Nom de la commune
Penta
-di-Casinca
Département
Haute-Corse (2B)
Code postal
20 213
Population
2476 habitants
Superficie
1862 hectares
Altitude
400 mètres

 






Le territoire de la commune de Penta occupe la partie sud de l'ancienne
piève de la Casinca
Le Fium'alto le sépare de la Tavagna
Progressivement, il s'élève d'est en ouest, 
de la plage jusqu'à une altitude de 650 mètres environ. 

Le village de Penta proprement dit occupe, face à la mer, une ligne de crête à 400 mètres. 
A l'embouchure du
Fium'alto, les vestiges de la tour historique de San-Pellegrino
A l'ouest, sur un roc escarpé, véritable nid d'aigle, quelques murs calcinés émergent de ci, de là : c'est ce qui reste du hameau de
San-Pellegrino, pillé, brûlé, anéanti par les barbaresques, vers le milieu du XVI siècle.

L'histoire de Penta, intimement mêlée à celle de la Casinca, peut évoquer une longue période de rivalités locales, de luttes intestines, de résistance aux envahisseurs successifs:
Maures, Génois, Français...

Les auteurs ne tarissent pas d'éloges sur le village de la Penta
Ils trouvent
" qu'il est un des plus considérables de la
Casinca et un des mieux bâtis qu'il y ait en Corse" : pierres extraites sur place, (roche dont nous avons oublié 
le nom scientifique serait unique en Europe),
toits d'ardoise grise, uniforme, liant d'argile, maisons à plusieurs étages, 
tassées les unes contre les autres, comme pour mieux s'épauler 
en cas de danger.

D'où vient ce nom de PENTA ?

Deux versions sont admises par la tradition orale :

la première, citée par
Falcucci Camille, dans sa
"vie des communautés agraires dans la
Piève de Casinca au 17 ème-18 ème siècles",
veut que le vocable Penta découle de Pentone (gros rocher).
Le village est en effet, campé sur un énorme piton rocheux.

La seconde version le fait fonder par les survivants de 

San GiabicoSan Michel, San Quilico, San Andréa et San Colombano
(cinq hameaux mis à sac et rasés par les envahisseurs).
 
En grec ne se dit pas "
pento" ?  
Quoi qu'il en soit, le choix de l'emplacement était 
fort judicieux pour assurer à ses habitants le maximum quasi inaccessible. 
Bien des maisons l'étaient de par leur conception : 
murs d'un mètre et plus d'épaisseur. 
Rez de chaussée aménagé en écuries pour les animaux domestiques.
Lourdes portes en bois massif de châtaignier fermées par une "
stanga" (grosse poutre pénétrant profondément dans la muraille, de part et d'autre de la porte). Pour accéder à l'étage, point d'escalier : une échelle mobile en tient lieu, qui passe par une trappe du plancher, échelle que l'on "remonte" la nuit tombée. La "Fugone" chauffe la pièce principale et sèche la récolte de châtaignes (précieuse réserve alimentaire) répandues sur la "grate", le "Cuncone", grande jarre largement évasée vers le haut, vernissée à l'intérieur, encastrée dans la muraille, conserve la réserve d'eau- on y "coule", au besoin, la lessive, le four, sont intérieurs et fort utilisés en périodes  d'invasions ou d'inimitiés familiales.

La tour de San-Pellegrino existe déjà au XVI ème siècle :   
elle sera renforcée par les Génois. 

La Corse devenue Française, l'histoire de Penta est assez connue pour nous dispenser d'en pousser plus avant le récit. 

ANECDOTE

Cependant notons une anecdote demeurée célèbre dans les annales judiciaires corses :

Lors d'un retentissant procès d'assises, à l'issue duquel un notable de Penta, Luc Antoine Viterbi devait être condamnée à mort, son avocat, Maître Pompéi, dit "Pompoone", lança au cours de sa plaidoirie :

- "A quoi bon plaider davantage la Cour, dans son sommeil, n'entend pas ma voix."

- Le Président "La Cour, dans son réveil, vous suspend pour trois mois"

- Pompoone "Moi, plus puissant que la Cour, je me suspends pour toujours."

Notons que Viterbi n'eut pas la tête tranchée : il s'empoisonna, dans sa cellule, le matin de son exécution.

Le retour à Penta de
Henri Tomasi

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