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Historique

Dans quel cas saisir les prudhommes ?

Où s'adresser ?

Organisation

Une procédure, concrètement

Elections 2008

Votre patron ne respecte pas votre contrat de travail, vous estimez être victime de harcèlement, de discrimination syndicale ou d'un licenciement abusif ?

Sans règlement à l'amiable, faites appel à un conseil de prud'hommes

Le tribunal des prudh'ommes statue sur les litigesindividuels entre employeurs et salariés. 

Son originalité ?

Il n'est pas composé de professionnels du Droit mais, à part égale, de salariés et d'employeurs élus tous les cinq ans par leurs pairs. C'est une juridiction de proximité, au service du monde du travail

 

 

 

 

 


 

 

 
 

Un peu d'histoire ...

Le terme « prud’hommes » (hommes preux) dans le vocabulaire médiéval servait à désigner les personnes expertes, avisées, de bon conseil.

C’est vers 1296 que le conseil de la Ville de Paris créa les premiers « preud’hommes ». Cet acte est considéré comme l’ancêtre du tribunal des prud’hommes d’aujourd’hui mais ce n'est qu'en 1907 que cette juridiction prendra sa forme actuelle.

La loi du 18 janvier 1979 en a fait une instance nationale et a doté les conseillers d'un statut pour exercer leurs fonctions.

Les règles concernant la compétence, l’organisation et le fonctionnement des conseils de prud’hommes sont fixés par le Code Du travail par les articles L 511-1 et L 511-2

L’histoire des prud’hommes est fortement liée à l’histoire de France et au combat de la classe ouvrière.

 

Dans quel cas saisir les prud'hommes ?

Avant de saisir les prud'hommes, il faut savoir si l'on est en droit de le faire et sur quels motifs. En effet, seuls les employeurs et les salariés du secteur privé ou appartenant à des établissements publics industriels ou commerciaux sont autorisés à recourir à cette juridiction.

De plus, le conseil ne statue que sur les conflits individuels. Les litiges d'ordre collectif relèvent, eux, du tribunal d'instance, de grande instance, des juridictions de la Sécurité sociale, du tribunal correctionnel ou encore du tribunal administratif.

Cependant, différents salariés de la même entreprise peuvent individuellement saisir les prud'hommes et demander à comparaître à la même date.

Les motifs les plus courants...

On appelle saisine le fait de porter un différend devant un tribunal dans le cadre d'une action en justice

Les motifs de saisine sont divers : 50% des affaires concernent la rupture du contrat de travail, 40% le règlement des salaires (ou autres éléments de rémunération : primes, heures supplémentaires, etc.) il peut également s’agir du paiement de votre salaire ou des primes, 

durée de votre travail, de vos jours de repos ou de congé, des conditions d'hygiène et de sécurité de votre poste de travail, de votre licenciement, ou de sanction disciplinaire irrégulière ou injustifiée, d’une remise d'attestation destinée à l'Assédic, ou du certificat de travail,mais les prud'hommes statuent dès la promesse d'embauche si celle-ci n'a pas été respectée, et lors de la période d'essai.

À noter aussi que seulement 1,3290% des saisines sont remplies par des employeurs (par exemple le non respect de la clause de non concurrence).

 

Organisation

Ce tribunal est composé de juges non professionnels élus, les "conseillers prud'homaux", représentant, en nombre égal et pour moitié, les employeurs et les salariés. Les listes électorales pour ces titres sont établies par les mairies à partir des déclarations que doit établir et adresser tout chef d’établissement ou à partir des inscriptions volontaires pour les demandeurs involontairement privés d’emploi. Il s’agit d’un scrutin à 1 tour à la proportionnelle.

Les précédentes élections ont eut lieu en décembre 1979, 1982, 1987, 1992 et 1997,2002, les prochaines se dérouleront en 2008.

Les conseillers employeurs et salariés se prononcent sur une affaire à égalité des voix. Cependant, en cas de partage de voix, le conseil de prud'hommes se réunit à nouveau sous la présidence d'un magistrat du tribunal d'instance, juge départiteur : cette nouvelle audience permet de départager les conseillers.

Chaque conseil de prud'hommes est divisé en 5 sections spécialisées dans les principaux secteurs du monde du travail (encadrement, industrie, commerce et services commerciaux, agriculture, activités diverses). Chacune comprend au moins un bureau de conciliation et un bureau de jugement.Le bureau de conciliation comprend 2 conseillers, 1 représentant des salariés et 1 représentant des employeurs ;Le bureau de jugement comprend 2 représentants des salariés, 2 représentants des employeurs et 1 magistrat professionnel qui préside l'audience, lorsqu'il y a départage.Une formation de référé commune au conseil de prud'hommes peut intervenir en cas d'urgence.

Le conseil de prud'hommes comprend également un greffe, composé de greffiers et personnels de greffe

Lorsqu'il est saisi d'une affaire, le conseil de prud'hommes tente obligatoirement de concilier les adversaires. En cas d'échec, il rend un jugement.

Le conseil de prud'hommes statue :

en " premier et dernier ressort " sans possibilité d'appel pour les demandes inférieures ou égales à 4 000 euros

en premier ressort, à charge d'appel (pour les demandes supérieures à 4 000 euros). L'affaire est alors examinée par la chambre sociale de la cour d'appel.

 

La procédure, concretement

Tout commence par le dépôt (ou par l'envoi en courrier recommandé) de votre demande au secrétariat-greffe du conseil de prud'hommes compétent. Sur le formulaire de saisine, vous ferez figurer votre identité, votre adresse, votre type de demande (référé, bureau de conciliation, bureau de jugement) et tous les renseignements utiles qui permettront de convoquer votre adversaire. Ensuite, vous dresserez la liste de vos réclamations. Enfin, vous indiquerez les compensations financières demandées (Dans les cas ou cela serait impossible à estimer, notez « à définir ».).

Le greffier vous avise alors du lieu, jour et heure de la séance du bureau de conciliation, un double de la convocation est adressé à votre adversaire.

Attention :

Il reste possible de modifier ou de compléter sa demande tout au long de la procédure tant qu’elle n’est pas terminée. Mais sachez que la règle veut qu’aux prud’hommes, toutes les demandes émanant des mêmes parties (salariés, employeurs) au sujet d’un contrat de travail fassent l’objet d’une seule instance, c’est à dire d’un seul procès. Par conséquent, il ne vous est plus possible d’intenter une seconde action au sujet de demandes que vous auriez négligé de faire à l’occasion du premier procès.

Il est important de chiffrer tout ce qui peut l’être.

Le délai de prescription :

Toute demande doit être faite avant que le délai de prescription ne soit écoulé (délai au delà duquel vous ne pouvez plus agir).

C’est le dépôt de votre demande au secrétariat du greffe du conseil de prud’hommes qui arrête ce délai. Il est de 5 ans en matière de salaire et de 30 ans dans les autres cas.

Les types de demandes :

Le référé (formation commune à toutes les sections, elle concerne les affaires urgentes et non contestables)Chaque conseil de prud'hommes comprend une formation de référé. Elle apprécie l'urgence ou l'absence de contestation sérieuse, pas le fond de l'affaire (objet du litige). Par exemple, le juge de référé, peut contraindre l'employeur à payer les salaires en retard ou encore à délivrer sous astreinte des feuilles de paie, des attestations Assedic, des certificats de travail et autres documents à son salarié.À la fin de l'audience, une ordonnance de référé vous sera délivrée. Il s'agit d'une décision provisoire dont l'exécution pourra être mise en cause par une nouvelle décision.A défaut de conciliation, la formation de référé devra renvoyer l'affaire directement devant le bureau de jugement (qui tranchera le litige en cas d'échec de la conciliation).

La conciliation : Cette procédure préalable est obligatoire, la conciliation a pour but d'éviter le procès en réglant le conflit à l'amiable et à l'oral. L'entretien aura lieu en présence d'un conseiller salarié, d'un conseiller employeur et du greffier. Soit vous trouvez un compromis avec le défendeur(l’employeur) et le greffier mettra fin à l'instance ; soit le désaccord persiste et les conseillers prud'homaux conviendront d'une date de plaidoirie devant le bureau de jugement. Votre affaire ne fait que commencer...

Le fond : Quand la conciliation a échoué, la phase judiciaire débute. Chacune des parties doit communiquer à son adversaire les pièces qu'il compte présenter lors de la procédure. Les deux parties sont ensuite convoquées par lettre recommandée avec avis de réception comportant les lieux, jour et heure de l'audience ainsi que les éléments encore litigieux. L'audience se déroule devant le bureau de jugement comprenant au moins quatre conseillers (deux conseillers salariés et deux conseillers employeurs). Le jugement est rendu après que ces derniers ont délibéré mais la décision du procès peut être prononcée à une date ultérieure.

Les suites On peut contester le jugement devant des magistrats professionnels : la cour d'appel et la cour de cassation.

Qui peut m'aider ?

Avant de saisir le Conseil de prud’hommes, mesurez d’abord vos chances de succès. Vous avez tout intérêt à vous renseigner le mieux possible sur vos droits.

Pour cela les délégués du personnel, les délégués syndicaux Force Ouvrière ainsi que les Unions Départementales FO sont à prêtes à vous aider.

Combien ça coûte ?

Rien en principe puisque la procédure (dépôt de la demande, audiences de conciliation et jugement) devant le conseil de prud'hommes est entièrement gratuite. Cependant, les parties sont souvent obligées d’engager des frais, par exemple pour faire citer par huissier un adversaire qui ne peut être joint, ou pour préparer leur défense, avec la collaboration éventuelle d’un avocat ou d’un autre défenseur ou encore pour rémunérer un technicien désigné dans cette affaire.

Certains de ces frais sont récupérables automatiquement sur l’adversaire condamné, d’autres ne pourront l’être, en partie, que par le biais d’une demande formulée au titre de l’article 700 du Nouveau Code de Procédure Civile.

Pensez à l’aide juridictionnelle :

Elle est attribuée aux personnes dont les revenus ne sont pas suffisants pour assumer des dépenses engendrées par une action en justice. Elle peut couvrir les frais de procédure, les consultations d'avocat et des auxiliaires de justice. Elle pourra être totale si la moyenne mensuelle de vos ressources ne dépasse pas 802 euros et partielle, si elle s'élève à 1203 euros maximum. Vous pouvez en faire la demande avant ou après le procès. Il vous faudra alors vous adresser au tribunal de grande instance de votre domicile ou à la mairie.

Où m'adresser ?

Jusqu'à présent, le conseil des prud’hommes dont on dépendait se situait en principe au chef-lieu du département ou du canton du lieu de travail et les salariés travaillant en dehors d'une entreprise devaient s'adresser au conseil de leur domicile.

Cependant, avec la réforme de la carte judiciaire, cette organisation est remise en cause.

Communiqué confédéral du 18/09/2007

RÉFORME DE LA CARTE JUDICIAIRE: QUE DEVIENT LE SERVICE PUBLIC DE LA JUSTICE?

Jeudi 13 septembre, la Confédération Force Ouvrière a été reçue par des représentants des ministères du travail et de la justice au sujet de la refonte de la carte judiciaire qui va notamment impacter les conseils de prud’hommes. Force Ouvrière exprime sa plus vive inquiétude tant sur la forme du projet que sur le fond.

Sur la forme, nous dénonçons la précipitation du gouvernement dans sa volonté de conclure la réforme, ainsi qu’un manque réel d’information des syndicats. A un an des élections prud’homales, Force Ouvrière s’alarme du risque de sabotage du scrutin.

Sur le fond, Force Ouvrière conteste la vision du ministère, qui ne conçoit que la suppression de tribunaux et de conseils de prud’hommes, sans tenir compte des réalités démographiques, géographiques et socio-économiques des départements. De toute évidence, le ministère n’envisage pas réellement la création de nouvelles implantations, ce qui serait pourtant une nécessité pour une meilleure efficacité de la justice.

Force Ouvrière dénonce ainsi une réforme qui éloigne la justice des justiciables, et concourt à la désertification de certains territoires

Les prochaines élections

L’an prochain auront lieu des élections très importantes pour notre organisation syndicale. Ce sont les élections Prud’Hommales.

F O est en mesure d’être bien représenté dans ces instances.

F O est un syndicat incontournable au niveau de la défense des salariés. Il est urgent de se mobiliser dès aujourd’hui pour gagner.

Les camarades qui envisagent une candidature à cette institution prendront dès que possible contact avec leur syndicat qui optera pour la désignation du candidat à cette instance.