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DECLARATION DU BUREAU CONFEDERAL
L'action commune entre
organisations syndicales est un outil. Elle doit
permettre de renforcer la solidarité et de
développer un rapport de force pour obtenir
satisfaction sur les revendications. C'est tout son
intérêt et son utilité.
C'est pourquoi FORCE
OUVRIERE a pleinement appelé et
participé au 29 janvier, au 19 mars et au
1er mai (ce qui n'est pas une habitude).
Les effets directs
de la crise sur les travailleurs (chômage,
précarité, pouvoir d'achat notamment)
sont lourds et graves et nécessitent de la
résistance et de la
détermination.
Aujourd'hui, force
est de constater que, mises à part quelques
avancées mineures, le gouvernement et le
patronat n'ont pas répondu aux
revendications en matière de pouvoir
d'achat, d'emploi et de service public.
Cela signifie que
des manifestations, même réussies,
n'ont pas fait bouger les pouvoirs publics et les
employeurs et qu'il est alors logique de
débattre des modalités d'action
commune, aujourd'hui comme demain, afin de ne pas
minorer a priori les résultats
escomptés.
C'est dans cet
esprit, fort de ce constat, de manière
pragmatique et par souci d'efficacité pour
l'ensemble des travailleurs, que FORCE OUVRIERE a
proposé aux autres organisations syndicales
un appel commun à 24 heures de grève
dans le public et le privé, action qui est
et sera indispensable si le gouvernement et le
patronat ne répondent pas.
En la matière
nos analyses et positions demeurent
inchangées et nous prenons date.
Conformément
au communiqué intersyndical du 4 mai, FORCE
OUVRIERE sera partie prenante des actions du 26 mai
et du 13 juin et continuera dans ce cadre à
défendre ses analyses et positions.
Paris, le 5 mai
2009
Démonstration de
force
La journée de
grève et de manifestations a
dépassé les pronostics les plus
optimistes. Environ trois millions de
salariés du privé et du public ont
défilé jeudi dans tous le pays pour
porter les revendications sur le pouvoir d'achat et
l'emploi.
Tous les
éléments étaient réunis
ce jeudi pour réussir la mobilisation
interprofessionnelle…y compris la
météo. C'est en effet sous un ciel
radieux que des centaines de milliers de
manifestants ont défilé dans les
quelque 200 cortèges organisés dans
toute la France, à l'appel de l'ensemble des
organisations syndicales (FO, CFDT, CFTC, CGC CGT,
Solidaires, FSU, UNSA). Qu'ils émanent des
syndicats ou de la police, les chiffres
diffusés font tous état d'une
participation en nette hausse par rapport à
la précédente journée
nationale de revendications du 29 janvier. Au
total, les syndicats ont recensé environ 3
millions de manifestants dans le pays (contre 2,5
millions le 29 janvier. Selon le comptage de la
police, ils étaient 1,2 million ce jeudi
(contre un million en janvier). Si en moyenne, la
mobilisation a grossi de 25%, dans certains
endroits elle a doublé, à l'instar de
Compiègne (Oise) qui a vu manifester 10.000
personnes. Le millier de salariés de
Continental de Clairoix était venu là
gonfler les rangs des manifestants. Malgré
eux, ils sont devenus le symbole du
dérèglement du capitalisme.
Après avoir accepté de repasser aux
39 heures, ils viennent d'apprendre de la direction
allemande du groupe que leur site allait fermer en
2010 alors même que l'usine de Clairoix est
rentable.
C'est la province qui
avait fixé le tempo dès le matin avec
comme leitmotiv la baisse du pouvoir d'achat des
salaires et des retraites, l'augmentation du
chômage et de la précarité ou
la casse du service public. «Unité des
salariés pour ne pas payer la crise. Des
mesures d'urgence pour l'emploi, les salaires, la
protection sociale et les services publics»,
exigeait ainsi la banderole de tête à
Marseille derrière laquelle ont
défilé pas moins de 320.000
salariés du privé et du public, selon
les syndicats (soit 20.000 personnes de plus que le
29 janvier). Les syndicats ont enregistré
ensuite 110.000 personnes à Toulouse,
100.000 à Bordeaux, 75.000 à Nantes,
70.000 à Clermont-Ferrand, 60.000 à
Grenoble ou 50.000 à Rouen et Montpellier.
En Bretagne (Finistère, les Côtes
d'Armor Morbihan), les organisateurs ont
revendiqué plus de 150.000 personnes, dont
40.000 à Rennes, (contre 103.000 le 29
janvier). «Y'en a assez de cette
société! Les jeunes dans la
galère, les vieux dans la misère,
ça ne peut plus durer!», «La crise
c'est eux, la solution c'est nous» ou encore
«Emplois supprimés, salaires
bloqués, retraites comprimées,
ça va péter!», scandaient les
manifestants à Paris où s'est
déroulé le cortège le plus
imposant de la journée, avec 350.000
salariés, chômeurs, étudiants
ou retraités qui ont du défiler sur
deux itinéraires différents pour
pouvoir rejoindre le lieu d'arrivée de la
manif sur la Place de la Nation.
Selon FO, cette
véritable démonstration de force
n'aurait pas été possible si les
appels à la grève n'avaient pas
été relayés dans les
entreprises privées et dans la Fonction
publique. Des préavis de grève
avaient été en effet
déposés un peu partout dans le
secteur public, notamment dans les transports en
commun, au niveau national à la SNCF ou en
province dans les réseaux urbains de 90
villes. A France Télécom et à
la Poste, les salariés étaient
couverts par un préavis de tous les
syndicats. Il en était de même
à EDF où un appel à la
grève avait été lancé
par FO, la CGT, la CFDT, la CFTC et la CGC. Dans
l'Audiovisuel public, c'était silence radio
ou presque à Radio France ou Radio France
Internationale (RFI), les appels de grève de
tous les syndicats étant là
particulièrement bien suivis. A Pôle
emploi (ANPE et Assedic) et à l'AFPA
(formation professionnelle), la grève a
été lancée là aussi par
l'ensemble les syndicats.
Dans le privé, des
appels à la grève ont
été recensé à Total,
à Renault, Peugeot et Delphi ou Faurecia,
deux équipementiers automobiles. Dans les
Banques, tous les syndicats avaient sonné la
mobilisation générale pour l'emploi
et les salaires. Des appels à la
grève ont visé de la même
manière d'autres grandes entreprises
privées: Saint-Gobain, Auchan, Carrefour et
Rhodia. Chez Valeo, Caterpillar, Gemalto, Arcelor
Mittal, Mercedes, Ascometal et Alstom Transport.
Les syndicats des Commerciaux (FO, CFDT, CFTC, CGC,
CGT) avaient, eux aussi, appelé à se
mobiliser pour le «développement de
vrais emplois face à la
précarité». Dans le monde
informatique, des appels à cesser le travail
ont touché IBM, Hewlett-Packard ou EDS. Dans
les radios privées, ce sont les journalistes
de NRJ, Chérie FM et Nostalgie qui ont
participé à des arrêts de
travail pour exprimer, en particulier leurs
craintes vis-à-vis de la
réorganisation de l'information
régionale. Dans la presse écrite,
aucun quotidien national ou régional ne
devrait paraître vendredi après le
mouvement de jeudi. Cette liste n'est bien
évidemment pas exhaustive
«Je me demande ce que
le gouvernement attend pour répondre aux
urgences sociales. Que la crise s'aggrave?»,
s'est interrogé Jean-Claude Mailly (FO).
Selon lui, après cette nouvelle mobilisation
d'ampleur des salariés, les pouvoirs publics
seraient bien inspirés d'apporter des
réponses concrètes s'ils ne veulent
pas être confrontés dans les semaines
à venir à un durcissement des
conflits, notamment dans les entreprises qui
profitent de la crise pour licencier ou bloquer les
salaires. En clair, l'exécutif ne pourra pas
rester très longtemps «droit dans ses
bottes». Les suites du 19 mars seront
décidées vendredi matin après
une nouvelle réunion de tous les syndicats
LA PROCHAINE
ÉTAPE PASSERA PAR LE 1ER MAI
Tous les syndicats
appellent ce jour-là à une grande
journée revendicative. En attendant, ils ont
décidé de faire monter la pression
dans les entreprises tout au long du mois
d'avril
Réunis lundi soir
pour réfléchir aux suites de leur
mouvement, les syndicats FO, CFDT, CFTC, CGC, CGT,
FSU, UNSA et Solidaires ont décidé
d'appeler ensemble à une grande
journée de manifestations le 1er mai dans
tout le pays. Il s'agira de revendiquer de nouveau
une augmentation substantielle du salaire minimum,
l'ouverture de négociations salariales dans
toutes les entreprises mais aussi de
réclamer des mesures pour préserver
l'emploi et accompagner les chômeurs ainsi
que l'abandon des suppressions de postes dans la
fonction publique
«Dans la suite des
journées du 29 janvier et du 19 mars et dans
(un) contexte exceptionnel, les organisations
syndicales s'entendent pour faire du 1er mai un
nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur
le gouvernement et le patronat», indique un
communiqué commun diffusé à
l'issue de l'intersyndicale, qui s'est
déroulée dans les locaux de la CFDT.
Les syndicats ont appelé «leurs
organisations locales à rechercher les
modalités appropriées pour
réussir cette journée de
revendication syndicale en tenant compte des
situations locales», ajoute le texte
Et d'ici là, les
syndicats sont décidés à
maintenir le rapport de force pression, en faisant
du «mois d'avril un mois de mobilisations
ponctué d'initiatives visant à
soutenir les actions engagées et à
organiser les solidarités».
Concrètement, «nous sommes
déterminés à organiser,
à soutenir et à amplifier les actions
en cours dans toutes les entreprises publiques et
privées où les salariés sont
en lutte pour sauvegarder leurs emplois et
réclamer des hausse de salaires», a
expliqué la délégation FO, par
la voix de la secrétaire
confédérale Michelle Biaggi. Pour
elle, «d'une manière ou d'une autre, il
faudra bien que le gouvernement, comme le patronat,
répondent aux revendications exprimés
avec force par les salariés de ce
pays».
Les syndicats ont d'ores
et déjà convenu de se revoir avant la
fin du mois d'avril pour débattre de
«nouvelles initiatives (grève
interprofessionnelle, manifestations,
mobilisations)» à prendre à
l'issu du 1er mai. «Après cette
nouvelle journée d'action et si le
gouvernement n'entend toujours pas raison, il
faudra alors faire monter la mobilisation d'un
cran. Pour FO, cela doit passer par une
grève franche de 24 heures», a
prévenu Michelle Biaggi. Fixée au 27
avril, la prochaine réunion intersyndicale
se déroulera cette fois dans les locaux de
FO.
Rémunérations des
patrons : VERS UNE RÉGLEMENTATION A
MINIMA?
Le gouvernement
dévoile aujourd'hui son projet de
décret pour encadrer les bonus et autres
stock-options. Selon la presse, le dispositif
serait limité dans le temps et son champ
d'application on ne peut plus restreint
Le gouvernement doit
présenter aujourd'hui un décret
censé mettre fin au scandale des
rémunérations variables des patrons
d'entreprises bénéficiant du soutien
de l'Etat. Un décret a minima et
limité au temps de la crise. Selon Les Echos
daté de ce lundi, le projet de texte
viserait à encadrer (mais pas d'interdire)
les bonus, les stock-options et autres actions
gratuites jusqu'à fin 2010 (seulement) des
dirigeants de ces entreprises. Les parachutes
dorés (dont les retraites chapeau) seraient
exclus, car, indique le quotidien
économique, le gouvernement estime qu'ils
sont déjà suffisamment
encadrés par la loi et le code de bonne
conduite du MEDEF (voir notre article du 7 octobre
2008).
Le dispositif
réglementaire ne concernerait par ailleurs
qu'un petit groupe d'entreprises dont les six
grandes banques et les constructeurs automobiles et
pas forcément celles dans lesquelles le
Fonds stratégique d'investissement (FSI) de
la Caisse des dépôts est
récemment entrée au capital. Les
entreprises ayant recours au chômage partiel
et/ou aux plans sociaux ne seraient pas non plus
visées, croient savoir encore Les Echos. Une
entreprise comme Valeo, qui a reçu 19
millions d'euros en février du FSI,
enregistré une lourde perte en 2008 et
annoncé la suppression de 5.000 emplois
(dont 1.600 en France), échapperait ainsi au
champ d'application du décret. Son P-DG
Thierry Morin, récemment remercié par
les actionnaires, peut donc partir tranquille avec
ses 3,26 millions d'euros d'indemnité de
départ (deux ans de
rémunérations) et sa «retraite
chapeau» (environ 1,6 million d'euros).
Natixis, filiale commune de la Caisse d'Epargne et
la Banque Populaire qui vient de verser 70 millions
de bonus y échapperait également dans
la mesure où le futur décret ne sera
pas rétroactif. Bien qu'elle
bénéficie de fonds publics, Natixis
entend supprimer 166 emplois en plus des
suppressions déjà annoncées,
en 2008, (1.250 postes).
Si le MEDEF estime
toujours qu'une réglementation sur les
rémunérations des patrons est
inopportune, les syndicats, eux jugent que le
décret ne va pas assez loin. «Il faut
qu'une loi oblige toute entreprise qui
bénéficie de soutien public de l'Etat
ou des régions, à des contreparties
notamment en termes d'emploi et de salaires»,
a déclaré Jean-Claude Mailly (FO).
Pour lui, «Le gouvernement envisage, sous la
pression, d'encadrer les bonus ou les
stocks-options mais cela ne doit pas se limiter aux
entreprises qui obtiennent le soutien de l'Etat. Il
faut plafonner également les dividendes
d'une manière générale».
G20 : les normes
sociales absentes de la photo
La cgt FO prenait part aux
réunions syndicales internationales
organisées par la CSI
(Confédération syndicale
internationale) à Londres en
parallèle au G20 des chefs d'Etat et de
gouvernement. Les syndicats ont ainsi pu rencontrer
plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, dont le
Premier Ministre britannique G Brown qui
présidait le G20, ainsi que les dirigeants
des institutions financières (FMI) et
commerciales (OMC).
Pour la cgt FO, si le G20
à Londres marque un pas vers une
concertation multilatérale des chefs d'Etat
et de gouvernement pour la mise en œuvre d'une
relance internationale et de mesures de
régulation du système financier,
force est de constater que les normes sociales et
les normes internationales du travail de l'OIT ne
figurent pas sur la photo.
Or, si le rôle des
institutions financières, dont le FMI qui
voit son budget accru de 750 milliards de dollars,
apparaît renforcé, il manque que les
conditions d'intervention de ces institutions
intègrent le respect des droits des
travailleurs et des normes sociales. Or, ce sont
les politiques mises en œuvre par ces institutions
depuis plus de 20 ans, fondées sur le
libéralisme absolu (le " consensus de
Washington " pour qui toute norme, y compris
sociale, est considérée comme une
entrave au libre marché), qui sont à
l'origine de la crise actuelle.
Avec la CSI, FO n'a eu de
cesse de militer depuis le premier G20 à
Washington en novembre dernier, en passant par le
G8 consacré à l'emploi, réuni
à Rome le 31 mars, pour que l'OIT
(Organisation internationale du travail), les
conventions internationales du travail, la
protection sociale et le service public soient mis
au cœur du " nouvel ordre économique mondial
".
Pour FO, ce pas doit
être franchi d'urgence.
Intersyndicale
et communiqué commun
Comme cela avait
été prévu, les organisations
syndicales se sont retrouvées pour la
8ème fois ce vendredi 20 mars, au lendemain
de la journée de grèves et
manifestations. La délégation FORCE
OUVRIERE était composée de Michelle
BIAGGI et de René VALLADON.
L'" intersyndicale " a
naturellement dressé le constat que
l'ampleur inédite des manifestations ne
pouvait que conforter les salariés dans leur
volonté d'amener le gouvernement et le
patronat à apporter des réponses
précises aux revendications
exprimées.
L'annonce par l'Insee de
l'aggravation de la crise et notamment de
l'augmentation du nombre de licenciements d'ici
l'été, souligne d'autant plus "
l'urgence sociale ". La discussion entre les
organisations syndicales a été
particulièrement tendue dans la mesure
où la CGT notamment entendait imposer une "
journée nationale des bassins d'emplois "
(sic !), alors même qu'une majorité
d'organisations (dont naturellement FORCE OUVRIERE)
avait déclaré refuser toute
journée nationale à
répétition (" saute-mouton ") qui
n'aurait conduit qu'à affaiblir le rapport
de force actuel. De plus, certaines organisations
(dont FO avec le CCN) souhaitaient
légitimement, compte tenu du
caractère exceptionnel de la situation
économique et sociale, consulter leurs
instances avant d'arrêter
précisément d'éventuelles
nouvelles modalités d'action. Comme, par
ailleurs, aucune organisation syndicale ne peut
aujourd'hui apparaître vouloir quitter "
l'intersyndicale ", le compromis final a
débouché sur le communiqué que
vous trouverez ci-joint.
Naturellement, FORCE
OUVRIERE, tout en appuyant l'unité d'action,
entend préserver pour l'avenir sa totale
liberté d'analyse et d'action, au niveau
confédéral comme au niveau local et
des entreprises.
LES SYNDICATS
MAINTIENNENT LA PRESSION
A l'origine du
succès incontesté de la
journée interprofessionnelle de
grèves et de manifestations de jeudi, FO,
CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FSU, UNSA et Solidaires
donnent dix jours au gouvernement pour
répondre enfin aux revendications des
salariés. Après le succès de
la mobilisation interprofessionnelle, «le
gouvernement entend ce que disent les uns et les
autres, ceux qui manifestent et ceux, nombreux
d'ailleurs qui ne manifestent pas», a
affirmé jeudi soir le Premier ministre,
François Fillon, avant de renvoyer tout le
monde aux mesures annoncées le 18
février lors du «sommet social» de
l'Élysée. Le chef du gouvernement est
ainsi resté fidèle à son
rôle de père la rigueur. La posture
n'est pas nouvelle et elle n'est pas sans rappeler
l'arrogance en 2006 de son
prédécesseur, Dominique de Villepin,
pendant le mouvement anti-CPE (Contrat
première embauche). Lequel avait bien fini
par céder sous la pression de la rue. A
l'origine de la réussite incontestable de la
journée interprofessionnelle de grève
et de manifestations de jeudi, les syndicats (FO,
CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA) ne
l'ont pas oublié en décidant vendredi
d'inscrire l' «unité» d'action
dans la «durée» pour faire plier
les positions du gouvernement et du
patronat.
«Face aux
intransigeances gouvernementale et patronale, les
organisations syndicales décident, sur la
base de leur déclaration (…) du 5 janvier,
de rechercher les modalités les plus
adaptées pour donner encore plus
d'efficacité aux prochaines
mobilisations», indique un communiqué
commun diffusé en fin de matinée
à l'issue d'une intersyndicale.
Différentes options possibles ayant
été mises «en
débat», les huit organisations ont
annoncé qu'elles se retrouveront le 30 mars
pour arrêter leur décision sur la
manière de prolonger la mobilisation
entamée le 29 janvier. Ces quelques jours de
réflexion doivent permettre également
de tenir compte des souhaits exprimés par
plusieurs syndicats de consulter en amont leurs
instances . C'est le cas notamment de FO, dont le
Comité confédéral national
(CCN) doit se réunir la semaine prochaine.
Si la confédération n'a exclu a
priori aucune hypothèse, elle a fait valoir
qu'elle n'était pas favorable aux
journées nationales à
répétition (« saute-mouton
») dans la mesure où cela ne conduirait
qu'à affaiblir le rapport de force actuel
des salariés qui ont cessé en masse
le travail le 19 mars pour participer aux
manifestations et exiger un changement radical de
la politique économique et sociale du
gouvernement (selon les chiffres définitifs
de FO, 3.028.000 personnes sont descendues dans la
rue).
Pour autant, le
gouvernement et le patronat ne perdent rien pour
attendre puisque les huit organisations ont
réaffirmé haut et fort «leur
détermination à soutenir de toutes
les manières possibles les salariés
avec leurs syndicats engagés dans des
actions» dans les entreprises, avant
d'appeler, leurs structures à
«amplifier» les différentes
mobilisations et initiatives décidées
localement. En clair, il n'est pire sourd que ceux
qui veulent pas entendre.
AUJOURD'HUI,
RIEN ; DEMAIN, PEUT-ÊTRE, SI…
Le bureau confédéral de Force
Ouvrière affirme que rien de concret et
d'immédiat n'a été
annoncé par le président de la
République en matière de salaires,
d'emploi et de services publics, les trois
revendications au cœur de la journée de
mobilisation du 29 janvier 2009
Pour FO, ces trois thèmes devront
être sur la table des discussions le 18
février. Sur la question de la
répartition des richesses, Force
Ouvrière rappelle que le moyen le plus
simple et le plus rapide de changer la donne est
d'augmenter les salaires puisque « le compte
n'y est pas ». Compte tenu des récentes
déclarations du MEDEF, les discussions en la
matière risquent de ne pas démarrer.
Force Ouvrière rappelle par exemple qu'il
est de la seule responsabilité de l'Etat de
donner un coup de pouce au SMIC
S'agissant de l'emploi et de l'absence de
prévisions sur l'effet du plan de relance de
26 milliards, Force Ouvrière rappelle la
nécessité d'un plan de relance pour
la consommation et l'urgence de
légiférer sur les contreparties
exigées des entreprises percevant des aides
publiques.
Force Ouvrière ne comprend pas comment le
président peut, en même temps,
agréer la convention d'assurance
chômage et vouloir remédier à
ses insuffisances, particulièrement en
matière de précarité et de
chômage des jeunes.
S'agissant enfin du secteur public, Force
Ouvrière n'accepte pas le maintien de la
diminution des effectifs dans le secteur public.
En conclusion : aujourd'hui, rien ; demain,
peut-être, si les salariés avec leurs
syndicats maintiennent la pression
LA SORTIE
PRÉSIDENTIELLE N'A PAS CONVAINCU LES
SYNDICATS
Les organisations de salariés ont
déploré que le Chef de l'Etat n'ait
annoncé jeudi aucune mesure pour
répondre aux urgences exprimées la
semaine dernière lors la journée de
grève et de manifestations. FO a
estimé qu'il faudra sans doute
remobiliser.
Une semaine après le succès de la
journée de grève et de
manifestations, l'intervention
télévisée consacrée
à la crise par le Chef de l'Etat, Nicolas
Sarkozy, était très attendue. Elle
n'a pas convaincu les syndicats. En réponse
à cette mobilisation interprofessionnelle de
masse du 29 janvier, la seule annonce de la
soirée est sa décision de
réunir le 18 février prochain les
interlocuteurs sociaux à l'Elysée.
Pour le reste, il n'y a eu aucune autre
décision concrète pour accéder
dans l'immédiat aux diverses revendications
sur le pouvoir d'achat, l'emploi et les services
publics. Et pour cause, il a affirmé que les
réformes engagées restaient
«d'actualité» et seraient
conduites «au même rythme»:
maintien des réductions de postes de
fonctionnaire, réforme des lycées, de
l'université, de la justice, suppression
d'échelon territoriaux, pas de
dépenses publiques supplémentaires….
Comme avant la crise. M. Sarkozy s'est surtout
contenté jeudi de lancer des
«pistes» de réflexion qu'il
souhaite voir discuter à l'occasion de cette
réunion avec les syndicats et le patronat.
Lesquels seraient ensuite appelés à
engager des négociations là-dessus
qui devront aboutir dans un délai de trois
à six mois avant de les transcrire dans la
loi.
«Je veux que le 18 février nous
discutions d'un sujet essentiel en France qui est
le partage du profit» a déclaré
ainsi le président, pour qui, il s'agira de
savoir «comment on arbitre entre le souhait
légitime des actionnaires de gagner de
l'argent avec les entreprises, et la demande des
salariés d'être associés aux
bénéfices des entreprises dont ils
ont contribué à créer la
richesse» Et, selon lui, en la matière
«le compte n'y est pas». Et c'est aux
interlocuteurs sociaux de s'entendre sur le sujet :
«soit ils arrivent à quelque chose,
soit l'Etat prendra ses
responsabilités», a-t-il
précisé. Son idée serait
d'arriver à appliquer «la règle
des trois tiers»: un tiers des
bénéfices aux salariés, un
tiers aux actionnaires sous forme de dividendes et
un tiers réinvesti dans l'entreprise
«pour financer son développement».
La réunion du 18 février devra
également servir à examiner comment
«protéger ceux qui sont les plus
exposés» à la crise et
«comment aider le bas de la classe
moyennes», a dit encore M. Sarkozy. A ce
propos, il a annoncé qu'il proposerait aux
interlocuteurs sociaux, comme «pistes»
possibles, la suppression de la 1ère tranche
de l'impôt sur le revenu pour aider les
classes moyennes, une «augmentation des
allocations familiales» ou la mise en place
«d'un «chèque emploi service
payés par l'Etat».pour «les
personnes âgées qui vivent seules ou
les mères de famille seules». Mais, il
a écarté tout «coup de
pouce» au SMIC.
Le Chef de l'Etat a souhaité aussi que
soit abordée la question de
l'amélioration de l'indemnisation d'
«activité partielle»,
c'est-à-dire le chômage partiel. Et ce
afin d'«aller plus loin» dans ce domaine
que l'accord signé entre patronat et
syndicats en décembre 2008, et qui avait
fait passer le taux d'indemnisation du
chômage partiel de 50 à 60% du salaire
brut, grâce à des aides
supplémentaires de l'Etat aux entreprises en
chômage technique. De même,
«l'Etat est prêt à faire un
effort» pour «mieux protéger»
les jeunes en fin de CDD et qui ne retrouvent pas
d'emploi du fait de la crise financière et
économique, a-t-il affirmé, tout en
confirmant qu'il validera tel quel l'accord sur
l'assurance-chômage rejeté par quatre
centrales syndicales sur cinq et qui méprise
précisément cette question du
chômage des jeunes et des précaires.
Enfin, alors que l'ensemble des syndicats n'ont
de cesse de réclamer des contreparties, en
termes d'emplois, de licenciements et de salaires,
aux aides publiques accordées aux banques et
aux entreprises, il a répondu:
«suppression totale de la taxe
professionnelle» (TP) en 2010. «Je ne
peux pas dire aux actionnaires pour le coup: ne
délocalisez plus, relocalisez, et en
même temps leur laisser des charges et des
contraintes qui font qu'ils ne s'en sortiront
plus», a justifié M. Sarkozy.
Interrogé sur le manque à gagner que
pourrait générer la suppression de la
TP, il a annoncé qu'elle serait
remplacée par une taxe fixée
localement par les collectivités
territoriales. Impôt égalitaire, la TP
deviendrait alors un impôt on peut plus
inégalitaire
Réactions syndicales
«Ce que je
retiens, c'est qu'il n'y a pas d'annonce
concrète et immédiate. Tout est
renvoyé à des discussions. Discuter
de la répartition des richesses avec le
Medef en ce moment, ça peut durer des mois
sans que ça aboutisse. Le meilleur moyen de
répartir les richesses dans l'entreprise, le
plus rapide, c'est d'augmenter les salaires»,
a réagi sur France 2 le secrétaire
général de FO, Jean-Claude Mailly.
Dans un communiqué, le bureau
confédéral de FO a rappelé par
ailleurs «qu'il est de la seule
responsabilité de l'Etat de donner un coup
de pouce au SMIC», avant d'insister, sur
«la nécessité d'un plan de
relance pour la consommation et l'urgence de
légiférer sur les contreparties
exigées des entreprises percevant des aides
publiques». Quant au secteur public, la
centrale n'acceptera pas «le maintien de la
diminution des effectifs».
Selon la CFDT, «il y a très peu de
choses concrètes, c'est une déception
face aux enjeux et après la mobilisation du
29 janvier. Le maintien des objectifs de
réduction de l'emploi dans la fonction
publique est aussi décevant: ça nous
paraît intenable dans cette
période». Il semble surtout qu'il
«cherche à gagner du temps», a
déclaré la CGC, qui a
dénoncé «la technique qui
consiste à faire porter le chapeau (aux
syndicats) ou à (les) associer très
gentiment pour vouloir sans doute (leur) faire
porter une partie de la responsabilité du
fardeau». Pour la CFTC, «il faudra des
actes concrets» car, pour le moment, il semble
surtout avoir «botté en touche».
Que vont faire
maintenant les syndicats qui se réunissent
lundi? «Ou on décide d'attendre le
18…mais ça risque d'être un peu
court» compte tenu des attentes des
salariés, «ou on décide d'une
date dès lundi prochain, même si c'est
après le 18, pour maintenir la pression (sur
cette réunion) et obtenir
satisfaction», a expliqué Jean-Claude
Mailly (FO). Dans cette deuxième
hypothèse, a-t-il ajouté, «si on
obtient satisfaction, on lèvera (le mot
d'ordre de mobilisation, NDLR), si on n'obtient pas
satisfaction, on mobilisera».
DECLARATION
DU BUREAU CONFEDERAL
Plus de 2,5 millions de
salariés du public et du privé ont
manifesté aujourd'hui sur l'ensemble du
territoire. Nombreux sont celles et ceux qui ont
fait grève. Ils ont ainsi volontairement et
massivement répondu à l'appel
lancé par les organisations syndicales. Le
bureau confédéral de Force
Ouvrière se félicite de cette
mobilisation imposante et réussie. Le
gouvernement et le patronat doivent maintenant
répondre rapidement aux inquiétudes
et revendications exprimées sur trois
thèmes : pouvoir d'achat des salaires,
emploi et services publics. Ce n'est pas une
mobilisation anticrise, c'est une mobilisation pour
sortir de la crise. On ne peut pas vouloir changer
le monde au niveau international et ne pas prendre
les décisions qui s'imposent en France.
C'est en fonction des réponses
apportées que Force Ouvrière
décidera des suites à donner. Ne pas
répondre serait irresponsable et signe de
mépris.
PRÉVISIONS
DE L'INSEE: POUR FO, FACE À LA
RÉCESSION, LA RELANCE PAR LES SALAIRES
S'IMPOSE!
Les prévisions
économiques publiées ce matin par
l'INSEE indiquent un net recul de l'activité
économique. L'entrée en
récession de l'économie
française n'est plus une perspective
lancée par les oiseaux de mauvais augure.
C'est désormais une réalité
que le gouvernement ne peut plus fuir, comme il l'a
fait encore récemment en se satisfaisant
ostensiblement de la progression de 0,1 % du PIB au
troisième trimestre. Le repli du PIB
annoncé à 0,8% au dernier trimestre
2008 montre non seulement que la récession
est bien là mais qu'elle est
particulièrement
sévère.
Derrière ce
chiffre, ce sont des centaines milliers d'emplois
qui sont menacés, des salariés qui
sont précarisés et victimes de
l'augmentation du chômage. L'INSEE indique la
perte de près de 100 000 postes au second
semestre 2008 et de 170 000 postes au premier
trimestre 2009. En toute logique, ces destructions
d'emplois s'accompagnent d'une forte
remontée du chômage. Pour FO, ces
prévisions disqualifient déjà
le plan de relance annoncé par le chef de
l'Etat qui a fait l'impasse sur la consommation,
pourtant le moteur principal de la croissance et le
pouvoir d'achat.
Force ouvrière
réclame un nouveau plan de relance
axé sur la consommation, les salaires,
l'emploi et les services publics, dimensions
totalement oubliées des mesures que le
Parlement s'apprête à examiner. Un
coup de pouce au SMIC dès le 1er janvier est
nécessaire. L'Etat doit rouvrir des
négociations dans la fonction publique. Il
est clair désormais que des marges de
manœuvre existent puisque des fonds importants ont
pu être dégagés rapidement pour
les banques et le système financier. FO
souligne également à l'occasion de la
publication de cette note de conjoncture le travail
important fourni par l'INSEE. Il rappelle s'il en
était nécessaire que
l'indépendance de l'institut est
indispensable en matière de statistique
publique. C'est pourquoi Force ouvrière
soutient sans réserve le mouvement des
personnels contre le projet de
délocalisation.
UNE
GRÈVE S'IMPOSE
Les annonces sur l'emploi du président de
la République la semaine dernière ne
sont pas de nature à enrayer la crise. Elles
sont de deux ordres: celui du curatif et celui de
la déréglementation.
Dans l'ordre du curatif, il s'agit
d'étendre le CTP (Contrat de transition
professionnelle) et de redévelopper les
contrats aidés (+100.000 en 2009)
après les avoir fortement réduits.
Ces mesures ne seront pas suffisantes. Il convient
également de remettre sur pied un dispositif
de préretraite et de relever le niveau
d'indemnisation du chômage partiel, surtout
au moment où les premiers plans de
licenciements se multiplient (Renault, Camif,
etc.).
Les autres mesures dites pour l'emploi
relèvent des schémas anciens et
dangereux de la déréglementation:
extension du travail le dimanche,
déréglementation de la durée
du travail, décalage à 70 ans pour la
retraite, assouplissement annoncé du CDD
sous l'angle «il vaut mieux avoir un CDD
qu'être chômeur», ce qu'on nous
disait en 2006 pour le CPE et le CNE. Comme si
l'augmentation du chômage était
liée à la rigidité des
contrats de travail et non à la crise du
système!
Il y a enfin la pression inacceptable sur les
négociations interprofessionnelles, pression
telle qu'elle tend maintenant à compromettre
la liberté de négociation. En quelque
sorte, on veut des syndicats forts à
condition qu'ils fassent ce qu'on leur demande. Et
toujours rien sur la nécessité d'une
politique économique dynamique, axée
sur la relance de la demande, sur des travaux
d'infrastructure, sur une stratégie
industrielle, autant d'éléments
indispensables qui nécessitent un engagement
clair et déterminé des pouvoirs
publics, plus prompts à essayer de contrer
les aspects financiers de la crise que ses impacts
sociaux.
Pour toutes ces raisons, il convient de
resouligner la nécessité d'agir sur
le plan interprofessionnel par une action commune,
claire et déterminée, sous la forme
d'une journée de grève
interprofessionnelle, comme l'a rappelé
notre récent Comité
confédéral national. Le lundi 3
novembre, le président de la
République aura consulté les cinq
confédérations françaises sur
la situation internationale, notamment avant le G20
qui se tiendra à Washington le 15 novembre.
En ce qui concerne Force Ouvrière, nous
lui aurons rappelé que la crise est une
crise du système capitaliste, que le
mouvement syndical international l'avait quasiment
annoncée et qu'il avait
suggéré, sans être entendu, des
politiques coordonnées de relance
budgétaire et d'assouplissement
monétaire. Comme revendication, nous aurons
notamment mis l'accent sur: - des mesures d'urgence
pour lutter contre la faim et la pauvreté
(le BIT prévoit 20 millions de
chômeurs supplémentaires et 40
millions de travailleurs pauvres en plus); -
renforcer le rôle des organismes
internationaux (FMI - Banque mondiale - OMC) pour
imposer comme critères le respect des droits
de l'homme, des principes démocratiques et
des normes internationales du travail. Il faut, en
quelque sorte, renverser la vapeur; - la
suppression des paradis fiscaux et du secret
bancaire, avec dans une première
étape des taxes dissuasives; - une taxation
plus forte des profits allant aux dividendes qui ne
cessent d'augmenter depuis vingt ans; - une
politique concentrée de relance des salaires
et de plafonnement des salaires des dirigeants; -
une série de règles concernant les
établissements financiers, ainsi qu'un
contrôle de ces règles par les
pouvoirs publics.
À l'origine de la crise figure comme
élément essentiel la
répartition de plus en plus
inégalitaire des richesses produites. La
part croissante qui est allée aux
actionnaires (les dividendes ont triplé de
voulume en France en vingt-cinq ans) en vingt-cinq
ans) est venue supplanter celle allant aux salaires
et aux investissements. Cela a conduit à
accroître l'endettement et à
restreindre partout les dépenses publiques
et sociales, et à accélérer la
déréglementation pour accroître
la compétitivité afin de
répondre à l'appétit des
actionnaires.
Il faut mettre fin au «toujours plus pour
les actionnaires». La revendication n'est pas
nouvelle (les salaires avant la Bourse), mais elle
est aujourd'hui d'une nécessité et
d'une acuité criante.
LA
RÉFORME DU TEMPS DE TRAVAIL
Conséquence de la
brèche ouverte par la « position
commune », signée par la CGT, la CFDT
et le patronat, la loi portant rénovation de
la démocratie sociale s'est vue adjoindre un
volet «temps de travail».
Voici les principales
mesures de la loi.
Heures
supplémentaires
Le contingent d'heures
supplémentaires peut désormais
être fixé en priorité par
accord d'entreprise ou d'établissement ou,
à défaut, par accord de branche,
voire par décret.
L'information et
l'autorisation de l'inspecteur du travail sont
supprimées. Seule subsiste l'obligation
préalable d'information ou de consultation
des IRP. Enfin, le repos compensateur obligatoire
est remplacé par une «contrepartie
obligatoire en repos», de 50% du temps de
travail accompli en dehors du contingent pour les
entreprises de 20 salariés au plus, 100%
pour les autres. La compensation en repos est
facultative pour les heures supplémentaires
effectuées dans le contingent.
Convention de forfait
Le recours aux conventions
de forfait est facilité: le forfait
hebdomadaire et mensuel en heures peut concerner
tous les salariés et le forfait annuel en
heures, ceux disposant d'une réelle
autonomie dans l'organisation de leur emploi du
temps. De plus, le recours aux conventions de
forfait en jours ou en heures pourra,
prioritairement être prévu par une
convention ou un accord d'entreprise ou
d'établis-sement qui déterminera
également les salariés
concernés. L'accord individuel
(écrit) du salarié reste
indispensable.
Le régime du
forfait jours est remanié: le nombre de
jours travaillés dans l'année reste,
au maximum, de 218, mais la loi autorise le
salarié, après accord de son
employeur, à renoncer à des jours de
repos contre un salaire majoré d'au minimum
10%, dans la limite de 235 jours par an quand la
renonciation s'effectue de gré à
gré; jusqu'à 282 jours si un accord
ou une convention collective l'autorise, à
condition de respecter les règles relatives
aux repos quotidien et hebdomadaire, aux jours
fériés chômés et aux
congés payés.
Aménagement du
temps de travail
Les dispositifs
d'aménagement du temps de travail dans un
cadre pluri hebdomadaire (modulation, travail par
cycle, RTT, etc.) sont remplacés par un
mécanisme unique, ouvert à la
négociation collective, et prioritairement
mis en place par accord d'entreprise ou
d'établissement.
Ce dispositif permettra
aux négociateurs d'aménager librement
le temps de travail. La loi impose toutefois
certaines clauses (délai de
prévenance, prise en compte des absences, et
modalités de décompte des heures
supplémentaires), et précise, dans le
cas où l'accord imposerait une variation de
la durée hebdomadaire du travail sur tout ou
partie de l'année, les modalités de
décompte des heures supplémentaires.
À défaut
d'accord, la loi autorise l'employeur à
faire application d'un décret (non encore
paru) pour aménager le temps de travail dans
un cadre pluri hebdomadaire. Dans les entreprises
fonctionnant en continu, l'employeur pourra
organiser unilatéralement le temps de
travail sur plusieurs semaines.
Le compte
épargne temps
Le CET peut à
présent être crée et
géré par accord d'entreprise ou
d'établissement ou, à défaut,
par accord de branche.
Le régime du CET
est assoupli: les règles d'alimentation et
d'utilisation sont renvoyées à la
négociation collective, et les cadres
légaux réduits. La possibilité
d'utiliser le CET pour compléter sa
rémunération, créée de
manière temporaire par la loi n°
2008-111 du 8 février 2008, est
pérennisée.
Une nouvelle
exonération fiscale et sociale est
créée en cas de placement des droits
acquis sur le CET sur un PERCO ou d'alimentation
d'un régime de retraite
supplémentaire collectif et obligatoire
d'entreprise.
Congés
payés
L'ouverture des droits
à congés payés se fera
après 10 jours de travail dans l'entreprise,
hors de toute période de
référence, contre 30 jours
travaillés entre le 1er juin et le 30 mai
précédemment. En d'autres termes, il
suffit à présent de travailler 10
jours pour commencer à capitaliser des
droits à congé.
Cette mesure n'est que le
fruit d'une mise en conformité
vis-à-vis du droit communautaire…
LE COUP DE
JARNAC DES 70 ANS
Introduit en catimini le 1er novembre dans le
projet de budget de la Sécu, l'amendement,
qui vise à repousser l'âge limite du
départ à la retraite, a
été adopté hier à
l'Assemblée nationale.
Sans surprise, la majorité
gouvernementale à l'Assemblée
nationale a adopté mardi, presque comme un
seul homme, le projet de loi de financement de la
Sécurité sociale (PLFSS) 2009
où figure l'amendement controversé
devant repousser l'âge limite du
départ à la retraite à 65 ans
dans le secteur public et à 70 ans dans le
privé. Et ce dès 1er janvier 2009.
Le slogan présidentiel «travailler
plus pour gagner plus» aura donc fait long feu
puisque, après le
démantèlement des 35 heures et la
déréglementation en gestation du
travail dominical, la seule
«liberté» laissée
désormais aux salariés est de
travailler plus longtemps pour gagner sa
vie…à la perdre.
Pour le gouvernement, il n'y a pas lieu de
polémiquer car cette disposition sera
basée sur le volontariat. «Nous vivons
de plus en plus longtemps, laissons les
Français choisir», a lancé le
ministre du Travail lundi au micro de RTL,
insistant sur le fait que, si les 41 ans de
cotisation sont réunis, la
possibilité de partir à 60 ans
demeure.
Pour les syndicats, en particulier FO, le
«volontariat» reste une chimère
dans la mesure où ce n'est pas le
travailleur qui est maître du temps de
travail mais son employeur. La «liberté
de choix» de l'âge de départ
à la retraite par les salariés
eux-mêmes, «c'est du pipeau», a
déclaré le leader de la
confédération, Jean-Claude Mailly,
avant d'ajouter: «même si dans
l'immédiat ça ne remet pas en cause
(l'âge légal de la retraite), moi je
connais l'étape suivante».
En clair, sous couvert de volontariat, le
gouvernement prépare déjà les
esprits au report de l'âge légal de la
retraite de 60 à 65 ans, puis à 70
ans.
Sur la forme, FO a tenu également
à dénoncer la manière
«clandestine» et «sournoise»,
dont le gouvernement a procédé pour
faire passer une disposition sur laquelle il n'y a
eu aucune concertation. C'est en effet dans la nuit
de vendredi à samedi et via amendement
soutenu par un député de sa
majorité, (Denis Jacquat) qu'il a commis son
forfait. Mais là aussi, selon le ministre du
Travail, il n'y a pas de quoi s'offusquer.
«Que le texte vienne en fin de semaine et la
nuit, c'est parce que le calendrier parlementaire
du PLFSS est celui-ci. Maintenant vous savez depuis
combien de temps on en parle de ce dossier? Depuis
le départ du professeur Montagnier. Parce
que le professeur Montagnier, était trop
âgé pour chercher et pour trouver en
France, mais il ne l'était pas assez pour
aller aux Etats-Unis, avoir des succès aux
Etats-Unis. Et à l'époque certains
avaient dit: il faudra faire bouger les choses.
L'an dernier même chose avec Guy Roux trop
âgé pour rester en activité
pour entraîner… Alors on s'était dit
qu'il fallait faire bouger les choses», a
expliqué M. Bertrand, après avoir
soutenu qu'il avait exprimé dès le
mois de mai aux syndicats son intention de
«supprimer les mises à la retraite
d'office» pour éviter, qu'à
l'avenir, un employeur ne puisse décider,
comme c'est le cas aujourd'hui de «faire
partir» un salarié de 65 ans voulant
continuer à travailler.
Au delà de la comparaison
démagogique entre un génie de la
médecine ou un entraîneur d'exception
(dont les activités se confondaient avec
leurs passions) et le commun des mortels contraint
de travailler pour (sur)vivre et qui n'a pas
forcément choisi son métier, FO
rappelle qu'au printemps dernier la volonté
du gouvernement était de supprimer les mises
à la retraite d'office et non de les
repousser à 70 ans. De plus, ajoute la
centrale, début octobre, lors des
présentations successives du PLFSS aux
conseils d'administration de la CNAM
(Assurance-maladie), de la CNAF (Allocations
familiales) et de la CNAV (assurance vieillesse),
la disposition contestée n'y figurait pas.
Au passage, fait-elle remarquer, les trois conseils
en question ont tous émis un avis
(consultatif) défavorable sur le projet de
texte. A la CNAV, 23 administrateurs, dont FO, ont
ainsi voté contre et seulement quatre pour.
Selon la présidente Danièle
Karniewicz, (CGC) de cette caisse, les
administrateurs «ont souhaité que l'on
ne joue pas uniquement sur les dépenses,
mais aussi sur les recettes pour équilibrer
les comptes» des branches de la
Sécurité sociale. A ce propos, si le
gouvernement s'est résolu à la
création d'une taxe sur
l'intéressement, la participation,
l'épargne salariale et la retraite
supplémentaire (2%) à la charge des
entreprises, il a sommé les
députés de rejeter l'extension de ce
« forfait social» aux parachutes
dorés, stock-options et autres actions
gratuites des patrons et aux hauts dirigeants alors
que la commission des Finances de
l'Assemblée nationale y étaient
favorable. Cherchez l'erreur!
Avec la
crise financière… LA CRISE SOCIALE N'EST PAS
LOIN
«Regardez le budget
2009 de la France: c'est le même budget
qu'avant la dernière période de
crise. Quand ça marche bien, on nous dit "on
ne peut pas répondre à vos
revendications, il n'y a pas de sous dans les
caisses", (mais) quand le système est
attaqué dans son cœur, qui est la finance,
eh bien là, tout le monde, les gouvernements
et les institutions financières,
n'hésite pas à trouver des milliards
pour sauver les banques. Même si sauver les
banques, ça a une incidence sur
l'économie, il y a quand même un
problème… Il faut aussi soutenir
l'activité et la consommation», a
lancé lundi sur RMC Info le leader de, FO
Jean-Claude Mailly. Il y a de quoi en effet
s'interroger sur la célérité
de l'exécutif dirigé par Nicolas
Sarkozy qui se «dépense» sans
compter en ce moment pour «rassurer» les
marchés financiers, alors que rien n'est
prévu pour limiter les effets de la
récession, qui s'installe, sur le pouvoir
d'achat et le chômage (voir nos articles du
26 et 30 septembre).
L'emploi et le pouvoir
d'achat figurent désormais en tête des
préoccupations des salariés mais
elles laissent de marbre le gouvernement. «Il
n'est pas question» de mettre en place un plan
de relance «parce que nos finances publiques
ne le permettent pas», a expliqué sans
ambages Luc Chatel, secrétaire d'Etat
à la Consommation et porte-parole du
gouvernement. Selon lui, l'argent public
engagé la semaine dernière pour
«faire en sorte que l'économie du
réel ne soit pas contaminée
après la bulle et l'économie du
virtuel» n'est qu'un redéploiement de
«moyens existants». Contribuables et
épargnants apprécieront…
Pourtant,
«l'économie réelle», elle
est déjà bien atteinte. D'ailleurs,
cela ne date pas d'hier puisque son ralentissement
a commencé au début de
l'année. Au delà des chiffres
officiel du chômage, il suffit de voir la
liste des plans sociaux annoncés depuis
janvier: Peugeot SA (1.090 postes
supprimés), Caisse d'Epargne (4.500), AGF
(200), banque Natixis (850), Imperial Tobacco
(1.060 emplois supprimés en France sur
4.700), SFR-Cegetel: (776), Renault (6.000),
Crédit Agricole (500), Kaufman et Broad
(166), Sanofi-Aventis (927 emplois).
Avec l'entrée en
récession et cette crise financière,
cette liste (non exhaustive) risque de s'allonger
encore, notamment dans les secteurs des banques,
des assurances et de l'immobilier, où les
restructurations, selon les experts, seront
inévitables dans les prochaines semaines.
Etant donné que
l'économie française repose
essentiellement sur la demande intérieure,
le seul moyen d'éviter une hémorragie
reste la mise en œuvre de mesures de relance et de
soutien actif à la consommation ainsi
qu'à l'emploi, via notamment une hausse du
pouvoir d'achat des ménages, martèle
FO: «cela peut passer par des aides à
la négociation salariale, des conditions
plus strictes aux entreprises quand elles
bénéficient d'aides, la mise en place
de la prime transports...».
Sinon, toute inertie des
pouvoirs publics en la matière
entraînera une autre crise. Sociale,
celle-là. Car, comme le souligne la
dernière note de «conjoncture
sociale» de l'association Entreprises et
personnel, (plus de 150 responsables de ressources
humaines et experts), «toutes les composantes
d'une crise sociale risquent d'être
présentes» dans les prochains mois,
avec cette «crise qui ébranle
l'économie et sidère l'opinion
publique». Baptisée «la
déchirure», le document cite entre
autres la hausse «sensible du chômage et
des difficultés des ménages
modestes», la «montée de la
conflictualité dans nombre d'entreprises
contraintes à la rigueur salariale, voire
aux réductions d'effectif» et la
«contestation rampante» dans le secteur
public. Et de prévenir: «un
durcissement des politiques d'indemnisation du
chômage, de l'assurance maladie, des
retraites complémentaires»
l'application de la loi sur les 35 heures ou la
multiplication des plans sociaux «pourraient
servir de détonateur».
COMMUNIQUE
TRAVAIL LE
DIMANCHE : PARADOXAL ET INDECENT
Alors que le besoin de
re-réglementation s'exprime fortement sur
les marchés financiers, il est pour le moins
paradoxal, voire indécent, d'entendre le
gouvernement vouloir à nouveau
déréglementer la durée du
travail en voulant étendre le travail le
dimanche.
Il prend appui sur un
sondage à la question orientée (1),
en légitimant l'illégalité. Or
ce qui détermine les salariés, ce
n'est pas de travailler le dimanche mais de gagner
plus !
Personne ne fera croire
aux salariés que c'est en
déréglementant la durée du
travail, en banalisant le travail le dimanche,
qu'on réglera la crise mais en soutenant
notamment le pouvoir d'achat des salaires,
l'investissement, la recherche et en
re-réglementant.
**************
LE GOUVERNEMENT
REVIENT À LA CHARGE
Le gouvernement
voudrait profiter de la crise financière
pour faire passer un texte de loi permettant aux
patrons de faire travailler leurs salariés
le dimanche.
La crise
financière, une aubaine pour le gouvernent
français? Au moment même où les
chefs d'Etats et de gouvernements européens
se penchaient avec mansuétude au chevet des
banquiers, on apprenait ce week-end par la voix du
secrétaire d'Etat à la consommation
Luc Chatel et du ministre du Travail Xavier
Bertrand, leur volonté
d'«assouplir» avant la fin de
l'année la loi sur le travail dominical.
Dans un entretien au
journal du dimanche (JDD) qui lui ouvrait hier ses
colonnes pour commenter un (énième et
opportun) sondage sur le sujet, M. Chatel a
expliqué que la crise actuelle était
«justement le moment d'avancer, de favoriser
la consommation et d'aller chercher de la
croissance». Selon lui, «le commerce du
dimanche, ce sont des emplois et de la
croissance» car «partout où les
magasins ouvrent le septième jour,
l'activité a été
favorisée».
Interrogé le
même jour par les télés et les
radios, M. Bertrand a plaidé, de son
côté, pour que «les règles
bougent». Selon lui, «si la
législation reste en l'état, des
entreprises vont fermer le dimanche car elles en
auront assez de payer des astreintes» et
«cela veut dire la perte d'une majoration de
salaire pour les employés voire la perte de
leur emploi». Si le ministre du Travail a
promis que la prochaine réglementation
prévoirait des «garanties»,
notamment une «majoration de salaire, ce qui
signifie être payé double (sic)»
et un «droit au refus» pour le
salarié.
Mais M. Chatel ne semblait
pas être sur la même longueur d'onde
puisque celui-ci s'est contenté d'affirmer
que le futur texte législatif contiendrait
des «majorations salariales». Comme
«certaines enseignes» (déjà
autorisées à ouvrir le dimanche)
prévoient aujourd'hui «un jour de
récupération» ou «une
double rémunération» (…),
«nous veillerons à ce que la formule la
plus bénéfique aux employés
soit privilégiée», a t-il
précisé. Quant au volontariat du
salarié, «nous sommes bien sûr
particulièrement vigilants sur la
défense du droit au refus des
salariés. Mais c'est aux branches
d'activité et non à la loi d'en
définir les conditions», a
déclaré le secrétaire d'Etat
à la consommation.
Les réactions des
syndicats ne se sont pas fait attendre, notamment
FO et la CFTC, en première ligne sur ce
dossier. La CFTC rappelle ainsi que le
salarié «n'est pas libre» de
choisir en raison du lien de subordination
l'unissant à son patron. Sur les primes
accordées aujourd'hui aux salariés du
dimanche, l'organisation chrétienne rappelle
également «qu'aucune loi en France
n'oblige à payer plus et (…) beaucoup de
salariés qui travaillent le dimanche sans
être payé plus».
Pour FO, «alors que
le besoin de re-réglementation s'exprime
fortement sur les marchés financiers, il est
pour le moins paradoxal, voire indécent,
d'entendre le gouvernement vouloir à nouveau
déréglementer la durée du
travail en voulant étendre le travail le
dimanche». Et d'ajouter, «personne ne
fera croire aux salariés que (…) ce n'est
pas en banalisant le travail le dimanche, qu'on
réglera la crise mais en soutenant notamment
le pouvoir d'achat des salaires, l'investissement,
la recherche… »
Crise financière
Crise
financière : DES MILLIARDS POUR LES
BANQUIERS, L'AUSTÉRITÉ POUR LES
AUTRES
Le Premier ministre
justifie l'utilisation de fonds publics pour sauver
les établissements financiers et annonce
qu'il y aura «des conséquences sur
l'activité, sur l'emploi et le pouvoir
d'achat des Français».
Avec la mobilisation (sans
scrupules) de milliards d'argent public qu'il
injecte ces temps-ci pour sauver des groupes
privés, on aurait pu penser que le
gouvernement ait tiré quelques leçons
de la crise financière actuelle, en
renonçant par exemple à la rigueur
budgétaire alors que s'installe la
récession. Que nenni. Mercredi, lors du
débat consacré à cette crise
à l'Assemblée nationale, le Premier
ministre, François Fillon, a exclu toute
idée de relance de l'économie et de
la consommation, via notamment une politique active
de l'emploi et de soutien au pouvoir d'achat des
ménages.
«L'urgence, c'est de
répondre au problème de
liquidité sur le marché
interbancaire», a lancé M. Fillon
devant les députés. Il a
annoncé dans la foulée que la France
allait se doter d'une société
publique capable - au coup par coup et en
empruntant sur le marché - d'aider les
banques françaises qui seraient
menacées de faillite… dans l'espoir de
rassurer la Bourse. La nouvelle
Société de prises de Participation de
l'Etat (SPPE) permettra aux pouvoirs publics,
a-t-il insisté, de «maîtriser la
stratégie et la gestion» des
établissements bancaires sauvés.
Histoire de rassurer les contribuables, il a
précisé que les interventions de
l'Etat seront «réactives» et
«temporaires», c'est-à-dire que
ses éventuelles participations seront
revendues, «si possible avec une
plus-value». Autrement dit, l'Etat n'aura pas
vocation à rester dans le capital de ces
banques une fois leur situation
redressée.
Si le Chef du gouvernement
a prétendu ainsi expliquer pourquoi il est
si prompt à mettre la main à la poche
pour sauver le système financier, il s'est
refusé à mobiliser des fonds publics
pour relancer l'activité, ce qui
s'imposerait tout autant. Selon lui, «la crise
ne nous donne aucune raison de relâcher la
discipline que nous nous sommes imposée en
matière de finances publiques» car
«notre politique budgétaire est
adaptée à la crise: ni laxiste, ni
récessive». Il a enfoncé le clou
en affirmant que le budget devrait faire même
office de «stabilisateur» dans la
tempête : «le taux de
prélèvements obligatoires
n'augmentera pas et toute reprise de la croissance
sera mise à profit pour le baisser d'ici
2012». Le Premier ministre entend dès
lors maintenir tels quels ses objectifs en
matière de réduction des
dépenses publiques, à travers
notamment la suppression de 50.000 postes de
fonctionnaires et la poursuite de la
Révision Générale des
Politiques Publiques (RGPP). A part ça, il
s'est voulu «lucide»: «nous savons
que l'Europe sera rudement affectée par le
ralentissement. Nous savons que la France le sera
aussi. Il y aura des conséquences sur
l'activité, sur l'emploi et le pouvoir
d'achat des Français. Il serait absurde et
irresponsable de le nier».
En attendant, rien n'est
prévu pour limiter les conséquences
puisque M. Fillon n'a à aucun moment
parlé de relance. De fait, parmi les mesures
inscrites dans le budget 2009 en direction des
ménages depuis l'aggravation de la crise
financière, seule la majoration de 152,45
à 220 euros de la «prime de
Noël» qui est attribuée à
certains bénéficiaires de minima
sociaux constituera une dépense publique
nouvelle. Quant à la politique de l'emploi,
le gouvernement compte sur les 60.000 contrats
aidés et précaires
décidées en juillet, pour jouer
opportunément le rôle
«d'airbags» aux chocs de la crise, dixit
le ministre de l'emploi.
C'est pourquoi,
écrit Jean-Claude Mailly (FO) dans son
dernier édito publié dans FO Hebdo,
«l'austérité budgétaire
est (…) le contraire de ce qu'il faut faire»
et «c'est le moment de revoir certaines
dispositions, telles celles du bouclier fiscal, qui
ont concerné les plus riches». Pour
lui, «une chose est sûre: quand on
réclamait (propositions à l'appui) 12
milliards d'euros pour les retraites, on nous
trouvait irréalistes. C'est pourtant une
goutte d'eau par rapport à ce qui est
engagé ces temps-ci». Et le leader de
FO de s'interroger face à ces deux poids,
deux mesures: «qui peut encore oser dire que
la lutte de classe n'existe pas?».
********
LA
«MORALISATION» DU CAPITALISME, VUE DU
MEDEF
Après avoir
applaudi au flot d'argent public
déversé depuis une semaine par la
France pour éviter la faillite à un
système à bout de souffle, le MEDEF
est fin prêt à fournir l'effort
nécessaire à la
«moralisation» du capitalisme via un
«encadrement» des
rémunérations des grands patrons
réclamé par le président
Nicolas Sarkozy. Et quel effort…un code de bonne
conduite à l'usage des
sociétés cotées et… bien
intentionnées!
Présenté
lundi par la présidente du MEDEF, Laurence
Parisot, ce «code de gouvernement des
entreprises» a été
élaboré au sein de l'Association
française des entreprises privées
(AFEP), qui représente les 80
sociétés les plus importantes de la
Bourse de Paris. Il recommande de ne plus octroyer
des «parachutes en or» lorsque
l'entreprise est laissée en situation
d'échec ou que ces indemnités de
départ sont réputées
«abusives». Tout patron
démissionnaire, muté à
l'intérieur d'un groupe ou à veille
de faire valoir ses droits à la retraite ne
devrait plus y avoir droit.
Car, souligne le document,
«il n'est pas acceptable que des dirigeants
dont l'entreprise est en situation d'échec
ou qui sont eux-mêmes en situation
d'échec la quittent avec des
indemnités». Les conditions de
performance «doivent être exigeantes et
n'autoriser l'indemnisation d'un dirigeant qu'en
cas de départ contraint et lié
à un changement de contrôle ou de
stratégie», a précisé le
MEDEF. Les critères de performances d'un
dirigeant de société seraient
liées au cours moyen de bourse des
entreprises du même secteur
d'activité. Il n'est pas dit que les
licenciements boursiers resteraient toujours
à l'ordre du jour, mais comment ne pas y
penser?
Un dirigeant d'entreprise
ne devrait pas non plus pouvoir cumuler un contrat
de travail et son «mandat social» de PDG
ou de directeur général, qui assurent
aujourd'hui des indemnités de départ
y compris si le départ est volontaire
(démission). Dans tous les cas, si les
indemnités ne devraient plus excéder
«deux ans de rémunération»,
le MEDEF s'est bien gardé de fixer une
valeur à ce plafond. «Nous ne voulons
pas nous limiter», a expliqué Mme
Parisot, par crainte de voir «les meilleurs
dirigeants partir ailleurs» ou de peur
«qu'aucun investisseur étranger ne
veuille plus venir chez nous» (sic).
Sur les compléments
de rémunérations à l'instar
des «retraites chapeau», le code du MEDEF
stipule qu'ils devraient être mieux
définis afin de «représenter
chaque année un pourcentage limité de
la rémunération». Quant aux
stock-options et à la distribution d'actions
gratuites, les premières devraient
«correspondre à une politique
d'association au capital et non à un
complément de rémunération
instantanée» et «associer»
les salariés aux bénéfices des
entreprises tandis que les secondes seraient
«soumise (aux) conditions de performance»
des «mandataires sociaux».
«Un conseil
d'administration qui examine une
rémunération devra tout
considérer: la partie fixe, les bonus, les
stock-options, les jetons de présence»,
a souligné Mme Parisot, qui entend sommer
les entreprises cotées d'adhérer
à ces recommandations. Pour elle, «la
France va (ainsi) disposer en matière de
gouvernance d'entreprise du code le plus
éthique qu'on puisse trouver aujourd'hui
dans le monde occidental (sic)» alors que les
recommandation présentées hier ne
font que s'ajouter au catalogue d'appels à
la «mesures» diffusé début
2007 à l'intention des conseils
d'administration des sociétés
côtés et qui n'a jamais
entraîné un seul refus de
«parachute en or» en France. Comme en
témoignent les (bonnes) affaires Forgeard
(EADS) et Zacharias (Vinci) l'an dernier, Patricia
Russo-Serge Tchuruk (Alcatel-Lucent), Gérard
Le Fur (Sanofi Aventis) et Axel Miller (DEXIA) plus
près de nous.
Alors que la loi n'exige
que la fixation de critères d'attribution,
sans dire lesquels, Mme Parisot a pris les devant
en affirmant que «chacun sait que dans ce
domaine, pour être efficace, mieux vaut
éviter toute législation». Selon
elle, si les sociétés
«n'appliquent pas l'un des
éléments du code, elles devront s'en
expliquer devant le MEDEF et l'AFEP, leurs
actionnaires et le grand public». Au sommet du
CAC 40, on en frémit déjà! En
quête, particulièrement en ce moment,
de «moralisation» du capitalisme, M.
Sarkozy attendait depuis le 25 septembre les
propositions du MEDEF pour que «le
gouvernement de la République»
règle le problème. Réponse de
l'Elysée ce matin: «Le gouvernement
souhaite que les conseils d'administration des
entreprises concernées adhèrent
formellement à ces recommandations avant la
fin de l'année 2008 (...). A défaut,
elles seraient reprises dans un projet de loi
dès le début 2009». En clair,
c'est pas demain la veille...
NEGOCIATION COLLECTIVE
SOUS COMMISSION
DES CONVENTIONS ET ACCORDS DU 25 SEPTEMBRE
2008
Une réunion exceptionnelle de la Sous
commission des conventions et accords, a eu lieu le
25 septembre 2008. Les organisations syndicales et
patronales membres de la Commission Nationale de la
Négociation Collective ont été
consultées sur les textes suivants :
1. Extension des accords sur le financement du
paritarisme déclinant l'accord
"développement du dialogue social dans
l'artisanat " signé le 12 décembre
2001 :
- Bâtiment (moins de 10 salariés),
du 20/10/2003
- Métiers de services et de production
(interbranches), du 24/04/2003
- Poissonnerie (avenant n° 32 du 06/06/02
complétant l'avenant n° 30)
- Entretien des textiles (accord du 02/12/02)
2. Projets de décret pris en application
de la loi du 20 août 2008 portant
rénovation de la démocratie sociale
et réforme du temps de travail :
- projet de décret en conseil d'Etat
relatif au Haut conseil du dialogue social
- projet de décret relatif aux
modalités de recueil et de consolidation des
résultats des organisations syndicales aux
élections professionnelles.
- projet de décret relatif au contingent
annuel d'heures supplémentaires et à
l'aménagement du temps de travail.
- projet de décret portant diverses
mesures relatives au temps de travail et modifiant
le code du travail.
3. Projet de décret sur le recours
à contrat à durée
déterminé et contrat de missions pour
forains et auxiliaires de session du Parlement
européen
*****
Extension
Sur le premier point, il a été
rappelé que le Ministre du Travail a pris
publiquement l'engagement d'étendre ces
quatre accords. L'administration a fait une
réserve à l'extension liée
à la jurisprudence de la Cour de Cassation
qui prévoit la répartition entre
organisations syndicales et patronales
représentatives dans le champ de l'accord.
FORCE OUVRIERE s'est prononcé pour
l'extension de ces accords. Nous avons fait
observer que la réserve de l'administration
signifie bien que la question de la
représentativité des organisations
patronales mérite d'être posée.
L'UPA et toutes les organisations syndicales ont
demandé l'extension rapide des accords.
La CGPME ayant émis un avis mitigé
et seul le MEDEF s'étant opposé
à l'extension, ces accords seront donc
étendus.
Représentativité
S'agissant des décrets d'application de
la loi sur la partie représentativité
et en particulier de la question du recueil des
données, le Directeur Général
du Travail a indiqué les points suivants :
" Une transparence est souhaitée afin
d'éviter que le recours au juge ne se fasse
de manière disproportionnée.
" Le contrôle de la
régularité des élections par
l'inspection du travail et la collecte des
résultats étant deux fonctions
différentes, il a été fait le
choix par l'administration de confier la saisine et
l'exploitation des résultats à un ou
plusieurs prestataires extérieurs (Phase 2).
" La remontée des résultats se
fera via le document CERFA dont le contenu sera
adapté, puis, dans un second temps, par voie
numérique, ce qui répond, pour
l'administration, à la préoccupation
des entreprises de ne pas alourdir leurs
tâches.
Face aux interrogations de FORCE OUVRIERE
concernant le choix du prestataire et la
période transitoire, c'est-à-dire
jusqu'à la mise en place du prestataire
(phase 1), certaines précisions nous ont
été apportées :
" Le prestataire sera choisi par appel d'offre
dans le cadre du Code des marchés publics.
Son cahier des charges sera transparent et par
conséquent, soumis au Haut Conseil du
Dialogue Social.
" Durant la période transitoire, il nous
a été répondu que les
résultats des élections seront,
dès à présent,
engrangés mais seront sans portée
juridique pour le niveau de la branche (il s'agit
d'une période test en quelque sorte).
" Ainsi, la collecte définitive des
résultats se fera à compter de la
mise en place du prestataire jusqu'au 31 mars 2013.
Pour FORCE OUVRIERE, la nécessaire
transparence implique que nous ayons accès
aux résultats récoltés
à toutes les étapes, tout en assurant
la confidentialité des données.
D'autre part, FORCE OUVRIERE a exprimé sa
méfiance face à la fiabilité
des résultats récoltés et
traités par un ou des opérateurs
extérieurs, autrement dit par des officines
privées.
C'est la raison pour laquelle FORCE OUVRIERE a
tenu, dès à présent, à
souligner les difficultés qui ne manqueront
pas de se poser, même si le ministère
semble vouloir consulter les interlocuteurs sociaux
dans le cadre du Haut Conseil, sur les questions de
principe et sur les questions pratiques et nous
assure que les difficultés qui se
présenteront seront examinées dans ce
cadre.
Compte tenu des doutes exprimés, la
confédération a tenu à
manifester officiellement ses réserves dans
un courrier adressé à Monsieur Xavier
Bertrand, sous la signature du secrétaire
général.
Des conflits de rattachement vont devoir
être réglés :
" La bonne affectation de la CCN : si
l'employeur n'applique pas la bonne CCN
(problème de code NAF), l'intervention des
syndicats et de l'inspection du travail doit
toujours être possible.
" Le périmètre géographique
: par exemple, dans les branches locales de la
métallurgie et du BTP et à tous les
niveaux où il existe des
négociations.
" Les chevauchements de conventions collectives
de branche.
Sur ces points, l'administration nous a
indiqué que le document CERFA contiendra le
numéro IDCC (identifiant des conventions
collectives).
Par ailleurs, des cas particuliers se
présenteront :
" Les cas de dissolution ou de fusion de
syndicats ou d'entreprises qui impliquent que
soient conservés les résultats des
élections professionnelles
précédentes.
" Au sujet des salariés mis à
disposition, les données devront faire
apparaître le vote individuel puisque le
choix des salariés est permis.
" Les résultats des organisations
catégorielles devront être pris en
compte.
Enfin, concernant le Haut Conseil du Dialogue
Social, FORCE OUVRIERE a souhaité que la
qualité des personnes qualifiées,
nommées par le Ministre du travail, soit
spécifiée.
Pour information, l'administration
éditera une circulaire d'application de la
loi du 20 août 2008, sous forme de fiches,
mi-octobre.
Temps de travail
Sur les projets de décret portant sur la
partie temps de travail, FORCE OUVRIERE a
formulé plusieurs remarques concernant le
projet de décret relatif au contingent
d'heures supplémentaires et à
l'aménagement du temps de travail.
S'agissant des modalités de la
contrepartie obligatoire en repos à
défaut d'accord collectif, FORCE OUVRIERE a
noté avec satisfaction que le décret
maintient la plupart des dispositions
règlementaires antérieures et
intègre certaines dispositions
légales qui avaient été
supprimées par la loi du 20 août 2008.
Nous avons regretté cependant le
déclassement de ces dispositions, qui n'a
aucune utilité en termes de simplification
du droit.
FORCE OUVRIERE a émis un avis
défavorable concernant la suppression du
contingent réduit en cas de modulation
forte. Le contingent règlementaire de 130
heures peut, en effet, être maintenu comme
étant supplétif, c'est-à-dire
applicable à défaut de contingent
propre au cas de modulation forte fixé par
l'accord collectif instaurant la modulation du
temps de travail.
FORCE OUVRIERE a donné également
un avis défavorable concernant l'exclusion
des forfaits en heures sur l'année des
règles relatives aux contingents d'heures
supplémentaires (art.1er, II).
Enfin, FORCE OUVRIERE regrette l'absence de
modalité (autre que la simple consultation
du CE ou des DP) pour permettre le
dépassement par l'employeur du contingent,
à défaut d'accord collectif sur ce
point.
Concernant l'organisation de la durée du
travail à défaut d'accord collectif,
nous avons souhaité qu'il soit
expressément mentionné que les
dispositions règlementaires de la nouvelle
sous-section 4 sont applicables "à
défaut d'accord collectif",
conformément à la loi.
CDD d'usage
Enfin, sur le troisième point, pour FORCE
OUVRIERE, nous avons déclaré que
notre organisation n'est pas favorable à
l'extension des cas de recours et des secteurs
d'activité pour les CDD d'usage, ni pour des
secteurs d'activité de "niche".
Cependant, c'est parfois justifié dans un
secteur spécifique où l'emploi doit
revêtir un caractère temporaire. Pour
autant l'activité ne doit pas être
permanente et doit correspondre à des
travaux déterminées et limités
dans le temps.
Notre organisation reste attentive et vigilante
face à toutes les questions posées
par la nouvelle loi et ses implications pour les
syndicats.
N'hésitez pas à nous faire
remonter vos propres interrogations.
Insertion
sociale et professionnelle : QU'EST CE QUE LE
REVENU DE SOLIDARITÉ ACTIVE (RSA)?
Avec son «idée
généreuse», le gouvernement
prétend aider les allocataires de minima
sociaux à retrouver un travail durable...
sans aborder la qualité des emplois et des
formations qui pourraient leur être
proposés. Le revenu de solidarité
active (RSA) est donc sur les rails. Et il fera au
moins un heureux: Martin Hirsch, «Haut
commissaire aux solidarités actives contre
la pauvreté» du gouvernement Fillon.
Normal, l'ex-président d'Emmaüs France
portait à bout de bras et depuis quinze mois
ce projet d'«insertion sociale et
professionnelle» durable.
Reste à savoir si le futur dispositif est
à la hauteur de l'enjeu affiché. Rien
n'est moins sûr.
De quoi s'agit-il? Le RSA est «un
complément aux ressources» d'une
«personne bénéficiaire d'un
minimum social qui prend ou reprend un
travail» afin de lui permettre
«d'atteindre un revenu garanti qui tient
compte des revenus d'activité
professionnelle et des charges de famille». Il
est censé éviter à l'avenir
que les allocataires de minima sociaux ne soient
affectés par une baisse de ressources (perte
des aides au logement, ...) parce qu'ils ont
retrouvé un emploi. Selon le gouvernement,
le dispositif permettra ainsi de promouvoir
«le travail au détriment de
l'assistanat» en facilitant «une
insertion durable des individus dans l'emploi»
pour mieux «lutter contre la
pauvreté».
Une «idée
généreuse», a soutenu hier le
secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent
Wauquiez. A partir du 1er juillet 2009, le RSA est
voué à remplacer les minima sociaux
actuels tels que le revenu minimum d'insertion
(RMI) ou l'allocation de parent isolé (API).
Il devrait ensuite être étendu aux
«bénéficiaires» du Revenu
minimum d'activité (RMA) ou des contrats
d'avenir. Comme pour le RMI, son montant mensuel ne
pourra dépasser 448 euros pour une personne
seule.
Concrètement, tout allocataire de minima
sociaux de plus de 25 ans (re)trouvant un travail
pourra cumuler son salaire et le RSA à
hauteur de 62% tandis qu'aujourd'hui chaque reprise
d'emploi entraîne la suppression ou la
suspension du RMI. Le cumul des deux revenus ne
pourra néanmoins dépasser 1.374 euros
brut par mois, soit un peu plus du SMIC. Quant aux
personnes sans emploi, elles continueront de
toucher leur allocation. Mais, «à la
différence du RMI, avec le RSA, on sera
obligé de prendre du travail et ceux qui
refuseront deux offres d'emploi ou de formation
seront pénalisés», a
prévenu jeudi le Chef de l'Etat, Nicolas
Sarkozy.
En clair, pour ces personnes, le RSA leur sera
supprimé dès que l'occasion se
présentera. Coût du dispositif,
environ 25 milliards d'euros provenant du
redéploiement des fonds alloués
chaque année aux minima sociaux et d'une
taxe de 1 à 2% sur les «revenus du
patrimoine et de placements» (1,3 milliards
d'euros).
A l'exception des livrets d'épargne type
livret A, cette taxe sera appliquée aux
dividendes (actions et obligations), aux revenus
fonciers (loyers), aux plus-values
mobilières et immobilières ainsi
qu'aux plans d'épargne en actions (PEA) et
aux contrats d'assurance vie. Enfin, le RSA devrait
concerner entre 2 et 3 millions de personnes et il
est appelé à être
géré par les Caisses d'allocations
familiales (CAF), dont le conseil d'administration
(CA) a approuvé vendredi le principe en
présence de M. Hirsch. Lors de ce CA, la
confédération FO s'est abstenue,
après avoir expliqué notamment qu'on
ne pouvait à la fois demander la prise en
charge d'un dispositif aussi complexe par la CAF
tout en lui appliquant les objectifs de la
révision générale des
politiques publique, RGPP, (non remplacement d'un
départ en retraite sur deux).
Avec la RGPP, 1750 emplois ne seront pas
remplacés, alors que la gestion du RSA par
la CAF doit mobiliser 1.700 emplois
équivalents temps plein (hors suppressions
de postes). D'autres effets pervers sont attendus.
Ainsi, la «taxation du capital» frappera
d'abord les catégories sociales regroupant
les employés et ouvriers qualifiés,
puisque les ménages les plus nantis, eux,
seront protégés par le bouclier
fiscal (imposition plafonnée à 50%
tous revenus confondus). En outre, les syndicats,
se demandent, à l'instar de FO, comment on
peut prétendre favoriser l'insertion sociale
et professionnelle, sans se soucier de la
qualité des emplois. Rien n'est en effet
prévu pour limiter l'importance du temps
partiel, puisque le dispositif s'ouvrira dès
la première heure de travail
déclarée. Quitte à
démultiplier les emplois précaires,
sous-payés et peu ou pas qualifiés,
du type «services à la personne»
(contrats aidés Borloo), dont l'amplitude
horaire n'excède pas 10 à 12 heures
hebdomadaires. En cela, le RSA sera une aubaine
dans les tous les secteurs friands de contrats
Borloo (hôtellerie, restauration, nettoyage,
grande distribution). Il constituera à coup
sûr une grande armée de réserve
pour toutes les entreprises qui peinent à
pourvoir aujourd'hui ce genre de postes, les futurs
allocataires étant à terme
obligés de les occuper. Le dispositif
permettra dès lors aux employeurs
d'évacuer les questions liées
à la qualité des emplois et au niveau
de rémunération.
Avec le RSA, l'insertion sociale professionnelle
durable risque également de rester sans
suite dans la mesure où ne sont pas vraiment
abordées les vraies difficultés des
allocataires de minima sociaux ayant trait à
la formation, au logement, à la garde
d'enfant et au transport.
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