SAINT
THOMAS, SAINT
ERASME
Des
trois principales églises qui existent à
Canari au hameau de Piève, la plus
caractéristique est sans contre dit,
l'église piévane SANTA-MARIA-ASSUNTA.
De style roman, construite par les pisans vers la fin du
12ème siècle, elle était, avant sa
transformation aux environs du 18 ème
siècle, à nef unique terminée
à l'est par une abside semi-circulaire qui a
été abattue pour agrandir le choeur.
La nef réalisée en dalle de schiste vert,
soigneusement appareillées, provenant d'une
carrière proche, a été
défigurée par la construction de deux
chapelles latérales, l'agrandissement de l'abside,
la construction d'un nouvel autel entre la nef et le
choeur, et l'ouverture d'une large fenêtre au
dessus de la porte principale.
La toiture de pierre du pays ( TEGHJE est
supportée par une forte charpente apparente en
bois, qui a défié les siècles. Si
nous avons fini par découvrir la carrière
d'où furent extraites les pierres taillées,
nous ignorons par
contre,
la provenance de ces énormes poutres de pin, et
nous ne pouvons en les admirant, ne pas songer aux
innombrables difficultés qu'ont dû surmonter
les bâtisseurs pour les transporter à pied
d'oeuvre.
Comme toutes les églises romanes, la nef est
décorée d'une corniche soutenue par de
petites arcatures qui comportent également des
masques humains, et des têtes d'animaux. Ses
façades latérales sont percées
d'étroites fenêtres meurtrières. Le
linteau de la porte principale est décoré
d'une frise et rep
ose
sur deux consoles gravées de masques humains. Le
tympan a été crépi.
Dans la façade ouest et à droite de la
porte, se trouve une pierre réutilisée
représentant deux personnages aux mains ouvertes :
entre eux, on distingue une sorte de disque. Il pourrait
s'agir vraisemblablement, selon le père
Mongolfier, ancien curé de la paroisse, d'une
représentation naïve du péché
originel (Eve offrant la pomme à Adam)Ses deux
façades comportent des inscriptions du 15
ème siècle.
Sur la façade nord, on peut voir un petit
château à trois tours
crénelées,
il s'agit sans doute, de la représentation du
château médiéval des seigneurs du
fief de Canari.
Sur la façade ouest de la chapelle nord, se trouve
un étrange bénitier en pierre anormalement
haut placé, selon la tradition orale, il
était réservé uniquement au seigneur
de Canari qui pouvait ainsi se signer lorsqu'il passait
à cheval.
Sur la même chapelle on peut voir une pierre
réemployée, encadrée de masques
préromans, portant une inscription latine de 1455
faisant allusion à un événement
inconnu.
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Hoc
opus fecit fieri frater Iacopus Romanus
predicator propter miraculum quem fecit nascere
super lapidem triticum M°CCCCLV.
Cette
inscription a été
exécutée sur l'ordre de Jacques de
Rome, de l'ordre des frères
prêcheurs, en souvenir d'un miracle qu'il
avait opéré en faisant pousser le
blé sur la pierre, en l'an mille quatre
cent cinquante cinq.
Transcription: Silio Scarfatti, Directeur des
études médiévales à
Pise.
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Devant
la porte principale, de trouve au ras du sol, une large
dalle de pierre sur laquelle on est contraint de marcher
pour entrer à l'église. Selon la tradition
orale et le récit du célèbre
chroniqueur GIOVANI DELLA GROSSA, il s'agirait
de la sépulture de Napoléon de Gentile,
fils naturel de Vincent de Gentile, seigneur de Canari,
condamné à mort par le sénat de
Gènes et décapité à Canari,
pour avoir, le 14 août 1491 poignardé son
jeune frère, héritier du fief, au cours
d'une partie d'échec, pour une question de
partage. ( Voir cahier Corsica 142,143 1991 - fief de
Canari).
C'est sur la place de Santa Maria Assunta, le soir du
jeudi saint, après l'office des
ténèbres célébré
à Sainte Croix, que tous les confrères en
habits et cagoules, suivis de la population, fait " A
Granitola", cette mystérieuse procession
circulaire qui s'enroule lentement en spirales, puis
après s'être agenouillée au pied de
la croix, se déroule à l'envers et monte
à Saint François, en chantant les litanies,
visiter le sépulcre.
Cette cérémonie, courante dans le monde
méditerranéen antique et moderne,
symbolisait le retour à la source de vie, et le
déroulement de l'existence jusqu'à la
mort-renaissance.
Santa Maria demeure pour les canarais, l'église
paroissiale, le fleuron de leur patrimoine religieux, et
l'un des plus hauts lieux de leur histoire et de leur
culture. C'est pour cela que la fête du 15
août, en l'honneur de la Vierge, se déroule
toujours, depuis plus de 8 siècles avec autant de
ferveur.
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L'église
conventuelle Sain François était l'une des
plus grande du diocèse du Nebbio, elle fût
fondée en 1506, comme le couvent, et est devenue,
après la révolution, l'église
paroissiale. De style baroque on peut y voir 3 dalles de
marbre classées.
Une dalle funéraire de marbre blanc de 1590
abritant les restes d'Horatio santelli Cenci et de son
épouse née Vittoria Gentile de Brando. La
dalle représente cette dernière avec son
bébé dans les bras,
décédée en couche le samedi 7
juillet 1590.
Une
dalle funéraire en marbre de la famille Della
Longa ( 1570 ) représentant le blason de cette
famille : une tour et un arbre.
Une dalle funéraire en marbre ( 1754) sous
laquelle sont enterrés les moines Franciscains
morts à Canari. Elle représente le symbole
des Franciscains : deux bras croisés( le bras du
Christ et celui de Saint François)
surmontés d'une croix. A l'intérieur le
maître autel, le choeur, la sacristie, des retables
et tableaux et une statuette en marbre de Saint Roch
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L'église sainte croix,
construite aux environs du 16 ème siècle
appartient toujours à la confrérie Sainte
Croix. Les confrères ( on les appelait les
pénitents blancs ou flagellants ou Battuti ou
ordinati di Santa Croce )
Les confrères se
font volontiers représenter sur les oeuvres qu'ils
commandent. ( le panneau représentant le Christ
habillé en Franciscain et entouré de
pénitents blancs a peut être
été commandé par eux)
Également, le linteau sculpté du 16
ème siècle au dessus de la porte
latérale ( linteau classé)
Les peintures du plafond ont été
réalisées à la fin du 19 ème
siècle par un peintre Italien inconnu.
A l'extérieur vous pouvez voir le linteau ( voir
plus haut), le tableau de la porte d'entrée et
l'ancien corbillard dans son garage.
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Le
clocher ( U Campanile) se trouve au centre de la commune
de
Canari à 325 mètres d'Altitude. Construit
comme un phare sur son rocher, le clocher de couleur
blanche est parfaitement visible de la mer et constitue
pour les marins un amer remarquable mentionné sur
les Instructions Nautiques.
Nous n'avons pas, à ce jour, retrouvé de
document concernant les origines et l'histoire du clocher
à travers le temps. Nous connaissons toutefois les
années de fabrication des deux cloches ( 1712 pour
la première et 1817 pour la seconde)
Nous pouvons raisonnablement penser, sous réserve
de vérifications, que le clocher de Canari est
sensiblement contemporain de celui de Barrettali (
commune voisine ). ce dernier a été
construit vers 1615 par Maestro Francesco Marengo, qui
aurait réalisé entre autre, le décor
du choeur et les deux autels des chapelles
latérales de Santa Maria Assunta. (cf. La Cronica
. Janvier 1998)
Le clocher fait 4,70 mètres de largeur de
côtés,
1,15 mètres d'épaisseur de murs pour une
hauteur de 15 mètres.
La rénovation complète du clocher c'est
achevée en 2000.
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Dans le Hameau de Marinca la chapelle
Saint Thomas a une nef unique. La chapelle
latérale dédiée à San Teramo
( Saint Erasme) est de construction plus récente
et a sans doute remplacé, l'ancienne chapelle du
même nom située au bord du chemin muletier
Marinca-Scala tombée en ruine.
En 1124 une église préromane, San Tomasu di
Marinca, avait été cédée par
l'évêque du Nebbio aux
bénédictins de la Gorgona, c'est en
souvenir de celle-ci que l'on a refait la chapelle
classique actuelle. L'on peut y voir, un tableau d'autel
du 17 ème siècle ( classé M.H. ), un
trône d'exposition de la fin du 18 ème
siècle ( classé M.H. ), de nombreux ex-voto
marins, des lanternes de confrérie, une dalle
d'autel ( 1460 ) retrouvée il y a quelques
décennies sous le pavement.
Chaque année au mois de juillet les Marincais
honorent Saint Thomas et Saint Erasme par une messe
suivie d'une procession et d'une rencontre
conviviale.
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