Les Poèmes de Mao   

par Shu Ping CHANG
article paru dans Bulletin de la Philatélie chinoise n°11, 12 et 13.

    

Dans le catalogue Yvert, il y a trois séries qui intriguent beaucoup les collectionneurs qui ne lisent pas le chinois. Je veux parler des séries 1764/65 (poèmes de Mao), 1762/65 (poèmes de Mao) et 1766/78 (Mao et poèmes divers). En réalité, il s'agit d'une seule série que, curieusement, Yvert a éclaté en trois séries, dont deux sont hétéroclites. En effet, le n°1962 est un timbre isolé et les cinq timbres au type ar (1968/72) représentent des directives politiques et non pas des poèmes. J'utilise le classement de RPC et la traduction de HO JU, parue aux éditions en langues étrangères de Pékin.

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Tchangcha
(1) sur l'air de Tsin Yuan Tchouen (1925)


  


(Yvert 1765)

  
C'est un poème du genre "tse"(ci). Les poèmes de ce genre, crées à l'époque des Tang étaient destinés à l'origine à être chantés avec accompagnement de musique. Dans ces poèmes, le nombre de mots, la longueur des vers, les balancements symétriques et les effets d'allitération sont déterminés par la mélodie du chant. La dénomination "sur l'air de Tsin Yuan Tchouen (printemps au jardin de Tsin)" indique non pas le thème ou le sens du poème, mais l'air qui en règle le mouvement rythmique.
   
Seul, debout dans le froid d'automne, / au cœur de la Siang
(2) fuyant vers le nord / à la pointe de l'île de l'Orange(3) / Je vois des milliers de montagnes vermeilles / les bois teintés de rouge étage par étage / sur les vastes eaux, verte transparence / cent bateaux filent  en concurrence / les aigles battent les espaces infinis / les poissons volent aux faibles profondeurs / tous les êtres, sous le ciel de frimas, rivalisent de liberté / saisi de cette immensité / je demande qui donc sur ces vagues étendues / gouverne ce qui surgit, ce qui s'enfonce. / Avec maints compagnons, ici, je suis venu / je revois tant de jours étonnants jadis vécus / tous étudiants, au seuil de la jeunesse / en pleine floraison de tournure et d'esprit / débordant d'une fougue écolière / nous étions portés à briser toute entrave / nous montrions du doigt nos champs, nos rivages / par nos écrits s'exaltaient les courages / nous comptions nos seigneurs comme poussière immonde / vous en souvient-il ? / au milieu du courant nous attaquions les ondes / en soulevant les flots contre l'envol des barques.
(1) Tchangcha (Changsha) : Chef-lieu de la province du Hunan. C'est ici que, dans sa jeunesse, Mao faisait ses études et commençait ses activité révolutionnaires.
(2) Siang (Xiangjiang) : fleuve du Hunan qui traverse Tchangcha et se jette au nord dans le lac Tongting.
(3) Île de l'Orange : îlot sablonneux au milieu de la Siang

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Réponse au camarade Kouo Mo Jo sur l'air de Man Kiang Hong (9 janvier 1963)

 


 (Yvert 1778)

 
Kou Mo Jo (Guo Moruo) avait envoyé le poème suivant à Mao Tsé Toung (Mao Zedong) :  
Les mers sont démontées / c'est bien à nos héros de donner leur mesure / les six cents millions d'hommes / tout en scellant leur unité / persévèrent dans leurs principes / le ciel s'effondre-t-il ? ils sauront l'étayer / si le monde s'écroule, ils le redresseront / au chant du coq dont la terre retenti / le jour  pointe à l'Orient / le soleil se lève / les glaciers ruissellent l'or véritable est là / comment pourrait-il fondre ? / il est quatre grands tomes / pour nous montrer le chemin / le chien de Kié aboie après Yao  quelle absurdité ! / les boeufs d'argile plongent dans la mer et disparaissent / la révolution déploie son drapeau rouge dans le vent d'est / l'univers s'empourpre.
La réponse de Mao est, comme l'était le poème de Kouo Mo Jo, du genre "tse"(ci). En voici la signification : 
  
Sur notre globe si petit / quelques mouches se cognent la tête contre un mur / elles bourdonnent, elles crient / tantôt d'une voix perçante / tantôt d'une voix gémissante / des fourmis prennent des airs de grande nation dans l'acacia qu'elles escaladent
(1) / d'autres, ne doutant de rien, veulent ébranler un grand arbre / le vent d'ouest sur Tchangan(2) jonche de feuilles le sol / des flèches sonores volent / que de tâches en attente / et des plus urgentes / le monde tourne / le temps presse / c'est trop long, dix mille ans / il faut se saisir du jour, de l'instant / les quatre mers bouillonnent dans la fureur des nues et des ondes / les cinq continents se soulèvent en tempêtes qui fulminent / pour purger la terre de la vermine / notre force est irrésistible.
(1) Dans "'Histoire du préfet du rameau sud", parue à l'époque Tang, un homme, pris de boisson, dormit sous un acacia et rêva qu'il était le gendre du roi et se voyait confier la préfecture du rameau sud dans le grand royaume des acacias. Or ce royaume n'était autre qu'une fourmilière dans un creux de l'arbre.
(2) Tchangan : capitale de la Chine antique, actuellement Sian (Xi'an), dans le Chenxi (Shanxi).

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Neige, sur l'air de Tsin Yuan Tchouen (printemps au jardin des Tsin) février 1936


 (Yvert 1776)

Ce poème est du genre "tse" (ci) comme les précédents. 
Il signifie :

 

Paysage du nord / Mille lis de glace scellés / dix mille lis de neige en volée / de la grande Muraille, au dedans, au dehors / rien qu'une blanche immensité sans bord / le fleuve Jaune, en amont, en aval / perd soudain ses impétueux élans / les montagnes dansent, serpents d'argent / les massifs(1) courent, éléphants de cire / ils veulent en hauteur égaler le ciel / par un jour de soleil, parée de rouge, drapée de blanc / voyez quelle beauté sans pareille / Tel est l'enchantement qui nait de ce pays / que des héros sans sombre se courbaient à l'envi / dommage qu'à Ts'in Chehouang(2) comme à Han Wouti(3) / il ait manqué un peu d'esprit / que Tang Taitsong(4) et Song Tairsou(5) n'aient eu aux lettres plus de goût / en son temps fils chéri du ciel / Gengis Khan / ne savait que bander son arc contre l'aigle géant / tout cela est passé / pour trouver des hommes vraiment grands / regardons plutôt le présent.
(1) Ces massifs sont les hauts plateaux du Chensi (Shanxi) et du Chansi (Shaanxi).
(2) Ts'in Chehouang (Qin Shihuang) : l'empereur Ying Tcheng (259-210 av. J.C.) fondateur de la dynastie Ts'in (Qin)
(3) Han Wouti (Han Wudi): l'empereur Lieou Tcheh (187-157 av.J.C.) de la dynastie des Han
(4) Tang Taitsong (Tang Taizong) : l'empereur Li Che Min (599-649) de la dynastie des Tang.
(5) Song Taitsou (Song Taizu): l'empereur Tchao Kouang Yin (927-976) fondateur de la dynastie des Song.

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Le défilé de Leouchan, sur l'air de Yi Tsin Eh (février 1935)



 (Yvert 1775)

  
Encore un poème du genre "tse"
(ci). Le défilé de Leouchan est une passe fortifiée au nord de Tsouenyi, dans le Kweichow, située entre de hautes monagnes escarpées. En janvier 1935, l'Armée rouge occupa Tsouenyi et le bureau politique du comité central du PCC y tint une réunion élargie connue sous le nom de conférence de Tsouenyi. C'et là que fut écartée la ligne politique, dite "opportuniste de gauche" de Wang Ming et que s'établit la position dirigeante de Mao dans le Parti et dans l'Armée. 

Les vents d'ouest soufflent violents / L'oie sauvage crie au fond du ciel glacé de lune matinale / Glacés de lune matinale / Les chevaux trottent, sabots claquants / les clairons sonnent, graves et lents / ne croyez pas qu'il soit de fer ce défilé puissant / maintenant à grands pas, nous franchissons ses crêtes / nous franchissons ses crêtes / ces monts si verts semblent un océan / ce soleil qui se meurt semble du sang.

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La Grotte des fées de Louchan
sur l'air de Tsin Yuan Tchouen (9 septembre 1961)


  


(Yvert 1747)

  
Ce poème appartient au genre "Che" (Shi). Cette forme de poème était connue dans son état rudimentaire bien avant l'époque des Tang et c'est à l'époque des Tang (VIIe siècle) qu'elle a été définitivement établie et mise en vogue. Le genre "Che" est régi par une forme de prosodie très stricte. On distingue des huitains (liu che) ou des quatrains (tsiué kiu).
La Grotte des fées de Louchan est un quatrain (tsiué kiu) construit en vers de sept pieds et dont le troisième et le quatrième vers doivent être de construction rigoureusement parallèle. La traduction ne peut en donner qu'une idée approchée.
   
Dans l'ombre floue du soir, un grand pin inflexible
Nuage et tumulte au passage paisible
Au-dessus de la grotte où la nature excelle
Quels charmes infinis l'âpre cime recèle.

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Le Double Neuf
sur l'air de Tsai Sang Tse (octobre 1929)

  

(Yvert 1747)

Poème de genre "Tse"(ci). Le "double-neuf" est une fête traditionnelle en Chine, qui tombe le neuvième jour du neuvième mois du calendrier lunaire d'où son nom. On aimait ce jour là gravir des hauteurs et admirer les fleurs d'or, c'est-à-dire les chrysanthèmes. Rappelons que les chrysanthèmes, en Chine, n'ont pas la signification funèbre qu'on leur donne chez nous.
   
L'être humain vieillit vite et non pas la nature / tous les ans revient le Double-Neuf / cette année  pour le Double Neuf / sur les champs de bataille l'arôme des fleurs d'or s'exhale encore plus pur / chaque année en sn temps souffle le vent d'automne / ce n'est pas la splendeur du printemps  / c'est plus beau que l'éclat du printemps / aux confins du fleuve et du ciel s'étend l'immensité du givre.

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L
a Longue Marche   (octobre 1935)

  

(Yvert 1767)

Ce poème est un huitain (liu che). Les règles du Liu che sont extrêmement rigoureuses. Il se compose de huit vers de cinq et de sept pieds chacun? Le troisième vers doit être couplé au quatrième et le cinquième au sixième, dans un parallélisme rigoureux de son et de sens. Ce liu che est construit en vers de sept pieds.
   
Rien n'effraie l'Armée Rouge en ses longues campagnes / c'est peu que tous ces flots, que toutes ces montagnes / les Cinq Chaînes (1) pour nous, rides de fine houle / Woumeng (2) le colossal, simple motte qu'on foule / tièdes, du Sable d'Or (3) les roches flagellées / Tatou (4) tendu d'un pont tout en chaînes gelées / et Minchan (5) neige immense a de quoi séduire / les trois Armées (6) passées, se répand le sourire.
(1) Les cinq chaînes : chaînes de montagnes de Yuetcheng, Toupang, Mengtchou, Kitien et Tayu qui s'étendent sur le Jiangxi, le Hunan, le Guangdong et le Guangxi.
(2) Woumeng (Wumeng): suite de montagnes sur les confins du Yunnan et du Guizhou.
(3) Sable d'Or : nom donné à la partie amont du Yangtsé entre la frontière Tibet-Sichuan et le Yunnan.
(4) Tatou : rivière du Sichuan. A l'époque, seul un pont formé de chaines-cables permettait de la traverser.
(5) Minchan : chaînes de montagnes aux confins du Sichuan et du Gansu
(6) Les trois Armées dont il s'agit sont le premier, le second et le quatrième Fronts de l'Armée Rouge.

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Le Mont Lieoupan
  sur l'air Tsing Ping Yue (octobre 1935)

  

(Yvert 1766)

Poème du genre 'Tse" (ci). Le mont Lieoupan est situé dans la partie sud du Ninghsia (Ningxia) et la partie est du Kansu (Gansu). en octobre 1935, l'Armée Rouge centrale commandée par Mao venait de l'est du Kansu et entra dans le sud du Ninghsia. Elle rompit le barrage ennemi du mont Lieoupan et atteignit la base révolutionnaire du Chenxi (Shanxi) du Nord.
   
Le ciel est haut, les nuages sont clairs / l'œil poursuit l'oie sauvage qui se perd vers le sud / on n'est point homme, à moins d'atteindre la Grande Muraille / nous comptons sur nos doigt vingt mille lis de marche / sur la cime du mont Lieoupan / les drapeaux rouges flottent au grè du vent de l'ouest / aujourd'hui nous tenons en main la longue corde / quel jour ligotons-nous le Dragon Ténébreux (1) ?
(1) Chez les classiques chinois, le Dragon Ténébreux est un démon épouvantable. Ici, ce terme désigne Tchiang Kaï Chek.

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La Prise de Nankin par l'Armée Populaire de Libération
(avril 1949)

  

(Yvert 1764)

C'est un huitain heptasyllabique (liu che). Sur les règles strictes du liu che, voir cidessus le poème la Longue Marche

Nankin était le siège du gouvernement central du Kuomintang de Tchiang Kai Chek. En avril 1949, l'Armée Populaire de Libération franchit le Yangtsé et le 23 avril, elle entrait victorieusement dans Nankin. L'une des premières mesures prises fut la proclamation de la chute du régime de Tchiang Kai Chek qui avait duré 22 ans.

   
Sur Tchongchan (1) un orage éclate impétueux / un million de héros a passé le grand fleuve / ville Tigre-Dragon (2) en splendeur toute neuve / terre et ciel renversés triomphe valeureux / qu'on presse l'ennemi du surcrît de courage / sans jouer l'Hégémon (3) par désir des lauriers / sensible, la nature aurait plié sous l'âge / chez les humains la mer devient champ de mûriers (4).
(1) Tchongchan : ancien nom de la montagne pourpre, à l'est de Nankin.
(2) Pour dépeindre l'importance stratégique de la ville de Nankin, on avait employé l'expression suivante : "le Dragon enroulé qu'est Tchongchan et le Tigre accroupi qu'est le rempart rocheux".
(3) L'Hégémon : surnom de Hsiang Yu (252-202 av. J.-C.) qui, àla fin de la dynastie des Ts'in (Qin) convoitait l'Empire. Au cours de la lutte pour le pouvoir, il laissa échapper une belle occasion de supprimer son rival Lieou Pang (247-195 av. J.-C.). Celui-ci finalement le battit et devint le fondateur dela dynastie des Han.
(4) Dans une fable de la Chine Antique, une fée, Ma Kou, voyait la mer se transformer en champ de mûriers et vice-versa.

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Peitaiho
  sur l'air Lang tao cha (été 1954)


(Yvert 1774)

Poème du genre 'Tse" (ci). Peitaiho (Beidahe) est situé à l'ouest de Tsinhouangtao, dans le Hopei (Hebei) sur le golfe de Pohai (Beihai).
   
Sur Yeouyen (1) tombe une pluie diluvienne / de blanches vagues à l'assaut du ciel / les barques de pêcheurs par delà Tsinhuangtao / ont toutes  disparu sur ce vaste océan / où sont-elles parties ? / Plus de mille ans auparavant / Wei Wou (2) vint le fouet au vent / à l'est jusqu'à Kieche (3) comme dit son poème (4) / le vent d'automne aujourd'hui s'attriste de même / mais le monde a change !
(1) Yeouyen : région qui s'étend sur le nord du Hopei (Hebei) et le Liaoning.
(2) Wei Wu : autre nom de Tsa Tsao (Cao Cao), empereur de Wei (155-220)
(3) Kieche : nom ancien d'une montagne qui se trouve à proximité du Pohai.
(4) En 207, Tsa Tsao était passé par là et avait écrit un poème "Regard sur la mer azurée" où se trouvent ces deux vers : "A l'est je viens à Kièche / le vent d'automne s'attriste".

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Houetchang
  sur l'air Tsing Ping Yue (été 1934)

  

(Yvert 1763)

Houetchang est un districtdu sud-Kiangsi. Il est borné à l'est par le Fukien (Fujian) et donne accès du côté sud au Kwangtung (Guangdong)
   
Le jour veut poindre à l'Orient / ne me dîtes pas : c'est partir de trop bonne heure / parcourir ces monts verts ne fait point vieillir l'homme / le paysage d'ici sans pareil demeure / au delà de Houeitchang les cimes sourcilleuses / ondulent en chaînons jusqu'à la mer de l'est / les combattants du doigt se montrent le Kwangtung
(Guangdong) / encore plus luxuriant dans toute sa verdure.

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La Nage
  sur l'air Chouei tiao keh teou (juin 1956)

  

(Yvert 1777)

Poème du genre "Tse" (Ci)
   
A peine ai-je bu l'eau de Tchangcha
(1) / que j'ai mangé le poisson de Woutchang (2) / je traverse en nageant le grand fleuve infini (3) / laissant au ciel de Tchou (4) mes yeux jouir de l'espace / sans souci du vent ni des vagues / mieux que dans ma cour en promenade / aujourd'hui je me trouve au large / au bord d'un fleuve, Confucius dit : / C'est comme cette eau tout ce qui passe / dans le vent s'agitent les mats / la Tortue et le Serpent (5) restent calmes / de grands desseins sont conçus / l'envol d'un pont (6) unit le nord au sud / la faille infranchissable en deviendra passage / des murs de pierre en amont construits / retiendront de Wouchan (7) les nuages et la pluie / dans la gorge escarpée surgit un lac uni / la déesse (8) sans doute à soi-même pareille / s'étonnerait dès lors du monde tout nouveau.
(1) Tchangcha (Changsha) : cf. 
(2) Woutchang (Wuchang) : dans la province du Hubei.
(3) Le Yangtsé
(4) Tchou (Chu) : nom d'une principauté à l'époque des Royaumes Combattants. Désigne ici une région qui s'étend sur le Hupei (Hubei) et le Hunan.
(5) Le mont Tortue est situé à Hanyang, dans le Hubei et le mont Serpent lui fait face, de l'autre côté du fleuve.
(6) Ce pont est le grand pont de Wuhan sur le Yangtsé, en cours de construction à l'époque du poème.
(7) Wouchan : montagne au sud-est du district du même nom, dans le Sichuan.
(8) Dans le mont Wouchan, se trouve un pic appelé pied de la Déesse, car, d'après la légende, c'est là que demeure une déesse qui contrôle les nuages et les pluies.

 

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Le Pavillon de la Grue jaune
  sur l'air Pou Sa Man (printemps 1927)

  

(Yvert 1773)

Poème du genre 'Tse" (ci). Le Pavillon de la grue jaune est un monument célèbre aujourd'hui disparu sur le mont Serpent de Woutchang (cf La Nage). Selon la tradition, sa construction avait commencé en l'an II de Huangwou du royaume de Wou (223) pendant la période des Trois Royaumes. D'après la légende, un saint taoïste était passé par là, monté sur une grue jaune, d'où son nom.
   
Immenses neuf cours d'eau (1) vont au cœur de la Chine / infinie une ligne (2) unit le sud au nord / dans l'espace fondu de brume et de bruine / et Tortue et Serpent (3) étreignent le grand fleuve (4) / la grue jaune est partie allant on ne sait où / reste ce pavillon halte du voyageur / j'arrose de mon vin les flots tumultueux / dans mon cœur le flux monte aussi haut que ces vagues.
(1) Il s'agit de neuf grandes rivières du Hunan, du Hubei et du Jiangxi.
(2) Ce sont les lignes de chemin de fer Pékin-Hankeou et Canton-Hankeou de l'époque.
(3) cf. La Nage.
(4) Le Yangtse.