoi d'étonnant, s'il
était lui-même tributaire des lois de la vie ! - Après cela, que ne
diront-ils pas des dogmes de l'Église ! […] »
ID.,
Encyclique E supremi Apostolatus du 4 octobre 1903 :
« Qui pèse ces choses a droit de craindre qu’une
telle perversion des esprits ne soit le
commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et comme leur prise
de contact avec la terre, et que véritablement le fils de perdition dont parle l’Apôtre (1) n’ait
déjà fait son avènement parmi nous. »
1) 2 Thess. 2 : 4.
Ste Brigitte de Suède, Révélations,
chap. LXVII :
« Le Fils de Dieu
dit à sainte Brigitte : Ce monde est comme un navire qui, étant plein de
sollicitude, est assailli par les orages de la mer, et qui ne laisse jamais
l’homme en paix qu’il ne soit arrivé au port de repos ; car comme le navire à
trois parties, la proue, le milieu et la poupe, je vous décris aussi trois âges
au monde : le premier depuis Adam jusques à mon incarnation. Cet âge est
signifié par la proue, qui est haute, admirable et forte : haute en la piété
des patriarches ; admirable en la science des prophètes ; forte en l’observance
de la loi. Mais cette partie commença à déchoir, quand le peuple judaïque,
ayant méprisé mes commandements, se plongea dans les iniquités et méchancetés,
c’est pourquoi il a été rejeté de l’honneur et de la profession. Or, le milieu
du navire commença de paraître, lorsque le Fils de Dieu vivant eut pris la
nature humaine ; car comme le milieu de la mer est le plus profond, de même,
quand je fus incarné, l’humilité commença d’être prêchée, et l’honnêteté que
plusieurs avaient embrassée commença à être manifestée.
« Mais maintenant,
l’impiété et la superbe règnent, et ma passion est comme oubliée et négligée :
c’est pourquoi la troisième partie commence à monter, qui durera jusques au
jour du jugement, et en cet âge, j’ai envoyé mes paroles au monde par vous :
ceux qui les ouïront et les suivront seront sauvés, car comme saint Jean dit de
l’Évangile, non du sien, mais du mien : Bienheureux sont ceux qui n’ont pas vu
et qui ont cru ! j’en dis maintenant de même : Bienheureux seront certainement
ceux qui ouïront ces paroles et les suivront ! En la fin de cet âge l’Antéchrist naîtra d’une femme infâme
et maudite, qui feindra de savoir les choses spirituelles, et d’un homme
maudit, et d’eux le diable formera son ouvrage par la permission divine. Mais
le temps et la venue de l’Antéchrist ne seront pas comme ce Père, dont vous
avez vu les livres, a écrit, mais il viendra au temps que je connais, quand
l’iniquité abondera outre mesure et que l’impiété augmentera grandement. Partant, sachez que la foi sera ouverte à quelques Gentils, avant que
l’Antéchrist vienne. Après, quand les chrétiens aimeront les hérésies et que
les méchants fouleront le clergé et la justice, lors ce sera un signe que
l’Antéchrist viendra bientôt. »
Élie Daniel, « Serait-ce
vraiment la fin des temps ?... » : Prophéties relatives à
l’Antéchrist (chapitre IV, page 399), ouvrage cité plus haut, Pierre Téqui,
Libraire-Éditeur, Paris, 1927 :
« […] D’après ce
passage important, Sœur de la Nativité paraît être d’accord avec la Prophétie
des Papes pour affirmer que la fin du monde n’est plus très éloignée ; comme celle-ci, elle la situe aux
environs de l’an 2000, soit à la fin du XXe siècle, soit au début du XXIe siècle. Dans ces conditions, d’après ces prophéties, une centaine d’années
seulement nous séparerait de la redoutable catastrophe !… C’est à faire
réfléchir !... » [Notons bien que l’auteur
de cet ouvrage confond la Parousie et la fin du monde ou le jugement dernier.]
Ste Hildegarde, Scivias, P. III, Visions. XI (cf.
également Élie Daniel, « Serait-ce vraiment la fin des
temps ?... » : Prophéties relatives à l’Antéchrist (chapitre IV,
pages 391-393, 395), ouvrage cité plus haut :
« Le
fils de perdition, qui règnera très peu de temps, viendra dans les derniers
jours.
« Après
avoir passé une jeunesse licencieuse au milieu d'hommes très pervers et dans un
désert où elle aura été conduite un démon déguisé en ange de lumière, la mère
du fils de perdition le concevra et l'enfantera.
« Le fils de perdition est
cette bête très méchante qui fera mourir ceux qui refuseront de croire en lui,
qui s'associera les rois, les princes, les grands et les riches, qui méprisera
l'humanité et n'estimera que l'orgueil, qui enfin subjuguera l'univers entier
par des moyens diaboliques.
« Il
paraîtra agiter l'air, faire descendre le feu du ciel, produire des éclairs, le
tonnerre et la grêle, renverser les montagnes, dessécher les fleuves,
dépouiller la verdure des arbres des forêts et la leur rendre ensuite.
« Il
paraîtra aussi rendre les hommes malades, guérir les infirmes, chasser les
démons et quelquefois ressusciter les morts faisant qu'un cadavre remue comme
s’il était en vie. Cependant cette espèce de résurrection ne durera jamais au
delà d'une petite heure pour que la gloire de Dieu n'en souffre pas.
« Il
gagnera beaucoup de peuples, en leur disant : “Vous pouvez faire tout ce qui vous plaira ; renoncez aux
jeûnes, il suffit que vous m'aimiez, moi qui suis votre Dieu.”
« Il
leur montera des trésors et des richesses, et il leur permettra de se livrer à
toutes sortes de festins, comme ils le voudront. Il les obligera à pratiquer la
circoncision et plusieurs observances judaïques, et leur dira : “celui qui croira en moi recevra le pardon de ses péchés et
vivra avec moi éternellement.”
« Il
rejettera le baptême et l'évangile et il tournera en dérision tous les
préceptes que l'Eglise a donnés aux hommes de ma part.
« Ensuite
il dira à ses partisans : “Frappez-moi avec un glaive et
placez mon corps dans un linceul sans tache jusqu’au jour de ma résurrection.”
« On croira réellement lui avoir
donné la mort, et de son côté il fera semblant de ressusciter. Après quoi il
commandera à ses serviteurs de l'adorer.
« Quant
à ceux qui, par amour pour mon nom, refuseront de rendre cette adoration
sacrilège au fils de perdition, il les fera mourir au milieu des plus grands
tourments.
« Mais j'enverrai mes deux
témoins, Hénoch et Elie, que j'ai réservés pour ce temps-là. Leur mission sera de combattre cet
homme du mal et de ramener dans la voie de la vérité ceux qu’il aura séduits.
Ils auront la vertu d'opérer les miracles les plus éclatants dans tous les
lieux où le fils de perdition aura répandu ses mauvaises doctrines.
« Cependant
je permettrai que ce méchant les fasse mourir, mais je leur donnerai dans le
ciel la récompense de leurs travaux.
« Quand
le fils de perdition aura accompli tous ses desseins, il rassemblera ses
croyants et leur dira qu'il veut monter au ciel. Au moment même de cette
ascension, un coup de foudre le terrassera et le fera mourir.
« D'un
autre côté, la montagne où il sera établi pour opérer son ascension sera à
l'instant couverte d'une nuée qui répandra une corruption insupportable et
vraiment infernale. Ce qui, à la vue de son cadavre couvert de pourriture,
ouvrira les yeux à un grand nombre de personnes et leur fera avouer leur
misérable erreur.
« Après
la triste défaite du fils de perdition, l'épouse de mon Fils, qui est l'Eglise,
brillera d'une gloire sans égale et les victimes de l'erreur s'empresseront de
rentrer dans le bercail.
« Quant à savoir quel jour
après la chute de l'Antéchrist le monde devra finir, l'homme ne doit pas
chercher à le connaître, il ne pourrait y parvenir. Le Père s'en est réservé le
secret. O hommes, préparez-vous au jugement ! »
Cardinal Pie, Œuvres de Mgr
l’Évêque de Poitiers, Homélie prononcée dans la solennité du couronnement
de Notre-Dame-de-Lourdes par Mgr le Nonce Apostolique, délégué de Pie IX,
suivie d’un Bref pontifical relatif à cette homélie, 3 juillet 1876, Tome IX,
Librairie Oudin Frères, 1879, p. 334 :
« À
la différence de l’ancienne loi, sous laquelle le canon des Écritures demeura
ouvert jusqu’aux derniers jours d’Israël, le nôtre est scellé par la prophétie de saint
Jean [l’Apocalypse], qui d’ailleurs embrasse les destinées de l’Église et des
sociétés jusqu’à la fin des temps. Mais il ne suit pas de là que la révélation privée ait
été exclue de l’économie de la loi nouvelle. […] À toutes les époques, dit
l’Ange de l’École, il y a toujours eu quelques personnes favorisées de lumières
surnaturelles, non pour révéler une nouvelle foi, mais pour la direction de la
conduite humaine » (S. Thomas d’Aquin, Somme
théologique, 2a 2æ Quæst. CLXXIV, art. VI, ad tertium).
Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 26, 1 :
« Une
révélation plus claire encore, au sujet des derniers temps et des dix rois entre lesquels sera alors divisé
l’empire qui domine maintenant, a été faite par Jean, le disciple du Seigneur,
dans son Apocalypse. »
Apocalypse, I, 19 (livre inspiré de Dieu et écrit vers 95-96 sous le règne de
l’empereur romain Domitien) :
« Écris
donc ce que tu as vu, soit les choses qui sont, soit celles qui doivent arriver
après
cela (meta tauta). »
Saint Jean, l’Apocalypse, par le P. E.-B. Allo des Frères Prêcheurs, Professeur à
l’Université de Fribourg (Suisse), Éd. Gabalda, Paris, 1921, pp. LI et CXXVIII :
« 4.
Le monde terrestre, l’histoire future, et les signes de la fin. — Jean qui n’a pas eu besoin, comme ses devanciers non inspirés, de faire
remonter son livre, par une fiction, au temps d’un ancien patriarche ou
prophète, ne s’occupe nulle part de l’histoire passée du monde ; sa révélation ne concerne
que les temps commencés à la naissance de Jésus, pour s’étendre jusqu’au
jugement général.
[…] L’Apocalypse, qui met le sceau de
Cliquez (internet, lien hypertexte)
sur : abominat.htm
Hildegarde de Bingen, SCIVIAS
(Scito vias Domini), Les trois livres des visions et révélations :
« Connaissez les voies du Seigneur », traduit par Raymond Chamonel et
Pierre Lachèze, Introduction d’Albert Battendier : Sainte Hildegarde,
Livre Ier, Ve Vision, pp. 92-93 :
« Mais de même que
David répudia enfin la femme, qu'il avait épousée en premières noces, et qui
avait péché avec un autre homme, de même le Fils de Dieu répudia
Père Noël Barbara, extrait de
« Notre
Dame de
« Vous
connaissez tous l’histoire de
« Un
vieil abonné à Forts dans
« Cet
enregistrement comprend cinq cassettes de 90 minutes chacune, qui permettent de
découvrir :
« -
d’abord l’incroyable enfance de la voyante préparée à son insu, à sa future
mission par Celui qu’elle appelait naïvement “ mon petit frère ”.
« -
Ensuite, deux cassettes reprenant les dépositions de “ Mélanie, témoin et
messagère de
« -
Enfin, deux autres cassettes comprenant l’ “ étude du Message de Notre Dame de
(Éd. Forts dans
Maurice CANIONI,
« […]
De grands mystères s’étaient déroulés entre Dieu et cette âme depuis son
enfance. […] Avant de disparaître,
René Laurentin – Michel Corteville, Découverte du secret de La Salette, un an après la révélation du troisième secret de Fatima - au-delà des polémiques, la vérité sur l’apparition et ses voyants, Librrairie Arthème Fayard, 2002 :
« Comment
est né ce livre ?
« L’abbé
Michel Corteville a découvert le secret officiel de
ID., ibid., pp. 225-226 :
Lettre du R.P. Garrigou-Lagrange à F. Corteville ( + Carmel de Vienne, Isère, 1er septembre 1957).
Cher Monsieur,
« En
arrivant à Vienne où je suis jusqu’au 8 septembre, j’ai trouvé tout ce que vous
m’avez envoyé. J’ai cru reconnaître dans
« J’ai lu pas mal de publications sur ce sujet
et j’incline à penser que Mélanie a conservé sa mission jusqu’à sa mort. J’ai
bien connu un frère convers dominicain qui portait son très fructueux repas de
midi peu avant sa mort ; ce frère était au service de Mgr Cecchini, évêque
dominicain d’Altamura où elle mourut. Elle annonça le jour et l’heure de sa
mort à ce frère convers qui vérifia cette prédiction. »
Abbé GOUIN, Sœur Marie de
« À
la suite des trois premiers volumes de la collection « POUR SERVIR À
L’HISTOIRE RÉELLE DE
« À la lecture de l’ouvrage, il
est clair que l’objet de cette mission était la fondation de l’œuvre des
“Apôtres des derniers temps”, prédits par Saint Grignion de Monfort. Du temps
même de la vie de la Bergère de La Salette, l’Église a approuvé la Règle de
l’ORDRE DE LA MERE DE DIEU pour cet institut missionnaire, et Mgr Zola, le
saint évêque de Lecce (Italie) a donné l’imprimatur au Secret prophétique dont
un paragraphe déclare : “J’appelle les Apôtres des derniers temps, les
fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et
d’eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l’humilité, dans le mépris et le silence,
dans l’oraison et la mortification, dans la chasteté et dans l’union avec Dieu,
dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu’ils sortent et
viennent éclairer la terre…”
« L’association des ENFANTS DE
N.-D. DE
En la fête de ST JOSEPH
BEAUPREAU, 19 MARS 1969.
F. Corteville, Président de
“l’Association des enfants de NOTRE-DAME de
ID., ibid., Notice biographique sur l’abbé
Paul GOUIN (notice établie par le Président de l’Association des Enfants de
N.-D. de
Nantes, 25 janvier 1970
« Cher Monsieur,
« Soyez vivement remercié de
m’avoir fait don du si remarquable ouvrage de l’Abbé Gouin : “Sœur Marie
de
« Jusqu’à présent je ne
cherchais pas à approfondir cette question de
« […] Soyez remercié, Cher
Monsieur, vous et votre Association des “Enfants de Notre-Dame de
« Veuillez agréer, Cher
Monsieur, l’expression de toute ma gratitude.
Joseph CATTA
Doyen du Chapitre de
Marquis de
« Le 19 septembre 1901 – date anniversaire de l’Apparition de
“
J’ai encore aujourd’hui à mes yeux la trace des larmes que j’ai répandues à
pareil jour, en voulant apporter à mes enfants
s’ils se convertissaient, mais la triste nouvelle
s’ils persistaient dans leurs iniquités… ON FAIT PEU DE CAS DE CE QUE J’AI RÉVÉLÉ… Voilà l’heure où vont s’accomplir ces grandes
promesses QUE LES CHEFS DE L’ÉGLISE ONT MÉPRISÉES… Ils n’ont pas voulu de
lumières !... De tout cela j’ai bien souffert. La douleur en ce moment
oppresse mon cœur … le glaive douloureux, en ce moment, c’est de voir les
dispositions prises ou qui s’apprêtent… C’est de voir les pasteurs se détacher
du Lien Sacré qui dirige et gouverne
[…]
« Le
4 août 1904,
Extrait
du message de
« Et
maintenant, proclame en mon Nom : Sur toute l’humanité viendra un grand
châtiment, pas encore aujourd’hui, ni même demain, mais dans la deuxième moitié
du XXe siècle. Ce que j’ai déjà fait connaître à
Maximin Giraud à l’Abbé Lagier (L’extraordinaire Secret de
« Le
Pape plus que
1) « Reine de tous les saints » et également « Siège de
Aucune créature n’arrive à la cheville
de
Vénérable Mère Marie de Jésus
d’Agréda,
« Par
toutes ces faveurs et par celles que je marquerai dans la suite, l’auguste
Vierge eut une espèce de participation de l'être de son adorable Fils, que je
ne saurais exprimer, car ce divin Seigneur lui donna une communication de ses
attributs et de ses perfections qui correspondait su ministère de Mère et de
Maîtresse de l'Église, en la place de Jésus-Christ lui-même ; et par cette
communication elle fut élevée à un être tout nouveau de science et de pouvoir :
ainsi rien ne lui fut caché, soit dans les mystères divins soit dans les
cœurs des hommes. Elle sut en quel temps et
comment elle devait user de la puissance divine à laquelle elle participait à
l'égard des hommes, des démons et de toutes les créatures ; en un mot, notre grande Reine
reçut dignement et avec plénitude tout ce qu'une simple créature était capable
de recevoir. Saint Jean eut quelque intelligence de ces mystères, et elle lui
fut accordée afin qu'il connût et estimât au degré convenable le trésor qui lui
avait été confié, et dès ce jour-là il prit un nouveau soin de révérer et de
servir
Cliquez (internet, lien hypertexte)
sur : Livre VI - Ch. XXVI-XXIX
L’ordre de
Le Secret (lien hypertexte) : http://perso.wanadoo.fr/thomiste/calvat.htm
Mélanie de
« N'oublions pas ce à quoi nous aurions dû prêter notre attention : Les bergers ont toujours dit que la belle Dame, Marie notre douce Mère, a dit par deux fois : “ Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.” Elle l'a dit une première fois, à la fin des avertissements et menaces à l'orbe catholique. Puis, se mettant en marche en passant le petit ravin, elle dit encore : “ Vous le ferez passer à tout mon peuple.” Ce fut l'ordre de publier le secret. J'ai dû obéir. »
Lettre de Mgr Zola, évêque d'Urgente, puis de Lecce (Italie) à propos du Secret de Mélanie
Il importe de couper court à toute équivoque et (…) de l'autorité des princes de l'Église qui ont joué un grand rôle dans la publication du Secret de Mélanie.
Voici
ce que Mgr Zola, évêque d'Urgente, puis de Lecce, écrivait en 1880, à
M. Amédée Nicolas, avocat à Marseille, et chargé plus tard, par Léon XIII même, de donner une
explication du Secret :
« SAUVEUR-LOUIS,
Evêque de Lecce.
« Le
5 janvier 1880.
« C'est
en 1873 que M. l'abbé Bliard publia à Naples le Secret de
« Ledit Secret, en 1851, fut présenté,
dans son original, au Souverain-Pontife Pie IX, de sainte mémoire, et à
plusieurs Evêques et Cardinaux ; et, dernièrement, il a été soumis à une très
respectable et digne personne de grande autorité (et qu'il n'est pas bien à propos de vous nommer ici)
et, selon ce que je sais très bien, il n'a été pas du tout blâmé ni censuré.
Après tout cela, je n'aurais refusé que bien à tort ma licence de l'imprimer à
l'éditeur qui me demandait de publier le même Secret en
« En ferait-on, peut-être, une question de prudence et d'opportunité ? Mais cette question, qui avait bien sa raison d'être posée lorsqu'il s'agissait de publier pour la première fois le Secret, n'a pas lieu d'exister, tandis que le même Secret est déjà, depuis longtemps, dans le domaine public, sans que ni le Saint-Siège, ni les Evêques ne l'aient nullement réprouvé ni incriminé. Et l'on aurait cru faire vraiment un hors-d'œuvre que de s'adresser au Souverain-Pontife, avant que ma curie eût délivré sa licence d'imprimer, tandis que ce livre, en faisant sa première entrée dans le public, y parut plusieurs années avant, avec l'approbation de la curie d'un des princes de l'Église, le Cardinal Riario Sforza.
« À
l'appui de ces raisons, qui auraient suffi toutes seules pour justifier la
démarche de ma curie épiscopale, il me plaît d'ajouter quelques observations
qui me sont personnelles: Je connais bien de près la pieuse bergère de
« En
outre, ayant entre les mains le manuscrit du Secret depuis bien de
temps, je suis témoin de l'accomplissement des prédictions qu'il renferme ; et
je puis l'attester maintenant devant Dieu. Donc, je suis convaincu de
l'authenticité de la révélation par les vertus de l'heureuse bergère, par le
sentiment concordant de plusieurs Evêques, et surtout par l'accomplissement des
prédictions. Etant ainsi persuadé, j'aurais dû lutter contre ma conscience pour
m'opposer à la publication du Secret. Pendant que
« Je ne puis terminer cette lettre sans vous
dire encore un mot au sujet de la vertueuse Mélanie, cette âme privilégiée
qu'en France l'on méprise et que l'on accuse d'invention, d'extravagance et de
folie. Ces Messieurs, qui ont coutume de tout juger et de blâmer tout à la
légère, ne connaissent peut-être que bien peu ce qui la regarde. Or, ainsi qu'elle fut honorée sur la montagne par
« Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble serviteur. »
N’oublions
jamais que seul un évêque (episkopoV) validement consacré par un autre évêque a reçu la plénitude du
« sacrement de l’ordre » en faisant ainsi de lui un successeur des
Apôtres et en l’incorporant dans le « collège des évêques » avec le
triple pouvoir reçu de Dieu en tant que docteur de la foi, sanctificateur et
pasteur (a).
a) Cf. Code de droit canonique, can. 335, § 1 ; Dom Adrien
Gréa, L’Église et sa divine constitution,
ch. IX : Triple pouvoir conféré à la hiérarchie, et ch. XXV :
L’évêque, chef de l’Église particulière, Éd. Casterman, 1965.
12 août 2006 – Réponse à tous les détracteurs du
Secret de
·
http://www.virgo-maria.org/Documents/la-salette/La%20Salette-Lepidi-C-208.htm
(Texte
Intégral publié par Mélanie avec
l'Imprimatur de Sa Gr. Mgr Sauveur-Louis, Comte ZOLA, évêque de Leccè, en 1879,
suivi de quelques pièces justificatives. Le Tout Publié avec l'IMPRIMATUR du R. P. A.
LEPIDI, O. P., Maître du Sacré-Palais, Assistant Perpétuel de
· http://www.a-c-r-f.com/documents/Ste_Vierge_MARIE_1846_La_Salette.pdf
·
Défense du Secret de
·
Commentaire littéral du Secret de
La Révolte des hommes et l’heure de Marie, Guy Le Rumeur, Chez l’auteur, 79290 Argenton-l’Église, 1981, pp. 230-231 :
« Notre propos, en ces lignes, n’est pas de
tracer la vie de cette belle âme que fut Mélanie, mais de parler du Secret. Notons cependant, ce que semblent ignorer
bien des personnes qui ont fréquenté
« Lorsqu’elle était petite, sa mère, incroyante, ne l’aimait pas, elle lui défendait même de l’appeler maman. Elle la nommait la muette, la louve, la sauvage. Elle ne l’embrassa que le jour où elle prit le voile de postulante. Elle la frappait, la faisait coucher par terre, sous son propre lit et la chassait de la maison même par pluie battante. Parfois l’enfant se réfugiait dans les bois. Une fois, elle y séjourna vingt jours. C’est là qu’elle rencontra son ‘’Petit Frère’’ qui, elle ne le sut qu’à l’âge de 22 ans, n’était autre que l’Enfant Jésus. C’est dans de telles circonstances qu’à cinq ans elle reçut de Lui la sainte Communion et les saints stigmates.
« Il y a aujourd’hui encore, des gens qui pensent que tout cela n’était que fabulation. Pourtant il existe des témoignages de prêtres qui ont vu les stigmates. Sa mère déclara un jour : ‘’Mélanie a mauvaise santé, elle n’a presque pas de force dans les bras, à tel point que, si elle était ici, elle serait obligée de prendre avec les deux mains le verre où vous lui serviriez à boire… elle a ici (en montrant le dessus de la main) des plaies comme Notre Seigneur.’’ La sœur de Mélanie qui était là ajouta : ‘’J’ai vu moi, ici (portant la main sur le coup-de-pied) du sang qui traversait ses bas.’’
« En 1903, à Diou, dans l’Allier, elle avait dit à l’abbé Combe : ‘’Je ne mourrai pas ici, je mourrai en Italie, dans un pays que je ne connais pas, où je ne connais personne, pays presque sauvage, mais où on ne jure pas et où on aime le Bon Dieu. Je serai seule ; un beau matin on verra mes volets fermés ; on ouvrira de force la porte et on me trouvera morte.’’
« C’est ce qui se passa à Altamura, le 14 décembre 1904. Exhumée six mois après sa mort, elle fut trouvée ‘’fraîche, intacte et souple’’ et l’autorité religieuse d’Altamura fit graver sur son monument funéraire : ‘’Morte en odeur de sainteté.’’
« Comme saint François, Mélanie parlait aux animaux (loups, renards,
lièvres, chamois, oiseaux). Elle fit des miracles et Dieu en fit beaucoup pour
elle. A chaque calomnie
que l’on répétait à S.S. Pie IX, celui-ci répondait : ‘’Mélanie est une
bonne fille.’’ Saint Pie X, après avoir lu sa vie,
s’écria : ‘’La nostra Santa’’ et il engagea Mgr Cechini à introduire sa cause sans délai.
« Dans tout ce qui précède, nous n’avons qu’un reflet des souffrances
endurées par celle qui avait un grand désir de vivre effacée mais dont la
volonté était d’obéir à
a) Cf. S. Thomas
d’Aquin, S. th., II-I, La béatitude, qu. 3, art. 8, conclusion ; II Corinthiens,
V, 7.
- - - - - - - - - - - -
Prière de Sœur Marie de
Seigneur,
la main seule de votre infinie miséricorde peut nous sauver de tant de fléaux. Seigneur,
nous sommes enivrés d’afflictions intérieures et extérieures, ayez pitié de
nous ! Détournez, Seigneur, votre face de nos péchés et regardez
Jésus-Christ qui vous a donné satisfaction en souffrant et en mourant pour
nous, il est votre Fils ! Et ainsi nous célébrerons votre infinie
miséricorde.
Vite,
exaucez-nous, Seigneur, autrement notre courage sera bien amoindri, car nous
sommes tombés dans un état misérable ! Vite Seigneur, faites sentir votre
miséricorde, car nous n’espérons qu’en vous seul, qui êtes notre Père, notre
Créateur, et qui devez conserver et sauver ceux qui sont vôtres pour toujours.
Ainsi soit-il.
« Bien
volontiers j’enrichis cette dévote prière de la pieuse Mélanie Calvat de 40
jours d’indulgence chaque fois qu’on voudra bien la réciter
Fr.
Carlo Guiseppe
Évêque
du Titre d’Halicarnasse, prélat ordinaire d’Altamura et d’Acquaviva delle
Fonti.
Acquaviva,
le 8 septembre 1905.
- - - - - - - - - - - -
De la charité de la très-sainte Vierge
Vénérable Mère Marie de Jésus d’Agréda,
«
Notre Seigneur Jésus-Christ nous enseigna, lorsqu’il fondait sa très-parfaite
loi d’amour et de grâce, d’être parfaits à l’exemple de notre Père céleste, qui
fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants sans aucune distinction
(1). Le seul Fils du Père éternel pouvait donner une telle doctrine et un tel
exemple aux hommes. […] Notre amour ne peut causer aucune bonté en l’objet
qu’il aime, comme le fait la charité incréée du Seigneur ; mais du moins,
si nous ne pouvons rendre meilleur ce que nous aimons, nous pouvons bien aimer
sans aucun intérêt, sans distinction des personnes, et faire le bien sans en
espérer aucun retour. […] La seule Marie fut élue entre toutes les créatures comme le soleil
de justice (2), afin qu’elle l’imitât en la charité, et tirât de lui une copie de cette vertu qui fût conforme à
son original. Elle seule sut aimer
avec plus de perfection que toutes les autres ensemble, aimant Dieu purement
pour Dieu, et les créatures pour Dieu et comme il les aime. Elle seule a suivi justement
les mouvements et les généreuses inclinations de la charité, aimant le
souverain bien pour le souverain bien, sas aucune prétention, et aimant des
créatures à cause de leur participation qu’elles ont de Dieu, et non pas pour le
retour ni pour la récompense, et
afin qu’imitant en toutes choses
1) Cf. S. Matthieu, V, 45.
2) Cf. Cantique des cantiques, VI, 9.
ID., ibid., t.
2, IIe p., liv. VIe, ch. XII : La prière que notre Sauveur fit dans le jardin.- Les mystères qui s’y
passèrent, et ce que sa très-sainte Mère en connut, § 1207 :
« Pendant
que l’on faisait tous ces préparatifs, le Seigneur était avec les onze apôtres,
et travaillait à notre salut éternel et à celui même de ceux qui songeant à le
faire mourir. Ce fut un admirable débat
entre la malice excessive des hommes et la bonté infinie de Dieu ; que si
cette lutte du bien et du mal commença dans le monde à partir du premier homme,
ces deux principes extrêmes atteignirent en la mort de notre Rédempteur leur
plus grand développement, puisque la malice humaine et la bonté divine
déployèrent en ce moment l’une contre l’autre toutes leurs ressources
possibles : la première, en ôtant la vie et l’honneur au Créateur et au
Rédempteur des hommes ; la seconde, en les sacrifiant pour leur salut avec
une immense charité. Il fut pour ainsi dire nécessaire dans cette occasion que
l’âme très-sainte de notre Seigneur Jésus-Christ regardât sa très-pure Mère, et
que sa Divinité en fît de même, afin de trouver parmi les créatures un sujet
capable d’attirer son amour et d’arrêter la justice divine. Car il considérait alors qu’en cette seule pure
créature il recevrait dignement le fruit de la passion et de la mort que les hommes lui destinaient ;
la justice divine trouvait en cette sainteté sans borne une certaine
compensation à la malice des hommes, et les trésors des mérites de Jésus-Christ
étaient mis en dépôt en l’humilité, en la fidélité et en la charité de cette
Auguste Dame, afin que l’Église renaquît ensuite et sortît des mérites et de la
mort du même Seigneur, comme le phénix de ses cendres. Cette complaisance que
l’humanité de notre Rédempteur prenait à considérer la sainteté de sa divine
Mère, le fortifiait en quelque sorte pour vaindre la malice des mortels, et il
reconnaissait que la patience avec laquelle il souffrait toutes ses peines
n’étaient point inutiles, puisqu’il trouvait entre les hommes sa bien-aimée et
très-sainte Mère. »
- - - - - - - - - - - -
La Comète : châtiment
divin ? (pp. 80-98)
Jacques Delacroix
(Ed. DELACROIX - BP. 18 - 35430 CHATEAUNEUF : Prophéties)
C) La concordance des prophéties sur l'expression du
châtiment divin : l'annonce d'une éclipse temporaire du soleil par
l'intervention probable d'une comète.
Avant
de développer un certain nombre de prophéties, voici l'enseignement du cardinal Pie au sujet de la révélation privée.
L'éminent Cardinal l'a donné dans son
«Homélie prononcée dans la solennité du couronnement de Notre-Dame de Lourdes
par Mgr le nonce apostolique, délégué de Pie IX». Cette homélie fut tellement
appréciée qu'elle lui mérita un Bref Pontifical de Pie IX, particulièrement louangeur. On peut la lire au
Tome 9 pages 330 à 353 de ses œuvres Episcopales. Voici les lignes
relatives à notre sujet :
«
... Ce qui s'explique plus difficilement,
c'est que des chrétiens qui admettent
la parole de Dieu, bien mieux, ceux-là surtout qui basent leur croyance sur cette
parole librement et individuellement
interprétée, aient posé en principe que Dieu s'est interdit de parler dorénavant aux hommes, et que toute vision et révélation privée est désormais chimère
ou mensonge...
Or, M.T.-C. F l'enseignement authentique
de l'Eglise, l'enseignement des
docteurs, des conciles et des papes n'a pas été muet sur cette question. Sans doute, le dépôt sacré de la révélation a été clos avec l'ère apostolique...
.Mais il ne suit pas de là que la
révélation privée ait été exclue de l'économie de la loi nouvelle. La raison toute seule nous enseigne
qu'il est toujours libre à Dieu de se mettre en rapport avec sa créature
; et les annales de l'Eglise nous montrent
de siècle en siècle de grands fruits
de sainteté obtenus, de grandes lumières et de grandes grâces octroyées aux âmes, des consolations et des
directions très opportunes offertes au
peuple chrétien par la voie de ces communications
extraordinaires. «A toutes les époques, dit Saint Thomas-d'Aquin, il y a toujours eu quelques personnes favorisées de lumières surnaturelles, non pour révéler une
nouvelle doctrine de foi mais pour la direction de la conduite humaine» (2a 2ae q. 174, art.6, ad tertium).
Le
cinquième concile œcuménique de Latran, en réponse aux diatribes anticipées de l'école luthérienne, dont Mélancthon et les centuriateurs de Magdebourg allaient se faire les
porte-voix, a solennellement affirmé
et vengé cette permanence
de l'inspiration
dans l'Eglise, et il n'a pas fait difficulté de l'appuyer sur l'autorité de l'ancien et du nouveau Testament
: «Le Seigneur lui-même, dit-il,
s'est engagé à cela par le prophète Amos : Ut per Amos prophetam ipse promittit».
Je
vois sourire l'incrédule. Mon frère, ne récusez pas trop légèrement cet oracle. En fait de science
politique, vous avez le vôtre, et c'est peut-être Machiavel. Or
Machiavel, c'est-à-dire, je veux le
reconnaître, l'un des écrivains qui ont porté dans l'étude de l'histoire des sociétés humaines un flair
très-fin et très-exercé, Machiavel a
écrit que «jamais il ne s'est
produit dans le monde de grands événements qui n'eussent été prédits de quelque
manière» (a). Savait-il qu'il traduisait le verset d'Amos auquel
la constitution conciliaire du pape Léon X semble avoir fait allusion ? «Le Seigneur
ne fait rien sans qu'il ait révélé
son secret à ses serviteurs, les prophètes»
(Amos, III, 7).
Mais,
me dites-vous, on peut être conduit loin par cette doctrine ; et ne voyez-vous
pas naître des milliers de visionnaires ?
Assurément,
M.F., s'il y a des visions vraies, il y en a de fausses, j'accorde même, étant
donnée la disposition des esprits, à certaines époques surtout, qu'une vision
vraie devient le signal d'une multitude de visions fausses. Que conclure de là
? qu'il faut mettre en même catégorie ce qui est vrai et ce qui est faux ?
C'est ce que le concile nous défend... et il nous le défend, armé de l'autorité
de l'apôtre, lequel, à côté du principe, établit la règle et le moyen de
discernement. «Donnez-vous bien garde, dit saint Paul, d'éteindre l'esprit, et de
mépriser de parti pris toute espèce de révélations. Mais soumettez-les à
l'épreuve, et retenez ce qui est bon» (I Thess, V 19 à 21). Ainsi fait
l'Eglise. Elle a appris de saint Jean «qu'il ne faut pas se fier à tout esprit,
mais qu'il faut éprouver si les esprits proviennent de Dieu» (I Jean,
IV, 1).
(...)
L'Eglise, quand elle a formé sa conviction sur la valeur de la révélation, si
elle en autorise la croyance, ainsi que les actes de piété qui s'y rattachent,
ne fait pourtant de commandement et n'impose d'obligation à personne.
(...)
Il est d'autres trempes d'esprit, d'autres tempéraments, d'autres caractères,
qui n'aiment point aller au devant de ces manifestations, parce qu'elles sont
pour eux un sujet d'ahurissement et d'effroi...».
Ainsi
parlait le Cardinal Pie. Que ceux qui suivent des révélations privées,
sérieuses, non condamnées, éprouvées, soient rassurés. Que ceux qui les
rejettent systématiquement, n'imposent pas aux autres leur sectarisme. Ces
derniers sont bien souvent de pseudo-théologiens, trop attachés à une formation
universitaire sceptique, libérale et naturaliste.
a) Cité par De Maistre, Soirées de Saint
Pétersbourg, entretien onzième.
1) Quelques
prophéties isolées
Une prophétie du XVIe siècle,
décrivant la crise actuelle de l'Eglise où la chaire de Pierre serait occupée
par un imposteur, conclut : «Les astronomes n'ont donc qu'à préparer
leurs lunettes, car nous voici arrivés à ce temps de l'apostasie».
H.J. Andersen écrit quant à lui
: «Au cours du prochain décalage des pôles (a), une grande puissance se verra
repoussée au moment décisif où elle tentera de s'approprier l'hégémonie
mondiale, par un effet cosmique !»
(«Décalage
des pôles»).
Le
bouleversement provoqué par un corps stellaire pourrait, en effet, déplacer
l'axe terrestre. Nous lisons dans Isaïe (II, 20) : «La terre éclate en se brisant, la terre tombe en miettes, la terre
vacille étrangement... La terre chancelle comme un homme ivre, elle est secouée
comme une hutte, accablée par le poids de son iniquité» (b). Ce changement
d'axe pourrait contrarier ou annuler temporairement la rotation de la terre
face au soleil. Une moitié du globe se trouverait alors exposée aux rayons du
soleil pendant plusieurs jours, tandis que l'autre moitié serait plongée dans
une obscurité absolue et glaciale. Ceci confirmerait la prophétie, tant
scripturale que privée, des trois jours
de ténèbres ainsi que les messages mariaux reconnus par l'Eglise annonçant
: «des nations et des continents
disparaîtront» et que «la terre sera
comme un désert».
a) Voici ce qu'écrivait l'ingénieur Lagad, astronome et
mathématicien : «Dans le cadre des lois de la mécanique céleste, un grand
déplacement relatif des pôles est possible sans nécessiter la collision de
« Cependant,
b) Ce passage de
2) Les
prédictions étonnantes du pasteur Cayce (a) et de Philippe de Lyon
a) Est-ce une nouvelle sibylle ? Ce pasteur n’était
pas catholique, donc nous mettons de sérieuses réserves sur ses prophéties.
Toutefois, nous les citons parce qu'elles concordent avec d'autres, plus
sérieuses et peuvent être utiles pour la compréhension de cette brochure.
Arrêtons-nous maintenant quelques instants sur les
visions du pasteur Cayce. Mort il y a quelque cinquante ans, il ignorait
forcément les travaux du professeur Ferrada.
Cayce
était un «prophète» renommé. En avril 1929, un courtier le consulta à propos de
Le 1er
janvier 1945, alors qu'il était confiné dans une maison de convalescence
à Roanoke, en Virginie, Cayce prédit que ses propres funérailles auraient lieu
dans quatre jours. Il ne se trompa pas !
Cayce
fit de nombreuses prévisions concernant les dernières années du XXe siècle.
Selon lui, la démocratie ne remplacerait pas seulement le communisme en Chine
mais s'étendrait au monde entier. Sur une note plus
sombre, il prédit de drastiques et soudains
changements à la surface de la terre,
en raison d'une modification de l'axe
polaire, avec comme résultat, la disparition
du nord de l'Europe sous l'océan, «en un clin d'œil».
«Alors arrivera le renversement de l'axe
des pôles qui aura comme conséquence que les pays à climat froid et
serai-tropical deviendront tropicaux (...) des eaux libres apparaîtront dans le
nord du Groenland». Le Japon sera détruit par des tremblements de terre
et des éruptions volcaniques ; et l'Alabama du Sud,
«Des guerres surgiront en Syrie
dans le golfe Persique» ; «Des guerres, des mouvements telluriques dans les
profondeurs de la terre, le basculement de celle-ci parle changement de
position de son axe relativement à l'étoile polaire. Ces changements amèneront
la submersion de certaines zones avec les inondations dues aux raz-de-marée qui
suivra». «Un signe que ceux-ci doivent arriver bientôt, c'est comme l'ont dit
les anciens, quand le soleil s'obscurcira (a)».
Si,
en effet, la terre change d'axe qu'elle qu'en soit la raison, son mouvement
habituel s'arrêtera un temps, jusqu'à cette remise en marche, le jour et la
nuit seront bloqués, puisqu'il n'y aura plus de mouvement. Or, combien de
dizaines de prophéties n'annoncent-elles pas trois nuits et deux jours de
ténèbres ?
a) L'obscurcissement du soleil ne sera-t-il pas la
conséquence du passage d'une comète, comme il y a deux mille ans ?
Philippe de
Lyon, grand voyant, annonçait en 1902
: «On verra l'an 2000 mais il y aura de
grands changements. (...) le renversement des pôles amènera le chaud à la place
du froid et inversement» (Dossier Brûlant, n. 2, 1999).
3) Les
prophéties annoncent "trois jours de ténèbres au cours
desquelles se dérouleraient des phénomènes conséquents
au passage d'une comète
« Jour de fureur, ce jour-là !
Jour de détresse et de tribulation,
Jour de désolation et de dévastation,
Jour d'obscurité et de sombres nuages,
Jour de nuées et de ténèbres,
Jour de sonneries de cor et de cris de guerre
Contre les villes fortes et les hautes tours.
Je livrerai les hommes à la détresse
Et ils iront comme des aveugles
(parce qu'ils ont péché contre Yahvé);
Leur sang sera répandu comme de la poussière,
Leurs cadavres jetés comme des ordures.
Ni leur argent, ni leur or
Ne pourront les sauver » (Sophonie, I,
15-18).
- Il y a deux mille ans, l'éclipse
produite par le passage d'un «objet» ressemblant étrangement à une comète a
duré trois heures.
- Le 13 octobre 1917 à Fatima,
Comment un
tel phénomène peut-il survenir ?
Il
suffirait pour cela d'une météorite d'un kilomètre de diamètre. La collision de
celle-ci avec la terre ferait remonter très haut dans le ciel un immense geyser
de dizaines de milliers de fragments rocheux.
Cette
pulvérisation d'énormes masses rocheuses dans la stratosphère peut dégager une
poussière capable de se répandre et de constituer une couche épaisse ne
laissant plus passer les rayons du soleil et faisant chuter la température de
notre globe terrestre.
Nous
allons maintenant recenser un ensemble de prophéties confortant l'ensemble des
faits accumulés :
- Marie-Julie
Jahenny de La Fraudais
«La désolation sera si grande et le châtiment
si terrible que plusieurs sécheront de frayeur et se croiront à la fin du
monde». «Il y aura trois jours de
ténèbres physiques, pendant trois nuits et deux jours il y aura une nuit
continuelle». «Le Grand Coup de la main de Dieu ne sera pas de longue
durée, niais il sera si terrible que beaucoup en mourront de peur. C'est après ce grand Coup qu'arrivera le
triomphe de l'Eglise et de
On
imagine la terreur des populations... et donc, la nécessité de les préparer !
Elle évoque «un mélange inexplicable de
toutes sortes de désolations dans les années qui finiront le siècle» (Dossier
Brûlant, n. 2,1999, p. 57).
«Le plus pénible pour vous, le plus
douloureux, ce sera quand, du firmament, le soleil sera tombé dans un lieu sans
lumière ; quand les étoiles commenceront à se grouper, une multitude ensemble.
Au commencement de ce signe, vous penserez sérieusement à l'obscurcissement du
soleil.
La colère de
mon Fils parlera, avec tant d'éclat, dans son tonnerre que, même en ce royaume,
vos demeures s'écrouleront. Dans ces jours de deuil, il y aura un nouveau
tremblement de terre, moins fort que beaucoup d'autres, moins fort qu'en
beaucoup d'autres lieux. Il sera facile de le remarquer : tout tremblera, excepté le meuble où brûlera
le cierge de cire. Vous vous grouperez tout autour, avec le Crucifix et
mon image bénite. Voilà ce qui éloignera de vous cette frayeur qui, pendant ces
jours, sera cause de beaucoup de morts.
Voici une preuve de ma bonté : ceux
qui m'auront bien servie et invoquée, et qui garderont dans leur demeure mon
image bénite, je garderai sans dommage tout ce qui leur appartient.
Pendant ces trois jours, je
protégerai leurs bestiaux affamés. Je les garderai, car il sera impossible
d'entrouvrir une seule porte. La
faim des animaux sera rassasiée par moi, sans aucune nourriture.
La chaleur du ciel sera si brûlante
qu'elle sera insupportable, même dans vos demeures fermées. Tout le ciel sera en feu, mais les éclairs
ne pénétreront point dans les maisons où il y aura la lumière. Ne vous effrayez
pas» (Extase du
24.3.1881).
«... A la suite de cet orage, je ferai sortir de
terre une "brûlaison" horrible. Les chrétiens ne pourront supporter
cette odeur et cette chaleur. Mes enfants, vous n'ouvrirez ni vos portes ni vos
fenêtres. Il faut que le règne du péché finisse. Jamais la terre et le monde
n'auront été en semblable état. Il faut en finir, ou bien toute âme se perdra» (Extase
du 9.3.1878).
«Mes enfants, je reviens à ces trois
jours de terreur. Pendant ces trois jours, les impies, les profanateurs, les
blasphémateurs et tous les "mahomet" parcourront
la terre dans les ténèbres. Ils seront tourmentés par la mort, déjà entrée dans
leur âme. Ils seront poussés par la rage de Lucifer. Ils courront de toute leur
force, comme des monstres, en poussant des hurlements épouvantables. Ils se
feront entendre jusqu'au fond des campagnes. Vous aurez soin, nies enfants, de
fermer vos yeux et vos oreilles à ces bruits maudits. Ce sera Satan et sa rage
; ce sera l'orage de sa fureur ; ce sera aussi son dernier effort» (Extase du 22.1.1878).
«Le feu du ciel tombera sur Sodome
et principalement sur cette salle de l'enfer (a) où se fabriquent les mauvaises lois. Elle sera
ensanglantée et à sa place sera comme une immense carrière de laquelle jusqu'à
la fin du monde on ne pourra s'approcher sans éprouver un frémissement
d'horreur. Dans cette Sodome, il y aura des endroits tellement bouleversés
qu'il n'y restera pas un seul pavé en place. Le feu du ciel se mêlera au feu de
la terre» (Extase du 4 juillet 1902).
a) ... c'est-à-dire l'Assemblée Nationale.
Rappelons
cet extrait du Figaro Magazine cité
plus haut : «Imaginons qu'un astéroïde d'une centaine de mètres s'abatte sur
Paris. «Une majeure partie de la ville
serait anéantie et des centaines de milliers de tuées sur le coup(a).»
a) Le saint curé d'Ars n'a-t-il pas indiqué le moment
de la reconquête :... lorsqu'on aura eu connaissance de la destruction de Paris
par du feu descendu du ciel ?
- Saint
Vincent Ferrier (1350-1419)
«Un temps viendra où se produira un
bouleverseraient tel que jamais on n'en a vu ni n'en reverra, si ce n'est celui
du Jugement dernier. L'Eglise pleurera... C'est encore loin pour l'instant,
niais cela arrivera indubitablement, à peu près au temps où deux hommes se
proclameront rois, niais leurs jours seront de courte durée. Vous verrez un
signe, vous ne le reconnaîtrez pas ; niais sachez qu'à cette époque les femmes
se vêtiront comme les hommes et se comporteront selon leur bon plaisir ; et les
hommes s'habilleront comme des femmes» (13.9.1403).
- Saint Césaire
d'Arles (470-542)
Le
saint évoque ainsi un châtiment sur Paris : «Le
fer et le feu enserrent
- La Vénérable
Anne-Marie Taigi (1837) :
«Dieu enverra deux châtiments : l'un
sous la forme de guerres, révolutions et dangers qui viendront des hommes ;
l'autre viendra du ciel. La terre sera plongée dans une obscurité profonde qui durera
trois jours et trois nuits. On ne verra rien, l'air deviendra pestilentiel et
nocif, non seulement pour les ennemis de la religion, niais pour tous les
humains.
Pendant ces trois jours de ténèbres,
la lumière artificielle sera inefficace, seuls les cierges bénits éclaireront ;
les fidèles devront rester chez eux à réciter le chapelet pour demander à Dieu
miséricorde.
Tous les ennemis de l'Eglise
périront sur toute la terre pendant cette obscurité universelle, à l'exception
de quelques-uns qui se convertiront...
Saint Pierre
et Saint Paul interviendront dans l'élection d'un nouveau Pape (a).
a)
Ceci vient confirmer la prophétie de
Des millions d'hommes mourront par
l'épée, les uns à la guerre, les autres dans des luttes civiles ; d'autres
millions périront d'une mort imprévue. Une renaissance universelle suivra cette
épreuve. Ce changement surviendra au moment où l'Eglise semblera avoir perdu
les moyens humains de faire face aux persécutions» (1837).
Ce
qui est certain, c'est que tout ira vite, très vite. Toutes les prophéties
s'accordent sur ce point : le cataclysme sera «instantané, de courte durée, mais terrible». Anne-Marie Taïgi, du tiers-ordre de
- La vénérable
Sœur Nativité (1731-1798) ou Jeanne Le Royer
«Les méchants trament des complots
contre mon Eglise, mais selon les décrets de ma justice, ils périront et leurs
lois sacrilèges seront abrogées. Oui... ils périront ; c'est décidé ; la
sentence est prononcée !
De mon bras puissant, je les
précipiterai comme la foudre au fond de l'abîme où ils tomberont aussi
rapidement et avec autant de violence que Lucifer et ses acolytes».
(...) «Mais voici ce que Dieu voulut
bien me faire voir dans sa lumière. Je commençai à regarder dans la lumière de
Dieu, le siècle qui doit commencer en 1800 ; je vis par cette lumière que le
jugement n'y était pas, et que ce ne serait pas le dernier siècle. Je
considérai, à la faveur de cette même lumière, le siècle de 1900, jusque vers
la fin, pour voir positivement si ce serait le dernier. Notre Seigneur me fit
connaître, et en même temps nie mit en doute, si ce serait à la fin du siècle
de 1900, ou dans celui de 2000. Mais ce que j'ai vu, c'est que si le jugement
arrive dans le siècle de 1900, il ne viendrait que vers la fin ; et que s'il
passe ce siècle, celui de 2000 ne passera pas sans qu'il arrive, ainsi que je
l'ai vu dans la lumière de Dieu».
Dans la mesure où notre époque semble
être une préfiguration de ce que sera l'avènement de l'Antéchrist et donc de la
fin, tout nous porte à croire que le châtiment divin attendu ressemblera au
châtiment final Voici maintenant ce
que la mystique voit de la fin du monde.
«Le
soleil, devenu obscur et ténébreux, s'arrêta dans sa course... Tous
les astres demandent à être purifiés des forfaits dont on les a rendus témoins
par une espèce de complicité... ; plus fortement encore, la terre crie
vengeance contre l'ingratitude des pécheurs et veut être purifiée des
abominations dont ils l'ont souillée et rendue le théâtre impur... la mer, le
feu, l'air et tous les éléments, tout prend un langage de vengeance qui
sollicite la justice divine contre les pécheurs... Aussitôt j'entends une voix
toute puissante qui dit : «Oui, voici
le moment où je vais tout renouveler... Je vais faire de nouveaux cieux et une
nouvelle terre... et cela se fera dans un clin d'œil». Un feu prodigieux parti
du firmament et répandu dans les airs, descend sur la terre, où, dans la
minute, il a tout consumé, tout détruit, tout purifié, sans qu'il y reste un
seul vestige de souillure. Ainsi se fera par le feu cette purification
substantielle, cette admirable rénovation des éléments et de la nature entière,
dont il résultera une nouvelle terre et de nouveaux cieux».
- Marie des
Vallées
Nous
avons trouvé des écrits intéressants de celle que l'on appelle «la sainte de Coutances», Marie des
Vallées. Voici quelques extraits de ses écrits :
«Marie
ne souffrait pas seulement pour les âmes de son temps, mais aussi pour celles
qui vivraient avant le commencement du Grand Jubilé, c'est-à-dire le temps de
Quand
elle nomma Jésus «Roi du ciel et de la
terre», Il l'interrompit brusquement : «Non,
pas de la terre, c'est le péché qui y règne. Mais le chasserai et le détruirai
bientôt ce monstre et Je régnerai dans tout l'univers». Marie elle-même a
annoncé : «Le temps viendra, après une
crise universelle qui doit arriver, où il n'y aura plus que la justice sur
terre, et le péché sera banni».
Puisque
Dieu lui avait parlé d'une conversion universelle, elle s'offrit comme victime
expiatrice afin que celle-ci puisse se réaliser, «et Dieu, écrivit saint jean Eudes, exauça sa prière». «Je vis,
raconta-t-elle, venir
Marie
vit le péché sous la forme d'un serpent à trois blessures (le péché des
prêtres, celui des chefs d'Etat, et celui du peuple) qui se mordait la queue,
c'est-à-dire qui se détruisait lui-même. Notre-Seigneur dit à Marie : «Va-t-en dire une chose trois fois triste.
Ce sont, dit-II, ces paroles : Spiritus Domini replevit orbem terrarum, ce qui
s'entend du temps où le Saint-Esprit mettra le feu de l'Amour divin par toute
la terre et qu'il fera son déluge. Car il y a trois déluges, qui sont tous
trois tristes et qui sont envoyés pour détruire le péché. Le premier déluge est
celui du Père Eternel, qui a été un déluge d'eau, le second est celui du Fils
qui a été un déluge de sang ; le troisième est celui du Saint-Esprit qui sera
un déluge de feu. Mais il sera aussi triste que les autres puisqu'il trouvera
beaucoup de résistance et quantité de bois vert qui sera difficile à brûler.
Deux sont passés, mais le troisième reste ; et comme les deux premiers ont été
prédits longtemps avant qu'ils n'arrivassent, ainsi en sera-t-il du dernier
dont Dieu seul connaît présentement le temps»« (Irmgard Hausmann : «Marie
des Vallées, âme
expiatrice pour le temps de la conversion générale», pp. 26-29).
- Le Vénérable
Père Bernard-Marie Clausi, religieux
«... Ce fléau se fera sentir partout et sera
si terrible que chaque survivant croira qu'il a été, seul, épargné (a). Le
monde se repentira et deviendra bon. Ce
châtiment sera très court mais effrayant. Avant que ces événements
surviennent, le mal aura fait tant de progrès sur la terre que les dénions
sembleront être sortis de l'enfer, et la persécution des méchants contre les
justes sera si violente que ceux-ci souffriront un véritable martyre. Les
choses arriveront à leur paroxysme, mais quand l'homme, dans son impuissance,
croira tout perdu, Dieu Lui-même remettra tout en ordre en un rien de temps,
comme du matin au soir».
a) Les prophéties s'accordent sur un tout petit
nombre de survivants : entre un quart et un tiers de l'humanité.
- Vision de la
religieuse trappistine de Chemillé (diocèse
d'Angers), morte en odeur de sainteté en 1828.
«Le
jour des Rois 1820... j'entendis des voix nombreuses qui criaient d'un ton
terrible ; et dans ce moment, je me crus demi-morte. Mais j'eus encore plus
peur quand j'entendis plus distinctement par trois fois les mêmes voix qui
disaient : «Nous sommes vainqueurs, nous avons
la victoire !».
Au
moment où les voix prononçaient ces paroles, tout d'un coup, je vis que le ciel
devint une nuit profonde ; je n'avais rien vu de si obscur. Cette obscurité fut
accompagnée d'un éclat de tonnerre venant à la fois des quatre parties de la
terre.
Il
m'est impossible de vous peindre quelle fut ma frayeur. Le ciel devint tout en
feu ; il lançait de toutes parts des flèches enflammées ; et il se faisait un
bruit si terrible qu'il paraissait annoncer la ruine entière du monde.
J'aperçus
alors un gros nuage rouge, couleur de sang de bœuf ; ce nuage roulait de tous
côtés et me donnait bien de l'inquiétude, ne sachant ce qu'il signifiait.
Cependant j'aperçus une multitude d'hommes et de
femmes qui avaient des figures à faire peur ; ils vomissaient des blasphèmes
horribles contre tout ce qu'il y a de plus sacré au ciel et sur la terre. J'en
ressentis une si grande peine, que je l'éprouve encore maintenant. Ce qui me
surprit le plus, ce fut de voir à la tête de ces malheureux, quelques-uns de
ceux qui, par leur état, doivent les porter au bien et qui les poussaient au
mal.
Le
tonnerre grondait toujours dans les airs d'une manière effrayante lorsque
j'entendis une voix qui me dit : «Ne
crains pas ! Mon courroux tombera sur ceux qui ont allumé ma colère ; ils
disparaîtront dans un moment. Tout l'univers sera étonné d'apprendre la
destruction de la plus belle, de la plus superbe ville ! Je dis : superbe, par
ses crimes ; car je l'ai en abomination. Elle a empoisonné toutes les nations
avec sa malheureuse philosophie qui répand partout l'impiété ; c'est cette
maudite Babylone qui s'est enivrée du sang de nies saints ; elle veut encore le
verser... Elle mettra le comble à ses horribles forfaits ; et moi je lui ferai
boire le vin de ma colère ; tous les maux tomberont à la fois sur elle dans un
instant».
Je
n'entendis plus la voix mais un bruit effroyable ; le gros nuage se divisa en
quatre parties qui tombèrent à la fois sur la grande ville et en un instant
elle fut tout en feu. Les flammes qui la dévoraient s'élevèrent dans les airs ;
et de suite, je ne vis plus rien qu'une vaste terre noire comme du charbon».
- Le
bienheureux Benoît-Joseph Labre, le R.P. Nectou, Marie Martel, Mélanie, Soeur
Palma d'Oria et le Vénérable Barthélemy Holzauser
Le bienheureux
Benoît-Joseph Labre :
«Paris (a) sera détruit à cause de
ses blasphèmes ; une pierre n'y restera pas sur l'autre» (Lettre au pape Pie VI).
a) Le saint Curé d'Ars a également annoncé la
destruction de Paris par le feu, signe du retour d'une monarchie très
chrétienne et du triomphe de l'Eglise.
Le R.P. Nectou,
jésuite, mort à Bordeaux en odeur de sainteté en 1777 dit en 1760 :
«Durant ce bouleversement
épouvantable qui, paraît-il, sera général, et non pas pour
On peut lire dans les notes de Marie Martel en janvier 1897 :
«
Ajoutons
cette confidence que fit la voyante de
«Vous voyez
Sœur Palma
d'Oria signale :
«Il y aura une éclipse totale de
trois jours. Pas un démon ne restera en enfer, tous en sortiront et l'air en
sera corrompu. Ce sera là la dernière plaie».
Le Vénérable
Barthélemy Holzauser fait référence aux plaies d'Egypte :
«Trois jours durant, la terre sera
plongée dans l'obscurité la plus complète ; comme jadis en Egypte, l'Ange
exterminateur abattra tous ceux qui se sont dressés contre Dieu et contre la
religion ou bien ont poursuivi l'Eglise et les prêtres de leur haine
satanique».
- Saint jean
Bosco
Lire
ses allusions à un grand feu qui purifiera tout et anéantira les œuvres d'iniquité
des hommes, rappelle la prophétie de saint jean Bosco qu'il fit deux cents ans
après la sainte de Coutances :
«...le
Pape se mit en marche et les rangs de la procession commencèrent à grossir.
Lorsqu'il pénétra dans
«Le
chant terminé, l'obscurité cessa tout à fait et un soleil resplendissant se mit
à briller. Les villes, les villages et les campagnes voyaient leur population
très diminuée. La terre semblait garder la trace d'un ouragan et d'une pluie
d'eau ou de grêle et les gens allaient les uns vers les autres en disant : «Oui vraiment, il y a un Dieu
en Israël». (Memoria, t. IX
Appendice B)» (extraits de notre
brochure «Songes prophétiques
de don Bosco sur la fin de la crise présente», p. 15).
- Le Livre de
l'Apocalypse
Dans
le livre de l'Apocalypse (VI, 12-15) il est écrit :
«[
...] Il se produisit un tremblement de
terre énorme et le Soleil devint noir comme un sac de crin, et toute la lune se
transforma en sang», «et les étoiles tombèrent sur la terre...», «et le ciel
disparut comme un livre qui est enroulé, et toutes les montagnes et les îles
furent déplacées» (peut-être un déplacement de l'axe terrestre à la suite
de la chute du corps céleste sur la terre ; les endroits de la terre se
déplacent par rapport aux positions des étoiles et en particulier aussi du
soleil ; le déplacement subit et apparent des étoiles dans le ciel pourrait
faire croire que l'on enroule un livre, n.d.l.r.). «Et les rois de la terre et les dignitaires et les chefs de la guerre
et les riches et les puissants et chaque esclave et homme libre se cachèrent
dans les creux et fentes de rochers des montagnes».
Dans
l'Apocalypse (VIII, 8-11), il est aussi écrit : « [...] Et comme une grande montagne ardente de feu fut jeté dans la mer»
(pourrait-il s'agir d'un astéroïde, n.d.l.r.). «Et le tiers des eaux se transforma en sang, et le tiers des créatures
animées de l'océan mourut, et le tiers des bateaux fut détruit [...]. Et il
tomba du ciel une grande étoile qui brûlait comme une torche, et elle tomba sur
le tiers des fleuves et sur le tiers des sources [...] et beaucoup de gens
moururent de l'eau, car elle était devenue amère». «Et le tiers du soleil et le
tiers de la lune et le tiers des étoiles furent frappés, de sorte que leur
tiers fut assombri et que le jour perdit un tiers de sa clarté et la nuit
aussi».
Le
nuage de poussière soulevé par l'impact d'un astéroïde et par le réveil de
l'activité volcanique (sur ce plan les choses sont déjà bien commencées) aux
quatre coins de la planète occulterait vraisemblablement le soleil pendant
plusieurs jours.
Ces
prophéties nous inclinent à projeter nos regards vers le ciel et à craindre un
tremblement de terre comme celui du Vendredi Saint.
Le grand auteur anti-libéral Louis Veuillot nous éclaire sur le pourquoi d'un tel châtiment :
«L'illusion
libérale n'est pas seulement vaine au fond, elle a des conseils de faiblesse et
de mensonge qui révèlent sa misérable origine. Cette fausse fierté dont elle
s'enveloppe là où il faut obéir, ne déguise pas assez les complaisances qu'elle
prodigue là où il convient de résister. Elle ne peut longtemps abuser des âmes
faites pour la vraie grandeur. Chez les catholiques, l'ardente droiture et
l'élévation du cœur redressent les travers de l'esprit. Si ce siècle semble nous promettre une longue période de médiocres
combats sans victoire apparente, des abaissements de toute sorte ; si nous devons
être raillés, bafoués, expulsés de la vie publique ; s'il faut, dans ce martyre
du mépris, subir le triomphe des sots, la puissance des pervers et la gloire
des faquins, Dieu de son côté réserve à ses fidèles un rôle dont ils ne
refuseront pas et ne méconnaîtront pas la féconde et durable splendeur. II leur
donne à porter sa vérité diminuée et réduite comme un flambeau d'autel qu'on
peut mettre aux mains d'un enfant, et il leur commande de braver tout cet orage
; car pourvu que leur foi ne faiblisse pas, la flamme vivante non seulement ne
sera pas éteinte, mais ne vacillera même pas. Non, elle ne sera pas éteinte et
ne vacillera pas ! La terre nous couvrira de ses poussières, l'Océan nous
crachera ses écumes, nous serons foulés aux pieds des bêtes lâchées sur nous,
et nous franchirons ce mauvais passage de l'histoire humaine. La petite lueur
placée dans nos mains déchirées n'aura pas péri ; elle rallumera le feu divin».
«Pendant
le cours de l'épreuve et du châtiment, que notre parole, confessant la vérité,
ne cesse de heurter à la porte du pardon ; elle en hâtera le jour. Le monde est en voie de perdre avec le
Christ tout ce que le Christ lui avait donné.
Le R.P. Dupraz, missionnaire de la Salette, curé de
Weyburn, écrit en 1911-1912, donc avant l'apparition de la Sainte Vierge à
Fatima :
«La
dévotion à Notre-Dame du Mont Carmel sera la grande dévotion envers
(Extrait de lettres inédites)
Septembre 1999.
Nous
apprenons de quelques lecteurs (information confirmée sur plusieurs sites Internet) que la
comète Lee - dans la constellation dite
du Rocher - a été rendue visible le 11 août. Venue de derrière le soleil, sa
vitesse comme sa trajectoire causent actuellement des migraines aux astronomes.
Visible durant plus d'une dizaine de jours, elle était reconnaissable car plus
brillante que l'étoile dite du Berger. Depuis la publication de ce livre, il y
a six mois, une question se pose : l'actuelle
suractivité sismique de la terre doit-elle être imputée aux effets
gravitationnels d'un astre massif en train d'approcher ? Nous attendons des
informations de
Lisez
ce document avec une grande attention.
- - - - - - - - - - - -
DÉFENSE DU SECRET DE
Ou
« Il(s) ne mérite(nt) pas une image pour cela ».
Par Maurice Canioni, extrait de la revue « SOUS
« Les Guillots » 18260 VILLEGENON.
« Eh bien !
Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.»
Le titre (au singulier) est une parole de Mélanie Calvat,
bergère de
« Maximin, vois-tu là-bas ? Ah ! Mon Dieu ! »
Le Secret de
[1].
Le Secret de
PREAMBULE
Jésus, dont la main s'alourdit et s'appesantit à cause
de l'iniquité et de l'impiété grandissantes et universalisées, avait naguère
chargé sa Mère Bien-Aimée d'adresser aux coupables, clercs et laïcs, une
redoutable mise en garde assortie d'un remède providentiel et de la promesse
d'un nouveau printemps de l'Eglise. Mais son dessein miséricordieux qui devait
être transmis à tout son peuple fut mis sous le boisseau, et il était devenu
impossible aux hommes de ce temps d'Apostasie de retirer du céleste message les
fruits spirituels qui leur étaient destinés car, dit l'abbé Paul Gouin, « des
prophéties de
[2].
Quelques bribes du message intégral de Notre
Dame de
[3],
non sans humour, n'a pas choisi les services de
quelque apôtre marial ou de quelque dévot de
[4].
Les actuels négateurs et détracteurs du Secret fondent
leur opposition catégorique et opiniâtre sur «quatre» condamnations qu'ils
présentent comme étant la pensée officielle de l'Eglise
[5]
et, pour emporter l'adhésion définitive de leurs
lecteurs hésitants ou récalcitrants, ils brandissent la menace de la
désobéissance aux lois ecclésiastiques.
[6].
Mon Dieu ! Mais tout cela est présenté d'une manière
gravement tronquée, procédurière, partisane, mensongère et, de plus, gravement
calomnieuse à l'égard de Mélanie. Il est clair qu'en discréditant le témoin on
ne peut pas ne pas discréditer le témoignage sur lequel la valeur historique de
l'Apparition elle-même est fondée. Saint Thomas d'Aquin a écrit qu'un seul
témoignage suffit à établir l'authenticité d'un fait quand il émane d'un homme
digne de foi.
Parmi d'innombrables témoignages de la vertu de
Mélanie, nous n'en choisirons qu'un, celui de
Humble et reconnaissante, elle se réputait indigne des
petites attentions qu'on lui témoignait, disant agréablement, dans ces occasions-là,
qu'elle n'était qu'une bonne et simple bergère. ..
Avant qu'elle nous quittât, notre très honorée Mère
voulut nous ménager la consolation d'entendre de sa bouche le récit de
l'Apparition de la sainte Vierge sur
[7]
Mélanie était stigmatisée depuis son enfance. Cela est
attesté par des membres proches de sa famille, par plusieurs prêtres et par
plusieurs religieuses de différentes communautés où elle a vécu.
Don Bosco fut calomnié près de saint Pie X et il en
souffrit. Padre Pio le fut également par son évêque, pourtant respectable, ce
qui valut au stigmatisé l'interdiction de confesser et de célébrer la messe en
public, pendant de longs mois. Les bergers de
« Le secret de Mélanie, écrit Maria Winowska, est à
tel point imbibé des larmes de la très Sainte Vierge que tout l'enfer se
coalisera pour le noyer en des flots d'encre et de fiel. (...) Imaginez-vous un
texte dans le style de Jérémie, violent et âpre comme certaines strophes du
MAGNIFICAT ? »
I - En premier lieu nous montrerons la véritable
attitude de l'Eglise à l'égard du Secret, celle que nous devons croire.
II - Ensuite, nous ferons des rectifications et des
observations particulièrement nécessaires et importantes au sujet des
"quatre" condamnations auxquelles se réfèrent les actuels détracteurs
du Secret, condamnations qui se révèleront être, soit sans valeur juridique et
(ou) canonique (1915 et 1923), soit purement et simplement inexistantes (1880
et 1957).
III - Nous prouverons enfin que ces « quatre »
condamnations sont les fruits d'une véritable cabale.
IV - Nous terminerons en abordant les conséquences
spirituelles et religieuses de la mise au tombeau du Secret.
V- Pour conclure, nous nous interrogerons sur
l'attitude de quelques clercs traditionalistes, à l'encontre du Secret de
Mélanie.
I - Les approbations de l'Eglise sur le fait et le
secret de
L’Eglise s'est réellement prononcée sur l'origine divine
du Secret de
Mgr De Bruillard, évêque de Grenoble en 1846, fit
procéder à une minutieuse, rigoureuse et longue enquête canonique sur le fait
de l' Apparition, mais étant donné que les Secrets des bergers en faisaient
intégralement partie (cela est une donnée historique que seule, la mauvaise foi
conteste à partir de 1875) et qu'ils pouvaient être dirimants pour la cause, et
avant de déclarer authentique l'Apparition, il suspendit son jugement à l'avis
de Pie IX auquel il fit porter les Secrets rédigés par Maximin et Mélanie. Au
préalable, il avait pris la précaution de lire les textes afin de ne pas
soumettre au Pape quelque chose d'inconvenant ou d'indigne de lui. La réponse
vint de Rome fin août 1851 portée par l'abbé Rousselot, l'envoyé de Mgr de
Bruillard :
« Rien, dans les secrets lus par Pie IX et communiqués
par lui au Préfet de
[8].
Le projet du Jugement doctrinal de reconnaissance fut
adressé au préfet des Rites qui répondit au chanoine Rousselot par une sorte de
«Nihil obstat» que résume ainsi J. Stern :
« II a lu le Mandement ‘’très attentivement’’. A son
avis, l'évêque de Grenoble a observé ‘’les règles de la sainte Eglise’’. La
lecture ‘’n'a rien laissé à désirer’’ au Cardinal, surtout par l'examen de
l'événement qui a été poussé avec édifiante et tout à fait louable rigueur »
[9].
Ainsi encouragé par Pie IX, personnellement saisi de
l'affaire, à reconnaître l'Apparition, et par l'autorité compétente, Mgr de
Bruillard publia le 19 septembre suivant son Mandement par lequel il déclarait
« indubitable et certaine » l'Apparition de
« Ainsi est tombée la dernière objection que l'on
faisait contre l'Apparition, savoir qu'il n’y avait point de secret, ou que ce secret
était sans importance, puéril même, et que les enfants ne voudraient pas le
faire connaître à l'Eglise ».
[10].
Son successeur, Mgr Ginoulhiac confirmera
l'authenticité de l'Apparition. Cela est rapporté avec précision et rigueur par
Louis Bassette (qui ne peut être taxé de désobéissance aux lois
ecclésiastiques).
[11]
dans son livre « Le Fait de
[12]
ainsi que par Corteville Michel.
[13].
Mgr de Bruil1ard, évêque de Grenoble, n'a promulgué le
Mandement de 1851 qu'avec l'autorisation de Rome et après que Pie IX ait eu
personnellement en mains les Secrets des bergers. Et si les Secrets avaient dû
être exclus du Jugement doctrinal de 1851, Pie IX aurait pris le soin de le
spécifier à l'Ordinaire du lieu, ce qu'il n'a pas fait. Donc, en proclamant «
indubitable et certaine » l'Apparition (Art. I), Mgr de Bruil1ard a proclamé
ipso facto, indubitables et certains les Secrets. Et si l'on vient à nier ou à
séparer une partie quelconque de ce tout, on sape par la base toute
l'Apparition.
Michel Corteville
[14]
écrit : ‘’Six mois après la reconnaissance de
l'apparition, officieusement confirmée par divers "brefs" et
"induIts" liturgiques, E. Millon a recueilli cet écho de Rome’’ :
« Le 12 avril (1852), le R. P. Quéloz, procureur des
Rédemptoristes, écrivait de Rome à l'abbé Rousselot ces paroles remarquables :
« On ne parle pas à Rome du Secret des enfants confié à Sa Sainteté, sinon que
les prières nouvellement prescrites pour le Jubilé, peuvent y avoir rapport.
Peut-être Sa Sainteté a-t-elle confié ce Secret "sub alio secreto
rigidissimo" à quelques Cardinaux ou Prélats...»
[15].
En la personne de S.S Pie IX, en celles du Cardinal
Lambruschini et de Mrg de Bruillard par le fait capital de son Mandement de
1851, puis en celle de Mgr Ginoulhiac par son Mandement de1854, il est certain
que l'Eglise qui ne peut ni se tromper ni nous tromper a reconnu l'origine
divine des Secrets et leur conformité à
Le soleil n'est pas plus lumineux. La mauvaise foi des
détracteurs les rend réfractaires à cette lumière ; qu'ils soient simples
prêtres ou mitrés, ils se rendent coupables d'une imposture en retranchant de
l'Apparition la «Grande nouvelle» que, dès les premiers mots de son discours
commun aux deux bergers,
[16].
Aujourd'hui, certains traditionalistes ne voient pas
(ou feignent de ne pas voir) que
[17]
réalise la prophétie de 1846.
Cette « Grande nouvelle » a fait trembler de
rage les loges dont le plan était ainsi, sinon dévoilé, du moins confirmé par le Ciel lui-même, et qui voyait
se dresser contre elles… forte comme une armée rangée en bataille, Celle qui
doit écraser la tête du serpent infernal,
[18],
leur chef et leur dieu.
Ce n'est pas tout.
Entre 1871 et 1874, Monsieur Girard publia plusieurs ouvrages
contenant le Secret avec des explications et la défense de la réputation des
Bergers. Pour trois de ces ouvrages, il reçut, tour à tour, la bénédiction
autographe de Pie IX.
[19].
Le
3 décembre 1878, au cours d'une longue et émouvante audience, il y eût un
dialogue mémorable entre Léon XIII et Mélanie. Le Pape lui commanda de se
rendre à
«... enfin j'appelle les Apôtres des derniers temps,
les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et
d'eux-mêmes, dans la pauvreté et l'humilité, dans la chasteté et dans l'union à
Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et
viennent éclairer la terre...» ;