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L'EDITO DU PRESIDENT Tout le monde parle du "Commerce Equitable", comme si cela était nouveau (il y a 25 ans, je participait à l'ouverture de la première boutique équitable, "Case graine", avec des amis de Frères des Hommes dans le 15ème à Paris!), et comme si cela était la nouvelle panacée du développement!!! Si cela est utile et généreux, ce n'en est pas moins du compassionnel et surtout, à son corps défendant, le commerce équitable renforce et maintien l'économie du Sud dans sa dimension basique de pourvoyeuse de seules matières premières, que nous appelons ici "économie du XVIIIème siècle". Cela enrichi une faible partie des producteurs, sans enrichir les nations par la faiblesse de sa valeur ajoutée (salaires, taxes sociales, impôts, profits, investissements, ...) Par ailleurs, comme le montre la chronique RFI ci-dessous, ce "commerce équitable" est récupéré par les multinationales qui y trouvent un moyen facile de se dédouaner de leurs responsabilités dans dans l'estension de la misère dans ces pays. Jean-Louis Borde. "je ne serais jamais riche que de l'absence de pauvres derrière ma porte" Chronique
des matières premières (RFI 14/11/2005) En revanche, pour ce qui est de la deuxième partie de l'appellation, le côté équitable, l'engagement des multinationales est plus nuancé. Alors que Nestlé s'est adressé à la Fair Trade Foundation, l'organisme britannique qui garantit le label pour un commerce juste, le néerlandais Egberts s'est associé à une ONG locale, enfin Kraft a préféré travailler avec Rainforest Alliance, une ONG américaine de défense de l'environnement. Le certificat qu'elle délivre diffère sensiblement en matière de prix : ici pas de prix garantis, quel que soit le cours du café, une prime de dix cents par livre est distribuée aux producteurs, un système nettement moins coûteux pour l'acheteur quand les cours dégringolent et pas vraiment rassurant pour le producteur. Prolifération des marques, développement anarchique des labels, le commerce équitable risque aujourd'hui de voir son message brouillé par le succès qu'il était censé rechercher. |
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