Dans cette nouvelle rubrique, vous trouverez des articles concernant VOXAN.

Article paru dans Motomag de septembre

 

 

Article paru dans Motomag le 26 décembre 2001

Article paru dans Le Monde du 12 février 2002

Article paru dans l'Est Républicain le 02 mars 2002

Article paru dans le Monde du 6 mars 2002

Article paru dans Le Monde du 9 mars 2002

Article paru sur le site argusauto.com le 13 mars 2002

Article paru dans Usine Nouvelle le 11 mars 2002

Article paru dans Le Progrès le 12 mars 2002

Article paru dans les Echos le 22 mars 2002

Communiqué de l'AFP du 05 avril 2002

Article paru dans Le Progrès le 09 avril 2002

Article paru dans Le Progrès le 11 avril 2002

Article paru dans Le Parisien le 21 avril 2002

Article paru dans Le Progrès de Lyon du 6 mai 2002

Article paru dans Le Progrès de Lyon du 17 mai

Article paru dans les Echos le 4 juin 2002

Article paru dans le Progrès le 12 juin 2002

Article paru dans Le Monde le 12 juin 2002

Articles parus le 18 juin 2002

Articles paru dans La Montagne le 24 juin 2002

Article paru dans Le Progrès-La tribune le 06 juillet 2002

 

Article paru dans Le Progrès-La Tribune du 6 juillet

Le progrès du 6 Juillet 2002

Le Repreneur de Voxan optimiste Didier CAZEAUX, industriel girondin spécialisé dans la construction de yachts et l'immobilier, repreneur de Voxan, table sur le retour dès 2003 pour le seul fabricant français de motos, grâce à une production de sept cents à mille engins par an " Voxan est la seule marque de motos françaises crédible de ces dernières années. Je ne voulais pas que tout ce savoir faire parte en fumée ", avance Didier CAZEAUX, pour expliquer ce rachat qui répond à " une passion pour la mécanique ". Celui qui roulait sur une grosse cylindrée dès l'âge de 16 ans se remet juste d'un petit accident au guidon de sa MV Agusta, passe le plus clair de son temps à Gujan-Mestras, où est installé le chantier naval Guy Couach, qu'il a repris en 1996. L'entreprise, qui emploie trois cent trente personnes, construit chaque année entre quinze et dix-huit yachts de luxe et vedettes rapides. " J'irai rarement à ISSOIRE (Puy de Dôme), sur le site de production de Voxan. Je laisse travailler l'ancien directeur général Didier Tirard, qui n 'a pas démérité et qui reste en place ", explique M. CAZEAUX, qui à derrière lui l'expérience réussie de la relance d'un chantier naval au bord de la faillite. " M. Tirard fera ce que nul autre ne peut mieux faire : produire une moto qui a été bien conçue. Moi je superviserai tout le reste, notamment la commercialisation. Chacun son métier ", ajoute le chef d 'entreprise qui roule aussi en Ferrari. Marché demandeur

Avec un redémarrage de l'activité prévue à la fin 2002 ou au début de l'année suivante, le nouveau propriétaire promet un retour aux bénéfices dès 2003. Le nombre de salariés, de seize au début, sera porté à vint cinq. Il faudra certainement à Didier Cazeaux, qui a racheté Voxan pour un peu moins de 460 000 Euros, injecter de nouveaux capitaux. " Cela ne posera pas de problèmes, nos partenaires bancaires sont prêts à nous suivre ", affirme-t-il. Crée en 1995 à l'initiative de Jacques GARDETTE, un industriel spécialisé dans l'emballage pharmaceutique, Voxan, confrontée notamment à des problèmes de sous-traitance et de rythme de production, avait déposé le bilan en juin 2001, accusant environ 14 millions D'EUROS de pertes. Les " gros cubes " Voxan, d'une cylindrée de 1000 cm 3, engins haut de gamme, étaient vendus environ 11 500 Euros. En février 2002, le constructeur était repris par un groupe d 'investisseurs italo-suisses, qui avaient jeté l'éponge en avril, entraînant la liquidation judiciaire de Voxan, la cessation définitive de ses activités et le licenciement des soixante salariés restant. " La Voxan est une très jolie machine, un produit haut de gamme efficace, se réjouit M. CAZEAUX . Je suis confiant dans l 'avenir, car il n'y a jamais eu de problèmes de vente, le marché est demandeur ".

Article paru dans La Montagne le 24 juin 2002

Article paru dans Moto Journal le jeudi 27 juin

Article paru dans Le Monde le 18 juin

o LE MONDE | 18.06.02 | 13h59

Un spécialiste de yachts reprend les motos Voxan

Après plus d'un an de péripéties, Voxan semble avoir enfin trouvé son sauveur. Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a nommé, mardi 18 juin, la Société anonyme de développement et de participation, holding du groupe Guy Couach, comme repreneur de l'unique fabricant français de moto. Cette entreprise bordelaise est spécialisée dans la fabrication de yachts de luxe et cotée au second marché de la Bourse de Paris. Elle a réalisé en 2001 un chiffre d'affaires de 33,9 millions d'euros, pour un résultat net de 2,86 millions. Son PDG, Didier Cazeaux, devient, en nom propre, propriétaire de Voxan pour 460 000 euros environ.

Deux autres projets de reprise étaient en lice, proposés, l'un par Jean-Charles Corbet, ex-pilote d'Air France et repreneur d'AOM-Air Liberté, devenu Air Lib, l'autre par Didier Tirard, actuel directeur général de Voxan. Si le projet de ce dernier semblait trop modeste sur le plan financier, celui de M. Corbet, qui représentait les intérêts d'un groupe d'investisseurs belges et luxembourgeois non identifiés, a péché par manque de transparence

.RELANCER LA MARQUE

Le tribunal a sans doute voulu éviter une nouvelle déconvenue après l'échec d'un premier plan de reprise en avril. Le groupe italo-suisse MerkerYshima, incapable de tenir ses engagements financiers, avait été obligé de se retirer précipitamment du dossier. Le passé judiciaire de plusieurs de ses dirigeants - le directeur général de Merker Yshima, Gianfranco Ramoser, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international à la suite d'une condamnation à un an de prison ferme dans une affaire d'escroquerie - avait fait capoter le projet.M. Cazeaux va maintenant tenter de relancer la marque, avec un objectif de production de 700 motos par an. "Le nouveau repreneur est un groupe sérieux, qui a prouvé son savoir-faire dans d'autres domaines, estime M. Tirard. Le produit est là, les clients aussi, reste à abaisser les coûts de production." Avant la liquidation, le prix de revient des motos Voxan s'élevait à 8 300 euros, pour un prix de vente de 7 600... Le projet de Guy Couach a le soutien des salariés, bien que, sur la soixantaine d'employés, seuls une quinzaine devaient être repris à court terme.

Stéphane Lauero

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.06.02

 

Article paru dans L'Argus Auto le 18 juin

 

Le riche homme d'affaires Didier Cazeaux reprend Voxan

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand vient d'accorder la reprise de Voxan à la Société de développement et de participation, une entreprise de gestion de portefeuilles basée à Mérignac (Gironde) appartenant à Didier Cazeaux, président de la société de yachts de luxe Guy Couach cotée à la Bourse de Paris. Ancien promoteur immobilier, M. Cazeaux est réputé pour sentir les bons coups, même dans un secteur aussi fermé que les bateaux de plaisance : en 1996 il rachète les chantiers Guy Couach, alors au bord du dépôt de bilan, et réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires net de 14,3 millions d'euros. Classé 183ème fortune de France par Le Nouvel Economiste, il remporte en 2001 le Grand Prix de l'entrepreneur pour la région Sud-Ouest, décerné par Ernst & Young et le magazine L'Entreprise.

Sa Société de développement et de participation, qui se propose de "poursuivre la production sans remise en cause forte du produit", versera 457 347 euros pour la reprise, et reprendra dans un premier temps 16 salariés. Cette offre "apparaît la plus favorable sur le plan financier et social", a estimé le tribunal.

Les deux autres candidats présents à l'audience, le président de la compagnie d'aviation AirLib Jean-Charles Corbet, agissant pour le compte d'investisseurs belges et luxembourgeois, et l'ancien directeur de Voxan, Didier Tirard, ne proposaient respectivement que 120 000 et 90 000 euros. M. Corbet envisageait pour sa part une remise à plat complète du projet, avec "des modifications sensibles des machines, notamment à l'issue de l'étude d'un nouveau châssis". Or, selon le tribunal, "si tout le monde s'accorde à dire que la seule réussite de Voxan se résume à la qualité des motos qu'elle a pu produire, on peut dès lors s'interroger sur l'opportunité d'un projet débouchant sur un produit sans filiation véritable avec les productions initiales". Quant à l'offre de Didier Tirard, elle a été jugée "tout à fait réalisable", mais péchait par "manque de moyens financiers, limitant le volet social de la reprise". M. Tirard ne prévoyait en effet que quatre embauches au départ.

Le 11 juin, Didier Cazeaux avait fixé son objectif de production à 700 motos par an dans un premier temps, et estimé la date de redémarrage de l'entreprise à fin 2002-début 2003.

 

 

 

Article paru dans Le Monde du 12 juin

Jean-Charles Corbet, président d'Air Lib, est candidat à la reprise du fabricant de motos Voxan

Mercredi 12 juin 2002(LE MONDE)

Le repreneur d'AOM-Air Liberté, ex-pilote et syndicaliste d'Air France, est sur les rangs pour racheter l'entreprise auvergnate, en liquidation. Le tribunal doit se prononcer mardi 18 juin.

Sa boulimie rappelle un célèbre repreneur des années 1980, un temps ministre

L'annonce de la candidature de Jean-Charles Corbet à la reprise de Voxan, le fabricant de motos français, a surpris. Déjà retenu par le tribunal de commerce de Créteil (Val-de-Marne) pour la reprise d'Air Lib, ex-AOM-Air Liberté, l'ancien patron du Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) d'Air France et actuel président d'Air Lib se lance à titre personnel dans un autre challenge. Une boulimie, qui rappelle à certains un célèbre repreneur des années 1980, un temps ministre. Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) doit rendre sa décision sur Voxan mardi 18 juin.Agé de 49 ans, diplômé de l'Ecole nationale de l'aviation civile de Toulouse (Haute-Garonne), M. Corbet a fait ses armes à Air Gabon, de 1978 à 1982, avant de rejoindre Air France. D'abord officier-pilote, il devient commandant de bord en 1991. Vient ensuite une longue expérience de militantisme syndical au sein du SNPL. Il se bat contre la double échelle des salaires : "On ne peut pas mettre dans le même cockpit un vieux qui roule en Jaguar et un jeune qui n'a pas les moyens de manger correctement sans mettre la sécurité en question", disait-il alors. En mai et juin 1998, alors que la situation semble bloquée face à la direction d'Air France, à quelques jours du début de la Coupe du monde de football, il obtient un accord de sortie de conflit en échangeant le manque à gagner salarial des pilotes contre des actions de la compagnie. En contrepartie, la direction abandonnera la double échelle des salaires.

"C'est un homme qui a des passions, un homme de conviction, attiré par tout ce qui peut ressembler à un problème social", dit Gilles Baronnie, l'un des trois administrateurs judiciaires qui ont présidé au sort de l'ex-AOM-Air Liberté. "Ce qui m'a frappé, chez lui, c'est sa détermination." A l'intérieur d'Air Lib, le jugement est moins flatteur. Interrogés sur sa candidature à la reprise de Voxan, les salariés sont peu diserts, faute d'informations. Pascal Perri, conseiller du président, explique : "Cette candidature n'est pas commentée à l'intérieur de l'entreprise car c'est épiphénoménal. Holco -la holding de M. Corbet, maison mère d'Air Lib- a été approché pour son expertise sur la reprise d'entreprise par des groupes belges et luxembourgeois. Sa compétence ne va pas au-delà." Mais en dépit de ces assurances, les salariés s'interrogent. "Bien sûr qu'on s'est demandé si les fonds qui lui permettaient cette candidature n'étaient pas ceux donnés pour la reprise d'Air Lib. Mais nous n'avons jamais eu de réponse", explique l'un d'eux.

Cette discrétion dans la gestion et la culture du secret reviennent souvent dans le jugement des salariés. Nombre d'entre eux déplorent la façon "très monarchique" de diriger de Jean-Charles Corbet. "Il a besoin d'une cour autour de lui. Soit on est dans son cercle, soit on est à l'extérieur, et on en tire les conséquences. C'est ce qui s'est passé pour Bachelet, l'ancien président du directoire, tombé en disgrâce au début de l'année", explique l'un. "Il y a très peu d'information, relève un autre. On nous dit que le low fair -billets à bas prix- marche, mais nous n'en avons pas les preuves."

LASSITUDE

Du côté des organisations syndicales, les avis sont mitigés : "Depuis la reprise, qui est intervenue il y a presque un an, nous n'avons pas eu d'état des comptes satisfaisant, déplore Paul Fourrier, délégué CGT d'Air Lib. A toutes nos requêtes, nous n'avons obtenu que des réponses vagues et approximatives. Jamais nous n'avons connu une opacité pareille." D'autres salariés se sentent floués. Il n'est pas rare d'entendre : "Nous nous sommes fait avoir, ce qu'il a dit, il ne l'a pas fait." Ou encore : "C'est pire qu'avec Rochet" ; voire : "On nous avait promis que des actionnaires de référence arriveraient. On n'a rien vu de tout cela." "Tout juste avons-nous la bénédiction d'Air France pour cohabiter sur le réseau domestique. Pendant qu! e nous occupons ces slots -créneaux de décollage et d'atterrissage-, les Ryanair, EasyJet ou autre Buzz ne viennent pas tailler des croupières à la compagnie nationale."

Mais d'autres n'ont pas eu la patience d'attendre. A commencer par François Bachelet, ancien patron d'Air France Cargo, qui a, en janvier, préféré retourner à la retraite dont M. Corbet l'avait tiré pour en faire le président du conseil de surveillance.

Un autre s'est lassé également, et non des moindres : Jean Immediato, pilote et syndicaliste. Ce délégué du SNPL d'Air Liberté était un farouche opposant à Marc Rochet, ancien président d'AOM-Air Liberté. C'est lui qui est allé chercher Jean-Charles Corbet chez Air France pour monter le projet de reprise de la compagnie défaillante. Conseiller à la présidence, il est sorti fatigué de l'aventure en février. Faisant allusion à la passion de M. Corbet pour le rugby, il dit aujourd'hui : "J'ai préféré renoncer quand je me suis aperçu que j'avais affaire à un rugbyman qui a une mentalité des années 1970." Sur ce dossier, il déplore qu'"il n'ait pas su insuffler ce dont les gens avaient besoin au niveau humain".

François Bostnavaron

Article paru dans Le Progrès le 12 juin

12 Juin 2002

Voxan : trois repreneurs sur les rangs

Trois candidats à la reprise de Voxan, sur les quatre qui avaient déposé un projet, se sont présentés devant le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand.

Tout d´abord Didier Tirard, directeur de l´usine d´Issoire, soutenu par un industriel de la moto (on avance le nom de Bultaco), puis Jean-Charles Corbet, PDG de la compagnie aérienne Air Lib, candidat à titre personnel, avec des actionnaires belges et luxembourgeois dont l´identité demeure secrète.

Le troisième homme déclaré dans ce dossier, Didier Cazeaux, construit des yachts de luxe à Bordeaux à l´enseigne de Guy Couach, et exerce aussi des activités de promotion immobilière. Quant à Constantin Chrisochoidis, importateur grec d´automobiles (dont les voiturettes Ligier), il paraît hors course.

Jean-Charles Corbet proposerait 120 000 E pour racheter Voxan, Didier Tirard, 90 000 E, et D. Cazeaux, 458 000 E. Les différents projets prévoient de redémarrer avec une poignée de salariés, puis une montée en puissance plus ou moins rapide. Le Bordelais paraît le plus prompt, qui reprend l´entreprise en l´état, et relance la production en fin d´année avec une dizaine de salariés.

A l´opposé, Jean-Charles Corbet, venu à Clermont-Ferrand avec plusieurs conseillers, veut d´abord tout remettre à plat, puis procéder à une analyse marketing de Voxan, " qui était novateur en 2000, et dont il faut vérifier l´attractivité actuelle des produits ". Le patron d´Air Lib envisage une reprise de l´industrialisation seulement pour la fin de l´année 2003, après une seconde étude portant sur la fiabilité des composants, du moteur, du châssis, et de la partie cycle. Il emploierait alors cinquante-cinq salariés, avec un objectif de quatre mille motos par an. Les fournisseurs et concessionnaires seraient partant pour un redémarrage.

J-C. Corbet dit pratiquer énormément la moto depuis trente-deux ans, et parcourir chaque année 35 000 km, actuellement au guidon d´une Honda 1 300 Pan European. Il s´affirme amoureux de la Voxan, dont il a déjà essayé le Roadster !

Cependant, les salariés préfèrent le projet du discret Didier Cazeaux, reparti très vite sans un mot aux médias. Le tribunal de commerce s´est donné huit jours pour évaluer les trois projets, et rendra sa décision lemardi18 juin.

J-J.A.

 

Article paru dans l'Argus le 11 juin

Mardi 11 Juin 2002

Le tribunal de commerce examine trois offres pour le rachat de Voxan

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a examiné mardi trois offres de reprise de Voxan, le seul fabricant français de motos, qui avait déposé son bilan en juin 2001 puis avait été mis en liquidation en avril dernier.

Ces nouvelles offres font suite au désistement le 5 avril du groupe d'investisseurs italo-suisse Merker-Yshima, qui avait fait figure de sauveur en février en reprenant la firme. Cette décision avait entraîné la liquidation de Voxan, la cessation de ses activités et le licenciement de son personnel. Reste entre les mains du liquidateur la marque, l'unité de production située à Issoire (Puy-de-Dôme), des plans, un stock de pièces détachées et une dizaine de motos neuves invendues.

Trois candidats ont présenté mardi un plan de reprise : la société d'investissement et développement d'un industriel de Mérignac (Gironde), Didier Cazeaux, qui possède notamment une société de fabrication de bateaux de luxe, un groupe d'investisseurs belges et luxembourgeois qui ont confié leurs intérêts à Jean-Charles Corbet, le PDG de la compagnie aérienne AirLib qui agit à titre personnel, et l'ancien directeur de Voxan, Didier Tirard. Un quatrième candidat, le directeur général de la filiale Ligier en Grèce, avait déposé un dossier mais ne s'est finalement pas rendu à l'audience.

Thierry d'Almeida, le secrétaire du comité d'entreprise, qui s'était montré "pas très optimiste" le 3 mai lors d'une première audience du tribunal, se disait mardi plus confiant, estimant "qu'il y a des plans sérieux parmi les offres". Le tribunal fera connaître sa décision le 18 juin.

 

 

Article paru dans les Echos le 4 juin 2002

Les Echos n° 18667 du 04/06/2002 p. 21

REGIONS AUVERGNE

Près d'un an après la mise en redressement judiciaire, le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand étudiera, le 11 juin, 7 offres de reprise du fabricant de motos.

Au moins 3 candidats sérieux pour reprendre Voxan Près de deux mois après avoir prononcé la résolution du plan de reprise de Voxan par le groupe italo-suisse MerkerYshima et la liquidation judiciaire du fabricant français de motos grosses cylindrées installé à Issoire (" Les Echos " du 7 avril 2002), le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a reçu les dernières offres de reprise. Au total, sept candidats ont présenté des propositions " plus ou moins fortunées et avec plus ou moins de visibilité ", selon l'expression d'un ex-salarié. Le plus ancien sur les rangs est Didier Tirard, ex-directeur de l'usine qui, en décembre dernier, avait déjà déposé un plan de reprise avant de se rallier à celui de MerkerYshima. Aujourd'hui, il présente un nouveau projet avec, à ses côtés, un investisseur, " un industriel de la moto qui souhaite garder l'anonymat ". Deux offres émanent d'hommes d'affaires français connus dont les activités sont éloignées de la moto. L'un est Didier Cazeaux qui dirige deux holdings dans deux secteurs très différents : Guy Couach, entreprise bordelaise qui conçoit et réalise des yachts de luxe et est cotée au second marché de la Bourse de Paris, et Foncier Investissement, cabinet de promotion immobilière. L'autre est le président de la compagnie aérienne Air Lib, Jean-Charles Corbet. Une quatrième offre est présentée par Costa Chrisochoidis, importateur d'automobiles européennes en Grèce et actionnaire et directeur général de Ligier Hellas, filiale grecque du fabricant français de voiturettes.

Des salariés mobilisés

Selon un proche du dossier, une filiale européenne de l'industriel canadien Bombardier serait prête à participer au redémarrage de Voxan, avec l'un de ces candidats. Tous quatre ont en commun de présenter un projet industriel de reprise, à plus ou moins longue échéance, de la production d'un ou de plusieurs modèles de moto. Le liquidateur judiciaire, Jean-François Pétavy, se déclare " assez optimiste " sur l'avenir : " Nous avons trois candidats très sérieux. " Trois autres offres, déposées le 24 mai par des cabinets d'avocats et non confirmées depuis, sont anonymes et semblent moins abouties.

Le tribunal de commerce recevra l'ensemble des candidats le 11 juin et rendra sa décision quelques jours plus tard, près d'un an après la mise en redressement judiciaire de Voxan, le 29 juin 2001. Durant ces douze mois, les salariés sont restés mobilisés pour maintenir une activité minimum avec, pendant les six premiers mois, le soutien des actionnaires historiques. Bien que licenciés depuis début avril, une dizaine d'entre eux restent présents dans l'entreprise pour " assurer une permanence téléphonique, tenir les clients au courant et les rassurer et fournir des informations aux candidats à la reprise ". Ils ont confiance dans l'avenir : " Il y aura une suite ", affirme l'un d'eux avant de préciser : " avec ou sans nous ".

Article paru dans le Progrès le 17 mai 2002

VOXAN : DEUX NOUVEAUX REPRENEURS

 

Deux nouveaux candidats seraient repreneurs de Voxan, l'entreprise de motos auvergnate, a indiqué hier à Clermont-Ferrand Jean-Marc Vernière, directeur général de Sofimac, société de financement du Massif Central. Il a précisé de Jacques Gardette, fondateur de VOXAN, et lui même ont trouvé ces deux nouveaux venus, sans toutefois dévoiler leurs identités.

Celles-ci devraient être connues le 31 mai, date de clôture de cet ultime sursis accordé à Voxan. Au total, les repreneurs seraient au nombre de six.

J-M. Vernière se dit très réservé sur les chances d'un redémarrage de cette entreprise, car aujourd'hui les cadres sont partis, notamment Alain Chevallier, le concepteur de la moto, ou encore le directeur de la communication qui venait de chez Harley Davidson, et d'autres gens très compétents.

Avec Voxan, Sofimac a enregistré sa plus forte perte de l'exercice 2001. La société de capital risque avait investi douze millions de francs dans Voxan.

Le Progrès de Lyon - Edition de St Etienne du 9 mai

Jeudi 9 Mai 2002-Le progrès-La tribune

VOXAN : Le tribunal se prononcera le 11 Juin.

Quatre projets de reprise du constructeur de motos devraient être examinés par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Le nom du constructeur canadien Bombardier circule.

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand qui doit se prononcer sur l' avenir de la société Voxan SA, installée à Issoire, spécialisé dans la fabrication de motos de grosse cylindrée et qui a été mise en liquidation, a décidé de repousser au 31 mai la date limite de dépôt des dossiers de reprise (fixée primitivement au 3 mai) et au 11 juin la date de rendu de la décision, deux éventuels repreneurs s'étant en effet rajoutés aux deux dossiers déjà enregistrés a-t-on appris d'un proche de la société.

A ce jour, outre le projet présenté par M. Tirard, le directeur de l'usine d'Issoire, avait déjà été déposé un projet purement financier qui envisage de s'appuyer sur un partenaire industriel. Mais se sont donc depuis manifestés deux autres repreneurs, un investisseur grec qui se serait déclaré via une télécopie suffisamment précise pour que sa demande soit prise en considération.

Enfin un quatrième dossier sur le point d'être déposé impliquerait le constructeur canadien Bombardier qui construit notamment les avions CRJ (des biréacteurs de 50 à 70 sièges très appréciés) et des autorails (tels ceux que plusieurs régions viennent de commander) Bombardier construit aussi de nombreux véhicules de loisirs, motoneiges (ski-doo et lynx) et quads et également le concepteur du moteur Rotax, ce monocylindre de 650 cm3 qui équipe notamment les motos BMW monocylindre. Contacté en juillet dernier, Bombardier qui emploie plus de 1300 personnes en France, avait alors écarté l'idée d'investir dans Voxan. Reconsidérerait-il sa position ?

 

 

Le Progrès de Lyon du 6 mai

Quatre nouveaux candidats à la reprise de Voxan

Didier Tirard directeur de l´usine d´Issoires, Jean-Charles Corbet le patron de la compagnie Air Lib, Innoven une société de gestion de portefeuille dont le siège est à Paris et une société grecque importatrice des véhicules Ligier ont jusqu´à la fin du mois pour finaliser leurs offres de reprise.

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a étudié, vendredi, les offres de reprises du constructeur de motos Voxan. Quatre candidats ont fait connaître leurs intentions auprès du liquidateur.

Tout d´abord, Didier Tirard, directeur de l´usine d´Issoire, en place depuis le début de l´aventure Voxan. Il reprendrait en son nom propre l´entreprise, mais avec seulement une vingtaine de salariés, sur les soixante restant encore, et envisage une reprise de l´activité sous six mois. Rappelons qu´à ses débuts, Voxan a compté jusqu´à cent vingt-cinq salariés.

Autres candidats, Jean-Charles Corbet le patron de la compagnie Air Lib, intéressé lui-aussi à titre personnel, ainsi qu´Innoven, une société de gestion de portefeuille dont le siège est à Paris. En toute dernière minute, une société grecque importatrice des véhicules Ligier, se serait mise sur les rangs. On se doute, après l´épisode Merker, que le liquidateur va minutieusement vérifier la qualité de cette offre arrivée in extremis.

Jusqu´au 11 juin

Les quatre candidats ont jusqu´à la fin du mois pour finaliser leurs offres de reprise. La prochaine audience du tribunal de commerce de Clermont-Ferrand est fixée au 11 juin. En ce qui les concerne, les salariés de Voxan présents au tribunal de commerce n´ont guère montré d´enthousiasme. Ils viennent tout juste de recevoir leurs lettres de licenciement, et les quatre propositions de reprise sont pour l´heure trop peu étoffées.

Celle de Didier Tirard, la plus avancée, ne repartirait qu´au prix d´une " forte casse " parmi les emplois, selon l´expression de l´un des délégués des salariés. Merker est passé par là et le traumatisme est bien réel chez Voxan, où l´activité est en définitive interrompue depuis décembre 2001. On se souvient que le 5 avril, le tribunal de commerce clermontois a prononcé la liquidation judiciaire du constructeur de motos, aux torts exclusifs de Merker-Yshima. Les magistrats avaient auparavant constaté l´inexécution du plan de reprise par le groupe italo-helvétique.

 

Le Parisien du 21 avril

Ils défilent pour soutenir la moto française

LES VOXAN sont des motos françaises. Et cela suffit pour faire d'elles de singuliers engins. Pour soutenir leur marque fétiche placée en liquidation judiciaire au début du mois, les membres du Voxan club de France (VCF) ont organisé hier un gros rassemblement de 800 motos selon les organisateurs, toutes marques confondues, dans les rues de Paris, créant notamment de conséquents ralentissements de circulation sur les Champs-Elysées. Un rassemblement qui avait reçu le soutien de la Fédération française des motards en colère d'Ile-de-France et de nombreux clubs de motos anciennes venus se joindre au cortège.

Déjà à l'origine d'une grosse opération de protestation à la fin de l'année dernière à Issoire (Puy-de-Dôme), siège auvergnat de l'entreprise, le club a renouvelé la mobilisation hier pour démontrer que " la moto française est viable et qu'elle mérite l'intérêt de partenaires financiers et industriels ". " Toute la communauté motarde est sensible à la construction française, elle est venue en masse de banlieue et de province soutenir Voxan ", explique l'un des organisateurs.

D'autant qu'il y a quelques jours, le sort de Voxan a de nouveau été remis en cause par l'annulation de son récent plan de reprise par MerkerYshima, un groupe italo-suisse, désigné en février par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand comme repreneur. " C'est vraiment dommage qu'on ne puisse pas rouler français en France, raconte un manifestant. Peut-être que l'Etat pourrait avoir un sursaut de fierté nationale et aider les Voxan à être enfin reconnues comme les super bécanes qu'elles sont. De vraies motos de caractère… "

Laure Pelé Le Parisien, dimanche 21 avril 2002

 

Le Progrès du 11 avril 2002

11 Avril 2002

Voxan: tous les torts à Merker Constatant l´inexécution du plan de cession de Voxan, qui résulte essentiellement des fautes du repreneur, le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire de l´entreprise issoirienne aux torts exclusifs du groupe italo-suisse.

"Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ", ont rappelé les magistrats du tribunal de commerce à l´encontre de Merker-Yshima, constatant l´inexécution du plan de cession de Voxan, qui résulte essentiellement des fautes du repreneur, et de son refus d´exécuter le plan. Ils ont donc prononcé la liquidation judiciaire de l´entreprise Issoirienne aux torts exclusifs du groupe Italo-Suisse.

L´exclusivité des torts fait que Merker devrait se voir réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi par la société Voxan. Par l´intermédiaire d´un avocat parisien, le groupe Merker avait fait savoir sa décision de renoncer à reprendre la moto française. Le prétexte invoqué faisait reproche au quotidien Le Monde d´un article, à la suite duquel la société Renault aurait décidé d´arrêter toute relation commerciale, des fournisseurs exigeant des paiements immédiats, et les salariés l´accusant de pillage.En outre, deux banques françaises refusaient de travailler avec Merker.

Se prétendant victime de conditions extérieures l´empêchant de maîtriser la situation, et clamant sa bonne foi, le groupe demandait au tribunal de prononcer la caducité du plan de cession. Il n´a pas été suivi dans cette voie hasardeuse.

Il faut dire que le chèque signé de la main de Gianfranco Ramozer et présenté à l´audience du 22 mars 2002, a fait une très forte impression dans le mauvais sens. Pour la première fois, le tribunal découvrait le nom de Ramozer en sa qualité de directeur général du groupe Merker, et constatait que celui-ci " s´était permis, malgré l´existence d´un mandat d´arrêt international à son encontre, de signer un chèque concernant une partie des engagements de cession adressé à l´administrateur ".Les magistrats clermontois n´ont pas été dupes des arguments du groupe italo-Suisse, dont ils attendent toujours la liste des cent quarante actionnaires italiens, suisses, autrichiens. Pour eux, il ne fait aucun doute que Merker " a voulu réaliser une bonne affaire en rachetant à faible prix la société Voxan, afin de développer un projet industriel de construction de motos concurrent en Italie ".

En attendant, les salaires de mars n´ont pas été réglés. L´avocat parisien a produit un chèque de 98 000 E dont le montant s´avère insuffisant, et tiré sur une banque italienne

Personnalités troublantes

On a aussi appris, à Clermont-Ferrand, de nouvelles révélations sur les dirigeants du groupe Merker. Elles concernent Marcello de Niederhausern, éphémère patron de Voxan, en remplacement de l´avocat allemand Klaus Schmidt. Marcello de Niederhausern était présenté comme un ancien pilote de compétition, mais avait beaucoup fait rire le personnel de Voxan, lorsqu´il avait enfourché une moto dans la cour de l´usine.Son nom apparaît dans l´affaire de la faillite d´une société à Auxon-lès-Vesoul, pour laquelle Ramozer a été condamné à un an de prison ferme. Marcello avait réclamé à la mairie de cette localité une créance de trois millions de francs, pour le compte de deux sociétés italiennes !Le même homme aurait, dit-on, caché son ami Ramozer entre 1991 et 1992, lors d´une précédente affaire, et aurait participé à une escroquerie en Allemagne. Pauvre moto Voxan, elle était tombée en de drôles de mains. Reste à savoir si maintenant elle peut refaire surface

 

Le Progrès du 09 avril 2002

Voxan : un espoir de redémarrage

Après le désistement du groupe Merker " pour cause de campagne de presse et de mauvaise volonté des salariés, qui ont dissuadé les banques de s´engager avec lui ", et la mise en liquidation judiciaire de Voxan prononcée par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, un mince espoir de redémarrage subsiste chez le constructeur de motos d´Issoire.

"Les cadres vont représenter leur plan de cession ", confirme Didier Tirard, directeur de l´entreprise, " un projet actualisé, à l´issue de la période Merker. Nous voulons repartir sur des bases sérieuses. Nos anciens partenaires ont toujours leur porte ouverte, et nous avons plusieurs pistes. Tous les éléments sont là pour un second départ. Un certain nombre de nos fournisseurs se déclarent prêts à nous aider, et du côté de la clientèle nous recevons des encouragements via notre site Internet ". Hier, premier jour de la liquidation, déjà trois partenaires potentiels, intéressés par une reprise d´activités, ont été reçus à l´usine d´Issoire. Le temps est désormais compté, environ une quinzaine de jours, pour que le liquidateur, M. Pétavy, organise une éventuelle reprise.

L´action des médias

De la période Merker, on ne souhaite plus parler aujourd´hui chez Voxan, où l´on se dit soulagé d´en être sorti. Mais l´intermède a fait du mal. La crédibilité de l´entreprise en a pâti. Actuellement, l´ex-repreneur a commencé à renvoyer des documents. Les trois motos qui étaient parties en Italie, devraient revenir également. A priori, les cadres de Voxan ne sont pas inquiets de l´éventualité d´un pillage technologique. D´ici à la fin du mois, on devrait savoir si la moto française reprendra la route, ou bien si son destin s´achève là après les très fortes espérances qu´elle aura suscitées. On peut aussi s´interroger sur l´apparente légèreté avec laquelle une entreprise peut être confiée à un repreneur par un tribunal de commerce, celui de Clermont-Ferrand en l´occurrence. N´oublions pas que Gianfranco Ramoser, patron du groupe italo-hélvétique Merker-Yshima, a fait l´objet de plusieurs condamnations en Allemagne, Suisse et même dans l´Hexagone. Le montant des escroqueries fiscales qui lui sont reprochées atteind les vingt millions d´euros. Cet individu est interdit du territoire français, et mieux, fait l´objet d´un mandat d´arrêt international pour une condamnation à un an de prison ferme, prononcée par le tribunal correctionnel de Vesoul en 1999. Si les médias n´avaient pas révélé l´incroyable pedigree de G-F Ramoser, et aussi de certains de ces proches, cadres du groupe ou actionnaires (on ne connaît d´ailleurs toujours pas la liste des cent quarante noms), jusqu´où serait allée Voxan, entreprise au produit prometteur, et qui a joué de malchance ?

JEAN-JACQUES ARÈNE

 

Communiqué de l'AFP du 05 avril 2002

o AFP | 05.04.02 | 12h55

Le fabricant français de motos Voxan mis en liquidation Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) a prononcé vendredi la résolution du plan de reprise de Voxan, le seul fabricant français de moto, une décision qui entraîne la liquidation de Voxan et la cessation de ses activités. Le repreneur de Voxan, MerkerYshima, arrivé en décembre dans le dossier comme un "sauveur" de dernière minute, a annoncé en effet au tribunal sa décision de renoncer à la reprise. Les 60 salariés restants de l'usine, située à Issoire (Puy-de-Dôme), devraient être licenciés dans le courant de la semaine prochaine. Cette mesure constitue un nouveau coup de théâtre dans le dossier Voxan, une firme mise en règlement judiciaire en juin 2001, et qui avait vu apparaître fin décembre, alors que le tribunal de commerce devait statuer définitivement sur son sort, le groupe MerkerYshima. Candidat à la reprise, ce dernier présentait un plan ambitieux de développement au niveau européen. Mais des difficultés sont rapidement apparues avec ce repreneur, auquel les salariés reprochaient de laisser la situation se dégrader et disaient craindre le "pillage" de la technologie Voxan. Par ailleurs, une audience du tribunal de commerce avait été nécessaire pour que les salaires soient payés et une traite concernant le stock honorée. Le 22 mars, le tribunal avait donné un sursis jusqu'à vendredi au repreneur pour honorer d'autres engagements. MerkerYshima, de son côté, dénonçait une "campagne de presse" qui selon ses responsables dissuadait les banques de s'engager derrière lui. Plusieurs journaux avaient notamment évoqué les démêlés financiers passés de l'un de ss dirigeants, Gianfranco Ramoser. "La situation ne peut pas être pire que celle d'aujourd'hui", a commenté vendredi l'avocat des salariés, Me Marc-Antoine Guillaneuf. Le dernier espoir pour le personnel reste un éventuel nouveau plan de reprise, et les cadres de Voxan, qui en avaient mis un sur pied avant l'arrivée de MerkerYShima, pourraient le réactiver.o

AFP | 05.04.02 | 12h55

 

les Echos du 22 mars

 

Les repreneurs de Voxan réaffirment leurs intentions et leurs projets

. DE NOTRE CORRESPONDANTE A CLERMONT FERRAND .

Lors de l'audience pour résolution du plan de reprise du fabricant auvergnat de motos, Voxan, les dirigeants de Merker Yshima SpA, le repreneur désigné, ont réaffirmé, vendredi, leurs intentions et donné certaines précisions au tribunal de commerce Clermont-Ferrand . Celui-ci leur a accordé un délai de deux semaines pour créer une société de droit français, apporter des garanties de paiement des cinq dernières traites du rachat des stocks et de la TVA et fournir la liste des actionnaires de Tectagon AG . C'est en effet ce holding financier suisse, détenteur de 86 % du capital de l'italien Merker Yshima SpA, spécialisé dans la fabrication de remorques de poids lourds, qui va capitaliser la future société Voxan Motors SAS . "Nous avons décidé cette reprise pour donner une image plus forte à Merker Yshima, en adéquation avec son caractère innovant, technologique et compétitif . Nous avons beaucoup travaillé pour vaincre l'écueil financier et les problèmes d'industrialisation du produit", a rappelé Christian Binot, administrateur de Merker Yshima et maître d'oeuvre de l'opération de reprise, lors d'une conférence de presse au cours de laquelle des représentants de Tectagon et de Merker Yshima ont dénoncé une "campagne de presse orchestrée par des concurrents ". "Les produits et la technique Voxan sont très valides mais l'absence d'une politique de gestion n'a pas permis l'optimisation de la production . Notre objectif est de redémarrer le plus vite possible . Nous voulons relancer la marque Voxan sur le marché avec une forte présence en qualité et en quantité ", a annoncé Marcello de Niderhaüsern, futur PDG de Voxan Motors SAS . La nouvelle Voxan devraît être présentée en Septembre au Salon de Munich. Selon le futur directeur commercial, Neville Woodcock, transfuge de Ferrari, le positionnement de la marque ne va pas changer :"Voxan s'adresse à des connaisseurs, à des passsionnés . C'est un produit très supérieur à la moyenne du secteur que nous allons développer au niveau international en commençant par l'Europe . Nous allons insister sur l'origine française de Voxan à travers sa technologie, son désign et sa force industrielle " . L'ambition des repreneurs de Voxan est de produire entre 18000 et 20000 motos par an . Mais ils n'ont toujours pas su rassurer les salariés d'Issoire qui continuent de les soupconner de vouloir "piller la technologie de Voxan ."

SYLVIE JOLIVET

 

 

 

Le progrès du 12 mars

La Tribune Mardi 12 Mars 2002

Voxan : les paies enfin versées à des salariés méfiants.

Les employés ont touché leurs paies, hier, dernier jour légal pour le versement des salaires.

Un geste qui n'apaise guère leurs inquiétudes.

Les salariés de Voxan, la seule marque qui produit des motos cent pour cent française, ne croient plus au Père Noël. Bien qu'ils aient enfin touché leurs salaires, hier, ils restent très sceptiques quant au sérieux du repreneur : le groupe Merker. Les employés de l'usine d'Issoire redoutent " un pillage de l'entreprise au profit de l'Italie ". "C'est le Père Noël ! C'est le lapin qui sort du chapeau ! " " Les gens du Merker sont de vrais professionnels. Ils travaillent pour Renault Véhicules Industriels, Mercedes. Leurs usines tournent merveilleusement bien, et ils sont riches ". " C'est le beau cadeau de la fin d'année. Nous allons gagner une grande industrie du deux roues à Issoire ".

Et pendant que les salariés de Voxan étaient sur un nuage à l'annonce de ce repreneur miracle le 21 décembre dernier, quelque part en Suisse ou en Italie, les responsables du groupe Merker s'apprêtaient (semble-t-il) à piller la moto française. Les deux parties ont passé d'excellentes fêtes ! Aujourd'hui, l'ambiance est à la défiance à l'usine Voxan d'Issoire où le personnel ne croit plus du tout au Père Noël. Certes, les paies ont été versées, hier, dernier jour l'égal pour le paiement des salaires. Mais cet ultime délai confirme dans les esprits la mauvaise impression d'ensemble. " Depuis le 25 janvier, on nous demande sans cesse d'envoyer des plans, des documents et de l'outillage. Il en est parti, mais c'est un moindre mal. Ils n'arriveront à rien avec ce qu'ils ont " nous disent des employés fermement décidés à empêcher toute tentative de délocalisation du savoir-faire de Voxan quelques part dans les Abruzzes. Le comité d'établissement a d'ailleurs saisi l'administrateur judiciaire, Me Jean-François Gladel, à Clermont-Ferrand, ainsi que le tribunal de commerce, pour leur signaler la défiance des salariés, envers le groupe Merker.

Empêcher tout transfert de l'outillage vers l'Italie

Leur courrier fait état de l'intention de Merker-Yshima de procéder à un transfert rapide de l'outillage en Italie. Ils soulignent le non-versement des salaires le 9 mars, ainsi que l'absence de fonds pour le fonctionnement (Merker aurait débloqué 1 500 €, soit moins de 10 000 F, pour faire tourner l'entreprise), et aucun budget prévisionnel. Ils font également état des demandes répétées d'envois de documents et plans concernant la technologie et les produits Voxan. En conclusion, ils interrogent le tribunal de commerce sur ses intentions, puisque la cession n'a pas abouti à ce jour; que devient alors le jugement du 1er février?

" On a du mal à cerner les motivations des repreneurs. On ne comprend pas leur raisonnement. En tout ce n'est pas celui d'industriels " disent les salariés. " Nous n'avons toujours pas de budget pour le fonctionnement de l'entreprise. Il paraît " qu'il devrait arriver " mais on ne voit rien venir ". Le personnel se déclare fortement motivé pour empêcher tout transfert vers l'Italie. Certains reparlent du plan de reprise élaboré précédemment par l'encadrement. Ce projet avait été retiré face aux propositions du groupe Merker. Il prévoyait un redémarrage avec seulement quarante employés (au lieu de soixante avec Merker) et un budget de 10 millions d'euros (65 MF), apportés par des investisseurs extérieurs à l'Auvergne. Ce programme pourrait refaire surface. La décision appartient au tribunal de commerce. On en est là sur les bords de la rivière Allier, et ce n'est franchement plus l'euphorie de la fin janvier. La moto auvergnate ne semble pas à la veille de sillonner toutes les routes d'Europe, produite à raison de vingt cinq mille à trente mille exemplaires par an. JEAN-JACQUES ARÈNE

La Tribune Mardi 12 Mars 2002

Christian Binot : " Vendredi, nous payons la première échéance "

Nous avons pu joindre Christian Binot, membre du conseil d'administration de responsable de Merker, et qui pilote Voxan depuis la reprise de l'entreprise Issoirienne. Christian Binot déplore la campagne médiatique néfaste dont fait l'objet le groupe Merker. Certains articles du Monde auraient " agacé les actionnaires ".

En un mois, l'image du groupe Merker paraît singulièrement détériorée, et le personnel de Voxan se méfie de vous. " Nous avons en face de nous une campagne médiatique qui s'est radicalisée sur quelques points. Je peux vous dire que nos projets pour Voxan n'ont pas varié. Simplement on nous suit de près, et nos projets ont été fortement perturbés par une certaine presse (Le Monde), et cela a agacé nos actionnaires. Ils se sont interrogés pour savoir s'ils devient continuer. Ils sont étrangers, ont joué le jeu en France pour le développement de sites, et ils se trouvent bien mal récompensés avec toute cette campagne médiatique. Effectivement il y a quelques perturbations, mais la sérénité est revenue, et l'on peut souhaiter des communications plus positives dans les médias sur le nom de Merker, et de Voxan ".

Etes-vous en mesure d'annoncer que la première traite, attendue depuis le 28 février par l'administrateur judiciaire, sera honorée ?

1 500 euros versés pour faire tourner l'usine d'Issoire, cela paraît dérisoire, ridicule " Personne n'a accès au budget de Voxan, qui est logé sous Merker. Je déments ce chiffre de 1 500 euros, et j'ajoute qu'un budget prévisionnel a été présenté. Le problème vient d'une dizaine de fournisseurs français qui bloquent tout. Ils nous demandent de payer le passif, ainsi que des outillages, et de régler à la commande. Ils doivent savoir que nous avons d'autres partenaires à l'étranger, qui eux acceptent de travailler avec Voxan ".

On vous accuse de faire main basse sur la technologie Voxan, et de vouloir délocaliser en Italie. Qu'en est-il ? " Les plans de Voxan sont inutilisables en l'état actuel en vue d'une industrialisation. De plus il faut beaucoup modifier d'outillage, notamment les moules. Je le dis, nous allons le faire, mais avec d'autres fournisseurs, et c'est pour cela que l'on nous accuse de vouloir délocaliser. Il n'en est rien. Nos projets n'ont pas varié pour Voxan ".

La seconde usine à Issoire est toujours d'actualité ? " Elle est toujours d'actualité ".

Que répondez-vous au Monde qui met sérieusement en doute l'honorabilité de certains dirigeants du groupe Merker-Yshima ? " Nous avons demandé un droit de réponse, que le journal a fini par publier, sous la menace d'un référé. Gian Franco Ramoser, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a été recruté pour mettre en place le processus d'installation et d'automatisation, et toute la technologie de notre nouvelle usine de fabrication de remorques de camions, installée en Italie, dans les Abruzzes. Nous connaissons son passé. Je peux vous dire qu'en sa qualité de directeur général, il doit rendre des comptes à un conseil d'administration, à une holding, et à un président " Et à Roanne, que se passe-t-il à la Carrosserie industrielle roannaise ? Le Monde affirme que les salaires n'y sont plus versés, et fait état de dettes envers l'agglomération roannaise " C'est une ânerie. Appelez donc l'usine, et demandez aux salariés s'ils ne sont pas payés ! On ne doit rien à personne, car comme à Issoire, nous n'avons pas repris de passif. Il reste des loyers sur lesquels des prix de faveur nous ont été consentis, sous réserve de réaliser une extension de l'entreprise. Sinon, on pourrait alors nous réclamer les mois perçus Pour l'heure aucune décision n'est arrêtée. Nos actionnaires ont investi depuis trois ans entre 20 et 25 millions de francs. C'est une somme importante. Vous savez notre programme de développement peut se dérouler en dehors de la France. Ils peuvent tout à fait décider d'un repli. En tout cas, si nous n'étions pas intervenus à ce jour, il y aurait eu 50 licenciements à Roanne, et 120 à Issoire ".

PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-JACQUES ARÈNE

Usine Nouvelle le 11 mars 2002

11/03/2002 Motos : la reprise de Voxan annulée ?

Maître Gladel à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), fera partir avant la fin de la semaine une demande d'annulation du plan de reprise du constructeur de motos Voxan, à Issoire dans le Puy-de-Dôme, par la société germano-suisse MerkerYshima. Les salaires du mois de février ainsi que la première échéance de paiement du stock n'ont pas été réglés. La société Voxan Motors SAS n'est toujours pas constituée et les actes de cession ne sont pas encore parvenus sur le bureau de Me Gladel. Plus inquiétant, les 60 salariés restant sont en conflit ouvert avec les repreneurs potentiels, les accusant " de piller " leurs technologies. Me Gladel a demandé à l'encadrement de Voxan de suspendre tous envois de documents techniques vers l'Italie, où se situe le siège social de MerkerYshima. Aujourd'hui, 11 mars, d'après plusieurs sources, le virement bancaire des salaires aurait été fait. Il reste que Voxan dispose en tout et pour tout dans ses caisses d'une somme de 1 500 euros.

Vincent RIBEROLLES

Argusauto le 13 mars 2002

Malgré la demande d'annulation de son plan de reprise, Merker continue de croire en VoxanAprès la mise en redressement de Voxan en juin, puis sa reprise par MerkerYshima le mois dernier (lire nos informations du 1er février), les difficultés continuent pour la moto française, dont le sort est à nouveau remis en question. L'administrateur judiciaire Maître Jean-François Gladel, devenu commissaire à l'exécution du plan de reprise, a en effet confirmé qu'il allait demander l'annulation de la reprise. "Selon le plan de reprise, MerkerYshima devait effectuer un versement tous les deux mois, a-t-il expliqué à L'argus. Or à ce jour, le groupe n'a toujours pas honoré son premier versement de 77 000 euros, qui devait avoir lieu au 28 février. Je vais donc demander, dès cette semaine, l'annulation du plan de reprise devant le Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand". Le tribunal devrait statuer la semaine prochaine, à l'issue d'un débat contradictoire entre les parties. De son côté Christian Binot, membre du conseil d'administration de Merker, a indiqué à L'argus que des délais de paiement avaient été demandés pour ce premier versement, en raison de "la véritable campagne de dénigrement dont nous avons fait l'objet dans la presse française, qui a déstabilisé nos actionnaires étrangers et les a conduits à envisager un repli". Une allusion aux articles du Monde et de L'Est républicain, qui ont rappelé ces dernières semaines le passé judiciaire du patron du groupe Merker en Italie, Gianfranco Ramoser, plusieurs fois condamné dans des affaires de manoeuvres frauduleuses et d'abus de biens sociaux. M. Ramoser, tout en reconnaissant ces condamnations, avait alors estimé qu'il fallait "avoir la grandeur d'oublier". "Cette attitude négative a également eu des répercussions sur huit fournisseurs stratégiques de Voxan en France, désormais réticents à travailler avec nous", poursuit M. Binot en citant l'exemple d'un sous-traitant ayant demandé le versement de 150 000 euros avant d'accepter la moindre commande. "Nous avons donc décidé de nous tourner vers nos fournisseurs italiens, au risque d'être accusé de dépouiller Voxan de son savoir-faire". La saga Voxan est décidément très riche en rebondissements, "mais la sérénité a maintenant repris le dessus", affirme M. Binot. La balle est maintenant dans le camp de MerkerYshima, qui peut rendre sans effet la demande d'annulation de la reprise en honorant sa première tranche de règlement. Selon Christian Binot, ce sera chose faite "au plus tard le 15 mars"...

Eric MICHEL

Le Monde du 09 mars 2002

o LE MONDE | 09.03.02 | 15h42

Le repreneur des motos Voxan est de plus en plus contesté Repris fin janvier, à la suite d'une décision du tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, par le groupe italo-suisse MerkerYshima, Voxan, l'unique fabricant français de motos installé à Issoire (Puy-de-Dôme), est loin d'être sorti d'affaire. MerkerYshima n'a toujours pas donné à Voxan les moyens promis pour sa relance. Les salaires de février n'avaient pas été payés, samedi 9 mars. Le passé judiciaire du directeur général et cofondateur de MerkerYshima, Gianfranco Ramoser, alarme les partenairesfinanciers et industriels de la petite firme auvergnate, ainsi que ses salariés. Selon les informations recueillies par "Le Monde", M. Ramoser, condamné à plusieurs reprises pour diverses malversations, est encore sous le coup d'un mandat d'arrêt international et d'une interdiction de gestion. Rien ne va plus chez Voxan. Depuis sa reprise, fin janvier, par le groupe italo-suisse MerkerYshima, l'unique fabricant français de motos, installé à Issoire (Puy-de-Dôme), semble à la dérive. Salariés, fournisseurs, banquiers et partenaires commerciaux s'alarment des agissements du repreneur (Le Monde du 12 février). "MerkerYshima n'a tenu aucun de ses engagements", s'inquiète Didier Tirard, directeur général de Voxan, interrogé par Le Monde vendredi 8 mars. Les 60 salariés n'ont pas été payés en février et la direction a dû se contenter de... 1 500 euros pour faire fonctionner l'entreprise. La première traite, pour payer les stocks, aurait dû être versée le 28 février, mais maître Gladel, l'administrateur judiciaire en charge du dossier, n'a rien vu venir. "Une mise en demeure de payer sous huit jours a été envoyée à Merker", affirme-t-on chez Voxan. Les dirigeants de MerkerYshima ont promis que les salaires seraient versés lundi 11 mars. Mais les salariés ne se font guère d'illusions. "On a bien compris que ce sont des gens qui veulent piller la technologie et la matière grise de Voxan", déclare Thierry D'Almeida, le secrétaire du comité d'entreprise de Voxan. Un soupçon conforté par l'expérience de Carrosserie industrielle roannaise (CIR), société reprise par MerkerYshima en août 2001. Les salaires n'y sont plus versés et les dettes pas remboursées. L'agglomération de Roanne attend depuis sept mois le paiement des traites en cours pour la reprise du passif de l'entreprise. OPACITE DES STRUCTURES Le Meccano sur lequel s'était appuyé MerkerYshima pour monter ses dossiers de reprise auprès des tribunaux de commerce de Clermont-Ferrand et de Roanne est en train de se fissurer. Le groupe italo-suisse mettait notamment en avant un projet de fabrication de remorques de camions situé dans les Abruzzes, en Italie. Un projet gigantesque qui, après plusieurs mois de fonctionnement, ne produit que 10 unités par jour pour une capacité de 150 (Le Monde du 6 mars). Le groupe italo-suisse affirmait qu'il s'appuyait sur des partenaires sérieux, comme le fabricant français de poids lourds Renault VI ou le carrossier italien Bertone. Mais, alerté par l'opacité des structures de MerkerYshima et par le passé houleux de plusieurs de ses dirigeants, Renault VI a déclaré au Monde qu'il ne souhaitait pas poursuivre ce partenariat. Au centre de toutes les interrogations : Gianfranco Ramoser, directeur général de la société. le conseil d'administration de MerkerYshima a réaffirmé "son soutien et sa conviction sur les qualités morales et humaines de ce collaborateur, outre ses excellents talents d'ingénieur" (Le Monde du 6 mars). Mécanicien de formation, M. Ramoser, un Italien né le 14 mars 1956 à Winterthur (Suisse), a montré un sens étonnant des affaires dans l'immobilier, le commerce de véhicules, de bois, et plus récemment dans la carrosserie industrielle. Des affaires qui l'ont conduit à être condamné en Allemagne, en 1994, en Suisse, en 1998, et deux fois en France. La cour d'assises de Haute-Saône lui a infligé une peine de 18 mois de prison, le 16 janvier 1997, pour faux en écritures publiques. Le 27 mai 1999, M. Ramoser était à nouveau condamné à un an ferme par le tribunal correctionnel de Vesoul, pour manœuvres frauduleuses, complicité d'abus de biens sociaux, dans le cadre de la faillite d'une société créée à Auxon-lès-Vesoul (Haute-Saône). De son début de carrière en Suisse, en 1980, à ses récents démêlés judiciaires, ce polyglotte habile a joué avec les millions et les frontières. A Auxon, en 1989, il s'est présenté comme porte-parole de sociétés fictives (tour à tour BRF, Fitrag, HIP, SIFA...). Il a fait créer la société PWT à Trossingen (Allemagne), par la société de droit helvétique HIP, non encore fondée... Son crédit auprès des banques allemandes et suisses s'est appuyé sur de fausses pièces éditées par la petite mairie d'Auxon, et de fausses attestations sur l'avancement de chantiers. En 1990, il a emmené en Italie et en Autriche les dirigeants de la Caisse d'épargne de Stuttgart pour les persuader du soutien de faux partenaires industriels. Il a même recruté un comédien pour jouer à Stuttgart le rôle d'un PDG italien. Avec l'aide de prête-noms, il a fait enregistrer en quelques mois 1,35 million de deutschemarks de capital social sur les registres du commerce sans le moindre apport personnel, décrochant 73 millions de marks d'autorisations de crédit. Outre sa condamnation à un an ferme, en 1999, le tribunal correctionnel de Vesoul a infligé à l'homme d'affaires italien cinq ans d'interdiction de gestion. Mais M. Ramoser ne s'est jamais présenté devant le tribunal, craignant d'avoir à purger sa peine. Le seul préjudice subi par les banques allemandes sera évalué à 22 millions de marks par le tribunal de Stuttgart. Malgré un mandat d'arrêt international délivré à son encontre, M. Ramoser a quitté la Suisse pour gagner l'Italie. Entre-temps, fin 1998, il a participé à la création de MerkerYshima en Suisse, société qui sera transférée en Italie début 1999. Le premier PDG, Giorgio Di Capua, sera très vite remplacé par Klaus Schmidt, l'avocat allemand de M. Ramoser dans l'affaire d'escroquerie de Stuttgart en 1994. Après la reprise de Voxan, les ambitions de MerkerYshima en France ne semblent pas vouloir s'arrêter là. Le groupe s'intéresse maintenant au rachat de la Safra, une entreprise de carrosserie située dans le Tarn. Le parquet d'Albi suit le dossier avec attention. Un complément d'information judiciaire sur le parcours de M. Ramoser a été demandé. "Je n'ai jamais rien détourné", affirme l'homme d'affaires italien, joint par Le Monde, jeudi. M. Ramoser confirme cependant ses condamnations passées. "Mais il faut avoir la grandeur d'oublier", estime-t-il. Stéphane Lauer et André Moissé (à Vesoul) L'échec d'une société prometteuse Voxan a été créée en 1995 par Jacques Gardette, PDG de Biodome (produits pharmaceutiques), un self-made man auvergnat, amoureux de moto. Installé à Issoire (Puy-de-Dôme), le fabricant s'est positionné sur le haut de gamme. Les premiers modèles ont connu un succès d'estime rapide chez les amateurs. A tel point que l'entreprise n'arrive alors pas à honorer toutes ses commandes. Mais les actionnaires, le groupe Dassault en tête, ont sous-estimé les besoins financiers nécessaires au décollage de Voxan. Du coup la production n'a pas suivi. Les actionnaires ont pourtant refusé de participer à une nouvelle augmentation de capital, provoquant la mise en redressement judiciaire de l'entreprise en juin 2001. Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a attribué Voxan à MerkerYshima le 25 janvier 2002. o ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.03.02

 

Le Monde du 6 mars 2002

o LE MONDE | 05.03.02 | 14h58 correspondance

Une lettre de la société MerkerYshima A la suite de notre article intitulé "L'opacité du repreneur de Voxan, le seul fabricant français de motos, inquiète ses partenaires" (Le Monde du 12 février), nous avons reçu de la société MerkerYshima, par l'intermédiaire de son conseil, Me Bernard Preuilh, la mise au point suivante : Le repreneur de Voxan tient à rétablir la réalité des faits. Il est exact que la société MerkerYshima a racheté les actifs de la société Voxan - reprise homologuée par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand - avec la ferme intention de faire une réussite de ce projet concernant l'unique fabricant français de motos, un projet méritant d'être soutenu et qui, dès le commencement, a suscité l'intérêt d'amateurs et de partenaires régionaux. Il est exact que MerkerYshima ne s'est pas impliqué jusqu'à présent dans la fabrication de motos. Mais il est faux de prétendre que l'avenir de Voxan n'est pas en de bonnes mains puisqu'il reste sous la direction de l'équipe expérimentée de Voxan. Avec l'ensemble du personnel de Voxan, assisté de MM. Tirard et Chevalier, leur savoir-faire, leur engagement personnel et avec toute la passion que suscite ce beau produit, MerkerYshima va optimiser son industrialisation. Il est faux de prétendre que le secteur de la moto n'a rien à voir avec celui de la semi-remorque. Les deux branches connaissent des difficultés structurelles car la fabrication est en majeure partie artisanale et le produit ne peut en aucun cas être concurrentiel de nos jours, au niveau tant des coûts de fabrication que des délais de livraison. Merker veut prouver le contraire et proposer des solutions qui révolutionnent le marché. Il est faux de prétendre que MerkerYshima n'a aucune expérience dans le domaine des véhicules industriels. La conception et la mise en place de cette usine entièrement robotisée, d'un niveau technologique comparable à celui du secteur automobile, sont dues aux compétences de Gianfranco Ramoser. Cette réalisation actuellement sans équivalent dans le monde a été saluée par tous les experts. Il est faux de prétendre qu'aucune remorque n'est encore sortie de cette usine flambant neuve. La production a démarré le 24 septembre 2001, aujourd'hui on fabrique 10 unités par jour. Bien entendu, le site de production est encore en phase de régulation puisque sa capacité est de 150 unités par jour. Il est exact que MerkerYshima coopère avec des partenaires sérieux et renommés au plan européen tels que Bertone, cité par l'auteur de l'article, des coopérations dont MerkerYshima est fier et qui s'avéreront fructueuses pour l'ensemble des entreprises concernées, et d'autres noms moins connus mais qui contribueront néanmoins au développement du produit, à la rationalisation et à l'augmentation de la sécurité dans le domaine des transports, ainsi que le démontre l'accueil que la presse a réservé aux brevets déposés par Merker. Il est exact que les effectifs de MerkerYshima à Pescara, en Italie, s'élèvent à 400 personnes, dont des personnels français. A cela s'ajoutent près de 60 collaborateurs en France ainsi que le personnel des usines de la Carrosserie industrielle de Roanne (Loire) et de Voxan, à Issoire (Puy-de-Dôme), soit au total 120 personnes. Merker a donc créé 520 emplois et investit particulièrement dans l'avenir des jeunes en leur assurant une formation complète dans ses usines. MerkerYshima invite publiquement toute personne intéressée par un reportage à venir sur le site, pour se convaincre et témoigner de cette réalisation, ceci dans l'intérêt de Voxan et d'une coopération franco-italienne très prometteuse. En ce qui concerne le directeur général de MerkerYshima -M. Ramoser-, le conseil d'administration tient à exprimer ici publiquement son soutien et sa conviction sur les qualités morales et humaines de ce collaborateur, outre ses excellents talents d'ingénieur. o ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 06.03.02

 

l'Est Républicain le 02 mars 2002

Voxan piloté par Ramoser

La seule fabrique de motos française vient d'être reprise par l'escroc international qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt.

VESOUL. _ " Que ferez-vous lorsque vous sortirez de prison ? ", avait demandé à Gianfranco Ramoser en 1998 le juge suisse d'Arbon (Thurgovie), avant de le condamner à huit ans et neuf mois d'emprisonnement pour escroqueries." Je veux me retirer dans un pays du Sud, en tant que fonctionnaire ", avait répondu l'escroc international.Après avoir connu trois années de cachot à Stammheim puis les geôles de Besançon et de Frauenfeld, Ramoser voyait enfin la sortie du tunnel.Depuis son arrestation en Allemagne en 1992, il avait alors pratiquement purgé sa peine puisque, pour chacun des volets nationaux de la même affaire, il avait déjà été condamné à Stuttgart (sept ans de prison) et à Vesoul (18 mois de détention).Retrouverait-il bientôt tous ses amis d'Auxon-lès-Vesoul (dont l'ancien maire l'ayant aidé à faire des faux en écritures), d'Allemagne, d'Italie, de Suisse et d'Autriche ? Nul doute que, quelque part " au Sud ", l'attendait une bonne partie du magot de 26 millions d'euros (montant chiffré par son propre avocat en cour d'assises à Vesoul) qu'il avait détourné à des banques allemandes et suisses.Le " Sud ", Gianfranco Ramoser, Italien né en Suisse en 1956, l'a bien retrouvé. Tournant le dos à l'Helvétie qui l'avait hébergé depuis sa naissance, il s'est installé en Italie au pied des Alpes. Stratégique, en effet.Mais il n'a pas trouvé une planque de fonctionnaire. Allait-il renouer avec l'industrie du bois ? Entre les années 1986 et 1992, il avait eu trop de déboires économiques au Val d'Ajol (Vosges) puis à Auxon (Haute-Saône) et à Trossingen (Allemagne). Que des faillites ! Mais, au final et après six années entières de prison, avec un beau pactole.Avant ses activités foisonnantes dans le bois, avec comme partenaires le Vésulien d'Auxon Louis Locatelli et le défunt transporteur autrichien Johann Berger (qui ont pour cela eux aussi connu la prison), le grand Ramoser n'a pas oublié que, titulaire d'un CAP de mécanicien, il s'était d'abord illustré à partir de 1984 en Suisse dans le monde auto : c'est sa Mabo AG de Kloten qui allait se muer en SIFA AG, mère de la SIFA SA d'Auxon avec un faux parrainage italien.Enfin libre, Ramoser pouvait enfin réactiver quelque société dormante. En Italie, l'une d'elles porte le nom d'une ancienne employée de bijouterie suisse qui avait servi de prête-nom pour réaliser, avec le nom de Berger, la BRF, sa première société internationale.Son avocat comme PDGSe déclarant ingénieur (" Ing. "), maître Ramoser a aussi retrouvé l'avocat allemand Klaus Schmidt, qui avait en vain demandé sa relaxe en Allemagne et qui avait suivi de très près le procès Berger à Innsbruck pendant la détention de Ramoser.C'est ce Klaus Schmidt, 48 ans, également cher à la famille princière de Monaco, qui s'est installé, le 1er février dernier, à Issoire dans le Puy-de-Dôme comme PDG de la SA Voxan, seul fabricant français de motos.Ceci avec la bénédiction, in extremis, du tribunal de commerce de Clermont-Ferrand qui n'a pas su découvrir que le groupe repreneur italo-suisse MerkerYshima, qui a ouvert une fabrique " pharaonique " de remorques en Italie, a comme directeur général un certain " Ing. Gianfranco Ramoser ".Or ce même Ramoser, qui, une fois de plus, s'est servi de prête-noms, a eu le temps d'apprendre depuis le 27 mai 1999 qu'il a été condamné à Vesoul pour la faillite d'Auxon à un an de prison ferme, 15.000 euros d'amende et cinq ans d'interdictions de direction d'affaires.Un mandat d'arrêt international, avec diffusion en Italie, ne l'a pas empêché de venir, l'an dernier, du côté d'Issoire. L'histoire ne dit pas si c'est en Voxan.

Enquête d'André MOISSÉ Samedi 2 Mars 2002, © L'Est Républicain / Région Franche-Comté /

Le Monde du 12 février 2002

L'opacité du repreneur de Voxan, le seul fabricant français de motos, inquiète ses partenaires Lundi 11 février 2002 (LE MONDE) La société italo-suisse MerkerYshima a été choisie le 25 janvier par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Ses projets industriels restent flous, ses actionnaires inconnus et certains de ses dirigeants ont été condamnés par la justice L'UNIQUE fabricant français de moto a-t-il enfin trouvé son sauveur ? Après son placement en redressement judiciaire le 29 juin 2001, l'entreprise située à Issoire (Puy-de-Dôme) était à la recherche d'un repreneur. Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand devait se prononcer le 21 décembre sur le sort définitif de l'entreprise mais les actionnaires de Voxan avaient réclamé un nouveau délai après une offre de reprise de dernière minute d'une société italo-suisse : MerkerYshima. C'est finalement ce groupe inconnu qui a été retenu le 25 janvier 2002 par le tribunal. Pourtant, cette offre tombée du ciel au dernier moment a de quoi surprendre. D'abord, MerkerYshima n'a pas grand-chose à voir avec la fabrication de motos. Pour monter son dossier de reprise, le groupe italo-suisse s'appuie sur un projet de fabrication de... remorques de camions. Et MerkerYshima n'a pas plus une longue expérience dans ce domaine que dans la moto. Pour seul argument, le groupe exhibe sur son site Internet une usine flambant neuve, d'où aucune remorque de poids lourd n'est encore sortie. MerkerYshima avait fait une entrée tonitruante dans la profession lors du Salon de la carrosserie de Lyon, en avril 2001. Les dirigeants clament à qui veut les entendre qu'ils ont de grandes ambitions. Il s'agit d'un projet pharaonique situé à Tocco di Casauria, dans les Abruzzes, en Italie. Le nouveau venu n'a pas hésité à injecter plus de 150 millions d'euros dans ce projet qui laisse pantois les professionnels du secteur. "Si l'usine atteignait ses objectifs, cela représenterait environ 50 % du marché français de la carrosserie industrielle, qui est pourtant le plus gros d'Europe", souligne un expert. L'usine serait capable de produire 35 000 à 40 000 remorques par an, dix fois plus que le leader français, General Trader. "Notre ambition est de dépoussiérer un secteur qui reste largement artisanal, mais qui assure une progression de 20 % par an", explique Christian Binot, représentant en France de MerkerYshima. Le problème, c'est que, de mois en mois, le démarrage de l'usine est retardé, alors qu'il était initialement prévu au printemps 2001. C'est pourtant sur ce projet que MerkerYshima assoit sa crédibilité auprès de la justice et de ses partenaires pour reprendre Voxan. Le groupe est d'ailleurs très soucieux de l'image de respectabilité qu'il donne à l'extérieur. Sur son site Internet, on retrouve pêle-mêle des photos des dirigeants serrant la main du Prince Albert de Monaco, des manifestations sportives sponsorisées par le groupe, le ministre italien des transports inaugurant le site... Mais surtout, MerkerYshima répète qu'il travaille avec des partenaires sérieux comme Renault VI, avec qui il a signé récemment un accord de coopération dans le secteur des essieux, Bertone, le célèbre carrossier italien, ou bien encore Mauro Forghieri, ancien motoriste de Ferrari. Des partenaires respectables qui commencent à s'inquiéter des retards du projet industriel dans les Abruzzes. L'usine italienne emploie depuis plus de dix mois plusieurs centaines de salariés, alors que le premier euro de chiffre d'affaires n'est toujours pas rentré dans les caisses. "C'est un projet incroyable, qui a de quoi choquer le milieu, explique une source industrielle. Je ne vois pas comment ils peuvent tenir financièrement si le démarrage n'est pas imminent." M. Binot affirme que ce démarrage est pour très bientôt. C'est dans ce contexte d'incertitudes que MerkerYshima n'hésite pas à se lancer dans d'autres affaires très gourmandes en capitaux : une fabrique d'essieux (Hauser), une usine d'accessoires en plastiques injectés (Fisher), toutes deux situées en Italie ; la reprise de la Carrosserie industrielle Roanaise (Loire), qui était en redressement judiciaire ; et enfin, tout récemment, Voxan, dans lequel 23 millions d'euros doivent être investis en trois ans. Autre sujet d'inquiétude, le passé des dirigeants de MerkerYshima. Une enquête du parquet de Clermont-Ferrand a d'ailleurs été menée. Christian Binot, membre du conseil d'administration, a déjà fait l'objet de condamnations. Plus gênants sont les états de service de l'homme-clé de MerkerYshima, Gianfranco Ramoser. Son nom n'apparaît pas dans le dossier de reprise de Voxan. Il est pourtant le directeur général de MerkerYshima et, sans doute, l'homme clef de la société. LOURD PASSE JUDICIAIRE M. Ramoser a un lourd passé judiciaire. En 1997, il est condamné à dix-huit mois de prison pour une affaire de faux en écritures publiques dans la réalisation d'un complexe industriel à Auxon-les-Vesoul (Haute-Saône) après avoir fait l'objet d'un mandat d'arrêt international (Le Monde du 20 avril 1993). Cet Italo-Suisse avait déjà été impliqué dans une escroquerie de 6 millions de francs suisses au préjudice d'une banque helvétique (Le Monde du 2 mai 1992), puis de 30 millions de deutschemarks aux dépens de cinq banques germaniques dans une affaire similaire autour de la zone industrielle de Trossingen, qui lui avait valu une condamnation à sept ans de prison. Autre zone d'ombre, l'identité des actionnaires de MerkerYshima : Tectagon AG et Yshima GMbh. Derrière ces deux noms se trouve une nébuleuse de 140 sociétés à propos desquelles le groupe est curieusement silencieux. Malgré des demandes insistantes pour disposer de la liste des actionnaires, les partenaires commerciaux de MerkerYshima sont toujours sans réponse et commencent à s'impatienter. Les dirigeants et les 60 salariés de Voxan repris par le groupe ne sont peut-être pas au bout de leurs peines.

Stéphane Lauer

 

Motomag le 26 décembre 2001

Voxan : le miracle de Noël

Jacques Gardette a finalement trouvé, juste avant la date de clôture du 21 décembre, l'investisseur industriel qu'il cherche depuis fin juin 2001 pour sauver Voxan : il s'agit de Merker, groupe suisse qui fabrique des remorques de camions. Les salariés ont accueilli avec un grand espoir cette nouvelle.

L'annonce de la reprise de Voxan par un groupe Suisse a été le coup de théatre de la journée du 21 décembre devant le Tribunal de commerce de Clermont Ferrand

Le vendredi 21 décembre 2001 restera dans les mémoires des employés de Voxan : alors qu'une grande partie d'entre eux se montraient de plus en plus désabusés avant la date fatidique qui devait voir le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand statuer sur le sort de l'entreprise, le groupe suisse Merker s'est annoncé comme candidat à la reprise. Ayant bien géré la production réduite de ces derniers mois, Voxan a obtenu du tribunal un nouveau délai expirant au 11 janvier 2002. Cela devrait permettre à Merker de poser les bases de son plan de cession. Un programme ambitieux, si l'on en croit les affirmations de Christian Binot, membre du conseil d'administration de ce groupe suisse dont l'activité principale est la construction de remorques de poids lourds : "Les actionnaires ont le désir de mettre le paquet dans Voxan. Cette marque à forte notoriété sera vecteur de l'image dynamique et sportive du groupe. Merker a été créé il y a trois ans et demi et vient d'investir dans une usine ultra-moderne de fabrication de remorques en Italie. Le groupe dispose d'un capital de 100 millions d'euros (655 millions de francs), venant de 140 actionnaires présents dans de nombreux secteurs industriels."

C'est Christian Binot, membre du conseil d'administration de Merker, qui a annoncé le plan de reprise de Voxan

Christian Binot s'est présenté devant la cinquantaine de salariés qui attendaient la décision du tribunal de commerce. Il a affirmé que son groupe ferait l'effort financier nécessaire : "Jacques Gardette a parlé de la nécessité de disposer d'environ 200 millions de francs. On fera l'investissement nécessaire à un développement européen de Voxan". Il n'a pu s'avancer sur les détails financiers et sociaux car le plan n'est pas encore bouclé. Mais il a affirmé que "la production restera à Issoire et l'usine sera agrandie pour augmenter sa capacité. Nous allons demander à la mairie l'autorisation de construire un nouveau bâtiment. La capacité de l'usine actuelle n'est que de 5 000 à 6 000 machines par an, nous avons des ambitions plus importantes. Nous devons arriver à entre 20 000 et 30 000 motos/an. Pour cela, même en rationalisant la production, la structure actuelle sera dépassée. Entre Noël et le jour de l'an, des industriels italiens vont venir auditer l'usine pour déterminer le nombre de salariés nécessaires à nos ambitions, en fonction de la structure de production actuelle. D'ores et déjà, les actionnaires ont noté les compétences des salariés et leur enthousiasme à construire la moto française." Les employés présents, soulagés, ont tous applaudi à cette annonce et leur enthousiasme ne faiblira pas au retour des vacances. Cette reprise surprise laisse toutefois place à de nombreuses questions. Peu d'observateurs avaient en effet envisagé la candidature de ce groupe méconnu qui veut entrer dans la lumière grâce à Voxan. On attend avec impatience le contenu du plan qu'il proposera pour voir les doutes se lever.

Nicolas Grumel