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Le tir handisport Le tir aux armes (ou tir sportif)
handisport représente plus de 1 000 licenciés
répartis dans prés de 200 clubs. La moitié de ceux
qui s’adonnent à ce sport le pratiquent en compétition.
La Commission de tir aux armes a été créée
en 1970 au sein de la Fédération Française
Handisport de façon à structurer et à
réglementer cette discipline. A partir de 1979, les
premières compétitions internationales ont vu le jour.
Ces dernières étaient réservées à
une population atteinte d’un handicap touchant les membres
inférieurs ou un membre supérieur (paraplégie,
amputation, certains IMC ...). Il a fallu attendre le début des
années 90 pour que celles-ci soient ouvertes aux personnes
lourdement handicapées (tétraplégiques, myopathes,
etc...). C’est sous l’impulsion du Directeur Technique
Fédéral de tir aux armes handisport, Patrice Gaudillat,
que cette catégorie de tireurs est reconnue aujourd’hui en
France. Il est à noter que cette discipline peut être
pratiquée par des mal et non voyants grâce à un
système dit ‘‘optronic’’ qui permet un transfert des sens
puisque la visée ne se réalise plus par la vue mais
grâce à l’ouïe. Il est évident qu’un handicapé quel qui soit ne
peut pratiquer ce sport dans les mêmes conditions qu’une personne
en pleines possessions de ses moyens. Côté
entraînement il n’est ni spécifique ni particulier aux
handicapés. Par contre, la préparation physique l’est
tout à fait. Elle est assurée par un
kinésithérapeute et est dispensée en fonction du
handicap et de la discipline pratiquée. Chaque individu est
un cas médical et donc par conséquent à
préparer physiquement d’une manière différente. Il
faut associer les domaines sportifs et médicaux ce qui n’est pas
toujours facile. Pour bien comprendre l'organisation du tir handisport, il
convient de présenter d'une part, la classification
médicale et d'autre part, les différentes positions
pratiquées. La classification médicale
Dans la plupart des activités sportives handisports,
la première démarche consiste à se faire examiner
par un médecin ou un kinésithérapeute reconnu par
la Fédération Française Handisport, afin de
s'assurer que la pratique du tir n'est pas contre-indiquée. Ce
dernier doit ensuite établir un "testing" musculaire pour
évaluer les capacités physiques de l'athlète. A
l'issu de cet examen le spécialiste doit être en mesure
d'informer le tireur sur les conditions qu'il doit respecter pour
exercer ce sport et lui signifier la catégorie à laquelle
il appartient. La classification médicale du tir à la cible handisport se décompose en deux grandes catégories : les SH1 et les SH2. La catégorie SH1
Elle regroupe tous les tireurs atteints des membres
inférieurs ou d'un seul membre supérieur. En effet, le
tir au pistolet ne nécessitant qu'une seule main pour tenir
l'arme, l'athlète n'est pas désavantagé en se
confrontant à ceux qui ont les deux membres supérieurs
valides. La catégorie SH1 réunit les handicaps suivants :
paraplégie, hémiplégie, amputé,
spina-bifida, autres. Pour affiner la classification et de ce fait rendre les compétitions le plus équitable possible, trois sous catégories ont été ajoutées : "A", "B" et "C". Ces dernières viennent harmoniser les différents degrés de handicap par l'addition de difficultés supplémentaires. L'individu qui appartient à la catégorie SH1A possède des abdominaux. Il peut donc pratiquer le tir assis, mais sans dossier. Les tireurs de la catégories SH1B ont un petit dossier (1/3 du dos), alors que les SH1C ont un dossier haut (10cm sous les aisselles). La catégorie SH2
Le tir handisport est une pratique sportive ouverte aux
personnes lourdement handicapées. En effet la catégorie
SH2 rassemble tous les tireurs dont l’infirmité concerne les
quatre membres. Même très lourdement handicapée
toute personne peut ressentir le besoin d’exercer une activité
sportive. Le dépassement de soi, la nécessité de
se confronter aux autres, en un mot la compétition ne peut
être un moyen d’expression réservé aux valides.
Cependant il est indéniable que la plupart des disciplines
sportives donnent une grande place à la condition physique au
détriment de la condition psychologique. Le tir à la
cible est un sport qui ne peut se pratiquer à haut niveau que si
l’on possède ces deux qualités. Il suffisait donc
d’éliminer et de compenser la majorité des moyens
physiques requis dans l’exercice du tir pour permettre aux personnes
lourdement handicapées de s’adonner à cette discipline.
Pour ce faire l’athlète a recours à une potence qui
supporte l’arme de façon à compenser les
déficiences musculaires ou de pallier aux difficultés de
préhension. Tout comme dans la catégorie SH1, il existe les trois
sous catégories présentées
précédemment : "A", "B" et "C". Il convient de signaler
qu'il est impossible de pratiquer le tir au pistolet si on appartient
à la catégorie SH2. En effet, le tir au pistolet avec
potence n'est pas une discipline reconnue par les instances
internationales. Les positions
On ne différencie les positions que dans la pratique
du tir à la carabine car le tir au pistolet s'exerce assis voire
debout. Les trois positions sont : le debout, le couché, le
genou. On les retrouve dans les deux catégories
présentées précédemment. Le
règlement U.I.T propose des disciplines selon lesquelles le
tireur à la carabine doit se positionner à plat ventre,
debout ou encore à genou. Il est très souvent impossible
de faire mettre les athlètes handisports dans de telles
situations. Aussi, des aménagements ont été
apportés de façon à ne modifier que le
positionnement des membres supérieurs. Le couché se
pratique donc assis avec une tablette fixée au fauteuil de tir.
Le tireur handicapé doit alors s'aider de l'appui des deux
coudes sur la tablette. Pour la position dite debout, le tireur est
assis mais il ne peut s'aider d'aucun appui s'il est SH1. En revanche,
la potence reste utilisable s'il est SH2. La position genou quant
à elle n'autorise que l'appui d'un seul coude. Le couché
et le genou ne sont pratiquées chez les valides uniquement dans
certaines disciplines à 50 mètres. En handisport on les
retrouve aussi à 10 mètres. Le tir est un facteur d’équilibre physique et moral.
L’expérience démontre que quelqu’un qui se soumet
à un entraînement de tir développe des
qualités d’équilibre physique et moral, de sang-froid et
de pondération. Il y ajoutera les exercices indispensables de
musculation pour l’obtention des meilleures attitudes posturales. Il
s’en suit, parallèlement, un développement de la
volonté et l’adoption d’habitude de rigueur dans le comportement
conduisant indiscutablement à une amélioration
intrinsèque de l’individu. Le tir est aussi un facteur d’intégration sociale.
Bien entendu, le tir est un sport qui favorise l’intégration des
personnes handicapées au sein de la société. Mais
à la différence des autres disciplines, il constitue un
complément idéal dans l’accomplissement des études
scolaires et universitaires ainsi que dans la vie professionnelle. Il
apporte par exemple un complément de concentration quant
à la faculté d’écoute dont peut avoir besoin un
individu ne pouvant pas écrire. Par ailleurs, le tir
mérite d’être pratiqué par des personnes
handicapées dans des clubs ordinaires, c’est à dire
affiliés à le Fédération Française
de Tir. Cependant, l’association d’accueil devra elle-même
s’affilier à la Fédération Française
Handisport pour que le nouvel adhérent handicapé puisse
avoir accès aux compétitions handisports. Enfin, un
processus tend à rapprocher les tireurs valides et
handicapés sur de même compétitions. En effet
depuis deux ans les différentes phases de qualifications pour
les Championnats de France handisport et valide se
déroulent aux mêmes dates et sur les mêmes
installations. Pour la première fois, du 1er au 6 février 2 000, ont eut lieu à Montpellier, les Championnats de France réunissant sportifs handicapés et valides avec cependant un palmarès distinct. N’est-ce pas là une réelle preuve d’intégration ! |