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Le territoire de la commune de Penta occupe la partie sud
de l'ancienne piève de la Casinca.
Le Fium'alto le sépare de la Tavagna.
Progressivement, il s'élève d'est en ouest,
de la plage jusqu'à une altitude de 650 mètres
environ.
Le village
de Penta proprement dit occupe, face à la
mer, une ligne de crête à 400 mètres.
A l'embouchure du Fium'alto, les vestiges de la tour historique de San-Pellegrino.
A l'ouest, sur un roc escarpé, véritable nid d'aigle,
quelques murs calcinés émergent de ci, de là : c'est
ce qui reste du hameau de San-Pellegrino, pillé, brûlé, anéanti par les
barbaresques, vers le milieu du XVI siècle.
L'histoire
de Penta, intimement mêlée à celle de la
Casinca, peut évoquer une longue période
de rivalités locales, de luttes intestines, de résistance
aux envahisseurs successifs:
Maures, Génois, Français...
Les auteurs
ne tarissent pas d'éloges sur le village de la Penta.
Ils trouvent
" qu'il est un des plus considérables de la Casinca et un des mieux bâtis qu'il y ait
en Corse" : pierres extraites sur place, (roche dont
nous avons oublié
le nom scientifique serait unique en Europe),
toits d'ardoise grise, uniforme, liant d'argile, maisons
à plusieurs étages,
tassées les unes contre les autres, comme pour mieux s'épauler
en cas de danger.
D'où vient
ce nom de PENTA ?
Deux
versions sont admises par la tradition orale :
la première, citée par Falcucci Camille, dans sa
"vie des communautés agraires dans la Piève de Casinca au 17 ème-18 ème siècles",
veut que le
vocable Penta découle de Pentone (gros rocher).
Le village est en effet, campé sur un énorme piton
rocheux.
La seconde version le fait fonder par les
survivants de
San
Giabico, San Michel, San Quilico, San
Andréa et San Colombano
(cinq hameaux mis
à sac et rasés par les envahisseurs).
En grec ne se dit pas "pento" ?
Quoi qu'il en soit, le choix de l'emplacement était
fort judicieux pour assurer à ses habitants le maximum
quasi inaccessible.
Bien des maisons l'étaient de par leur conception :
murs d'un mètre et plus d'épaisseur.
Rez de chaussée aménagé en écuries pour les animaux
domestiques.
Lourdes portes en bois massif de châtaignier fermées
par une "stanga" (grosse poutre pénétrant profondément
dans la muraille, de part et d'autre de la porte). Pour
accéder à l'étage, point d'escalier : une échelle
mobile en tient lieu, qui passe par une trappe du
plancher, échelle que l'on "remonte" la nuit
tombée. La "Fugone" chauffe la pièce principale et sèche
la récolte de châtaignes (précieuse réserve
alimentaire) répandues sur la "grate", le "Cuncone", grande jarre largement évasée
vers le haut, vernissée à l'intérieur, encastrée dans
la muraille, conserve la réserve d'eau- on y "coule",
au besoin, la lessive, le four, sont intérieurs et fort
utilisés en périodes d'invasions ou d'inimitiés
familiales.
La tour de San-Pellegrino existe déjà au XVI ème siècle
:
elle sera renforcée par les Génois.
La Corse
devenue Française, l'histoire de Penta est assez connue pour nous
dispenser d'en pousser plus avant le récit.
ANECDOTE
Cependant
notons une anecdote demeurée célèbre dans les annales
judiciaires corses :
Lors d'un
retentissant procès d'assises, à l'issue duquel un
notable de Penta, Luc Antoine Viterbi devait être
condamnée à mort, son avocat, Maître Pompéi, dit
"Pompoone", lança au cours de sa plaidoirie :
- "A
quoi bon plaider davantage la Cour, dans son sommeil, n'entend
pas ma voix."
- Le Président
"La Cour, dans son réveil, vous suspend pour trois
mois"
- Pompoone
"Moi, plus puissant que la Cour, je me suspends pour
toujours."
Notons que
Viterbi n'eut pas la tête tranchée : il s'empoisonna,
dans sa cellule, le matin de son exécution.
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