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Vous allez lire ci-après deux textes fort instructifs. Mais avant de vous laisser à sa lecture, j'ajoute ces quelques infos:Pratiquement tous les chats portent des corona virus. Qu'ils soient de gouttière ou nés dans un élevage de race. Le nombre de chats foulant les trottoirs, les pelouses publiques, les escaliers de nos maisons est supérieur au nombre de chats vivant en milieu clos, sans corona. Tous les chats "libres" sont susceptibles d'excréter les corona et d'en laisser un peu partout. Marcher sur un trottoir, se balader en forêt, monter ses escaliers, rendre visite à des personnes vivant avec des chats sont autant d'occasions de ramasser des corona et de les rentrer à la maison, par les semelles. Très peu de chats meurent de PIF: 2% des chats porteurs, sans doute un % équivalent chez les non porteurs. Le chat malade est rarement isolé. La plupart du temps, ça se passe chez des particuliers. Avant l'autopsie, on ne sait pas que le chat est malade de PIF, et on le laisse vivre ses dernières heures dans son confort habituel. Ses compagnons, quand il y en a, continuent de dormir avec lui, de le toiletter. Le petit malade se fait dorloter par toute la famille jusqu'à ce qu'en bout de course, on l'euthanase. Très rarement un compagnon de ce chat décéde de PIF dans les mois qui suivent: cette maladie-là n'est pas contagieuse. Trop souvent certains vétérinaires attribuent le décès d'un chat à la PIF. C'est une maladie facile à accuser derrière laquelle se cachent souvent ceux qui n'ont pas suffisamment cherché ce dont souffrait réellement le chat. Il faut admettre, à leur décharge (?), que les examens nécessaires à la connaissance du mal qui ronge la santé du chat peuvent très rapidement coûter des sommes pharaoniques. C'est plus facile de dire: "votre chat avait la PIF" que de demander aux gens jusqu'à quel point ils peuvent s'investir financièrement pour trouver la maladie de leur chat, et reposer la question lorsqu'il faudra déterminer les soins. Ça arrange aussi une certaine catégorie d' " éleveurs " qui font croire que chez eux il n'y a aucun risque et que leurs " collègues " (lire concurrents) en sont atteints. Il faut cesser de faire de la PIF un épouvantard. |
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Voici maintenant le premier document dans son intégralité : Le
point sur la PIF par Myriam GULLAUD
La
PIF ou Péritonite Infectieuse Féline est la nouvelle maladie honteuse du monde
félin. Un cas de PIF dans une chatterie ? Forcément dû à une mauvaise hygiène
! « Ça n’arriverait jamais dans la mienne »… Combien de fois n’ai-je
pas entendu cette phrase… Mais… En êtes-vous si sûr ? Comment être
certain de ne jamais être touché ? Quelques précisions pour y voir plus
clair. La
PIF apparaît chez certains chats porteurs d’un virus de la famille des
coronavirus (de même que l’agent de la pneumopathie atypique, qui, cependant,
n’appartient pas à la même sous-famille). Les coronavirus sont des virus à
ARN enveloppé : l’information génétique est portée par un brin d’ARN,
contenu dans une capsule protéique, elle-même enveloppée par une membrane
lipidique parsemée de protéines virales. Ces virus présentent un taux de
mutation très élevé et il est probable que chaque individu porteur héberge
au moins une souche virale qui lui est propre. Je
crois que ce qu’il faut avant toute chose garder à l’esprit, c’est le
faible pourcentage de chats porteurs de coronavirus qui développent
effectivement une PIF. L’étude menée par le Dr Addie (1) insiste sur ce
point : en effet, il faut noter la mortalité de 100% dans les 5 ans dans le cas
de l’infection par le FeLV contre seulement 10% dans le cas des coronavirus.
D’autres études avancent des chiffres de l’ordre de 2 à 5%. Certains
éleveurs pensent qu’il est impossible d’obtenir une chatterie indemne de
coronavirus. C’est méconnaître les récents progrès en matière de tests de
détection de la présence de coronavirus. Toutefois, il me semble qu’obtenir
une chatterie indemne de coronavirus est plus aisé pour quelqu’un qui débuterait
l’élevage actuellement, et avec un faible effectif. Dans le cas d’un débutant,
la façon de faire est assez simple : il « suffit » d’acquérir des
reproducteurs coronavirus négatifs (je détaillerai plus loin les tests). Il
faut rester conscient qu’aucun test de détection n’étant fiable à 100%,
plus on multipliera les acquisitions, plus on prendra le risque d’introduire
un faux négatif dans la chatterie. Un effectif limité – ou le partage d’un
fort effectif en petits sous-groupes - me semble donc être une bonne garantie
pour maintenir un effectif coronavirus négatif. Bibliographie
/ sites internet :
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| Et voici le deuxième
document.
Le 1er Décembre à Toulouse,
s'est tenue la première rencontre entre Eleveurs Félins et Vétérinaires,
sous l'égide de l'AFVAC et de la Société Française de Felinotechnie. Avant-propos Décrite pour la première fois en 1960 à Comell (NY) par celle qui fut la première vétérinaire pour chats, Jean HOLZWORTH - enfant, elle aménagea dans la grange familiale, son « premier hôpital pour chats », la Péritonite Infectieuse Féline continue d'être une pathologie à la fois insidieuse, mystérieuse et pour laquelle de nombreuses questions demeurent. Rarement une pathologie aura suscité autant d'angoisses, de non-dits, de doutes. Vétérinaires, éleveurs et propriétaires de chats partagent les mêmes attentes : en savoir plus, comprendre, prévenir et qui sait, un jour, pouvoir guérir les chats atteints. C'est la raison pour laquelle ce sujet s'est imposé comme thème des premières Rencontres Eleveurs félins et Vétérinaires organisée dans le cadre du Congrès AFVAC et pour laquelle nous nous sommes associés à la Société Française de Félinotechnie, impliquée depuis près de vingt ans dans le monde félin. Nous avons le plaisir d'accueillir deux spécialistes français du diagnostic vétérinaire, avec Corine BOUCRAUT-BARALON et Pascal PRELAUD, ainsi que deux experts de renommée internationale, qui consacrent toutes leurs recherches à la Péritonite Infectieuse Féline, Diane ADDIE de l'Université de Glasgow et Marian HORZINEK de l'Université d'Utrecht, et nous font l'honneur de venir partager avec nous leurs connaissances. Que les partenaires de ces Premières Rencontres Eleveurs félins/Vétérinaires, les sociétés MERIAL et ROYAL CANIN, soient remerciés pour leur contribution ainsi que les conférenciers. En souhaitant que cette première se renouvelle, et soit un lieu d'échange et de partage. Dr Anne-Claire CHAPPUIS-GAGNON Prof B.-M. PARAGON Présidente du GENOEF Président de la SFF La PIF : quand faut-il y penser? Pascal Prélaud, DV, dip ECVD CERI, 8 rue de Saintonge, 75003 Paris Cabinet de Dermatologie Vétérinaire, 17 rue Fernet, 94700 Maison -Alfort prelaud@wanadoo.fr Rappels étiopathogéniques Biotypes FECV et FIPV Il existe des dizaines de souches différentes de Coronavirus félins (FCoV).On distingue parmi ces Coronavirus les Coronavirus entéritiques qui se multiplient uniquement dans les entérocytes et ont un pouvoir pathogène faible ou nul (FECV) et les virus de la PIF (FIPV) capables eux de se multiplier dans les macrophages. Ces deux biotypes sont très proches d'un point de vue antigénique et génétique. Une des caractéristiques des Coronavirus, comme la plupart des virus à ARN, est leur fort pouvoir de mutation. Cette mutation, par délétion (gène 7b), se fait dans le sens d'une sélection d'un accroissement du pouvoir pathogène. Ainsi, un coronavirus entéritique banal devient pathogène par mutations successives. Transmission : « Maladie des bacs à litière » Transmission par ingestion ou inhalation à partir de la salive et des selles de chats infectés, soit directement de chat à chat, soit indirectement à partir des gamelles ou des bacs à litière. Les coronavirus sont très infectieux : 95 % à 100 % des chats en contact avec un chat infecté sont contaminés en 2 semaines. Le virus est excrété dans la salive et les selles pendant plus de 8 mois après séroconversion jusqu'à un maximum de 12 à 24 mois. Environ un chat séropositif sur 3 est excréteur. Par contre, les chats malades ne sont plus excréteurs et les animaux sains séronégatifs ne sont généralement pas excréteurs. Pathogénie Un coronavirus devient pathogène lorsqu'il est capable d'infecter les macrophages. Dans ce cas, il va pouvoir circuler dans tout l'organisme. Celui-ci répond en synthétisant des quantités très importantes d'anticorps. Ces anticorps forment avec les virus des complexes immuns qui en se déposant sur la paroi des vaisseaux vont provoquer des lésions de ces derniers (vascularite). Les symptômes dépendent donc des vaisseaux atteints et peuvent concerner tous les organes. Quand y penser ? La PIF est typiquement protéiforme, la symptomatologie dépendant du type de vaisseau atteint. Outre la symptomatologie, certains facteurs de risque sont tels qu'ils font de la PIF une hypothèse diagnostique majeure dans certains contextes. Facteurs de risque Âge Les chats de tout âge peuvent déclarer la maladie, mais elle s'observe surtout chez les animaux jeunes (de trois mois à trois ans) et âgés (Dix ans à quatorze ans). Mode de vie Le chat doit avoir été en contact avec un Coronavirus pour déclarer une PIF. La plupart des chats malades ont vécu auparavant dans des effectifs de chats (refuges, élevage, garderies, magasins) pendant les douzes derniers mois. Le nombre de chats présents dans l'effectif est un facteur prédisposant important. Le risque pour des chats issus de groupes de huit à vingt chats est multiplié par deux (par rapport au groupe de moins de huit chats) et par plus de trois pour les groupes de vingt et un à trente neufs. Cette multiplication du facteur risque avec l'accroissement de la taille de l'effectif a de nombreuses explications : - Le risque d'introduire un Coronavirus est plus grand - Chaque chat est en présence d'une très grande quantité de virus - L’ environnement est très contaminé et plus difficile à nettoyer - D’ autres virus (Herpès, Calicivirus) sont souvent présents - Ces chats vivant en promiscuité sont soumis à un stress très important. Aux Etats-Unis, 25 % des chats de particuliers sont séropositifs, contre 95 % des chats d'élevage. Une étude menée par Fehr et coll. montre qu'en Suisse en 1995 49 % des chats de particuliers sont séropositifs contre 100 % des chats d'élevage. Stress: est le facteur prédisposant le plus important. Le stress peut être - aigu : changement de propriétaire, chirurgie, gestation -chronique : chats en surnombre (> 4 en milieu confiné), introduction répétée de nouveaux chats, maladies concomitantes, parasitisme important. Le changement de propriétaire est certainement le stress le plus important qu'un chaton subit dans sa vie. Dans les études de Addie, les chatons morts de PIF humide ont changé de propriétaire ou subi une chirurgie 1 à 2 mois auparavant. La PIF sèche met plus de temps à se développer et apparaît dans cette étude jusqu'à 42 semaines après le changement de propriétaires. Symptômes Le chat atteint de PIF est généralement présenté à la consultation pour des symptômes non-spécifiques: anorexie, amaigrissement, léthargie. La fièvre, qui précède ou accompagne ces symptômes, est cependant un signe caractéristique de la maladie : l'hyperthermie est élevée (supérieure à quarante %), dure entre cinq et sept jours, voire plusieurs semaines, et ne répond pas à l'administration d'antibiotiques. Alors que la maladie progresse, l'état général de l'animal se dégrade avec apparition d'une anémie, d'une déshydratation et de symptômes variables suivant les organes atteints. Principaux signes d'appel Symptômes non-spécifiques F.0.1. Anorexie, perte de poids d'origine indéterminée Mortinatalité, infertilité Épanchements Distension liquidienne de l'abdomen Bursite Dyspnée avec épanchement pleural spécifiques d'organes Symptômes spécifiques d'organes Gros reins fermes irréguliers Ictère ou hépatomégalie Symptômes neurologiques centraux Uvéite Splénomégalie Lymphadénomégalie mésentérique Masse pyogranulomateuse iléocoecocolique Pneumonie interstitielle granulomateuse Signes biologiques Signes biologiques Anémie non régénérative Leucocytose avec neutrophilie ou leucopénie Hyperprotidémie (hypergammaglobulinémie) Hyperbilirubinémie (bilirubinurie) Augmentation de l'activité des enzymes hépatiques Protéinurie d'origine rénale Exsudat aseptique (pyogranulornateux ou fibrineux) Hyperprotidémie du LCR et PNN On distingue actuellement trois formes de PIF. La forme humide et la forme sèche sont les deux manifestations les plus courantes. La troisième forme, intestinale et nodulaire, est plus rarement observée. Tous les symptômes sont la conséquence des lésions, de vascularite. Il existe une forme humide lors d'atteinte de nombreux vaisseaux et des formes sèches très variables selon les organes atteints. Si les formes humides sont toujours très évocatrices en pratique, certains signes de forme sèche doivent aussi faire suspecter une PIF, c'est le cas par exemple d'une association symptômes nerveux centraux / uvéite. Forme humide Elle est due à un phénomène d'hypersensibilité de type 111 : des complexes immuns se déposent sur la paroi des vaisseaux sanguins, entraînant l'apparition de lésions (vascularite) et la fuite des protéines plasmatiques vers les grandes cavités (thorax, abdomen, péricarde et parfois enveloppes scrotales chez le mâle entier). En début d'évolution, l'épanchement abdominal est parfois palpable avant d'être visible les anses intestinales deviennent glissantes à la palpation, les séreuses étant lubrifiées par le liquide présent en petite quantité, Avec le temps, une ascite non-douloureuse à la palpation se développe, associée à une fonte musculaire. La maigreur et l'ascite sont parfois les seuls symptômes notables. Généralement, l'inflammation s'étend aux organes abdominaux entraînant l'apparition d'autres symptômes : diarrhée et vomissement lors d'atteinte intestinale, des ganglions mésentériques ou du pancréas, ictère lors d'atteinte hépatique. Parfois, l'omenturn et le mésentère s'agglutinent en une masse palpable en position cranio-ventrale de l'abdomen. Chez le chat mâle entier, l'épanchement peut envahir les enveloppes vaginales du scrotum. L'épanchement pleural apparaît dans vingt cinq à trente cinq % des cas et se traduit par une intolérance à l'exercice puis par une dyspnée, même au repos. A l'auscultation, on note une diminution des bruits cardiaques. La percussion, la radiographie et l'échographie permettent de mettre en évidence la présence de liquide intrathoracique et plus rarement intrapéricardique. Ces épanchements sont à confirmer par ponction. Leur nature est caractéristique de la maladie. Forme sèche Cette forme est beaucoup plus difficile à décrire cliniquement, les symptômes étant très variables suivant l'organe atteint. Les dépôts d'immuns complexes provoquent des infiltrations de cellules inflammatoires périvasculaires en surface de l'organe et à l'intérieur de son parenchyme. Ces infiltrats sont responsables de foyers de nécrose tissulaire à l'origine du dysfonctionnement de l'organe atteint. Les localisations les plus fréquentes sont les yeux, le système nerveux central et les organes abdominaux parenchymateux. Les lésions oculaires de PIF sont localisées dans la tunique vasculaire de l'oeil et se traduisent le plus souvent par une uvéite antérieure. On observe un myosis, des précipités kératiques, un hyphéma ou un hypopyon. Elles peuvent aussi atteindre le segment postérieur de l'oeil. On observe alors à l'ophtalmoscope la présence de taches périvasculaires, des hémorragies rétiniennes et des détachements rétiniens linéaires. L'atteinte nerveuse se traduit par des symptômes nerveux multiples, d'apparition progressive. Elle est fréquente et est la seule expression clinique dans un tiers des cas. Les lésions atteignent le système central le plus souvent, mais aussi la moelle épniére et plus rarement les nerfs périphériques. Elles se développent le long des vaisseaux des méninges, du plexus choroïde et dans l'épendyme. On observe des crises convulsives, des tremblements de la tête, un nystagmus et un tourner en rond (atteinte cérébelleuse ou vestibulaire), des changements de caractère, une hyperesthésie, une paralysie ascendante et plus rarement une incontinence urinaire. Bien que de nature variable, tous les symptômes de la forme nerveuse sont caractérisés par leurs multiplicité (ils sont souvent associés) et leur progression inéluctable vers l'aggravation. L'association uvéite - atteinte du SNC chez un jeune chat est très évocatrice de PIF L'atteinte rénale est représentée par une néphrite pyogranulomateuse. Les granulomes inflammatoires sont d'abord en nombre limité et asymptomatiques. Ils peuvent ensuite devenir nombreux, volumineux et palpables. On les trouve en surface du rein mais aussi dans le cortex rénal. Ils sont alors à l'origine de l'insuffisance rénale (accompagnée de polyurie, polydipsie) et d'azotémie (augmentation de l'urémie et de la créatininémie plasmatiques). La protéinurie est fréquente lors d'atteinte rénale mais aussi dans les autres formes de PIF. L'atteinte hépatique se présente sous forme pyogranulomateuse et se traduit par une hépatomégalie, un ictère et des symptômes non spécifiques d'insuffisance hépatique (polydipsie, vomissements). L'atteinte des autres organes abdominaux (intestin, ganglions mésentériques, rate et pancréas) provoque parfois des vomissements, accompagnés ou non de diarrhée mais est parfois silencieuse. Signes biologiques et imagerie Imagerie - Signes d'épanchement (thoracique, péricardique ou abdominal) - Lésions nodulaires multiples (foie, rate, reins, poumons, ganglion mésentérique) Biologie Hyperprotidémie plasmatique (> 80 g/1) : on recherche dans un premier temps l'existence d'un « artéfact », comme une déshydratation, puis on effectue une électrophorèse pour connaître la fraction de protides produite en excès. S'il s'agit des gammaglobulines, la suspicion de PIF est très forte (les autres causes d'hypergammglobulinémie sont des lymphosarcomes et l'infection par le FIV, mais dans ce cas l'hyperprotidémie est moins marquée) - Liquide d'épanchement (50-120 g/1): la PIF est envisagée comme première hypothèse s'il s'agit d'un liquide visqueux plus ou moins ambré et hyperprotidémique. Il existe de très nombreuses causes d'épanchement, il faut donc systématiquement analyser ces liquides pour éliminer les autres hypothèses. - Sérologie positive : pour toutes les techniques et le type de rendu de résultat (qualitatif ou quantitatif), le résultat de l'examen sérologique ne permet pas de préjuger de l'existence d'une PIF maladie. Certains animaux synthétisent beaucoup d'anticorps et d'autres non sans être malades de PIF et la sérologie peut être négative chez des animaux malades - Comment diagnostiquer une PIF En médecine, même s'il existe une forte suspicion diagnostique, il faut toujours envisager les autres hypothèses diagnostiques. C'est la raison pour laquelle, même lors de forme humide, de diagnostic apparemment aisé, il faut envisager toutes les causes possibles. Les données épidémiologiques sont primordiales. Ainsi, dans un système diagnostique basé sur un score attribué à chaque observation, Pedersen propose de multiplier le total du score par trois si le chat provient d'une chatterie d'animaux de race ou avec des contacts avec de nombreux congénères (magasin, refuge ... ) et par deux si l'animal est jeune (moins de trois ans). Formes humides - Examen cytologique et biochimique (protidémie, électrophorèse) du liquide d'épanchement - PCR quantitative pour une confirmation s'il subsiste un doute Formes sèches Ces formes n'étant pas caractéristiques, il est toujours nécessaire d'effectuer des examens pour envisager les autres hypothèses diagnostiques, ex - examen du LCR lors de fon-ne nerveuse - électrophorèse (recherche d'une gammapathie) - radiographie - échographie abdominale - biopsies des organes atteints - sérologie toxoplasmose... La PCR sur sang total peut être intéressante, mais un résultat négatif ne permet d'exclure l'hypothèse d'une PIF La recherche d'une infection par des rétrovirus (FeLV et FIV) est toujours nécessaire Dépistage de la PIF Intérêts et inconvénients des différentes méthodes par Corine Boucraut-Baralon Docteur Vétérinaire L'infection par les coronavirus félins est aujourd'hui très répandue dans les collectivités félines. Si répandue même que beaucoup d'éleveurs se posent des questions quant à l'intérêt de son dépistage par rapport au risque réel - assez faible, de voir apparaître des cas de Péritonite Infectieuse Féline (PIF), dans la mesure où aucune méthode de dépistage n'a de valeur prédictive sur le devenir de l'infection et que le coût de ce dépistage n'est pas négligeable. Cependant, ce nombre de cas de PIF, même si il représente un faible pourcentage des chats infectés par des coronavirus, est en augmentation constante et il est toujours très difficile de gérer pour un éleveur le diagnostic de la maladie chez un de ses chatons, que ce soit chez lui ou plus souvent dans les semaines ou les mois qui suivent la vente. Les cas de PIF vont apparaître chez des animaux qui ont été infectés par un coronavirus entéritique banal, souvent dans les semaines qui suivent la naissance (une infection massive étant probablement un facteur de risque important). Cette infection est un facteur nécessaire mais pas suffisant : le stress est un également un facteur important tout comme la susceptibilité individuelle (prédisposition génétique fortement suspectée). Les coronavirus entéritiques (FECV) non pathogènes peut subir des modifications génétiques qui auront pour conséquence l'apparition de virus hautement pathogènes (FIPV), capables de se répliquer à un niveau élevé dans les macrophages et de provoquer l'apparition de lésions très caractéristiques dans certains organes. 1- Intérêt du dépistage Le dépistage (collectif ou individuel) permet de savoir si un effectif est contaminé ou non par le coronavirus. Si le dépistage révèle une absence d'infection (cas de faibles effectifs en particulier), il est important pour l'éleveur de maintenir ce statut et donc d'éviter tout contact avec des animaux porteurs de coronavirus mais également d'alerter les acheteurs sur le risque encouru par un animal négatif qui serait mis en contact d'animaux excréteurs de coronavirus. De nombreux cas de PIF sont décrits chez ces animaux qui, après une primo-infection par un coronavirus entéritique banal et à la faveur d'un stress (changement de milieu par exemple), vont développer souvent rapidement la maladie, pouvant faire penser qu'il vaut finalement mieux vivre avec du coronavirus dans son élevage plutôt que sans. Si l'effectif est contaminé (c'est-à-dire dans la plupart des cas), il est possible de limiter la circulation de virus en groupant les animaux en fonction de leur statut. Le dépistage des reproducteurs en particulier, bien que coûteux, permet de connaître le statut individuel de chaque animal et en particulier d'isoler les animaux fortement excréteurs et les excréteurs chroniques (et surtout éviter le contact avec de très jeunes animaux) de sélectionner les animaux plutôt résistants à l'infection (animaux séronégatifs ou excrétant pas ou peu de virus alors qu'ils vivent au contact d'animaux fortement contaminés). Ce dépistage paraît nécessaire au moins dans les effectifs où plusieurs cas de PIF ont été signalés (importance du diagnostic de certitude de ces cas de PIF). La pression infectieuse est en général élevée dans ces collectivités. De plus certaines lignées semblent prédisposées génétiquement De façon générale, le dépistage est également important pour gérer l'introduction d'un nouvel animal dans l'effectif ou les saillies extérieures qui sont deux facteurs de risque d'introduction du virus. 2- Les moyens du dépistage Deux grands types de moyens sont disponibles. Ils sont complémentaires. Méthodes indirectes : La sérologie permet de détecter la présence d'anticorps dirigés contre les coronavirus quels qu'ils soient. Un animal infecté se positive en quinze jours à un mois après l'infection la plupart du temps. L'excrétion du virus précède la séroconversion. Quelques cas d'absence de séroconversion sur le long terme ont cependant été décrits chez des animaux infectés et porteurs de virus. En France, de nombreux tests sont mis à disposition des vétérinaires pour ce dépistage •Tests rapides d'immuno-migration (tests qualitatifs) •Immunofluorescence (tests quantitatifs) : différents laboratoires proposent ce test mais les méthodes varient en fonction des laboratoires •ELISA (tests quantitatifs ou qualitatifs selon les labos) : là encore les méthodes différent en fonction du laboratoire. Il est très difficile voire impossible de comparer les résultats venant de différents laboratoires, tout particulièrement les résultats quantitatifs, y compris si ils ont été obtenus avec la même technique. Même les seuils de positivité peuvent varier (un titre considéré comme faiblement positif dans un labo peut être considéré comme négatif dans un autre). Les résultats obtenus dans les études publiées sont également difficilement transposables pour les mêmes raisons. Les tests d'immuno-migration sont moins sensibles que les tests effectués en laboratoire. Ces méthodes ont l'avantage d'être peu coûteuses et sont intéressantes pour évaluer l'infection dans une collectivité. Cependant elles ne permettent pas de connaître avec précision le statut d'excréteur de l'animal et en particulier de détecter les excréteurs chroniques, dont les titres sérologiques ne sont pas différents de certains chats porteurs transitoires. Des animaux ayant éliminé le virus peuvent ainsi rester séropositifs plusieurs semaines voire plusieurs mois, de même que des animaux récemment contaminés peuvent être séronégatifs. Lors de contamination expérimentale ou naturelle, il a été montré que certains animaux ne présentent pas de séroconversion alors qu'ils excrètent du virus. Il existe cependant globalement une corrélation entre la séropositivité et l'excrétion virale. Même si il semble exister une corrélation entre le titre en anticorps et la persistance de l'infection, il n'est pas possible de déterminer précisément le statut d'excréteur d'un animal sur la base d'un résultat sérologique isolé. Certains animaux avec des titres élevés peuvent après isolement voir leur titre en anticorps baisser fortement alors que d'autres, infectés chroniques, présentent toujours des titres élevés après séparation. Il est donc difficile de corréler la quantité de virus excrété et le titre sérologique, surtout au vu de la multitude des tests pratiqués en France. D'où l'intérêt des méthodes de détection directe du virus. Méthodes directes : Afin de déterminer le statut individuel d'un animal, il est possible de rechercher directement par PCR (RT-PCR) le génome des coronavirus dans les fèces. Cette méthode est très sensible et permet donc de détecter de très faibles quantités de virus. Une information qualitative présente un intérêt limité sur une analyse ponctuelle dans la mesure où beaucoup d'animaux sont positifs, certains pouvant excréter des quantités très importantes de virus jusqu’à 1016 particules virales dans un écouvillon rectal) et d'autres très peu. Pour confirmer qu'un chat détecté positif auparavant, n'excrète plus de virus, il est nécessaire d'obtenir plusieurs résultats négatifs sur quelques semaines. Pour évaluer le statut d'excréteur chronique, il faut donc renouveler les analyses sur plusieurs mois, ce qui est difficilement réalisable en pratique étant donné le coût. Des méthodes quantitatives ont été développées (real-time RT-PCR), permettant de déterminer le niveau d'excrétion du virus dans les fèces. Plusieurs études ont montré une corrélation entre la charge virale excrétée et la fréquence de l'excrétion, les animaux excréteurs chroniques étant également ceux qui excrètent les quantités les plus importantes de virus en permanence. Sur le plan épidémiologique, ces animaux sont donc particulièrement dangereux. Dans un effectif, les excréteurs chroniques représentent souvent un très faible pourcentage des animaux, il est donc assez simple une fois qu'ils ont été détectés de les isoler et de les exclure de la reproduction. Pour déterminer le statut d'excréteur chronique d'un chat adulte, il est recommandé de tester l'animal une première fois et si la charge virale est importante, de le tester à nouveau un à trois mois plus tard. Si la charge n'a pas évolué, il est probable que l'animal est un excréteur chronique. Ces analyses sont réalisées par PCR en temps réel (laboratoire Scanelis en France). En revanche, la réalisation d'analyses PCR quantitatives chez de très jeunes animaux (chez lesquels la primo-infection est récente) n'apportera pas nécessairement des informations très pertinentes car chez ces animaux, les charges virales lors de primo-infection sont plus importantes que celles que l'on peut retrouver sur des adultes et elles peuvent évoluer rapidement. Une charge virale très élevée à deux ou trois mois n'a pas de valeur prédictive sur l'apparition de la maladie, ni même sur le statut futur de porteur chronique. 3- Pratique du dépistage et conduite d'élevage La conduite d'élevage et les mesures préventives sont évidemment très importantes. Le dépistage n'est qu'un outil qui permet de prendre les décisions et de mettre en oeuvre les mesures les plus adaptées à la situation épidémiologique d'un élevage mais également de vérifier l'efficacité de ces mesures. Par exemple la pratique du sevrage précoce donne des résultats assez contradictoires en fonction des études, Il semble que le sevrage précoce soit plus efficace dans les petits effectifs (moins de six chats) et lorsque la pression infectieuse est faible. Ainsi des mesures de sevrage précoce qui peuvent être très efficaces dans un élevage ne le seront pas forcément dans un autre (d'après certaines études, en milieu très infecté les chatons peuvent se contaminer à deux semaines, notamment si ils naissent de mères porteuses chroniques). Il est donc intéressant de vérifier l'efficacité du sevrage précoce en réalisant des tests sérologiques (à trois mois les chatons doivent être séronégatifs) et éventuellement des tests RT-PCR. Connaître le statut de son élevage vis-à-vis du coronavirus (sérologies régulières, RT-PCR quantitatives) peut donc être utile pour hiérarchiser les priorités. En effectif très contaminé et notamment si des cas de PIF ont été diagnostiqués, il peut être très efficace de séparer, voire de sortir de l'élevage les quelques animaux excréteurs chroniques (en général 10-15% de l'effectif) afin de limiter la pression infectieuse. Si le niveau de contamination est globalement faible, il est nécessaire de surveiller tout particulièrement les nouvelles introductions. Les tests présentent tout leur intérêt pour l'introduction d'un nouvel animal dans un effectif. Celui-ci devrait être isolé pendant au minimum 1 mois et deux tests sérologiques réalisés en début et fin de quarantaine pour s'assurer du statut négatif de l'animal. Si l'élevage est négatif, il est important de vérifier l'absence d'excrétion virale par RT-PCR. Si un animal positif doit être introduit dans un effectif déjà contaminé, le niveau d'excrétion de cet animal doit être évalué afin d'apprécier le risque d'introduction. Ce qui est difficile en pratique pour les animaux introduits très jeunes. 4- Intérêts des tests sérologiques et virologiques pour le diagnostic de la PIF . Ces tests de dépistage n'étant pas spécifiques des FIPV, il n'est pas recommandé de les utiliser en première intention. Cependant lorsque les éléments cliniques, hématologiques et biochimiques sont très en faveur d'une PIF ou lorsque l'examen histopathologique ne permet pas de conclure avec certitude, la RT-PCR peut apporter des informations complémentaires pertinentes (notamment recherche du virus dans certains organes comme foie ou rein). La sérologie est très peu informative en raison du risque de faux positif liée à une infection par les coronavirus entéritiques bénins (cas des chats vivants en collectivité en particulier) et du risque de faux négatif (dans les formes humides notamment). Seuls des titres sérologiques très élevés sur des chats de particulier peuvent être considérés comme ayant une valeur diagnostique. L'intérêt de la RT-PCR est assez controversé car cet examen est considéré comme trop sensible et à l'origine de nombreux faux positifs. Les études réalisées difficilement comparables car utilisant des méthodes différentes donnent des résultats assez contradictoires. Il apparaît qu'une fois encore, la RT-PCR quantitative est plus intéressante que la RT-PCR conventionnelle puisqu'elle permet d'interpréter le résultat de façon plus fine. Dans les formes humides, la présence de quantités importantes de virus dans le liquide d'épanchement a une bonne valeur diagnostique alors qu'une faible charge virale peut être rencontrée dans certaines pathologies inflammatoires comme les pancréatites ou certaines cholangio-hépatites. Dans les formes sèches « localisées » comme les formes nerveuses ou oculaires, le virus sera recherché préférentiellement dans le LCR ou l'humeur aqueuse. Dans les autres formes sèches, la recherche du virus dans le sang total prélevé au moment des pics d'hyperthermie, surtout si elle est associée à une recherche quantitative dans les feces est très informative. Car même si de faibles quantités de virus peuvent être retrouvées dans le sang de certains animaux porteurs de coronavirus en particulier au moment de la primoinfection, la virémie est plus importante lors de PIF. De plus dans le premier cas, les charges fécales sont extrêmement élevées, ce qui n'est pas le cas lors de PIF. Dans une étude récente réalisée à l'université d'Utrecht, la sensibilité de la RT-PCR sur les cellules sanguines a été évaluée à quatre vingt treize % (méthode de référence : examen anatomopathologique).). Dans une étude sur trente cinq cas confirmés par l'examen anatomo-pathologique réalisée chez Scanelis, la sensibilité était de 94%. Plusieurs études sur des populations importantes d'animaux asymptomatiques ou atteints de PIF ont montré que la spécificité diagnostique de l'analyse est supérieure ou égale à quatre vingt quatorze % selon le test utilisé. La recherche du virus peut également être réalisée sur des biopsies de rein ou de foie, une charge virale importante est en effet retrouvée dans ces organes chez les animaux développant une PIF. La PCR peut donc s'avérer un outil très intéressant pour confirmer un diagnostic de PIF mais son utilisation n'exclue pas une démarche diagnostique rigoureuse, qui peut permettre souvent d'exclure la PIF sans avoir recours à cet examen complémentaire. Il est important également d'utiliser des tests RT-PCR parfaitement validés afin de s'assurer que la spécificité et la sensibilité sont optimales sur les prélèvements analysés. Le dépistage de l'infection par les coronavirus est un sujet difficile. Quel outil, à quel moment et à quelle fréquence sont des questions récurrentes auxquelles il n'est pas facile de répondre de façon univoque. Le contexte épidémiologique (taille de l'élevage, cas de PIF, possibilité de séparer les animaux) mais également l'évaluation du rapport coût - bénéfice, très difficile à apprécier, sont autant de facteurs qui entrent en jeu dans la stratégie de lutte contre l'infection par les coronavirus. Cette lutte passe avant tout par la recherche et l'isolement des porteurs chroniques de virus, peu nombreux, qui jouent un rôle majeur dans la transmission de l'infection aux jeunes et donc constitue un facteur de risque important d'apparition de cas de PIF. La méthode de RTPCR quantitative permet de rechercher ces porteurs chroniques avec des protocoles moins lourds que la RT-PCR conventionnelle. Quelques références bibliographiques récentes pour en savoir plus Addie D and coll, 2000. Long-terin impact of a closed household of pet cats of natural infection with féline coronavirus, féline leukemia virus and féline immunodeficiency virus. Vet Record, 146, 419-424. Addie D and coll 2004. Recommandations from workshops of the second international féline coronavirus/féline infectious peritonitis symposium. J Féline Med Surg, 6,125 -13 0. Hartmann, K 2005 Féline Infectious Peritonitis, Vet Clin Small Anim, trente cinq, soixante dix neuf Hartmann K and coll, 2003. Comparison of différent tests to diagnose Féline Infectious Peritonitis. J vet Intern Med, 17, 781-790. Horsinel M, Lutz H, 2001 An update on féline infectious peritonitis. Vet Sci Tommorow, issue 1 (www.vetscite.org) Perdersen NC and coll., 2004. Common virus infections in cats, before and after being placed in shelters, with emphasis on féline enteritic coronavirus. JFeline MedSurg, 6, 83-88. Simons FA and coll, 2005. A mRNA PCR for the diagnosis of féline infectious peritonitis. J Virol Methods, 124, 111-116.
Actualités en matière de vaccination contre la PIF par Pr. Marian C. HORZINEK Faculté de Médecine Vétérinaire de Utrecht La Péritonite Infectieuse Féline (PIF) est une maladie importante pour le clinicien félin; elle est mortelle dans la majorité des cas, sa biologie est mal connue et sa prophylaxie difficile. C'est aussi une maladie énigmatique : une maladie virale sporadique est, en soi, un non-sens. On s'attend à une poussée épidémique lors de maladies virales, ou au moins à une contamination selon un schéma constant au sein de la population féline. Un autre fait troublant est que les anticorps n'apportent aucun bénéfice au chat. Au contraire, dans certaines circonstances, ils peuvent même précipiter l'expression clinique, étant responsables du phénomène de « mort précoce ». La détection des anticorps n'apporte rien non plus au vétérinaire praticien, puisque les titres n'ont pas de signification, à titre individuel, pour le diagnostic ou le pronostic. Un vaccin existe dans certains pays, qui n'est efficace véritablement que sur des chatons séronégatifs (non infectés). Comme la plupart des chatons sont déjà porteurs du virus, que leur mère leur a transmis, l'efficacité du produit est limitée. Les nouvelles voies de développement d'un vaccin demandent une connaissance précise de la génétique moléculaire - les temps des vaccins atténués développés empiriquement sont définitivement révolus. La polysérosite à coronavirus félin, comme on devrait l'appeler, n'est que la partie mortelle visible de l'iceberg d'une infection féline commune avec un groupe de virus ubiquitaires. La plupart des coronavirus sont inoffensifs et parfaitement adaptés à se multiplier dans l'intestin. Ils ont été nommés « coronavirus entéritiques félins » (FcoV), pour les distinguer des virus mortels qui se répliquent dans les macrophages. Infectés persistants, les chats en bonne santé jouent le rôle le plus important dans l'épidémiologie de la PIF, car en hébergeant les FcoV dans leurs intestins et leur sang, ils sont une source permanente d'infection. Le virus est excrété dans les féces, la salive et peut-être d'autres sérosités. En plus de ces « patho-types », les coronavirus se présentent sous deux sérotypes, qui peuvent tous deux donner la forme la PIF après avoir subi quelques changements génétiques subtils. C'est seulement pour des raisons de facilité que nous continuerons à utiliser le terme de virus de la PIF (FIPV) - pour nommer ces virus FCoV des souches qui portent la (les) mutation(s) responsable de l'augmentation de la virulence. Une perspective de virologiste Les Coronavirus (genre Coronavirus, ordre Nidovirales) sont des virus pathogènes banaux présents chez les Mammifères (donnant le SARS et une forme de rhume de cerveau chez l'Homme, la gastroentérite transmissible chez le porc, la diarrhée chez les Bovins, etc.) et les Oiseaux ( avec la bronchite infectieuse des poulets et la maladie de la crête bleue des dindes). Ce sont des virus enveloppés, avec un génome à ARN de 30 kilobases de longueur, faisant d'eux les plus grands virus à ARN. Il est généralement admis qu'un nucléotide sur 10000 est modifié à chaque réplication de l'ARN du génome. En conséquence, des myriades d'erreurs de copie sont possibles : le génome du coronavirus contenant à peu près 30 000 nucléotides, l'un pourra être différent sur au moins un nucléotide. Il n'y aura donc pas deux coronavirus parfaitement identiques du point de vue génomique - une notion qui a conduit au concept des quasi-espèces. Les virus évoluent plus d'un million de fois plus vite que les micro-organismes cellulaires, et on peut se demander comment ils arrivent à maintenir leurs identités en tant que pathogènes pendant une période d'évolution. Les coronavirus félins provoquent des infections entéritiques modérées dans la plupart des collectivités félines en Europe de l'Ouest et aux USA. Les virus à basse virulence, FcoV et les virus provoquant la PIF sont très proches génétiquement, et nous pensons que ces derniers sont des variants virulents des premiers, qui prennent naissance sur des individus, hôtes infectés pennanents FCoV. Ceci implique que deux cas de PIF ne peuvent avoir des virus identiques et que la transmission horizontale, c'est-à-dire d'un chat à un autre - bien qu'elle puisse arriver - est une exception plutôt que la règle. Le statut de porteur FCoV Les études épidémiologiques suggèrent que les FCoV peuvent être à l'origine d'infections persistantes, que le statut de porteur existe, et que beaucoup d'infections ne sont pas éliminées par le système immunitaire du chat - ou alors seulement à long terme. Il est acquis qu'un chat sain avec des anticorps Coronavirus peut provoquer la séroconversion d'animaux à son contact en 2 à 10 semaines. L'infection est disséminée par la voie oro-fécale, et certains des animaux en contact peuvent mourir de la PIF. La première évidence claire du statut de porteur est venue d'une expérience dans laquelle les chats étaient infectés avec une dose inframortelle de culture de tissus cultivés sur le virus de la PIF et tenus en milieu isolé. Pour induire une PIF, les chats avaient été sur-infectés avec le virus de la leucémie féline, qui est connu pour être fortement immuno-suppressif pour la lignée des lymphocytes T. De ce travail, il est apparu que le virus de la PIF pouvait persister chez l'hôte expérimental au moins 4 mois. Le génome viral à ARN peut être retrouvé dans presque tous les tissus, mais nous n'avons retrouvé le messager ARN (qui est synthétisé uniquement quand le virus se réplique) que dans l'iléum, le colon et le rectum ; dans ces organes intestinaux, on a pu aussi mettre en évidence par immunochimie des cellules individuellement infectées par le FcoV (c'est-à-dire peu de cellules par rapport à tout le tissu infecté). Ces découvertes ont apporté la première mise en évidence que le FcoV pouvait causer des infections chroniques. Récemment, une modification de la méthode conventionnelle de RT-PCR a été mise en place - la technique Taqman. Elle permet de tester de nombreux prélèvements en très peu de temps, et permet également une analyse quantitative significative des génomes Fcov dans un échantillon -par exemple des écouvillons de salive sur des chats individuels. Avec cette technique, les chats excréteurs chroniques de coronavirus au sein d'un effectif peuvent être identifiés facilement et isolés. Les chercheurs de l'Université de Bristol ont confirmé ce concept épidémiologique en utilisant une approche différente. Ils ont pu cultiver du virus FCoV à partir du sang de chats sains venant de collectivités félines séropositives. La conclusion à laquelle ils sont arrivés était la même : la majorité des chats en bonne santé vivant en collectivité avec un historique de PIF sont infectés persistants par le FCoV. La -découverte importante de cette analyse biologique significative a été que les virus isolés étaient de la souche sous-type 1, « non cultivables » sur culture cellulaire. De l'état de porteur FCoV à la PIF Qu'est ce qui conduit de l'infection à la maladie, de l'état de porteur du FcCoV à celui de la PIF ? Cette question sera posée par n'importe qui lorsqu'il entend l'anamnèse classique d'un chaton obtenu d'un éleveur de bonne foi, maintenu isolé des autres chats et qui meurt de la PIF quelques semaines après son achat. L'événement pathogénique --clé dans la PIF est l'infection des monocytes et des macrophages. Il y a une grande évidence pour une implication du système immunitaire dans la pathogénèse de la PIF ; quand on transfuse des chats avec des IgG purifiées de sérum de chats FCoV, ces chats développent bien sûr une forme foudroyante de PIF, dans les conditions expérimentales. Nous savons également quels sont les anticorps qui détruisent le virus : lorsque les recombinants viraux avec la vaccine, exprimant un seul gène, sont injectés pour protéger des chats, des syndromes de «mort précoce » sont apparus seulement sur le groupe qui avait été en contact préalable avec la protéine d'enveloppe. Le scénario fatal peut être ainsi décrit : un chaton est né, a été allaité par une mère séropositive et protégé de l'infection par les anticorps colostraux pendant ses premières semaines. Lorsque les anticorps maternels ont disparu, la protection mucosale a décliné et le chaton s'est infecté au cours d'un épisode d'excrétion maternelle du FCoV. Un épisode fugace de diarrhée avec des éternuements occasionnels peuvent être les seuls signes d'expression clinique. Une immunité active se développe alors, mais qui n'est pas totale dans la plupart des cas : coexistent au sein de l'organisme du chaton à la fois des virus et des anticorps et une immunité cellulaire efficace maintient les macrophages et les monocytes sous contrôle, Au sein d'une petite communauté féline, socialement stable, ce chaton peut vivre heureux longtemps. Prophylaxie Une approche prometteuse pour prévenir la PIF - basée sur l'isolement des chatons après un sevrage précoce - a été développée par le groupe de Glasgow - mais c'est un travail laborieux, qui demande la coopération active du propriétaire/éleveur et ne motive pas le vétérinaire. D'autre part, des études menées indépendamment dans les mêmes conditions expérimentales n'ont entreiné que des effets minimes. Une autre possibilité est de retirer de la communauté les chats qui excrètent le virus en grande quantité. Ceux-ci peuvent être identifiés par la technique de PCR Taqman : pour une analyse significative il suffit de réaliser 4 prélèvements à quelques semaines d'intervalle. Les chats excréteurs peuvent être identifiés dans les conditions terrain et séparés du groupe, ce qui diminue la pression infectieuse sur le groupe pour les chats restants. Il reste à prouver si cette approche est efficace. Cependant, le bon sens suggère qu'avec d'autres mesures (maintenir les chats en groupes de petit nombre, éviter les contacts entre les groupes, nettoyer fréquemment les bacs à litière, n'introduire de nouveaux chats qu'après quarantaine et dépistage par PCR, etc.) l'élimination des chats excréteurs peut être utile. La méthode de référence d'élimination d'une maladie est la vaccination, et le seul produit disponible à l'heure actuelle ne peut objectivement protéger que les chatons non infectés. nous avons utilisé notre système de révertant, par génie génétique, pour le développement d'un vaccin vivant modifié contre la PIF. Le génome du coronavirus contient deux groupes spécifiques de gènes qui s'expriment en deux groupes (les gènes 3a, 3b et 3c) et les gènes 7a et 7b. Après délétion des virus de type 2, sur 3abe ou 7ab, nous avons obtenu des virus avec une délétion mutante qui présentait un phénotype atténué. A des doses où le virus sauvage serait mortel, les virus mutants délétés ne provoquaient aucun symptôme. Ils induisaient cependant une réponse immunitaire, au vu des titres élevés en anticorps séroneutralisants. Le virus mutant n'ayant pas le groupe 3abc, et dans une moindre mesure celui n'ayant pas le groupe 7ab, a protégé les chats contre une épreuve virulente avec le virus mortel homologue. Dans le même temps, des résultats ont été obtenu pour les virus de type 1, le sérotype prédominant en Europe. Nos études ont montré que la délétion de groupes de gènes spécifiques du génome du coronavirus peut donner naissance à des candidats vaccins vivants atténués délétés contre la PIF. D'une façon plus générale, des vaccins contre d'autres coronavirus pathogènes, incluant ceux responsables du SARS (infection respiratoire aigüe sévère) chez les humains sont désormais à notre portée.
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